Vous êtes boring

je vous parlais du chantage éhonté 

pratiqué par l’un de nos jumeaux 

lorsqu’il estimait 

que son père et moi sortions trop le soir.


… Les laissant lui et son frangin profiter pleinement de la babysitter sans autorité durant la moitié de la soirée, mais se plaignant néanmoins de notre absence, subitement devenue insupportable. 

L’autre soir, j’ai donc eu droit à de nouvelles jérémiades de la part de notre fils Trystan : 

– “Oh noooooon maman !!!! Tu sors ENCORE CE SOIR !? Mais c’est pas possib’ !!!!”

– “Si si mon coeur. C’est possible.”

– “Mais vous ZALLEZ OÙÙÙÙÙÙ ENCORE !?!?”

– “Au restaurant.”

– “ENCORE !!!! Vous zallez dev’nir gros, à force.”

– “Merci chéri.”

– “Mais vous êtes déjà sortis… Euh… Lundi !!!”

– “Non c’était vendredi mon amour. Lundi, c’est aujourd’hui.”

– “MAIS MÊME !”

– “Bon, Trystan, je te laisse, mon trésor.”

Hurlements déchirants de mon fiston qui pense ainsi m’attendrir. 
(Pauvre petit…)

C’est à cet instant que son frère Tancrède, placide, allongé sur le canapé devant Peter Pan, télécommande à la main et yeux vaguement orientés vers la télévision, s’est décidé à intervenir :

– “Nan mais laisse tomber Trystan. Laisse-les sortir. ‘Façon… C‘est BORING* d’être avec eux.”
*ennuyeux
Voilà voilà…

#6ansEtDéjàImpertinent

Le monde à l’envers

Nous rentrions de l’école l’autre soir 

et j’avais arrêté la voiture 

devant le portail de la maison.


Afin de retirer la tonne de papiers publicitaires qui débordaient de la boîte aux lettres. 

En rentrant dans la voiture pour descendre au garage, les bras chargés de ces encombrantes brochures, Trystan me regarde et me dit :

– “Maman ? Pourquoi les gens y’ mettent des papiers tout l’temps dans not’ boite ?”

– “Ça s’appelle des prospectus chéri.”

– “C’est quoi ?”

– “C’est de la publicité. Il y a des photos qui sont censées te donner des idées de choses à acheter ou d’endroits à visiter par exemple…”

– “Et… Tu l’fais toi, m’an ?”

– “Non mon amour, je ne regarde même pas, et je mets directement à la poubelle.”

– “Mais… Alors… Ça sert à rien d’faire ça !?”

– “Bah non…”

– “Mais… Alors pourquoi y’ continuent d’le faire ?”

– “Je n’en n’ai aucune idée mon trésor. En plus c’est un drame, tout ce papier gâché…”

– “Donc y’ tuent les arbres… Pour rien ?”

– “…”

J’ai eu envie de lui répondre que c’était aussi logique que pour le RoundUp, le Glyphosate et toutes les horreurs qu’on nous impose et qui nous tuent à petit feu. 
(Rapport à l’actualité de la semaine dernière) 

Et que les humains étaient décidément une espèce bien étrange.

Mais je me suis dit qu’il fallait probablement… Le laisser encore un peu rêver. 

#MêmeLesEnfantsVoientQueLeMondeNeTournePasRond
#ColèreNoire
#MerciLesBranquignolsDeLEurope 

Découvrir le DARG

Responsabiliser, 

sensibiliser,

Aider…


Il faut s’avoir se l’avouer : nos enfants sont souvent très (trop) gâtés. 

En vivant dans un pays comme l’Afrique du Sud où bon nombre de petits sont orphelins et vivent dans le dénuement le plus total, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur l’éducation que l’on prodigue aux nôtres : jouets qui débordent des coffres, restaurants, activités et sorties permanentes, moindre souhaits exhaussés dans des délais record…

Ils en oublient parfois la valeur des choses et de l’effort. 

Et pour peu que vos mouflets soient comme les miens du genre à réclamer, en sus de ce qu’ils ont déjà, un chat-chien-poisson-rouge-hamster, à tout bout de champ… J’ai eu envie de vous proposer un bon-plan-lardons un peu original, en cette veille de weekend : faire faire à votre progéniture du bénévolat dans un refuge animalier.

Voilà. 

Et pour cela, le DARG – Domestic Animal Rescue Group – situé à Hout Bay est assez idéal : tous les samedis les volontaires de tous âges peuvent venir donner un coup de main. 

Pour les plus grands (18+ ans), promener et faire prendre l’air aux dizaines de toutous abandonnés ou maltraités que l’association se charge de soigner et reloger dans des foyers aimants. 

Et pour les enfants, diverses activités sont proposées, leur permettant de comprendre la responsabilité que représente la charge d’un animal domestique : 

Préparer les friandises pour chiens à base de beurre de cacahuètes et de croquettes vitaminées :


Câliner les chiots…


Jouer et distraire les jeunes chiens…


Mais aussi nettoyer les cages ou brosser les chats.

L’endroit est verdoyant et dispose aussi d’une petite ferme d’animaux nains (lapins, cochons, poules) et d’un potager qui ravissent les enfants. 


Avantage collatéral de la démarche : normalement, après ces quelques corvées, l’envie d’avoir un animal de compagnie à domicile devrait leur être passée.  

Il suffit de prendre rendez-vous. 
A vous de jouer. 

Monsieur Parfait

Y’a pas à dire, 

la classe de CP,

pour les mômes, 

c’est quand même une étape 

sacrément importante. 


La responsabilisation, la notion d’effort et de contrainte, la concentration, le travail sur la mémoire… En plus de tout le reste. 

Nous leur demandons tellement, d’un coup, du jour au lendemain…
Ils sont soudain totalement responsables de leur cartable, de leurs affaires – sans l’aide des gentilles ATSEM qui repassait derrière eux et glissaient le pull dans le sac – des travaux à faire à la maison… 

J’ai vraiment réalisé le bouleversement qui s’opère en eux hier soir lorsqu’après avoir passé un après-midi éprouvant avec Tancrède, à (tenter de) lui faire faire ses devoirs, il est de lui-même revenu me parler pendant que je préparais le diner, en me montrant son carnet d’écriture. 

Il avait essayé d’écrire un texte tout seul.

– “Ooooh mon amour, bravoooo, c’est super chouette ! J’ai compris tout ce que tu as écris !”

– “Alors maman, ça veut dire que c’est PARFAIT !?!?”

Et là, maladresse fatale de ma part : 

– “C’est excellent mon amour ! Il y a deux trois petites erreurs ici et là de mots qui s’entendent pareil mais s’écrivent différemment, mais franchement, c’est très bien ! Viens je te les corrige comme ça, tu verras où elles sont.”

Avant que j’ai eu le temps de griffonner les corrections au crayon à papier, mon fils avait éclaté en sanglots, de ces larmes intarissables et de ces hoquets inextinguibles qui ont l’art de secouer le coeur des mamans.

– “JE SUIS QU’UN BON À RIEEEEEEEEEN !!!!! J’y arriveraiiiiiii jamaiiiiiiiiis…. !!!”

Un perfectionniste doublé d’un désespéré chronique de la confiance en soi. 
Pauvre gamin…
Il avait une chance sur deux… 
Et il a chopé les gènes merdeux de sa mère. 
Son existence va être un enfer. 

Embourbée jusqu’au cou et un peu paralysée dans cette situation pénible qui me rappelait mes propres souvenirs d’enfance, tentant vainement de consoler mon fiston chéri qui hurlait à la mort en se liquéfiant au milieu de la cuisine, j’ai donc accueilli avec un soulagement certain l’arrivée de son père.

Celui-ci a alors pris les choses en main avec une aisance et un calme qui – je l’avoue – chéri, profites-en, c’est pas tous les jours ta fête – m’ont beaucoup rassérénée…  

– “Tancrède, regarde. C’est en faisant des erreurs qu’on apprend. Si on n’en faisait pas, on n’apprendrait jamais rien, et on referait toujours les mêmes choses sans progresser.”

Et de lui montrer la différence écrite dans un petit tableau entre les mots “sans”, “sang”, “cent” et “s’en”. Le moutard visiblement impressionné par la démonstration, retrouvant le sourire et devenant subitement totalement silencieux. 

Quelques heures après l’incident, juste avant d’aller se coucher, tout semblait oublié. C’est alors que Tancrède, toujours agrippé à son petit carnet, s’est approché de moi pour me dire bonne nuit en me chuchotant à l’oreille :

– ” En fait maman… T’sais quoi ? C’est trop cool de faire des erreurs, en fait.”

#BravoDarling
#CestDoncÇalEducationPositive 
#LaLangueFrançaiseCestPasDeLaTarte





Mon futur métier ? Tueur à gages.

Certains jours, 

mes fils me font vraiment peur. 


J’ai beau me dire que leurs petits cerveaux ne sont pas encore tout à fait finis, qu’ils explorent, qu’ils se cherchent…
Que c’est normal…
Parfois, je me sens désemparée. 

Nous étions attablés au bar de la cuisine l’autre soir, Trystan dévorait son saumon teriyaki en silence lorsque soudain :

– “Maman ?!”


– “Oui chéri ?”

– “En fait… J’ai une question.”

– “Pose, mon amour.”

– “Pour avoir un travail dans la vie, y’ faut payer pour en trouver un ?”

J’ai bien été tentée de lui répondre qu’au train où vont les choses dans le monde, ce sera probablement bientôt le cas. 
Mais j’ai finalement décidé de ne pas céder au côté obscur des forces pessimistes et de tenter de lui répondre avec objectivité. 

– “Non mon coeur, c’est le contraire : on TE paye en échange d’un travail que TU fais.”

– “Ah. Oui. C’est ça. Et on peut se faire payer pour tout ?”

– “Et bien… En théorie oui. Il faut juste que tu trouves quelqu’un qui soit intéressé par ce que tu fais. Et qui soit prêt à l’acheter : du pain, des gâteaux, des habits, des meubles, des services…”

– “Des services ?…”

– “Oui Trystan, c’est tout ce qui n’est pas une chose que tu peux tenir dans tes mains, plutôt de l’aide que tu donnes aux autres.”

– “Ah oui, comme quand j’demande à Tancrède d’aller m’chercher mes jouets ?!”

Je souris intérieurement.

– “Oui… Enfin… On ne paye pas les gens pour ça. Plutôt pour des plus grands services comme les maitresses d’école qui apprennent aux enfants à lire et écrire ou les docteurs qui soignent, tu vois.”

– “Oui… J’vois. Et par exemple… Est-ce que… Est-ce que… On peut se faire payer des sous pour tuer des gens, par exemple ?”

– “?!?!?!?

Mon fils a dû lire la stupéfaction effarée sur mon visage et, se rendant compte que quelque chose n’allait pas, il s’est empressé d’ajouter : 

– “Naaan, mais SEULEMENT LES VILAINS GENS, hein maman.”
#TuMeRassures
#LeonLeFilm
#MonFilsCePsychopathe





La Tartiflette, c’est NO WAY

J’avais passé une journée 
un peu difficile

et me réjouissais 
à l’idée de les revoir…


Une fois n’est pas coutume, je les attendais même sur le perron de l’entrée, avec une envie irrésistible de les serrer fort dans mes bras. 

(Je sais, il m’arrive, parfois, d’avoir des attitudes de mère normale.)

Les entendant arriver de loin avec ma chère voisine qui me les ramène tous les mardis, j’ai donc ouvert la porte, le coeur battant. 

(N’exagérons rien, mais c’est pour l’histoire.)
C’est Trystan qui s’est présenté en premier devant moi, cheveux en bataille, son énorme sac à dos derrière lui, l’air un peu renfrogné.
Je me penchais vers lui pour l’embrasser, lorsqu’il s’est soudain figé.
Un air de dégoût absolu sur son petit visage :

– ” MAIS !!!! MAMAN !!!!??? C’EST QUOI CETTE TERRIBLE ODEUR ?!?!”

A la demande de son papa qui souffre du retour de l’hiver au Cap, j’avais préparé une tartiflette pour le diner du soir, qui chauffait encore au four et – il est vrai – embaumait un peu la maison, dont j’avais pourtant pris soin d’ouvrir toutes les fenêtres.

– “Et bien… C’est le repas du diner, chéri… Bonjour quand même !”

– “Arrrrrggggggghhhhhhhhh !!!!!”

Avant même d’avoir pu déposer sur son crâne chevelu le baiser dont je rêvais, mon fiston c’est alors engouffré dans la maison comme une fusée en hurlant : 

– “Viiiiiiite maman ! ‘Vaut ‘vermer la ‘borte de ‘ba chambre !!!!!!!”, me dit-il en se pinçant le nez avec ses petits doigts.

Un peu agacée, je le suis dans son projet de calfeutrer son espace personnel, parlant dans son dos : 

– “Non mais Trystan, n’exagérons rien tout de même !”

– “J’exagère RIEN maman !!! Mais c’est PAS D’LA NOURRITURE D’HUMAINS ça m’an ! Pouaaaahhhh !!!!”

– “Trystan… Tu n’as pas l’habitude des fromages français qui sentent un peu fort, mais au goût tu verras, c’est délicieux. D’ailleurs tous les enfants en France adorent ça.”

C’est alors qu’il se retourne vers moi, retire ses doigts de son nez, et se met à me parler d’un air totalement désespéré :

– “MAIS MÊME SI C’EST FRANÇAIS MAMAN !! AVEC UNE ODEUR COMME ÇA, MOI C’EST NO WAY QUE JE METT’ UN TRUC’ PAREIL DANS MA BOUCHE !!!

#TouteUneEducationArefaire
#PtitSudAf’Pasteurisé
#PtitJoueur
#Pfffff

Astérix en Corse – Editions Hachette

Découvrir le Swan Café

C’est probablement 

l’un des rares trucs 

qui manque à certains d’entre nous :

les CRÊPES.


Lorsque, parfois, pour des raisons assez inexplicables, la nostalgie du pays nous prend, nous salivons alors à l’idée d’une bonne baguette, d’un vrai-fromage-au-lait-cru-qui-pue, ou… D’une véritable crêpe bretonne. 

De celles, fines, craquantes, qui sentent le beurre bien grillé, magnifiquement garnies de bons produits du terroir, généreux et savoureux…

Et bien, les copains du Cap, je suis heureuse de vous annoncer qu’il existe depuis quelques semaines un endroit à Cape Town où vous pourrez en goûter des comme celles-là : au Swan Café, à l’intersection entre Buitenkant Street et Barrack Street, en plein centre ville. 

Jambon fromage, poulet champignons, duo de fromages, poires pochées et prosciutto, fromage de chèvre pommes caramélisées… 


Simples, classiques ou plus originales, vous trouvez aussi bien votre bonheur dans les salées que du côté des sucrées : celle à la crème de citron est irrésistible, quant à celle au caramel et à la fleur de sel… C’est une véritable tuerie. 

Les serveuses et serveurs portent le petit canotier breton à rayures, l’ambiance  y est chaude et chaleureuse, comme leurs galettes. 
Les noms donnés à leurs crêpes et leurs thés – ils attendent toujours leur licence alcool – sont en français, pour parfaire l’ambiance frenchy du lieu, soulignée par les délicates fresques romantiques aux murs et la faïence artisanale au sol. 

Pour ne rien gâter, sachez que leur pâte est confectionnée sans gluten (ne me demandez pas comment), idéal pour les âmes sensibles. 

Attention, ils n’ouvrent que pour le petit déjeuner et le midi, du lundi au samedi.

Bon appétit ! 

Fais c’que j’dis, pas c’que j’fais

On le sait, 

pourtant. 
En étant parent. 


Ça rime en plus…

Que l’éducation se fait par l’imitation !

Nos enfants nous copient et reproduisent les schémas, les archétypes et les attitudes que nous adoptons et pratiquons nous-même avec eux. 

Ces modèles de vie sont bien plus puissants et ont incomparablement plus d’impact que toute la théorie que nous pouvons leur déverser dans les oreilles. 

Nos jujutrépides se sont chargés de nous le rappeler le week-end dernier :

Nous rentrions tranquillement en voiture dimanche, du restaurant où nous venions de déjeuner, lorsque la voix impérieuse et très en colère de notre fils Trystan résonna à l’arrière de l’habitacle :

– “PAPA ! Tu mets tes mains SUR le volant TOUT DE SUITE !

– “Euuuh… Pardon Trystan ?”

– “Tu LÂCHES ton téléphone et tu te concentres SUR LA ROUTE, BON SANG !”

Médusés par l’impertinence de notre fiston, son père et moi nous regardons avec stupéfaction, lorsqu’il ajoute, le plus sérieusement et sincèrement du monde : 

– “PASS’QUE si on a un ACCIDENT, c’est PAS MOI qui vais t’aider à régler ton problème ! Tu te débrouilleras TOUT SEUL, HEIN !” 

Ou quand tu crois t’entendre dans la bouche de ta propre progéniture.

Et quand tu réalises que tu leur présente non seulement un terrible modèle de communication parental… Mais qu’accessoirement… Tu leur donnes en plus les bâtons pour te faire battre. 

#Mimétisme
#NousEnStéréo
#QuiSèmeLeVentRécolteToussaToussa
#OnSeReprendVite

https://www.facebook.com/EmmanuelleTabaretIllustrations


Try Again !

Dans ces moments là, 

il faut faire vite. 

– “Mamaaan...”

– “Mmmmmmpfff…?

A cette heure du matin, mes yeux tentent vaillamment de s’ouvrir ou dessus du bol de bananes et du nesquick que je prépare à mes Jujutrépides pour leur petit déjeuner…

– “… J’ai mal à la goooorge c’matin…”

– “?!?!?!?

Instantanément, je me sens soudain totalement réveillée !

Ma réaction est alors ultra concernée et immédiate :

– “QUOI !? Montre-moi ça !”

De fait, ce genre de déclarations a tendance à être prise très au sérieux chez nous, car – en l’absence de réponse efficace et rapide – elle peut potentiellement signifier des lardons ronchons et fiévreux installés sur le canapé de la maison durant 2 x 1 semaine. 

Ce qui doit être absolument évité.

A tout prix. 

Surtout en ce début d’hiver austral au Cap. 

– “Euh… Curieux, je ne vois rien Tancrède. Et, fais-voir ? Ah non… Tu n’as pas de fièvre.”

Je regarde mon fils du coin de l’oeil. 
je le trouve effectivement un peu abattu. 

– “P’têt’, mais cette nuit, j’ai tremblé maman, dans mon lit…J’ai transpiré beaucoup aussi… Et ce matin je me sens pas bien…”

Merde. 
Vite, la vitamine C, me dis-je intérieurement en me dirigeant vers l’armoire à pharmacie. 

– “J’me sens fatigué maman, tu sais… J’ai mal partout…”

A ce stade, je m’interroge sur la pertinence de le garder la matinée à la maison, en observation.
C’est alors qu’il me dit : 

– “Et pi’, si ‘chui malade, j’voudrais pas contaminer les autres…”

Une bouffée de fierté m’envahit devant le comportement responsable de mon fiston adoré. 
Mais c’est là qu’il rajoute :  

– “J’crois… ‘ki faut qu‘je reste à la maison, m’an…”

… La phrase de trop.

Celle qui l’a irrémédiablement trahit. 

Franchement, je me suis dit que c’était dommage.
Il est passé si près… 
J’étais presque tombée dans le panneau. 

#TooBad
#DésoléeFistonTyEtaisPresque
#EssayeEncore


L’enfant qui murmurait à l’oreille des oies

Franchement, 

ça piquait. 


Par un certain concours de circonstances, je me suis retrouvée samedi dernier à 8:40 du matin au parc pour enfants – le cimetière des parents – à donner de l’élan à mon fils Trystan, assis sur sa balançoire préférée. 

Soyons honnête : il est chouette ce parc ! 
Au milieu des pins, couverts d’écureuils, avec toutes sortes de jeux et d’attractions… Mais à 8:40 un samedi matin, vous en conviendrez, c’est rude. 

Comme d’habitude, mon fiston chéri appréciant ce moment de qualité avec moi seul sans son frère, en a profité pour me parler et me raconter ses petites histoires, les moments forts de sa semaine. 

J’écoutais donc religieusement ce qu’il avait à me dire, ponctuant chacune de ses phrases par un “Hmhum” ou un “Ah super mon amour !” enthousiaste et plein d’amour, tout en le poussant énergiquement dans le dos, lorsqu’il s’est soudainement tu, levant son petit visage vers le ciel. 

– “Que se passe-t-il, mon amour ?”

– “BAH ! T’entends pas maman ?!”

– “Quoi donc ?”

– “MAIS MAMAN ! Les zoies égyptiennes au dessus de not’ tête ! T’entends pas le boucan k’elles font !?”

De fait, entre les bruits naturels du parc, ceux des oies et la narration ininterrompue de mon petit garçon, je n’avais pas vraiment prêté attention au raffut des palmipèdes installés sur l’énorme branche du pin qui s’étalait juste au dessus de nous. 

– “Ah oui… Tu as raison chéri. Effectivement. Elles se battent, regarde.”

Mon fils a continué encore une bonne dizaine de minutes à me conter ses aventures, s’interrompant régulièrement, les yeux rivés vers la branche, vraisemblablement de plus en plus agacé par la distraction causée par les oies. 

C’est alors que n’y tenant plus, il a hurlé : 

– “MAMAN ! Arrête-moi TOUT DE SUITE !!”

– “Euh… Oui Trystan ?!”

Sautant précipitamment de la balançoire que je venais tout juste de freiner dans sa course, il s’est ensuite avancé vers l’arbre, les mains sur les hanches, les pieds bien campés au sol, le visage entièrement relevé vers la cime. 
Je l’ai vu prendre une immense inspiration, et hurler avec toute la conviction dont il est capable : 

– “SHUT UP, YOU, DAM GOOSES !!
*”Vos gueules, satanées oies !”
Et, à ma plus grande stupéfaction, le silence s’est fait dans le parc. 

Ce qui compte visiblement, en ai-je déduit, c’est de leur parler dans leur langue maternelle, à ces petites bêtes…