Découvrir Atlantis Dunes Sandboard

Skier au Cap ?

C’est possible !


Bon évidemment… C’est sur du sable, au lieu de la neige. 

On fait avec ce qu’on a, n’est-ce pas !


Mais ça marche quand même, et c’est vraiment sympa. 

Idéal, avec les lardons, pour les occuper durant le week-end, un anniversaire, ou un après-midi libre. 
Amusant aussi entre copains pour aller prendre l’air dans les dunes du nord du Cap, ou même pour une séance de team-building avec les collègues : pensez SAND BOARDING ou surf des sables ! 

A 40 minutes de Cape Town, les Atlantis Dunes sont des dunes de sable blanc, immaculé, situées sur la Witzands Aquifer Nature Reserve, l’une des nappes phréatiques majeures de la région. 


En fonction de la météo, du vent, et des conditions globales, Dylan – qui gère Sandboarding Cape Town – vous donnera rendez-vous à l’entrée de la réserve, vous fera monter dans son bakkie – des pick ups géants très courants au Cap, pour ceux qui nous lisent en dehors de l’Afrique du Sud – rouler sur les dunes – succès garanti auprès des enfants ! – jusqu’à arriver à celle qu’il aura choisi pour la séance. 

Une équipe de formateurs vous y attend, avec les planches toutes prêtes. 

On vous explique rapidement les règles de sécurité et le fonctionnement de ce sport original, et puis… A vous les dunes ! 

Seule obligation : il vous faudra cirer le dessous de votre surf toutes les deux descentes à l’aide d’un produit spécifique. Ça sent bon le citron et ça part facilement au lavage, n’y pensez plus. 

Jolies sensations garanties, dépense d’énergie totale – monter et descendre les collines, ça crève – vues de folie sur un merveilleux paysage et même, les jours de temps clair, sur la Montagne de la Table. 


Pour les tous petits ou les moins téméraires, vous descendrez assis sur la planche, transformée en sorte de luge pour l’occasion


Pour les autres, ce sera debout !

La séance dure deux heures.

Dylan organise aussi des sorties en quad. 

Pensez à prendre au moins casquettes, eau et lunettes de soleil, indispensables avec la réverbération puissante du sable. 

Amusez-vous bien !

Nos enfants, ces Hobbits

En fait,

nos enfants,

ce sont des Hobbits.

Si, si. 
Je vais vous dire pourquoi. 

L’autre jour, je regardais mes fistons manger – ou plus exactement se bâfrer – au bar de la cuisine, la bouche remplie à ras bord de poulet grillé, leurs pieds nus dans leurs pyjamas un peu trop courts, se balançant le long des chaises…

Et c’est là que ça a fait tilt !

En fait, les mômes, ils sont comme les Hobbits de la fameuse trilogie littéraire éponyme de J.R.R. Tolkien :

Ils sont petits. 
Ils nous arrivent à la taille. 

Ils ont de grands panards, régulièrement nus malgré nos injonctions permanentes, et souvent crado, à force de marcher n’importe où. 

Leur petite bouille est ronde et avenante, et leur coupe de cheveux d’ordinaire étrange. Soit parce que les parents s’y collent eux-mêmes, soit parce qu’ils bougent tellement chez le coiffeur qu’ils sont souvent victimes d’incidents capillaires collatéraux. 

Ils bouffent tout le temps. 
Et beaucoup. 
A peine partis de la maison, ils réclament déjà un encas. 
Le week-end, ils enchainent sans broncher deux voire trois petits-dej.
Tout juste sortis de table, ils se plaignent d’avoir à nouveau faim. 
L’estomac est de loin l’organe le plus important de ces fascinantes créatures. 

Dès que l’occasion se présente, ils n’aiment rien moins qu’à se faufiler dans des cabanes, qu’ils ne rangent jamais, laissant systématiquement derrière eux un capharnaüm innommable. 

Habituellement très joyeux de nature, ils adorent faire la fête avec leurs autres petits amis, et boire de la bière dans les verres de leurs parents lorsque creux-ci ont le malheur de regarder ailleurs. 

Habiles de leurs mains lorsqu’il s’agit de faire des conneries, ils savent fabriquer toutes sortes d’outils inutiles et aiment se vêtir de couleurs improbables. 

Enfin, ils ont la vilaine tendance de développer, pour la majorité d’entre eux, de régulières tocades spécifiques, des sortes d’obsessions inexplicables pour des objets très précieux, à leurs yeux, qu’il s’agisse d’un morceau de patafix, d’un bout de lego ou d’une vieille peluche en lambeaux. 

Alors : ça vous parle ?!



C’est trop la Lose

Je l’avoue. 

Pour ça aussi, 

je suis une mère épouvantable. 


Les fêtes scolaires. 
Les événements organisés par l’école, quoi.

J’essaye toujours d’y couper. 

Je sais, c’est ignoble. 

Le comité de parents qui les organisent se donne beaucoup de mal. 
Les enfants adorent ces occasions uniques de se délecter de mauvais hot dogs et de se coucher tard en semaine… 

Je sais.  

Mais c’est au dessus de mes forces. 

Un peu comme le parc à balançoires. 
C’est dans des moments comme ceux-là que le statut parental est, je trouve, le plus lourd à porter. 

QUI A DIT “Et une petite thérapie, tu y as pensé !?”
Oh ça va, hein. 

Bref. 
C’est pas tellement l’propos. 

La semaine passée, une fois n’est pas coutume, j’ai pris sur moi pour faire, croyais-je – plaisir à mes deux adorations gémellaires : 

– “Alors mes chéris, c’est le Talent Show vendredi, vous avez envie d’y aller ?”

Silence dans les rangs. 

Après quelques secondes de réflexion, je réalise que ma progéniture doit probablement être en pleine dissonance cognitive interne, paralysée face à cette proposition hautement inhabituelle, j’en conviens. 

– “Heu… Houhou, les gars ?! Vendredi ? Vous voulez y aller ?”

Tancrède s’avance alors vers moi avec calme et douceur, comme on le fait pour s’approcher et calmer un petit animal inquiet. 

– “Heu… Maman… C’est à dire que…”

– “?! Oui ?”

– “Et bin… On va d’abord voir si Max et Victoire y vont, d’accord. Et après on t’répond.”

Je rêve.

– “?!? Mais ? Quel rapport mon amour ?”

Je vois bien dans les yeux de mon fiston chéri, qu’il n’ose pas me dire toute la vérité, comme s’il avait peur de peiner sa vieille mère à moitié sénile. 

Comme souvent, son frère – libre de ces considérations secondaires – c’est écrié avec aplomb : 

– “Bah, maman ! Si elles ‘y vont, on y va aussi. Si elles y vont pas, on n’y pas pas. C’est facile.”

– “?! Mais ?! Pourquoi Trystan ?”

– ” M’enfin maman, on va quand mêm’ pas s’retrouver TOUT SEULS là-bas ! CE S’RAIT TROP LA LOSE !!!”

#6AnsEtDemi
#RappelezMoiLAdolescenceÇaArriveAQuelAgeNormalementDéjà?


Et toi qu’est ce que tu feras quand tu seras grand ?

Nous discutions 

le week-end dernier 

avec Trystan.


Tranquillement lovés tous les deux dans le canapé, lorsqu’il s’est rapproché encore de moi, se penchant pour me parler sur le ton de la confidence. 

– “Maman ? Tu sais, y’a un truc que j’veux te dire.”

– “Ah oui ? C’est quoi mon amour ?”

– “C’est un peu secret. Tu dis pas, hein ?”

– “Non non mon coeur, aucun risque.”

(J’me comprends…)

– “Et bin, mon copain Elyah, tu sais c’qu’y’ veut faire comme métier plus tard, quand y’ s’ra grand ?!”

– “Non ?”

– “Il veut être voleur.”

Ok. 
Note pour moi-même : appeler sa mère demain aprem, sans faute. 

– “Aaaaah oui ?!?!? Voleur ?”

– “Oui m’an, BRIGAND, quoi.”

– “Mais chéri… Mon trésor, c’est pas un métier, ça, brigand !”

– “Ah bah si maman, quand même. J’veux dire, tant qu’tu vas pas en prison, c’est un travail !”

#BahVoyons

– “Hmm.. M’enfin tu finis forcément par te faire attraper, chéri… Ça ne vaut pas le coup.”

– “Oui maman, ‘chui d’accord avec toi. Et j’l’ai dit à Elyah, d’ailleurs, qu’je voulais pas travailler avec lui.”

#OufTuMenVoisRassurée

– “C’est très bien mon coeur.”

– “Oui et pi’ tu sais, j’lui ai dit aussi qu’c’était pas un métier très cool. 

– “Ah non ?”

– “Oui, pass’que tu passes ton temps à vivre avec un masque noir sur la tête, c’est pas très agréab’.”

– “C’est sûr…”

– “Nan et puis tu sais, c’est pas ça l’plus important.”

– “Ah bon, Et c’est quoi alors le plus important ?”

– “Moi j’veux pas faire ce travail-là pass’que… J’veux pas que ma maman soit déçue.”

– “…”

#MumForEver
#FautCouperLeCordonLàLesGars
#Merde10AnsDeThérapieMinimum

Découvrir le Lindfield Victorian House Museum

En cette veille de week-end, 

J’ai envie de vous faire découvrir 

un trésor


Il s’agit d’un musée : le Lindfield Victorian House Museum, situé au 72 Richmond Avenue dans le quartier d’Auckland Park, au coeur de Johannesburg.

L’une des dernières maisons victoriennes d’époque que la trépidante vie moderne de cette immense ville n’a pas encore fait disparaitre. 
Elle résiste envers et contre tout à l’envahisseur de béton, cernée par les gratte-ciels. 
Elle est là avec son ravissant et bucolique jardin, comme un petit ilot, perdue hors du temps et de l’espace, dans son jus comme on dit : intacte et quasi inchangée depuis plus de cent ans. 

Katharine LOVE – ça ne s’invente pas – est la dame qui effectue – pour une somme modique – les visites de ce petit joyaux historique. 
Elle y réside encore, comme avant elle sa grand-mère puis sa mère, installées là dans les années 1960, descendantes d’une famille britannique arrivée en Afrique du Sud à la fin du 19ème siècle.
Irréelle, sans que l’on sache vraiment si elle est juste un souvenir, un fantôme du temps passé ou la véritable habitante du lieu, elle vous reçoit uniquement sur rendez-vous (pour la contacter, c’est ici) en tenue d’époque et vous fera déambuler dans sa maison. 
La visite dure en général une heure et demie ou deux heures, mais face à des personnes curieuses et intéressées, elle peut prendre une matinée entière ! 

Exceptionnel puits de science, Katharine est probablement l’une des plus grandes spécialistes internationales de l’ère victorienne : elle est capable de vous parler de n’importe quel pan de cette époque, culture, histoire, étiquette, mobilier, peintures, faïences, mode, instruments, littérature … 
Absolument intarissable sur le sujet, elle connait également dans le détail l’histoire de chacune des dizaines de milliers – oui, oui… – d’objets qui composent ce musée vivant d’exception. 
Certains sont hérités de sa famille, mais la majeure partie est une collection commencée par sa mère et que Katharine continue d’agrandir chaque semaine en chinant partout où cela est possible. 

Et la réponse est oui, elle les a tous lus…
On y trouve des meubles, des pièces d’art, ainsi que des objets rares et autres bibelots depuis longtemps tombés en désuétude mais qui semblent pourtant, lorsqu’elle en parle, d’une époustouflante modernité. 

Petite florilège, afin de vous faire une idée, de ceux qui m’ont vraiment impressionnée :

Pendant brodé placé sur les côtés des cheminées pour éviter que les joues des dames ne chauffent
et ne deviennent trop rouges – début du 20ème siècle. 
Réplique du précédant, éventail en bois, tenu à la main par la personne assise devant le feu – fin du 19ème siècle.
Service à thé – théière montée sur un mécanisme qui permet de verser le liquide sans en renverser ni se bruler.  
Ciseau à bougie qui sert à la fois à éteindre la flamme, et à couper la mèche. 
Pochette de poignet, qui permet aux demoiselles de garder sur elle leurs affaires personnelles
 tout en dansant, sans pour autant être gênées par l’accessoire. 
Boite d’allumettes, qui avant l’invention des allumettes de suretés ou aussi appelées allumettes suédoises, devaient être grattées contre une surface rugueuse spécifique (comme celle du bord de ce pot) pour s’enflammer. 
Recyclage avant l’heure : chandelles de journaux ou de papier usagé confectionnées par les femmes
et qui servaient à allumer les feux de cheminée ou de fourneaux. 
Tampon de verre qui permet d’imprimer un dessin en 3D dans le sel servi aux convives…

Tellement plus chic !
Le légendaire Mrs Beeton’s Book of Household Management : la bible de toutes les ménagères du 19ème siècle.
véritable livre d’économie domestique destiné aux maitresses de maison, il fut écrit en quelques mois alors que son auteur avait tout juste 21 ans, ce fut l’un des bestsellers anglais de 1861:
Gestion du foyer, du budget, menus, éducation et soin des enfants,  mode, tricot, jardinage, tout y passe et sa lecture ferait s’en étrangler plus d’une aujourd’hui. 
Tasse à thé… Pour moustachus ! Fin du 19ème siècle. 
“Corn Dolly” du début du 20ème siècle
Tradition immémoriale typiquement britannique d’origine païenne : sorte de corne fabriquée à partir des derniers épis de blé ou de mais récoltés, afin que l’esprit des céréales qui habite les champs ne soit pas perdu durant l’hiver.
Une fois la nouvelle saison de retour, ces objets tressés sont rendus à la terre durant les labours. 
Rappe à noix de muscade – 1870 …
… Qui permet d’éviter de se rapper les doigts avec. Follement ingénieux.
Taille-crayons d’enfants – fin du 19ème. 
Chaise dos long et droit, pour entrainer les enfants à maintenir une posture impeccable ! – 1850
Tirelire d’enfant dont seuls les parents avaient le code d’ouverture. – Fin du 19ème siècle
Il est évidemment impossible de vous décrire dans le détail l’intérieur de ce fascinant capharnaüm à la richesse culturelle exceptionnelle, mais il est – à n’en pas douter – assez unique au monde, et vaut largement, pour ceux qui apprécient l’art, l’histoire et les antiquités, une découverte à s’offrir de toute urgence

Bonne visite ! 

L’Origine du Monde

Je couchais les Jujutrépides hier soir 

lorsque Trystan a réclamé du rab’. 


Cinq minutes à ses côtés dans son mini lit-gigogne – contre lequel je ne manque jamais de m’éclater le front – à lui gratouiller le cuir chevelu et à le câliner. 

Naturellement, et malgré les risques du métier, je me fais rarement prier pour accomplir cette tâche. 

C’est donc avec un plaisir à peine dissimulé que je me suis glissée dans sa boite d’alumette, m’exécutant avec amour. 

Bien évidemment, son frangin, déboulant avec fracas de l’étage supérieur en faisant grincer et osciller l’édifice sans aménité, s’est empressé de nous rejoindre, s’étalant sur moi de tout son poids et de sa petite longueur. 

Respirant avec difficulté, j’ai toutefois entamé le grattage réglementaire du second lardon, ravi d’obtenir ainsi sa propre ration d’affection pré-nocturne. 

C’est alors que Trystan, rompant doucement le délicieux silence qui régnait pour une fois sans leur chambre, me dit de sa voix la plus calme : 

– “Mamaaan ? Quand on était dans ton vent’ avec Tancrèd’, tu nous faisais des calins aussi comme ça, sur les ch’veux ?”

Mes enfants m’ayant depuis longtemps habituée à ce genre de réflexions impromptues, j’ai donc répondu avec sérénité : 

– “Aucune idée chéri. Je caressais souvent mon ventre, mais je ne sais pas quelle partie de vous c’était, en dessous.” 

– “Et… Est-ce que quand on est nés, t’étais contente de nous voir ?”

Ah ok. 
Soirée “les origines”, donc.

A cet instant, je sens que celle-ci risque d’être plus longue que prévue.

Vu mon passif, je prends toujours sur moi pour m’assurer de ne jamais leur dire les ignominies que je pense sur la maternité et la parentalité. 
Ils les découvriront bien assez tôt. 
Je réponds donc avec aplomb : 

– “Evidemment mon coeur, je vous ai portés et attendus longtemps, du coup, c’était drôlement bien de vous voir enfin arriver.”

– “Et… Est-ce qu’on était en retard ou on était à l’heure ?”

Je souris intérieurement avant d’enchainer : 

– “A l’heure bébé. On est tous, tout le temps à l’heure dans cette famille.”

– “Et quand on est nés, ça t’a fait mal ?”

Que leur dire les pauvres petits ?
La vérité… Et c’est leur assurer quinze ans de psychanalyse. 
Leur assurer que c’était indolore… Et c’est minimiser de la plus injuste des manières l’épreuve que subiront leurs éventuelles compagnes et la reconnaissance qui leur est dûe pour cet acte héroïque ! 

Je pars donc sur la solution intermédiaire. 

– “C’est un peu difficile, mes chéris, mais on oublie vite, une fois que vous êtes là.”

Silence religieux de la marmaille. Avant la reprise de volée de Trystan : 

– “Et… C’est vrai m’an, que toi, on t’a coupé le ventre pour qu’on sorte ?”

Un peu effrayée par la tournure que prennent les événements, je tente de minimiser l’affaire : 

– “?!?!? Euuuh… Oui… Enfin, en quelque sorte. Mais on m’a vite recousue chéri, ça va, ne t’inquiète pas.”

– “Ah oui…”

Je reste digne, continuant à masser, de plus en plus vigoureusement, les deux petits crânes que j’ai sous les mains, lorsque Trystan reprend la parole : 

– “Nan mais quand même, maman… Tu sais, c’est VRAIMENT TRÈS GENTIL d’ta part d’avoir fait tout ça pour nous.”

#AhBahCestGentilDeLadmettreHein
#MesFilsCesMerveillesTerrestres




La P’tite-Souris-Des-Dents – Partie 2

Je vous le disais 


La première dent de lait de Tancrède avait commencé à bouger jeudi dernier. 

Et elle n’a pas lanterné. 

Elle a cédé avant-hier matin, dans le calme et la dignité, lorsque son propriétaire regardait sagement Robin des Bois. 

– “MAMAAAAAN !!!!!! ‘FA Y’EEEEEST ! MA DENT ELLE EST FOMBÉÉÉÉÉÉÉ !!!!”

-“Aaaah… Haha… Génial mon amour !”

– “‘J’reviens !!! J’vais m’rinfer la bouff’e, y’a plein d’sang partout !”

Tournant à moitié de l’oeil, je parviens, impressionnée par le flegme de mon fiston, à articuler vaguement : 

– “Heuu… Oui oui chéri, c’est ça… Fais donc… Fais donc !

Conformément à notre arrangement de la semaine précédente  j’ai donc attendu que ma progéniture soit profondément endormie, pour glisser sous chacun des oreillers un petit billet, avant de récupérer en silence l’objet de l’échange, de ressortir de leur chambre et d’aller planquer le trophée dans une boite nouvellement dédiée à cet effet – et aux 39 dents à venir… – et discrètement abritée dans un placard bien en hauteur. 

Naturellement, l’effet au réveil ne s’est pas fait attendre : nos Jujutrépides ont débarqué aux premières lueurs de l’aube dans ma chambre en hurlant leur bonheur, les petits minois émerveillés devant la nouvelle fortune qui venait de leur échoir. 

C’est alors, encore à moitié endormie, que je leur ai demandé : 

– “Humfff… Super mes chéris… Elle est bien gentille cette souris, dites donc…”

– “OH OUI MAMAN !!!”

– “Oui… Et alors… Vous avez pensé à ce que vous voulez faire de tous ces sous, finalement ?”

Un silence bouillonnant a alors envahi la pièce. 
C’est Tancrède qui a alors repris la parole après avoir croisé le regard de son jumeau et réfléchi quelques longs instants :

– “Oui maman. J’pense que… Avec mon frère… On va ECONOMISER POUR ACH’TER… UNE FERRARI.” 


Alors. 

Problème du jour : 

Si une Ferrari se vend en moyenne à 250 000 euros, soit – au taux de change actuel de 14 rands pour 1 euro – 3,5 millions de rands, et que chaque dent rapporte 50 rands, combien faut il perdre de quenottes pour rassembler le budget nécessaire à cet achat automobile ? 

Z’avez trois minutes. 
#LespoirFaitVivre
#LaRéponseCest70000
#TrafficDentaire

La P’tite-Souris-Des-Dents – Partie 1

Je vous en parlais il y a quelques mois

nos Jujutrépides dépérissaient 

de n’avoir toujours pas perdu de dent de lait. 


D’autant que la quasi totalité des bambins de leurs classes sont déjà tous à moitié édentés depuis l’année dernière. 
C’est donc avec un hurlement de joie non dissimulé que Tancrède a exprimé son étonnement doublé d’un émerveillement émouvant lorsque – durant nos vacances à Paris la semaine passée – il a visiblement mordu un peu trop fort dans son steak haché, déclenchant ENFIN le mouvement de quenotte tant attendu. 

– “Maman !! Papa !! regardez ma dent !! MA DENT !!! Là en bas ! Elle BOUGE !!!! Je suis dev’nu grand ! Je suis dev’nu grand ! CA Y’EST !!! “

En le voyant triturer sa minuscule incisive, la sensation étrange de mon enfance – mon doigt déplaçant dans ma gencive ma propre dent, retenue seulement par un fil – m’est revenue avec une certaine violence ainsi, je dois l’admettre, qu’un malaise physique depuis longtemps oublié. 
De fait, j’avais enfoui loin dans ma mémoire ce souvenir et c’est en le redécouvrant sur le visage de mon fiston qu’elle a refait surface. 

– “Aaaahhh… Heu… génial mon amour ! Mais ne la touche pas, ne force pas, elle doit tomber toute seule !”

Il jubilait sur sa chaise de restaurant en criant la bonne nouvelle à qui voulait bien l’entendre, lorsque mes yeux se sont posés sur son frère Trystan :
Morose, le visage dans une main, un peu affalé, le coude sur la table et la fourchette se baladant dans son assiette entre les morceaux de viande, sans objectif précis, il boudait ostensiblement. 

– “Bah alors Titi ? Ça va pas ?”

Sans plus attendre, comme s’il n’avait espéré que cette question pour vider son sac, il a alors entamé une diatribe enflammée sur l’injustice physiologico-structuelle dont il était visiblement victime en cet instant précis. 

En sortant du restaurant, Tancrède – ivre de son nouveau bonheur dentaire – sautillait dans la rue en donnant des coups de pieds bruyants dans tout ce qui passait à sa hauteur : poubelles, poteaux, lampadaires et autre bornes parisiennes. 
J’ai donc dû intervenir : 

– “Du calme Tancrède !”

C’est alors que Trystan c’est écrié : 

– ” OUAIS ! C’EST PAS PASS’QUE T’ES EN TRAIN DE PERDRE UNE DENT QU’TU DOIS T’CROIRE TOUT PERMIS, TANCRÈDE !!”

Avec leur père, nous avons donc décrété que – pour la paix de notre ménage gémélaire – les dents étaient désormais un asset commun à notre cher binôme jujutrépidesque, et que peu importe qui a perdu la quenotte, chacun recevrait donc de la Souris-Des-Dents à chacune des chutes dentaires un petit billet sous son oreiller

#EtHopProblèmeRéglé
#GérerLesCrisesEntreJujus



Découvrir la Satyagraha House

Aujourd’hui les amis, 

je vous propose 

de découvrir 

un petit coin étonnant. 

De passage à Johanesburg pour une ou deux nuits ? 
Pas envie de loger dans un hôtel en béton ou un guesthouse sans charme particulier ? 

Essayez donc la Satyagrada House

Pourquoi ? 
Je vais vous le dire :

D’abord parce que l’endroit est absolument charmant et bucolique : une vieille maison coloniale centenaire à Joburg – il n’en reste pas des millions, ni même des dizaines – lovée au creux d’un ravissant petit jardin tenu au cordeau, en plein coeur du joli quartier résidentiel d’Orchards. 

Ensuite parce que cette maison, elle a une histoire bien à elle. Une histoire étonnante !
Construite en 1907 par un architecte allemand, elle a hébergé durant deux années Mohandas Gandhi
Peu de gens s’en souviennent, mais l’une des personnalités politiques et spirituelles les plus respectées de l’Histoire a passé vingt et un ans de sa vie en Afrique du Sud ! 

Oui, n’est-ce pas ? On n’a pas l’habitue de le voir jeune et avec cette tête là !

Jeune avocat de vingt quatre ans fraichement diplômé tout juste débarqué d’Angleterre en 1893, il est victime dans un train d’un incident raciste à son encontre. Cette épreuve va devenir le tournant de son existence et le catalyseur du militantisme pour la dignité humaine et la justice sociale qui l’accompagnera toute sa vie durant.
C’est en Afrique du Sud qu’il théorisera le Satyagrada – qui signifie “le pouvoir de la vérité” en sanskrit, d’où le nom de la maison – ou résistance passive à l’oppression et au racisme par la désobéissance civile. Un mode protestataire pacifique qui lui permettra d’arracher l’indépendance de l’Inde aux Anglais quelques décennies plus tard.  
Rachetée et restaurée il y a une dizaine d’années par le voyagiste français Voyageurs du Monde, cette maison d’hôte est composée de plusieurs cottages indépendants et d’une aile centrale qui accueille les repas – végétariens et sans alcool – cela va de soi !
Des massages sont aussi proposés à la demande. 

Réaménagée comme elle l’était lors du passage du Mahatma, elle héberge aussi depuis 2010 un intéressant petit musée sur la vie de Gandhi en Afrique du Sud.  
Détail amusant : l’accueil et toutes les inscriptions explicatives sont en français. 

Partout des photos, des livres en libre services à la lecture, et des objets du quotidien de Gandhi décorent les bâtiments restés dans le style simple et épuré de son célèbre locataire. 

L’atmosphère qui règne ici est douce et apaisante, une bulle de paix et un petit bout d’âme au coeur de cette ville immense et trépidante !

La drague pour les nuls

Nous étions dans la voiture, 

sur le chemin de l’école. 


Les Jujutrépides étaient très agités ce jour-là.

Comme souvent je n’écoutais que d’une oreille l’objet de leur désaccord, pour le dire de manière diplomatique et civilisée, concentrée sur la route encore embrumée de ce matin d’automne à Cape Town. 

En réalité, Tancrède ceinturé à l’arrière était penché vers l’avant, et balançait consciencieusement et avec toute la rage dont ils est capable des coups de veste sur son frère, assis devant lui. 

Les hurlements de Trystan m’ayant sortie de la torpeur ouateuse dans laquelle je trainais encore un peu ce matin-là, j’ai donc pris sur moi pour remettre de l’ordre dans l’habitacle : 

– “TANCRÈDE !! Arrête immédiatement tu entends !!”

– “MAIS MAMAN, C’EST LUI K’A COMMENCÉ !!!!”

– “Mais les garçons… Bon sang… Qu’est-ce qu’il y a ENCORE ?!”

– “C’est Trystan maman ! Y’ dit que je sais pas comment parler aux filles !”

– “?!? Hein ?!”

Intervention de Trystan :

– “OUAIS maman !”

– “On dit pas ouais, on dit oui… Trystan…”

– “OUAIS Tancrède y’ fait rien que les embêter tout l’temps, leur tirer les cheveux, leur crier d’ssus, les pincer. Alors évidemment, après elles veulent pas lui faire de bisou ! C’est normal !”

– “Ah… Bah… Oui, ça c’est normal chéri…”, suis-je alors obligée d’admettre en me retournant furtivement vers mon second fils, ennuyée malgré tout de devoir prendre parti dans leur querelle. 

Trystan enchaine alors : 

– “Nan mais Tancrède. J’tessplik’ : les filles, elles aiment qu’on leur dise des trucs gentils. Comme t’as-une-belle-robe-de-princesse, par exemp’. Ou qu’tu lui prendes (avec un “s”, j’imagine ?”) la main. Tu wois ?”

Amusée par l’angle qu’a pris la conversation, je reste silencieuse, les mains sur mon volant. C’est là que Tancrède s’adresse directement à moi, les yeux plein d’espoir : 

– “Mais… Maman, c’est vrai, c’est Trystan k’a raison ?!”

– “Bin… Oui Tancrède… Evidemment que c’est lui qui a raison. Sa méthode est de loin plus efficace pour attraper les filles, je te le confirme. D’ailleurs elle marche aussi avec tout le monde… Tu t’en rends bien compte quand même ?! Les gens sont plus gentils avec toi si t’es gentil avec eux, plutôt que si tu les ennuies !! M’enfin mon amour !?”

Je me garais devant l’école quand Trystan a décidé d’en rajouter une couche : 

– “Bah oui Tancrède, et pi tu sais, les filles, franch’ment, elles ont toujours raison.”

#BravePetit
#SiJeuneEtDéjàSiSensé
#IlaVRAIMENTtoutCompris
#OuAlorsIlVaPasTarderAMeDemanderUnTruc