Aresto Momentum avec le Train à vapeur de Cape Town !

Je m’y étais prise fin novembre dernier. 

Et franchement, ça vaut vraiment le coup. 


Il existe un secret bien gardé à Cape Town, mais je suis assez sympa pour accepter de le partager avec vous :
Cela faisait un moment que Tancrède attendait ce grand jour.
Pour patienter, il avait trouvé avec son frère un ersatz acceptable : leur petit train de legos.


Alors voilà, je vous présente chers amis, le dernier authentique train à vapeur de Cape Town encore en service :

Bien dissimulée derrière la gare de Cape Town – tel le quai 9 trois quart d’Harry Potter ! – se cache l’adorable station fantôme du Train Lodge :

Tel un décor de cinéma, avec une seul quai, elle est minuscule et sert aussi d’auberge de jeunesse. 
Très calme, on s’attend presque à voir surgir de derrière un pilier un petit apprenti magicien en uniforme de Hogwarts !

Aujourd’hui elle n’est plus utilisée que pour servir de garage et de centrale de départ à cet exceptionnel train à vapeur, dont les wagons datent de 1922 et la locomotive de 1949. 

Depuis des décennies, un petit groupe de passionnés, juniors et seniors, se réunit chaque dimanche bénévolement pour redonner vie au train qui a desservi la péninsule du Cap jusque dans les années 70’s. 

VOILÀ !
Chaque dimanche à 10h30, ce sont jusqu’à 170 passager qui embarquent – surtout des familles, souvent nombreuses – pour ce voyage à travers le temps. 

Il faut compter 2 heures à l’aller, 3 heures sur place dans le petit port de pêche, le temps de déjeuner et flâner un peu, puis 1 heure et demie pour rentrer. 

Le confort à bord est fabuleux !
Bien meilleur je dois dire que dans les TGV français actuels !
Les sièges sont vraiment larges et agréables. 
Tout est en bois, c’est chaleureux.  
Je vous recommande le carré de places 13 à 16, en tête de locomotive, et qui offrent une vue imprenable sur la montagne. Si vous êtes plus mer, insistez pour obtenir le carré 9 à 12. 

250 rands pour les adultes et 150 pour les enfants de + 3 ans.
Qui servent entièrement à l’entretien de la machine. 

Allez, en voiture !


5 tonnes de charbon et 20 000 litres d’eau auront été nécessaires pour parcourir cette petite centaine de kilomètres. 
La vitesse moyenne tourne autour des 40 km/heure, avec des pointes à 60 !

Des lunettes protectrices des fumées sont en vente pour les enfants : 

Une fois en dehors de la proche banlieue sans grand intérêt…

On prend alors un rythme de croisière. 

La petite brise qui passe par les fenêtres, rafraichit parfaitement les wagons et les visages, sans pour autant être dérangeante…
Les petits craquements doux du bois qui joue dans la cabine au rythme des pistons dont on sent les battement réguliers, bercent les voyageurs…
Les volutes de fumées s’échappent et viennent s’effilocher le long des vitres… 
L’odeur de charbon brûlé fait un peu penser à du macadam chaud… 
Les sifflement, comme dans les films, de la locomotive qui relâche un peu de pression, retentissent dans les paysages…
Le voyage à l’ancienne, lent, calme, serein, durant lequel l‘esprit vagabonde
Une vraie expérience. 

Même nos Jujutrépides ont été fascinés et sont restés collés à la fenêtre durant tout le voyage, en silence. 

Le train descend toute la péninsule, en contournant la Montagne de la Table par les quartiers des Newlands…

… Puis remonte le long de la côte de la False Bay, en passant par les petits ports de la région. Une splendeur :



1er arrêt de 10 minutes à St James, le temps pour les conducteurs de régler quelques boulons et pour les passagers de prendre de photos mémorables :

Puis on repart pour longer la côte, les rails accrochés à flan de rochers, avec l’impression que le train va bientôt plonger lui aussi dans l’océan :

Impressionnante cette affection que la population porte à ce vieux train vapeur : tous les gens font des signes de la main, applaudissent, photographient ou le filment à son passage.

  
Tancrède a pris sur lui de ne pas décevoir les fans et s’est appliqué à jouer à la reine d’Angleterre durant tout le trajet : 

Terminus à Simon’s Town, ravissant petit port au sud de la péninsule, aux couleurs chatoyantes :


Attention, en sortant de la gare, il faut marcher un bon kilomètre avant d’arriver au centre-ville. 
Prévoir des poussettes pour les personnes concernées. Ou prendre l’offre taxi si vous n’avez pas le courage de marcher… Où des gamins vraiment flemmards :



Vous trouverez à déjeuner dans l’un des charmants petits restaurants du vieux port : 

Chez Bertha’s, le kilo de crevettes grillées à 150 rands (12 euros)
donne le sourire pour la journée.

Avant de repartir dans l’autre sens, un petit tour dans le village :

Just Nuisance, le grand danois mascotte de la marine Sudaf’
durant la seconde guerre mondiale, objet d’être véritable culte ici.

 Nous avons eu la chance de tomber sur un rally de vieilles automobiles :


Le musée naval de la ville dont le port fut longtemps une base stratégique
pour la Marine Anglaise et celle de l’Afrique du Sud.

Sur le chemin du retour, l’atmosphère est propice à la sieste. 


Il faut vraiment réserver très en avance (2 à 3 mois) car ils sont systématiquement pleins, mais l’expérience est magnifique, que ce soit pour les adultes ou pour les enfants qui en prennent plein les mirettes.

Attention aux nouvelles vocations !

"Mamaaaaa ?!?!? T’es oùùùùùùù ?"

Ça fait bien deux mois 

que cela a commencé. 


Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!! 
T’es oùùùùùùùùùùùùùù ????” 
C’est leur rengaine fétiche. 

En travers des pièces et des couloirs… 

À LONGUEUR de journée, les enfants vérifient OÙ je suis. 

Je ne sais pas pourquoi, en fait. 

Au début, je croyais que c’était parce qu’ils tenaient à ma petite personne et qu’ils s’inquiétaient de ma santé et de mon bien-être. 

Tu parles. 

Ils n’en n’ont rien à cirer, car la plupart du temps, dès qu’ils m’ont localisée, ils repartent comme ils sont venus. 

En fait, je pense qu’ils laissent simplement s’exprimer leur naturel tyrannique et autoritaire, hérité des deux pourvoyeurs de gênes qui les ont créés. 
Sans auto-censure. 
Et qu’ils s’assurent juste régulièrement, comme je peux le faire de mon téléphone qui traine ou du gratin qui chauffe dans le four, que tout va bien et je suis bien à la place qui m’est associée. 
A savoir, AVEC EUX. 
Ou pas loin.

J’ai bien essayé de leur trouver des excuses. 
J’ai même émis l’idée qu’ils m’imitaient :
Avec mon stress de la piscine, il est vrai que je vérifie très souvent qu’ils sont en sécurité. 

En fait, non.
Le petit sourire sadique qu’ils affichent au moment de repartir dans l’autre sens, indique clairement leur intention. 


Bref, si on se résume, c’est INSUPPORTABLE

Je ne peux pas aller faire pipi ou m’absenter deux minutes sans entendre retentir la désormais récurrente sirène me rappelant à l’ordre. 
Et depuis quelques semaines, le geste suit maintenant la parole : ils s’élancent tels des furies et se mettent à fouiller frénétiquement la baraque, pièce après pièce en hurlant un “Mamaaaaaa !!! T’es là ?????” bien senti.

Contrainte et forcée par tant d’absolutisme, j’ai donc développé diverses manoeuvres de représailles :

1. Quand j’en ai la force, je cède et réponds mollement un “ici chéri.”


2. Quand j’en ai la force, je cède et réponds énergiquement un “iciii chériiii bordel !”


3. Quand j’en ai la force, je cède et réponds hystériquement un “iciii chéri bordel ! Vous ne pouvez pas me lâcher deux secondes !!!”


4. A bout de nerfs, je commence à faire comme si je n’avais pas entendu.

Je ne réponds pas en fait. 
Genre : 

Le soucis de cette technique, c’est qu’à force de me chercher, ils finissent par me retrouver. 
On en revient alors au stade n°1. 
5. Etape semie-apocalyptique : je m’enferme dans la salle de bain. 
Mais, dans ce cas de figure, il faut en accepter les conséquences : 
Sitting syndical devant la porte et début des négociations. 
“Mama, sors de cette salle de bain s’il te plaît”.
“Non.”
“Mamaaaa, SORS de cette salle de bain !”
“Nooooon !!!”
“Mamaaaaaaa !!! TU SORS MAINTENANT !!!”

Bref, à l’usure, ils finissent par m’avoir et en général, c’est là que les nerfs lâchent. Contre-productif, donc. 


6. Stade ultime : je m’enferme dans la salle de bain ET j’abuse de mon statut d’adulte au cerveau mieux terminé.
“Mamaaaa !!! T’es là ?”
“Non.”

On en est encore au stade où ils répondent : 
“Ah d’accord…”
Avant d’aller hurler dans une autre pièce. 

Malheureusement, comme les mauvaises herbes et les virus, ces petites pestes ont trouvé une parade diabolique :
Les rares fois où le placard à balai me tient lieu de refuge suprême efficace… 
Ils vont chercher leur père en vociférant : 

“Papaaaaaaaaaaa !!!!

Devinez la suite…

“ELLE EST OÙÙÙÙÙÙ MAMAAAAAAN !?!?”


Découvrir le Company’s Garden restaurant

Les amis de Cape Town !

(surtout ceux qui ont des enfants !) : 

j’ai trouvé LE restaurant pour vous.


Celui du brunch ou du déjeuner du weekend.
Celui de quand-on-se-déplace-avec-la-marmaille-mais-qu’on-a-quand-même-envie-de-pouvoir-sortir-comme-si-on-était-encore-peinards-en-amoureux.
Voire même celui du midi-entre-copines.

VOILÀ :

Les jardins du Company’s Garden sont en réalité un parc en plein centre-ville, créé par les premiers colons européens en 1650, et qui leur servait de coin fertile pour la production paysanne qu’ils revendaient ensuite aux bateaux en escale et en ravitaillement à Cape Town. 

La petite rue piétonne qui le traverse donne sur de magnifiques bâtiments historiques, des musées, un mémorial des guerres mondiales, la bibliothèque nationale, une volière… 

… Une splendide roseraie, et de part et d’autre, des jardins et des arbres exceptionnels, comme le plus vieux poirier d’Afrique du Sud qui date de 1652.

Le Company’s Garden Restaurant, qui vient d’ouvrir l’année passée, est niché au coeur de ce parc, à hauteur du 19, Queen Victoria Street. 
Tout de bois construit, il s’intègre parfaitement au décorum naturel alentours :

Il est entièrement pensé et conçu pour les familles,  puisque tout autour des tables, ont été aménagées des sortes d’aires de jeux pour les petits : jeu d’échec géant comme dans Harry Potter, balançoires-nids, souches à escalader, animaux en bois à monter, etc.


On peut donc déjeuner tranquillement, sans stress. 
Ah oui, à ce sujet : ils n’ouvrent pas le soir et servent de 7:30 du matin à 17 heures. Sur réservation, ils proposent des tables jusqu’à 40 convives, pour les brunch entre amis ET en famille (nombreuse). 

Au niveau du menu, des plats sans prétention, simples et bons : salades généreuses, burgers maison, tartines garnies, viandes et légumes grillés. 
Les enfants ont aussi leurs menus à eux. 
Les desserts ne sont pas en reste avec des scones encore chauds, des puddings, des cheese cakes et autres tartes aux noix de pécan.

Parfait pour déjeuner avant ou après une visite dans le coin, pour venir prendre une bonne dose de verdure, ou défouler les monstres sans avoir à aller bien loin!

A la recherche de la chaussette perdue

Naaan mais la vraie question, 

c’est pas tellement de savoir OÙ.

Ce que je voudrais vraiment comprendre, 

c’est plutôt COMMENT.


COMMENT mon fils Tancrède FAIT pour perdre en moyenne 2 chaussettes – évidemment pas de la même paire – chaque semaine. 

Il rentre régulièrement de l’école avec une seule chaussette aux pieds. 
Parfois même aucune. 
Ça n’est encore jamais arrivé à Trystan. 
Mais son frangin est le spécialiste incontesté de l’évaporation de socquette. 
Ça confine à la magie, je trouve. 

Voilà le millésime 2015 des orphelines du mois janvier :



J’ai cherché partout à l’école, dans sa classe, au dortoir, dans la cour de récré, dans le bac d’objets perdus, à l’infirmerie. 

PARTOUT. 

Macache bono. 

Agacée, je l’ai interrogé des dizaines de fois : 

– “M’enfin chéri c’est quand même dingue cette affaire ! Que fais-tu de tes chaussettes, à la fin ?!”

– “J’sais pas mama…”, l’air tout penaud. 

– “C’est à croire que tu les avales, franchement…”
(Affirmation purement rhétorique)

– “Non mama. Promesse”

– “Bah oui je sais bien mon chéri.”

– “Non mais tu sais, elles partent toutes seules…”

J’ai soudainement l’imagination qui s’emballe et je vois d’un coup les p’tites chaussettes qui se carapatent sur leurs p’tites pattes… ‘Façon Toy Story. 

– “Mais, mon coeur, Trystan ne les perd jamais, lui. Si tu réfléchis bien, arrives-tu à te souvenir de choses que tu fais différemment de lui ?”

– “Je dors pas pendant la sieste.”

– “Ah, intéressante information mon fils ! Et qui éclaire d’un jour nouveau l’hystérie des fins d’après midi à la maison…”

– ” Mais quand je me réveille, elles sont pu’ là.”

– “Je croyais que tu ne dormais pas ? Tancrède je ne comprends pas.”

C’est Trystan qui comme souvent, nous a trouvé la bonne réponse.
Sortant subitement de ses pensées il nous assène alors péremptoirement :

– “Mais mama, moi je SAIS. 
Ses ‘saussettes, c’est la ‘tite souris qui les mange. Voilà.”

Ah, ok, je comprends mieux…

Curiosités sud africaines – Chapitre 6

Vraiment, les gens ici, 
à Cape Town, 

ils sont RELAX. 


Cool. 
Sans stress. 
Décomplexés. 
Les pieds sur terre. 

Oui, à ce sujet, tout le monde passe sa vie en tongues ou en baskets (en été).

Voire pieds nus. 
D’ailleurs les Jujutrépides se sont immédiatement mis au diapason et retirent régulièrement leurs pompes avant même que leur père ou moi n’ayons eu le temps de nous y opposer…
Prions pour que les statistiques tournent en notre faveur et qu’aucun tesson de verre n’ait la malencontreuse idée de se trouver là au même moment qu’eux…

Ensuite, ici, on ne se prend pas la tête :
On a envie d’aller boire son ‘tit café au bar un matin, pas de soucis, on ramène le klébard. Personne s’énerve, le barman lui gratte même le dessus de la tête et on n’en parle plus. 
Valable aussi bien pour les Chihuahuas que pour les Labradors.

Et puis, en général, on ne se prend pas trop au sérieux.
Mais alors vraiment pas : 

Tout le monde peut lancer sa petite entreprise :
Je vous laisse admirer cette véritable perle, trouvée dans ma boite aux lettres un matin. 
A Paris, on reçoit ce genre de petites cartes dans le metro à Barbès. 
Ici c’est carrément des dépliants A3 qui débarquent dans les beaux quartiers. 
Trop fort. 
Ils ne doutent de RIEN. 

Et quand on a envie de se détendre un peu, on va juste faire du parapente. 
Presque tous les jours, le ciel de Cape Town est rempli de taches blanches ou colorées qui voltigent au dessus de nos têtes :

Et puis, dans les restaurants, ici, les serveurs ne prennent pas un air effondré quand ils voient arriver une famille avec des enfants. 
C’est parce qu’ils sont équipés, en fait : quand on propose à des petits de la pâte à pizza, des moules et un rouleau à patisserie, forcément, ils restent sages. 

Bien joué Col’Cacchio, en plus d’être un délicieux restaurant italien, c’est pensé pour que les parents puissent VRAIMENT y dîner au lieu de faire la police. Sympa.  

Même les animaux sont hyper cools à Cape Town ! 
Ils jouent à Superman. 
Alors, y’a Super-Pigeon :

En vrai, c’est le “Speckled Pigeon” ou “Pigeon Roussard” en français,
une espèce typiquement africaine.  

Super-Moineau, Super-Crabe. 
Et Super-Canard, aussi : 

En fait, il s’agit d’une Ouette d’Egypte
Bref, vraiment, on rigole bien chez les Sud Af’ !

Découvrir Cape Point et Cape of Good Hope

On attendait juste 

que les touristes soient partis. 

Mais j’avoue que ça nous démangeait depuis notre arrivée :
Découvrir La pointe du Cap et le Cap de Bonne Espérance, ces endroits mythiques.

Il sont situés à une cinquantaine de kilomètres au sud de la ville de Cape Town, et la route qui y mène est splendide :


Un p’tit côté Route 66… ou Monaco.
Attention, requin blanc en vue !

… Un passage par Simon’s Town et sa sublime baie :

… Puis quelques kilomètres de paysages à couper le souffle, de montagnes sauvages et de route d’eucalyptus : 


Et enfin… L’arrivée. 
Et l’entrée du parc : 

Il faut ensuite traverser une réserve de près de 8000 hectares, balayée par les vents, recouverte de végétation indigène, le fynbos, et habitée par des centaines de races d’oiseaux, des antilopes, des zèbres, des serpents et autres petits rongeurs. 

Mais l’animal que vous aurez le plus de chance de croiser est… l’autruche.
Ses charmantes bestioles se baladent partout, souvent par paire, noires pour les mâles et grises pour les femelles.
Nullement impressionnées par les voitures, elles traversent où bon leur semble : 

Euuuuuh…. Chéri, ne fais pas de mouvements brusques,
 mais je crois que tu as une autruche derrière toi…
Excusez-moi, pardon, oui, laissez passer. Voilà, merci.


La route mène d’abord à Cape Point, le pointe du Cap – ou LE “LAPIN DU CAP”, selon Trystan.

Un funiculaire du nom de Flying Dutchman permet de monter jusqu’au promontoire rocheux situé à une centaine de mètres au dessus du niveau de la mer :
Référence poétique à ce capitaine hollandais intrépide qui à l’approche d’une terrible tempête décida néanmoins de continuer sa route pour contourner le Cap de Bonne Espérance en jurant qu’il y resterait jusqu’à la fin des temps s’il le fallait, pour y arriver. Entendu par le Diable, il fut condamné, avec son équipage et son bateau, à errer sur les flots ad vitam aeternam. Depuis on dit l’apercevoir dans les environs, parfois, lors des nuits de grand vent, luttant contre les rafales!



Tout en haut, un phare est installé là depuis 1919, pour remplacer le précédant, placé jadis plus haut mais qui avait une fâcheuse tendance à rester invisible les soirs de brume – qui peut être particulièrement impressionnante ici – occasionnant ainsi régulièrement de terribles naufrages. 

Allez les Jujutrépides, du nerf !

La vue d’en haut est époustouflante. 
Elle donne notamment à voir le Cap de Bon Espérance, situé 2 kilomètres en contrebas :

Le lieu est faussement connu comme le point le plus au Sud de l’Afrique et l’endroit où se rejoignent l’océan Indien et l’océan Atlantique (en réalité, c’est le Cap des Aiguilles, à 150 km de là, qui se trouve le plus au sud). 
D’abord nommé Cap des Tempêtes par l’explorateur portugais Batolomeu Dias en 1488, en raison des violents orages qui accueillaient et provoquaient souvent le naufrage des bateaux dans la région. 
Mais c’est finalement le nom donné par le roi Jean II du Portugal, Cap de Bonne Espérance, référence optimiste à l’espoir d’une nouvelle route ouverte vers les Indes, qui prévalu. 

Une borne rappelle les différentes directions de grandes villes du monde, toutes tellement éloignées de ce point !

Attention, ça décoiffe !!

Sur le chemin du retour, une seconde piste mène donc au Cap de Bonne Espérance, le bout du bout du monde… En face de l’Antartique !

Les Jujus explorateurs !

On a quand même réussi à tomber sur un groupe de coréennes. 
Une fois encore, pour une raison que j’aimerai BEAUCOUP me faire expliquer, elles nous ont littéralement sauté dessus pour prendre les garçons en photo. 
C’est la troisième fois que cela nous arrive. 
Je suis à deux doigts d’en déduire que les jumeaux sont une sorte de patte-de-lapin-porte-bonheur dans cette culture…

“PAPAAAAAA dis à la dame qu’elle arrête d’me toucheeeeeeer !”

En dehors de ce petit groupe original… Le Calme.
La Nature, la vraie, pure, complètement sauvage, infinie… Personne à l’horizon.

Une p’tite plage où bronzer peinards ?

Naturellement, l’entrée est payante (sauf si vous avez investi dans la Wild Card, ce pass annuel qui donne accès à tous les parcs d’Afrique du Sud, pour toute la famille), ainsi que le funiculaire. 
Il est interdit d’apporter de la nourriture sur place.
Un restaurant propose des menus très corrects et offre une vue splendide sur les montagnes. 
Attention aux babouins Chacma, présents sur le site et qui peuvent se montrer très agressifs et qu’il est formellement interdit de nourrir, sous peine d’une grosse amende. 
Et sinon : prévoir l’attirail habituel de l’Afrique du sud : coupe-vents, écharpes mais aussi casquettes et crème solaire. 

En sortant de la réserve, une centaine de mètres sur la gauche, se trouve une ferme d’autruches, au cas où vous ayiez été assez malchanceux pour les rater : 



Très sympathique pour permettre aux enfants de les approcher d’encore plus près…

Euuuuh non mais ça va là papa, c’est bon !
Lâches l’affaire finalement…


C’est aussi un excellent moyen de renouveler sa maroquinerie. 
Mesdames, attention, c’est insupportable, on a envie de tout acheter. 

Cape Point Ostrich Farm, donc.

De quoi finir la balade en beauté !

Mes fils, ces artistes

Voilà, c’est officiel. 

Nos fils dessinent
des trucs reconnaissables.


Je veux dire qu’ils mettent maintenant une intention dans leurs créations. 
Ou qu’en tous cas, celle-ci est dorénavant identifiable par le commun des mortels. 

Et les grandes stars de leurs dessins sont : EUX-MÊMES et leurs DOUDOUS.

Les différences de coup de crayon sont frappantes entre deux deux.
Je vous montre : 

Tancrède, rappelant un célèbre sculpteur italien, est assez mono-maniaque des figures longilignes, souvent affublées de deux ou trois attributs majeurs : 

– De très longues jambes :
Normal. 
C’est “pour courir mama !”

– D’une chevelure très abondante :
Compensation subconsciente et subliminale de cette loooongue période de calvitie infantile qui n’a pris fin que très récemment ? 
Symbole de toute cette énergie fabuleuse qui fuse en permanence de ce petit cerveau inextinguible ?
Bref, mon fils se prend pour les Jackson Five.
– Une tendance marquée à l’autoportrait :
Il est rentré l’autre soir en me tendant son oeuvre et en me disant, “mama, ÇA c’est TANCRÈDE”, d’un air un peu grandiloquent. 

Moooui. 
Mais à bien y regarder, j’ai effectivement trouvé le croquis bien réussi. 

Quelque peu perturbée par les 2 disques placés sous la ligne des yeux, le long du visage, j’ai hésité mais me suis finalement décidée à l’interroger : 

“Mais dis-moi mon chéri, c’est quoi ça, ces deux ronds placés sur les côtés là ?”

“Bah c’est mes Z’oreiiiilles mama !!”

Gloups. 
Donc le LÉGER décollement auriculaire dont lui et son frère ont hérité du quadrisaïeul maternel, ne lui a pas échappé. 
Mais apparemment il le vit très bien. 
Je me sens soulagée. 

“Ah… Okay mon amour. T’es beau tu sais !”

Même constatation du côté de Trystan, ou les petits appendices sont bien présents de chaque côté du vissage : 

A noter toutefois, le grand réalisme de ses dessins : il semble clairement s’inspirer de ce qui l’entoure.
Et quoi de mieux pour ce faire les dents que le doudou !?
Il croque donc régulièrement la peluche de son frère, Riri-le hérisson. 

Franchement, moi j’appelle ça le talent pur :

Bon, ok, il ressemble plutôt à un rat d’égouts.
Mais je le trouve néanmoins précis et tout à fait reconnaissable.
Méfiant (il est vrai que mon lourd passé de mère indigne ne plaide pas en ma faveur), leur papa m’a immédiatement interpellée, vérifiant – non sans une certaine forme d’agressivité – que j’avais bien placé ces merveilles sous fiche plastifiée, préalablement vidée de l’air corrupteur, et réfrigérée à 18 degrés celsius : tels les grands tableaux du Louvre, afin de leur assurer une conservation parfaite au fil des décennies.

Ce que je n’ai ÉVIDEMMENT pas manqué de faire. 

Mes fils, ces artistes.

The Greenhouse, ou le dîner gastronomique au champagne

Franchement, pour arriver à

mal manger à Cape Town, 

il faut vraiment se donner du mal. 


La restauration est de très bonne qualité dans ce pays, et les prix exceptionnellement raisonnables, comparés aux standards européens ou même américains. 

Et certains lieux sont particulièrement remarquables. 

The Greenhouse, le restaurant gastronomique de l’hôtel Cellars-Hohenort, en fait partie. 
Il est situé au 93 Brommersvlei Road, dans les bois de Constancia, ce faubourg forestier de Cape Town, derrière la Montagne de la Table, célèbre pour ses grands vignobles. 

Considéré comme l’une des cinq meilleures tables de Cape Town, il est dirigé par le Chef Relais & Châteaux Peter Tempelhoff, dont le talent est de plus en plus reconnu par la communauté culinaire internationale.
La salle, pensée un peu comme une verrière, est petite et, bien que toute blanche, très chaleureuse. 
Une quinzaine de tables tout au plus. 
On a presque le sentiment de diner entre amis. 
Le restaurant est ouvert du mardi au samedi, uniquement au diner, pour lequel il est – étant donné le nombre de couverts – impératif de réserver (des mois) à l’avance. 

L’avantage d’avoir un mari qui travaille dans les alcools et spiritueux, c’est que les rares fois où un client se désiste à la dernière minute, on peut se glisser discrètement à la table d’un très grand chef :
Tous leurs menus sont intéressants, mais j’ai envie de vous recommander particulièrement leur petit dernier, confectionné à la demande,

“Les vertus du Dom Pérignon”.

Entièrement conçu autour du millésime 2004 de Dom Pérignon, il a été pensé de manière à se marier en permanence avec le champagne. Celui-ci accompagne tout le repas, et révèle ainsi peu à peu toute ses facettes.
Le résultat est étonnant : délicieux, festif, subtil, original, instructif…
Une dégustation gastronomique de haut niveau. 

Il est constitué de 6 plats différents, chacun faisant référence, de part les produits, les températures et les goûts, à un adjectif qui définit également le champagne. 

Voilà :

Pour patienter, le pain maison, déposé dans un petit nid, et son beurre fondant aux éclats d’oignons caramélisés :

Quelques petits amuse-bouches : 
Crème brûlée de champignons et ses chips de pomme, gougères fumées au fromage, bouchées de filet de Snoek (poisson roi, ici) au gorgonzola, feuilletés pomme-betterave. 

1. PRÉCIS : 

Fleurs de courgette, bouquet de petits légumes et mousse de fromage de chèvre, piment et graines de basilic. 
Tout est dans la mesure des quantités et l’équilibre des goûts. Un gramme de trop de l’un des composants, et l’harmonie serait rompue.



2. VIBRANT ET RACÉ
Tartare de boeuf wagyu, gel de champignons noirs, aïoli et concombre. 
Que des saveurs fortes et intenses mais qui s’associent magnifiquement et se rehaussent entre elles. 
3. UN TOUCHER SANS COUTURE
Bouillon crémeux de moules de la côte ouest, vermicelles, poudre et émulsion de citron : exceptionnel. 
Tout se marie parfaitement pour ne faire plus qu’un. 

4. TACTIL et STRUCTURÉ
Bouchées de filet de springbok (l’antilope sud africaine, à ne pas confondre avec les rugbymen d’ici), mini carottes, foie gras poêlé, mûres et sauce au capuccino salé. Tout n’est que textures et structures qui s’entrechoquent et se complètent. 


5. COMPLEXE
Crème brulée de foie gras et ses perles de grenades. 
D’une originalité et d’une subtilité indescriptibles. 
6. RYTHMÉ
Crémeux au chocolat de Madagascar, mousse de framboises et glace au beurre de vin rouge. 
En fait, quand on commence, on ne peut plus s’arrêter !


Le jeu des lumières et des textures, que ce soit des plats ou des assiettes et contenants dans lesquelles ceux-ci sont présentés, l’ordre des mets, la succession et l’enchainement précis des saveurs, rappellent que la gastronomie n’est pas un vain mot ni un hasard gustatif. 

Pour une belle et grande occasion. 

Sans enfants. 
Evidemment. 

J’ai la fièèèèvre

La semaine dernière, 

Trystan était malade. 


Je veux dire BIEN malade. 
40 degrés de fièvre pendant 3 jours, alité à la maison, tout ça. 

Ne vous inquiétez pas, je ne vous parlerai pas de mes récentes découvertes médicales et hospitalières sur Cape Town.
D’autant plus que ça faisait presque 6 mois qu’il tenait la grande forme. 
Un record familial, ces dernières années, il faut bien le dire. 

(Il pourrait s’avérer judicieux néanmoins que je me décide enfin à écrire ce guide des hôpitaux du monde, vraiment.)

Non, ce dont je voulais vous parler, ce sont des nouvelles perles d’élocution de mes fils, récoltées à cette occasion :

Je conduit le long de la route sinueuse du bord de l’océan, en écoutant de la musique classique qui résonne doucement dans la voiture. 
Tancrède bien calé dans son siège auto derrière, bas la mesure de son petit index gauche et regarde le paysage en SILENCE. 
Bref, un de ces rares moment de calme et de sérénité, assez exceptionnels pour être noté. 

C’était trop beau :
Je sens le regard de mon fils adoré qui se déplace sur moi : 

“Mamaaaaan ? Pourquoi Trystan il est pas avec moiiiiiii ?”

“Il est malade Tancrède. Donc il reste à la maison pour se reposer et guérir. Et puis il ne faudrait pas qu’il contamine les copains.”
J’ai hésité à compléter : “Et si la mère du petit Samuel en avait fait autant, ON N’EN SERAIT PAS LÀ !”, mais je me suis abstenue. 

“Et pourquoi il est malaaaaaade Trystan ?”

“Il a attrapé un vilain virus, chéri.”

“Un vilain virus ?”

“Oui un gros virus qui donne la fièvre.”

Silence dans l’habitacle. Je peux presque sentir la fumée qui sort des oreilles de mon fils en pleine réflexion.
Il ajoute alors : 

“Et mamaaaaan ? Il a dû courir Trystan ?”

“??? Courir ? Pourquoi veux tu que Trystan courre, mon amour ?”

“Bah… Pour attraper l’virus !”
Je souriais encore intérieurement de tendresse pour mon fils sain, lorsque je suis repartie dans le sens inverse, au chevet de l’autre qui agonisait en silence sur le canapé du salon de télévision, devant les 101 Dalmatiens. 
Je lui prends la température : 39,9 degrés. 
Il a de gros cernes noirs sous les yeux…
Ça monte encore malgré le bain de ce matin et le cocktail de Doliprane/Ibuprofène… 
(En fait, Les médecins, on ne devrait pas les emmerder en les obligeant à faire 15 ans d’études. On devrait juste leur donner nos gosses à élever. Ça suffirait en fait, comme formation intensive…)

Je l’entends alors qui murmure faiblement, essayant de faire sortir un son de sa pauvre petite bouche…

“Mehehheuhhhneugato.

“Pardon mon amour chéri, j’ai pas compris…”

“Mehehheuhhhneugato.

“Tu veux un gâteau, c’est ça ?”

“MAIS NAAAAAAAAAAAAN !”

Je le sens au bout de lui même, au paroxysme de son agacement face à cette mère qui ne se contente pas d’être complètement demeurée mais qui semble en plus devenue totalement sourde…
(En même temps, après 3 années de hurlements permanents… Ça devait arriver…)

“… Ze veux faire un gateau pour les z’amis de l’école…” 

Parmi les nombreuses qualités de mon fiston adoré, ne figurent habituellement pas en première ligne l’empathie, la générosité, ou même la propension naturelle au partage. Souvenez-vous. 
Mon sang ne fait qu’un tour. 
Je me dis :
Mon dieu, c’est la FIÈVRE !
Il délire, en fait, ce pauvre petit…

Mais comme il a fini par réitérer sa demande trois fois d’affilée, épuisant à chaque fois un peu plus ses dernières forces disponibles, j ai dû me résoudre à admettre qu’il avait bel et bien émis le désir d’une action purement altruiste.

Comme quoi, la fièvre chez les enfants, ça peut avoir du bon. 

Dimanche soir, la veille du retour à l’école, une fois remis de sa “Rooosssse’ températuuuure”, comme il l’appelle, nous avons confectionné ensemble un petit “KATKAT” (quatre-quarts, donc) :


C’est avec une infinie précaution et beaucoup de fierté qu’il l’a apporté jusque dans sa classe le lundi matin. 

Sacré Titi.

Curiosités sud africaines – Chapitre 5

Ça n’est pas pour rien que Cape Town a été nommée Capitale Mondiale du Design en 2014.


Où que l’on regarde, dans tous ses quartiers, la ville est truffée d’oeuvres d’art contemporaines permanentes ou temporaires. 

C’est amusant et agréable pour les visiteurs, autant que pour les gens qui vivent ici toute l’année. 
Mais c’est aussi vraiment intéressant et représentatif du pays. 
Ce pourrait même être, je trouve, un angle de visite et de découverte de la ville de Cape Town. 

Ces oeuvres célèbrent aussi bien des étapes historiques importantes du pays, que le génie créatif des artistes locaux qui se servent de leur art pour exprimer leurs opinions politiques. 
Elles sont souvent lourdes de sens et chargées d’histoire, mais peuvent aussi être drôles et décontractées, comme les habitants de cette région. 
Quelques exemples : 
Au niveau du 6 sur Spin Street, dans le centre-ville, le “Old Slave Tree” ou “Vieil arbre aux Esclaves”, une oeuvre temporaire de bois rouge sang a été placée. 
A cet endroit se trouve, en temps normal, une simple plaque en béton discrètement posée au sol, commémorant l’emplacement où se trouvait jusqu’en 1916 – année où il fut abattu – un très grand et vieux sapin. 
On raconte que sous ses branches, ce sont près de 60 000 esclaves qui furent vendus au fil des siècles..
L’oeuvre est un rappel contre l’oubli : 

Le “Berlin Wall at St George’s Mall” est un morceau du Mur de Berlin, offert au président Mandela lors de son passage en Allemagne en 1996.
De nombreux fragments du murs ont d’ailleurs été distribués un peu partout dans le monde. 
Longtemps resté au sein du pavillon allemand de BMW de la ville de Cape Town, celui-ci a été placé en 2010 dans la rue qui du même nom, au centre-ville. 
Emblème universel de lutte contre l’oppression et pour la liberté, ce petit bout de béton hautement symbolique a bien sa place en Afrique du Sud et est désormais accessible à tous les visiteurs :

La Sun Star, au sommet de Signal Hill, dont je vous parlais il y a quelques semaines
“The Knotted gun”, le “pistolet noué”, au Waterfront de Cape town.
Cette sculpture de bronze a été inspirée à l’artiste suédois Carl Fredrick Reuterswärdpar par l’assassinat de John Lennon en 1980. 
L’original de l’oeuvre, appelée “Non-Violence”, a été placé devant l’entrée des Nations Unis à New York. 
16 copies de cette création iconique ont été dispersées dans le monde, dont une à Cape town. 
Depuis 1993, elle est aussi le logo d’une ONG qui porte son nom et dont l’objectif est la diffusion de programmes éducatifs pacifiques pour lutter contre la violence dans le monde. 
“Perceiving Freedom”, installée sur la promenade de Seapoint, le long de l’océan en novembre 2014, l’oeuvre est une paire géante de lunettes Ray Ban, la marque que Nelson Mandela portait pour se protéger du soleil, posée face à l‘île de Robben Island où celui-ci fut maintenu prisonnier durant 18 ans
Pensée par l’artiste sud africain Mickael Elion, l’oeuvre est une allusion aux barrières et aux préjugés invisibles que l’on porte en soi et avec lesquels on regarde le monde, ceux-là mêmes qui ont conduit à la tragique création du centre de détention de Robben Island.
Son objectif était d’honorer l’esprit de “Tata”, le père de la nation, mort 11 mois plus tôt, et d’inviter les passants à s’approprier les valeurs de pardon, de générosité, d’empathie et d’ouverture qui l’ont porté durant toute sa vie et son long combat pour la liberté. 
Bien que conceptuellement intéressante, cette oeuvre a été très décriée par les sud africains : insulte à la mémoire de Mandela, “Placement produit” et publicité déguisée pour Ray Ban, encouragement consumériste inopportun, indécence du symbole lorsque l’on sait que Mandela a fini ses jours aveugle, du fait des poussières de chaux auxquelles il a été exposé durant son bagne… 
Les Cape Towniens ont très mal réagi à cette création, qui a même été vandalisée quelques jours après son installation. 

La statue de zèbre en fibre de verre, placée devant l’hôtel Hilton, au croisement entre Buitengragt et Wale Street, au centre-ville. 
Symbole de l’Afrique, l’animal semble curieusement en train de perdre ses rayures : 
Référence au Quagga, cette race de zèbre typiquement sud africaine, rayée sur la tête et l’encolure, mais au pelage uni sur le reste du corps, et éteinte depuis la fin du 19ème siècle ? 
Allégorie entre cet animal endémique, longtemps domestiqué et surexploité par l’homme, et les populations Khoikhoi locales réduites en esclavage à l’arrivée des colons hollandais et anglais ? 
Emancipation symbolique des rayures des prisonniers, qui s’envolent au vent ? 
Mue africaine vers plus de liberté ? 
Je n’ai pas encore trouvé d’explication claire et satisfaisante à cette oeuvre !
Les bancs de la honte rue Queen Victoria, le Département de la Justice de la ville décréta en 1950 le “Population registration Act”, cette loi qui institua de facto le régime d’apartheid en classifiant les habitants en 7 “races”, de la “Blanche” bénéficiant d’un maximum de droits, à la “Bantu” la plus “inférieure” qui n’en n’avait presque aucun.
Récupérés d’autres endroits de la ville avant d’être détruits, les deux bancs représentatifs de cette période de ségrégation ont été symboliquement placés au pied du bâtiment par l’artiste Roderick Sauls. 

Heureusement l’humour n’est pas en reste, dans cette ville ! 

Deux trônes, il n’y a pas d’autre mot, ont été placés en fin d’année dernière par l’artiste Greg Benatar sur la promenade de Camps Bay, le long de la plage de sable blanc de Cape Town. 
De quoi se sentir comme les rois du monde, pour prendre le selfie qui va bien devant ce spectacle paradisiaque…!

Bonne visite !