C’est ABSOLUMENT UNIVERSEL.
TOUS les parents passent par là.
Vous allez vous reconnaitre :
Ce moment, dans l’après midi, où vous ramenez les gosses à la maison après un goûter chez les copains/l’école/le cours de natation/le parc/etc, pour faire la SIESTE ou tout simplement pour les faire rentrer :
Hystériques durant toute la journée, ils deviennent tout à coup léthargiques, sous l’effet du roulement de la voiture, le silence se fait doucement dans l’habitacle… Et tout à coup, dans le rétroviseur central, vous voyez qu’ils se sont endormis, la tête penchant en avant, juste retenus par la ceinture du siège auto, le bavousi aux lèvres et la respiration bruyante, voire les ronflements en marche.
Au début, quand vous manquez d’expérience, vous vous dites : “wouaaaaah génial ! Enfin !!”
Sauf que rapidement, vous apprenez de vos erreurs.
(Ça s’appelle la FORMATION PARENTALE.)
Vous réalisez que le trajet jusqu’à la maison dure 12 minutes (si vous avez de la chance). Et que dans 720 secondes, il faudra donc les extraire de la voiture…
ET LÀ, CE SERA LE DRAME.
Car une fois réveillés, même après une micro sieste de deux minutes, voir de 60 secondes, les mômes, ILS NE SE RENDORMENT PLUS.
Et ils sont de SUPER mauvaise humeur.
C’est comme si leur petit cerveau, beaucoup plus efficace que la batterie des i-phones, se rechargeait instantanément, dès l’instant où il s’est éteint et rallumé. Un simple rebootage suffit, en quelque sorte.
C’est de la haute technologie, les gosses.
Alors, au début, vous n’avez pas encore bien compris votre douleur, et au lieu d’aller au plus facile, vous essayez d’être un bon parent (ou de vous épargner une fin d’après midi de hurlements et de grognasseries) : vous commencez à mettre en place tout un tas de méthodes et de procédés pour tenter de les transporter du siège auto au lit, sans les réveiller.
Le CHALLENGE.
La première fois, vous êtes probablement resté(e) quelques minutes, la portière ouverte, devant le gamin endormi, affaissé dans son siège, vous demandant comment faire pour le désincarcérer en douceur…
Après, vous vous êtes organisé(es) : avant de partir de la maison pour aller les chercher, vous avez tiré les rideaux dans leur chambre, vous avez déposé le doudou et la tétine dans le hall d’entrée, prêts à les encourager à se rendormir illico, dès que vous les aurez soulevés du siège…
Sinon, il y a aussi le linge ou la petite couverture sous la main, à leur mettre sur la figure avant de les détacher, histoire de les maintenir dans les brouillards du sommeil.
Il y a même les super courageux qui déclipsent CARREMENT les sièges auto, ramenés jusqu’à leur chambre, pour faire glisser, imperceptiblement, les gosses DIRECTEMENT dans le lit.
Croyez-moi, toutes ces techniques, je les connais…
Mais elles ne marchent pas.
Il faut se faire à l’idée :
LES GOSSES SE REVEILLERONT.
Alors, les mois passant, vous avez tendance à jouer la montre : sous prétexte de décharger la voiture dans le garage, vous laissez toutes les portes ouvertes, (pour l’oxygène), les gosses bénéficiant d’un peu de temps supplémentaires pour roupiller….
Même quand le déchargement en question concerne essentiellement la baguette de pain…
M’enfin, au bout de quelques minutes, les remords vous assaillent.
Vous retombez alors sur le problème premier : les sortir de la voiture.
Comme par magie.
Sauf que la magie ça n’existe pas, dans le monde parental.
(Contrairement à ce qu’on vous a raconté dans les Disney durant votre enfance…)
Alors, au bout d’un certain nombre d’années, vous avez ENFIN pigé :
IL NE FAUT JAMAIS, JAMAIS, LES LAISSER S’ENDORMIR DANS LA BAGNOLE.
(Sauf longs trajets, naturellement)
C’est simple.
Une fois que vous avez compris cela, commencent ces scènes lunaires où vous conduisez, les yeux rivés sur le rétro, guettant le moindre signe d’assoupissement et là, vous vous mettez à hurler comme un(e) possédé(e) :
– “NOOOOOOOOOn !!!!! Mon amour tu ne T’ENDORS PAS, T’AS COMPRIIIIS !!!!!”
Vous chantez, vous les faites rire, vous essayer de les faire parler.
Mais rapidement, les pauvres gamins, après avoir lutté – aidé en cela par votre voix stridente qui leur défonce les oreilles toutes les 13 secondes – finissent malgré tout par céder aux sirènes de Morphée, plus fortes que leur volonté.
Là, vous enclenchez le plan B : la sono à DONF’, volume 45 !
Votre gosse vient de frôler l’arrêt cardiaque, mais il a rouvert les yeux.
Quelques instants plus tard, vous êtes à moitié sourde, tous les conducteurs des voitures que vous dépassez vous regardent comme si vous étiez sortie d’asile.
Malheureusement, les petiots donnent encore des signes d’endormissement, leurs tympans ayant commencé à mettre un place un système de shut down face à tout ce boucan.
C’est le moment de sortir votre ultime cartouche.
(Veillez donc à ne l’utiliser qu’en toute fin de parcours) :
Après avoir préalablement vérifié dans votre rétro que les enfants sont bien harnachés dans leur siège et qu’aucun véhicule n’est derrière vous, donnez un grand coup de frein.
Pilez, quoi.
Imparable.
Si quelqu’un vous observe depuis le début, il y a de grandes chances qu’il appelle le SAMU ou le service psychiatrique de l’hôpital le plus proche.
Mais la bonne nouvelle, c’est qu’en général, personne n’assiste à la totalité du parcours. Vous devriez donc vous en sortir.
Une fois arrivés à la maison, les gosses – s’ils n’ont pas dégueulé entre temps – devraient alors tranquillement tituber jusqu’à leur lit pour s’y effondrer en toute sérénité.
Vaincus.
Voilà.
Voilà ce qu’on apprend, avec l’expérience, quand on devient parent.