Un pâté, deux pâtés, trois pâtés… Ainsi l’hiver va passer.

‘Faut bien dire ce qui est, Cape Town,

même en hiver, 

quand on se les pèle un peu, 

c’est beau.


La lumière devient plus blanche, l’air vraiment froid, la brise marine est plus humide et iodée… 
Les touristes se font très rares au bord de la plage.
C’est toute l’atmosphère qui change dans la ville, tout qui devient plus sauvage, plus authentique, plus romantique, un peu agité et poétique. 
Comme si le temps passait plus lentement, aussi. 

Alors avec les Jujutrépides, on fait comme les gens d’ici, on va souvent au bord de l’océan, histoire de se prendre une bonne raclée d’air pur, même quand c’est juste pour un quart d’heure, même quand il pleuviotte. 

Dans ces moments, je me dis que vivre au bord de la mer, même quand on travaille beaucoup ou qu’on est très actif, ça donne l’impression de vivre en vacances. 
Et ça change tout…

Même pour les Jujus, la plage est un des rares trucs qui les calme un peu.


Alors on entreprend de larges travaux d’excavation. 

On construit de gros châteaux. 

On se vautre dans le sable glacé. 

On observe les deltaplanes et le parapentes survoler la plage ou atterrir. 

Et après ça pour se réchauffer, on applique la méthode sud af’ : 
On va se bourrer de sorbets, avant de rentrer à la maison devant le feu de cheminée.
(Pas bien compris pourquoi, mais bon. Apparemment c’est bien.)
Je n’en suis pas encore au stade ou je les laisse marcher pieds-nus chez le glacier, comme tous les parents ici, mais on travaille dessus. 

Quoi ?
Allez, bons baisers de Cape Town, les amis…


So loooong, les tétines !!!

Franchement, j’y croyais plus. 

J’en suis – littéralement – tombée du lit.


Il est vrai que la soirée précédente avait été légèrement animée. 

(Comprendre : 
Ils avaient inondé la salle de bain, une marche en contrebas du niveau de la maison, en laissant couler le lavabo – préalablement bouché, naturellement – et astucieusement usé du dénivelé pour créer un véritable bassin géant… 
A débordement, donc.
Ces derniers exploits ayant conduit à une crise d’hystérie carabinée de la part de leur mère probablement excédée au delà du raisonnable, tout ce petit monde a fini pleurant à gros bouillons, en petite culotte et chaussettes dégoulinantes, pelotonnés les uns sur les autres, à même le carrelage glacé. 
Vous voyez ce que j’veux dire.)

Bref, c’est pas l’propos. 

Le matin, en émergeant péniblement de mon lit, les yeux encore bouffis de la veille, la première chose que j’ai donc été en mesure d’identifier fut le nez du père de mon insoutenable progéniture et ses grands yeux éberlués, penché sur moi, parlant très vite et visiblement fort perturbé :

– “BlabAAAAblaaaaa CHERIE tu te rends COOOOOMPTE blaaaa blalAAAAAAAAAA TETIIIINES !”

Voilà, à peu près ce que j’ai retenu, sur le moment. 

Après quelques secondes de rebootage de cerveau, j’ai alors été en mesure de comprendre ce qu’il tentait de me dire : 

– “C’est complètement dingue ce qui se passe, chérie ! Nos fils ont décidé de jeter leurs tétines à la poubelle tu te rends coooooompte ! Ils veulent absolument te voir et que tu les prennes une photo, non mais t’imagines, on arrête enfin les tétiiiines !?!?!?!”

Naturellement, j’ai estimé que le doute était permis et qu’il fallait probablement mieux se déplacer, afin de revenir à la source initiale de l’information. 

– “Euuuh (voix éraillée des cordes vocales par encore échauffées)… Hum. 
Alors mes chéris, il paraitrait que vous voulez jeter vos tétines !?”

Réponse collégiale des terreurs gémellaires : 

– “Oui mama. On a vraiment été pas zentils avec toi hier soir. On a fait comme les bébés…

– “Voui, une trèèèèèès rrrrroooooss’ bêtise. Ce matin on a décidé de devenir grands et de plus te faire pleurer. T’es not’ princesse toi !…”

Là, je regarde le père du coin de l’oeil, décelant le discours téléguidé. 
Je le vois alors qui hausse les épaules et ouvre les paumes des mains d’un air sincèrement étonné et complètement ahuri…

– “Euuuh… HEIN ?!?!?!”

– “Oui t’es not’ princesse, alors on va devn’ir grands et on va êtes zentils. Donc pour grandir, ‘faut couper et zeter les tétines, papa il dit toujours ça. Alors viens, ON Y VA et tu prends les photos, d’accord !?”

– “….. ?!?!??!???!”

J’ai failli leur dire : 
– ” Bah évidemment D’ACCORD ! Ça fait 4 ANNÉES que j’attends cet instant !!!!”

Mais je me suis abstiendue, comme dirait Tancrède, préférant les laisser calmement mettre la machine à grandir en marche…  

J’ai alors assisté au massacre des tétines, y compris les neuves-de-rechange qui attendaient sagement dans le placard de la pharmacie, sans savoir qu’elles n’en sortiraient que pour voir leur dernière heure sonner…

Après 1155 jours de bataille forcenée pour leur faire lâcher cet accessoire de malheur, de menaces, de promesses irréelles… il a suffi de quelques secondes d’une déconcertante simplicité et d’un déroutant détachement, pour mettre un terme à une histoire d’amour qui semblait pourtant devoir rester éternelle :

“Voilà, r’garde Tancrède, tu coupes comme ça, sur l’côté.”

“Bah zut, ça marche pô !”
“Bah oui, frérot, c’est le bout en caoutchouc qui ‘faut couper, pas le morceau de plastique dur !”
“Ah bah oui !”

Arrivé vers la fin, lorsque toutes les tétines ont été réduites en charpie, sans émotion aucune, le geste sûr et auguste, Tancrède a balancé tous les reliquats à la poubelle. 

Comme si de rien n’était. 

Depuis, on n’a jamais réentendu parler des tétines…

Les enfants sont quand même surprenants, parfois.

(Tout le temps, en fait.)

Les Jujus mineurs-de-fond découvrent le Gold Reef City

Visiter Johannesburg, 

c’est aussi découvrir 

le passé minier de la ville. 


Très récente, la cité n’a été fondée qu’en 1887, suite à la découverte, un an plus tôt, d’un gigantesque gisement d’or dans la zone. 
Moins de dix ans plus tard, ce sont déjà 100 000 personnes qui peuplent l’endroit, enrichies (ou victimes) de cette ruée vers l’or, version africaine. 
Aujourd’hui la ville, incluant ses conurbations, compte plus de 10 millions d’habitants. 

Construit sur l’emplacement d’une ancienne mine aujourd’hui désaffectée, le Gold Reef City est un complexe de casinos ainsi qu’un énorme parc d’attraction conçu autour du thème de la mine. Le lieu, entièrement reconstruit selon l’architecture des maisons d’époque, est très sympathique pour les enfants… 

Et le(s) plus grand(s) :


Des visites de l’ancienne mine sont organisées (attention les enfants de moins de 6 ans ne sont pas autorisés), plusieurs fois dans la journée, et permettent de comprendre comment s’est forgée la très grande richesse de cette ville :

Ouverte en 1887, le trou de la mine a été creusé jusqu’à 1400 mètres de profondeur, mais seuls les 75 premiers sont aujourd’hui visitables. 

Après s’être équipés…

Les visiteurs descendent dans l’ascenseur central, qui s’enfonce alors lentement dans les profondeurs de la terre : 

Là, ce sont 30 000 mineurs de fond qui se séparaient chaque jour dans les différentes galeries, sur 2 shifts de 12 heures. 

Durant 90 années, jusqu’à la fermeture de la mine considérée comme non rentable en 1977, des blocs entiers de pierres – dont les filons avaient été préalablement repérés par les géologues – ont été extraits à la dynamite – tout  récemment inventée par Mr Nobel – au burin à air comprimé et à la pioche par des milliers de mineurs “payés” 80 rands par mois (6 euros…) pour ce travail exténuant et hautement risqué. 

Silicose des poumons dûe aux poussières, perte totale de l’audition liée à la machinerie dont les mineurs n’étaient pas protégés, accidents d’éboulements ou d’inondation, coups de grisou… 
La vie de ces esclaves modernes, souvent Noirs ou Etrangers, venus des zones avoisinantes pensant améliorer leur train de vie, n’avait pas beaucoup d’importance. 

Une fois récupérés, les blocs étaient entreposés dans des “coco pan”, sorte de charriots de métal, hissés vers la surface : 

Ensuite débutait la manipulation de réduction des pierres en poussières, pour en extraire enfin le précieux métal : 

Il fallait compter 4 grammes d’or pour chaque charriot d’1 tonne remonté. 
Au total, c’est plus d’1,4 million de tonnes d’or qui ont été extraits de la mine… Je vous laisse calculer le nombre de charriots qui ont dû être hissés à la surface, pour arriver à ce chiffre. 

Pour les enfants qui n’ont pas pu faire la visite (mais aussi pour les grands qui retrouvent alors l’esprit de leur enfance !), à la sortie de la mine, un petit cours d’eau est mis à disposition pour y chercher de minuscules pépites, habilement disséminées dans le sable : 

Un joli moment amusant et instructif, à passer en famille.

Le Jujus dompteurs de lions blancs au Ukutula Lodge & Lion Park

C’est FOU le nombre d’animaux 

que l’on peut croiser
dans la ville de Johannesburg ! 


La semaine passée, nous avons fait un petit saut (deux heures de vol) dans la capitale économique du pays – aussi surnommée Jozi ou Joburg, pour les intimes – afin d’y retrouver le Papilo des Jujutrépides. 

Et de fait, Johannesburg, c’est “Au Bonheur des Jujus”, d’une certaine manière : dans les parcs, les restaurants, les magasins… 
PARTOUT, l’on trouve toutes sortes d’animouths, près à se faire étouffer de bisous par les enfants.  
Des plus gentillets… :

Euh chéri, là tu l’étrangles, le pauvre lapin…
Papilo nous a appris à donner à manger aux canards sans avoir peur.

Aux plus exotiques… :  
Artistiques… : 

Le canard Picasso
Étranges… :

“S’il te plait AÏLAÏKTOUMOUVIT, viens me voir !”
 “Mais alleeeeeeeeeer !!!!”
Sorry, kiddo, ‘suis en pleine séance de Yoga là.
Aux plus inquiétants : 

“Euuuuh, Tancrède, j’ai quoi dans l’dos là ???!?!?”
“Wouuuaaaaahhhh ! Un Python géant !!! trop bien !!!”
“On peut l’ram’ner à la maison mamaaaaaan !?”
“Euh, comment te dire chéri !? NON.”
Et même jusqu’aux plus majestueux… : 

Pour cela, il faut rouler un peu plus de 100 km au nord ouest de Johannesburg jusqu’au Ukutula Lodge & Lion Park :

Mondialement connu comme centre de reproduction et de recherche scientifique sur les félins, le parc est immense (près de 300 hectares), et propose à la fois des services d’hôtellerie et des visites ciblées (sur rendez-vous uniquement).
Le centre est très à cheval sur l’éthique et aucun animal n’est reproduit à but lucratif ou de chasse commerciale. 

“… Tancrède, mon fils, recule de la barrière steuplé.
J’crois que le tigre t’a repéré.”
“J’rigole pas, fiston, RECULE je te dis.”

L’objectif du parc est de récolter et de déchiffrer le patrimoine génétique de ces bêtes, spécialement les lions, afin de créer une banque de données pour la reproduction et assurer ainsi la survivance de l’espèce, toujours plus menacée.

Une partie des équipes travaille également sur la tuberculose féline, véritable fléau naturel qui s’ajoute sans pitié aux braconniers, à l’industrialisation et la restriction drastique de leur habitat naturel, et décime chaque année des milliers de lions sauvages, notamment en Afrique du Sud. 
Ayant découvert que les rarissimes lions blanc – à ne pas confondre avec les lions albinos – disposent d’un gêne unique qui les rend insensibles à la maladie, le centre travaille sans relâche à trouver le gêne responsable de ce miracle et à reproduire ces animaux exceptionnels : blanc caramel aux yeux bleu azur.

Les visiteurs, enfants ou adultes, peuvent ainsi approcher les nouveaux-nés (lion, guépards, hyènes…) et les tripoter en toute sécurité. 
(On n’a pas dit sans risque de petite machouillure ou griffure, en revanche, hein !)

Lors de notre passage, seules des petites hyènes venaient de voir le jour, mais en temps normal beaucoup de lionceaux peuvent ainsi être câlinés… 

Une expérience unique au monde.  

Les Jujutrépides ont ainsi pu gratouiller pour de vrai des bébés hyènes de 4 semaines… Quelle émotion !
Ça ressemble un peu à des oursons mâtinés avec des cochons sauvages ou des chiots.
Curieux. 

Bébé guépard
La seconde visite n’est ouverte qu’aux adultes ou aux enfants de plus de 10 ans et consiste à aller caresser des lionceaux plus âgés (3 ou 5 mois) : 
Même nés en captivité, ces lions font preuve d’un instinct naturel intact et stupéfiant : dans un groupe de plusieurs personnes, ils repèrent instantanément la présence de jeunes enfants, immédiatement considérés comme les maillons faibles de la troupe, des proies faciles…
Les petits enfants ne peuvent donc malheureusement pas faire partie du tour.
Narnia, la plus jeune des lionnes blanches du parc.
Elle est née avec les yeux bleus qui ont viré au vert et redeviendront bleus d’ici 1 ou 2 ans. 
Passer quelques minutes à caresser ces splendides animaux est une expérience indicible… 

Le sentiment de transgression d’un interdit, d’une forme de danger, ces “gros chats” restant imprévisibles…
Et en même temps, un élan de tendresse et d’affection irrépressible, une volonté immédiate de protéger ces petits félins adorables que les humains s’acharnent à détruire… 
“Aller, emmène-moi avec toiiii !”
OU PLUTÔT :
“Toi, si t’étais pas aussi grosse, j’t’aurais déjà bouffée au p’tit dej’ !”

La troisième visite consiste en une marche d’une heure avec des lions adultes… en liberté dans le parc. 
Deux rangers assurent la sécurité du petit groupe. 
Quelques règles essentielles néanmoins : se munir d’un bâton de pèlerin, toujours rester groupés et ne jamais se baisser, attitude qui laisserait penser aux félins que l’on se soumet. 
Ainsi, les lions en viennent à considérer les hommes comme des membres de leur propre groupe. 

La balade est fantastique : tels de gros chiens de berger, les lions nous frôlent et nous dépassent durant tout le trajet. 
A l’aller…
Et au retour…
N’étant ni dressés ni apprivoisés, mais juste canalisés par les guides grâce à un système de demandes-récompenses (des morceaux de poulet bien dodus), les lions sont libres de s’échapper dans le parc, de monter aux arbres, d’avancer où ils le désirent…
Ou de faire des pauses… Sans préavis.

C’est leur leader qui sonne le rappel pour le retour au lodge… 
Ce dont, ni les lions ni les hommes n’ont vraiment envie ! 

Quelle aventure…

Découvrir les lions du Drakenstein Lion Park

Depuis le temps que les Jujutrépides 
regardent le Roi Lion en boucle…

– Franchement, ils ont déjà dû le voir 50 ou 60 fois –

… Et qu’ils passent leur journées à “rugir” 

à la face des pauvres gens 
qui viennent gentiment leur dire bonjour…


On s’est dit qu’on allait le faire.

Les emmener au Drakenstein Lion Park, à 50 km de Cape Town, juste avant Paarl. 
Voir plein de vrais lions, pensant que cela exorciserait peut-être cette impérissable obsession. 

Le Drakenstein Lion Park est un sanctuaire pour lions nés en captivité : ils récupèrent tous les fauves maltraités dans des cirques, abandonnés par leur propriétaire qui croyait acheter un animal de compagnie avant de s’apercevoir qu’il héberge un dangereux prédateur, donné par des zoos contraints à la fermeture… 
Bref, tous les déshérités du monde félin finissent ici, pour leur plus grand bonheur, sachant que les réintroduire dans la nature est impossible. 
Les donations sont proposées : elles visent à leur offrir des mois, des années, voire une vie entière de soins jusqu’à leur belle mort. 

Le parc est très grand, composé de nombreuses enceintes de plusieurs milliers de m2 ou chaque lion ou couple de lions, peut roupiller en paix au soleil dans leur prairie, en attendant tranquillement la distribution de steaks… 
Une agréable retraite pour ces animaux souvent martyrisés dans leur passé. 
Le long de chacun de ces mini-parcs, les visiteurs peuvent se balader et les observer. Parfois, il faut monter sur des plateformes en hauteur pour réussir à les voir, bien camouflés, étalés dans les herbes hautes. 
  
Près d’une quarantaine de lions sont ainsi dispersés au sein du domaine :


Nos Jujutrépides ont bien joué le jeu du “cherche-le-lion-dans-les-futaies” quelques minutes…


… Avant de capituler en nous disant : 

– “‘Façon, maman, moi j’aime pô ici, pass’que ‘y sont mooooorts les yions dans cet endroit, ‘rg’arde, ils sont allongés dans l’herbe, TOUT MORTS !”

– “Euuuh comment ça tout morts Trystan ??? Mais pas du tout, ils font juste dodo ! Ils sont TRÈS vivants, en vrai !”
C’est sûr que, s’ils s’attendaient à en voir danser un sur Hakuna Matata, c’était pas gagné…

A l’instant où j’achevais ma phrase, l’un d’eux s’est réveillé, fort à propos et précisément pour étayer le mien :

– “Bah tiens regarde chéri, tu vois qu’il est vivant le lion, t’as vu, il t’observe justement !”

Réponse sans appel du gamin désabusé : 

– “Bah moi, ‘façon, j’préfère les VACHES, tu sais.”
#AdieuBaleinesOtariesLions
#EnfantsTotalementBlasés
#LesVoyagesPourissentLaJeunesse

Bref, si vous aimez les lions, c’est un bon moyen de les voir de près. 
Si vous avez des gosses, laissez-les à la maison.

Découvrir le Scratch Patch !

En ce moment, à Cape Town, 

c’est l’hiver ET les vacances. 


Pour nos Jujutrépides, c’est l’horreur. 

Quand il fait beau, on s’occupe un peu dans le jardin. 

M’enfin regarder l’océan pendant des heures, les yeux dans le(s) vague(s), ou faire semblant de pêcher du “poichon” qui n’existe pas – un peu comme quand on va à la pêche avec papa ! – ça va deux minutes…


Au bout d’un moment, quand on a fait, défait et refait deux cent fois le train de lego, les tours de megablocks, dessiné toutes les pièces de la maison et tous les animaux existants sur la surface de la terre (et sous les mers), fait une quarantaine de madeleines, vu deux Disney et lu trente deux histoires avec maman… 
On s’ennuie ferme. 
Heureusement, il y a le Scratch Patch : Situé juste à Côté de l’Aquarium du Waterfront, dès 09:00 heures du matin, ce petit secret le mieux gardé de Cape Town peut éventuellement vous sauver une matinée ou un après midi, surtout si vous enchainez sur l’Aquarium ou une balade sur le port. 

Sorte de caverne aux trésors, littéralement remplie de pierres semi précieuses sud africaines : œil de tigre, quartz rose, améthyste, jade, agates, cristaux, lapis lazuli… 

Le concept est super simple : les parents achètent un petit sac (selon la taille, entre 17R et 95R) et les gosses repartent avec autant de pierres qu’ils ont réussi à faire rentrer dedans. 

Véritable océan de gemmes, les gamins se vautrent dedans, à la recherche du plus beau caillou :

C’est l’occasion de commencer à faire leur éducation et de leur apprendre les noms des pierres qui, dans un futur relativement proche, pourraient s’avérer très utiles dans leur vie de couple. 

Apparemment, Toutes ces gemmes ont, de plus, la réputation de détenir un vrai pouvoir énergétique et magnétique, apaisant et antistress.





Naturellement, Je n’ai observé aucun résultat probant sur les Jujutrépides. 
M’enfin, sachant que j’ai le bonheur d’élever des modèles particulièrement coriaces, rien ne dit que ça ne marchera pas sur les vôtres. 

Il existe un autre endroit tel que celui-ci à Simon’s Town, pour les plus aventuriers qui voudraient coupler cela avec un p’tit coup de baleines ou de pingouins… Bon weekend !

Les câlins des enfants, cette drogue dure

L’autre jour, en regardant le post d’une amie 

sur ce réseau social bleu et blanc assez connu,

je suis restée quelques minutes, 

mi amusée, mi méditative, 

devant le dessin humoristique suivant :

Elle fait de super dessins cette nénette, si ça vous intéresse c’est là

Je me suis alors avoué intérieurement : c’est TELLEMENT vrai. 

Fidèle à mon extrémisme habituel, j’irais jusqu’à dire que les bisous et les câlins des enfants, c’est probablement la seule vraie bonne raison de les faire, ces morveux. 

J’irais même encore plus loin : les bisous des gosses, quand c’est pas les nôtres… C’est DÉGUEU.
(Oooh arrêtez hein, les saintes nitouches là, on le pense tous.)
En général, et pour une raison qui m’échappe, les gamins – et ce jusqu’à un âge avancé – sont semble-t-il incapables d’embrasser sans en foutre partout. 
Ils n’arrivent jamais à viser, non plus. 
Du coup, c’est vas-y qu’j’te bave sur le nez, que j’te colle un gros patin spumescent sur la bouche, que j’t’embrasse dans l’oreille en te bousillant le tympan… Bref, c’est l’horreur. 
Mais quand c’est les NÔTRES… Ça change tout. 

L’espace d’un instant, c’est le paradis. 

Oubliés, les bavousis bourrés de microbes immondes et aromatisés aux brocolis.
(Pour peu que ce soit plutôt des restes de Nutella, on leur suçoterait presque le bout du nez pour nettoyer, comme les lionnes avec leurs lionceaux.)

Quand c’est les nôtres, on a vraiment l’impression d’être aimé par quelqu’un sur cette terre.

Pas pass’qu’on est belle, mince, riche, intelligente, qu’on fait bien la cuisine, qu’on joue super bien aux échecs, qu’on a du talent, qu’on est drôle ou gentille ou sexy ou attentionnée ou qu’on a une belle maison ou une super guitare… Et tout ça. 
Non. 
Juste pour ce qu’on est, là tout de suite.

Oubliée la fessée d’hier, l’interdiction du 27ème Kinder de la journée et la soupe courgette-celeri qu’on leur a imposée quinze minutes plus tôt.
(Si on avait su, on les aurait bourrés au Nut’ à la place. Donc.)

Eux, ils oublient tout, il rebootent toutes les cinq minutes, comme les poissons rouges : ils embrassent pour de vrai, sans arrières pensées, sans rien attendre. Juste avec le coeur qui a un peu débordé à cet instant précis… Les faisant surgir dans nos bras…
Bon évidemment ‘faut que ça vienne d’eux n’est-ce pas…
Le “Alleeeeer chéri, vas faire un gros bisous à Tante Ursule”, ça marche pas aussi bien…
Quand ça vient pas du palpitant, c’est pas pareil. 
Y’a pas la magie, j’veux dire. 

Et c’est là que ça devient dur. 
Parce qu’à force d’attendre ces rares élans affectifs, on s’impatiente. 
Le manque devient difficile à gérer. 
On se dit qu’avec tout ce qu’on fait pour eux à longueur de journée, on mériterait au moins vingt-huit heures de câlins par jour…
Mais les enfants ne l’entendent pas de cette façon. 
On a l’impression que leurs  bisous, ils les distillent comme les Paris-Brest : ‘faut pas en abuser sous peine de devoir ramer plus tard (au sens propre).

Alors on a tendance à finir par réclamer. 
Par quémander. 
Indignes. 
En se disant que nos tronches piteuses de parent en mal d’affection vont finir par les attendrir ou les émouvoir. 

Tu parles. 

Les bisous des enfants ça n’se commande pas. 

C’est comme ça. 
Et voilà pourquoi on a inventé le chocolat. 

Quand y’en a marre, y’a Malabar

Ne niez pas !

  Je sais que vous AUSSI.
(Enfin… J’crois.)


Vous aussi, certains jours funestes, surtout lorsque vous n’avez pas pris de vacances depuis longtemps, ça vous est arrivé. 

Vous aussi, vous y avez songé, ne passant pas à l’acte pour la simple et UNIQUE raison que vous n’en n’aviez pas les moyens techniques et matériels.

J’ai nommé : une quantité de SUPER GLUE suffisante. 


Non pas pour recoller la semelle de la nouvelle paire de chaussures que vous venez de lui acheter avant hier mais qu’il a déjà réussi à user. (sur les pieds ou dans le nez du frangin, essentiellement.)

Non pas pour réparer le vase ou la statue éclatés en menus morceaux dans l’entrée la semaine passée. 

Non pas, même, pour leur celer définitivement le bec afin de ne plus les entendre. 

Non. 

Vous y avez songé, lors de cet énième et épouvantable caprice que rien n’a semblé pouvoir arrêter, afin de… 

… les accrocher au mur de la salle à manger. 

Si. 
Si,si.

Histoire de les voir vociférer et gesticuler de rage dans le vide, impuissants mais néanmoins en sécurité, jusqu’à l’épuisement et au retour d’une atmosphère sereine dans la maison. 

Non?
Vraiment ? 
Jamais ?

Hum. 

Bref. 

Toujours est-il qu’il y a probablement un dieu pour les mères-de-jumeaux-au-bout-du-rouleau : les miracles arrivent lorsqu’on les attend le moins. 

L’autre jour, nous étions au parc, et Trystan s’est mis, à corps et à cris, à réclamer d’être installé dans une balançoire pour bébés, celle-la même qui enferme littéralement l’enfant jusqu’aux aisselles, et permet ainsi d’éviter toute chute potentielle.

Au bout de 10 minutes de négociation forcenée, à lui expliquer que celle-ci était destinée aux tous-petits, qu’il était maintenant bien trop grand pour y loger sans y rester coincé – TILT ?! – et qu’une autre balançoire, cette fois juste à sa taille, se trouvait 50 cm plus loin à gauche… Rien n’y a fait. 

Le voyant se rouler par terre de rage, dans la poussière ocrée du parc, à bout de nerfs, j’ai donc pris la folle décision de l’exhausser… 
Et, par là même, de mettre en pratique mon fantasme inavoué de mère en rogne :

Il n’a ainsi pas manqué de se retouver – à sa demande, et c’est bien là le plus beau de l’histoire – installé dans sa balançoire minuscule, bloqué au niveau des jambes, pendouillant dans le vide.

Interdit et subitement calmé. 


“Quand y’en a marre… y’a Malabar.”

Pardon…

…”Y’a la BALANÇOIRE.” 

Dessine moi un mouton !

Durant les vacances, 

nos Jujus ont découvert 

leur nouveau jeu fétiche : 

Nous harceler jusqu’à ce qu’on leur dessine des trucs. 


– “Papaaaaa, tu m’dessines un bateau, avec des mouettes et aussi un ‘ro requin !!”

ou encore :

– “Papaaaa, tu m’dessines un loup avec le p’tit cochon ?”

Mais aussi : 

– “Mamaaaaaa, tu m’dessines une pizza, avec une lumière et un tiroir ?”
(VÉRIDIQUE)

C’est terrifiant. 

A la seconde où le papier est posé sur la table et le stylo dans nos mains, le silence se fait, un calme absolu règne dans la maison. 

Ils sont malins ces Jujutrépides, ils savent y faire. 

Du coup chacun d’entre nous, à tour de rôle, sommes désignés pour obéir à ce nouveau chantage jujuesque. 

Le thème du père Noël est assez récurrent (allez savoir pourquoi !) :

Et les influences Disneyiennes et Dreamworksiennes assez évidentes :

“La-vilaine-maléfique-de-dans-la-princesse-qui-dort-tout-l’temps-
et-même-que-le-prince-il-lui-a-jeté-une-épée-dans-l’ventre-et-après-elle-a-MOURU.”
“Simba le Roi YION.” 
“Le pingouin de AÏLAÏKTOUMOUVIT.”
“OLAAAAAF !!!”

Cependant, les objets du quotidien ne sont pas en reste :

“L’avion de papa et maman.”
(Apparemment on est des survivants… Quand on voit les appareils.)
“L’aréroroport.”
“Les narjiiiiiilés.”
“La maison avec le barbeuKIOUUUUUUU !!”
Naturellement, les styles diffèrent passablement d’un esclave-dessinateur à l’autre :

Beaucoup de caractère et de réalisme chez les dessins de Papa, qui n’hésite pas à obtempérer à toutes les demandes, même les plus saugrenues.  

Pour compenser, chez Téta, c’est plutôt la poésie du dessin et la légèreté du trait qui priment : 

Et chez maman… Bah… Elle fait ce qu’elle peut…

Sachant qu’il a été principalement question de tracteurs et de pelleteuses (mais POURQUOI MOI sur des sujets pareils ?!?!) :

… D’animaux imaginaires aux couleurs hautement questionnables :
QUI a dit : “boaaaahahaha ! En fait t’arrives juste pas à dessiner un lion !” ?

Bref.
Je n’ose l’avouer… 
Et pourtant si : 
VIVEMENT LA RENTRÉE… Que cette tache éprouvante échoie à nouveau à leur MERVEILLEUSE maîtresse. 

La politesse selon Tancrède

Franchement, si on m’avait dit un jour 

que je les dirai, je ne l’aurais pas cru. 


Non, vraiment. 

Parmi les millions de choses qui changent lorsque vous devenez parents, avez-vous remarqué le nombre de clichés et de phrases que vous n’auriez jamais cru prononcer un jour, mais que vous vous mettez pourtant subitement à répéter quotidiennement ?

Surtout depuis que vos enfants sont en âge de se mouvoir et d’émettre des sons ?

Tous ces poncifs stéréotypés que nous nous retrouvons obligé(e)s d’asséner / hurler en permanence pour le “bien” de notre progéniture adorée, que nous savons pourtant tristement, au fond de nous-même, un peu mal élevée… 

Ou disons plutôt, de façon plus optimiste, que pendant toutes ces années durant lesquelles l’apprentissage est en cours d’impression dans leurs petits logiciels encéphaliques barbares et drivés essentiellement par le principe de plaisir, la répétition pavlovienne de ces sortes de mantras semble nécessaire :
Dis bonjour à la dame.

C’est quoi le mot magique ? 

Merci qui ? 

Enlève ton doigt du nez.

Arrête de crier.

Tu reste ASSIS et tu mange avec ta fourchette !

Releve-toi, c’est dégoûtant par terre. 

Ne tape pas ton frère !

Arrête de discuter tout ce que je te dis.

Tu laisses les grands parler.

Vas tout de suite ramasser ce que tu viens de jeter. 

Retourne te coucher avant que je m’énerve. 


Bref… 
Nous connaissons toutes ces injonctions pour les avoir tant de fois entendues dans la bouche de nos parents et, maintenant, nous-mêmes tellement prononcées. 

Je m’étais pourtant promis de ne pas les dire. 
Et j’ai bien essayé de trouver d’autres méthodes, pensant que donner l’exemple en usant d’ordres et de sommations n’est pas forcément le procédé le plus recommandable. 
Mais leur efficacité n’a pas été démontré. (Non plus ?)

Le pire, c’est que je SAIS qu’ils SAVENT.
Ils les connaissent par coeur ces phrases, et les répètent même souvent, machinalement, durant leurs jeux d’enfants que j’observe du coin de la porte, sans qu’ils ne me voient:

– “Naaaaan Tancrèèèèd’, maman elle a dit que faut pas mettre tes doigts dans l’neeeez !!! Pass’que après, ‘Y va dev’nir trèèèèès ‘rooooo, ton nez !!!”
ou encore : 

– “Si tu m’tapes encore, j’vais tout dire à maman et elle va t’criiiier d’ssuuuuus !!”
L’autre jour, j’ai d’ailleurs assisté à une scène jujutrépidèsque d’anthologie, confortablement installée dans le canapé du salon.  
Je les entendais en fond sonore, venu de leur chambre. 
Le ton s’est alors mis à monter :

– “Trystaaaaaan, tu m’as pas dit “MERCI” !!!!”

– “Oooh mais arrêt’ Tancrèèèèèd’, ça vaaaaa !!!”

– “DIS MOI MERCI MAINT’NAAAAANT !!!”

– “NOOOOOOOn !!!”

PAF ! 
(Bruit d’énorme beigne reçue en peine poire.)

– “OUUUUUUUUUIIIIIIIIINNNNNNNN !!!!”

– “Et main’nant, tu m’dis merci, alors ?!!!”

– “… beuh… (bruits de reniflements)… Oui… merci Tancrèd’…Alors…” 

Outre le fait que je suis restée en admiration devant tant d’efficacité éducative de la part de Tancrède, c’est surtout sa réponse très adaptée qui m’a le plus émue : 

– “Mais, ch’t’en prie.”
J’en ai alors déduit que tout n’est pas perdu.