Les Jujutrépides apprennent à nager

Forcément, 

quand on a le privilège 

d’avoir une piscine à la maison…

Mais aussi des enfants en bas âge, 
on ne vit plus. 


On passe sont temps à les chercher et à les localiser. 

Toutes les deux minutes les pauvres petits sont obligés d’hurler depuis l’autre bout de la baraque : “Mais on est lààààà mamaaaaa, ça vaaaaa !” 

On va régulièrement regarder le fond de la piscine… Le coeur palpitant d’angoisse… Avant de se rendre compte que les gosses sont encore à l’école. 

Bref, je sais ce que cette phrase à de bourgeoise, mais sincèrement… 
Si c’est effectivement merveilleux le weekend quand on barbotte avec eux, le reste du temps, avoir une piscine, est une source de stress innommable.
En dehors des protections classiques du type bouées obligatoires, baignade interdite en dehors de la surveillance d’un adulte, barrière autour de la piscine équipée d’une sécurité enfant – que Trystan a naturellement réussi à ouvrir en 45 secondes – … J’ai aussi décidé de les inscrire à des cours de natation. 

Chez Swimmable à Gardens, amis de Cape Town qui chercheraient un endroit pour vos propres enfants. Ils sont très accueillants et très doux avec les petits. 

Nous avons donc commencé il y a deux semaines. 
Une demie-heure tous les jeudi après midi, après l’école. 

C’est une petite piscine intérieure, couverte, dont l’eau sans chlore est maintenue en permanence à 32 degrés. 

La grande baie-vitrée centrale permet aux parents de garder un oeil sur les choses et d’admirer sa progéniture en train de progresser… 
Ou de hurler d’angoisse. 
C’est selon…

Les garçons ont tout de suite accroché :

Whooaaaaa ! On saute ?

Tancrède avait d’ailleurs déjà mis son bonnet de bain depuis longtemps en  attendant fébrilement son tour : 

Ça y est, c’est à moi ???

Le cours est très ludique. 
Ils sont assis sur un petit banc dans l’eau, sous les rebords de la piscine.
Chacun l’un après l’autre fait son exercice avec la maîtresse.
Celle-ci est équipée de tous les jouets flottants possibles imaginables pour calmer, rassurer et pousser les enfants à faire ce qu’elle leur demande.
C’est bien conçu.

Trystan, tel un petit poisson dans l’eau, à effectué les allers-retours de piscine sur frite en éponge, la tête-sous-l’eau-qui-fait-des-bulles et le saut-de-la-bombe sans état d’âme.

Tancrède avait bien commencé… 


Mais ce petit bourriquet n’en n’a fait, comme toujours, qu’à sa tête :
Pendant que l’instructrice s’occupait d’un autre enfant, et qu’il était censé rester assis sur son rebord à jouer avec ses dauphins en plastique, il a voulu faire “tout seul” et s’est lancé dans le grand bain.
Va sans dire qu’il a bu une bonne tasse, déchloréiné, donc.

Seulement voilà : il s’est aussi fait un peu peur. 

Devant ses hurlements de panique, j’ai évidemment rappliqué illico le long du bassin, pour le rassurer. 
Les pleurs ont immédiatement cessés et laissé place à des récriminations d’une mauvaise foi époustouflante chez un enfant de cet âge : 

“Maman, la maîtresse c’est SA FAUTE, elle m’a LACHÉ !!!! JE L’AIME PAAAAAS !”

Rassurée, j’en ai déduit qu’il ne devait probablement pas être très traumatisé par cette épisode. 
Confirmation le week-end suivant à la maison :

Je VEUX cette balle !
Et je l’aurai !

Affaire à suivre !

Charlie et ses drôles de Jujus

C’est arrivé ce week-end :

Les Jujutrépides ont hérité 

d’une première cousine. 


Nous leur avons expliqué : 

“Mes chéris, hier soir votre cousine Charlène est venue au monde.  
C’est la petite fille de Tatie Steph’. 
Elle est encore toute bébé et elle dort beaucoup, mais dans quelques mois, quand on ira à Paris, vous pourrez la voir et commencer à jouer avec elle.”

Silence inhabituel – presque inquiétant – de la part des deux trublions, qui semblent processer doucement l’information. 

La suite est un enchaînement de phrases et questions cultes, un dialogue surréel que seuls les enfants de cet âge peuvent générer. 

C’est Tancrède qui ouvre le bal : 
– “Et donc, Charlie, elle est venue ?”

– “C’est pas Charlie chéri – mon fils serait-il traumatisé par l’actualité tragique des dernières semaines ? – c’est CHARLÈNE. 
Mais oui mon amour, elle est venue au monde.”

– “Et où est-ce qu’on va aller la chercher ?”
– “Non mais chéri, venir au monde ça veut dire naître. Pour le moment, elle reste avec son papa et sa maman à Paris.”

– “Et c’est qui son papa et sa maman, à Charlie ?”

– “Tancrède, je t’ai déjà dit que c’est Charlène, par Charlie !

– “Mais moi, j’aaaaaime CHARLIE, d’accord !”

– “M’enfin Tancrède, c’est pas comme toi tu aimes, c’est comme ses parents ont décidé. Si moi je t’appelais Tancrème ou Bernard, ça te plairait ? 

“Non.”

“Bon. Tu vois. Et donc, sa maman c’est Stéphanie, la soeur de papa, et son papa c’est Marco, son mari. À Tatie.”

En m’entendant terminer ma phrase, je crains soudain de l’avoir légèrement embrouillé. Ces histoires de famille sont décidément vraiment difficiles à expliquer, souvenez vous. 

Mais Tancrède suit bravement le fil de la discussion et me répond :
“Et donc sa maman à Charlie c’est Tatie et son papa c’est Tonton ?”

Renonçant momentanément, je réponds : 
“Bah oui. J’viens de te le dire. 
Et elle, c’est ta cousine, donc. 
CHARLÈNE.”

Trystan, qui suivait la conversation de loin en loin depuis tout à l’heure, semble tout à coup émerger de sa torpeur et nous sort : 
“Moi, j’aime pas les cousines.”
Je regarde alors mon schtroumpf Grognon préféré et lui dit : 
“Mais pourquoi mon cœur, c’est sympa d’avoir une nouvelle personne dans la famille, non ?”

“Non mais moi, les filles, ça m’énerve.”

” Ah bon d’accord !” 
Je soupçonne la petite Agréa, l’amoureuse qui a légèrement phagocyté son frère depuis quelques mois, d’être pour quelque chose dans cet élan de lucidité précoce.

Tancrède, très intéressé, revient alors à la charge :

– “Et est-ce qu’elle est réveillée maintenant Charlie ?”

– “TANCRÈDE nom de Dieu ! C’est CHARLINE !! Purée… Même moi je m’y perds, à force.” 

– “Oui maman ! C’est joli Charline !”

– “Tancrède ma langue a juste fourché, avec tes bêtises. C’est CHARLÈNE, okay ! Tu le sais très bien maintenant, et si tu me fais encore répéter, je te jette dans la piscine, vu ?!”

Tancrède, résigné : “Bon…”

Incapable de garder le silence plus longtemps, notre petit moulin à paroles embraye alors :  

“Et elle dort maintenant, tu crois ?”

“Oui mon amour, c’est probable à cette heure-ci.”

“Pourquoi ?”

Ça faisait longtemps…

“Parce qu’elle est fatiguée Tancrède !”

“Pourquoi ?”

“Parce que sortir du ventre chaud de sa maman et débarquer à Paris en janvier, c’est rude !”

“Ah. Et moi aussi j’étais dans ton ventre avant ?”

“Oui mon trésor, avec Trystan. Toi tu étais à gauche là, et Trystan à droite, ici.”

“Ah ! Et comment je suis sorti ?”

Et là… On touche au sublime. 
Trystan, adepte des phrases-choc, type parlons peu mais parlons bien, lui sort : 

“Mais par le KIKI Tancrèèèède !”

Bon, bin, ça, c’est fait. 
Pauvre cousine, elle est pas rendue avec des cousins pareils !


Bienvenue ma jolie Charlène !

Découvrir le South China Dim Sum Bar !

Marre de la viande rouge ?

Un petit tour dans un délicieux 
restaurant de dim sum s’impose.

Et je vous ai trouvé le bon endroit.


Le South China Dim Sum Bar, amis de Cape Town, futurs visiteurs, est un gentil petit boui-boui, au 289 de la rue Long Street dans le centre-ville. 

Vue de l’intérieur, vers l’extérieur en face. 
Il ne paye pas forcément beaucoup de mine, comme ça : c’est petit, il n’y a pas beaucoup de table, les assiettes sont en carton, la carte est limitée en choix… 

Mais les Dim Sum y sont absolument succulents, l’ambiance très chaleureuse et la déco “Chine des années 70’s” tout à fait charmante.

Tout est délicieux.
Pas d’erreur possible à l’exception, peut-être des Bao.

On peut y aller en amoureux ou entre amis pour partager tous les petits plats, au milieu de la table. 
Ou même avec des enfants qui se régalent de nouilles !

L’addition y est ridicule et le service charmant. 
Courrez-y !

"C’est la nouvelle maison ‘finitive pour toujours ?"

C’est avec cette interrogation 

que nos pauvres poussins 

ont exprimé leur ras-le-bol global quant à 

notre vie de nomades des 4 derniers mois. 


Après 122 nuits passées dans 8 chambres d’hôtel différentes, nous avons enfin aperçu notre beau bateau, au large de Cape Town.

Celui qui transportait nos 217 précieux cartons depuis le port de Veracruz au Mexique. 
Nous avons alors annoncé aux jumeaux que nous allions enfin pouvoir nous installer chez nous. 

Ni une ni deux, réflexe pavlovien de Trystan qui a immédiatement pris les choses en main :

Histoire d’être sûrs qu’on ne l’oublierait pas. 

Ils ont été très compréhensifs lorsqu’il s’est agi de préparer l’aménagement et d’aller nous équiper en frigo et autre aspirateur, tâche follement amusante et très adaptée au temps libre d’enfants de 3 ans : 
Lorsque nous avons ouvert la porte d’entrée et leur avons expliqué que c’était la VRAIE maison dans laquelle nous allions vivre dorénavant, ils ont alors cru nécessaire de bien clarifier cette donnée :
(C‘est vrai qu’avec les parents qu’ils se coltinent, mieux vaux vérifier.)

Nous sommes donc officiellement installés dans la “nouvelle maison ‘finitive pour toujours”.
Comme il se doit, le jour du déménagement, des pluies torrentielles se sont abattues sur Cape Town, pour la seconde et unique fois en 60 jours, ajoutant un peu plus de piment à la situation. 
Et il faut dire ce qui est : l’eau, c’est pas génial pour la moquette, mais c’est top pour dissoudre les cartons. 

Naturellement, nous avons bien eu notre petit lot de surprises… 

Intéressante cette race de scorpion sud africaine sur le sol de la cuisine…
5 cm de longueur au bas mot.
Heureusement, on ne se laisse pas impressionner aussi facilement, dans la famille.

PAF.

Mais comme nous sommes désormais bien rodés, tout s’est déroulé sans anicroche. 

Encore mieux que dans nos rêves les plus fous, nous prenons depuis 15 jours nos marques dans notre nouveau chez-nous paradisiaque :

Tancrède, un brin nostalgique, fait le pont entre Mexico et Cape Town. 
Son nouveau jeu favori : récolter les plumes de pintade casquée dans le jardin…

Chaque jour, ce sont des spectacles magiques qui s’offrent à nous : 
Les nuages marins qui s’accrochent aux “12 Apôtres”,
la chaîne de montagne qui se trouve derrière la maison, et apportent une fraicheur bienvenue.
 
le ciel et l’océan bleu…
Des couchers de soleil inoubliables…

Merci chéri, merci Moët Hennessy.

Découvrir le Parc de Kirstenbosch

Quand j’ai découvert Kew Gardens à Londres, 

il y a quelques années, 

je croyais avoir vu le plus beau 
jardin botanique du monde. 


En fait, je n’en suis plus certaine, maintenant que j’ai visité le Kirstenbosch National Botanical Garden.
Probablement parce qu’il est immense et riche, et parce qu’il bénéficie d’un emplacement exceptionnel. 

A sa mort en 1902, les biens du millionnaire Cecil Rhodes sont répartis, et le domaine de Kirstenbosch, situé sur le flan oriental de la Montagne de la Table est légué à l’Etat.
Celui-ci décide en 1913 d’en faire un parc botanique dédié à la conservation et la diffusion des espèces indigènes rares d’Afrique australe. 

Avec une superficie de plus de 500 hectares, les jardins cultivés représentent moins de 10% du parc, le reste étant couvert de forêt de de fynbos – “buisson fin” en afrikaans – cette végétation endémique de la côte ouest de l’Afrique du Sud, sorte de maquis local surtout composé de la fleur symbole du pays : la protéa. 


Le site est très éducatif d’un point de vue scientifique. Toutes les plantes sont étiquetées et de multiples pancartes permettent d’apprendre un nombre incalculable de choses sur leur fonctionnement, ainsi que sur la faune présente avec elles : petits rongeurs, écureuils, taupes, canards, oiseaux, papillons, etc. 
Beaucoup d’inscriptions sont aussi marquées en braille pour les aveugles. 


Les garçons ont découvert ce qu’est une TAUPINIERE.
(y’a pas d’âge pour élargir son vocabulaire)

“Tancrède des Bois” et sa plume au couvre chef,
Trophée vaillamment arraché lors de la course-poursuite derrière les canards.

Et les enfants apprécient ces occasions d’obtenir enfin des réponses à leurs innombrables questions :

Trystan : ” Mama, qui a mis ces fleurs là ?”

Moi : “Bin… Elles poussent là chéri, c’est la Nature.”

” C’est qui la Nature ? “

” Heeeuuuu…. ?!? Chéri, t’as de ces questions…C’est ce qui est vert ok ? 

” J’ai pas compris mama.”

(J’avais envie de lui dire, “normal mon amour ta mère te donne des explications d’un niveau très contestable en ce dimanche matin propice à la flemmarderie”)

” Bon tu sais quoi ? C’est le JARDINIER qui les a mises là mon coeur !”

“Ah ok.”

Alors c’est à ça que ça resemble le bourgeon de gardenia sauvage ?

Le jardin est formidablement harmonieux, bien entretenu et joliment décoré de statues et sculptures contemporaines.

Il accueille tous les weekends les familles et les amoureux venus pique-niquer sur les pelouses. 
C’est au printemps (entre août et octobre) que le jardin est le plus beau et le plus intéressant à observer. 
Durant l’été (entre décembre et mars), des concerts de musique classique et de jazz sont organisés le soir, dans l’amphithéâtre en plein air. 
Un magnifique manoir datant de 1914 peut même vous accueillir pour la nuit. 

La fameuse allée de Camphriers, plantés par Cécil Rhodes en 1898 en l’honneur de l’impératrice Victoria est majestueuse, et offre une promenade parfumée magnifique. 

Partout, des sentiers très bien dessinés permettent de se balader – quel que soit le niveau sportif – dans l’ensemble de la propriété et de cette forêt primaire du Cap. 

La serre est le clou du spectacle et propose de découvrir un panel exceptionnel des plantes originaires du Cap et sa région. 

Les boutiques vendent toutes sortes de graines, livres de botaniques et oeuvres d’art. 


Les plantes, elles, ne sont vendues qu’aux professionnels. 

Il faut prévoir la journée pour espérer le visiter correctement !
(Ainsi que des casquettes et de la crème solaire ou, les autres jours, des vestes bien chaudes)

Les Juju montent à cheval

Tancrède réclamait de monter à cheval.

Chaque jour, depuis 2 mois. 

Nous avons donc fini par l’exhausser !


Il existe beaucoup d’endroits où faire de l’équitation autour de Cape Town. 

Nous avons choisi Noordhoek – qui signifie “coin nord” en afrikaans – petit village à 35 km au sud de Cape town. 



Et par le merveilleux tronçon de route sinueuse et côtière qui contourne ensuite Chapman’s Peak :



Peuplé et fondé par des familles d’agriculteurs, l’endroit servait à ravitailler les bateaux de passage en légumes et produits de la ferme. 
Il est resté très sauvage et est aujourd’hui réputé pour son immense littoral pittoresque, ses paysages sublimes et sa longue plage de 6 km de sable blanc :

On y aperçoit aussi une épave, celle du vapeur “Kakapo”, échoué là depuis 1900.
La baignade y est quasiment impossible du fait des courants violents. 
Mais de nombreuses balades à cheval son organisées par des centres équestres comme The Dunes (fermé les jours fériés) ou The Sleepy Hollow.
Sur la plage, mais pas pour les moins de 12 ans, ou sur les sentiers de la région pour les plus de 2 ans. 

Les Jujutrépides qui avaient, dans leurs rêves les plus fous, imaginé respectivement “un chevaux blanc” et “un cheval marron”, ont vu leur souhait se réaliser :

Sympathique entrée du centre Sleepy Hollow

Tancrède a hérité du mini shetland Tweety : 

On fait connaissance.
Et Trystan d’un grand poney blanc répondant au nom de Blue (qui porte donc bien mal son sobriquet) :
Après le harnachement crânien de rigueur : 

Nos deux intrépides sont montés sur la petite rampe bien pratique qui permet aux demi-portions de leur acabit de grimper sans trop de difficulté sur leurs destriers : 
Tancrède en bleu, toujours aussi intrépide. 

Puis départ sur les jolies petites routes de campagne bucoliques de Noordhoek : 

Tancrède
Trystan


Tancrède a passé l’heure entière à poser des questions : 

“Et pourquoi le cheval il avance pas plus vite ? “
“Et comment ça s’appelle ça ? Les rênes chéri.”
“Et comment ça s’appelle ça ? La selle chéri.”
“Et comment ça s’appelle ça ? Le tapis chéri.”
“Et à quoi ça sert le tapis ?”
“Et pourquoi mon cheval il est marron et celui de Trystan il est blanc ?”
“Et pourquoi les chevaux ils mangent de l’herbe ?”

ETC.
Trystan, lui a opté pour sa stratégie habituelle : se taire en attendant que le frangin la boucle enfin, et profiter du paysage. 
Au retour, on a nourri Blue et Tweety pour les remercier de leur patience inaltérable. 

Naturellement, le drame qui n’a pas manqué d’avoir lieu au moment de repartir, surtout lorsque d’autres enfants se sont emparé à leur tour de leurs magnifiques poneys, n’a pu être évité.
“Wouuuuiiiiiinnnnn il a pris mon ch’vaaaaaaaaaal !!!!!”


Néanmoins, une expérience à faire et à refaire pour familiariser les enfants à l’équitation et profiter du spectacle magnifique qu’offre l’endroit !

Les Juju visitent Cape Town à dos de bus !

On nous en avait beaucoup parlé, 

et c’est justifié.


Un des excellents moyens de découvrir le Cap est effectivement de prendre les City Sightseeing, ces “double decker buses” rouges ou “bus à impériale”, qui rappellent leurs confrères londoniens, mais à la conduite beaucoup plus sereine.

Ils se prennent à de très nombreux endroits autour et dans Cape Town, grâce à des passages qui se font tous les quarts d’heure. 
La centrale est sur Long Street, dans le Down Town. 
Un ticket est valable pour la journée et permet de faire toutes les lignes (si vous en avez le temps !)
Il y a de nombreux axes qui font tout le tour de la ville ou qui au contraire se concentrent sur des régions précises. 
C’est hyper bien pensé et organisé.
On peut faire tout le tour sans s’arrêter, juste pour regarder les paysages. Il faut alors compter entre 3 et 4 heures pour ce faire. 
Ou descendre et remonter à chaque étape, mais attention en fin de journée, on n’est pas sûr de trouver de la place pour repartir, ils sont bondés, surtout durant la saison haute. 

Une fois installés, des écouteurs permettent de suivre en de nombreuses langues, dont le français, des commentaires parfaitement synchronisés avec le décor. 

Truffés d’anecdotes, de données historiques et géographiques, de playlists musicales locales, de bons plans, ces informations donnent vraiment un très bon aperçu de l’histoire de la ville, et de nombreuses pistes à creuser pour ceux qui sont intéressés et y vivent à plein temps. 

Pour le placement : évidemment l’étage supérieur est plus agréable et offre une meilleure vue, mais attention à la pluie ou inversement aux brûlures du soleil. 
On ressent moins ces agressions en se plaçant dans la partie couverte que certains bus offrent (pas tous), à l’avant. 
Il est sage de s’équiper entièrement, la météo étant tellement changeante dans cette zone. (K-ways, vestes mais aussi chapeaux, crème solaire, etc.)

Petit aperçu rapide et non exhaustif de la visite :

La balade commence dans le centre-ville et passe devant tous les musées et monuments essentiels, ainsi que devant de nombreux bâtiments de styles architecturaux divers : 

L’hôtel de Ville 
Le Chateau de Bonne Espérance

C’est ensuite le tour du Discrict 6, ce quartier animé et ultra cosmopolite composé de Malais du Cap, de Musulmans, d’Afrikaners, de Noirs Xhosas, qui fût rasé dans les années 60’s, au moment de la mise en place de l’apartheid.
Afin de “séparer les races” et de les regrouper dans des faubourgs différents, 60000 habitants furent ainsi déportés et vinrent grossir les rangs des townships du Cap…
Aujourd’hui, c’est un endroit de terrains vagues glauques et tristes qui donnent sur le port…


Le fameux Groote Schuur Hospital, fondé en 1938 et où l’équipe du professeur Christiaan Barnard effectua sa première greffe du coeur en 1967 :

Le Moster’s Mill, plus vieux moulin d’Afrique du Sud, datant de 1796, et visible uniquement sur rendez-vous :
Université du Cap, Parc botanique du Kirstenbosch, Mémorial Rhodes, du nom de Cecil Rhodes, businessman anglais, magna des mines de diamants et politicien installé en Afrique du Sud qui fit don à l’état des immenses terrains sur lesquels ils se trouvent. 


Passage par Constancia, ses vignobles, ses forêts et ses sous-bois verdoyants : 


Et par l’un des plus grands Townships de la ville : Imizamo Yethu. 
Une visite y est même organisée… Pour ceux que le concept ne choque pas.
On y découvre le mode de vie des personnes qui sont contraintes d’y vivre ainsi qu’une petite entreprise exemplaire qui produit des cartes et des objets de décoration et de cadeaux à partir de sachets de thé recyclés. 


Le port de Hout Bay, ses grandes demeures et les légendes romantiques de fantômes qui vont avec, puis retour le long de la côte Atlantique avec la plage immaculée de Camps Bay et les quartiers de Clifton, Bantry Bay, Seapoint, jusqu’au Waterfront. 

Pas forcément de tout repos avec des enfants en bas-âge, mais tout à fait faisable !

Découvrir le Carne, ou LA viande sud africaine.

Aujourd’hui, le post, 
c’est pour les amateurs de viande. 

La saignante. 

Pour les VRAIS carnivores, quoi.


Que ceux qui s’évanouissent ou rendent à première la vision de la moindre goutte de sang ou de chair rosée s’abstiennent : ici c’est pour les carnassiers. 

Il existe deux restaurants Carne : l’un situé au 153 Kloof street dans le quartier de Gardens et l’autre, ouvert il y a quelques années par le même propriétaire Gorgio Nava, sur la minuscule Keerom Street à quelques pas de là. Les deux sont excellents. J’ai probablement une préférence pour celui sur Keerom qui est plus intimiste et… Propose en dessert un baba au Rhum inégalable, ce qui n’est pas le cas de celui sur Kloof Street. 

Celui de Kloof est conçu comme une boucherie italienne, toute d’acier et de bois, le décor est chaleureux et agréable. 
La moitié de la pièce est du côté du bar, à l’intérieur et l’autre, séparée par une baie vitrée, donne sur une adorable terrasse en extérieur : il y en a pour tous les goûts. 


On dit que le propriétaire, tellement obsédé par la qualité de ses produits et ne trouvant pas chaussure à son pied lorsqu’il ouvrit son premier établissement, a monté sa propre ferme dans la région, afin de pouvoir proposer la meilleur et la plus saine viande possible à ses clients, ainsi que des légumes produits “maison”.   

Le menu, écrit sur de l’authentique papier de boucherie italien, propose des plats typiquement transalpins et des spécialités maison comme les raviolis de gigot de 7 heures !


Mais les viandes grillées, à toutes les cuissons, sont le vrai clou du spectacle :

À l’heure où, dans le plus grand silence, les noms des différentes pièces de viande vont bientôt être supprimées des étalages et étiquettes bouchères de France, ici c’est tout le contraire : les serveurs, spécifiquement  formés, vous présentent consciencieusement chaque morceau, cherchant avec vous celui qui serait le mieux à même de convenir à votre palais !

Le résultat est exceptionnel de tendreté : subtilement marinées à l’huile d’olive et au romarin, les viandes sont vraiment délicieuses. 


Laissez vous tentez en entrée par les raviolis qui sont une véritable tuerie. 

Un must à Cape Town, si vous êtes d’humeur carnivore. 

En plus, les prix sont presque aussi doux… Que des agneaux !

Les Jujutrépides font la route des vins !

Loin de nous l’idée de les pinter 

au merlot ou au cabernet 

pour les faire dormir 
toute la journée et avoir enfin la paix. 


Non. 

Rien n’a voir avec ça. 

L’idée était simplement de découvrir la splendide région des vignobles du Cap avec leur grand père, venu passer les fêtes de fin d’année avec nous. 
La zone commence à une cinquantaine de km à l’est de Cape Town – magnifique avec ses montagnes, ses vallées fertiles, ses coteaux plantés de vignes et d’arbres fruitiers – et truffée de splendides demeures historiques. 


Venant du Cap, la première propriété qui inaugure les Cape Winelands est celle du Spier Wine Estate, plus vieux domaine vinicole du pays (1692).
L’endroit est magnifique, bordant l’Eerste River, l’hôtel est très confortable, entièrement décoré de manière à mettre en valeur l’artisanat sud africain. 

Derrière, un joli petit sentier pédestre
propose une balade d’une trentaine de minutes devant des champs et des montagnes arides,
ainsi que des parcs de Protéas, la fleur symbolique du pays.
Avec la piscine, les activités prévues pour les petits, la garderie, les contes auprès du feu avant le dodo du soir… Il est vraiment bien conçu pour les familles. 

Un intéressant sanctuaire vétérinaire d’oiseaux de proie se trouve également sur la propriété :

Tancrède, bluffé mais à l’aise avec sa chouette sur le bras !

Trystan, pas fana des faucons un peu trop affectueux !

Minute le saviez vous ? :
En fait, les porc-épics ne sont piquants que de derrière.
Devant, c’est comme du crin de cheval et ils adorent les carottes. 

En revanche la restauration est décevante et les dégustations de vin moyennement intéressantes. 

Pour cela, privilégiez le Delaire Graff Estate, sans doute le plus beau domaine et le plus luxueux hôtel de la région, dont les produits (notamment les vins rouges de pinotage) sont, en plus, délicieux :


Vous pourrez également y admirer l’original du “Chinese Girl”, le tableau le plus reproduit au monde, peint par Vladimir Tretchikoff, ce peintre russe qui a passé la plus grande partie de sa vie en Afrique du Sud. 




Un petit tour du côté de Tokara, juste en face, intéressant pour ses dégustations de vins et d’huiles d’olives produites sur la propriété, est envisageable.


La cave de JC Leroux non loin de là est également à faire, probablement plus pour son aspect incroyablement industriel et moderne que pour l’intérêt de ses vins et pétillants, pourtant réputés ici :
Les Jujutrépides ont insisté pour découvrir et goûter les MCC (sorte de Champagnes locaux) rosés : 
Le courant est très bien passé entre eux et la jolie barwoman !

Bien évidemment, il s’agit de leur tout nouveau Produit sans alcool, type Champomy sud africain. 
Gros succès chez les 3 ans. 
Donc. 

Ne pas oublier le Boschendal Manor, sublime manoir de 1685 fondé par Jean Le Long un Français Huguenot établi dans cette région, comme beaucoup d’autres ayant fuit la France et les terribles persécutions liées à la révocation de l’Edit de Nantes de l’époque. 
Son petit musée permet d’admirer l’intérieur de cette demeure traditionnelle  :

La dégustation sous les arbres ombrageux des dépendances est particulièrement agréable : 



La balade, à pieds, au travers des rues de la petite ville de Stellenbosch est également à faire :
Cité universitaire fondée en 1679 par la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales, elle est le berceau de la culture Afrikaans. Tous les bâtiments respectent le style Cape Dutch typique de la zone, et sont bordés de chênes centenaires plantés à cette époque.

Le musée de la ville, Oom Samie – cette épicerie bazar pittoresque – ou encore le surprenant et désuet petit musée des jouets miniatures valent la visite :


Naturellement, impossible de passer dans la région sans visiter Franschhoek : 
Terre d’accueil concédée par La Compagnie Hollandaise des Indes Orientales aux Huguenots chassés de France, mais soutenus par les Provinces Unies (Pays Bas), la zone a été entièrement bâtie et développée par des dizaines de familles françaises débarquées après avoir traversé tout l’Atlantique du nord au sud, à la fin du 17ème siècle. 
Elle prend alors le nom de Fransche Hoek (“le coin des Français”), puis devient avec le temps Franschhoek. 
Presque tous les noms de domaines sont encore en langue française, ainsi que nombreuses pancartes, menus des restaurants et étiquettes explicatives des musées !
Le village est une série de petits cafés, bric-à-bracs et magasins, et ses alentours regorgent de restaurants gastronomiques tous meilleurs les uns que les autres. 
Toute l’année, des festivals animent le lieu : février et mars,  les vendanges. Mai, festival littéraire. Juin, festival de fooding. Juillet, fête de la prise de la Bastille. Festival des jardins en septembre, etc. 

Incontournables :

Le musée des Huguenots, qui explique le long périple de ces protestants persécutés en France, souvent artisans et commerçants émérites, vers la terre promise sud africaine, ainsi que leur adaptation et leur intégration exemplaire dans cette région. 


On y découvre leur quotidien et l’on apprend que de nombreuses personnalités sud africaines d’aujourd’hui sont d’origine française : 

Et le Franschhoek Motor Museum, dont la collection privée de voitures anciennes vaut vraiment le coup d’oeil, surtout avec des petits garçons ! 


Trystan, EM-BA-LLE par la Bugatti Miniature !
NON CHERI, ON NE PEUT PAS l’EMMENER !
L’année a bien commencée pour les Juju !

Découvrir Hout Bay : son port, ses otaries à fourrure et son parc ornithologique

Juste avant Noël,

les Juju ont encore réclamé 

leur petite balade hebdomadaire en bateau. 


Nous avons donc obtempéré, comme à chaque fois. 

Mais pour varier un peu les plaisirs, nous avons poussé plus loin que le Waterfront du port de Cape Town et sommes descendus jusqu’à Hout Bay – la “Baie du Bois” en Afrikaans – petit village à 15 km vers le sud. 

La baie, complètement circulaire, est une merveille : 

La petite plage de sable blanc, tout au fond de cette grande crique, est ravissante et plutôt calme, lorsqu’il fait beau. 

Le village s’est développé après les années 1940 grâce à la pêche et est aujourd’hui célèbre pour ses langoustes et ses conserveries de snoek, un cousin du brochet. 

Le petit port est fort sympathique. 
On y trouve de nombreux bateaux, de retour avec leur pêche du jour, des restaurants, des petites boutiques de souvenirs, les conserveries et leurs magasins.
Et le weekend, un marché de produits artisanaux :

Une ‘tite mâchoire de requin pour décorer ta chambre mon Titi ? 

Le spectacle est aussi assuré par des pêcheurs qui jouent avec les phoques qui barbotent dans le port :  

Certains ont des chats ou des chiens comme animaux de compagnie…
Eux, ce sont les phoques !!
Plusieurs sociétés proposent durant la journée mais aussi au coucher de soleil, pour les amoureux, des sorties en mer qui permettent d’approcher Duiker Island, l’île où vit une colonie d’otaries à fourrure du Cap :

La traversée dure environ 30 minutes aller et 30 minutes retour, pour une quinzaine de minutes autour de l’île. C’est l’occasion d’admirer de l’intérieur la splendide baie  :

Attention, l’arrivée sur l’île est un choc olfactif !
Mais quel ravissement de voir toutes ces petites bêtes agglutinées sur leur rocher pour se tenir chaud :

Après cela, il est possible de manger sur le port ou d’aller faire un tour au World of Birds and Monkey Park, plus grand refuge ornithologique d’Afrique et qui offre au bas mot 3 ou 4 heures de visite (attention ils ferment à 17h) à travers une centaine de volières.
Au total, plus de 400 espèces d’oiseaux différentes et de singes.

Les animaux blessés de la zone sont tous recueillis ici, et ce sanctuaire permet de protéger de nombreux spécimens en voie de disparition. 
Il y a toutes sortes de rapaces et d’oiseaux de proie : 

Le Hibou Lynx

L’aigle pêcheur du Cap
Les busards
Des dizaines de races de chouettes
L’élégant Messager Sagittaire, Serpentaire ou encore appelé Oiseau Secrétaire !
Très impressionnant !
La famille des perroquets et autres perruches est également présente à profusion :

Mamaaaaa ! C’est Lolaaaaa !!
Les Cacatoès

Les palmipèdes :

La volaille, n’était pas en reste, dangereusement reluquée par les avides visiteurs en pleine préparation culinaire de Noël !

Les poules “pattes d’eph'” ou encore “poules 70’s” !
(invention purement personnelle)…
… Et leur irrésistible progéniture !
La Dinde.
Et son “Dondon”, comme dirait Trystan.
Les faisans…
Le paon blanc, immaculé, majestueux sur sa branche.
A côté le paon vulgaire, en couleurs, a presque triste mine !
La famille des oiseaux-qui-volent-pas : autruches, casoars et émeus…

Les échassiers, avec notamment les nombreux ibis : 

Mais aussi des dizaines d’oiseaux divers et variés :

Coucou !

Ainsi que des singes, lémuriens, mangoustes et autres “cochons dingues”, trademark Tancrède :

Version Jujutrépidesque de la Chapelle Sixtine ?!

L’endroit est magnifique, perdu dans la verdure :

Les animaux évoluent dans les volières exceptionnellement grandes, et ce sanctuaire a grandement besoin de l’argent des tickets pour continuer son beau travail de protection des oiseaux en Afrique du Sud.
(Réductions quand on y va avec le billet du City Sightseeing Tour)

Une visite à faire, vraiment passionnante aussi bien pour les grands que les petits :