Pardon.
Non vraiment.
J’ai bien vu que certains avaient été
un peu agacés de ne plus trouver
leur petit billet du matin la semaine passée.
Toutes mes excuses
pour ces quelques jours de silence inhabituel.
Mais, je jure, j’ai un VRAI alibi :
J’ai pas eu le temps de prévenir, et après 5 nuits blanches, j’étais plus bien dans mon état normal.
En fait, c’est là que je me suis rendue compte que j’avais perdu l’habitude :
A Mexico, grâce aux Jujutrépides, pas une semaine ne passait sans que nous n’allions rendre visite à nos p’tites copines, les dames en blanc des urgences du service pédiatrique de l’Hôpital Espagnol.
Mais depuis que nous habitons à Cape Town, c’est terrible, il faut bien l’avouer : plus personne n’est malade.
Ca doit être tout cet oxygène pur et l’air marin.
J’ai bien été une fois voir un généraliste – et encore, c’était surtout pour faire plaisir à Trystan et lui permettre de sauver la face – pour un petit rhume de rien du tout.
Mais en dehors de cela, que dalle.
Heureusement, c’était sans compter sur TITI-la-malice, qui, désespéré devant tant de bonne santé, a réussi à remettre du piment dans nos vies saines et moroses :
La semaine dernière, leur papa est parti en voyage professionnel pour huit jours.
La belle aubaine.
(Ah oui, à ce sujet, cette fois je tiens à vous dire que le lien est désormais SCIENTIFIQUEMENT PROUVE entre le départ de leur bien-aimé papa et leurs épisodes maladifs.
C’est simple : plus l’absence du père est longue, plus le mal augmente.
J’ai ainsi pu établir une gradation moyenne assez précise :
– <1 nuit d'absence : aucune conséquence notable.
– Entre 1 et 2 nuits d’absence : attitude grognonne des sujets. Début d’une certaine forme d’agressivité sur les 12 dernières heures. Possible poussée de fièvre, légère, au demeurant.
– Entre 3 et 4 nuits : déclenchement des symptômes maladifs. En général pulmonaires ou digestifs. Possiblement conjonctivite.
– Au delà de 5 nuits : on est bons pour l’hosto.
Voilà.)
Sinon… Qu’est ce que je disais déjà ?
Ah oui.
En résumé : découverte d’un nouveau virus, inconnu de mon spectre de notions médicales pourtant honorablement élargi ces dernières années : l’Adenovirus. 40 à 41 de fièvre pendant 5 à 8 jours.
Rien de bien méchant.
Comme les nôtres par exemple.
Sinon, ça devient sport.
Bref, c’est pas l’propos.
Le problème c’est que les médecins ont cru à une méningite, patati, patata… Et allez, en route pour les urgences.
– “mais-si-mais-si-maman-vous-restez-cette-nuit.”
– “Aaaaah-mais-non-mais-non-madame-l’infirmière-c’est-que-j’ai-son-jumeau-qui-attend-sur-le-péron-de-l’école-là…”
– “Bah-zavez-qu’à-demander-au-papa”
– “Bah-y’a-pas-d’papa-en-ce-moment”
Etc.
Heureusement que j’ai de TRES bonnes copines qui m’ont sauvé la vie en faisant taxi pour mon grand gaillard de Tancrède ou en m’apportant des paniers-repas de survie durant la nuit…
(Je confirme, les plateaux d’hôpital, c’est dégueu’, n’importe où dans le monde.)
J’ai naturellement appelé Tancrède pour le prévenir :
– “Tancrède mon amour ?”
– “Mama, c’est toi ?”
– “Mais oui mon chéri !!”
– “T’ES OUUUUUUUUUU ?!?” (l’air rageur)
– “Ah oui bien sûr : à l’hôpital avec Trystan chéri, il est bien malade et on va devoir rester là cette nuit pour le surveiller, tu comprends ?”
– “Ah oui ben-sûr. Bon ok.”
– “Tu t’inquiètes pas. Gloria va s’occuper de toi cette nuit et demain je serai là, d’accord ?”
– “Et Trystan ?” (genre MOI, sa mère, j’peux m’brosser !)
– “…Avec Trystan.”
– “Ah bon d’accord alors. Pas d’problem’, bonne zournée. Clic. Bip. Bip. Bip.”
Au moins un que l’affaire n’aura pas traumatisé outre mesure.
Il ne me restait donc plus qu’à admirer le coucher de soleil depuis la chambre d’hôpital :
Franchement, je préfère la vue sur mer.
Et y’a pas à dire, la nuit, quand on dort pas, ça passe lentement.
On a fini par rentrer à la maison.
Trystan s’est remis sur pied grâce à un traitement exclusivement basé sur l’absorption en continu de fraises Tagada durant 48H.
Naturellement, c’est lors de cette remontée héroïque que le frangin a succombé.
Mais, pas folle la guêpe, cette fois, j’étais parée.
(C’est l’un des rares avantages à avoir des jumeaux : tu demandes l’ordonnance en double, au cas où.)
Puis Superpapa est rentré – happé, pas forcément très frais, au saut de l’avion après 18 heures de voyage – les deux sangsues ont donc pu reprendre leur position fétiche :
Et tout est rentré dans l’ordre.
Nous pouvons donc tous allumer internet et reprendre une activité normale.