Découvrir le Cap Sud – Chapitre 1

Franchement, au début, 
je me suis sentie coupable : 


Scène classique de fin d’après-midi avec les Jujus : 

– “TRYSTAN !!! Arrête tes caprices !”

– “Ouiiii Trystaaaaan, mon frèèèèère, arrête tes KAPRIIIISSSSSS. Ça nous fatigue.”

– ” Tancrède, j’ai pas besoin que tu fasses la stéréo, d’accord ?!”

– ” D’accord mama…

– ” JE FAIS KESKE ZE VEUUUUUUX !!!!!”

– “Non Trystan, tu ne fais pas CE QUE tu veux. Tu décides seulement sur certaines choses. Le reste pour le moment c’est maman et papa qui décident, tu comprends ? Tu décideras quand tu seras grand ET SI TU CONTINUES A ME RENDRE DINGUE COMME ÇA, JE… JE… JE… VAIS TE DONNER EN DEJEUNER AUX REQUINS, T’AS COMPRIS !!!!”



Enfin.

J’obtiens le silence.
Je me dis que j’aurai dû proférer cette menace bien avant. 

Et tout de suite après, que je suis probablement en train de traumatiser mon rejeton, et que je ferai mieux d’aller chercher tout de suite la carte de cette merveilleuse psychologue qui a fait des miracles sur moi… Enfin bref. 

Malgré tout, j’avoue avoir souris – INTERIEUREMENT uniquement, n’est-ce pas, car sinon, on perd la face avec un Jujutrépide – lorsque j’ai cru déceler dans les yeux amusés de son frangin une sorte d’étincelle de provocation mi malicieuse, mi sadique qui semblait dire : 
” Oooh ouaiiiiiis, vas-y vas-y mama, qu’on voit ce que ça donne !!”

Bref, c’est pas l’propos. 
Pourquoi je vous disais ça ? 

Ah oui : une fois la progéniture couchée, ce soir là, je me suis dit qu’en fait, aller voir les requins blancs, ce serait pas mal. 
Patrick avait envie de plonger en cage depuis longtemps et moi… Je suis toujours à l’affut d’un nouvel endroit à découvrir. 

Ni une ni deux, voici donc, mes amis, le compte-rendu de nos aventures pascales, livrééééé pour vous :
Pas d’agneaux ni d’oeufs en choco’, mais une magnifique escapade le long de la côte sud de la province du Western Cape. 

Depuis le Cap, en suivant la N2 sur 60 km, vous bifurquerez sur la petite “route des baleines”. Elle porte logiquement ce nom car les baleines australes pullulent dans la région de juin à octobre, venues se reproduire le long de cette côte protégée, avant de repartir en Antarctique. 

Vous pouvez faire un premier arrêt à Betty’s Bay, minuscule station de villégiature calme et isolée, entourée d’un parc naturel botanique protégé, et qui donne sur un site de reproduction des manchots du Cap.
  

“Mamaaaaaaa ! Les 3 pingouins de AYLAÏKTOUMOUVIT !!!!”
(traduction : “maman, les 3 pingouins du film Madagascar.” Donc.)
“Atteeeeeeends Tancrède, j’prends la photo leur fais pas peur !”
La route qui mène ensuite à Hermanus, l’un des grands postes mondiaux d’observation des baleines, est splendide : elle serpente le long de la côte, à flanc de colline et sur le bord de l’eau. Elle est complètement sauvage et la vue sur l’océan y est magnifique. 

Hermanus, ancien village de pêcheurs, est aujourd’hui une ravissante petite station balnéaire et de retraite un peu désuète, mais très prisée lors de la saison des baleines, puisque celles-ci sont alors observables à même le port. 
Apparemment on peut aussi les admirer depuis des petits avions qui proposent leur services, vue du ciel. Ou en bateau, évidemment. 


Le musée de la baleine, dans le vieux port, est très bien fait et apprend aux petits comme aux grands, tout un tas de choses sur ces magnifiques cétacés. 

Pour surmonter leur déception de ne pas en avoir vu en vrai !

Il existe des dizaines d’espèces et de sous-catégories différentes : 

Minute le saviez-vous 1 ? :
Quelle est la différence entre un poisson et un cétacé ? 
Les poissons avancent par mouvement latéral de leurs nageoires tandis que les cétacés s’en servent de façon verticale. 
Noooon ? Bah si. 
Les Jujus, fascinés.

Leur taille, leur alimentation, leurs parcours…

Minute le saviez-vous 2 ? :

Les baleines sont infestées de petits nuisibles qui restent accrochés à elles… Les poux marins ! En réalité, ils sont bienvenus, puisque ce sont eux qui font le ménage en permanence sur leur épaisse peau, rapidement recouverte de bactéries potentiellement dangereuses. 

La réplique d’un mini sous-marin permet aux enfants de se prendre pour le Capitaine Nemo et de partir à l’aventure !
Trystan, inséparable, après cela, de son ticket-de-la-baleine !
De nombreux Bed & Breakfast ou guesthouse peuvent vous héberger dans la ville. 
Je vous recommande le Whale Rock Lodge, très légèrement à l’écart de l’activité du port, mais à quelques minutes de marche de là. Une magnifique et très authentique propriété au toit de chaume, typique de la région. Tout est décoré avec goût et l’accueil y est vraiment charmant. 

A une petite heure de là, au bout d’une route sauvage et sinueuse le long de la côte, se trouve Gansbaai, petit port connu pour son “Shark Alley”, un chenal bourré de grands requins blancs, entre les îlots. La plongée en cage s’y est donc développée et de nombreuses agences proposent cette expérience. 


Je vous recommande Shark Lady
Bateaux homologués et sécurisés, équipe sur-expérimentée (Lance, qui mène les visites a dépassé sa 3000ème sortie), équipement de plongée et de sortie entièrement fourni, boissons chaudes et snacks, éthique de plongée et reversements à la protection des requins dans le monde… 
Ils proposent même un service de baby sitting pour garder vos enfants pendant que vous êtes sur le bateau et fournissent une vidéo de l’aventure.
(La vôtre, pas celle des morveux qui vous ont attendus au salon de l’agence, hein.)
Ils acceptent de faire plonger les enfants à partir de 10-12 ans. 

L’éternel débat divise ceux qui estiment que ces plongées en cages, avec les appâts balancés à l’eau pour attirer les squales, sont une abomination écologique à l’origine de l’augmentation des attaques sur les humains ces dernières années. Les animaux faisant mécaniquement le lien entre les hommes et la nourriture.  
Mais de nombreux scientifiques et spécialistes des océans pensent au contraire – surtout si les appâts se limitent à de l’eau macérée de poissons plutôt qu’à des vrais morceaux, comme c’est le cas ici – que cette activité est un formidable outil pédagogique pour réhabiliter ces animaux victimes d’un véritable génocide depuis 30 ans.
Sans vouloir plomber l’ambiance, sachez que chaque année, ce sont plus de 100 millions de ces pauvres bêtes qui sont pêchées, amputées de leurs ailerons et remises à l’eau agonisantes, incapables de nager, pour y mourir asphyxiées on fond de l’océan… 
Tout cela pour le plus grand plaisir des délicatessen asiatiques… Et pour le plus grand drame écologique moderne. 
Si la question vous intéresse, c’est

La sortie dure 3 heures. Je ne vais pas vous mentir, l’eau est froide, très froide. 
12 degrés en ce moment (8 ou 9 en hiver). Armez-vous de courage !
Et fermez bien votre combinaison… 
(Oui, oh ça va hein, j’avais pas vu les zipers sur les poignets.)

Je vous recommande également VIVEMENT de vous bourrer de Nautamine ou d’une quelconque substance anti-nausée, car une fois ancré, le bateau vogue au gré des vagues durant plus d’une heure et demie, le temps que tout le monde puisse descendre et remonter. Il faut avoir le coeur bien accroché. 

Sinon, l’expérience est magnifique :
Vous restez une bonne trentaine de minutes immergés, le visage à fleur d’eau pour respirer, dans la cage. Lance et son équipe attirent ensuite les animaux et vous hurlent “Gooooo !” quand le(s) requin(s) passent le long de votre prison protectrice. Chacun se propulse alors sous l’eau en apnée pour observer les squales passer. 
Les regarder depuis le bateau est aussi une expérience passionnante car on voit bien leur gueule, hors de l’eau, lorsqu’ils essayent d’attraper la tête de poisson lancée par le capitaine. On dirait presque des chiens qui jouent avec leur maître à attrape-et-ramène-la-balle… 

On les voit aussi tourner autour du bateau, telles de grandes taches noires qui glissent sous l’eau à une allure vertigineuse. 
On aperçoit très rarement l’aileron sorti. 

(Ça, c’est pour les films de Spielberg, QU’ON NE REMERCIERA D’AILLEURS JAMAIS ASSEZ d’avoir bousillé la réputation de ces animaux.)

Il y en avait 8 cette fois-ci. 
Entre 3 et 4 mètres de long chacun, des petits spécimens, donc. 
Impressionnant, émouvant… Pas si effrayant, finalement. 


Euuuuh t’es sûr on y va chéri ?

Une fois de plus, je ne ferai pas de commentaire
mais c’est PATRICK QU’A PRIS LA PHOTO !!!
Mais siiii, là, on voit les dents, au dessus de la corde jaune.
Et l’oeil en haut à droite. 

Après cela, vous serez sûrement affamés : 
Ne ratez pas le petit restaurant Rosemary, en face de la station de police dans le village. Cuisine roborative sud africaine délicieuse, servie dans un cadre magnifique : quelques tables installées dans une maison, décorée comme celles des Afrikaners du 19ème siècle ! Insolite et délicieux. 


Nous vous retrouvons demain pour la seconde partie des aventures jujutrépides ques au Cap Sud ! 

Graines de racaille

La semaine passée, 

les Jujus ont – à nouveau – 

été convoqués chez le directeur. 


Il est vrai que cela s’est déjà produit par le passé. 

Une ou deux fois après notre arrivée au Cap en novembre dernier, le temps qu’ils encaissent l’énième changement que nous leur imposions… 
Qu’ils se défoulent et extériorisent un peu leurs angoisses. 
La maîtresse nous avait d’ailleurs dit de ne pas trop nous en inquiéter, que c’était surtout pour la forme et pour ne pas créer de passe-droits et de sentiments d’injustice avec les autres enfants de la classe qu’elle les faisait passer par la case “dirlo”. 

Depuis décembre, nous n’en n’avions donc plus entendu parler…

Jusqu’à lundi dernier. 

Ce jour là, c’est leur papa qui est passé les rechercher :

En les entendant arriver dans le garage, je descends toute guillerette de mon perchoir pour venir accueillir mes oisillons d’amour. 
Je perçois alors dans la voix de Patrick que l’ambiance n’est pas à la rigolade. 
Avant d’ouvrir la porte, je me compose donc une mine de circonstance, prête à me ranger solidairement du coté de leur géniteur. 

– “Bonjour mes amours. Que se passe-t-il ? J’entend papa qui a l’air fâché ?”

Silence dans les rangs. 
Je les vois qui filent dans leur chambre en trainant les baskets, non sans avoir préalablement balancé leurs sacs à dos dans l’entrée, d’un air rageur. 

Subitement, j’ai le sentiment d’avoir été embarquée dans un violent voyage spatio-temporel… 
D’avoir été projetée, comme par enchantement, une petite quinzaine d’années dans le futur. 
Comme une perception extra sensorielle de ce que sera ma vie à leur adolescence… 
Instinctivement je me rassure en me disant qu’à 3 ans, on a encore le temps… 
Mais une partie de moi me rappelle qu’apparemment j’ai tiré 2 gros lots, et qu’il ne faudrait pas se contenter d’un sentiment de sécurité totalement illusoire.

Je me retourne vers le père : 

– “Euh chéri… Qu’est-ce qui se passe ?!?”

Il m’ignore et s’engage sur leurs talons.
Je l’entends alors qui hurle : “VENEZ ICI TOUT DE SUITE EXPLIQUER À MAMAN CE QUE VOUS AVEZ FAIT !”

Je commence alors un peu à m’inquiéter : 
Qu’ont ils encore inventé ?? Ont-ils incendié l’école ? Déterré des arbres ? tabassé leurs collègues ? Mordu la prof ? Chapardé à la cantine ?

Bref, j’arrive dans leur chambre en m’attendant au pire.
Je les trouve dans une posture franchement défensive…


… Et tente de détendre l’atmosphère : 

– “Bah alors mes chéris, racontez moi un peu.”

– “On a été KONVOKÉS fé le directeuuuuur.”

– “Ah bon ? Mais pourquoi donc Tancrède ?”

– “Passqu’on a mis l’grand bazaaaar dans la classe.”

– “????”

Trystan s’écrie alors : “Maiiiiiieuuuuuh Z’EN EST MARRE ! ZE VEUX PLUS OBÉIR !”

Ouaiiiis t’as raison frérot !!

Curieuse impression que celle qui consiste à faire face à un petit gnome d’1 mètre de hauteur – sur un tabouret les bras levés – qui semble subitement se prendre pour un hooligan très énervé, et qui te regarde droit dans les yeux, d’un air de défi assumé. 


J’apprends alors qu’ils ont retourné la classe, déclenché une insurrection au sein du groupe et que la maîtresse – à l’autorité naturelle pourtant très marquée – débordée par cette vague de mutinerie sans précédant, a dû se résoudre à marquer les esprits : 


Apparemment, Tancrède – trainé en pleurs jusqu’au bureau du directeur, a rapidement pris la mesure du drame. 

Trystan pour sa part, d’après les dires de leur institutrice, s’y est rendu de lui même, bravache, en marchant droit lui… Et devant elle.

Ultime provocation. 

Je ne connais pas exactement la teneur du sermon professé par l’instance supérieure de l’école, mais en sortant, le Juju récalcitrant avait semble-t-il nettement perdu de sa superbe. 
Bref, c’est donc surtout 2 morveux un peu blessés dans leur amour propre, auxquels j’ai eu à faire ce jour là :


Quelle n’a pas été ma surprise lorsque, deux jours plus tard, Tancrède est rentré triomphant à la maison en me disant d’un air totalement belliqueux : 

“Oui ET BIN tu sais maman, SANDRINE AUSSI ELLE A ETE CONVOQUÉE CHEZ MONSIEUR LE DIRECTEUR. JE L’AI VUE CET APRES-MIDI ! Alors hein. C’est pas que nous d’accord ! ELLE AUSSI ELLE EST PAS SAZE !!!”

Enquête menée dès le lendemain : ils l’ont en fait vue sortir du fameux bureau, après le point hebdomadaire habituel des profs de maternelle. 

Il est où papa ?

Je crois que vous le savez :

Patrick voyage beaucoup pour son travail.

Il est absent plusieurs jours par semaine.


Avec le temps, nos Jujutrépides s’y sont habitués tant bien que mal, et ne pleurent maintenant qu’en de rares occasions.

Naturellement, cela ne les empêche pas de lâcher quelques réflexions bien senties et de montrer leur désapprobation.
Les remontrances qui – BIEN EVIDEMENT – me reviennent directement en pleine poire, comme si toute cette tragédie était le fruit de mes agissements maléfiques, sont distillées au compte-goutte.
De sorte que l’absence de leur papa me permet de profiter d’un boomerang au triple effet kissKool : 

–  2 Jujugrognons très désagréables.
–  1 paire de bras en moins pour les maitriser le soir. 
– 1 amoureux absent pour les loooooooongues soirées de sooooooolitude capétoniene.
(Oh, ça va, hein, j’ai bien le droit de couiner un peu de temps en temps.)
Bref, tout ça pour dire que quand il n’est pas là, en général, J’EN BAVE. 

D’abord parce qu’ils choisissent quasi systématiquement ces moments là – cela doit avoir un lien psychosomatique – pour tomber balâââââdes. 

Et ensuite parce qu’ils commencent habituellement leurs récriminations dès 6 heures du matin : 

– “Mamaaaaaaaa !!!!!”

Je sens que je viens de prendre une bonne claque dans la figure, assénée par un ou plusieurs inconnus, mais dont je soupçonne fortement l’identité. 
Je sens aussi qu’on me secoue comme un prunier à gauche, ainsi qu’une haleine pas super fraiche juste au dessus de mon nez et qui hurle “mamaaaaa !” de plus en plus fort. 

J’ouvre un oeil. 

– Tancrèèèèède… Kest’as ?!”

– “Il est où papa ? Il est pas dans l’lit.”

– “Je sais chéri, c’est normal il a pris un avion très tôt ce matin pour Jobourg.”

– “Zobourg ?”

– “Oui Johannesburg, tu sais bien, il y va souvent. Vas te recoucher.”

– ” Et il rent’ dans combien de dodos ?”

Là, je commence à sentir les carottes de ma fin de nuit roussir fortement. 
Mais je réponds le plus calmement possible : 

– “Dans 2 dodos, bébé.”

– “Chui pas un bébé.”

– “Mouinumph.”

C’est en général à cet instant que j’entends le terrifiant bruit de cliquetis de la tétine du frangin – tictictictic, au rythme du trottinement – qui se rapproche dangereusement de ma chambre et de mon lit moelleux. 

– “Mamaaaaaaaa !!! Il est où papa ?”

La joie des jumeaux. 
Tu dois tout répéter en double, en plus des 50 fois réglementaires à cet âge.

– “Il a pris son avion, il est à Zobourg, pardon je veux dire Jobourg, et il rentre dans 2 dodos, okay chéri ?”

– “Pffffff…. Il est encoooooooooore parti au travail ! Moi z’en ai marre.”

– “Oui mon coeur, moi aussi, je suis désolée, mais c’est comme ça Trystan. Papa il travaille beaucoup, il est pas toujours là mais il t’aime très fort.
Et puis, dis toi que c’est aussi grâce à son travail que tu as 4 coffres – de 2 mètres-cubes chacun – de jouets dans ta chambre.”

– “Mouinumph.”

On pourrait penser qu’après avoir démarré aussi joyeusement la journée, les choses se calmeraient. 
Mais en fait, non. 

Je passe les prendre à l’école :

– “Noooon !!!! C’est chacun son tour de venir nous chercher !!! J’veux pas que ce soit toi ce soir c’est l’tour de papaaaaaaa !!!”

– “Chéri, t’es amnésique ou quoi ? Tu te souviens que papa a pris l’avion ce matin et qu’il ne dort pas là ce soir ? Donc il faut bien que quelqu’un vienne te chercher, non ?

Silence. 
Mûre reflexion. 

– “NON. Je vais l’attendre devant la porte de l’école, zuska’c’qui’ rentre.”

Là, ton coeur commence franchement à se serrer.

Pourtant, tu ne craques pas. 
Car tu te souviens que c’est toi qui tiens la boutique. 
Et tu sais que si tu montres ta tristesse, c’est la fin des carambars… 

BREF. 
Une seule (toute) petite consolation, dans cet océan de bonheur :

Le soir où leur père rentre, ils ont pris l’habitude de l’agresser dès son arrivée.
Avant même un “bonsoir” ou n’importe quel son intelligible montrant l’étendue du chagrin terrible qu’ils ont subi durant son absence, ils lui hurlent simultanément à la face, en dolby digital stéréo, derrière chaque oreille 

– “KESS’ TU NOUS A RAMENÉÉÉÉ !?”
De fait, la culpabilité fait des miracles : 
Comme j’ai interdit les sucettes Chupa Chups géantes depuis Mexico, maintenant, leur père leur ramène des paires de peluches. 
(Normal, on n’en n’a pas assez, encore…)



Seulement voilà :
Les rares fois où il oublie, ou lorsqu’il n’a pas eu le temps d’en acheter à l’aéroport… Ses deux fistons font en sorte qu’il s’en souvienne LONGTEMPS après son retour !

Eheheh.

Quoi ?!?!
Y’a pas de raison qu’il n’y ait que moi qui prenne, à la fin !

Le Street Art à Cape Town

Ou comment regarder 

Cape Town d’un autre oeil !


L’Art Urbain ou Street Art est né après la seconde guerre mondiale et est aujourd’hui reconnu comme un mouvement d’art contemporain à part entière. 
Il regroupe toutes les formes d’art réalisées dans la rue et les environnements urbains : tags et graffitis, pochoir, papier collé, mosaïque, autocollants, etc. 
De par sa nature, il est éphémère et voué à une disparition naturelle (érosion) ou à être recouvert par de nouveaux travaux. 
Inspirés des slogans de protestations politique, il y a autant de motivations à ces expressions créatives que d’artistes. 
Mais si ce mouvement a majoritairement commencé par une volonté d’affirmation de soi (d’où les graffitis-signatures)…

… Il est aujourd’hui bien plus que cela et a souvent une portée sociale, politique et culturelle forte, voire même très activiste. 


Cape Town est reconnue aujourd’hui comme la capitale du graffiti en Afrique du Sud, en particulier son quartier populaire de Woodstock : 
Longtemps considéré comme très mal famé et dangereux, il connaît ces dernières années une sorte de renaissance bobo qui le rend de plus en plus trendy, et fait revenir de nombreuses galeries d’art, boutiques et usines dans la zone.


La Nation Arc-En-Ciel



Comme dans quasiment tous les pays, les tags sont interdits en Afrique du Sud et punis de fortes amendes et de peines de prison. 
De même, l’accord des propriétaires du mur visé, pour peu qu’il soit visible au public, ne suffit pas et un permis gouvernemental est nécessaire. 

Néanmoins, les autorités semblent faire preuve ici d’une certaine tolérance en la matière, et même d’en profiter : 

Fresque de Mak1one, au centre ville, juste à Côté du Chateau de Bonne Espérance.
Né dans les années 70’s et dans un quartier très pauvre de Cape Town,
il est très concerné par les problématiques sociales et politiques
du pays et place l’éducation comme une priorité dans son travail. 
C’est l’artiste capétonien Grant Jurius que j’ai donc suivi dans les rues de Woodstock, pour cette visite et que je partage avec vous. 
Tous les noms des artistes sont cliquables, si cela vous intéresse et que vous avez envie d’en savoir plus. 



Groupe de 5 amis d’enfance, tous devenus graffeurs, créé au début des années 2000 à Madrid en Espagne. Ils travaillent dans de nombreuses grandes villes du monde et leur objectif est de créer du lien entre les gens, qui d’après eux vivent dans un environnement urbain parfois peu propice à la solidarité et à la paix. 

FRANCO FAZOLI, dit JAZ
Artiste argentin, il reste assez énigmatique et peint souvent des créatures chimériques symétriques doubles ou dont la tête est siamoise avec un animal ou cachée derrières des masques.   

Marié à Faith47, sa signature est un rendu très “gravure”, avec de nombreuses lianes entrelacées qui finissent par donner vie à une silhouette, souvent un animal. 

Artiste brésilienne mais qui habite au Cap. 
Elle peint avec beaucoup de couleurs fortes et joyeuses, souvent de beaux visages de femmes très réguliers : la beauté est partout, même dans les quartiers très populaires…

Né à Cape Town, cet artiste s’est lancé assez récemment et utilise essentiellement le papier collé. 
Il peint beaucoup les corps en mouvement, car “la stagnation, surtout dans les quartiers difficiles, c’est la mort”. Il aime l’idée de progression et des jeux d’échec, car “après tout la vie est un jeu”.

MAKATRON :
Sa signature a longtemps été celle d’abeilles en plein travail, comme les classes populaires des quartiers où ils peint. Mais il évolue beaucoup. 

Artiste allemande pour qui le graffiti à l’aérosol est avant tout un outil – plus complexe qu’il n’y parait – pour affirmer son talent : tout est dans la précision des tracés, d’une rigueur et d’une netteté très particulière chez elle. Elle laisse d’ailleurs parfois “baver” légèrement certains traits pour mettre en avant et faire connaitre la difficulté du travail des street artists. 

JACK FOX
Fils de Faith47 (voir ci-après), il a semble-il moins de 20 ans et se fait déjà un nom dans le domaine. 
Une intéressante interview de ce jeune artiste qui monte,
Chez lui, tout est dans les détails et les dessins-cachés-à-l’intérieur-des-dessins qui racontent la “vraie” histoire. 

Collaboration entre URBANSKI et ELICSER, artiste canadien :
L’idée de cette fresque, en plein coeur de Woodstock, était de parler des gens qui y vivent, les “Colored”, comme on les appelle ici (descendants des esclaves musulmans venus de Batavia notamment et qui représentent près de 70% de la population du quartier), qui luttent pour trouver leur place et leur identité. 
Non loin de là, autre travail d’équipe : CERN artiste américain de Brooklyn et BINHO, du Brésil, ou l’association étrange entre l’évanescence poétique et un style de tag habituellement assez hardcore. 

Artiste complexe, diverse et très engagée, qui a utilisé un drapeau palestinien déjà peint sur le mur pour “compléter” et créer un message autour du premier travail. 

Le nom de cet artiste prend tout son sens lorsque l’on sait qu’il est israélien et basé à Tel Aviv… Activiste de la réconciliation, sa signature est assez reconnaissable et il produit également des installations. 
Je ne sais pas si la fissure qui traverse le mur de haut en bas au centre
était la avant l’oeuvre, mais elle rajoute de la force au propos…
Intéressant : à la base, il n’y avait pas de corde, rajout d’un autre graffeur. 

Travail scolaire : 2 équipes de tagueurs en apprentissage se sont entrainés sur ce mur (SAIM et NAME), on reconnait aisément les 2 types de styles.

Travail du collectif INKFAMOUS CREW : SAIM BOBb, PREFIX, réunis autour de la thématique du sauvetage des rhinocéros d’Afrique : 


Artiste anglais très impliqué dans la protection des animaux (il mène d’ailleurs une campagne personnelle de sauvetage des abeilles “Save the Bees”.)


Épouse de DALEAST, mère de JACK FOX, elle est l’un des artistes les plus anciens, reconnus et respectés d’Afrique du Sud.
La nature (humaine ?) et les questions sociales sont très présentes dans ses travaux :

“Living Apart : Entwined”
(“Vivre séparé mais entrelacés)
On a beau tous avoir des racines et des niveaux sociaux différents,
on vit et on créer de la valeur dans la même ville et le même béton urbain…
Son oeuvre a été vandalisée / complétée (selon les points de vue)
par un gang tag qui a
recouvert les racines et le mot “apart”…
A vous de retrouver dans cette photo
le personnage qui disparait lentement du mur, avec le temps…
JUSTIN SOUTHEY
Spécialiste des installations de rue, la plupart du temps avec des objets trouvés sur place. Son concept est qu’il est toujours possible de faire de l’art avec peu, que l’art est avant tout la liberté et l’optimisme qui nous pousse à créer. 

Philipp Pieroth, alias DER STÖR 
Artiste allemand. 

AKA47, acronyme de AFRIKA 47, spécialiste des collages.  : 


Pour faire la visite vous-même : contactez grajurius@gmail.com !

Stomae et les bonbons

Franchement, je ne sais pas 

d’où leur est venue cette passion subite 

pour les chansons de Stromae.


Enfin, si, je sais :
De leur père qui leur met la musique à fond les ballons dans la voiture quand il va les chercher de l’école. 

Bref, c’est pas l’propos. 

Toujours est-il qu’ils ont développé un intérêt réel pour les paroles de ses chansons. 
Je les entends même qui chuchotent parfois pour eux-mêmes des bouts de phrases, l’après midi. 
Cela a commencé avec “Alors on danse” qu’ils écoutaient religieusement en secouant la tête, en rythme. 
On a ensuite eu droit aux interrogations de vocabulaire : 
“Mama c’est quoi les tunes ?”
“Et c’est quoi l’huissier ?”
“Et c’est quoi le divorce ?”

Bref, de quoi rendre n’importe quel parent complètement dingue. 

Ça a continué avec “Papaoutai” et les questions métaphysiques du type :
“Et pourquoi il trouve pas son papa, Chtromayé ?”
Où tu hésites entre fondre en larme et prendre sur toi pour lui expliquer avec des mots les plus simples possibles que tous les enfants n’ont pas la chance d’avoir un papa. 

Bref, la petite plaisanterie commençait à franchement me peser lorsque Trystan, à son accoutumée, réussit à détendre l’atmosphère d’un coup d’un seul avec l’une de ses innombrables perles dont il a le secret. 

Un soir ou ils me réclamaient encore des smarties du “placard mazique” (le placard magique où se trouvent les sucreries, distillées au compte-gouttes) :

Voulant éviter de me battre avec eux car ils avait déjà eu un KATKAT (comprendre Kit Kat) l’après midi, j’ai répondu, de pure flemme : 

– “Désolée chéri, y’en a plus. On en rachètera demain ok.”

Réponse de Trystan : 

– “Mais nooooooooon ! Chtromayé il dit que c’est comme les problem’ : quand y’en a plus, et bin y’en a encore !!!”

Voilà. 
Cultivez vos gosses.
Ça vous retombe dessus. 

Les clefs se font la malle

Ils nous en font tellement subir,

que parfois,
 j’oublie de vous raconter.


Tout s’est passé très vite. 

Il y a un gros mois, les enfants ont commencé à se passionner pour les nombreuses – il faut bien le dire dans ce pays – clefs de la maison. 
Notamment le trousseau principal que nous avons pris l’habitude – comme 98,4% des gens – de mettre sur la desserte dans l’entrée :

Naturellement, nous assistons depuis à d’interminables pugilats lorsque nous sortons de la maison : Lequel des deux ouvrira et fermera la porte d’entrée. Lequel s’occupera de la grille. Du garage. De la voiture. Du portail. 
Bref, tout ce bordel innommable, s’il joue clairement sur nos p’tits nerfs d’adultes, permet aux garçons de faire un travail personnel intéressant sur les concepts de “patience” et de “compromis”. 

Bien évidemment, fidèles à leurs tempéraments habituels, et comme pour l’histoire de la télécommande, Trystan n’est heureux qu’une fois le boîtier  central fermement tenu en mains, son sentiment de toute puissance alors apaisé, et son esprit sereinement tourné vers la suite à donner aux événements: 

Tancrède tente difficilement de défendre sa part, en terme de temps-de-possession-des-clefs, et se concentre surtout sur celles des voitures. 
Comme il a bon fond, si on lui demande gentiment, en général il rend le matériel :
Bon, bin, tiens…

Jusque là, la situation était donc a peu près sous contrôle. 

Seulement voilà : 
Il y a une quinzaine de jours, nous sommes allés faire du chameau
(Franchement, je n’aurais jamais cru écrire cette phrase un jour.)

Juste avant de prendre la voiture, et à notre insu – vous vous en doutez bien – Trystan a discrètement subtilisé la clef de la grille extérieure principale de la maison, celle qui donne accès à la terrasse et au jardin : 



Crime kleptomaniaque presque parfait s’il en est, puisque, comme vous allez le voir, nous ne nous sommes aperçu de rien durant la journée. 

C’est en rentrant à la maison en fin d’après-midi de notre excursion, et cherchant à ouvrir la grille, que l’alerte a été donnée :
Après avoir littéralement retourné la baraque pour dénicher l’introuvable clef, et m’être faite copieusement incendiée par ma tendre moitié qui me reproche dans ces cas là de ne pas être assez rangée – ceux qui me connaissaient bien apprécieront la plaisanterie – j’ai fini par me retourner et poser un regard suspicieux sur mon rejeton :
Trystan vaquait alors silencieusement à ses occupations dans le canapé. 
C’était doublement louche.
J’ai donc risqué un : 

– “Dis donc chéri, t’aurais pas vu la clef de la grille, par hasard ?”

Je vois alors un sourire angélique éclairer son visage, ses grands yeux s’ouvrir de plaisir et il me dit : 

– “Si, si, ze l’ai emmenée promener avec moi !”

– “???? Euuuuh ? HEIN ?!”

– “Bah oui, nous on sort tout le temps et elle, elle sort zamais. Alors je l’ai mise dans ma ‘tite poche ce matin, pour qu’elle vienne aussi.”

Soufflée par une explication aussi improbable, illogique et insensée, j’en suis restée coi quelques instants. 

– “Mais… Mais… Mais qu’en as tu fait ???”

– “Ze…. ze… Attends… ? Bah. Je crois que ze l’ai laissée sur la table.”

– “LA TABLE ?! Mais quelle table Trystan ?”

– “Celle du Restaurant maman ! Pour qu’elle déjeune aussi !”

Mais, bien sûr. 
Mais naturellement. 
90km aller-retour, donc. 

Je ne sais pas d’où vient cette relation intime qu’entretiennent ces enfants avec les clefs. Elle dure depuis le Mexique…
(Pour ceux qui ne nous suivaient pas à l’époque, c’est et .)

Mais moi, ce que j’aimerais, c’est avoir la clef de leur CERVEAU, à ces sales gosses.

Mama, pourquoi t’as coupé tes feuveux ?

Maintenant, 

quand je vais me faire couper les cheveux, 

j’ai non seulement 
la réaction de ma tendre moitié à prendre en compte

– longtemps restée intraitable sur le sujet : 
longs sinon rien –

mais j’ai maintenant aussi 
la susceptibilité des Jujutrépides à gérer. 

Je subis depuis quelques années une chute de cheveux terrifiante. 
Bref, faisons-la courte (ahahah) :
Tout ceci étant devenu physiquement et psychologiquement assez insupportable, j’ai pris le taureau par les cornes et le conseil drastique de ma dermato au pied de la lettre: “You should shave, dear.”

Déjà l’année passée, quand je les avais coupés au carré et que j’étais rentrée à la maison avec 30 cm de longueur en moins, les garçons m’avait regardée d’un drôle d’air.
Trystan – 2 ans et demi à l’époque –  m’avait alors dit d’un air ingénu : “Dondesta mama ?” 
(“Elle est où maman ?”)

Mais la semaine passée, quand ils ont découvert ma nouvelle tête à la sortie de l’école, ils s’en sont VRAIMENT donné à coeur joie. 
Réactions, comme toujours, très disparates entre les 2 Jujus.
(Et heureusement pour le moral, comme vous pourrez le constater.)

C’est d’abord Tancrède qui est venu à moi. 
Pétrifié comme une statue, le visage de marbre, il m’a regardée, s’est approché, a voulu voir, toucher, faire le tour… 
Il a ensuite terminé son inspection par un délicieux : 
“Aaooooowwwwww mamaaaa ! T’es zoliiiiiie !”

Ne me sentant pas très à l’aise avec ma nouvelle apparence, cette petite phrase toute douce m’a touchée plus que de raison, naturellement. 

“Euuuh, mama ?” 
“T’as coupé tes feuveux ?”
“Mais… T’as pu’ de feuveux !”
“Fais woir !”
“Oooooohhh !!!”
“T’es zolie tu sais !”
“J’peux toucher ?”

Avec Trystan, autre affaire : 

Visage décomposé. 
Silence lourd de signification. 
Approche lente et pesante, pas à pas, vers moi. 
Et BIM !
Sentence immédiate :

Non mais…
C’est une blague ? 
Purée, non, on dirait pas.
Et bin, elle s’est pas ratée hein. 
“Bonzour mama !”
“MAIS KES T’AS FAIT À TES FEUVEUX !!!!
POURQUOI T’AS TOUT COUPÉ !?!?”
“Bah je t’ai déjà expliqué Trystan, maman
a un gros soucis avec ses cheveux. Comme ça, ça va l’aider. “

“OUI MAIS C’EST MOFF !!!!”
(
MOCHE, donc, hein, pour ceux qu’auraient pas suivi.)

Là, ton coeur s’arrête. 

T’as juste envie de prendre une pelle, de creuser très profond et de t’enterrer :

Voyant mes yeux s’embuer légèrement malgré moi, mon fils semble réaliser qu’il m’a peinée. 
Il me regarde et me dit alors avec ce que j’ai cru déceler être une petite bouffée d’amour pour moi : 

“Naaaaaaaan mais tinquièt’ pô mama, ça pousse de nouveau les feuveux. 
Et pi comme ça, maintenant, t’es coiffée comme moi !”
Les enfants, c’est bon pour le moral. 
‘Faut juste tomber sur le bon jumeau. 

Découvrir Overture

La semaine passée, 

mon homme a fêté ses 35 ans. 


Personnellement, cela me réjouit. 

Naturellement, la raison est tout ce qu’il y a de plus égoïste : 
C’est le moment de l’année où il a ENFIN le même âge que moi. 
(Il a 6 mois de moins. Oui,bon.)

Plus on est de vieux plus on rit, c’est bien connu. 

Bref, tout cela pour dire qu’en dehors d’une bonne tarte chocolat-bananes le jour J, dont les bougies ont été soufflées à plein poumons par les Jujus plus que par le papa, il fallait quand même fêter cela dignement. 
J’ai donc décidé de nous emmener en amoureux passer la soirée à Overture, quoté chaque année dans les 5 meilleurs restaurants gastronomiques d’Afrique du Sud, depuis 5 ans. 

Bien caché – sans mauvais jeu de mot – au coeur du domaine viticole de Hidden Valley, le restaurant est ouvert depuis 2007 et sert tous les jours à midi et le soir du mardi au samedi.  

Le décor est chaleureux, et la terrasse intérieure donne sur une magnifique vue panoramique de Cape Town. 


L’intérêt du restaurant est sans conteste le chef sud africain Bertus Basson qui propose une cuisine particulièrement créative et originale.
Produits locaux, mélange des couleurs et des textures. 
Propositions qui sortent vraiment de l’ordinaire et vous surprennent. 
La présentation est très recherchée mais se veut authentique et pleine d’humour. 
Simple avis personnel, mais à date, j’ai trouvé que cette table était la plus intéressante de la région de Cape Town. 

2 choix de menus : 
Celui à 3 plats et celui à 6. 
Pas d’accords mets-vins, malheureusement. 
Et une carte des alcools uniquement composée de produits du vignobles ou des alentours : le Chenin Blanc est magnifique. 

Le menu gastronomique ( 6 plats, donc), est superbement généreux et très inventif : 
Soupe de celeri rave relevé à la crème de citron.
Croquant caramélisé, crumble de noix et ses petites pointes de sorbet pomme et whisky tourbé.
Une vraie trouvaille !
Souvenirs de la Côte Ouest :
Huîtres accompagnées d’une petite sauce asiatique concombres-poires.
Etonnantes !
Tempuras croquants de crustacés.  
 
Bacon grillé et une variation autour des vieux légumes :
béteraves, carotes violettes et radis.
Inédit !
Filet de Hake (poisson typique du Cap) et petits légumes grillés.
Classique, pour le coup, mais parfait. 
Gigot d’agneau de 7 heures, ses rognons et variation autour du chou-fleur.
La viande est si fondante qu’il est même difficile de la récupérer à la cuiller…
… Accompagné d’un pain d’épice à la citrouille.
Accord tellement original et super réussi !
Petite coupelle de raisins glacés et imbibés de grappa italienne.
Parfaitement rafraichissants pour faire le lien avec le dessert.
Soufflé à la vanille.
Trop sucré à mon goût, mais vraiment très addictif, une fois qu’on a plongé la cuiller dedans.
Le service, malheureusement, n’est pas à la hauteur de la gastronomie : 
Lent, poussif, les serveurs sont souriants mais mal formés et notoirement inefficaces. Il faut attendre en moyenne 20 à 30 minutes entre chaque plat et accepter que les conseils du sommelier ne soient d’aucune utilité. 

Malgré tout, le plaisir gustatif vaut absolument le déplacement et l’effort de patience. 
Attention, réservations 1 mois à l’avance. Au moins. 

Je vous conseille vivement de dormir dans la région, le repas se terminant tard !
L’hôtel Eendracht, sur Stellenbosch à 15 minutes de là, est vraiment sympathique: vieille maison Cape Dutch en plein coeur du village, au milieu des chênes centenaires, il a tout juste ce qu’il faut de désuet, il est romantique, discret, calme et le service est impeccable. 
Très bon rapport qualité prix pour la nuit. 

Bon week-end !
(En amoureux, bien sûr)

Faire pipi droit, c’est tellement compliqué ?

Non, mais franchement.
Non ?
C’est pas pour être sexiste,
mais je ne choquerais personne 
si je disais que les mecs ne savent pas 
faire pipi proprement dans la cuvette des toilettes. 

(Naaaaaaan !!! Mais elle va pas écrire sur ça quand même ??!!??!!??
Mais si.)

Oui bin moi, je pense à mes futures belles-filles, okay ?!
Voilà. 

De fait, ayant eu des garçons, je réalise avec effroi, au fil du temps, que cet apprentissage sera probablement encore plus long et laborieux que celui de la parole.

Pourquoi ? Je n’en n’ai pas la moindre idée. 

Mais puisque la grande majorité des êtres humains de sexe masculin semble rencontrer de lourdes difficultés dans ce domaine, j’imagine qu’il doit certainement y avoir une causalité génétique ou physiologique à ce problème. 
Un soucis de balance, d’équilibre, de ciblage. 
Un truc, quoi.

Pour autant, je refuse de baisser les bras et travaille d’arrache-pied avec mes fils depuis un an sur cette épineuse question.

Nous avons investi dans tous les outils existants sur cette planète pour leur faciliter la tâche.

Ils ont bien compris qu’avec ou sans réducteur, debout ou assis, l’attitude à adopter devait être différente. 

Ils ont intégré, à force de hurlements stridents dans les oreilles (c’est pavlovien, après), que le rebord-devait-être-impérativement-relevé-quand-on-fait-pipi.

Ils ont bien saisi également qu’on doit toujours tirer la “CHAISE D’EAU”, comme ils l’appellent, une fois qu’on a terminé.

Bref, on y est presque. 

Seulement voilà, il arrive encore, certains matins, surtout au réveil, que les reflexes soient encore trop lents et le résultat… Disons légèrement déviant.

Ils sont visiblement sincèrement effondrés lorsque cela se produit, et viennent  alors me réveiller toutes affaires cessantes, souvent sur le coup des 6 heures, me secouant comme un pommier (ahahaha), en hurlant :

– “Maman pardoooooon ! 
Chui désoléééééé !!!! 
J’ai pas bieeeeeen viséééééééé c’matiiiiiin !!!! 
Mais j’te zure, c’est pas moi !! 
C’EST MON ZIZI !!”

Faites des garçons.


La maison de l’écureuil

Cela fait plusieurs semaines 

qu’un écureuil 

a élu domicile dans notre jardin. 


Dans ce palmier, plus exactement :



Il fait un raffut du diable et nous balance ses trognons grignotés sur la figure, quand on passe en dessous. 
C’est assez désagréable. 
J’ai même songé à faire trimer l’arbre pour retirer les palmes mortes qui lui servent d’abris et par là-même, priver l’insolent rongeur de son nid. 

Mais bon. 

Je me suis dit qu’il habitait peut-être ici bien avant notre arrivée. 
Et que nous n’avons remarqué sa présence que tardivement.


Dans ce cas, il serait donc assez injuste de l’exproprier ainsi. 

D’autant que personnellement, je suis convaincue qu’il a débarqué après les terribles incendies que la région a subi récemment. 

Un réfugié climatique, en somme. 
Et puis les Jujutrépides l’aiment tellement. 
Tous les matins, ils viennent taper la discut’ avec lui avant d’aller à l’école. 
Cela donne lieu à des scènes assez lunaires : un piaillement strident venu du haut du cocotier, des branches secouées dans tous les sens. Et les Jujus en bas, avec leurs petites mains en porte-voix qui hurlent des trucs pas très compréhensibles.
J’en ai déduit que le jumeau et l’écureuil devaient partager des bases sémantiques communes. 
D’ailleurs Trystan me répète régulièrement que “l’écureuil, c’est MON ami !”.

Bref, tout cela pour dire qu’il a fallu réfléchir au meilleur moyen d’éloigner raisonnablement ce petit impertinent de la maison, mais sans le chasser pour autant. 

Le papa des Jujus a trouvé la solution parfaite : construire une cabane-à-écureuil. Facile : visser, clouer, accrocher. 
Tancrède s’est d’ailleurs pris d’un vrai intérêt pour l’affaire :

J’aide papa à visser.


Et à clouer aussi, mais ça fait super mal aux oreilles !

J’assiste maintenant papa pour l’accrochage de la ‘tite cabane dans l’arbre
(le plus éloigné possible de la maison)

En dernière minute, Trystan qui avait suivi la mise en place de très loin, a finalement décidé de prêter main forte également, pour aller chercher la visseuse. 

Magnifique résultat final (quoique moyennement droit) : 

A cela près, néanmoins, que ce nouvel habitat semble avoir motivé surtout… Les oiseaux.

Affaire à suivre.