C’est l’Amûûûr.

Mon fils est à nouveau amoureux. 

C’est TELLEMENT attendrissant.


L’autre jour, je m’approchais de la pelouse ombragée sur laquelle je récupère chaque après midi mes deux merveilles interstellaires, quand j’ai aperçu avec stupéfaction mon Tancrède assis en tailleur sous l’arbre du fond, main dans la main avec une minette qu’il regardait dans le blanc de l’oeil. 

Je dirais qu’elle a 5 ans. 
Elle est vraiment grande, avec plein de tresses brunes qui lui descendent de la tête, elle a la peau très foncée et un adorable sourire mutin. 

Mon fils fait dans les cougars maintenant

Lorsqu’il m’a vue, il s’est levé d’un bond pour venir me rejoindre. 

Il m’a alors tendu ses menottes pleines de feuilles mortes en me disant : 
“Regarde mama, Agréa ma copine elle m’a donné plein de fleuuuurs !”

Pauvre petit. 
Il se laisse déjà berner par l’engeance féminine, comme le débutant qu’il est. 

Je me suis bien gardée de lui annoncer la triste vérité et l’ai laissé baigné d’illusions florales : 
“Oooh mon amour, c’est magnifique dis donc !
Mais t’as déjà une nouvelle copine ? Et Athéna alors, oubliée ?”

“Voui. Maintenant c’est Agréa.”

Ça promet, pour l’avenir, me suis-je dit intérieurement. 

Il s’est ensuite promené tout le reste de la journée avec ses “fleurs”, y compris sous la douche où il a été véritablement impossible de lui faire ouvrir le poing dans lequel il maintenait précieusement ses trésors d’amour, comme protégés du monde extérieur. 

J’ai eu beau lui dire la vérité au sujet de ces feuilles, rien n’y a fait. 
Il a même fallu négocier de très longues minutes pour lui faire déposer ses débris végétaux en dehors du lit où il prétendait initialement dormir avec. 

Mama, regarde les belles fleuuuuurs !!!
Comment ça c’est pas des fleurs ?
“Mais siiii regaaaaaarde ! C’est AGREAAAAA qui me les a données….”
OUI chéri, je crois que j’ai BIEN compris, à ce stade !
“Les belles fleuuuuurs….”

Bref, en si peu de temps, cette petite peste me l’a déjà bien ensorcelé, mon pauvre fiston !
Depuis, chaque après midi je les retrouve ensemble.
Trystan, lui, attend patiemment, pas loin. 
Comme si c’était juste un mauvais moment à passer. 

Sauf l’autre jour – il devait en avoir ras le bol – il est allé la voir aussi.
Mais clairement, je ne pense pas que ces charmes aient eu le même effet que ceux de Tancrède : 


‘Pas la bonne technique je pense mon chéri…

Dans la voiture, sur le retour de l’école, son père lui a demandé pour rire si c’était sérieux avec sa copine, ne s’attendant pas à la réponse qui a fusé, impressionnante, folle : 

“Oui, je l’ai embrassée… DANS LA BOUCHE !”

Nous avons manqué d’emboutir la bagnole de devant. 

Les Jujutrépides rôtissent

C’est en ça 

que vivre au bord de la mer 

est une chance exceptionnelle :


Quand on a la flemme de se bouger durant le weekend, on prend juste les maillots, la crème et les serviettes… Et on va à la plage, à Camps Bay. 

Voilà. 

Et à Cape Town, c’est pas n’importe quelle plage ni n’importe quel sable. 
C’est juste paradisiaque. 
Quelque soit le sens dans lequel on regarde….

Et les couleurs de l’océan Atlantique …

Au milieu, un sable blanc immaculé, quasiment impeccable de propreté. 
Je n’arriverai jamais à écrire que cela vaut la Polynésie (parce que… Quand même.), mais franchement c’est fabuleux. 

Et tout cela DANS la ville. 

Bon c’est sûr, l’eau est actuellement à 16 degrés. 
Revigorante, mais on n’y barboterait pas des heures non plus. 
D’ailleurs, les courants sont tellement violents qu’on est rapidement rappelés à l’ordre : rester sur le rivage.

A mon grand désespoir, emportée et complètement submergée par les flots, j’en ai d’ailleurs perdu mes lunettes de soleil. 

J’ai eu beau attendre avec ferveur, elles ne sont jamais revenues…
(… Pas plus que les 3 autres paires déjà emportées respectivement en Méditerranée, dans les Caraïbes et dans le nord de l’Atlantique, m’enfin bref, c’est pas l’propos.)
Etonnant tout de même comme la mer se fait un malin plaisir de rejeter les vieux sacs plastiques et les horribles canettes rouillées, MAIS JAMAIS LES OAKLEY à 200 euros !
(Oui je sais chéri, c’est parce qu’elles coulent…)


Sinon, nos chers Jujutrépides se sont alors adonnés à leurs activités préférées : 

Jouer au foot avec papa…

Vite, on récupère le ballon sous la tente
On sort de la tente
On shoote !
Papa, fais la passe !!!!
Faire des châteaux que Trystan détruit pour faire hurler son frère :

Y’a pire comme background pour faire des pâtés…
SPLATCH.
Merci Trystan.
Ramasser les COQUILLES, trademark Tancrède : 


Courir pour pas que la mer nous “zattrape” : 

Dancer avec les chanteurs de tamtam sud africains : 

Tancrède, fasciné comme toujours, par la musique.

Regarder les “PARACHUTES” passer, autre Trademark Tancrède. 
(En fait, les paraPENTES) :



Et jouer à prendre en photos ses empreintes de pieds avec maman : 



Et le mieux, dans tout ça, c’est qu’il n’y a même pas tellement de monde !

Non vraiment, Cape Town, c’est la porte d’à côté du Paradis.

Le bien manger sud africain – Découvrir l’Oranjezicht City Farm

Ce qui est incroyable à Cape Town, 

c’est qu’on est dans une grande ville 

de deux millions d’habitants, 
plus de trois avec les banlieues. 

Mais qu’on se sent dans un village.


Le calme et la qualité de vie sont des valeurs très importantes ici. 

Ainsi que la traçabilité et l’origine des produits alimentaires. 
Ici le bio ou les oeufs et animaux “fermiers” sont monnaie courante.
La chasse aux conservateurs, aux hormones et autres dioxines est la priorité de nombreux fournisseurs et est clairement annoncée sur les emballages. 
Les marchés sont légions : en fait ici, c’est un peu la norme. 

Véritable révolution quand on revient de Mexico, c’est sans faire beaucoup d’efforts que nous avons donc découvert l’Oranjezicht City Farm :
Sympa la vue… pour travailler.
Petite exploitation paysanne dans le centre ville de Cape Town, au croisement entre la Upper Orange Street, et Sidmouth Avenue, cet endroit a toujours été une ferme – depuis 1709 ! – tenue durant des siècles par une seule famille. 
Finalement vendue à la municipalité de la ville en 1901 elle est devenue un projet coopératif à but non lucratif en janvier 2013. 

Tous les samedi de 09:00 à 14:00, un marché est ouvert au public et propose les produits cultivés durant la semaine.
Depuis peu, et suite à des complexités administratives, il se tient maintenant sur la pelouse de la résidence personnelle de Madame le Gouverneur de la Région du Cap, qui a accepté de l’accueillir pour le sauver : à l’intersection entre Leeuwenhof Street et Hof Street, toujours à Oranjezicht. 

Aussi, de nombreux stages sont proposés aux enfants pour les familiariser avec la plantation et les métiers de la terre. 
D’emblée, les choses sont claires ! 

En dehors des fruits, des légumes et des oeufs, il y a aussi plein de stands de produits finis : miel, fromages, confitures, giros grecs bio délicieux, crêpes, etc.

Très sympathique endroit, amis Cape Towniens, si vous ne connaissez pas déjà !

Les Jujutrépides passent la vitesse supérieure

Il faut dire ce qui est : 
l’année des trois ans est assez usante. 

A cause des caprices, de l’affirmation de soi 

et autres réjouissances dont ils font preuve à cet âge. 


Mais c’est aussi une période vraiment sympathique en terme de surprises !

Chaque jour, ils nous en sortent des bonnes qui font sourire, voire même rire. 
Parfois, ils sont carrément bluffants, les enfants. 

D’abord du fait de leur considérable mémoire et de leur capacité à ressortir plusieurs mois après les faits, parfois insignifiants, des mots, phrases ou réflexions oubliés par les adultes depuis belle lurette… 
Cette aptitude qui leur est très spécifique, à faire des liens entre les choses, même longtemps après. 

Démonstration :

Il y a quelques jours, Tancrède s’est accidentellement griffé jusqu’au sang sur le nez. 
Naturellement, il me sort sa phrase fétiche en pareille situation : 
“Mama, il faut mettre un pansemeeeeeent !”

“Chéri, à cet endroit, sur l’aile du nez, ça va être compliqué, il ne collera pas, tu comprends.”

“Si.”

“Non mon amour, je suis désolée, je t’assure que c’est impossible.”

“Alors mets du fil.”

“??? Tu veux dire recoudre ? Quand même, pour une égratignure, ça ne sera peut-être pas nécessaire mon trésor !”, dis-je en riant.

“Du FIIIIIL !!”, a t-il alors répété, un peu agacé devant mon ironie. 

“Tancrède pardon mais je ne comprends pas.”

“Comme Monsieur Cahuet’, tu vas RACCOMMODER !”

Il faisait référence à la comptine Pirouette Cacahuète – probablement écoutée pour la dernière fois en juin dernier – avec le pauvre facteur qui se casse le bout du nez, que l’on “raccommode avec du joli fil doré”.
Donc.  

Là.
Lààààààààà ! 
Tu vois bien quand même ?

L’autre jour, nous leur racontions, comme chaque soir et pour la 307ème fois depuis que leur grand mère leur a offert ce livre, l’histoire “des P’tites Poules”. 

Et quand vient le moment ou Carmela la p’tite poulette refuse de pondre son oeuf, Tancrède nous sort alors négligemment : 
“Et comment il va faire alors, Papylo ? Il aura pas d’zeeeeux ?”

Un peu interdite, j’ai mis un certain temps avant de percuter : 
Trois jours avant je lui avait dit dans la voiture, en rentrant de l’école, alors qu’il me parlait de Noël : 
“Tu sais qui tu vas voir pendant les vacances de Noël ? Ton Papylo !”
S’en est alors suivit une discussion vaguement structurée au cours de laquelle je lui avait raconté ce que mon père m’avait dit quelques temps avant : il a maintenant plein de poules dans son jardin à Madagascar, qui lui assurent une jolie récolte quotidienne. 
Ce cher petit s’inquiétait donc pour le menu de son grand père, la vilaine gallinacée faisant des siennes !


Lors de notre aventure en téléphérique, sur la Table Mountain la semaine passée, nous avons croisé des Damans, ces grosses marmottes locales. Tancrède s’est alors écrié : 
“Ooooh ! c’est Mignon Mignon !”
En référence à cette chanson pour enfants à succès, entendue pour la dernière fois il y a probablement un an !



Mais les enfants sont aussi impressionnants pour leur vivacité d’esprit : 

Sans surprise, Nelson Mandela est toujours un dieu ici en Afrique du Sud. 
Sa photo trône d’ailleurs dans la classe de l’école. 
L’autre jour, nous nous baladions dans un centre commercial, et sommes passés devant une boutique de décoration, avec la statue géante du grand homme. 

Je leur dis : “regardez les enfants, Nelson Mandela !” 

Et là, ils me répondent en coeur : “Non c’est MADIBA !”, le surnom affectueux que tous les Sud Africains lui donnent. 

Ils sont décidément drôlement efficaces dans cette école !

Ooooh !
Madiiiiibaaaaa !!!
Evidemment, parfois, cette acuité naturelle est légèrement pervertie par une malhonnêteté intellectuelle très précoce, qui force l’admiration : 

La semaine passée, en allant les chercher à l’école, j’ai retrouvé mes deux loustics couverts de gribouillages de feutre, partout sur les bras. 
Bien évidemment, je leur ai immédiatement faire part de mon grand mécontentement devant cette créativité artistique fort malencontreuse : 

“M’enfin !! Vous êtes devenus fou ! Comment vais-je réussir à faire partir tout ça moi !”

“Mais mama, c’est pas pour partir, c’est des TATOUAAAAAAZZZZ !!”

Je souris intérieurement mais garde mon masque extérieur de sérieux.

“Des tatouages ? Mais vous n’y pensez pas ! A votre âge !”

“Mais siiiiiii, comme POPEYE, on prend le bateau nous ! Alors on a des tatouaz !”



“Regarde ! On a écrit not’ nooooom !”

Tu vas voir le bateau, tiens ! 
COUIC ce weekend, le voilier !
Non mais. 
Enfin bref, ‘faut savoir se réjouir des petites choses : 
Au moins, ils n’ont pas exprimé leur inventivité débordante sur leurs fringues. 
C’est déjà ça.

Curiosités sud africaines : Chapitre 3

Depuis notre arrivée au Cap, 

je ne cesse de m’extasier devant 

les plaques d’immatriculation des voitures. 


C’est d’ailleurs devenu un jeu fort sympathique, quand on est coincés dans des embouteillages ou qu’on fait un peu de route. 

Je dirais même que c’était devenu un peu dangereux, à force de sortir mon portable pour prendre des photos à vous montrer ! 
J’ai d’ailleurs failli emboutir un certain nombres de postérieurs automobiles pour ce blog, mais enfin, l’essentiel n’est pas là !

J’adorerais percer le mystère et savoir pourquoi et surtout comment cela est possible : 

Apparemment, comme dans beaucoup de pays du monde, les premières lettres des plaques d’immatriculation font référence à la ville où la voiture est enregistrée. 
Genre CA pour Cape Town. 

Mais depuis une quinzaine d’années, la possibilité a été donnée aux conducteurs de personnaliser leurs train arrière. 

Contre monnaie sonnante et trébuchante ? 
Sur simple demande administrative ?
Je ne sais pas. 

Mais le résultat est bien amusant !

D’autant que ça ne doit pas être si simple de réussir à s’exprimer en moins de 8 lettres ou chiffres. 
Quand je pense qu’on se plaint de Tweeter et ses 160 signes…
J’imagine aussi que c’est un bon moyen de repérer facilement sa voiture. 

Certains résultats sont terriblement classiques, mais d’autres sont particulièrement créatifs et drôles. 
A l’image de la société j’imagine. 

Petit florilège ci-dessous de ce que j’ai réussi à attraper sans créer d’accident de la route.

Les Sans Imagination, ou pour les voitures de fonction

Moui… Tu es médecin d’urgence. Donc, d’accord.
Tu conduis une Suzuki, et tu en es très fier.
Pourquoi pas. 
Taxi, vraiment ? On n’avait pô vu !

Les fans de gastronomie : 

“Nouille”
‘Faut un grand sens de l’auto dérision, quand même.
Ou alors, vraiment aimer les pates chinoises.
In Vino Veritas !
Très chic sur une Audi TT.
Mais bon, boire ou conduire, il faut choisir, hein. 

Les fans de pub : 

“Et le Tigre est en toiiii!”

Les Petits Farceurs : 

“Boite de conserve.”
C’est vrai que vu de derrière… Ça y ressemble.
“Câblé”
C’est sûr que vu l’état de la bagnole, c’est déjà bien qu’il y ait encore de la batterie !
‘Chui taxi mais je fais croire que je suis boulanger.
Ou alors, il fait vraiment deux métiers en même temps et là, chapeau…

Les fans d’énigmes ET de parfums de luxe : 

Mai 77, sortie du parfum Opium, d’Yves Saint Laurent ?
Ou sinon, juste fan du couturier, j’ai été chercher trop loin.

Les politiquement impliqués : 

“Ebène”, en anglais. 
C’était un grand Black qui conduisait.

J’ai aussi vu un “AFRICAR”, abrégé en 7 lettres de “African Car”, j’imagine. “Voiture africaine.”

Et un I RCYCL, abrégé de “I recycle” : “je recycle”.

Les désabusés : 

Réalité, quand tu nous rattrape…

Les provocateurs, les nouveaux riches et les prétencieux : 

“Celui qui a beaucoup pêché”
Abrégé phonétique de “Property”, “propriété”.
Ça va, on a compris qu’elle était à toi la grosse bagnole… 

Ou encore “2fast4U” abrégé phonétique de “Too Fast For You”, “trop rapide pour toi.”

Avec sa version édulcorée : “Dynamic”

Et “RUREADY”, “Are You ready?”, “es tu prêt ?”

Ou “Panache”, genre j’ai la classe. 

Les cinéphiles : 

“Indiana” et Bat Man”
Les poétiques : 

“Pâquerette 3” pour un livreur de fleurs
(on voit pas, en contre jour)
“Lune 1”
“Azalée”, comme c’est sympathique !

Les égocentriques qui en viennent à mettre leur prénom ou leur nom : 

Ou alors fans de Jazz… Mais bon. 

Les resquilleurs : 

Euuuh… Bah alors ?
Il y en a des centaines des voitures qui roulent à poil…
Je me demande à chaque fois comment c’est possible. 

Décidément, on se marre bien dans ce pays. 

Les Jujutrépides font du théâtre !

Fin novembre dernier, leur gentille maîtresse 

m’a annoncé qu’ils seraient 

des choux fleurs et des artichauts. 


Au début, je n’ai pas bien saisi le sens de sa phrase. 

Puis j’ai compris qu’elle préparait leur spectacle de Noël, dans lequel il devait être question d’un potager, vraisemblablement. 

Elle m’a alors demandé si je pouvais lui donner un coup de main. 

Immédiatement, mon coeur s’est mis à battre un peu plus fort, la sueur a commencé à me monter au front et de légers picotements sont apparus dans mes doigts… 
Me rappelant ainsi de façon très pavlovienne, les discrètes attaques de panique qui ne manquaient pas de me prendre à Mexico lorsque celle que je surnomme “l’horrible Mère Supérieure” des enfants s’approchait pour me parler : 
Elle me réclamait alors un quelconque objet introuvable ou un travail interminable, toujours couronné par une merveilleuse humiliation. 

Là, pas d’angoisse excessive : il s’agissait “simplement” de découper deux formes en carton de chacun des deux légumes su-cités, de les peindre et de les relier ensemble avec de l’élastique afin que mes fils puissent jouer à l’homme sandwich avec leur magnifique attirail végétal. 

Ni une ni deux : j’ai donc réquisitionné le carton au supermarché, en soudoyant la bouchère. 

Puis leur papa s’est ensuite donné beaucoup de mal pour dessiner les formes 
Il est très bon en 3D, c’est donc tout naturellement que ce travail lui est échu.

Je me suis ensuite follement amusée à les découper. 
(RIP chères trois paires de ciseaux, et bienvenues chères cloques aux doigts.)

Puis à les peindre, grâce au matériel gentiment prêté par l’école : 

Pour ceux qui persifflent dans le fond : OUI la chaise a tenu le coup. 
ET VOILÀ LE TRAVAIL.
Oui je sais… l’artichaut ça va encore mais le choux fleur… C’est pas top.
En même temps bon.
Y’a pas marqué “artiste peintre” sur mon front, okay ?

Le reste s’est passé dans le plus grand secret. 


Et puis le jour J est arrivé, un peu avant le début des vacances scolaires :

Le show de Noël de fin d’année !

Rien n’a voir avec celui de l’année dernière à Mexico, complètement axé sur la célébration culturelle et religieuse de la fête de Noël. 
On reconnait là l’école laïque française qui a proposé à la place un spectacle musical fort mignon, ma foi. 

(Manière de dire que ces choses là durent toujours trop longtemps…. Arrrrrghhhh ! Elle a OSÉ le dire ! Oooh ça va hein, ne mentez pas bande d’hypocrites ! Vous aussi, ce qui vous intéresse, c’est de voir vos mouflets passer, après, ceux des autres… Bref.)

Magnifique salle de sport aménagée pour l’occasion, encore un peu on aurait dit Las Vegas !

Incroyable la vitesse à laquelle elle s’est remplie de groupies en larmes, tremblotant d’avance avec leurs caméras vidéo, appareils photo, Ipads et autres smartphone prêts à filmer : 


Evidemment, tout se déroulait parfaitement… 
Jusqu’à ce que nos deux amours nous voient dans le public. 

Ouiiii…. Bon…. Heureusement que la maitresse est là quand même… 
Et puis bon ça va, Tantek est pas loin, c’est déjà ça…
Tranquille le chat, détendu pour monter sur scène, Mr Artichaut.
Naaan, mais les doigts dans le nez, je sais même déjà où je dois aller.
Mais où Y sont ???…
C‘est dingue quand même…
On se casse la nenette à préparer un pestacle
et ils ne se pointent même pas, ces vieux ingrats.
Oh mon dieu.
j’ai vu papa !!!!
On peut donc commencer à pleurer
TOUTES LES LAAAAAARMES DE NOT’ COOOOOORPS !!!!
‘Façon, j’aime pas l’chou fleur, moi.

M’enfin c’est pas grave, ils ont tenu jusqu’au bout.

Une fois descendus de l’estrade, ça allait tout de suite beaucoup mieux.
(Petits EMMERDEURS.)


Après, bien sûr, le spectacle a suivi son cours, très bien organisé, mais moi je n’ai pas pu m’empêcher de trouver qu’il était surtout dans la salle 🙂
(Ok, ok, j’arrête.)


Dernier petit tour, pour aller saluer.
re-belote : 

Un grand bravo aux institutrices pass’que vraiment c’est pas du gâteau de diriger et d’accompagner 120 petits lardons et leurs émotions !


Et puis… merveilleuse surprise de fin :


Le Père Noël est arrivé, sa hotte bourrée à craquer de petits paquets de bonbons.

Ça ne se voit pas forcément sur cette photo, mes les Jujutrépides étaient bouche bée. 
(Enfin quelqu’un qui arrive à les faire taire !)
Tancrède a violemment frayé son chemin parmi les enfants – autrement dit piétiné sans ménagement tout ceux qui se trouvaient sur son chemin – pour trouver une place sur ses genoux et pouvoir l’observer. 

Il l’a ensuite littéralement agressé verbalement : 
“Monsieur papa-père-noyel ! Il est où ton traineau ??” 

Quelque peu surpris par l’entrée en matière, le VB lui a alors répondu : 
“Euuh, je l’ai laissé sur le toit mon petit poussin !”

Sans se démonter, Tancrède a alors embrayé : 
“Papaaaa, viens !! On va VERIFIER !!!”

Se précipitant dehors, il a donc fallut faire preuve de beaucoup de répondant et lui expliquer que les rennes étaient bien dressés puisqu’ils repartaient l’attendre, bien cachés dans les nuages… 

Moi je dis qu’il va falloir être TRES prudents si l’on veut espérer qu’ils y croient jusqu’à l’année prochaine…

Trystan, encore sous le charme et follement heureux, m’a timidement dit en marchant vers la voiture pour rentrer :
“Le père noyel j’ai … Touché … sa barbe !….
Mais pas trop quand même, sinon ça l’énerve.”

Découvrir la Table Mountain

La Montagne de la Table, 

ici à Cape Town, 

c’est un peu comme la Tour Eiffel à Paris.

Ou la Statue de la Liberté à New York. 


C’est un emblème, absolument constitutif de la ville.

Celle-ci a d’ailleurs été construite en anneau, tout autour de ce grand massif qui culmine à un peu plus de 1080 mètres.
Il est constitué d’un élément central complètement plat – d’où son nom – ainsi  que de trois pics : Lions’s head au sud, qui donne ainsi à l’ensemble, sous certains angles, l’apparence d’un sphinx. Signal Hill au nord et Devil’s Peak à l’est.  

Vue depuis le Waterfront
Vue depuis Robben Island, l’île située en face du Cap, où Nelson Mandela a séjourné 18 ans…
Vue depuis le 17ème siècle
En 2011, la Table Mountain a d’ailleurs été désignée pour faire partie des sept nouvelles merveilles de la nature. 


Lorsque les nuages s’y accrochent, les Sud Africains disent alors que “la table est mise” et parlent de “Table Cloth”, puisque la couche de coton qui la recouvre donne vraiment l’impression d’une nappe. 



Pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux – et pas d’enfants – il est possible d’escalader la montagne. Il faut alors compter entre 1 et 3 heures pour ce faire. 

Pour le reste du monde, il existe un “téléphénique”, comme dirait Trystan, inauguré dès 1929 et récemment rénové qui transporte jusqu’à 65 visiteurs au sommet :

Faire la queue pour obtenir son ticket permet d’admirer une première vue d’ensemble sur la ville du Cap.
En quelques secondes, le centre de départ du téléphérique devient tout petit…
La montée dure moins de 2 minutes.
Attention les oreilles, pour les sensibles. 
Impressionnante machinerie installée au sommet…
Il permet d’accéder au parc protégé de Table Mountain, où de nombreux sentiers balisés proposent des balades sécurisées, plus ou moins longues et de degrés de difficulté différents. 
Aussi bien les grands rendonneurs que les pique-niqueur du dimanche y trouvent leur compte. 
L’endroit est une des plus riches biosphères du monde, on y dénombre plus de 1500 espèces de plantes et de fleurs. 


La faune n’est pas en reste avec notamment le Daman du Cap (aussi appelé Dassie, sorte de petite marmotte), les porc-épics, la mangouste, les lézards, les papillons, les daims, les serpents et les tortues, sans compter les aigles et toutes sortes d’oiseaux…
Jusque dans les années 1920 on y trouvait même encore des Léopards. 

Prévoir impérativement de bonnes chaussures, des chapeaux, de la crème solaire, de l’eau et des provisions : le soleil brûle là haut, même les jours de vent ou nuageux et il n’y a qu’un petit café et une boutique de souvenirs. 


Il arrive souvent quand le vent souffle trop fort ou qu’il y a trop de brouillard, que le funiculaire soit fermé : c‘est annoncé sur leur site internet (sur lequel on peut aussi acheter les billets, pour éviter de faire la queue) ou sur la pancarte digitale, sur la route qui y mène, au pied de la montagne. 

La vue d’en haut, sur l’océan Atlantique et la ville du Cap est à couper le souffle et proprement extraordinaire. Je vous laisse tranquillement en profiter :

Oui, profites en, mon amour, y’a pas beaucoup de petits garçons
de ton âge – pas Sud’Af’ – qui ont eu la chance de voir ça…

Découvrir le Planet restaurant

Diner au Planet Restaurant 

est un ravissant dépaysement.


Un peu comme un voyage… sur une autre planète !

Pour les amis du Cap, voici une idée de restaurant très agréable à découvrir un soir en amoureux :


Situé au 76 orange Street à Gardens (mais accessible depuis Kloof Street), niché au creux du prestigieux Mount Nelson Hotel, le restaurant donne l’impression de quitter un peu la terre pour quelques heures de plaisirs culinaires : 

Toute la décoration de la moquette-galaxie au plafond, est en lien avec le système solaire, les planètes, l’espace et rappelle que manger peut aussi être un beau voyage. 
Dans l’immense salle néo classique, à la lumière savamment orientée, on se sent un peu dans une soucoupe spatiale de luxe, des étoiles dans les yeux. 
Mais la cheminée et le bon service des très gentils serveurs réchauffent l’atmosphère immédiatement. 




Le chef Rudi Liebensberg propose une cuisine européenne contemporaine faite de produits de saison purement sud africains et ultra frais. 

Rien d’exceptionnel en terme de créativité mais des cuissons vraiment parfaites qui font la différence, de très belles présentations, un équilibre global assurément réussi qui donne envie de retrouver de grands classiques, notamment au niveau des viandes : 

Boeuf Wellington, entrecôtes et filets grillés d’autruche, d’agneau et de springbok, huitres et crustacés de la côte Atlantique, poissons locaux du jour… 
Les desserts ne sont pas en reste mais attention ils sont très sucrés. 




Petit twist fort sympathique : le chef ouvre chaque soir sa cuisine à un petit groupe (entre 6 et 10 personnes), qui ont alors la chance d’observer le théâtre culinaire qui se joue devant leur yeux et de diner “à la table du chef”. 

Pour peu que vous ne vous jetiez pas sur le champagne ou les vins étrangers, l’addition n’est pas délirante, vu l’endroit. 

Bon appétit !

Les Jujutrépides et le Père Noël

Tout a commencé 

à l’école. 


La nouvelle super maîtresse me voit un matin et me dit : 

“Au fait, je voulais vous demander Pom : vos fils… Enfin… Je veux dire, vous fêtez Noël à la maison ?”

J’admire la diplomatie de sa tournure de phrase et répond : 
“Mais oui pourquoi ?”

“Et bien parce qu’ils ne semblent pas connaitre le Père Noël !
Vous désapprouvez ou c’est d’accord qu’on en parle ?”

“Mais… Mais… Bien sûr ! C’est génial Noël !”

Je me sens un peu perturbée et réfléchis rapidement :

Nous l’avons bien fêté la première année, avec sapin et tout et tout… 
Mais c’était encore des p’tites larves de 2 mois.
Je ne suis pas certaine qu’ils aient même VU le sapin. 

La seconde fois, ils venaient de fêter leur 1 an. 
C’est déjà mieux, mais enfin, à part le goût des aiguilles et du papier cadeaux, je ne pense pas qu’ils se souviennent de grand chose non plus…

La troisième fois, ça aurait pu être la bonne, ils avaient 2 ans révolus, mais nous l’avons passé sur une plage paradisiaque du Mexique, au bord du pacifique. 
De fait, sans sapin. 
Et sans VB.
(Vieux Barbu. C’est le nom de code du Père Noël pour en parler, sans que les monstres ne le sachent.)
Leur souvenir principal de ce moment est surtout le bernard lhermitte maousse  costaud qui a pincé le doigt de Tancrède jusqu’au sang… 
Un an après, on en entend d’ailleurs toujours parler régulièrement. 
Dès qu’on met les pieds sur une plage, en fait. 

Oui, donc c’est normal. 
Qu’ils ne conceptualisent pas bien le VB. 
D’autant que ce n’est pas dans notre chambre d’hôtel que nous réussirons à faire les choses bien cette année…

Le soir même, ils étaient tous fiers lorsqu’ils sont rentrés de l’école en hurlant : “Mamaaaa !! On a fait l’arbre de noyyyyyeeeeel auzourdûuuuiiiiiii !!”

J’ai donc pensé qu’il était temps d’assurer un peu, et ai donc immédiatement mandaté leur papa, qui adooooore leur lire des livres, pour qu’il leur raconte le soir même la VRAIE HISTOIRE DU PERE NOËL !

Je les ai rarement vu aussi concentrés. 

L’affaire a bien duré une grosse heure. 

On a même dû se fâcher pour qu’ils aillent prendre le bain et acceptent de lâcher l’ipad sur lequel ils écoutaient en boucle LA VOIX DU PERE NOËL !
(Ho Ho Hoooo !!!)

En fait, à part quelques détails de structure, ils étaient presque au point. 
L’école fait des miracles. 

Trystan semblait déjà très informé : 
“Le père noyel il a un chapeau pointu avec un pompon au bout c’est la mère noyel qui lui a fait, et seulement si on est saz’ (sage), le père noyel il vient du cieeeel, avec un chapeau pointu pour donner les cadeaux, et moi, ze vais etre bieeeeen saz'”.
Voilà.
Tancrède, lui, paraissait plutôt très concerné :
“Mais il est oùùùùù le pays de noyeeeel ??
“Moi Je veux que le père noyeeeel il vienne dans ma maison, maintenant !
“Oui, le père noyel on va lui laisser un petit verre de biscwy avec un whisky !”
(Euuuh tu veux dire un petit verre de whisky avec un biscuit, mon amour ? Dyslexique mon fils ??)

“Mais dans la cheminée ? Il va se brûler la queue !”
(Rapport aux 3 petits cochons, hein)
Bref, on a bien ri !

Quand leur papa leur a mis la chanson “petit Papa Noël” sur la tablette, ça a été la révélation : j’ai découvert à cette occasion, contre toute attente et avec un soulagement infini, que mes fils SONT en fait capables de s’exprimer SANS hurler.
Ils chuchotaient leurs questions à leur papa, l’air absorbé et très révérencieux :


Durant le weekend, nous avons été au magasin faire le repérage des cadeaux. Et en rentrant, nous avons rédigé les lettres au Père Noël : 

Alors Tancrède, qu’est ce qu’on lui demande au Père Noël ?
“Huuuuum attends ze refléchis.”


Les lettres faites, on a vérifié qu’il n’y avait pas de fautes d’orthographe : 

Naturellement, il sait où pointer le doigt… 


Et puis on a signé : 

Maintenant, ce sont les parents qui sont en train de réfléchir puissamment à la logistique, car faire passer par la cheminée des éléphants, des chevaux, des hippopotames, des dinosaures et des chiens – entre autres babioles qu’ils ont réclamé – … On va devoir faire preuve de créativité !
Heureusement qu’ils sont en plastique. 

Ne restait plus qu’à les envoyer : 



Bref. 
Naturellement, on peut trouver tout cela bien mignon. 


Moi, j’y vois surtout une arme de destruction massive de caprices, miraculeusement tombée du ciel entre mes mains avides de n’importe quel outil éducationnel efficace pour gérer mon active progéniture  :

“Chéri, si tu n’es pas sage, le Papa Noël il ne t’apportera pas de cadeau !”

QUI a dit, odieux chantage affectif irresponsable ?
Dans tous les cas, retour à l’envoyeur IMMEDIAT de mon Trystan, dont l’esprit retors s’est instantanément élevé en faux devant cet abus de pouvoir probablement caractérisé : 

“Et bin moi, alors, ze veux pas d’cadoooooo !”

C’est pas gagné.

Après le "Ahorita", le "Now-Now" !

Après le “Ahorita !”, 

le “Now-Now !”.


Je suis ABSOLUMENT fascinée de voir à quel point les journées en Afrique du Sud passent plus lentement qu’au Mexique par exemple, même en France, où elles touchent à leur fin avant même d’avoir débutées. 

Loin de moi l’idée de donner l’impression qu’on s’y ennuie.
Au contraire !

Mais disons qu’ici, les journées passent… Normalement !
On a vraiment le sentiment qu’elles font 24 heures, pour une fois.
Et c’est drôlement agréable. 

Certes, c’est probablement aussi parce qu’on se lève plus tôt. 
En même temps, quand on dort bien et sereinement, sans bruit, et qu’une lumière ultra puissante apparait peu après cinq heures du matin… 
On n’est pas fatigué de se lever. 

Quand je pense à quel point il m’était difficile de m’arracher du lit dans la nuit parisienne… à huit heures du matin en hiver !
Ou même, après une nuit cent fois entrecoupée à Mexico, où j’avais le sentiment d’être encore plus épuisée qu’au coucher… 

Ici, on se réveille sans alarme. 
Souvent, même, avant nos deux réveils-matin ambulants de la chambre d’à côté. 

Du coup, on a le temps et l’énergie de faire plus de choses. 
Et, suite logique, on court moins dans tous les sens.

Pour autant, j’ai fortement souris intérieurement lorsque je me suis aperçue qu’ici aussi, une expression typiquement locale recouvrait un concept internationalement reconnu dans beaucoup de pays du monde au sujet de notre relation au temps : 

Au Mexique, c’était le “Ahorita” :
Avec le suffixe “ita” après le “Ahora” initial qui veut dire “maintenant”, cela devient une sorte de “petit maintenant” ou de “petit tout de suite”, qui peut signifier immédiatement … ou dans trois ans. 
En fait il veut surtout dire : “oui, un jour.”
En général, si aucune âme charitable n’a pensé à vous prévenir, il faut quelques mois et expériences malencontreuses pour en comprendre le sens.
Nos priorités ne sont probablement pas forcément les mêmes que celles des autres et n’apparaissent sûrement pas comme évidentes dans d’autres cultures. 

Et bien il y a le même en Afrique du Sud ! 
Sauf qu’ici, il s’appelle le “Now-now”, le “maintenant-maintenant”. 
On s’en est rendus compte lorsqu’on a commandé un taxi. 
Il est arrivé au bout de 40 minutes. 
Et la réceptionniste ne cessait de nous dire “NOW NOW SIR !!!”

Et comme il y avait le “Asi es” (“c’est ainsi”) fataliste au Mexique pour calmer les occidentaux hystériques qui perdent patience – ou les rendre encore plus dingues, c’est selon – il y a ici le “TIA !” : “This Is Africa !”



Fascinant ce que le monde entier peut avoir en commun !