Mes fils et le vernis à ongle

Mes fils sont formidables. 

Non vraiment. 


Quand que je reviens de chez le coiffeur ou à chaque fois que je me fais les ongles, ils le remarquent. 

Incroyable. 
Je les remercie d’ailleurs systématiquement de leur attention et les félicite pour leur sens de l’observation pointu, en espérant qu’ils conserveront plus tard ce qui pourrait s’avérer être une qualité décisive auprès de la gente féminine. 

Un après-midi, en passant les récupérer à l’école, Tancrède a semble-t-il posé les yeux sur mes mains, placées sur le volant de la voiture. 
J’étais en train d’effectuer une manoeuvre pour sortir de là où je l’avais garée quand subitement, j’entends un hurlement derrière moi : 

– “MAMAAAAAAAAA !!!! JE T’AI DIT QUE J’AIME PAS LE ROOOOOOOSE !”

– “?????? Mais enfin Tancrède ne cries pas comme ça chéri, tu m’as fait super peur !!! Tu veux que je casse la voiture ou quoi ?!”

– “MAIS J’AIME PAAAAAAS LE ROSE, OKAAAAAAY ?! C’EST PAS BOOOOOOOO !!”

Je le sens complètement hystérique, comme si un drame s’était produit. 
J’avais commencé à rouler.
Je m’arrête donc sur le bas côté et me retourne pour comprendre de quoi il s’agit : 

– ” M’ENFIN Tancrède, DE QUOI TU PARLES à la fin ?!”

– “Tes ooooooooongles !!! T’as mis du rose et J’AIME PAS !!! JE T’AI DEJA DIT PLEIN DE FOIS QUE MOI J’AIME LE ROUUUUUUUUGE !!!”

Heureusement, à dire vrai, que je m’étais rangée, car j’en suis restée comme deux ronds de flans. 

– “Mais… Mais… Chéri… Euuuuh… Non tu ne me l’avais jamais dit ! Et puis… C’est si important pour toi la couleur de mes ongles ???”

– “Mais ouiiiii !!!! C’est pour que tu sois beeeeeeeelle !!!”

Complètement décontenancée, j’entends alors Trystan qui en rajoute une couche, si je puis dire, au vu des circonstances, et me dit : 

– “Mais moi aussi je veux choisir : MOI J’AIME LE ROSE. Alors tu laisses le vernis rose.”

Vraiment perturbée, je reprends la route en réfléchissant. 

– “Bon les garçons, on a un problème là. Je mets la couleur que je veux, ça ne vous regarde pas, d’accord…”

Tancrède me coupe : 

– “Si mama, je regarde, et je vois que le rouge c’est plus beau.”

– “Tancrède je disais que ÇA NE TE regarde pas, c’est une expression qui veut dire que c’est maman qui décide.”

Trystan hurle alors : 

– “Non c’est moi !”

– “Bon les gars, on se calme, on va quand même pas parler de vernis pendant une heure ! On s’en fiche de la couleur !”

J’obtiens enfin le silence mais les sens très renfrognés, calés dans le fond de leurs sièges auto. 

Un peu avant d’arriver à la maison, j’entends Trystan qui prend alors la parole et me dit calmement : 

– “Bon mama, moi je sais comment on fait : tu mets le rose sur les mains pour Trystan et le rouze’ sur les pieds pour Tancrède, okay ?”

Bon…. Bin…. Okay.

Découvrir le vignoble de Groot Constantia

Ce qui est génial à Cape Town,

entre autres milliers de choses,

c’est que quand on n’a pas envie de prévoir un gros déplacement le weekend,

on peut juste aller visiter un vignoble et ses caves.


C’est justement ce qu’on a fait dimanche dernier avec nos super Jujus : nous avons passé la journée à Groot Constantia, le premier et plus ancien vignoble d’Afrique du Sud, fondé en 1685 !

Au pied de la Montagne de la Table, en plein coeur du quartier viticole de Constantia, c’est aujourd’hui un des plus grands vignobles du pays, avec 100 hectares de vignes, et près d’un demi million de bouteilles produites chaque année. 
Mais ce sont aussi d’immenses bâtiments de ferme de type Cape Dutch, construits le long d’allées de chênes centenaires, des petits musées et deux restaurants. 

Les trois musées sont assez bien fournis et racontent l’histoire du domaine, ainsi que le mode vie de propriétaires successifs et des esclaves qui y ont vécu. 

Les premières bouteilles exportées…

Apparemment le vin du domaine avait ses débouchés jusqu’à la cour du Roi Louis XVI en France, et plus tard celles de Napoléon puis de Bismarck en Prusse.

La visite de la cave est intéressante, notamment si l’on n’y connait rien à la création du vin :

Les 9 terroirs de leur parcelle 
La dégustation est très bien organisée. Nous n’avons malheureusement pas vraiment apprécié leurs vins. Mais quoi de plus personnel !
En revanche, l’ancien logement des fils du maître du domaine – qui offre une très belle vue au dessus de la Vallée de Constantia – abrite maintenant un restaurant, le Jonkershuis Restaurant : une vraie merveille. 
Des petites tables bistrot sont très agréablement placées sous les grands chênes, le long du bâtiment, ainsi que dans une très jolie courette intérieure. Vous pourrez alors déguster d’exceptionnelles spécialités malaises du Cap, en souvenir des nombreux esclaves qui ont contribué au rayonnement du lieu.

Le Bobotie, spécialité sud africaine, est une sorte de lointain hachis parmentier d’origine indonésienne, importé par la communauté malaise du Cap dès le 17ème siècle. 
Agrémenté de poudre de curry, de gingembre, de fruits secs, de cannelle et d’anis étoilée, c’est un véritable délice. 
Leur sélection de currys sont une vraie splendeur : 
Le poisson du jour à la crème et aux petits légumes grillés passe tout seul auprès des enfants : 

Réservez avant d’y aller, car c’est vraiment très prisé. 

Bref, encore une chouette sortie de week-end que je vous recommande de faire en famille !

Trystan et la famille homoparentale

Mes fils sont de terribles 

conservateurs.

Voilà.


L’autre jour, ils regardaient tranquillement l’histoire du Vilain Petit Canard en mangeant leurs petits-déjeuners. 

Oui, voilà, LUI.

Pour la 2350ème fois. 

Sauf que cette fois-ci, l’expérience s’est transformée en discussion politico-sociologique sur la question de la parentalité des couples de même sexe. 

Nan, mais si, vous allez comprendre : 

Tancrède s’est comme à chaque fois beaucoup attendri sur le sort de ce pauvre petit être abandonné par la vilaine mère canard, et qui se retrouve seul au monde à pleurer au dessus de son étang :



En ce moment, Trystan a tendance a s’affirmer et à dégainer péremptoirement des explications aux choses. 
C’est donc tout naturellement qu’il a balancé un : “C’est VILAIN d’abandonner ses amis. Parce qu’après, ça les rend TRES tristes.”

Amusée par tant de maturité, je le regarde et lui dis : 
“Oui tu as raison Trystan, c’est terrible de se sentir seul. Mais tu sais, cette histoire, heureusement, elle se finit bien : le petit cygne va bientôt retrouver sa vraie maman, tu te souviens ? “

Tancrède, parfois un peu naïf mais toujours très enthousiaste, s’écrie alors : “Oh ouiiiii !! Et comme ça, il aura 2 MAMANS, en plus !”

Je vois alors mon Trystan qui se recroqueville dans ses pensées, tout en regardant les pérégrinations du petit cygne, du coin de son oeil perçant. 

Tout à coup, il se raidit et me dit : “NAAAAAN mais c’est PAS BIEN !”

– “Heuuu, qu’est-ce qui n’est pas bien chéri ?”

– “Avoir 2 mamans c’est pas BIEN !”

Je me suis sentie tomber de ma chaise. 
Il n’a jamais entendu se genre de discussions ni de discours à la maison, je décide donc de creuser la question : 

– “Ah ? Et pourquoi tu dis ça chéri ?”

– “Parce que il faut UN PAPA ET UNE MAMAN.”

J’avoue m’être retrouvée un peu démunie face à la situation. 
Étonnée qu’un enfant si jeune puisse avoir un avis aussi tranché, ne sachant si je devais donner le mien, le laisser à se stade de la réflexion, bien trop précosse pour son âge… J’ai finalement décidé de continuer à l’interroger : 

– “Mais tu sais chéri, tous les enfants n’ont pas la chance d’avoir leur papa et leur maman à la maison. On fait comme on peut. Et s’il y a deux mamans, c’est grave tu crois ?”

– “Oui c’est GRAV’ et moi je préfère quand y’a un papa.”

– “Ah bon, d’accord… Ça tombe bien alors, y’en a un ici.”

– “Oui ! Donc arrête de dire que c’est la maman cygne qui vient là !”

– “????”


 – “Mais… Chéri, c’est qui alors ?”

– “C’est le PAPA cygne qui est venu sauver le bébé perdu, d’accord !?”
Horrifiée par tant d’injustice envers la figure maternelle, réduite à une horrible cane maltraitante, j’ai soudain eu un doute :

Après vérification wikipediesque, j’ai découvert non sans une certaine surprise que les cygnes sont parmi les rares animaux monogrammes, et que le mâle a un comportement très original puisqu’il participe activement à la construction du nid, à la couvaison, ainsi qu’à l’éducation des petits. 

Donc, en gros, c’est bien possible que ce soit le père cygne dans l’histoire. 

Sacré Trystan. 

Le bisou de la vache

C’est nouveau,

ça vient de sortir. 

Mesdames, Messsieurs : 

Le bisou de la vache. 


Vous connaissez ? 

Franchement, ça fait partie des blagues de quand on a 3 ans. 

Donc logiquement, mes fils viennent de l’apprendre, probablement dans la cour de récréation. 
Je l’avais su plus jeune, mais j’ai entre-temps oublié de quoi il en retournait. 

Un soir, mon Trystan est rentré de l’école, à moitié hystérique d’excitation, en me disant : 

“Mamaaaaaaaa ! Tu veux qu’j’te fasse le bisou d’la vaaaaache ?”

Naturellement, comme toutes les mères, quand on entend le mot “bisou” de la part de son enfant, on fond tel le caramel au soleil, baissant bêtement la garde qui nous maintient en sureté chaque jour face à notre progéniture. 

Malgré le sentiment diffus – mais bien présent – que j’étais en train de commettre une erreur, le voyant tellement malicieux et impatient de me montrer sa découverte… J‘ai malgré tout répondu : 

– “Bonjour mon amour-chéri, c’est quoi le bisou de la vache ?”

– “Viens, j’te montre ! Assieds-toi !”

Je m’assoies. 
Il grimpe sur mes genoux, à califourchon. 
Me regarde avec ses grands yeux plein d’amour. 
Me prend la tête entre ces deux p’tites mains…

A cet instant, je dégouline véritablement d’affection pour ce petit garçon qui me regarde si tendrement, la tête penchée. 

Je me dis intérieurement : “Quelle affreuse mère je fais, tout de même, d’écrire tant d’horreur sur eux dans le blog, chaque jour…”
Je me prends à ressentir un début de culpabilité face à tant de douceur…


Et là…
Il se penche vers moi… 
Et me balance un ENORME coup de langue râpeuse sur la tronche. 
De bas en haut. 
J’ai de la bave partout sur la figure et dans les narines. 

Je ne culpabilise plus. 

Cet instant fugace est passé. 

Bien passé. 

J’ai juste envie de l’étrangler. 

Et de plonger la tête dans le lavabo. 


Moralité de l’histoire : 
Avec les enfants, ‘faut JAMAIS se laisser aller, TOUJOURS rester sur ses gardes. 

Découvrir le Harbour House

Envie d’un excellent poisson ?

De délicieuses huîtres bien fraîches ?

De langoustes grillées ?

Avec vue sur le port, au soleil ?


Moins loin, si vous habitez Cape Town même, que le Panama Jack.
Chic, mais détendu et très raisonnable sur le budget.

En plein coeur du Waterfront, le restaurant dispose d’une terrasse extérieure et d’un pont supérieur.

Tout donne directement sur le port, d’où l’on peut admirer les otaries barboter et les petits bateaux qui sillonnent la baie pour faire découvrir la ville aux touristes. 

Le service est délicieux et très francophone. 
La cuisine savoureuse et ultra fraiche : 
Les frites sont particulièrement croquantes.
Les poissons cuits à la perfection et les sauces légères et saines. 
Les sushis sont délicieux et généreux. 
Les poissons du jour changent tout le temps, preuve de la fraicheur absolue des produits. 


Ils sont aussi parmi les rares restaurants à proposer au verre l’un des meilleurs vins blanc chardonnay sud africains que nous ayons goûté jusqu’ici : le Glen Carlou 2012

Les enfants sont très bien accueillis, même lorsqu’ils se lancent dans des batailles de homards :


Que demander de plus ? 

Les Schtroumpfs grognons

L’autre jour, 

ils m’ont encore 
bien faite marrer. 


Depuis que nous sommes installés dans la “maison ‘finitive”, chaque semaine du lundi au vendredi, c’est moi qui dois les réveiller le matin. 
(Naturellement, le samedi et le dimanche, ils sont les quinquets grands ouverts à 6h.)

Révolution, s’il en est, puisque durant ces trois dernières années – soit 1095 jours, je me permets de le rappeler – ce sont immanquablement leurs hurlements puis leur effrayante manière de nous murmurer à l’oreille un “Mamaaa ? BIBERON !!”  dès 5 ou 6h du matin, en plein dans notre sommeil, qui nous ont extirpés du lit.  

Autant vous dire – revanche bassement humaine oblige – que je prends maintenant un malin plaisir à débarquer dans leur chambre un peu avant 7 heures pour les chatouiller et les sortir de leur léthargie matinale. 

L’autre jour, je suis entrée comme toujours sur la pointe des pieds en chuchotant un “bonjouuuuuur mes zamouuuuuuur ! C’est l’heure de se leveeeeeer !”
Et, comme chaque jour, en leur gratouillant doucement le popotin, je leur ai tendu leurs biberons d’un demi litre de lait. 

Normalement, je découvre alors deux p’tites paires d’yeux encore bouffies qui me regardent avec étonnement et affection, cherchant du bout des doigts leur citerne lactée. 

Mais ce matin, bouleversement notoire dans notre organisation bien rodée : 
J’ai senti qu’on m’arrachait des mains les bib’s, j’ai vu virevolter 2 couvertures, et entendu comme des grognements renfrognés accompagnés de clairs et intelligibles : “GNOOOON !”



– “Heuuu… Comment ça “non”, mes amours-chéris-trésorins ? Il faut bien se lever le matin !”

– “GNOOOOOON, okayyyy ???”

– “Mais… Mais… ??? Bah non, pas okay mon coeur, qu’est-ce qui s’passe mes adorations ce matin ?”

Et là, la phrase qui tombe, cinglante, de Trystan :

– “ZE VEUX PAS ALLER A L’ECOLE.”



– “??? Comment ça tu ne veux pas aller à l’école ?”

– “je veux rester à la maison regarder la télé.”

– “Ah oui je comprends. Mais ça va pas être possible mon coeur. A l’école tu apprends pleeeeein de choses fantastiques avec la maîtresse et les autres enfants !”

Je le sens dubitatif.

– “… Mais… Mais… Mais… A la télé aussi !”

Je me dis intérieurement “naaaan mais on va pas commencer avec les débats métaphysiques dès 7 heures du matin quand même…”

– “Chéri, il faut des deux, tu comprends. Un équilibre. Un peu de télé le soir, mais la classe la journée. C’est COMME ÇA qu’on apprend bien. 
(Et que maman reste a peu près saine d’esprit) 
D’ailleurs si vous vous levez maintenant, je vous mets les 3 petits cochons pour le petit déjeuner.”

Là, j’entends un faible “‘tit’ dézeuné ?”, émis par Tancrède de dessous sa couverture, et j’aperçois son petit nez qui pointe :


– ” Avec du sandwiiiich au saucisson ??”

– ” Oui chéri, avec du saucisson, aller sors de là maintenant.”

Comme quoi, tout est question de motivation dans la vie. 
Et je pense que le saucisson tient une place importante dans celle de mon Tancrède. 

Les Jujutrépides et l’astrophysique

En fait, on n’a pas vraiment fait exprès. 

Ça s’est fait tout seul.


À force d’observer des couchers de soleils incroyables depuis la terrasse, avec leur père, nous avons pris l’habitude de les guetter le soir, vers 20 heures. 

Malheureusement, il se trouve que c’est pile poil l’heure à laquelle nous sommes sensés coller les moutards au pieu. 

Du coup, on avait comme un problème : devoir courir pour les ranger sous la couette avant de pouvoir aller admirer le spectacle de la nature sans cesse renouvelé qui se déroule dehors, à quelques pas de là. 

Et naturellement, c’est quand on a envie d’en finir et de se débarrasser d’eux, que nos p’tits nains adorées réclament le bib’ en plus, le troisième pipi, la seconde histoire, etc. 

Après quelques soirées à batailler bêtement, la logique a heureusement enfin prévalu dans cette famille de dingues : on a juste décidé de décaler leur coucher de 15 minutes. 
(Parfois, on s’arc-boute stupidement et on se complique vraiment la vie, quand on est parents…)

Depuis, c’est génial. 
Non seulement on peut enfin assister sereinement à ce magnifique moment, mais en plus, les Jujutrépides en profitent aussi pour s’émerveiller devant tant de beauté. 

On s’installe donc confortablement : 

Et on observe. 

En général, c’est à cet instant que les enfants décident de poser des questions astro-méta-physiques existentielles du type : 

– “Mamaaaaa ? Où est-ce qu’il part le soleil ?”

– “Il se couche mon amour;”

– “Où ça ?”

– “Euuuh et bin, de l’autre côté de la terre.”

– “J’ai pas compris.”

– “Normal chéri, maman explique mal, parceque ça a toujours été une quiche en physique.”

– “? Une quiche ?”

– “Non mais on s’éloigne du sujet mon coeur, je voulais dire que le soleil il va se coucher dans la mer.”

– “Dans la mer ? Mais … Comment il dort dans l’eau, le soleil, il va pas pouvoir respirer !?”

Question pleine de bon sens, s’il en est.
Comme au moment de noël, il m’a donc fallu improviser.

– “Euh… C’est à dire qu’il prend son bain d’abord – comme toi, hein ! – et qu’en suite il va se coucher derrière les nuages. COMME TOI”

– “Ah d’accord Mama.”

(Pfiouuu.)

Silence. 

– “Mais euh tu sais, maintenant c’est la lune.”

– “Mais ouiiii !!! Bravo mon Trystan chéri ! Quand le soleil va faire dodo c’est la lune qui vient prendre le relai, tu as tout compris. Et après, le matin, c’est le contraire : la lune va faire dodo et c’est le soleil qui revient.”

– “Oui mais des fois, quand on part à l’école le matin, le soleil il est déjà là mais la lune elle est encore là aussi, quand on regarde par la fenêtre de la voiture, alors ?”

(c’est péniiiiiiible les gosses à cet âge avec leurs questions intelligentes…)

– “Ah euh oui, certes… Tu as raison chéri, parfois la lune reste un peu plus longtemps le matin… Bah… C’est pour discuter un peu avec le soleil et lui raconter ce qu’elle a vu durant la nuit. Partage d’information optimal, tu me suis? 
Et une fois que c’est fait, elle repart. OKAY ? (mon ange ?)”

– “Okaaaaay, mama.”

Nom d’un p’tit bonhomme. 
J’ai bien cru qu’on en aurait pour la nuit. 

Découvrir le Grand Café & Beach Restaurant !

Tant que dure l’été, 

amis de Cape Town, 

allez donc au GRAND 

un samedi ou un dimanche midi en famille, 

voire même n’importe quel soir en amoureux. 


Le Grand café & Beach, est une institution à Cape Town. 
C’est un café restaurant installé directement sur la plage de la Granger Bay, juste à côté du Waterfront. 
Les cuisines et une partie du restaurant sont à l’intérieur dans une paillote un peu branchouille, avec le bar à cocktails, et la majorité des tables sont posées à même le sable à l’extérieur, offrant une vue imprenable sur Robben Island et le Waterfront. 

Et en ce moment, avec le beau soleil, c’est divin. 
On retire les chaussures, on les met par terre, on s’assoie, et on profite !  

On observe le balai des bateaux et des voiliers, qui passent juste devant. 
Avec un peu de chance, on aperçoit une otarie ou même un dauphin qui se baladent sous notre nez.

  

Pendant ce temps là, les gnomes font des pâtés à vos pieds. Bon ‘faut les surveiller, c’est sûr, mais globalement, on a la paix. 
(Pensez à ramener pelles, moules et seaux, si vous y aller en famille avec des petits.)

Et pour peu qu’ils aillent jouer avec la PLV de papa, et on est vraiment tranquilles : 

Niveau cuisine, je ne saurais trop vous recommander l’EXCEPTIONNEL curry de fruits de mer mozambiquais (le “Muanza’s Mozambique Seafood Curry”), une vraie tuerie.
(Désolée, j’ai pas de photo, Patrick a merdé. 
Non, je tiens à le dire, pour une fois que j’avais oublié mon téléphone…)

Les baby squids grillés à la méditerranéennes sont succulents, juste relevés comme il faut au piment vert: 

Ainsi que les grandes salades de la mer ultra fraiches et les leurs super pizzas géantes à partager, si vous êtes nombreux : 

Pas besoin de me forcer beaucoup pour vous encourager énergiquement à vous offrir une bouteille de Moët & Chandon Ice Impérial : un champagne spécialement conçu pour ce type d’occasions et qui se boit sur un lit de glace… Un pur moment de bonheur, par cette chaleur. 

(Attention, ne perdez pas de vue les morveux, on a tendance à oublier rapidement leur existence dans de telles circonstances.)



 Voilààààà, détendez-vous, ça va aller.

Bataille de billes

Ça doit être l’influence de l’école : 

mes fils se sont sérieusement 

mis à jouer aux billes. 


Naturellement, en tant qu’ancienne championne bannie des cours de récréé pour avoir gagné trop souvent et m’être emparé un peu trop largement de la majorité du stock disponible durant mon primaire… 
Mon sang n’a fait qu’un tour !

Mes fils aiment les billes ! 
Voyons voir un peu : 

C’est là que j’ai découvert que leur jeu préféré consistait à les étaler sur le tapis ou la moquette – ils ont fini par percuter que le marbre, c’est pas super stable pour les billes de verre – à la fille indienne ou en rond. 

Rien de bien folichon vous me direz, mais c’était toujours mieux qu’en novembre dernier – lorsqu’on leur a acheté – et que les gros calots terminaient dans la bouche et le gosier.

Bah oui, ‘faut savoir se réjouir des petits progrès, quand on devient parent.

Encourageante, j’ai alors tenté de les aiguiller vers plus de technique, et de professionnaliser leur système de jeu : 

“Mes chéris, ce qui est sympa avec les billes, c’est qu’il faut les tirer, pour essayer de toucher celles de l’autre. Vous m’suivez ?”

“Oui mama.”

“Donc, on place ici une bille chacun, une jaune pour Trystan et une marron pour Tancrède, et…”

“Mama, c’est pas marron, c’est ORANGE.”

“Ok Tancrède, merci pour cette précision. 
Maintenant, l’idée, c’est de se placer à un mètre de distance et de tirer !”

“Ah ouiiiiiiii !” lance Tancrède, visiblement emballé.
Et là, le drame : je le vois balancer les billes en travers de la tête de son frangin en hurlant : “Ze l’aiiiiiii euuuuuu !!!!”


J’imagine que c’est de ma faute. 
j’aurai dû penser que chez les 3 ans, c’était pas intuitif, et préciser à nouveau que le tir visait LA BILLE et non le pif du frérot...

J’ai donc repris l’enseignement à zéro. 
Une fois les rudiments intégrés, j’ai corsé un peu l’affaire en introduisant les pyramides :

Pour une raison qui m’échappe, Tancrède s’obstine à lancer ces agates en les propulsant par en dessous. 
J’ai eu beau lui expliquer que la préhension était moins bonne de cette manière, et que viser dans ces conditions était bien plus complexe : rien n’y a fait. 
Notez bien qu’il s’en sort tout à faire honorablement. 

Trystan en est encore à la confection des mini pyramides. 
Mais rien ne presse. 

Une fois l’acquis validé, je compte bien introduire les PARCOURS de pyramides de billes.
Puis les parcours MIXTES de pyramides de billes. 

Non mais, c’est que je considère que j’ai encore 3 ans devant moi pour en faire des joueurs décents et les préparer au mieux à l’entrée au CP… 
Où toutes ces connaissances fondamentales vont leur être absolument indispensables pour réussir leur intégration scolaire.

Aller mes poussins des îles, on s’concentre.

Les Jarditrépides

Avoir un jardin, 

c’est vraiment un privilège. 


Longtemps j’ai pensé que même si l’on avait la chance de pouvoir voyager souvent, avoir un jardin – si on en avait les moyens – était totalement superflu. 

Je croyais que c’était surtout une source d’embêtements et de factures supplémentaires. 

En réalité, pas seulement. 

Avoir un jardin, c’est BIEN ! 

C’est un défouloir formidable pour les enfants.

C’est un prétexte éducationnel judicieux et très complet. 

C’est une source d’inspiration pour la créativité parentale. 
Maintenant que nous sommes à peu près installés, nous essayons de redonner de l’allure à notre jardinet, un peu laissé à l’abandon ces derniers mois. 

La semaine passée, Patrick a planté de nouveaux arbres : un hibiscus et un gardenia. 
Nous avons à cette occasion expliqué aux Jujutrépides l’importance de la nature, et du geste de reboiser, que pour pousser les plantes ont besoin de terre, d’eau et de soleil… Mais aussi de temps, pour nous laisser voir le fruit de leurs efforts… Et des nôtres. 

Bref : tout un tas de concepts pas super simples à expliquer à des petits enfants, mais qui deviennent plus palpables lorsqu’ils s’enracinent – sans mauvais jeu de mot – dans la réalité :



C’est aussi le moment durant lequel ils découvrent et apprennent les noms de pleins d’espèces d’arbres et de fleurs.
C’est le temps que l’on prend pour leur montrer les petits animaux comme les lézards, les fourmis, les papillons et les insectes… 
Ils découvrent alors que les guêpes, ça n’aime pas être dérangé.
Et que sauf cas tragiques rares, on ne DÉCÈDE pas IMMÉDIATEMENT après s’être fait piqué, mais qu’il s’agit d’apprendre à rester fort-très-fort face à l’adversité naturelle. 
C’est enfin l’aubaine inespérée – un peu honteuse, je vous l’accorde – de faire quelques économies de jardinier et de leur refiler le sale boulot qu’on n’a pas trop envie de faire parce qu’il nous démolit le dos ou nous fait transpirer à grosses gouttes : ramasser les mauvaises herbes, les feuilles et les brindilles qui traînent, par exemple.

QUOI ?!
Eux, ça les éclate. Alors, pourquoi s’en priver ?

Si je décide d’assumer pleinement ma mauvaise foi intellectuelle, je dirais même que c’est l’opportunité parfaite pour leur apprendre la valeur du travail, et le plaisir du boulot bien fait. 
(Oh, ça VA, hein.)

Et de leur faire synthétiser un peu de vitamine E. 


Tancrède s’est naturellement spécialisé dans le travail de gros, qui demande beaucoup de force : scier les branches mortes avec papa et faire des tas.

Trystan, fidèle à lui même – jusqu’à ces 2 ans, il était extrêmement compliqué de le faire marcher pieds nus ou s’assoir sur du gazon : il prenait une mine dégoûtée et exigeait une nappe ou un plaid – se charge de la tâche la moins fatigante et salissante : l’arrosage.   
M’enfin, comme elle est essentielle et bien utile, on lui pardonne. 

Naaan mais oh ! Pourquoi y’a plus d’eau là ?
Purée, ‘faut encore que j’aille rallumer le robinet.
Z’êtes pénibles quand même. 

Naturellement, cette affaire dégénère parfois en bataille d’eau et il faut quelques dizaines de minutes pour pouvoir les décrasser correctement après cela. 
Mais enfin, au global, ça fonctionne et comporte plus d’avantages que d’inconvénients. 

Bref, dorénavant, je vous prie de bien vouloir les appeler par leur nouveau surnom : les Jarditrépides.