Jujuchanteur

Vous vous souvenez de cette pub géniale

pour la FNAC, genre 1997 ?
 (Oui, je sais, ça nous rajeunit pas…)


On voyait des gens qui se donnaient beaucoup de mal pour fredonner un truc (super faux), et le vendeur en face, exceptionnel de professionnalisme, qui reconnaissait directement de quelle chanson il s’agissait.
La punch line, c’était un truc du style : “Vous n’aviez pas reconnu ? Vous ne pourriez pas travailler à la FNAC.”

Et bin mon fils Trystan, en ce moment, c’est pareil :

Un weekend, en rentrant, nous roulions tranquillement sur l’autoroute, musique classique à la radio, Jujutrépides en mode pause, papa les yeux rivés sur le bitume, un peu dans le vague, et moi, savourant cette sérénité insolite. 

Je crois que nous en étions au début d’une Aria de Bach, quand soudainement, j’entends du fond de la voiture, un petit filet de voix qui suit doucement la musique. En rythme, et tout.  

Je me retourne vers l’arrière : 
Tancrède roupille, la tête effondrée sur le côté, contre le siège auto, il ronfle comme un sonneur. 
Trystan est réveillé, tout calme, il suit le paysage par la fenêtre. Me voyant, il tourne la tête vers moi, un gentil sourire aux lèvres, tout doux, l’air innocent. 

Je me dis :
” Ma pauv’ poule, l’heure est grave. Maintenant, t’as carrément des acouphènes et des hallucinations auditives… Il est temps qu’on parte en vacances…”

Je me rassoies normalement. 

Quelques secondes plus tard, le murmure recommence. 
Je me retourne en sursaut et là, Trystan éclate de rire, très fier de son p’tit effet  de surprise, genre JE T’AI BIEN EUE !

Contre toute logique génétique et scientifique, anomalie statistique HAUTEMENT improbable et probabilité franchement invraisemblable : 
Notre fils chante… JUSTE. 

Oui je sais, c’est dingue. 
C’est presque incompréhensible, je dirais même. 
Et pourtant… Il reconnait toutes les chansons qu’il écoute régulièrement dès les premières notes, il chante juste et en rythme, j’irai jusqu’à risquer de dire qu’il a une belle voix.  

Naturellement, depuis cette découverte, son père et moi ne cessons de l’encourager à pousser la chansonnette.

Erreur de débutants :
Depuis, c‘est son nouveau jeu favori, lorsque nous sommes en voiture. 
Dès que l’on ouvre les portes de l’habitacle, il se met à meumeumer avec empressement, s’attendant à ce que nous soyons capables de reconnaitre instantanément ce qu’il chantonne. 

La dernière en date : 

– “Maman, maman, maman !!! ‘Coute ça :
TIN. 
TIN,TIN,TIN. 
TIN,TIN,TIN. 
TINTINTIIIIIIIIIIN !!!!!! 
Aller, vas-y devin’ !!! C’est quoiiiii ?”

Et là, je me surprends, complètement sidérée, à lui répondre :

– “Biiin… Ça ressemble à la musique de Rocky mon coeur, c’est ça ?? “

Et là, l’air totalement désabusé : 

– “Bah oui, hein.”

Je crois que je suis prête à aller bosser à la FNAC.

Découvrir la Cuccina

Mon p’tit coup-de-coeur du week-end, 

amis de Cape Town : 

La Cuccina à Hout Bay. 


La Cuccina, c’est la gourmandise, c’est la générosité, c’est l’amour, c’est le plaisir de nourrir, c’est bon, c’est délicieux, c’est sain, c’est simple, c’est comme à la maison… Mais en mieux pass’qu’ils sont pros, eux. 

De l’extérieur, ça ne paye pas forcément de mine :

Mais une fois passée la porte d’entrée, c’est cosy, c’est confortable, c’est chaleureux, c’est un peu comme si on arrivait chez quelqu’un, avec plein d’objets de décoration et des fleurs. On se sent chez soi.

Leur positionnement est clair : la majorité des ingrédients sont locaux, fournis par des petits producteur du quartier, bio, sans conservateurs, les viandes sont garanties sans hormones ni antibiotiques. Même leur café est torréfié maison. La cuisine est faite au beurre et à l’huile d’olive. 
Rien n’est “light”, mais tout est léger, honnête et sincère. 

Le concept est ultra simple : ils servent uniquement le matin et le midi. 
Tout est sur le buffet. 
Et à part les boissons et les gâteaux, on se sert de ce que l’on veut, puis on paye… Au poids. 
Salades et petits légumes…
Petits plats mijotés, végétariens : gratin dauphinois, aubergines farcies, lasagnes aux légumes, patates douces caramélisées, casserole de petits légumes grillés, potiron revenu aux graines de courges et aux épices…
Currys de boeuf ou de mouton, poisson grillé, gigot de 7 heures, poulet roti…
Les desserts ne sont pas en reste : le paradis des amateurs de cheesecakes !
Je recommande néanmoins la tarte aux fruits de la passion, un délice acidulé. 
La balance-qui-pèse-tout.

Idéal pour le petit déjeuner du matin ou pour les familles qui viennent avec leurs enfants : ceux-ci peuvent choisir parmi tous les petits plats qui sont présentés devant eux et prendre vraiment ce qu’ils aiment. 

Nos Jujutrépides, naturellement, se sont jetés sur les cheesecakes. 
Si le bonheur a un visage, c’est celui de mes fistons, émerveillés devant leurs gâteaux : 

Huuuuuuum !
Trystan et son Carrot Cake !
Bon appétit les amis !

Découvrir la Colombe

Allez, ce weekend, 
on se fait plaisir, les amis :


Comme son nom l’indique, La Colombe est un restaurant gastronomique de cuisine française niché au coeur du Silvermist Mountain Lodge, hôtel mais aussi vignoble à cheval entre Hout Bay et Constantia.
La vue sur la ville de Cape Town en contre-bas est vertigineuse.

Le jardin bio d’aromates maison
Le Chef Scot Kirton, talent pur, est un autodidacte sud africain épris de cuisine qui a simplement fait ses classes dans un grand restaurant de Franschhoek, dans la région des vins à 50 km d’ici, avant de prendre son envol au Savoy Grill de Londres et revenir dans son pays natal pour prendre la sous-direction puis la tête de cette belle table jugée douzième meilleur restaurant au monde du classement San Pelegrino 2010.  

Sa philosophie est celle de l’humilité et de la cuisine du coeur : 
Tout est possible, tant que cela est fait avec affection et le désir de faire plaisir à quelqu’un. 

Très timide, il nous a pourtant ouvert ses portes à l’occasion d’une leçon de cuisine et d’un déjeuner de dégustation mémorable, autour du Cognac Paradis, création d’exception de la maison Hennessy. 

Tout le challenge, magnifiquement relevé par le chef, a été de concevoir un menu entier autour du spiritueux. 

Observer le chef oeuvrer en cuisine est un moment rare et émouvant : tout le travail de préparation derrière un plat est colossal et à la hauteur de la sincérité et de l’authenticité du grand cuisinier. 

Et VOILÀ !

La rondeur, la féminité et la douceur surprenante de ce cognac d’exception, confectionné à partir des meilleures eaux de vie centenaires de la maison Hennessy, sont le fil rouge de la dégustation : 

Tantôt présent en tant qu’ingrédient par la diffusion de ses arômes dans les plats, tantôt boisson alliée à un ingrédient dont l’association explosive fait naître une saveur nouvelle et originale… Un vrai beau moment de gastronomie. 

Fois gras poêlé et son eau de jasmin, pattes de crabe à la marmelade d’agrumes flambée au Paradis, endives rôties et crumble de noix. 
La richesse du foie gras se marie parfaitement avec le cognac et les notes florales des ingrédients de la recette :

Epaule de porc caramélisée et cuite à feu doux au bain marie, purée de pomme fumée, financier de pommes et jus de Paradis. 
La douceur et le croquant de la viande cuite à la perfection prennent toute leur dimension au contact du cognac :

Cracker maison et son gorgonzola, accompagné d’une crème au miel de fynbos (le maquis sud africain), d’abricots confits au Paradis et de miettes de cake aux noix de pécan. 
L’association est renversante. 
La lutte entre le cognac et le fromage est intense, aucun ne prévaut, prenant  chacun son tour le lead sur la dégustation. 
Et c’est notre palais qui gagne finalement la partie !

Crémeux de chocolat noir au Paradis, petit gateau aux kumquats et aux zestes d’orange, glace caramel-foie gras. 
La saveur du foie gras est très discrète dans cette glace au caramel. 
Mais une fois mêlée à une gorgée de cognac, elle réapparait comme par enchantement : un vrai tour de magie !

Merci Moët Hennessy !
Petit secret que je partage avec vous : 
Ce menu sera servi en édition limitée durant tout le mois d’août prochain, pour 400R, hors boisson (spécifiez-le à la réservation). Profitez-en les amis !

Pour ceux que l’aventure ne tente pas – ou ceux qui seront en vacances ! – vous pourrez toujours choisir entre leurs deux menus fixes : 
4 ou 8 plats, avec ou sans suggestions de vins.
Les portions généreuses, les délicieux produits et une présentation particulièrement travaillée de laquelle transparait tout le coeur à l’ouvrage dont fait preuve l’équipe pour servir de vraies petites oeuvres d’art culinaire, devraient vous ravir les sens !
Chaque mets a son ingrédient “secret”, son épices, son aromate original, qui fait toute la différence, et transforme ce qui aurait pu simplement être un très bon plat classique, en véritable perle de créativité. 

Petit florilège : 

Entrée de bienvenue : sashimi de thon, gingembre, zest de citron, petits champignons shitake. 

Confit de canard, mousse d’artichaut au romarin, petits pois et lentilles croquantes :

Huitres glacées et leur velouté tiède de champagne :

Coquilles Saint-Jacques, sauce miso. Aubergine, gingembre, salsa de potiron, meringues et velouté de poisson au curry :

Caille rotie, ananas braisé, brioche caramélisée, foie gras poêlé, purée d’amandes, extrait de Buchu (plante aromatique locale) :

Entremets : boule fine de chocolat blanc, tisane de mangue et aromates :
Dès que la fine membrane est rompue, c’est la fraicheur de l’infusion qui prend le relais. 

Filet de boeuf cuit au bain-marie, petits légumes à la perfection et sauce café au lait truffé ! Une véritable trouvaille, un mariage parfaitement réussi :
Poisson Kinglip grillé, chou-fleur caramélisé, noix de cajou, crumble au citron, salsa verde veloutée :

Sorbet de mangue, gateaux au noix, crème citronnée, sauce sésame :

Parfait chocolat orange, ganache de potiron, noix de pécan : 

Mignardises : pâte de fruit de poire, pâte de fruit de béterave et réglisse (!), boules de chocolat noir et caramel liquide au beurre salé.


Un soir avec des amis que vous aimez beaucoup, ou en amoureux, bien sûr !

Smoking / No Smoking

Franchement, 

ce sujet là, 

je ne sais pas bien 

comment l’aborder. 


Pour une raison qui m’échappe, ni leur papa ni moi n’étant fumeurs, mon fils Tancrède adoooore jouer à “je tiens une cigarette dans ma main et je suis super cool comme bébé.”

Souvent, comme ça, venu de nulle part, il prend la pose. 
Vraisemblablement, il doit trouver cela très sympathique et follement aspirationnel (hahaha.)

Et honnêtement je ne sais pas trop bien comment réagir. 
Plusieurs options s’offrent à moi :
1. Faire comme si c’était mignon 
–> Ce serait encourager l’attitude. 
Pas forcément très malin. 

2. Montrer dès aujourd’hui ma désapprobation
–> Ce serait tout de même prendre les choses très au sérieux. 
Et encourager la désirabilité qui gravite systématiquement autour de l’interdit. 

3. Engueuler le père. 
–> Pour plus de sureté. 
Par habitude. 
Mais aussi parce qu’objectivement c’est un peu de sa faute. 
Certes il a cessé de fumer ses deux paquets par jour il y a maintenant bientôt quinze ans, mais il continue à s’autoriser en soirée ou en vacances quelques extras qui, visiblement, ne sont pas passés inaperçus auprès de l’engeance gémellaire. (Chéri, parlons-en.)

4. Engueuler ma mère et ma belle mère
–> Qui fument comme des sapeurs. 
Et minent véritablement le discours du “Fumer-c’est-pas-bien-mon-chéri-ça-rend-malade”, engendrant l’inévitable réponse : “Bah alors pourquoi Mamija et Téta elles fument, elles ?” à laquelle il est compliqué de répondre. 
5. Faire comme si je n’avais rien vu. 
–> Non event. 
Genre, tout l’intérêt de l’affaire disparait puisque personne ne me regarde. 

Pour le moment j’en suis là. 

Jujus Sprinters

La semaine dernière, 

l’école avait organisé 

LE CROSS :


Le cross, c’est une course. 
Des tours de stade, quoi. 

Commençant dès les Toutes Petites Sections (2 ans), jusqu’à la terminale. 
Naturellement, à chaque niveau sa difficulté : un demi tour pour les TPS et 7 km, je crois, pour les grands. 

Bref, tout ça pour dire que comme tout le monde – sauf certificat attestant l’incapacité à courir : ça rigole pas, le sport, en Afrique du Sud – les Jujutrépides ont été priés de bien vouloir bouger leurs popotins et effectuer 1 tour de stade. 

De fait, y’a pire comme environnement de course : 

Arrivée en fanfare de nos sportifs dans l’arène : 

Installation et échauffement : tiens, ‘pa, prends ma veste. 

15 minutes de concentration intensive, avant le début de la course :  

Dis voir mon pote, t’as vu un peu comme ils galèrent les nains de TPS !
Ça va faire long, nous, un tour entier….
Tancrède : Ah ouais, quand même…
Trystan : ok, dossard accroché ✔︎
Et c’est le DEPART : tout le monde sur les starting blocks !

1, 2, 3 Parteeeeeeeez !!!!!

C’est là qu’on a commencé à comprendre qu’il y avait comme un p’tit soucis. 

Pas de Jujus à l’horizon…

Enfin si, justement, loin loin, vers la ligne du fond. 
2 Jujus, derniers, qui ne veulent pas décoller :
Même accompagné de Cornélia sa super prof d’anglais vache’môn’ canon,
Trystan semblait manquer de motivation. 
Tancrède, pourtant super bien coaché par son pote Gaylor,
s’est clairement montré récalcitrant.
Papa a dû courir en costard, main dans la main avec eux, pour arriver à leur faire faire le tour. 

Trystan s’est même fait PORTER dans les bras, pour franchir la ligne d’arrivée. 

Bref. 
Y’ sont arrivés bons derniers des deux classes de Petite Section, soit 52 élèves.

La HONTE INTERNATIONALE. 


Comme d’habitude, j’ai envie de dire :
Comme à Noël dernier pour le spectacle de fin d’année. 
Et comme l’année d’avant quand on habitait encore au Mexique. 

Dès qu’ils sont en public, c’est la fin des Jujus. 

Esprit de contradiction ? 
Excès de sensibilité ? 
Timidité maladive ?
Affreux caprices ? 
Manque d’indépendance ? 
Education ratée ? 
… On va tous se jeter dans l’océan ?… 

Je n’arrive pas bien à déterminer les causes de ces drames à répétition.  

La maitresse dit que c’est normal. 
Que chez certains enfants, ça dure même jusqu’au CP. 

Bilan des courses – ahahaha. – 39 degrés de fièvre pour Trystan en fin d’après-midi. 

… Toutes ces émotions, ça vous crame un Titi, ça. 

J’ai peindu, tu as peindu, il a peindu….

En ce moment,

nos Jujus bataillent ferme 

avec un nouvel ennemi extragémellaire : 

la GRAMMAIRE


Loin de moi l’idée de me moquer d’eux. 

D’abord parce qu’il y a encore 8 mois, ils ne parlaient quasiment que l’espagnol.  
Ensuite parce qu’apprendre le français, même si c’est ta langue maternelle, c’est quand même pas du gâteau. 
Et puis surtout parce que, maintenant qu’ils élargissent quotidiennement leur vocabulaire et commencent à s’exprimer avec plus de détails et de complexité, les choses se corsent. 

Malgré tout, franchement, ces derniers temps, ils nous sortent des ENORMITÉS !
C’est très curieux, mais leurs éclairs de créativité grammaticale semblent fonctionner par cycle, variant d’un jour à l’autre. 
Un peu comme au tennis par exemple : un matin tu te lèves t’es Venus ou Serena, tout est sur la ligne, t’es une vraie déesse. 
Et puis le lendemain matin, y’ plus une amortie qui passe et tu rétrogrades tout en bas du classement. 

L’autre jour, ça m’a presque effrayé, j’ai cru que quelqu’un avait lobotomisé mes chers Jujus : dès qu’ils ouvraient la bouche, c’était pour prononcer un nouveau barbarisme. 

Sortie de classe, retour maison, on arrive devant la voiture :

– “Mamaaaaa, ouv’ la porte d’la voiture siteuplé, pour que je M’ASSIRE.

– “Tancrède, on dit “pour que je m’assoies”, oui ?”

– “Oui oui, voilà. Et tu SAIS QUOIIIIII ?!”

– “Ne crie pas chéri, je t’entends….”


– “Et bin auzourd’hui, je t’ai PEINDU un beau dessin avec de la peinture roooouze !!!”

– “Euuuh mon amour, on dit je t’ai PEINT, pas peindu, okay ?”

– “Bah pourtant on dit “perdu”, non ?”

– “????”

Là, je suis en plein créneau, en train d’essayer de sortir mon gros 4X4, que 2 insupportables micras m’ont pris en sandwich, laissant 10 centimètres de chaque côté, et Trystan hurle :
– “Mamaaaaaaaaa !! Mets Alors On Dance, MAINT’NANT !!!!”

Je m’éfforce de garder mon calme et de respecter les priorités : 

1. Ne pas bugner la bagnole. 

2. Faire respecter les règles de politesse dans l’habitacle :
 “Trystan, j’ai pas entendu le mot magique ? Petit malappris, va !”

3. Réfléchir à la meilleure réponse possible à une telle question. 

– “Euuuuh… Oui… Tancrède. Effectivement on dit “perdu”. Mais le verbe perdre ne se conjugue pas comme le verbe peindre tu comprends ?

– “Beuhuuuh… ? C’est quoi le verb’ ?”

– “Oui bon, ça doit être normal chéri. C’est pas très grave. Ton (angélique) maitresse t’apprendra ces détails bassement matériels dans quelques années. Mais en attendant, retiens s’il te plait qu’on dit j’ai “peint”, pas “peindu”, okay ?”


En arrivant à la maison, terminus tout le monde descend :
J’oublie de récupérer leurs cartables dans le coffre. 

– “Mamaaaaa, t’as oubliée ! ‘faut que tu PRENDES (avec un “s” j’imagine ?) nos sacs !!!”
– “M’ENFIN, Tancrède, qu’est ce qui t’arrive aujourd’hui !!! Tu ne sais plus parler !? On dit il faut que tu “prennes” !”

Là, je vois les larmes qui commencent à monter dans ses petits yeux tout tristes et soudainement très embués. 
Je me dis que j’y ai peut être été un peu fort…

Je m’accroupis à sa hauteur, et lui dit : 

– “Bon t’inquiète pas mon amour, c’est pas un bon jour grammatical, voilà tout. Bientôt, comme tu es un petit gars très intelligent, tu diras tout très bien comme il faut, tu verras.”

Tout à coup, je le sens comme soulagé d’un immense poids. 
Il se met à courir, se jette sur le bosquet de fleurs de l’entrée et en arrache une, qu’il me tend alors avec amour en braillant :

– “Et bin voilà ! J’t’ai CUEUILLU une fleur pour toi maman !”


ARRRRRRGHHHHHHHHHHHHH !!!!!
  

ABCDEFG !

Non mais, quand même, 

c’est mignon. 

Les gamins. 

Parfois. 


Depuis le début de l’année, par exemple, leur super maitresse travaille sur les lettres de l’alphabet. 

Il y a quelques semaines, j’avais vu Trystan attraper un National Geographic qui trainait dans le salon. Il s’était ensuite assis tout seul sur le canapé, regardant attentivement le journal : j‘ai souris car pour la première fois, il le tenait à l’endroit.  
En regardant mon fiston à la dérobée, j’ai réalisé qu’il était très concentré et semblait même chercher un truc dans le texte. 
Je l’ai subitement entendu chuchoter pour lui-même, très fier : 

– “AHHH !! Voilà, alors ça, c’est MAAAA lettre ! le ttttteu de Tryyyyyystan !”
Ils en reconnaissent maintenant tout un paquet, surtout les initiales de leurs copains et copines de classe : le E de Eva, le Seuuuuu de Samuel, le Zeuuu de Zalan, le èèèèèL de Laura, le Aaaaa de Aura-Blue, etc. 

C’est d’ailleurs devenu un jeu : panneaux d’affichage, livres des histoires du soir, journal… Tout est prétexte à reconnaitre les lettres.

Tancrède est même revenu un soir de l’école, complètement surexcité, en me chantant la fameuse comptine : “ABCDEDG, HIJKLMNOP. QRS. TUV. WX. YZ. Main-teu-nant je les connaiiiis, tout’ les lettres de l’alphabet.”

Mais depuis quelques jours, ce qu’ils préfèrent, c’est de jouer à “c’est ma lettre !” sur le clavier d’ordinateur. 

Naturellement pour plus de sureté, je prête le vieux PC préhistorique qui a rendu l’âme et prend, inutile, la poussière depuis les sept ou huit dernières années dans le tiroir.
Je subodore que Patrick mène une expérience scientifique sur le temps de décomposition des laptops… Mais, je lui suis néanmoins très reconnaissante de son TOC, puisqu’il redonne finalement une seconde vie à cette pauvre antiquité esseulée, tout en faisant croire à nos chers Jujutrépides qu’ils possèdent leur propre DINATEUR. 

Bref, tout cela pour dire que nos fistons passent maintenant un certain nombre de minutes chaque jour devant un écran éteint et un beau clavier, à travailler les bases de leur future lecture. 

Samedi dernier, Tancrède et papa faisait la sieste, j’essayais désespérément d’écrire un peu, avec Trystan à mes pieds qui refusait obstinément le dodo de l’après midi et qui avait, ce jour-là, ses révisions alphabétiques très à coeur :

Nous avons alors joué à son jeu favori : 

– “Alooooors mon namouuuur, il est où le Téééé de Tryyyystan ?”

– “ichiiiiiii !!!!”

– “Et le Pééééé de Papa ?!”

– “Mais lààààà r’garde !”

– “Super chéri !”

(attention piège, mon fils)

– “Et le èèèèM de Maman ? Hum ? “

– “Lààààà !!”

(Ouf ça va.)

– “Et ça mama, c’est la lettre du parapluie !”

Il me montrait le J. 
J’ai mis quelques secondes à percuter. 
(Bah, pass’que Parapluie ça commence avec un P, pas un J, voyez…)

A vrai dire, c’est lui qui a dû m’expliquer :

– “Bah oui, tu prends la lettre et après, tout autour, tu dessines le reste du parapluie !”

– “Ah bah oui, tiens. Vu comme ça…”

Mais ce que j’ai vraiment trouvé jujutrognon, c’est son explication du B : 

– “Et ça, c’est le BÉÉÉ de BÉBÉ, avec les 2 ‘tites boulettes l’une aud’sus d’laut’, comme Trystan et Tancrède, quant on était dans ton ventre !”

Mes p’tits poussins chéris…..
Avec un P. 

Découvrir l’Umi Restaurant

Ras la planche de surf 

de la viandre grillée et des sushis ?

Voilà une idée pour changer un peu,
amis capétoniens : 

de délicieux tempura croquants


Trouver un restaurant de sushis à Cape Town ne demande pas beaucoup d’effort. Je dirais presque que ça pousse comme les champignons en forêt. 

Mais trouver de bons tempura légers, bien craquants, pas gras et un peu originaux… C’est moins facile. 

L’Umi est un restaurant japonais situé au beau milieu de la promenade de Camps Bay, 201, Victoria Road. 
La moitié du restaurant est en intérieur…

… Et l’autre sur une jolie terrasse ouverte sur l’océan. Très agréable le midi quand le soleil brille et le soir en amoureux !

Bien évidemment ils proposent toutes sortes de plats japonais des sushis, en passant par les sashimis et autres salades asiatiques… 

Mais l’intérêt, je crois, réside dans leurs tempuras : de crevettes, d’artichauts, de petits légumes, de poulet, de crabe… Chacun arrive accompagné de sa petite sauce coloré. 
C’est joli et c’est bon. 

Faites vous plaisir !

Les Jujucureuils

savent que quand on me dit :

“Allez, on emmène les enfants au parc !?”

J’ai comme une envie 

de sortir le sabre japonais.


Rapport à Harakiri, vous m’suivez ?

La corvée absolue.

L’ennui mortel.
Le meilleur moyen de se rappeler qu’on a pris pas mal d’heures de vol dans le nez.
Le cimetière de notre jeunesse.

Et accessoirement, l’occasion de multiplier par 8 le risque de bras cassés et de points de suture. 

Bref, vous avez pigé.

De tous les champs des possibles, probablement la pire initiative de sortie avec des gosses.

Sauf à Cape Town.

A Cape Town,  sortir au parc avec les enfants, c’est agréable.
D’abord parce que l’art est encouragé partout dans cette ville. 
Même dans les arbres : 

Trystan peut donc exprimer sans scrupules ses talents de street artist naissant, à la KRAIGRASS’ (craie grasse) bien sûr : 
Pour le moment, ses oeuvres se résument surtout à son initiale. 
Qu’il signe d’un T qui veut dire Trystan. 

Donc. 

#JujuFousTaCagoule

Mais il dessine aussi de jolis soleils, c’est joyeux. 
Enfin… Quand on ne le méprend pas pour un pou ou une autre cellule préhistorique :




Sinon, sortir au parc, ici, c’est pas s’éclater la tête sur un toboggan ou s’écraser au sol après avoir essayé de grimper à la corde. 

Ici, le parc – enfin, les Jardins de la Compagnie en plein coeur du centre-ville, pour être précise – ça consiste à observer tout un tas d’animaux magnifiques qui se baladent en liberté, autour de nous. 
(Perso, j’préfère.)

Batailles d’oies égyptiennes mâles
Naissance de p’tits canetons. 
Le monde des pigeons.
‘Faut pas avoir vu les “Oiseaux” de Hitchcock avant de venir, c’est sûr. 

Mais ce sont surtout les écureuils qui sont les rois :
Il y en a des centaines, partout, il faut presque faire attention à ne pas marcher dessus. 
Des vendeurs à la sauvette sont stratégiquement placés dans le parc pour roder discrétos, l’air de rien, non loin des familles avec enfants, laissant néanmoins apparaitre ostensiblement leurs petits paquets de cacahuètes !

Naturellement tous les parents craquent et s’approvisionnent de ces délices qui font le bonheur des rongeurs panachés : 

Les garçons pourraient passer la journée à les nourrir. 
Ils ne sont pas farouches pour un sous (les écureuils, pas les Jujus), et vous grimpent dessus sans vergogne, quitte à fouiller au corps, pour obtenir leur déjeuner !

Qui c’est qui veut une cacahuète ?


Découvrir Babylonstoren

On a trouvé un moyen super sympa 

pour faire réviser 

les noms des arbres fruitiers aux Juju :

Babylonstoren, est une ferme très authentique, type cape dutch, fondée en 1690 par un soldat hollandais installé en Afrique du Sud. 


L’histoire du lieu est riche en rebondissements puisqu’il est passé de familles hollandaises en familles huguenotes un très grand nombre de fois. 
Aujourd’hui, il est apprécié pour son jardin exceptionnel, inspiré de ceux de la Compagnie à Cape Town, et des mythiques jardins suspendus de Babylone, qui ont donc donné leur nom à la propriété.  

Plus de 300 types de plantes différentes – fleurs, fruits et légumes – y poussent tout au long de l’année. Un vrai jardin d’Eden. 

Les Jujutrépides ont ainsi pu découvrir que les citrons, fruits de la passion et autres mandarines qu’ils dévorent à la maison, ne naissent pas dans un sac plastique mais bien sur un arbre ! 

“Ohh ! Un citron vert !’ 
Echange de bons procédés entre Jujus :
Mandarine contre olive noire. 

Son système d’arrosage génial est le même depuis plus de 300 ans : c’est la gravité et les dénivelés qui permettent à l’eau d’atteindre tous les plans de culture. 


Ils élèvent de magnifiques poules, dindons, et beaucoup d’autres animaux de la ferme…

… Ainsi que des abeilles que l’on voit butiner à volonté, partout dans le jardin. 
“Attenchion mama ! Ça PIQUE les zabeilles !”
“Bah, mets pas ton doigt dessus alors chéri !”
Le domaine est dispose aussi d’un hôtel-spa de luxe : 

D’un vignoble, pour lequel de nombreuses dégustations sont proposées.
Et de deux restaurants, qui se partagent les faveurs des visiteurs : 

Le Babel, gastronomique, où il s’agit de réserver longtemps à l’avance. 



Et le Greenhouse : sorte de café bucolique, au coeur des plantations, où l’on ne sert que des sandwichs, à composer soit même, accompagnés de jus de fruits fraichement pressés ou de bière de gingembre homemade, d’une salade bio du jardin (naturellement) et de pommes de terre au four maison, juste grillées et salées à la perfection : simplicité, générosité, authenticité. 


Parfait avec des enfants, qui peuvent gambader partout et dévorer les sandwichs sans se faire prier. 

Spéciale dédicace au cupcake potiron-orange, tendre et caramélisé
Normalement je suis pas fan de ces gâteaux spongieux sans intérêt.
Celui-là est vraiment délicieux.


Sur le chemin du retour, profitez-en pour refaire votre stock de bouteilles : le vignoble de Glen Carlou est situé à quelques dizaines de mètres de Babylonstoren et propose un des meilleurs vins blancs de la région !