Gone fishin’ !

Ça fait deux mois qu’ils nous bassinent 

pour qu’on leur apprenne à pêcher. 


Tout à commencé chez leur Mamija à Nice, lorsqu’ils se sont baignés au milieu de petits poissons gris-beiges, presque invisibles, que Tancrède s’est évertué à essayer d’attraper à la main. 

Le pauvre petit s’est évidemment désespéré devant une tâche aussi sisyphesque, mais a fini par accepter l’idée que pour pêcher, se munir d’une canne spécialement conçue à cet effet, semblait encore être la meilleure stratégie. 

Le week-end dernier, pour nous remettre dans le bain sud africain et profiter du beau temps qui se fait rare en cette saison, nous avons donc décidé d’investir dans le matériel nécessaire à la réalisation de son rêve halieutique, avant de virer au sud de la péninsule du Cap :

Merveilleuse excuse pour le bonheur de retrouver notre petit paradis…

Les premières baleines de la saison, à Glencairn…
L’océan, infini, à Kalk Bay, petit port de pêche…

Papa s’est donné beaucoup de mal afin de se souvenir de ses propres journées de pêche avec Jeddo, au Liban, et réussir à ajuster le fil, le plomb, l’hameçon et l’appât : un magnifique bout de pâte à pizza – c’est souverain, parait-il ? – spécialement ramené du restaurant fétiche de nos Jujus, le matin même :

Fidèles à leur impatience naturelle, les Jujutrépides n’ont eu de cesse de vouloir empoigner la canne, pensant probablement remonter toutes affaires cessantes un barracuda encore frétillant, et obligeant leur père à réitérer la manipulation d’enroulage du fil une bonne demie douzaine de fois : 

“Vas y papa ! attrape le poisson !”
“Et lààààà ? Tu l’as attrapé ?”
“Papa, il est où le poisson ?”
“MAIS IL EST OÙÙÙ !?!?”

Naturellement, pauvres chéris… L’espoir était immense, l’objectif considérable, les attentes démesurées…

La glacière de compétition…

Mais Trystan a rapidement compris que ce qu’il verrait dans l’eau…

Ce serait surtout les otaries…


D’une lucide effrayante, ce brave petit m’a même discrètement demandé, loin des oreilles sensibles du frérot – encore tremblant d’espoir au côté de son père – s’il ne serait pas plus facile de “demander à la madame LOTARIE de pêcher du poichon pour nous ?…”


Bref… L’affaire s’est terminée au port, histoire de ne pas rentrer bredouilles et d’atténuer la terrible déception de Tancrède…  

Partie remise pour une prochaine fois…

Cravates et noeuds pap’ !

C’est la nouvelle lubie de nos Jujutrépides. 

Ils l’ont contractée durant les vacances : 

ils ne veulent plus sortir 
sans leurs chemises et leurs cravates. 


Au début évidemment, on trouve ça trop craquant, trop mimi. 

D’ailleurs, objectivement, les voir prendre ainsi en main leur look vestimentaire avec tant de bon goût, est évidemment émouvant pour des parents déjà à moitié gaga de leur fanfaronne progéniture : 

Seulement voilà : une fois les jolies photos prises, retour à la réalité. 

A la différence des t-shirts en coton, les chemises – elles – ne souffrent pas de manquer passagèrement, même durant les vacances, de repassage. 
Et puis, comme les débardeurs avaient jusqu’à présent leur préférence, nous n’avons pas encore eu le temps d’investir dans la nouvelle garde-robe nécessaire à ces récentes extravagances. 

Depuis, j’ai l’immense bonheur de devoir supporter, alors qu’ils n’ont même pas encore 4 ans, les réflexions machistes de ces garnements phallocrates : 

– “Mais mamaaaaaaan, elle est OÙ ma s’mize blanche avec des points noirs dessuuuuuuus ?!?!”

– “Chéri, tu l’as portée hier, maintenant elle est au lavage. T’as qu’à mettre la bleue qui reste, là, elle va très bien avec ton jeans.”

– Mais mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !!!!! POURQUOI TU L’AS PAS DEZA LAVÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉE !!!!!!!?”

– “Chéri. Mets toi BIEN dans la tête que je ne suis pas ta camériste. Vu ?
– ” ???… ??? “

– “Je fais une machine de blanc demain matin. Tu l’auras demain après midi, okay.”

– “Et bin moi j’L’A VOULAIS MAINT’NAAAAANT !!!!!!”

– “Désolée mon fils, il faudra ATTENDRE.”

– “ET BIN d’ACCORD MAIS ALORS SI CHUI PAS BEAU AUJOURD’HUI ÇA S’RA D’TAAAAAA FAUTE !!!!!”

J’aurai décidément tout entendu avec ces gosses.

Les Jujutrépix chez les Libanus

Après leur séjour gaulois, 

nos Jujutrépix ont
comme chaque année

fait leurs valises pour migrer 
chez Téta et Jeddo, au Liban. 


Evidemment pour nos Jujus, le Liban est synonyme de bonheur total et de liberté absolue !
D’abord parce qu’on retrouve toute la famille de papa, qui d’un point de vue de choix de cousin(e)s est sans commune mesure avec celle de maman.
Et les cousins et les cousines, bah plus y’en a, plus c’est rigolo. 
Y’a les petits qui jouent avec nous, et les grands – super forts – qui nous font bien marrer : 

Ensuite, chez Teta et Jeddo, y’a un graaaaand jardin avec plein d’arbres fruitiers où on peut aller cueillir des pêches et des poires par exemple. 

Et puis chez les grands-parents, y’a aussi tous les anciens jouets de papa. 
Et nous, les p’tites voitures, on aime bien ça.

Comme chaque année, on passe beaucoup de temps à manger, à fumer… (enfin à aider papa à fumer hein.)
A nager à la piscine avec Jeddo et à essayer de sortir de l’eau sur les plages de galets (bonne chance), heureusement qu’on est solidaires…

Evidemment après ça, on est un peu crevés, alors on roupille ferme. 
Non, et puis l’IMMENSE avantage d’aller voir papy et mamie du Liban, c’est qu’ils nous débarrassent de maman et papa. 

ENFIN.

Ça faisait 3 ans qu’on attendait ça.
Qu’ils se barrent et nous foutent la paix quelques jours. 
Trop bien.
On n’a pas vraiment compris pourquoi ils ne l’ont pas fait avant. 
Car le proverbe est pourtant bien connu : “Parents en Turquie, enfants ravis” !
(Et parents aussi.)

Bien sûr, après cela, à chaque fois qu’il faut repartir et rentrer à la maison, c’est  un peu dur…

Mais c’est ça, la vie des mini-expats !

Le Tour de Gaule des Jujutrépix

LE vrai problème de l’expatriation,

c’est que chaque année, ça recommence.


Il faut partir en vacances.

La phrase que je n’aurais jamais imaginé pouvoir écrire un jour.

Enfin, en vacances…
On s’comprend. 

La plupart d’entre nous choisit les congés d’été pour faire le tour du pays afin d’aller voir la famille. 
Pour ceux et celles qui ont tiré le gros lot en choisissant l’exotisme et le mariage avec un ressortissant étranger, c’est double effet Kisscool.
Le summum est atteint par ceux et celles dont les parents sont divorcés.
Là, c’est le jackpot Euromillions. 

En dehors de la fatigue et du bilan carbone qui prend un sacré coup dans l’aile, c’est évidemment un plaisir de revoir nos êtres chers et essentiel que nos enfants exilés puissent rester connectés à leurs racines. 

La France c’est l’occasion de faire plein de trucs dingues qu’on n’a pas l’occasion de faire quand on n’ y vit pas. 


Prendre le métro :

Marcher dans les rues, juste parce que c’est beau :
(Surtout quand c’est Jeddo et Papa qui portent.)

Faire plein d’expositions, de musées, de parcs…

Et puis c’est surtout l’occasion pour nos Jujutrépides de maintenir les liens avec leurs familles… Et de découvrir les nouveaux arrivants, cette race curieuse de petits machins tout ronds qui ne bougent pas encore des masses, mais qui – dixit Trystan – sentent “tréééé mauvais”, j’ai nommé les petit(e)s cousin(e)s.
De son côté, Tancrède a fait montre d’une belle fibre fraternelle, surtout avec sa cousine Charlène dont il a pris la sécurité et les soins très au sérieux :
Oh purée. ‘Chui trop fier là.
“C’est MOI qui pousse la carioooole !!!!”
Elle est joliiiiiie ma cousine quand mêêêême…
 
“Attends, bouges-pas, j’te nettoie.”
Bref, c’était bien :
Avec petit cousin Loan et sa maman, et tatie Catherine
Selfie avec mamie, l’arrière grand-mère de bientôt 100 ans…
Tatie FTEF et Tonton Marco, Jeddo et Teta qui n’ont pas réussi à attendre sagement leur tour et sont venus nous rejoindre, surpriiiiise !!!
Chez Mamija à Nice

Avec petite Philippine qui devient trèèèès grande !!
Bref, c’est vraiment passé très vite ces dernières semaines….

Direction le Liban, maintenant, et plus de connexion internet : le blog des Jujutrépides revient en août ! 
Bonnes vacances à tous !

Les Jujuviateurs

Ahhhhh les enfants et l’avion.

Le sujet inépuisable.


Naturellement, il y a des règles, trucs et techniques à respecter pour réussir ses traversées aériennes avec des enfants en bas âge. 
Je vous en ai déjà parlé, ici.

Mais les parents accompagnateurs ne sont jamais à l’abri d’une crise d’insomnie de leur progéniture, même bourrée de Nopron ou de sirop homéopathique Quiétude. 

Non, le mieux, c’est encore de leur faire prendre l’avion le plus souvent possible, de créer des cérémonials, de les habituer tant et si bien qu’ils finissent par monter en avion comme d’autres vont faire pipi. 

Nos chers Jujus ont maintenant quelques bonnes heures de vol derrière eux, et leurs petits rituels bien rodés, qui permettent de passer le temps, et finalement  à la famille d’arriver vivante à destination. 

RITUEL n°1 
Il est important de les faire participer un maximum à l’aventure. Y compris lorsqu’il s’agit de se farcir les bagages à porter. 
(Y’a pas de raison qu’ils y coupent, surtout que la moitié des valises sont remplies de petites voitures et autres ballons de foot.)

RITUEL n°2
Il est essentiel également de les responsabiliser. 
Les phrases du type “Tancrède, mon amour, garde bien la valise chéri, pendant qu’on s’occupe de l’enregistrement”,  le poussent à prendre leur travail très au sérieux : 
“MAIS KES KE FAIT CE ROMANO AU MILIEU DE L’AEROPORT ?! VIREZ-MOI ÇA !”
“Euuuh Monsieur le directeur d’escale, c’est mon fils. En vous remerciant.”

RITUEL n°3
Le passage par le lounge…

… Est l’occasion de voir décoller et atterrir les avions pendant des minutes entières. 
(Et de jouer à coller les p’tites langues sur les baies vitrées, histoire de choper les virus les plus ignobles et les plus internationaux de la planète.)

RITUEL n°4
Trystan ne peut concevoir d’embarquer sans avoir préalablement mis du baume hydratant sur ses lèvres. 
En même temps, je le comprends, c’est super sec dans l’habitacle. 

RITUEL n°5
Une fois installés : cagoules isolantes, tétines, relecture des consignes de sécurité. 

Rappel des notions cinématiques basiques, avec le décollage et l’atterrissage : 


Bouclage de ceinture : 

RITUEL n°6
Avant le repas, fatiguer les globes oculaires grâce aux dessins animés. 
Normalement sur la télé intégrée. Mais en cas de vieux coucou, il s’agit de bien avoir à disposition un ipad bourré de Disney.
(Et à la batterie chargée, il va sans dire):

RITUEL n°7

Observation du paysage pour les achever. 

Et normalement, le tour est joué. 

Toute l’équipe de JujuAirlines espère que vous avez fait en bon voyage en notre compagnie et vous souhaite une très belle journée. 

Petits poissons deviendront grands

En fait, c’est bizarre :

On rêve qu’ils soient déjà grands 

et qu’ils se barrent de la maison 

pour nous laisser un peu tranquilles. 

Et en même temps, 

on refuse inconsciemment de les voir grandir. 


Moi, je vois vraiment la différence depuis quelques mois, disons leurs 3 ans et demis : ils commencent ENFIN à faire des choses seuls, à prendre leur indépendance.

Et franchement, c’est formidable. 

Se savonner, mettre des vêtements (quand ils sont VRAIMENT obligés), manger, s’occuper…

ET OUAIS ! Même avec les baguettes !
Se soigner quand ils sont malades : 
Bon t’oublies pas bébé, hein, 10ml toutes les 6 heures
pour le Doliprane et 7,5ml toutes les 8 heures pour l’Ibuprofen.


On réalise qu’ils ont installé leurs propres personnalités et qu’il est temps de penser à respecter certaines de leurs décisions car elles font partie de leur construction. 

On découvre qu’ils veulent soudainement choisir leurs propres lectures quand on va à la FNAC, par exemple. 

En gros, on comprend qu’ils commencent… à nous échapper.
Et franchement, certaines fois, c’est dur…
M’enfin, ça a ses avantages. 
On peut par exemple envisager d’amorcer la délégation des tâches. 
Bon, bien sûr, cela nécessite d’abord quelques mois de formation intensive. 
Et puis, cela implique naturellement quelques ratés potentiels. 

Mais au bout d’un certain temps, on y gagne. 
Management 101. 

Aller chéri, on tourne bien fort pour pas faire de grumeaux, pendant que maman va se reposer.
Et après tu enfournes 20 minutes à 200°.  

En réalité, le vrai soucis, c’est qu’on a du mal à accepter et à percuter qu’ils deviennent grands. 
Inconsciemment on les “garde” petits en oubliant ou en retardant malgré nous le franchissement de certaines étapes essentielles, on manque parfois de lucidité… Et l’on réalise plusieurs mois plus tard qu’on est passé un peu à côté de la plaque.

Alors, pour ceux qui comme nous, n’ouvrent pas assez souvent le livre de Laurence Pernoud : 

* Les biberons, il arrive un moment où il est préférable de les arrêter. Et si vous les continuez, il arrive un âge où 1,5 Litre de lait/jour, c’est trop. En fait.
Alors, on est plus des bébés, on jette les bibs’ et on se met à prendre le petit déjeuner comme les grands, dans des bols. 


* La tétine… Que dire… Bah faites comme vous pouvez. 
M’enfin franchement, à 14 ans, ça risque de devenir un peu ridicule… 
L’anniversaire durant lequel en échange des cadeaux on remet la tétine. 
Noël, où madame Tétine repart au pays des tétines imaginaires. 
“Perte” et “oublis” dans des lieux prévus à cet effet (hôtel, taxi, avion, train, n’importe où. Mais c’est un peu lâche comme technique.)
Cérémonial d’enterrement dans une boite à chaussure dans le jardin…
N’IMPORTE QUOI, vous dis-je. 
Mais il faut qu’elle disparaisse vraiment. 
Sinon elle revient. 
C’est comme les boomerangs. 
* Les lits : il arrive un stade ou il faut retirer les barreaux. En fait. 
Je sais, c’est l’horreur. 
Ils se fracassent au sol toutes les nuits. 
Mais c’est important. 
Notamment pour envisager de retirer la COUCHE de la nuit. 

Enfin bref. 

Dernier conseil : relire ce paragraphe tous les soirs au coucher, accompagné d’une gorgée de Porto. 

“Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants. 
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même, ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous, car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

Extrait du Prophète, Khalil Gibran. 


Jujucraquants

Mes Jujutrépides, ils ont beau être 

notoirement enquiquinants,
voire objectivement insupportables,

ils ont chacun leur façon 

bien à eux de me faire craquer. 


Naturellement, les stratégies et les méthodes diffèrent d’un Juju à l’autre. 

Tancrède, c’est facile : son arme fatale, c’est la flatterie et le sourire ravageur.
Il a cette façon tellement particulière de s’approcher, soudainement, venu de nulle part.
Toutes dents dehors, les yeux rieurs, il porte sur moi un regard éclair, de haut en bas, mêlé d’admiration – feinte, probablement, je ne me fais guère d’illusion – et de douceur. Il me prend alors les mains ou pose la sienne sur mon épaule si je suis à sa hauteur, pour me dire le plus gentiment  du monde : 

– “Tu es beeeeelle maman, tu es tout le temps beeeeelle !”

Et/ou :

– “Je t aime mamaaaaaan, et j’aiiiiime ta robe, j’aiiiiime ton manteau, j’aiiiime ton sac, j’aiiiiime ton collier, j’aime toujours touuuuut de toi !”

Peu habituée à un tel display d’affection et de compliments, et à ce brusque retournement d’Oedipe jusque là exclusivement tourné vers son papa,  j’ai toujours tendance à attendre quelques instants :
D’abord le temps de réaliser ce que mon fils adoré vient de me dire. 
Ensuite, de savourer. 
Et après pour m’interroger sur la requête qui ne devrait manquer de suivre cette introduction on-ne-peut-plus diplomatique.
Mais non… A cet âge, il ne demande rien en échange des mots gentils.  

Naturellement, ces grands et beaux moments – qui vous permettent de vous rappeler pourquoi c’était finalement une bonne idée d’avoir fait des enfants – sont néanmoins rares et fugaces. 
C’est d’ailleurs probablement ce qui leur confère toute leur valeur. 
Et c’est aussi grâce à eux que vous n’aplatirez pas le même gosse, 25 minutes plus tard, lorsque vous vous apercevrez qu’il a découpé les rideaux ou “coupé les ch’veux” à la plante.

Bref, c’est pas l’propos : 

De son côté, Trystan a opté pour une autre technique, nettement moins démonstrative, mais qui a néanmoins un impact assez direct sur la tachycardie de maman : 
Chez lui, c’est très contextuel. 
Il faut être le soir, vers 20h30, que papa soit en voyage d’affaires et Tancrède endormi (autant dire… Pas souvent), enfin libéré d’une audience qui pourrait risquer de juger ses quelques minutes de faiblesse… Ou ENFIN tranquille peinard avec maman sans les deux autres boulets… 
Ça dépend de quel point de vue on se place. 

Tel un lynx des montagne, il débarque sur la pointe des pieds dans le canapé ou dans le lit, il me regarde droit dans les yeux, par en dessous, discrètement, et 10 cm par 10 cm, il s’approche de moi. 
Comme une manière silencieuse de demander s’il a la permission.
Une fois à ma hauteur, il vient alors blottir sa petite tête dans mon coeur et murmure : 

– “S’il te plait maman, t’as oublié de me faire une cinquième câlin… J’ai un p’tit peu besoin d’un bisou et après je t’embête plus, je vais faire dodo.”

Et/ou :

En me montrant ses 10 doigts :
– “S’il te plait maman, encore TROIS minutes avec toi…” 


DisneyBadInfluence

Non, mais c’est vrai. 

Il faut l’avouer. 

J’entretiens une relation plutôt 

ambivalente avec Disney. 


(Et les copieurs qui font les même trucs qu’eux, genre La Fox et Dreamworks.)

A l’instar d’un fort pourcentage de la population terrestre, j’aime les regarder et je trouve qu’il proposent pour les enfants des dessins animés d’un niveau largement supérieur à celui des autres studios, que ce soit en terme de qualité de dessins, d’animation, de musique ou de dialogues. 

Mais en même temps, ils m’énervent. 

J’ai déjà exposé mon point de vue féministe sur le sujet il y a quelques mois, ici et aussi là.
Mais dernièrement, j’en arrive même à m’interroger sur le bienfondé de laisser nos Jujutrépides devant ce qui s’avère être une source intarissable d’appels à la provocation et à la désobéissance gémellaire :

Vous aurez noté qu’il existe – pour une raison qui m’échappe – un nombre impressionnant de jumeaux parmi les personnages de ces films. 
Malheureusement, ils sont tous SYSTEMATIQUEMENT moches / crétins / insupportables / méchants, voire les quatre à la fois.
Leurs actions sont toujours très répréhensibles et les modèles qu’ils offrent à notre tendre jeunesse me semblent franchement nocifs…
Notamment pour une paire de Jujutrépides dont les penchants instinctifs inclinent déjà naturellement vers les conneries. 

Je n’invente rien, regardez.

Tweedle Dee et Tweedle Dum, les deux bonshommes complètement à l’ouest d’Alice au Pays des Merveilles : 
Ils passent leur temps à se marcher sur les pieds et à se bagarrer.
Incitation tacite et néanmoins très claire à la baston pour des jumeaux qui auraient la riche idée de s’identifier à eux.

Crash et Eddie, les deux opossums complètement kamikazes d’Ice Age :
Véritables Jackass des culottes courtes, casse-cous intrépides et indécrottables, ils n’aiment rien moins qu’à se jeter du haut des falaises, tomber dans des crevasses ou s’écraser sur des rochers…
Pas étonnant, après cela, que mes fils se fourrent toujours dans les pires situations et n’aient aucune notion du danger.

Les 2 p’tits enfants perdus en combinaison de ratons laveurs dans Peter Pan : 
Frondes, lances et carabines en main à longueur de journée, ils tirent sur tout ce qui bouge. Après ça, bonne chance pour enseigner la non violence à nos moutards.  


Tic et Tac, les inénarrables :
C’était d’ailleurs le nom de code de nos Jujutrépides, lorsque j’étais enceinte. 
Y’a pas à dire, aujourd’hui encore il partagent beaucoup de points en communs avec ces deux tamias.
Goût immodéré pour les pop-corns et les pommes, propension quasi illimitée à préparer des sales coups et énergie intarissable pour se liguer contre l’ennemi commun (Donald/maman).

Si et Am les affreux chats siamois de la Belle et le Clochard :
Aussi tordus qu’unis dans leurs méfaits. Ils sont inséparables et c’est de là que vient leur force… 
Si mes fils n’y avaient pas pensé tous seuls, ils ont ainsi à disposition une excellente méthode pour arriver à leurs fins maléfiques.  


Les deux ignobles vautours dans Blanche Neige : 
Franchement, ils font juste peur. 



Néron et Brutus les crocodiles aussi abrutis que méchants dans Bernard et Bianca :
Ils adorent embêter les petits animaux et leur coller une frousse bleue.
Super modèle pour expliquer aux enfants de ne pas faire de mal aux petites bêtes. 


Flotsam et Jetsam les horribles murènes de La Petite Sirène :

Ils sont enjôleurs et vous donnent l’impression d’écouter avec attention et empathie ce que vous leur racontez, mais ne vous y fiez pas. 
Ce sont des pestes. 
Ça me rappelle quelqu’un. 

Truc et Muche, les deux élans de Frère des Ours :
Vraiment très idiots et à l’humour questionnable, ils sont très peureux, en plus. 

Les frères Stabbington, les deux affreuses brutes épaisses dans Raiponce :
Bonjour l’image masculine véhiculée pour nos Jujus. 

Non mais, franchement, j’aurais dû faire des triplés…
Au moins ils auraient eu de meilleurs modèles desquels s’inspirer :

– Les trois petits cochons : pas tous super malins, certes, mais travailleurs et fins mélomanes tous les trois.


Harris, Hamish et Herbert, frères de Rebelle la jeune écossaise : assurément, probablement pas les meilleurs exemples à considérer en terme d’obéissance, mais ils sont ingénieux, courageux et rigolos.


– Riri, Fifi, Loulou, les neveux de Donald : un peu dissipés, mais tout juste ce qu’il faut d’espièglerie, inventifs et indépendants. 



J’hésite d’ailleurs à contacter les studios pour leur signifier que cette discrimination antijum’ doit cesser, ou – à défaut – qu’il est grand temps de proposer une paire qui soit ENFIN un meilleur exemple à suivre. 


Sieste et Dinateurs

Il fallait s’y attendre. 

C’était dans l’ordre des choses. 


J’ai toujours su qu’un jour… Cela devait arriver. 
Mais j’espérais obtenir un peu de rab’… Un sursis en quelque sorte.   
Certaines mamans me disent que j’exagère, qu’ils ont bientôt quatre ans, et qu’avoir réussi à la maintenir jusqu’ici tient déjà du miracle. 

Mais je me disais qu’avec tout ce qu’ils me font subir, ce court moment de tranquillité du milieu de journée… Je méritais amplement qu’il dure… Mettons… Jusqu’à leurs 15 ans. 

Mais voilà… Il semblerait que toutes les belles choses aient une fin…

Mes fils ne veulent plus faire la sieste de l’après-midi. 

J’ai tout essayé : 
– les berceuses
– les histoires
– le biberon chaud
– le chantage (si-tu-dors-maintenant-ce-soir-je-te-laisse-regarder-la-télé)
– les menaces (si-tu-dors-pas-je-te-donne-en-pature-aux-requins-bancs)
Tout.

Ils ne veulent plus dormir. 

C’est un NON catégorique et définitif. 

Et franchement, c’est pénible. 

Pas seulement d’un pur point de vue égoïste, car cette merveilleuse pause sacrée et féérique était plus que bienvenue dans ma vie.
Non. 
Bien sûr.
Je dis surtout cela pour EUX, naturellement.

Mais comme ils ne sont pas encore assez grands pour passer la journée sur batteries, ils arrivent épuisés à la fin d’après-midi.
Du coup, les deux ou trois dernières heures de la journée sont un enfer pour tout le monde…

Evidemment, c’était sans compter sur la soudaine ingéniosité qui peut être la mienne lorsqu’il s’agit de mon petit confort personnel : j’ai trouvé un semi-parade.

J’ai instauré avec eux “L’HEURE DE REPOS.”
(J’aurai dû faire de la politique)

C’est pas l’top, comparé aux deux ou trois heures de siestes d’avant, m’enfin c’est déjà ça de pris : 
L’heure de repos ce sont les 60 minutes réglementaires qu’ils doivent passer dans leur lit après le déjeuner pour ce détendre (version officielle) et pour me foutre la paix (version réelle). 
Parfois, sur un malentendu, ils finissent même par s’endormir. 

J’ai négocié avec eux les bases suivantes : 
Durant ce temps, ils doivent rester silencieux dans leur lit à lire ou à “travailler” sur leur “dinateur”, afin de réviser les lettres de l’alphabet, souvenez-vous.

(Oui, a bout de nerfs et las de les entendre réclamer sans cesse leur propre équipement informatique, nous avons cédé en leur achetant deux mini laptops  en plastique, sur lesquels passer leurs p’tits nerfs.

Avant de fermer la porte de leur chambre, je les laisse donc avec une pile de livres dans le lit – j’ai compté grosso modo trois minutes par livres. Dix livres, c’est déjà une demie heure de gagnée – et les ordinateurs, donc. 

Pour l’instant, ça fonctionne.
Trystan a même son petit rituel bien à lui pour la mise en marche de son engin :

J’ouvre l’ordinateur en soulevant la partie supérieure.
J’ajuste l’écran.
Je prends le cable de la souris.
Que je pleugue dans le port USB.  
Attends, c’était pas bien mis, voilà. 
Après je prends la souris en main. 
Je me connecte en entrant mon password.
Et je suis prêt pour commencer à travailler.


En fait, les théories darwiniennes prennent tout leur sens quand on fait des enfants : avec les gosses, ‘faut s’adapter pour survivre :

Découvrir Test Kitchen

Chers amis capétoniens,

une idée pour votre soirée de Noël

ou du réveillon de cette année :

Faites donc un tour au Test Kitchen.


Vous vous dites que j’ai perdu la boule, de parler de Noël en juin. 

Mais non. Si je le fais maintenant, c’est qu’il faut réserver en moyenne 6 mois à l’avance (pour le diner).

On n’a rien sans rien.

Fraichement élu 28ème meilleur restaurant au monde du fameux classement San Pellegrino 2015, il est considéré comme le meilleur de Cape Town et même d’Afrique du Sud.

Installé au coeur du Old Biscuit Mill  dont je vous ai parlé en fin d’année passée, cette vieille usine désaffectée transformée en petit village de boutiques tendances, avant-garde et bobo, le restaurant annonce clairement la couleur : 

Venir au TEST Kitchen, comme son nom l’indique, c’est chercher l’aventure gustative, c’est avoir envie d’expérimenter et d’essayer des choses différentes. 

Et avec le chef anglais Luke Dale-Roberts, c’est précisément ce que vous trouverez : installé en Afrique du Sud depuis 10 ans, il a lancé la Colombe, dont je vous parlais la semaine passée, avant de monter cette sorte de laboratoire culinaire en 2012.

Grande salle rustico-urbaine à tendance japonisante, faite de brique, de béton et de bois, la cuisine – totalement ouverte – est au centre de l’attention des convives qui dinent devant un vrai spectacle gastronomique, balai silencieux de poêles et de faitouts brillants et fumants qui aiguisent la curiosité :

Liberté, provocation, créativité, sens de l’esthétique, audace, prise de risques, expérimentation… Le Test Kitchen est un peu tout cela à la fois. 

Des associations de saveurs tout à fait inconnues, des tentatives pour réveiller les papilles et leur faire découvrir des nouveaux horizons, un soucis intense de présentation… 
Même si les mariages impromptus et insolites qui sont proposés ne plaisent pas toujours, il est difficile de rester insensible à cette cuisine originale et courageuse, qui se démarque définitivement des propositions de la plupart des restaurants de haute gastronomie de Cape Town.

2 menus sont proposés, avec 5 ou 9 plats (sans compter les amuse-bouches et  autres multitudes d’inter-plats !) avec ou sans accords mets-vins ou mets-thés. 
Comptez entre 60 et 200€ selon votre choix. 

Attention, c’est parti :


Les Amuses bouches
Tartelettes de foie de volaille, truffe, champignons porcinis, copos de chocolat et leur craquant de betterave :

Infusion de thé rooibos fermenté, anis étoilé, miel du bush, rose cristallisée au sucre : sorte de boisson probiotique, elle est conçu pour ouvrir l’appétit et aider à la digestion (bien vu, quand on sait ce qui suit).

Sashimi d’agneau fumé, Fromage paysan crémeux et crumble de noix :

Joue de porc sur son lit de chicharron (peau craquante), pomme granny-smith marinée dans le jus de persil. 
Franchement étrange. Mais téméraire.

Sashimi de thon, gelée de groseilles, choux rouge, mayonaise thaïe et poussière de réglisse :

Toast de langue de boeuf, câpres et petits légumes grillés :  

1er plat
Sashimi de truite, betterave sous toutes ses formes, zestes de citron, oeuf de caille, crème citronnée, pomme marinée aux herbes :

2ème plat : 
Foie gras frais, pintade pochée, brioche au gingembre, gelée de Bourbon vanille, perles d’agrumes et beurre de macadamia :

3ème plat
Sashimi de Saint Jacques au gingembre frais, coriandre, sauce soja, encre d’encornet, et jus de foie gras. 

4ème plat :
Cigarette russe de céleri rave, agneau teriyaki croustillant à l’extérieur et fondant à l’intérieur, gingembre, romarin agrume et moelle fondante :

Trou normand
Sorbet pomme-fenouil, gelée de menthe citronnée.

5ème plat
Poisson hake poché au safran, perles de tapioca, poulpe grillé et jus d’herbes des montagnes :
6ème plat :
Springbok roti, boule de curry, feuille de betterave, crème de coco :

7ème plat :
Yaourt au mascarpone di buffala, sorbet clémentine, orange sanguine cristallisée et poudre de cannelle :

8ème plat :
Panacota, mousse coco, ananas roti à l’anis, meringue au curry, sorbet lichees, mangues et fruit de la passion, gel à la Coriandre :

9ème plat :
Meringue au citron, crème au citron vert et crème vanille : 


Allez, faites-vous plaisir !
(mais prenez un taxi pour rentrer, hein.)