Les Jujutrépides et les patates tomates

Depuis notre arrivée à Cape Town, 
et jusqu’à notre emménagement récent,

chaque matin en claquant la porte je regardais
Signal Hill, la petite colline au pied de laquelle était situé notre hôtel. 


Et je ne pouvais pas m’empêcher de regarder cette étoile qui trône au sommet. 
Le soir, quand on sortait, je la voyais allumée, qui brille dans le ciel tout noir, superbe. 



J’avais envie de savoir ce que c’était. 

Du coup, l’autre dimanche, nous sommes allés jeter un coup d’oeil. 

Signal Hill est un des trois pics qui encerclent la Montagne de la Table, autour de laquelle est construite la ville de Cape Town. 

On le voit bien, depuis le Waterfront.

Cette petite colline n’est pas très élevée, à peine 350 mètres au dessus du niveau de la mer. 
Elle offre une belle vue sur la ville. 


Mais c’est aussi un angle de vue inhabituel sur la Montagne de la Table : 


Et le City Bowl (centre ville) de Cape Town : 


Il reste encore quelques pins sur ce petit mont, héritage importé de Hollande lors de la colonisation, mais que le gouvernement fait disparaitre peu à peu, au profit d’un retour vers le bush endémique naturel à la région.
L’objectif étant de limiter les feux qui prennent si souvent en été dans cette forêt “artificielle”, bien que plusieurs fois centenaire. 

Signal Hill doit son nom au sémaphore qui fût initialement posé par les Hollandais sur le sommet pour avertir les navires à l’approche de la ville, concernant les conditions météorologiques par exemple. 
Le lieu abrite maintenant le Noon Gun, une ancienne batterie d’artillerie britannique qui servait à donner l’alarme quand un navire était en danger et à organiser les secours. 
Chaque jour à midi une salve est d’ailleurs tirée pour synchroniser les chronomètres de marine de la ville. 

A la fin du mois de novembre 2014, une installation d’art contemporain y a été installée : the “Sun Star”, l’étoile du soleil. 

En 2014, Cape Town a été désignée World Design Capital, sorte de prix qui récompense les capitales du monde qui reconnaissent et utilisent le design et l’art contemporain comme un outil pour leur développement social, culturel et économique. 
Plus de 460 projets ont ainsi été mis en place cette année. 

A cette occasion, l’artiste sud africain Christopher Swift a imaginé cette installation comme un phare qui guiderait les capetowniens et les visiteurs.
Une veilleuse qui célèbrerait les 20 ans (1994-2014) des premières élections parlementaires non raciales au suffrage universel, la fin réelle de l’apartheid et la naissance de la démocratie en Afrique du Sud. 

Symboliquement placé sur cette colline en référence à son nom et son ancien rôle, il est le signal contemporain posé en face de Robben Island, cette île où de nombreux prisonniers politiques et notamment Nelson Mandela ont été privé de leur liberté et de leur vie durant des décennies.

Etoile et lueur d’espoir face à la barbarie et au racisme, les barrières qui entourent cette construction temporaire d’aluminium fonctionnant à l’énergie solaire, sont celles-là mêmes qui ont servi dans la prison où Madiba a passé 18 ans de son existence.  



Aujourd’hui entremêlées, tricotées comme les liens qui unissent les divers populations de la Nation Arc-en-Ciel, elle sont devenues un symbole de paix et de solidarité. Beau pied de nez à leur fonction originelle. 

De ses 24 mètres de haut et avec ses 8 branches, elle illumine donc le ciel de la ville chaque soir. 

Les Jujutrépides ont bien sûr longuement admiré l’oeuvre. 
Mais ce qui les a le plus amusés, naturellement, ce sont les “Patates-Tomates”. 
Comprendre : les pommes de pin. 


Ils ont découvert que certaines étaient entières et d’autres déjà rongées. 
Trystan m’a alors littéralement soufflé en me disant : “ce sont les zécureuils mama qui l’ont mangée ?”
Je ne lui en avait jamais parlé avant… 
Ça doit encore être un coup (brillant) de leur super école. 


Pèlerinage à Robben Island, l’historique île-prison de Cape Town

Moment d’émotion. 

Enorme. 

Il y a quelques semaines, avant Noël,
nous avons visité Robben Island. 


Robben Island, “l’île aux phoques” en langue afrikaans, tire son nom de ces jolies bestioles qui pullulent dans les eaux qui l’entourent. 

Située à un peu moins de 7 km de Cape Town, il faut un bateau pour y accéder.
Celui-ci se prend au Waterfront, devant le Robben Island Museum. 
Il est vivement recommandé de réserver les billets à l’avance, , car c’est souvent plein une bonne semaine à l’avance. 

Il faut une quarantaine de minutes de traversée en bateau pour rejoindre l’île :

Evidemment Tancrède a tout de suite repéré l’emplacement stratégique. 
Cape Town dans le dos 
Robben Island en face. 
Attention, avec le vent, 
il faut bien se couvrir et avis aux fragiles de l’estomac : bien prendre sa Dramamine avant de partir !

De forme un peu ovale, mesurant un peu plus de 3 kms sur 2, l’île a été classée Patrimoine Mondial de l’Unesco en 1999. 



Tour à tour léproserie, poste militaire et terrible prison naturelle, elle a vu et hébergé en son sein beaucoup de souffrances. 

Répertoriée pour la première fois en 1498, elle sert de prison dès 1658, les colons hollandais y enfermant les condamnés africains de droit commun, les chefs locaux récalcitrants, mais aussi les natifs des colonies néerlandaises d’Asie, alors déportés depuis l’autre bout de la planète. 

En 1961, une prison de sécurité maximale y est bâtie, pour les condamnés à de longues peines et surtout pour les opposants Noirs au régime de l’apartheid, les prisonniers politiques. 

Des personnalités fameuses y furent enfermées, comme le président actuel du pays Jacob Zuma, qui y passa 10 ans.
Mais aussi des figures emblématiques de la lutte pour la démocratie tel que Robert Sobukwe dont l’influence fût considérable, à défaut de la célébrité historique. 

Mais le prisonnier le plus connu à y avoir séjourné est sans doute Nelson Mandela, qui y fut interné sous le matricule 46664 – ce numéro signifie qu’il a été le 466ème prisonnier entré en 1964 – durant 18 années de ses 27 ans d’incarcération…

L’arrivée sur le lieu est poignante…

La nation arc-en-ciel… ?


En 1996, cinq longues années après la fin officielle de l’apartheid, l’île cesse enfin définitivement ses fonctions de prison, et devient un musée dès l’année suivante. Tout a été conservé tel quel. 

L’île en elle-même est superbe : 


Et offre une vue sur la ville de Cape Town à couper le souffle :
Même les Juju en sont restés cois.

A l’arrivée, une visite de plus d’une heure en bus, permet de faire un tour partiel de l’île et de comprendre réellement le traitement subi par les personnes qui y on vécu. 
Je vous recommande le guide du nom d’Abe, particulièrement érudit, à la fois drôle et émouvant, il contribue grandement à donner le ton juste à cette visite, sans trop de pathos, mais dans le respect des grands hommes qui sont passés par cet enfer. 

L’ancienne léproserie
Le cimetière chrétien.  
L’école, qui a longtemps accueilli les enfants du personnel qui travaillait sur l’île.
L’église, plus ancien bâtiment de l’île. 
Le cimetière musulman.
La cellule de Robert Sobukwe
La carrière de chaux où tous les prisonniers devaient travailler  6 à 10 heures par jour,
afin de fournir la ville de Cape Town pour la construction de ses bâtiments.
La plupart de ces hommes ont conservé les séquelles de ce traitement inhumain : 
Sobukwe mort d’un cancer du poumon, Nelson mandela décédé des suites de son affection pulmonaire… 

Le petit tas de pierre à l’entrée a été formé lors de l’inauguration du musée : 
chacun des anciens prisonniers a déposé sa pierre… 

Si le lieu est paradisiaque, l’ambiance, elle, y est terriblement oppressante :

Même cette petite racaille de Trystan n’en menait pas large…

Après le tour en bus, on vous déposera devant la section B, celle de la cellule de Madiba…
Un ancien prisonnier, grave, vous servira de guide, parlant mieux que quiconque de l’époque où le lieu était encore un bagne : 
A la fois dérangeante et émouvante, la visite des quartiers de haute sécurité est terrible… La vue de la pièce de 1 mètre sur 2 ou Madiba a dormi tant de nuits, à même le sol…

Devant, les touristes se prennent en photo.
Mais rapidement, une fois le souvenir imprimé dans les téléphones, le recueillement des gens est sincère…
Le voyeurisme disparait alors derrière une émotion vraie, intense et forte…
En regardant cette minuscule cellule, la petite fenêtre à laquelle il a passé des heures accoudé, j’ai repensé à INVICTUS, ce poème de W.E. Henley, le texte préféré de Nelson Mandela, et qui l’a aidé jour après jour à supporter sa captivité…

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.
In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed. 
Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade, 
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid. 
It matters not how strait the gate, 
How charged with punishments the scroll, 
I am the master of my fate : 
I am the captain of my soul. 


Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances
Je n’ai ni gémit ni pleuré,
Meurtri par cette existence
je suis debout, bien que blessé. 
En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l’ombre de la Mort,
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux, les châtiments infâmes,
je suis le maître de mon destin :
Je suis le capitaine de mon âme. 

La fenêtre du centre est la sienne.
Il y est resté dix huit années, dans des conditions extrêmement difficiles,
refusant d’être libéré et pour rester en cohérence avec ses convictions.

Le retour se fait à pied. 

Les quelques centaines de mètres qui séparent cet endroit du port d’embarquement permettent de méditer et de revenir doucement à la réalité… 
Tout le monde marche d’ailleurs silencieusement.

Je pensais ne pas pouvoir avoir plus d’admiration pour cet homme. 
Je m’étais trompée.
Et son message, aux vues des derniers événements, est désespérément d’actualité…

Décidément, que d’émotions nous vivons à Cape Town !
We love Cape Town !

Les Jujutrépides découvrent l’exposition LEGO !

Les Juju sont en vacances. 

Si je ne veux pas finir à l’asile, 

à tourner en rond dans la chambre d’hôtel,

il me faut donc leur trouver des occupations. 


La dernière en date : une exposition d’art contemporain !

Jusqu’au 28 février 2015, au Waterfront de Cape Town se tient :
“The Art of the Brick Lego”. 

Juste à côté de l’Aquarium.
Itinérante, elle a déjà fait le tour des Etats Unis, de l’Asie, de l’Australie et de l’Europe et a été listée parmi les 10 meilleures expositions internationales de l’année par CNN. 
Elle s’étend sur près de 1000 m2, à travers 73 pièces exceptionnelles de l’artiste américain Nathan Sawaya, qui a préféré abandonner sa carrière d’avocat en 2004 pour jouer au lego !
4 188 heures de travail et plus d’1 million de pièces de lego pour construire 73 oeuvres. 
Et tout cela réalisé par 1 seul homme !
L’exposition commence par une courte vidéo retraçant le parcours de l’artiste, sa vision et son art. 
Ces travaux sont aussi divers que variés. 
On passe facilement d’oeuvres personnelles, philosophiques, voire politiques : 
Des legos plein la tête !

Remarque fort justifiée de Tancrède :
“Mama, il a perdu sa tête le monsieur ?”
Trystan, 3 ans :
“Mama, pourquoi le monsieur il veut s’enfuir ?”
“Heuuuu chéri, déjà ? Vraiment ?
Tu crois pas que c’est un peu trop sérieux pour toi ça non ?”
Tancrède, concerné :
“Mama, tu crois qu’il a bobo au ventre le monsieur ?”
… A de purs objets, reproduits de façon assez fascinante : 



N’oublions pas les rappels historiques :

Plus la peine d’aller à Bayeux…
Ni à Lascaux. 
Ni même au pays des pharaons.

Mais c’est aussi dans la reproduction de tableaux ou de sculptures célèbres et emblématiques, que son talent explose : 

Un p’tit baiser ?
Les fermiers austères de Grant Wood
Hokusai
(Impressionnant, même si j’ai quand même préféré la vraie
exposition au Grand Palais à Paris cet été !)
Seule la Perle de la Jeune Fille n’est pas en lego !
Même comme ça, la Joconde est auréolée de lumière ! 
Presque rien n’a envier au vrai Cri de Munch, non ?
Un p’tit Rembrandt ?
Le célèbre Van Eyck…
Un Van Gogh que je mettrais bien dans le salon…
Modigliani.
The David.
Néron. 
Un penseur. 
Tancrède, 3 ans :
“Mama, pourquoi elle a pu’ d’bras la daaaame ?”
“Euh… Mon amour la Vénus de Milo,
ça fait un moment qu’elle les a perdus… Comment te dire ?”
Le Pop Art n’est pas en reste : 
Pas plus que les animaux…

80 000 legos quand même, pour ce T-rex.
Même à leur jeune âge, les Juju ont été assez fascinés par les oeuvres. 
Cette expo est intéressante et vraiment brillante car elle est un moment d’art accessible à toutes les périodes de la vie. 
Elle interroge les adultes mais aussi les enfants, quelque soit leur degré de maturité. 
Je la recommande à tous les parents. 
Tancrède :
“Mama, tu crois qu’il va me parler le monsieur ?
Trystan : 

“Mais naaaan Tantek, il boude.”
“Mamaaaaaa, c’est MIKIIIIIIIII, prends la photooooo, viiiiite !!!”
“Mama, pourquoi y’a un monsieur qui essaye d’attraper l’aut’ monsieur rouuuuge ?”
“Mamaaaaa, qu’est-ce qu’il a le monsieur…. Ça va pas ?”
Ils sont restés au moins une minute, silencieux, devant la Victoire de Samothrace.
Ils n’ont posé aucune question.
Ce qui pour eux, est notoirement étonnant. 
Tancrède s’est essayé à la photo.
Avec plus ou moins de succès.

Naturellement, pour les petits, il faut leur rappeler toutes les 24 secondes qu’ON NE TOUCHE PAS. 
En même temps, comment leur expliquer ? 
Les legos normalement, on joue avec, non ?

Et c’est là qu’à la sortie, les brillantes personnes de chez Lego ont – naturellement – placé d’énormes bacs remplis de briquettes pour que les petits qui n’y tiennent plus, puissent enfin donner libre cours à leur instinct tactile !

Trystan et son bonhomme assis à hélice ??
Tancrède, plutôt inspiré par Modigliani, avec sa “têêêête” toute en longueur.

C’est aussi le moment, pour les parents, de sortir le portefeuille… Mais c’est de bonne guerre ! 

Courrez-y !

Le Noël 2014 des Jujutrépides !

Ça faisait un moment qu’on les préparait. 

Psychologiquement. 

Il faut dire aussi que l’école leur a bien bourré le mou avec toutes ces histoires de Père Noël, de RUDOLPH renne au nez rouge et autres cheminées !
Alors, cette année, on a vraiment joué le jeu. 

Evidemment, ils sont rapidement venus se plaindre auprès des autorités compétentes concernant le sapin inexistant. 
On a eu beau leur expliquer que dans une chambre d’hôtel, ça n’était quand même pas évident… 
Tancrède a pris le parti de bouder : 



Trystan a fait contre mauvaise fortune bon coeur et a décoré un lampadaire, qui a fait office de conifère de Noël, avec les guirlandes en pâte à sel confectionnées à l’école :


Le dernier jour de classe, ils sont rentrés avec des paquets de petits biscuits cuits à l’école, que les maitresses les ont aidés à fabriquer.
(Délicieux leurs sablés, ‘va falloir que je demande la recette.)

L’avant veille nous sommes passés voir le Père Noël à son chateau (au mall du Waterfront), pour lui dire bonjour et lui faire un bisou. 
Car, leur avons nous expliqué, la nuit de Noël il sera beaucoup trop occupé pour venir les embrasser. 
Explication qui avait l’avantage de justifier auprès de ce petit fouineur de Tancrède pourquoi il n’avait pas sa hotte avec lui ce jour là.

Petite caresse aux rennes…
Et pose avec le VB, Tancrède faisant semblant de se tenir correctement pour s’assurer d’obtenir ses “cadeaux d’enfant saze” !
Naturellement, pour être sûrs de ne pas risquer de dévoiler le pot-aux-roses, nous avons planqué jusqu’au jour J les monceaux de jouets – on avait beaucoup à se faire pardonner cette année, avec tout ce qu’on leur a fait subir, ces pauvres petits… – dans le coffre de la voiture : 


Le soir, nous sommes allés célébrer dignement cette jolie fête en en profitant pour massacrer quelques crevettes non protégées par SASSI au passage, c’est ça l’esprit de Noël : 

Mes 3 hommes cravatés

Devant un joli coucher de soleil sur le port de la ville : 

Bien évidemment, les Juju avaient promis d’être sages et de bien se tenir : 

Moi ? Comme une image ! 

Mais rapidement, ils ont été pris par le démon de Noël :

Hep garçon !  Un coca light, pour l’occasion.

Je bois mon coca et je suis FABULOUS, comme c’est écrit sur la canette. 

Ils étaient très pressés de rentrer à l’hotel, naturellement, et ont su nous le faire  savoir : 

Nan mais quoiiiii !
On va pas rester là toute la nuit quand même !
Y’a le père Noël qui nous attend “allezzzz, on y vaaaa !”
Monsieuuuuuur l’additioooonnnnnn !!!
Oui, allez on souffle la bougie… 
Et on y va !? 

Une fois de retour, et à défaut de sapin, nous avons préparé la scène de crime (BISKUUUUUUIIIII et tasse de laiiiit), avant de coucher les monstres.

Ce matin, 06h05, Trystan a bondi hors du lit et s’est précipité vers la table basse sur laquelle nous avions posé la p’tite collation, et le fauteuil. 
Le Père Noël avait ostensiblement terminé la tasse et mordu généreusement dans le muffin noix de pecan laissé à son attention : 

Et le fauteuil était, comme prévu, recouvert de cadeaux. 
Verts d’eau pour Tancrède et verts pomme pour Trystan. 

Il a fallu fortement l’encourager pour aller réveiller le frangin au lieu de tout déballer seul, comme quoi la fraternité a ses limites, quand même !

Quelques carabine, carapace de tortue Ninja, chevaux, éléphants, panier de basket, lego, voiture de police, lunettes de piscine et bonnet de bain plus tard (pour les cours de natation qui commenceront en janvier), Tancrède s’est lancé dans l’ouverture de ses paquets : 

Nous avons bien entendu ici et là quelques indécents “MAIS LUI IL EN A EU PLUUUUUS QUE MOI DES CADEAUUUUUUUX !!!!” totalement injustifiés…
Mais tout cela c’est vite tassé lorsqu’ils ont commencé à se tirer dessus, transformant la chambre en décor de farwest. 

Bilan des courses : heureusement qu’il ne nous reste que quelques jours à tenir avant d’emménager enfin dans notre nouveau chez nous…


Joyeux Noël à toutes et à tous !

Découvrir le Duchesse !

Voila un restaurant fort sympathique, 

amis cape towniens !

Situé au 3 de la petite rue pas forcément très charmante de Wisbeach Road, à Sea Point, presque au croisement avec la Main Road qui traverse le quartier, je vous le recommande fortement pour un diner en amoureux ou entre amis : 


Sorte de brasserie kitch et intimiste, ambiance dandy, sorte de bric-à-brac chaleureux et original de peintures romantiques qui ont donné le nom à l’endroit, et où la philosophie est de servir des plats simples et sans prétention mais délicieux et généreux, dans une atmosphère drôle et amicale. 
Aaaahh lala, les coupures d’électricité à Cape town…

Il est recommandé d’amener avec soi son chien ou son chat de compagnie, qui sont tous autorisés dans l’établissement. 


L’humour et l’auto dérision sont requis pour pouvoir supporter le service totalement déjanté – mais follement amusant – des serveurs et l’excentricité de la fondatrice et chef, Theresa.

Surtout, ne la PROVOQUEZ pas en demandant une viande plus cuite par exemple, mais faites-la rire, et les shots de tequila orange couleront à flot :

Aucun petit détail ne lui échappe et de toutes manière, c’est délicieux. 
Quelques exemples de bons petits plats :

Calamar grillés à la perfection
Petits roulés d’artichaut, feta et jambon cru. 
Poisson du jour à la méditerranéenne, sa petite purée écrasée à l’huile d’olive. 
Les premières frites AU MONDE
à rivaliser avec celles de ma belle-maman,
pourtant indétrônables, dans mon coeur depuis plus de 15 ans.
Double passage dans l’huile parfumée.
Résultat et  craquant incomparable. 
Pudding de Noël à l’orange et son coulis de fruits rouge.
Insupportable.

Au bout du compte, on a le sentiment de sortir dans un endroit un peu sophistiqué mais pas prétentieux, où l’on mange de la cuisine homemade, mais un peu élaborée.

L’endroit est vraiment sympathique et c’est un excellent rapport qualité prix qui donnent franchement envie de revenir. 

Le MAQUILLAZE

Cela fait plus d’un an et demi 

que les Juju ont remarqué 

et sont fascinés par mon maquillage. 


Chaque jour, quand je prends mon mascara, ils regardent, ébahis. 

Quand on sort le soir et que j’applique de l’eye liner, leurs visages émerveillés me font presque croire qu’ils assistent à un spectacle de magie :
Ils ont l’air surpris à chaque fois, comme s’ils savaient que c’était moi mais qu’ils ne me reconnaissaient pas. 

J’ai alors droit à leurs commentaires et appréciations :
Le “c’est booooo mama !”, qui signifie en réalité que j’ai un peu trop forcé le trait.
Et le “c’est… Hum… Zoli, mama.”, qui pour le coup, m’assure indirectement que j’ai mis la juste mesure de couleur. 

Si ça ne tenait qu’à eux, je sortirais peinturlurée comme un camion volé…

Bref, nous étions en train de déguster une glace à la fraise au soleil, sur le port, l’autre weekend : 

Quand ils se sont mis à réclamer à corps et à cris d’être eux aussi bariolés : 
Ayant croisé une petite fille temporairement transformée en papillon violet, ils ont alors patiemment suivi la file d’enfants grimés qui s’égrainaient lentement derrière elle, jusqu’à remonter à la source, au nid originel : 

Une brochette de 3 spécialistes, très affairés, assis sur des petits tabourets, sous les arbres, proposant des dizaines de motifs différents. 

Tancrède s’est précipité sur le seul qui venait de se libérer, un gentil congolais qui a subtilement su l’attirer avec quelques arguments bien sentis : 
“Tu veux dev’nir un hérooo mon gars ?!”

Il a choisit son personnage en moins de temps qu’il ne faut pour prononcer : SPIDERMAN ! Et le monsieur s’est immédiatement mis à la tâche. 


Pas en reste, son frère a, lui, longuement inspecté le tableau des exemples avant d’annoncer prudemment son choix à la maquilleuse d’à coté :

Woaaaah y’en a tellement ! C’est dur de choisir !
Bon, voyons voir...
“Oui, celui là madame, le grrrrraaaaaoooooow !!”
“You mean the TIGER, sweetie ?”
(“Tu veux dire le tigre mon chou ?”)
“YES”
C’est parti !

Grrrrraaaaaaoooouuuuuwwww !!!
Monsieur TIIIIGRE !!!!


L’ensemble était plutôt réussi, j’ai d’ailleurs noté que nos deux petits lutins avec habillement choisi des maquillages assortis aux couleurs de leurs tenues : 


Pas mal, les monstres !

Les Jujutrépides découvrent l’aquarium du Waterfront.

Le weekend passé, Tancrède avait pris 

un coup de chaud à l’école, la veille. 

Du coup, le samedi, on est allés le rafraichir 

en faisant une petite plongée…

A l’aquarium du Waterfront de Cape Town : 


Depuis qu’ils ont découvert avec enchantement le “KOUARIOUM” de Paris, il ne faut pas beaucoup pour les motiver à aller voir les animaux de la mer. 

Celui-ci est magnifique. 
On y trouve des centaines d’espèces de poissons, de coraux, de crustacés et autres petites merveilles marines : 

Les requins et les grands animaux sont aussi très présents : 

On y trouve aussi un espace dédié aux pingouins : 

Les pingouins surfeurs !
En vrai, il s’appellent Rockhopper.

L’endroit est vraiment bien conçu car il est aussi très axé sur le développement durable, la sensibilisation et l’éducation environnementale des enfants : sur tout le parcours, des ateliers et bornes interactives permettent aux petits d’attiser ou d’étancher leur curiosité. 

Voir les bébés crevettes au microscope.
Découvrir à quoi ressemble un oeuf de requin ??
Découvrir la géographie 
Chercher les animaux des étangs, en cliquant sur un immense écran interactif.
(Où papa peut aussi s’amuser à jouer à Minoriy Report)
Apprendre le geste de jeter à la poubelle et de récupérer les déchets. 
Apprendre le tri sélectif. 
Comprendre pourquoi l’eau est une richesse 

Devant les énormes poissons Napoléon, Tancrède a d’ailleurs trouvé une explication scientifique magnifique à la présence de cette grosse bosse sur leur front : 

“C’est passqu’il est tombé de la balançoire mama, il a une ‘rooosse bosse main’nant.”


Certains aquariums sont aussi équipés de petites grottes intérieures où les enfants peuvent aller se réfugier et observer les poissons de tout près, comme s’ils étaient eux-mêmes dans le bocal.
Gros succès : 

Des livres très bien faits pour les petits sont aussi proposés au magasin, à la fin du parcours :

Mais les adultes de sont pas en reste : 
On est souvent interpelés dans nos convictions, et les explications données au sujet des océans et de la bataille pour la survie qu’y s’y joue sont passionnantes. Le ton et l’approche sont impactants mais aussi positifs et encourageants. 

Le plus dangereux prédateur de la Terre :
Un miroir…

A 3 heures de l’après midi certains jours de la semaine, le samedi et le dimanche (pour les requins), une séance de nourriture est rendue publique : 
On y voit les animaux se jeter sur leurs proies. 
En même temps, un guide explique longuement l’origine et les objectifs de l’Aquarium. 


On y apprend notamment qu’ici en Afrique du Sud, une initiative lancée en 2004 avec le WWF a abouti à la création d’un index, le SASSI (South African Sustainable Seafood Initiative) où sont classés par catégories tous les poissons et crustacées : 

– Ceux que l’on peut manger sans y réfléchir (vert)

– Ceux qui sont en voie d’extinction, mais pas encore protégés par la loi, qu’il convient donc de consommer avec modération et circonspection. 

– Ceux en dépeuplement accéléré et qui sont légalement interdits à la pêche. 

Intéressant. 
J’ai découvert avec horreur que les langoustes que nous nous enfilons chaque semaine depuis notre arrivée sont bien mal en point…
Un choix de conscience s’impose à moi. 
 
Bref, encore un excellent endroit à découvrir avec des enfants. 


Découvrir le Panama Jack !

Evidemment quand on vit à Cape Town, 

on a tout le temps envie de poissons et de crustacées. 

Et comme on a le privilège de les avoir sous la main, 

On a l’embarras du choix. 


Le Panama Jack est une petite taverne, version pirates. 

Elle est posée directement sur les docks du port de la ville de Cape Town, sur le Quay 500. 
Il faut vraiment décider d’y aller. 



Mais elle vaut le déplacement !
Petite paillote en bois à l’entrée discrète : 


On découvre à l’intérieur un petit monde super cosy et chaleureux à l’ambiance tamisée : 


On y trouve tous les poissons grillés et les crustacés possibles. 
Un second chef qui a son propre bar, peut vous préparer toutes sortes de sushis et sashimis ultra frais. 

Le vivier de langoustes et autres homards encore vivants, prêts à être choisis pour le repas, est l’attraction majeure du lieu, celle qui vous permettra d’avoir ENFIN la paix et de déjeuner tranquillement pendant que la marmaille s’affaire autour des pauvres condamnés :

Un petit Sud Af’ élevé dès la naissance à la pêche à la langouste
montre à nos deux débutants comment s’y prendre.
Attention, ça pince. 
Trystan se lance. 
Bah oui mon Titi, c’est par les grosses antennes qu’on les tient
pass’que sinon, elle font flap flap avec leur queue,
vers l’intérieur, et ça écrabouille les doigts.
C’est plus cher qu’ailleurs, mais l’atmosphère est vraiment agréable et les produits parfaitement frais. 

Les grosses huitres de Namibie
Délicieusement iodées et crémeuses.
Langoustines, langoustes, Noix de St Jacques, sur un petit riz façon Cajun, c’est succulent. 
Vraiment.


Le weekend, en famille, ou un soir entre copains. 
Vraiment allez-y, amis de Cape Town.

Les Jujutrépides jouent les bobo

C’est vraiment spécifique à cette ville :

Cape Town regorge de coins super Bobos 

où passer une tête le samedi matin, par exemple. 


Le plus emblématique est probablement le “Old Biscuit Mill“, l’ancien moulin à biscuits, au 373 Albert Road à Woodstock, ce quartier très populaire mais bohème-artiste-chic en cours de réhabilitation :

Vieille usine désaffectée, le lieu a été transformé en petit village de boutiques d’architectes, de designers, de brocanteurs, de magasins de décoration, de vêtements de créateurs, de restaurants et autres galeries de photos, de sculptures ou de peintures : 


C’est ouvert toute la semaine sauf les dimanches et l’endroit accueille un marché chaque samedi de 9 heures à 14 heures : on peut y faire ses courses et grignoter toutes sortes de choses : des tapas, des hotdogs, des crêpes, des salades, des sandwichs, des sushis, etc. 

Attention, les prix sont assez élevés. 
Mais l’endroit est vraiment sympathique et on y trouve beaucoup de beaux objets et de bons produits. 

Les Juju ont trouvé l’endroit très à leur goût : 

Tancrède découvre le bretzel.
Maman s’apprête à devoir partager (abandonner)
son super smoothie fruits rouges aux deux fourmis aspireuses qui lui servent de fils
Hum pas mal mama, on achète ?
Des répliques de moulin et de puits permettent aux enfants de découvrir les premières et basiques lois de la physique : 
Des artistes très 70’s proposent des petits concerts. 
Comme d’habitude, Tancrède – fasciné – a été difficile à déloger  :
Sages comme des images…
Je devrais peut-être me mettre à ces instruments indiens…Ça me les calmerait. 
Tancrède, chéri, ON Y VA LÀ !
Un joli moment pour toute la famille. 

Curiosités sud africaines – Chapitre 4

J’ai vraiment le sentiment 

que les Sud Africains 

sont des gens très organisés 

et très pragmatiques. 


Tout dans leur quotidien montre qu’ils sont préparés à beaucoup d’éventualités, qu’ils recherchent l’aspect pratique dans toutes les situations, trouvent souvent des moyens pour simplifier les choses, et sont très à cheval sur les questions environnementales.
(En fait, ils sont Hollandais, mais il ne faut pas leur dire) 

Ils ont aussi beaucoup d’humour.
(Ça c’est leur côté anglais, mais chut !)

Démonstration : 

Ils adooorent les affichettes, pour faire des blagues ou exprimer leurs convictions. Il y en a partout. Les restaurants, les marchés, les magasins, chacun y va de son petit message.

Maris grognons et vilains enfants : asseyez-vous sur ce banc !
(A l’entrée d’une boutique de déco)


Le pays doit souvent faire face à une pénurie d’électricité ces derniers mois. 

Facile d’y remédier : dès que le manque se profile à l’horizon, il est décrété un couvre-feu préventif de 2 heures, de 18 à 20 heures en général, durant lequel tout est coupé, même les feux rouges. 
Pour faire des économies et repartir du bon pied. 
Ça ne choque personne !

De même, dès le 1er décembre, à l’arrivée de l’été en hémisphère sud, la saison des feux est malheureusement ouverte :
Avec le vent qui souffle particulièrement violemment, de terribles incendies se déclarent très souvent. 
Il y en avait un par exemple le jour du spectacle de noël des enfants, juste au dessus de l’école. 
Ils ont plein de canadairs disponibles qui vont s’approvisionner directement dans l’océan… Très impressionnant.  
Lion’s Head en feu… 

En quelques heures, c’est réglé.
Le recyclage et la protection de la nature ne sont pas un vain mot. 
D’ailleurs, je trouve les gens très respectueux en la matière. 
Et les enfants sont éduqués dès leur plus jeune âge : partout dans les lieux publiques, les écoles, les restaurants, les rappels sont omniprésents.

Ici, quand on est mère, c’est pas FORCEMENT la galère : 
Certaines places de parking sont prévues pour elles. 
Ici, quand on doit ouvrir une portière qui ne s’entrouvre qu’à moitié, bloquée par le pylône de gauche, pour dégrafer les gosses de leur siège, tout en portant les sacs de courses, le sac à main, l’ordinateur portable et leurs cartables… 
Il y a la place sur les côtés pour ne pas EN PLUS se prendre un bon coup dans les flancs ou se contorsionner jusqu’au déplacement de vertèbres.
Rapport au pylône. 
Et si le pays est toujours en proie à des inégalités sociales effrayantes… 

Surréel…

Certains petits détails donnent de l’espoir :

Même si on a pas de quoi acheter une balançoire,
on a bien un vieux pneu à customiser pour faire plaisir aux enfants !

Vive l’ingéniosité sud’Af’ !