Le jeu des 7 familles

Alors mon Papilo à moi,

c’est ton papa à toi ?


L’autre jour, j’ai failli tomber de ma chaise quand mon fils Tancrède m’a dit ça.

On était tous occupés chacun de notre coté. 
Lui était en train de découper en confettis je ne sais quel pauvre bout de papier, sur le canapé. 
Et, venant de nulle part, c’est comme si une connexion c’était finalement faite dans son joli petit cerveau.

Ça y est, ils ont compris les notions de parentalité.  
Il n’y a que quelques mois de cela, à Mexico, ça n’était pourtant pas encore gagné, si vous vous souvenez.
D’ailleurs, ils sont tellement heureux d’avoir compris le truc, qu’ils s’entrainent maintenant partout à ce nouveau jeu passionnant. 
Contre toute attente, c’est même devenu un merveilleux outil pour rendre plus sereines nos sorties au restaurant :

En fonction de leur grosseur, ils considèrent que les têtes de crevettes décortiquées sont les membres de la famille.
(Nan, mais ne vous attardez pas à essayer de comprendre pourquoi. C’est pas l’essentiel, vous allez voir.)

Il y a donc le papa (en général, c’est la langouste), mama (“la ‘rosse CROVETTE”, merci chéri), et les frères. 
“Tiens Papo ! le petit frère ! “
“Tu lui fait un câlin !?”
Euuuhh non merci chéri.
Après, ils les rangent en rang d’oignons, pour déterminer qui est le petit frère et le grand. 
A cet instant précis, il est important de ne pas laisser déraper la conversation et de changer momentanément de sujet, au risque de voir les Juju s’écharper sur la question.
Probablement car au fond, c’est de leur propre rivalité d’âge qu’il est question dans cette affaire. 

 Après, viennent les grands parents, qui ne sont pas en reste : 
“Tiens mamaaaaa !! C’est Tétaaaaaa !”
Huuuum, super chéri, elle appréciera beaucoup,
 à n’en pas douter, quand elle lira ça !
Et le summum – Mimo, please don’t take it personnally – la phrase culte qui tue : ” Pass’que elle est un peu vivante, quand même, cette CROVETTE !”

Visiter Cape Town à cheval !

Ça faisait quinze jours

que Tancrède me saoulait 

avec cette histoire de chevaux.


Depuis qu’il en a vu dans le champs d’à côté, quand on a été au picnic, il voulait “mooooonter sur le dos du seuuuuuvaaaaal !!!!”. 

Tous les jours j’avais droit à une demande insistante, dont l’exaspération allait crescendo avec mon incapacité à répondre à sa requête. 

Lorsqu’en rentrant des courses nous avons par le plus grand des hasards croisé une carriole tirée par deux superbes chevaux à un feu rouge, mon sang n’a fait qu’un tour. Notamment lorsque j’ai lu sur le côté de l’engin :
“Catch me at the Castle”. (“Trouvez moi au Château”). 
Naturellement il a fallu effectuer une petite recherche pour savoir ce qu’était le “Château”, mais pour les beaux yeux de mon fiston adoré, j’aurai bien sûr potassé tout le web, si nécessaire. 

Ça ne fut pas nécessaire car il n’y a qu’un château à Cape Town et il s’appelle le “Good Hope Castle” (“Le Fort de Bonne-Espérance.”)

Bâti au pied du Devil’s Peak par la compagnie Néerlandaise des Indes Orientales dès 1666 pour faire face aux Anglais – avec qui la guerre était imminente – c’est le plus vieux bâtiment européen du pays. 
Enorme construction défensive en forme d’étoile, il fut érigé sur une ancienne forteresse d’argile et de bois qui servait de point de réapprovisionnement pour les bateaux qui faisaient, depuis 1652, l’aller-retour avec la Hollande.

A peine rentrés à l’intérieur, les garçons ont immédiatement repéré l’objet de leur désir :


Et nous sommes alors partis pour une grosse heure de promenade à travers le centre ville historique de Cape Town. 
Beaucoup d’émotion devant tous ces bâtiments à la mémoire chargée… 

Pour les grands, une magnifique manière de découvrir le coeur de la cité :

La place centrale, Long Market Street
“Houses Of Parliament”, siège officiel du gouvernement sud africain.  
“Government Avenue”, et ses hauts chênes centenaires. 

Un vieux bordel (chic)
Des églises transformées en cafés !
Des maisons en briques, comme à Londres, dont chacune est arrivée par bateau
après avoir traversé l’Atlantique depuis l’Angleterre !
La Bibliothèque Nationale

“South African National Gallery”

Passé Hollandais, Afrique et modernité !

Et pour les lardons, une superbe expérience auprès de “Light” et “Smoky” les deux percherons imperturbables qui résistent vaillamment à toutes les provocations et expressions d’affections excessives des enfants : 

Trystan, qui observe de loin, pas folle la guêpe.
Tancrède qui y va franco (on va faire attention aux ‘tits pieds quand même mon fils hein !
Pass’que là… C’est le cheval qui gagne. Largement.)
“Gentil cheval toi !” 
“Mamaaaa, pourquoi il a çaaaaa le seuvaaaaal ?” 
Tanteeeek, arrête de tirer dessus ça va l’énerver !
Tancrèèèèède !!! Reviens !!!
(Et LACHE cette rêne non de dieu !)


Pas rancunier, Light a même accepté de nous faire une petite démonstration de force avant de commencer : 

Question à deux mille rands de Tancrède : 
“Mamaaaa, comment on l’allume le seuvauuuuuux ?”

” Oui bon alors chéri, d’abord, on dit un cheval ou des chevaux, mais il faut choisir.  
Et ensuite un cheval ça ne s’allume pas comme une voiture ! 
Ça avance, tu comprends, comme nous, avec ses jambes. 
Et c’est le monsieur, là, qui le guide.”

Tancrède : “Ah d’accord.”

Bientôt, tu attendras les flancs du cheval mon fils.
Bientôt.

Aller, Trystan, descends maintenant !
Je vous recommande vivement cette belle sortie en famille !

Curiosités sud africaines : Chapitre 2

Je SENS qu’ici aussi, 

je vais pouvoir m’en donner à coeur joie !


Comme à chaque fois que j’arrive dans un nouveau pays, c’est l’émerveillement devant tant de nouveautés et d’exotisme !
Cape Town ne déroge pas à la règle : 

D’abord, pouvoir prendre, si on le désire, son café ou son thé chaque matin devant la mer ou le port et ses bateaux… 
C’est quand même ASSEZ DINGUE.
Forcément, la journée ne commence par pareil et, du coup, c’est toute la vie qui change…
Cape Town s’éveille.
Les écureuils avaient beau pulluler partout dans Mexico, ici, c’est quand même le niveau du dessus, rapport à la faune urbaine !
Les pintades casquées se trimballent partout le long des routes.
Même chose pour les ibis, vraiment pas farouches, qui traversent sans même regarder.
Les mouettes rieuses sont présentes
sur chaque centimètre carré de la ville,
et le son de leur rire grotesque égaye vraiment les rues !
Les oies qui se baladent dans les parcs du centre-ville…
Au milieu des gens qui font la p’tite sieste de l’aprem…
Ne parlons pas des babouins, qui traversent carrément les autoroutes.

On croise aussi d’autres spécimens très amusants :
Les surfeurs, qui se baladent équipés n’importe où dans la ville, avec leur planche sous le bras. 

La nouvelle génération…
Et l’ancienne, qui ne sort plus beaucoup en mer
mais qui porte toujours les bijoux, les shorts ou les chemises hawaïennes de circonstance !

Il arrive même que l’on croise Batwoman :
(TROP funs ces Sud Africains !)

Tous les jours je découvre, comme en Australie par exemple, beaucoup de gens qui marchent dans les rues… PIEDS NUS.
J’adore l’idée, m’enfin quand même… ‘Z’ont pas peur les mecs.
Les enfants n’ont parlons pas, je me demande même
si les parents ont réalisé que les CHAUSSURES
existaient en dessous de la taille 45…
(‘y sont TRES grands les Sud Africains.)
Même la nature s’est adaptée au climat local :  
Heuuuu, oui, y’a BEAUCOUP de vent à Cape Town.

En fait, la vie est vraiment décontractée ici. 

On fait un peu comme on veut, comme on aime. 
Et tout cela à l’air de fonctionner …

D’ailleurs, c’est bientôt Noël, et si on a envie de fêter ça au bord de la mer, sous 33° de soleil, avec un sapin géant, sans neige mais avec une étoile de David au dessus, on le fait ! 

Why Not !
Paradoxalement, si on ne se sent pas toujours en parfaite sécurité… On se sent très LIBRE à Cape Town.

Etrange. 

Mais Ou Et Donc Or Ni Car ?

Voilà, ça y est, les Juju commencent 

à tenir une vraie conversation.


Je veux dire qu’ils ne se contentent plus seulement de répéter, comme ils le faisaient jusque là, des phrases en boucle, du matin au soir… 

Ce qui avait la fâcheuse tendance de nous rendre dingue…
D’ailleurs je pense qu’ils auraient fait sauter un cable à n’importe quoi, même une machine à laver ou un pylône électrique.

Dans la voiture, de retour de l’école : 

“Maman t’as vu mon bobo au doigt ?”

Silence. 

“Maman t’as vu mon bobo au doigt ?”

“Oui chéri.”

“Maman t’as vu mon bobo au doigt ?”

“Oui chéri, tu t’es brulé il y a 17 jours maintenant, tu m’en parles tous les jours, d’ailleurs c’est fini, tu n’as plus de marque, il est parti le bobo, okay ?”

“PRESQUE pa’ti mama…”

“Oui presque… Dieux du ciels qu’on en finisse…” pense-je intérieurement. 


Non, maintenant, ils commencent à poser des questions pleines de sens et font même des déductions logiques en utilisant les fameuses conjonctions de coordination :
“Chéri, mets ton pull et ton sac à dos.”
“Ah ! DONC on va à l’école ?”

“Papa, as tu réparé ton nipad’ pour qu’on puisse rega’der de nouveau le père noyeeel ?”
“Oui chéri, c’est bon, j’ai arrangé le wifi.”
“Aaaah ALORS t’as arranzé le wifiiiii !!!”
(un air de contentement extraordinaire dans la voix.)

Ils voient leur papa brancher son téléphone sur le chargeur, dans la voiture. 
Tous le monde s’installe.
Trystan : “DONC ton téléphone il est chargé maintenant ?”

“Chéris, déshabillez vous, c’est l’heure de prendre le bain.”
“MAIS non mama, nous on veut pas prendre le bain. C’est PARCE QUE on veut rester sales, nous !”
C’est assez bluffant quand même, d’autant que le changement se fait très vite, en quelques jours.

Vous me direz, en même temps, ça fait trois ans qu’on investit sur ces gosses. 
Il serait temps qu’ils commencent à s’exprimer correctement.
Y’a pas à dire, c’est long à venir, mais y’a du ROI finalement, chez les enfants.

Ah et puis, ils commencent à faire des blagues aussi.



En fait, ils deviennent grands, je crois…

Donald et Louis de Funès

Moi je dis que Donald Duck,

le canard grognon de Disney, 

c’est le Louis de Funès des enfants. 


Bah oui. 

Ça fait de longues semaines que les Jujutrépides sont fascinés et hypnotisés par les épisodes de Donald et Tic et Tac. 
Probablement parce que la situation d’une personne d’autorité – très relative – coursant une paire de jumeaux perpétuellement mal intentionnés, leur rappelle une situation familière…



Et c’est en les regardant se poiler devant les dessins animés que ça a fait tilt :

Même si vous vous en défendez, je suis sûre que vous avez déjà regardé un épisode des Gendarmes – c’est comme Le Père Noël Est Une Ordure – IMPOSSIBLE d’échapper à un Louis de Funès à la télévision française, notamment en été.
Et vous avez forcément aussi croisé Donald un jour dans votre vie, ne serait-ce qu’en vous faisant trainer à Disneyland par vos gamins.

Vous les avez déjà bien regardés ?!

Ils sont tous les deux tout p’tits. 
J’ai vérifié : respectivement 1,64 m et 90 cm (pour le palmipède). 

Leurs débits de parole sont saccadés, parfois même incompréhensibles, bourrés d’onomatopées. 
Bon ok, y’en a un qui a une voix gonflée à l’hélium. 
Mais globalement, on sent le parallèle. 

Ne parlons pas de leurs caractères totalement similaires !
Grincheux au mieux, colériques le plus souvent – voire hystériques, ils sont obstinés, parfois même obsédés par leurs idées, égocentriques et habituellement violents avec les faibles mais obséquieux avec les forts.
D’ailleurs l’acteur le disait lui-même : “Le gendarme ? C’est toute l’humanité : au fond on cire toujours les pompes de ses supérieurs hiérarchiques et on s’essuie sur le derrière de son sous-fifre !”

Méfiant
Hystérique
Chafouin
Obséquieux
Surpris

Les deux ont galéré avant de connaitre la célébrité mais ont une cinématographie impressionnante : 
Fourreur, étalagiste, cireur de parquets, pianiste, Louis de Funès a 28 ans quand il prend ses premiers cours de théâtre mais plus de 45 quand il perce enfin. 
Il a fait plus de 140 films, dans compter les pièces de théâtres, les réalisations, etc.
Cité en 1931 dans un livre de la série des Mickey Mouse, le canard apparait pour la première fois au cinéma en 1934. Mais c’est en 1937 qu’il commence à devenir célèbre et seulement 10 ans plus tard, après la seconde guerre mondiale, qu’il est vraiment reconnu. 
Il compte à son actif 128 courts métrages, sans compter les bandes dessinées. 
Il sont tout le temps habillés pareil !
Dans tous ses films, l’acteur porte sont sempiternel uniforme beige ou bleu marine de gendarme (ou sinon d’un costume-cravate sombre, dans tous les autres films), et Donald est toujours habillé d’un ensemble de marin. 

Il sont super fidèles en amour et gardent la même femme dans presque tous les films : l’actrice Claude Gensac pour l’un et Daisy pour l’autre !

Et puis surtout, ils sont détestables, mais au fond on les aime bien car ils nous font rire et nous rappellent nos travers quotidiens. 

Mais la vraie question que je me pose, c’est : qui s’est inspiré de qui ?!

Les gros mots et caca prout.

C’est FINI.
VRAIMENT fini.  


En fait, cela fait près de deux ans que ça dure…

Un peu après leur un an, ils répétaient déjà “‘tain, ‘tain, ‘tain” dès qu’on avait le malheur de prononcer le mot qui commence par P. 
Cela a même été un de leurs premiers mots…
A cette époque, ils connaissaient aussi le “Dodel”…
(pour “bordel”… Oh, ça va hein, on le dit tous.)

Mais disons que tout cela se limitait à une imitation des adultes, et qu’elle était  très ponctuelle et imparfaite, du fait de leur prononciation balbutiante.

Malheureusement, il y a deux mois, durant notre séjour intermédiaire parisien et juste avant leurs trois ans, nous avons passé un cap : ils ont maintenant compris que tous ces horribles mots étaient vilains et surtout ont pigé le contexte dans lequel ceux-ci se disent. 

Nous avons même eu droit en septembre à un … j’ai TELLEMENT HONTE de l’écrire  … “Putain de merde”…
Asséné par Tancrède de manière particulièrement vindicative lorsque je lui retirais des mains une paire de ciseaux qu’ils venait de chaparder sur l’étagère…

A cet instant, j’ai compris que l’heure était grave.

En particulier lorsque la maitresse de la rue des Belles Feuilles (Paris, 16ème…), a profité d’un matin où je déposais mes monstres pour me dire :
“Au fait madame Madendjian, je voulais vous dire… Enfin… Vos fils disent parfois des mots… J’ai certainement mal entendu car je ne peux pas imaginer qu’ils sachent ça à leur âge mais je crois qu’ils ont dit “merde”.”

J’ai alors pensé tout bas : “Dieu soit loué, elle n’a pas entendu le début de la phrase…”

Mais j’ai répondu : “Nooooon !!?? Vous croyez ????!!! Mais OÙÙÙ ont ils pu apprendre un mot pareeeeeeil !! Surveillez bien les autres enfants de la classe, je ne voudrais pas qu’ils apprennent de telles horreurs aux miens !!”
Accompagné d’un air horrifié tout à fait convenable et convainquant.

(Non, mais depuis la Mère Supérieure de l’école des petits au Mexique, j’ai beaucoup appris en terme de retournement sémantique et de malhonnêteté intellectuelle. ON M’LA FAIT PLUS.)

Mais entre moi et moi même, en rentrant à la maison, je n’en menais pas large.

Bien évidemment nous avons pris sur nous avec le papa pour surveiller drastiquement notre langage : nous avons même mis en place un système de tapette sur la main quand l’un d’entre nous s’oublie devant eux, histoire de leur montrer que nous sommes solidaires.
Dès que l’occasion se présente, ils se font donc maintenant un malin plaisir – les petites pestes – de cafter et d’exiger du parent qui a su se tenir, qu’il tape la main du parent fautif…

Naturellement, sans insister non plus de manière dramatique, nous les reprenons systématiquement dès qu’une de ces horreurs passent le pas de leur bouche. 

Malheureusement, ils semblent y avoir pris goût. 
Je commençais à désespérer de les voir perdre cette terrible habitude, jusqu’à ce que leur mamie vienne passer quelques jours avec nous : 
Pas de miracle (quoique), ils jurent toujours comme des charretiers, mais elle a réussi le tour de force de transformer le “putain” en un “Punaise” nettement plus acceptable.

Nous avons toujours droit, notamment quand nous roulons en voiture et qu’ils s’ennuient, à des saillies du type : 

Tancrède : “Maman c’est PAS moi qui ai dit putain de merde.”

Moi : “Chéri… Arrête, personne n’a dit ces mots, d’ailleurs personne ne parlait dans la voiture et c’était très bien comme ça…”

Trystan : “Mamaaaaaaa ! Tancrède il a dit putain de merde.”

Moi : “LES GARCONS ! Qu’est ce qu’on a dit sur les gros mots ?!”

Mais bon, en général, ils ont disparus de leur lexique. 

La bonne nouvelle, c’est qu’ils viennent de rentrer dans cette délicieuse phase “caca-prout-pipi”, où ils sont capables pendant des demies heures entières d’égrainer tout leur vocabulaire scatologique disponible, entrecoupé de fous rires absolument – et mystérieusement – inextinguibles…

On n’est pas rendus. 

Les Gros Mots Rigolos

La régate des Jujutrépides

Le weekend précédant, 

les équipes de la Volvo Ocean Race, 

étaient de passage 

pour quelques jours au port du Cap.

La Volvo Ocean Race, c’est la course à voile autour du monde organisée tous les trois ans par l’équipementier automobile depuis 1973. 


Naturellement, nous y avons emmené les Jujutrépides qui trépignaient d’impatience de voir les batoooooooo !
Et le moins qu’on puisse dire est qu’ils ont été servis :

Des monocoques de toutes les couleurs, dont les voiles claquaient au vent.
Nous avons d’ailleurs lié amitié avec l’adorable équipe canadienne : 
Voyant l’excitation dans leurs petits yeux d’enfants, la responsable communication a même accepté de “tatouer” nos marins en herbe, sur le bras, comme Popeye :

Oooh la belle décalcomanie !

Mama !!! regardes nos TATOUAAAAZ’ !!!

Elle leur a aussi expliqué comment avait été conçue la réplique de leur bateau par un ingénieur de LEGO, passionné de voile.

Bien évidemment, au son de son jouet préféré, Tancrède a immédiatement voulu l’approcher et même monter dessus.
La dame, surprise devant tant d’enthousiasme, a été obligée de l’en dissuader.
Après cela, nous avons pu admirer la coupe en longueur de l’un de ces bolides marins : très impressionnante, la technicité extraordinaire de ces engins !
Tout cela est si solide et si léger à la fois. 

Chaque centimètre carré est optimisé, l’emplacement de chaque poignée murement réfléchi.
Maintenant, passer onze mois dedans… 
Je ne suis pas certaine, en ce qui me concerne !
D’ailleurs, je ne crois pas non plus que cela aurait été la tasse de chocolat chaud de mon Tancrède : 

Mamaaaa, j’comprends rien à cette carte !!
J’vois pas le chemin !!
Naaan j’t’assure, c’est pas clair du tout… Je crois bien que je suis perdu…
J’en ai trooooop marre !!!
Après cela, ils n’ont pas pu s’empêcher de s’offrir un p’tit coup de Titanic : 

Nous sommes les maîtres du moooooonde !!

Depuis les garçons jouent à leur nouveau jeu préféré – le marin – partout où ils le peuvent :
Vite, vite, enrouler le cordage !
A l’abordage !
Après cela, Tancrède a fortement insisté pour que nous prenions de la hauteur pour admirer ces beaux spectacles : 
Il existe une grande roue avec des cabines-œuf, installée en permanence dans le port. C’est sympathique à faire et une partie du montant du ticket est reversée à une association de protection des « RINO FEROCES », comme dirait Trystan.


La vue d’en haut, sur la ville, le port et les montagnes est à couper le souffle.
La Table Mountain !
En live : 


Bien sûr, avec toutes ces émotions, il n’était pas question d’oublier de ce sustenter.

Nous avons désormais nos habitudes au Food Court, le petit hangar super bobo où l’on trouve tout un tas d’adorables petits stands gourmets : plats typiques des rues d’Inde, de Thaïlande ou d’autres pays d’Afrique, salades ultra saines et délicieuses, quiches françaises, chocolats, gâteaux de toutes sortes, fruits et jus frais, etc.

Vas-y, vas-y papa, raboule le NAN !!!

Nous avions à peine entamé la seconde partie de la journée, c’est donc avec une certaine inquiétude que leur papa et moi avons décidé de céder pour la seconde fois au caprice jujuesque : 
Craignant de créer un précédant voire même une jurisprudence qui nous obligerait TOUS LES WEEKENDS à obtempérer, nous avons malgré tout accepté de prendre une nouvelle fois le bateau pour faire le tour de la baie du Cap… 

Elle est si jolie et l’expérience est tellement agréable… 
Y’a pire comme devoir parental, vous me direz…

Et puis nous avons varié les plaisirs en choisissant cette fois un voilier. Quel plaisir d’avancer sur l’eau sans bruit de moteur !

Le Spirit of Victoria 
Ooooh alleeeeeeer papaaaaa !
SITEUPLÉÉÉ !
 
Bon, bien sûr, on s’est vite fait doubler par les bateaux de la course Volvo !
Mais c’était sympa quand même, capitaine !
Un petit coup de soleil, entre deux rafales !
Jolie rencontre pour Tancrède.
EN LIVE : 


Mais oui, j’blaguais pour le requin. 
C’est un montage. 

Aller, j’vous laisse.

Un samedi en Afrique du Sud

La semaine dernière, 

on est tombés sur ça : 


Une affichette accrochée sur les murs de l’école des enfants.
Un picnic surprise.

On s’est dit que c’était l’occasion de rencontrer du monde et d’amuser les monstres.
Organisé sur la pelouse d’une propriété vinicole de Constancia, un des quartiers de Cape Town, situé coté montagne et spécialisé dans les vignobles, l’endroit était superbe, au pied de la Table Mountain.

Le concept est simple : en échange d’un ticket payant, chacun amène sa nappe et son panier de victuailles. 
Comme le thème était “français”, tout le monde est venu habillés en bleu blanc et rouge, et chacun a reçu une baguette et du fromage à l’arrivée.
(Moui, bon…)

Les garçons ont très vite sympathisé avec nos voisines et ont littéralement réquisitionné leurs biscuits au bacon.
Je les ai trouvé douteux, mais ils ont semblé leur plaire incomparablement plus que nos sandwichs bio préparés avec amour, alors bon….

Pas un Français à l’horizon, mais qu’importe : les garçons ont adoré le château gonflable sur lequel ils ont rebondi pendant des heures, les nuages-animaux dans le ciel, et le foot sur gazon…

Quoi ? On dirait pas un dragon ?
Mais si, qui crache des flammes, lààààà, vers la droite.

Et nous, on s’est régalés à découvrir des comédiens et des chanteurs sud africains venus faire leur show durant tout l’après midi.

Gros coup de coeur sur le “Gad el Maleh local”, Siv Ngesi, acteur, comédien, humoriste spécialiste du stand-up, né dans un township et très impliqué dans le développement du pays et la lutte contre le racisme.
A mourir de rire.


Pour bien finir la journée, nous sommes allés voir le coucher du soleil exactement de l’autre côté de la montagne, à Camps Bay, le futur quartier où l’on va vivre :

Une petite marche apéritive sur le sable blanc de la jolie baie. 

Excellent plat de langoustes et de crevettes grillées dans le petit restaurant Ocean Blue, que je vous recommande vivement ! 


(Presque) oubliées, les plages mexicaines !…

Curiosités sud africaines : Chapitre 1 – Premières Impressions

Bon, c’est pas tout…

Mais beaucoup d’entre vous m’ont déjà réclamé 

le traditionnel rapport d’étonnement…


…Sur les choses surprenantes ou différentes de celles que l’on peut voir en France, que j’aurais la chance d’observer ici. 
Après les “curiosités mexicaines”, voici donc les “curiosités sud africaines” !


Premier choc, dès l’arrivée depuis l’aéroport : la question de la sécurité.

Bien évidemment, je savais en venant ici que le sujet était important dans ce pays.
Mais la dangerosité globale de la ville calculée par l’ambassade de France, est inférieure à celle de Mexico, par exemple.
J’imaginais donc une ville plutôt calme, malgré tout, car je n’ai jamais eu le plus petit stress à Mexico. 
Or clairement, ça n’est pas le cas ici : toutes les maisons sont équipées de grilles, barricadées, fermées, fil-barbeléifiées, électrifiées. 
Les fenêtres ont des barreaux. 
Toutes portent d’énormes pancartes avec le nom de la société de surveillance qui garde la maison 24/7…
Impossible de rentrer chez soit sans verrouiller le portail extérieur, la grille d’entrée, la porte d’entrée, d’activer ou désactiver les alarmes, celles de jour, de nuit, à l’extérieur ou même l’intérieur de la maison…
Quand on n’y est pas habitué, c’est vraiment difficile et, je l’avoue, très pesant.

Même Tancrède a du mal à s’y faire et passe son temps à escalader les barreaux.
Mais comme il porte en permanence son casque de CROTINETTE, c’est pas dangereux.

Par certains côtés, le pays est très nordique.
Les panneaux d’interdiction ou de mises en garde sont partout et sur tout : attention aux chiens, aux courants, aux requins, aux gens… “Merci de ne pas”… 
C’est très impressionnant mais il faut avouer que la ville est d’une propreté irréprochable et extrêmement bien organisée :

Pas d’arme à feu au supermarché, oui, c’est logique. 
Ni à la plage… Sage décision.

Sinon le marché de l’immobilier ici est pour le moins surprenant : 
Depuis notre arrivée, toute la journée, je nous cherchais un nid. 
Je me suis dit que vous ne me croiriez pas, et ai donc pris une photo  :

Le Cap, THE place to be !
35 agences immobilières visitées – 1 bien disponible – Hors budget.
Le marché immobilier du Cap est extraordinaire : il n’y a que de la demande, aucune offre.
1 propriétaire pour 50 locataires, très exactement. 
Du coup les rares personnes qui souhaitent louer, le font à des prix défiants toute concurrence, et tout disparait dans la première heure de visite.
Je ne me souviens pas que Paris en ait jamais été à ce point de tension. 

Bien évidemment, ils ne savaient pas à qui ils avaient affaire : 
Après trois semaines d’acharnement, nous avons finalement trouvé la maison de nos rêves !
(Enfin… j’espère… Parce que s’il y a encore un chien qui gueule toutes les nuits, comme à Mexico, c’est sûr, cette fois je sors les boulettes. 
Empoisonnées. 
Pas les bouchons d’oreilles.)
On a eu beaucoup de chance. 
Petit aperçu rapide, pass’que j’ai pas le droit de montrer plus.
Rapport au point n°1.

La vue sur l’océan Atlantique…

En dehors de ces deux petits inconvénients, tout n’est que découvertes merveilleuses.
Notamment les paysages : tous plus sublimes les uns que les autres, inutile de sortir loin du centre pour les observer et en profiter. 
Que ce soit le long de l’océan ou vers l’intérieur des terres, tout est splendide : 
Autant de diversité dans une surface aussi réduite, je n’avais jamais vu cela avant :


Niveau gastronomie, de belles surprises également : 

Le fameux Biltong : les batons de viande séchée – le plus souvent de boeuf mais ils peuvent être de toutes sortes, salées, vinaigrées et épicées ou sucrées  – inventés par les Africaners pour survivre durant le Grand Trek, cette migration des Boers vers les terres intérieures du pays, qui eut lieu au milieu du 19ème siècle.  
Nous allons bien évidemment finir par y gouter. 
Un jour.
Mais nous attendons un peu… D‘abord… Le temps de nous habituer à l’aspect !
(Entre nous, ce sera bien la seule et unique fois que je ferais ma Française mais…. )

Ils ne croient pas si bien dire…
Bref…

L’Afrique du Sud est réputée pour être un pays d’excellence concernant le viandes, et effectivement, on en trouve des succulentes… 
Et de TOUTES sortes : 

Il faut avoir l’esprit curieux, c’est tout.
(Juste : petite déception sur l’autruche, ça ne casse pas vraiment trois pattes à un canard. Mais bon, c’est seulement mon avis. Je réessayerai pour voir.)

On n’est pas en reste non plus sur tout ce qui sort de la mer
Et franchement, j’ADORE leur frigo-à-huitres, dont dispose la majorité des restaurants. 
C’est totalement génial. 
C’est une sorte de fontaine réfrigérante,
l’eau de mer dégouline en permanence et arrose les bestioles,
qui se conservent ainsi à la meilleure température
et dans les meilleures conditions possibles.

Et de fait, les Sud Africains savent s’équiper. 
Y’a pas à dire. 
Je n’avais jamais vu avant de supermarché dont deux rayons sont entièrement dédiés à la vente de… Glacières. 

Sans oublier le matos à safari : le porte-coupes-de-Champagne. 
Dans la brousse, certes, mais on n’oublie pas ses bonnes manières.
Voilà pour les basiques !

La rentrée Sud’Af’ des Jujutrépides

Après la rentrée mexicaine…

Après la rentrée française…

La rentrée sud africaine. 


Ces pauvres enfants auront donc fait trois rentrées cette année. 
Une en août, une en septembre et l’autre en novembre. 
Tout va bien.

Parfois, je me dis que c’est un peu fou cette affaire. 
Mais bon. 

Nous sommes une famille de globetrotters. 
Pas de culpabilité inutile, la chance qu’ils ont de vivre une vie d’aventures est probablement plus importante que celle de savoir bien découper sur la ligne et de colorier en faisant des rayures. 
Enfin, sauf s’ils souhaitent finalement faire les Beaux Arts plus grands… 
On vera bien. 

En tout cas, mes deux merveilles interstélaires ont une fois de plus géré comme des chefs : 
Les deux mois passés à Paris leur ont permis de switcher de l’espagnol au français. 
Brillamment. 
Les enfants sont quand même bluffants : soixante jours ont suffit pour qu’ils oublient quasiment ce qui était presque leur langue maternelle. 
Ils comprennent toujours l’espagnol quand Simona leur ancienne nounou mexicaine leur parle sur skype, par exemple. 
Mais ils refusent maintenant de le parler. 
Ils me disent : “Non mama, MOI ze parle FRÔNÇAIS.”
L’accent n’est toujours pas parti en revanche… 
Curieux. 

L’ultime rentrée s’est merveilleusement passée : leur maitresse est exceptionnelle de gentillesse et d’empathie. 
La classe a été prévenue de leur arrivée, ils ont été très vite intégrés et sont maintenant heureux d’y aller chaque matin. 

Il y a même une autre paire de jumelles, c’est rigolo !
(Enfin de notre point de vue, pas forcément de celui de la maitresse et des deux assistantes maternelles…)


Ils commencent déjà à préparer leur spectacle de Noël : ils seront un choux fleur et un artichaut…. Pas bien compris l’objectif, mais c’est marrant.


Une petite partie des cours est dispensée en anglais, comme le sport par exemple. 
L’école est toute neuve et magnifiquement équipée.
Bref, c’est le pied. 

Comme cela fait plusieurs fois ces derniers mois que nous avançons l’argument fatal du : “Oooh mon amour c’est génial, tu vas rencontrer de nouveaux amis !”, à chaque fois que nous les transférons d’école, ils ont développé un nouveau concept à la maison : 

Ils sont maintenant “les papas” de leurs doudous et les “amis” de les petits chiens jumeaux, offerts à leur naissance par notre ancienne concierge parisienne, et respectivement leur Babar (pour Trysan) et Monsieur Pingouin (pour Tancrède), qu’ils trainent partout avec eux…

Tout ce petit monde doit être attaché en voiture, comme eux, avec la ceinture de sécurité. 
Ils doivent être bordés sous la couverture. 
Ils doivent même être “protégés” sous leurs pulls.
Ils ont besoin d’un câlin le soir avant le dodo. 
Ils dinent avec nous mais détestent le chocolat (comme ça – malins les Juju – ils peuvent tout manger à leur place).

Et je n’ai pas le droit de parler à “Mes amiiiiiiieuuuuuuh”, car ils ne discutent qu’avec leurs papas respectifs. 


Bref… Vivement que tout le monde retrouve un peu de calme et de sérénité !