LES VCP JUJU Masters Polo

Le week-end dernier, 

Patrick travaillait sur un événement 

parrainé par l’entreprise qui l’emploie :

Le Veuve Clicquot Masters Polo Cape Town


Depuis 5 ans maintenant, la fameuse marque de champagne sponsorise cette journée très spéciale qui réunit chaque année toute la haute société sud africaine autour d’un match de polo spectaculaire, au coeur du luxueux vignoble Val de Vie, près de Paarl. 

Naturellement, il était hors de question d’y amener les Jujutrépides qui se seraient fait un malin plaisir de tirer sur les robes en plume haute couture et d’essuyer discrètement leurs menottes pleines de p’tits fours sur les blazers Dior de circonstance :

 

Sans parler de se faire écrabouiller sous les sabots des destriers en furie qui coursent inlassablement la petite balle blanche. 
Tout cela pour dire que nous avions bien prévu notre coup :

– Bouffe d’avance pour eux dans le tuperware, pour le déjeuner et le diner. Uniquement des trucs qu’ils aiment pour qu’ils n’emmerdent pas la nounou.

– Le mode de garde. Donc.

– La pile de DVD Disney. 

– Autorisation exceptionnelle et illimitée sur les sucreries. 

– Et enfin, SURTOUT ne PAS les prévenir que l’on disparaitrait une petite dizaine d’heures. 

Nota bébé (pour les nouveaux parents): 
Oui, pass’que quand vous les préparez mentalement à votre absence, en général, ils tombent malades ou déclenchent l’appendicite entre 1 heure et 30 minutes avant votre départ. 
C’est curieux, je vous l’accorde, mais scientifiquement prouvé chez les enfants.


BREF. Une fois ces menus détails d’intendance réglés, et la petite heure de route effectuée, arrivée sous un soleil magnifique dans la splendide propriété : 

Naturellement, il a d’abord fallu nous mettre à jour sur les règles du Polo :

Rien de bien complexe à vrai dire : 
2 goals d’un bout à l’autre d’un immense terrain gazonné, 4 couples chevaux-cavaliers de chaque côté. 
Et il faut marquer en face, le plus possible durant 8 rounds de 7 minutes. 
A chaque round, ils changent de chevaux. 
Voilà. 
En gros. 

Franchement, ça devient vite prenant. 
Pas si facile en réalité de chopper cette petite balle, de si haut. 
Sans parler des manoeuvres nécessaires pour éviter les bâtons qui tournoient dans tous les sens.


Et c’est quand tu commence vraiment à comprendre le truc, à rencontrer et discuter avec des gens intéressants, à profiter du champagne glacé, grignoter de délicieuses petites choses, et même à poser avec de célèbres humoristes locaux….
Siv Ngesi, décidément, on le retrouve partout !


… QUE LE TELEPHONE SONNE.

Hurlements hystériques, pas très audibles au départ. 

Une voix féminine que je connais, pourtant. 

Ah oui, la nounou…

LA NOUNOU ?!?!?!

Je finis par comprendre : “Madaaaaaaaaaame !!!!! Vos fils se sont enfermééééés  à clef à l’intérieuuuuuuur de leur chaaaaaaaambre !!!!! Avec le paqueeeeeet de chewing-guuuuuuums !!!!!!! Impossible d’ouvrir la pooooorte !!! Je sais plus quoi faire, j’ai peuuuuuuuur !!! ” 

Moui moui moui. 

Ça faisait longtemps. 
La pauvre, forcément, elle est pas encore rodée. 

Enfermés, encore… 
Ça aurait pu attendre. 

Mais avec l’arme idéale pour s’étouffer tranquillement… Inaccessibles…
Il a fallu agir. 

Retour à la maison, en une petite demie heure cette fois.
(220 km/h sur les autoroutes sudaf’, c’est possible. Donc.)

L’avantage des maisons ici c’est qu’elles sont très sécurisées. Des grilles partout. Tout ça. 
Donc Une fois qu’on est enfermé dans une pièce, il est véritablement impossible pour les autres d’y entrer. 

Heureusement, leur papa est fort, très fort. 

VOILÀ :


On avait pourtant tout prévu, tout organisé, tout planifié pour être peinards une demie journée.

LE CRIME ETAIT PRESQUE PARFAIT. 

Mais tout s’est joué sur une boîte de chewing-gums. 

C’est moche. 
Et comme souvent, nos effrayants Jujutrépides ont encore gagné la partie.

Je ne sais pas si nous survivrons jusqu’à leur majorité. 

Non, vraiment. 

Maman, pourquoi y’a le feu ?

La semaine passée, 

La péninsule du Cap 

a subi un épouvantable et massif incendie. 

Un des pires de son histoire.  


11 départs de feu, en réalité.

Tout a commencé durant le weekend, apparemment du fait d’une cigarette négligemment balancée par la fenêtre d’une voiture…

Des températures à plus de 40 degrés depuis plusieurs jours, une sécheresse intense – puisque nous sommes ici en plein été – des vents persistants à plus de 120 km/heure. 
Et voilà :

La désolation. 

400 pompiers et plus de 2000 volontaires civils venus leur prêter main forte durant 6 jours. 
Plus de 2000 passages canadair et 2 millions de litres d’eau ont été nécessaires pour circonscrire le feu. 

Au total une estimation de 5000 hectares, ravagés par les flammes. 
Des milliers d’animaux (tortues, oiseaux, insectes, marmottes…) carbonisés.
Plus de 500 personnes évacuées, plusieurs habitations réduites en cendres. 
Des dizaines de personnes hospitalisées. 

Et des fumées toxiques bloquées au dessus de la ville durant une semaine :

Image satellite.
No comment.
Un paysage défiguré. 
Bref… Une catastrophe pour Cape Town et ses environs qui s’enorgueillissent, à juste titre, de faire partie des plus belles villes du monde. 


Et le plus dur, ça a été d’expliquer ce carnage aux Jujus. 

– “Mamaaaaan ? C’est quoi cette fumée là. Elle est tout le temps là maintenant la fumée, t’as vu ?”

– “Oui j’ai vu mon amour… C’est un feu, Tancrède, il y en a beaucoup en ce moment.”
– “C’est le cantinier qui l’a allumé ?”

– “????”

– “Bah oui comme dans la chanson, tu sais !!!? C’est pas moi qui l’ai brulé, c’est le cantinier !!

– “Ah oui… Non Trystan c’est pas le cantinier. C’est un sale con qui a jeté une cigarette par terre dans les arbres.”

– “Maman ! Dis pas de ‘Ro mots ! 
PAF ! 
(Nota bébé : ils ont le droit de nous mettre une tape quand on dérape.) 
Mais ? Il est bête ou quoi, le con ?”

– ” Trystan, dis pas de gros mots. 
Bah… Oui Je ne te le fais pas dire mon trésor. 
Il est très très bête celui qui a fait ça.”

– ” Très méchant aussi.”

– “Très…”

– “Et notre maison elle va brûler aussi ?”

– “Mais non Trystan ne t’inquiète pas, tout va bien.”

Silence.

– “Mais si elle brûle aussi, qu’est-ce qu’on va faire, nous ?”

– “Chéri elle ne va pas brûler. Les pompiers font un travail inimaginable pour arrêter le feu.”

– “ok…”

Silence.
Je vois alors Trystan partir dans sa chambre et aller chercher son doudou-lapin…
Je me dis que ce petit est très prévoyant.
Il enchaine alors : 

– “Et pourquoi on va pas aider les pompier, nous ? Moi je veux bien l’aider le pompier !”

– “Parce que c’est très dangereux chéri. Seuls les hommes, très grands, très forts et très courageux font ce travail là, tu comprends ?”

– “Et bien moi je veux grandir vite. 
Et devenir pompier.”

– “… Heu… Maman préfèrerait que tu choisisses un autre travail, mon bébé, mais bon… On en reparlera ok ?”

La sortie du dimanche : Boulders Beach et le Black Marlin

Dimanche dernier, 
il faisait beau.
Et on n’avait pas envie 

de faire beaucoup de route. 

Alors on a choisi un petit programme “tranquille”:

Aller nager avec des pingouins. 


Bah oui, on est en Afrique du Sud.
Les trucs pépères d’ici, c’est le programme des grandes vacances en France !
(Je PLAISANTE.)

Sur les conseils de nombreux Sud Africains nous avons donc tenté Boulders Beach, une petite crique juste à la sortie de Simon’s Town, dans le sud de la péninsule du Cap :



Cette plage de sable blanc est idéale pour des enfants en bas âge car l’eau y est très calme et peu profonde. 

Elle permet surtout de nager tout près des manchots du Cap, ou pingouins d’Afrique dont je vous parlais, à notre arrivée à Cape Town, car elle est située à quelques dizaines de mètres du sanctuaire naturel où l’on peut observer ces adorables petites boules de plumes, depuis des plateformes.
Certains d’entre eux s’aventurent donc un peu plus loin, dans cette baie, pour le plus grand plaisir des petits (et des grands) : 



L’eau est “chaude” pour la région (19 degrés) et les enfants se sentent très en sécurité pour avancer loin de la rive : 

Les châteaux de sables sont particulièrement faciles à faire dans cette poudreuse ultra blanche !



La plage est impeccablement propre. 
On peut s’amuser à ramasser les coquillages, jouer avec les rares branches de palmes qui tombent dans l’eau, ou même observer les oies égyptiennes qui viennent faire trempette dans le coin. 



Après tous ces efforts, vous mériterez sans doute d’aller manger un délicieux plateau de fruits de mer ou un bon poisson grillé au Black Marlin, situé à quelques centaines de mètres de là.
Durant la saison (août-septembre), vous pouvez même – si vous êtes chanceux – y déjeuner tout en regardant le splendide spectacle des baleines venues ici se reproduire. 

Moules au curry lait de coco, langouste gratinée, calamars frits et/ou grillés au citron,
crevettes grillées, riz safrané et petits légumes aux épices.
Voilà. 


Et puis s’il n’est pas trop tard, vous pouvez rentrer en passant par le port de Kalk Bay où les vendeurs de poissons sont là tous les jours de la semaine pour proposer leur pêche du jour. 
Fraicheur incomparable et prix imbattables. 
Pendant qu’on vous découpe le tout à la demande, les enfants peuvent observer les otaries se prélasser au soleil sur les docks. 


N’oubliez pas la glacière. 

Vraiment, Cape Town, c’est bien.

T’es ma chèvre !

Depuis toujours, 
nos Jujutrépides

entretiennent une relation spéciale
et privilégiée entre eux.

Mais récemment,

il se passe des trucs bizarres dans leur p’tit couple !


Clairement, dès leurs 3 mois, Tancrède a toujours été le plus flexible des deux et celui qui cède le plus souvent aux demandes – pour ne pas dire aux exigences – de son frère.
(Je refuse l’expression “dominant / dominé” qui me rappelle trop les bancs de Sciences Po et me parait bien trop péjorative.)

Mais depuis qu’ils vont à l’école, un rééquilibrage a eu lieu.
Ils se chamaillent et se tapent même de plus en plus sur la figure, signe que Tancrède refuse désormais d’obéir sagement aux injonctions fraternelles.

Naturellement, quand son frère est en détresse, il saute (sens propre et figuré) encore et toujours sur l’occasion pour lui venir en aide : 

Bouuuhouhou !!!
Z’ai fait tombeeeeer mon canaaaard !!
Et z’arrive pas à l’attraaaappeeeeerrr !!!
L’eau est l’est trop froiiiiiide !!
Tancrèèèèèèède !!
Oui Oui frérot.
Laissez passer, BayWatch on the move !
Sauveteur de canard en plastique en route !
Poussez-vous, oui, voilà, merci.

Et voilà l’travail.
Seulement maintenant, Trystan accepte aussi de donner un peu de sa personne:

Tancrède est souvent en insuffisance affective. 
Cette maladie totalement congénitale et transmise par la mère, est assez pénible au quotidien pour l’entourage.
En effet, elle nécessite une attention constante envers le malade et une capacité à produire des bisous et des câlins à la demande (toutes les 70 secondes, environ). 
Comme je n’arrivais plus à suivre la cadence, Trystan a donc récemment accepté de prendre un peu ma relève, le matin ou en en fin de journée plus spécialement.
Il accepte donc de servir de mur-à-câlin : 
– “Tryyyystaaaaaan….
J’me seeeeeeens maaaaaal.”
– “Quoi Tancrède ? Tu veux encore un câlin ??”
– “Ouais st’euplait, si ça ne te gène pas trop ?”
– “Nan, nan frérot, pas de soucis, si ça peut te rendre service.
Voilà allonge toi que j’te gratouille le dos.”
– “C’est bon, tu t’sens mieux ?”
– “Un peu mais avec un bisou ça irait encore mieux.”
– “Bon ok, mais n’abuses pas hein.
Après t’as qu’à aller sonner maman.”

Mais le plus étonnant, c’est ce nouveau jeu qu’ils ont développé durant les vacances : le jeu de “t’es ma chèvre !”

Un des deux se met à marcher à quatre pattes avec une corde a sauter autour du cou en guise de laisse, pendant que l’autre le promène en lui disant : “T’es ma chèèèèèèvre”, en éclatant de rire. 
Avant d’inverser les rôles.

Je ne sais quoi en penser. 
Je suis évidemment intervenue pour signifier mon étonnement et ma désapprobation devant une telle pratique, que j’estime humiliante et – accessoirement – dangereuse. (Rapport à la corde)

50 nuances de Jujutrépides, version gémellaire ?

J’attends encore un peu, histoire de voir si cette nouvelle lubie disparait rapidement ou s’il faut que je sévisse.  
Vraiment, les jumeaux, c’est pas toujours du gâteau. 

Spécialités culinaires sud africaines – Chapitre 1 : le Bobotie

C’est sûr, 
la gastronomie sud africaine 

est surtout connue pour 

ses viandes exceptionnelles 

et ses produits de la mer 
d’une fraîcheur incomparable. 


Boeuf ou agneau, parfois porc, mais aussi viande de “game”, à savoir le gibier sauvage africain : Spingboks (gazelle sauteuses), gnous, phacochère (vous savez Pumba… Dans le Roi Lion ? Non ?… Ok, c’est une sorte de sanglier africain), etc.

Toutes ces merveilles se retrouvent la plupart du temps grillées, au braai. 

Ne dites pas barbecue – c’est pourtant strictement la traduction en Afrikaans – vous vous feriez reprendre. 
Ici on dit BRAAI. 
(Et son extension franchouillarde : “Tu braaille ce weekend ?”)

Et c’est bien plus qu’un simple repas au feu de bois :

C’est une institution culturelle, un rite social de partage, l’excuse pour quitter le travail à 17h (‘faut préparer la braise, ça prend du temps)…
Bref, en un mot un héritage civilisationnel qui unit tous les Sudafs. 
Il existe même une journée nationale du Braai, fériée, le 24 septembre, le jour du “Heritage day”. 
C’est dire. 


Mais la gastronomie sud africaine, ce sont aussi quelques plats et préparations, créées durant les aléas historiques du pays et parfois importés au fil des siècles par les communautés étrangères venues s’y installer de gré ou de force. 

La recette la plus emblématique est probablement celle du BOBOTIE, dont je vais vous parler aujourd’hui !

Dérivée de l’indonésien “Bobotok”, elle vient des colonies hollandaises de Batavia et a été adoptée ici par les Malais du Cap. Les premières traces à Cape Town de cette sorte de hachis aux épices remontent au 17ème siècle, juste après l’arrivée des premiers colons Hollandais qui disposaient déjà, grâce à leurs colonies, des nombreuses épices nécessaires à ce plat.
Ce plat assez complexe est résolument addictif, lorsqu’il est réussi.
Voici la meilleure recette que j’ai réussi à vous dégoter : 

Pour 6 personnes à bon coup de fourchette

INGREDIENTS



– 1 kg de viande hachée de boeuf 
(Ou moitié boeuf, moitié agneau voire moitié porc, pour ceux qui aiment.)

– 2 gros oignons hachés fins

– 4 gousses d’ail hachées

– 1 tomate pelée et découpée en tous petits dés.

– 2 oeufs

– 2 tranches de pain américain

– 50 cl de lait

– 4 cuillers à soupe de chutney (si possible d’abricot)

– 1 cuiller à soupe de Worchester sauce

– 1 cuiller à café de sucre en poudre blanc

– 1 pomme fraiche sans peau et rapée

– le zeste d’1 citron jaune haché

– 1 grosse poignée de raisins secs

– 1 grosse cuiller à soupe de sel

Epices
– 1 grosse cuiller à soupe de poudre de curry jaune
– 3 feuilles de laurier
– 4 anis étoilés
– 2 grosses cuillers à soupe de mélange en poudre à bobotie
(A défaut pour ceux qui ne vivent pas ici : 10% de chaque : cannelle, cardamom, piment doux, graines de moutarde pilées, cumin, graines de coriandre pilées, gingembre, clous de girofle, poivre noir, fenouil séché.)
– 2 petites cuiller à soupe de curcuma

Faire tremper le pain dans le lait pour bien l’imbiber. 

Dans une cocotte ou un faitout qui n’accroche pas, faire revenir les oignons dans un peu d’huile d’olive jusqu’à ce qu’ils deviennent translucides. 



Rajouter l’ail haché, le curry, le mélange a bobotie et 1 cuiller de curcuma. 
Bien remuer. 

Rajouter la viande. 
Bien la répartir et la détacher. 
Bien remuer durant 5 minutes. 

Rajouter la tomate concassée, la pomme rapée, le sucre, le zeste de citron haché, le chutney, la worchester sauce, l’anis étoilé, les feuilles de laurier, le sel et laisser mijoter 5 minutes.  
Retirer du feu.

Rajouter le pain, dépiauté en morceaux et bien égoutté, bien mélanger en faisant en sorte que la texture soit assez égale partout. 

Battre 1 oeuf avec un peu moins de la moitié du lait restant. Verser cette préparation dans la cocotte et bien remuer. 
Verser le tout dans un plat qui passe au four. Bien tasser. 



Mettre au four préalablement préchauffé à 180 degrés, durant 30 minutes. 

Sortir du four. 
Battre le second oeuf, le reste de lait et la deuxième cuiller de curcuma, et verser cet appareil sur le dessus du plat, qui fera comme une petite croute de flan au dessus. Enfourner 10 minutes. 



Servir avec un riz basmati coloré au curcuma, agrémenté de petits raisins sec si vous aimez. Ou des petits légumes grillés au four avec un peu d’huile d’olive, d’ail et de sel, par exemple. Ou encore d’une salade verte.  

NB
Franchement, la recette n’est pas dure à faire. Ce sont surtout les ingrédients qui sont un peu complexes à trouver, en dehors de l’Afrique du Sud. 
Selon vos goûts, à vous de jouer sur les quantités d’épices qui peuvent être bien diminuées ou au contraire augmentées. 

BON APPETIT !

Des vacances scolaires ou de la servitude parentale volontaire

Non, mais, soyons clairs. 

Le mot “vacances” revêt 
des significations différentes, 

selon le point de vue duquel on se place. 


Avant, les “vacances”, c’était :
Moi + mon amoureux + 3 semaines sur des plages idylliques au bout du monde à siroter du ‘ti punch.

Maintenant, les “vacances”, c’est vendredi après-midi, dernier jour d’école, la maîtresse qui crie à tue-tête à mes fils, sur les marches du perron, agitant presque son mouchoir blanc, les yeux plein de larmes :

“Bonnes vacances mes p’tits lutiiiiins creuseurs !!! 

Nota Bébé :
Oui, mes Jarditrépides ont entrepris de jardiner à l’école aussi, maintenant, pour le plus grand bonheur du directeur qui doit régulièrement les recevoir dans son bureau pour leur rappeler que leurs talents botaniques – s’ils sont encouragés par leurs satanés parents à la maison – ne sont pas les bienvenus dans l’enceinte scolaire.
Bref, revenons à ce qui nous occupe : 
Naturellement, personne n’est dupe du sourire béat qui est accroché à ses lèvres : la prof jubile.
Et, honnêtement, on la comprend.
Elle a enfin quelques jours pour récupérer de ce que mes monstres lui font subir à longueur de journée. 
C’est d’bonne guerre.

Les Jujus, en montant s’installer dans leurs sièges-auto, hurlent aussi leur bonheur :
“Mamaaaaa !!! Ch’est les vacaaaaaaaances !! On va rester TOUT LE TEMPS avec toiiiiiii maintenant !!”

Et LÀ, à cet instant précis, tu réalises. 
Les neurones ce connectent. 
Les battements du coeur s’accélèrent. 
Les mains deviennent moites. 
La gorge, sèche. 

Ce sont les VACANCES.

Enfin, pour eux, hein. 
Donc. 

Pass’que pour les mères, c’est le début d’une lente agonie qui ne prendra fin qu’en ce jour béni de la RENTRÉE. 
Mais enfin, c’est le jeu, et puis c’est aussi grâce à ces looooongues semaines de garde 24/7 qu’on se souvient pourquoi l’école, c’est VRAIMENT bien. 
Et pourquoi, les maitresses, elles sont VRAIMENT formidables.

Bref, tout ça pour dire – qu’au début – on a envie de les choyer durant ces quelques semaines de congés, et de lâcher un peu de lest. 

Alors, d’abord, ce qui change, c’est qu’on se réveille un peu plus tard.
En général, avec les pieds de Trystan – venu faire la “grasse” matinée (7h30 au lieu de 6h30) avec nous – dans le nez.

Ma vue du matin, quand j’ouvre les yeux.

Et puis là, quand on se réveille, on ne se dépêche pas. 
On regarde calmement par la fenêtre. 
Et on découvre qu’on vit entourés d’écureuils. 
Mais qu’on ne s’en était pas aperçu avant, trop pressés que nous sommes, chaque matin, de leur faire ingurgiter leurs tartines. 

C’EST DONC LUI QUI RAMASSE LES BAIES
QUI TOMBENT DE L’ARBRE SUR LA TERRASSE, CHAQUE MATIN !
J’avais cru que cela faisait partie de ces miracles capetowniens qui rendent la vie si belle dans cette ville !

Par la même occasion, nous avons aussi découvert que nous étions cernés par les ibis qui picorent à la fraiche dans le jardin : 



Mais aussi… Une mangouste ! 
(Pardon, j’en ai lâché mon téléphone, pas de photo.)

Et puis, on arrête de les habiller en vitesse, dès 7 heures. 
On est cool, sans stress, sans obligation.
On reste même en pyjama toute la journée, si on ne prévoit pas de sortir :



Ensuite, le nombre de minutes quotidiennes licites devant les Disney augmentent considérablement.
(QUI A DIT : “AAAH BRAVO PENDANT LEUR VACANCES TU LES COLLES DEVANT DES DVD !” Oooh, ça va hein…)



Après, sur demande, si celle-ci est formulée convenablement (“S’il-te-plait-maman-chérie-merci-c’est-moi-qui-ferai-la-vaisselle”), le popcorn – normalement réservé aux journées de GROSSE maladie – est exceptionnellement autorisé, pour leur plus grand bonheur :



On profite du beau temps pour réviser les leçons de natation : 


On va s’amuser à prendre les goûters chez les copains…



Et puis… Les jours passent… 
Imperceptiblement, les choses se compliquent doucement : on refuse de ranger sa chambre, on conteste vivement le moment de la sieste, on commence à faire des bêtises sans la maison, tout le monde s’énerve, lentement mais sûrement :


Le ton monte : on commence a en avoir ras la frange du frangin. 
Alors on vide le coffre à peluches et on trouve un moyen pour le convaincre de rentrer dedans : 

Et on fait semblant d’y aller aussi… Avant de s’échapper…
… Et de refermer le tiroir.
Laissant son frérot enfermé… 

“Moi ? Non, non, j’ai rien entendu !”


Jusqu’à ce que maman vienne le délivrer, après avoir cherché 10 minutes dans toute la maison d’où venaient ces bruits de pleurs étouffés…

Pauv’ Trystan…

C’est là qu’on sait qu’il est temps de retourner en classe.

Pour l’intégrité physique et mentale de tous.

Tétine or not tétine ?

Ces derniers temps, 

je m’interroge : 


Y’a-t-il de beaux et de mauvais mensonges à raconter à ses enfants ? 
Genre le Père Noël, la P’tite Souris, les princes et les princesses, tout ça ? 

Et Abracadabra-la-tétine ? 

Je vous explique : 

Que les choses soient claires : jamais je n’ai regretté, ne serait-ce qu’un centième de seconde – oui, oui, j’assume – d’avoir commencé à utiliser cet engin de malheur.
Ce bout de caoutchouc nous a sauvé la vie à maintes reprises depuis la naissance des petits : hurlements-de-faim-simultanés-à-3-heures-du-mat’-quand-Patrick-est-en-voyage, crises de coliques, grosses colères, caprices…
Bref, son utilité est infinie. 
Je pense néanmoins que je m’en voudrais s’ils la portent encore pour leurs 18 ans. 
Ça ferait moche, sur les photos. 

Malheureusement, cela semble bien parti puisque depuis bientôt 1 an et demi – l’anniversaire de leur deux ans – je tente sans succès de la leur retirer. 

J’ai tout essayé : 

L’Altruisme : 

– “Tu es un grand maintenant, c’est ton anniversaire, elle doit retourner au pays des tétines, la tétine, pour aller consoler d’autres petits enfants qui auraient besoin d’elle…”

– “Silence…
Euuuh non non mama, nous on est encore petits et on a besoin aussi.”
Leur égoïsme naturel les rend absolument insensibles à cet argument. 

La reconnaissance : 

– “Aaaah mes chéris pour Noël il va falloir laisser la tétine au Papa Noël, hein ! Il va faire teeeeellement de chemin pour venir vous apporter touuuus vos cadeaux, vous pouvez bien lui donner les tétines, en retour, hum !?”

– “Silence…
Euuuh non non mama, nous on prend les cadeaux mais on laisse pas la tétine.”
‘Sont pas à moitié libanais pour rien, mes fils. 
Des négociateurs hors “père”. (Noël, donc.) 

La menace : 

– “Bon, mes chéris, il faut vraiment arrêter maintenant avec la tétine : vous allez avoir les dents toutes cassées à force, et après vos copines de l’école, elles vont plus vous trouver beaux.”

– “Silence…
Euuuh non non mama, Eva (oui, c’est la nouvelle chérie de Tancrède), elle m’aime et en plus tu te souviens tu nous as dit que bientôt elles vont tomber nos dents et qu’on va avoir des nouvelles toutes neuves qui vont venir avec les souris ! Donc on peut garder la tétine.”
Ou comment se faire chopper en flagrant délit et se prendre les pieds dans son propre tapis de mensonges…   

La confiscation discrétionnaire d’office :

– “Mamaaaaaa, elle est où not’ tétiiiiiine ???”

– “Elle est repartie au pays des tétines, chéri, elles en ont eu marre de se faire  mâchouiller. Aller, montes dans ton lit.”

NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Etc.”

3 jours. 
De Hurlements. 
J’avoue. 
Je n’ai pas eu la force physique. 
Le mental n’a pas suivi non plus. 
J’ai craqué. 
Et par la même, me suis discréditée pour les 3 ou 6 prochaines années. 
Naturellement, maintenant, elle est réservée à la nuit et, durant la journée, “va faire dodo à son tour pour se reposer”.
Elle demeure ainsi introuvable jusqu’à 20 heures, lorsqu’elle apparait subitement comme par magie sous l’oreiller. 
Nous avons même développé un rituel : pendant qu’ils se brossent les dents, je vais les glisser discrétos dans leurs lits. 
Quand ils arrivent, ils s’écrient alors “ABRACADAAABRAAAAA !” et les découvrent ensuite sous les coussins. 

On n’est plus à un mensonge près, n’est-ce pas !?

Mais ce qui me fait dire que finalement, tout cela n’est peut-être pas si grave…
Qu’on va finir par y arriver, et que chaque chose vient en son temps…
C’est que l’autre après midi, j‘ai surpris par hasard mon Tancrède assis par terre, tout seul, en tailleur devant son oreiller, les mains accrochées aux barreaux de son p’tit lit. 
Mon coeur a alors suspendu ses battements quelques instants lorsque je l’ai entendu murmurer, comme pour lui même : 

“Abracadabra ! 
Tétine… 
S’il te plait … 
Viens main’nant… 
Mais, pourquoi tu viens pas…?
Ah oui je sais, c’est pas encore le dodo du soir…”

Découvrir le Nelson’s Eye

Encore un resto de viande, 

vous allez me dire. 


Oui, sauf qu’en Afrique du Sud, ma bonne dame, c’est quand même la base de l’alimentation. 
Et puis, il faut dire aussi qu’il y a mille et une façons de la préparer. 

Le Nelson’s Eye, situé au 9 de la rue Hof Street dans Gardens, véritable steakhouse de viandes marinées, vaut vraiment le détour. 
Attention ouvert le soir uniquement, à l’exception des mercredi, jeudi et vendredi midis. 

Grande baraque un peu défraichie, ce restaurant ne paye pas forcément de mine, comme ça, de l’extérieur, mais les Sud Africains ne s’y sont pas trompés : il est une institution culinaire de la ville de Cape town. 

Intérieur lambrissé, poutres au plafond, grill ouvert à la vue des clients, l’atmosphère y est vraiment chaleureuse.

La décoration est entièrement dédiée à l’héroïque amiral britannique Nelson, célèbre pour avoir mis une belle pâtée à Napoléon à Trafalgar.  

L’ambiance est détendue et pleine d’humour, jusque sur les dessous d’assiettes, qui vous font patienter en souriant : 


Toutes leurs propositions au grill sont excellentes, mais les travers de porc caramélisés à la flamme et des filets de boeufs cuits à point sont vraiment particulièrement délicieux : 


Ils proposent aussi un large éventail de viande d’autruche et de springbok. 
Leurs accompagnements de petits légumes, notamment les champignons persillés et la purée de potiron sont excellents. 

Bon appétit, amis carnivores !

Elle est où ma patafix ?

La dernière connerie jujutrépidèsque :

Après le mytosil, 
la gomme à patafix dans les cheveux.


Voilà.
Sur ce, je vous laisse, j’ai du boulot à terminer, à la tondeuse.


Notez bien que c’est un peu de ma faute, j’admets. 
Les garçons ont découvert à l’école l’existence de la patafix, cette gomme jaune collante décollable – enfin… Ça dépend sur quoi, comme nous le verrons ultérieurement – qu’on utilise pour accrocher des dessins aux murs, par exemple. 

Un soir ils sont rentrés en me faisant leurs yeux-doux-irrésistibles-de-quand-ils-veulent-vraiment-quelque-chose. 
Naturellement, j’ai bêtement cédé. 

– “Mama, à l’école on utilise la patafix’ pour coller nos dessins au tableau. R’garde, j’tai fait un dessin pour toi, je t’aaaaaime, moi. 

– “Ooooh Trystan mon namouuuuur….” (bruit de mère qui fond.)

– “Tu m’donnes de la patafix’ ? Comme ça j’vais la coller au dessus de ton lit avec ton dessin !!”

A cet instant précis, quand je regarde mon fils, je vois presque des petits coeurs roses qui entourent sa tête. Et il sent la fraise. 
Je n’ai pas les moyens psycho-moteurs de dire “NON”, qui eut naturellement été la réponse appropriée en de telles circonstances. 

– “Oui bien sûr mon chéri on en a dans la boite à outils de papa, dans le garage.”

(Mais… QU’EST-CE QUI M’A PRIS de lui dire ça ?!?!?!? Un instant de faiblesse, c’est FATAL, avec les Jujutrépides.)

Toute la fin d’après-midi, ils ont joué avec. 
C’était si émouvant de les voir s’amuser avec si peu.
Ils ont dormi chacun avec leur petit bout de gomme. 
Lorsqu’ils se sont réveillés, ils les serraient encore fort dans leurs petites paumes… 

C’est donc tout naturellement que je leur ai laissé en allant à l’école, n’ayant pas le coeur de leur retirer ces trésors des mains. 

Erreur. 

Le soir, en les récupérant, VOILÀ : 




– “CHERI !!!!! MAIS KESKE C’EST KÇA !!!!!!!?????!!!!!”

– “Bah… C’est d’la patafix mama.”

– “NON MAIS JE SAIS, TU ME PRENDS POUR UNE BEUBEU OU QUOI !? JE TE DEMANDE CE QU’ELLE FAIT DANS TES CHEVEUX ?!?!?”

– “Bah… J’avais pas d’ POCHE dans le short que tu m’as mis ce matin, alors… J’lai mis là.”

– “…”

C’est ma faute donc. 
Ces gosses sont diaboliques.

Pour le reste, à savoir : comment enlever ce bordel de ses cheveux ?
C’est une question d’habitude et d’expérience, j’ai envie de vous dire. 

Le savon et le shampoing ne servent à rien. 
Les glaçons (‘rapport à la méthode bien connue pour lutter contre le chewing-gum), sont inefficaces sur cette saloperie. 
L’huile d’olive, ce remède miracle, aurait probablement pu marcher…



… Si j’avais eu le courage de passer à nouveau une heure à désagréger le tout au peigne fin. 

Mais j’avoue : ça doit être comme quand on a trois ou quatre gamins, avec le dernier… On est plus cool.



De fait, il est vraiment tout à fait inutile de s’embarrasser de quelconques scrupules. Quand il a vu la mèche de cheveux dans mes mains, Trystan s’est écrié : 

– “Bravooooooo mama !!!! C’est tout parti !
Tu m’en r’donnes ?”

La vraie question qui s’est alors posée, a été de savoir si je devais obtempérer. 

Naaan, mais ne me jugez pas trop vite :
C’était l’occasion idéale pour l’apprentissage de la parole donnée.

J’ai donc topé avec eux (“promesse”) qu’on ne mettrait plus jamais dans les cheveux, ni sur les habits – ni nulle part, d’ailleurs – que dans les p’tites mains. 

Cela fait 15 jours.
Et aucun incident n’a été à déplorer… A date. 

Affaire à suivre !
(Je sais, j’aime le challenge.)

Lullaby Twins

C’est bien simple, 

ça nous a changé la vie. 


Ces derniers temps, avec eux en voiture, ça ressemblait à ça :

-” Mamaaaaaa !!!! Trystan y’ m’a tapéééééééé !!!!”

-” Naaaaaaan !!! C’est pas moiiiii, c’est luiiiiiii k’a commencéééééé !!!!”

– “Mais noooooon, c’est Trystan qui veut pas me donner la gouuuuurde !!!”

– “Trystan, DONNES la gourde à ton frère.”

– “GNON !”

– “Trystan, DONNES la gourde à ton frère, MAINTENANT !”

– “GNON !”

– “Trystan ! JE VAIS COMPTER JUSQU’À TROIS !”

– “Ouiiiiiiiiiiin !!!!! ‘ze veux paaaaaaas donner ma gourrrrrde !!! Elle est à moiiiii!!!”

– “Trystan, fais pas ton bébé et donnes ta gourde NOM DE DIEU.”

– “Mamaaaaa !!!! Trystan il a pas donné la gourde il m’a jeté la chaussure dans la figuuuuuure !!!”

Etc.
Etc.
Etc.

Entre deux empoignades, de siège auto à siège auto, s’étranglant avec les sangles pour arriver à se coller des peignées inter-jujuesques… 

Les garçons, qui étaient auparavant les plus merveilleux enfants dès l’instant qu’on posait leur popotin dans une bagnole, étaient donc devenus de dangereux psychopathes hurleurs, qui rendaient la conduite presque dangereuse…

Et puis, un jour béni, mon téléphone s’est connecté automatiquement à la radio de la voiture et a aléatoirement choisi une comptine pour enfant, que j’avais téléchargé il y a des lustres, un soir de tempête gémellaire où j’avais dû tester tout ce qui était humainement possible pour les calmer :


Un SILENCE assourdissant s’est immédiatement fait dans la voiture. 

J’ai d’abord cru à une coïncidence, voire à une intervention divine. 
J’ai donc mis la fonction “Répéter”.
Juste pour voir. 

Et le silence a perduré. 
Le calme. 
La sérénité. 

En descendant de la voiture, j’ai donc directement créé une nouvelle playliste de 120 minutes dans mon téléphone :
Sortes d’arrangements à la Clayderman, tout au piano,
des comptines ou grands morceaux de musique classique. 
Depuis, chaque matin, pour aller à l’école, on se croirait dans la salle d’attente d’une clinique ou dans l’ascenseur d’un hôtel parisien pompeux… 
Mais bon, c’est calme. 

Plus aucun hurlement. 
Aucun cri. 
Plus de pleurs ni de chouineries. 

Les Jujutrépides regardent gentiment le paysage – magnifique il faut l’avouer – commentant placidement la météo maritime ou glosant paisiblement sur le climat : 
– “auz’ourd’hui, il fait MOCHE mama. Y’a des nuazes.”
Ça a aussi été l’occasion de leur apprendre un rudiment de musique classique : 
Le Boléro, Le Clair de Lune, Les Polonaises… 
Leur grand jeu maintenant, c’est de deviner dès les premières notes ce que l’on écoute. 
Alors, il y a : 

” Pied de Loup”, comprendre : Pierre et le Loup. 

” La Yiétralélise”, comprendre : la Lettre à Elise.

” Anoupiés” – Elle est coton celle-là –  comprendre : la comptine Tête-Epaules-Genoux-Pieds.

Entre autres. 

Naturellement, ils ont leurs préférées, comme “Frère Jacques”, bien qu’ils se plaignent que la “VERCHION” (la version) soit sans paroles.

Mais celle qui me fait le plus sourire, c’est la Marche Turque : 
Trystan, arrière petit fils de réfugié Arménien au Liban : 
“Moi, vraiment, z’aime PAS la march’ TURQUE mama !”
On t’en voudra pas mon coeur, c’est épigénétique.

Maintenant, quand on monte dans la voiture le matin, et que j’allume l’autoradio, Tancrède me répète inlassablement : 

– “Mama, tu mets la musique-qui-nous-calme ? Comme ça, on reste bien sage ?”
Bref, c’est magique la musique. 
Et d‘un pur point de vue conducteur, c’est le paradis.