Découvrir Paternoster et ses langoustes

L’autre week-end, 

Tancrède a exprimé 

une envie culinaire assez précise :  


– “Maman, j’voudrais des crôvettes, tu saiiiis les ‘rooooosses crôvettes là.”

– “Des crevettes ??!??!??!” (sous-entendu “Euuuh… Hein ??)

– “Mais siiiii, tu saiiis avec des antennes et qui tapent avec leur queue.”

Il m’a fallu quelques secondes pour percuter qu’ils venait subitement de se rappeler un souvenir vieux de presque 1 an (ici.)
Il faisait référence au restaurant où il avait découvert un vivier de LANGOUSTES et avait appris, grâce à la gentille serveuse, à les tenir sans se faire pincer. 

– “Tu veux dire des langoustes Tancrède ?”

– “Vouiiii voilà, ça !!”

– “Tu veux des langoustes ! Rien que ça !? Je crois qu’on t’élève vraiment mal mon fils…”

– “Mais non mais moi j’sais où y’en aaaaaa !”

– “Ah bon ? Et où donc chéri ?”

– “Mais… Au restaurant bien sûr !”

– “Bien sûr !…”

Selon les parties du monde où ils vivent, les enfants ont décidément des notions très différentes sur les choses…
Pour lui faire plaisir, c’est donc tout naturellement que j’ai pensé au petit port de Paternoster, à 145 km au nord de Cape Town : connu pour sa magnifique baie de sable blanc, ses belles maisons blanches et surtout… Ses pêcheurs de langoustes !

Oui, c’est sûr, en hiver, y’a pas grand monde…

En été, lorsqu’il fait beau, on peut s’y baigner et faire toutes sortes de sports nautiques. 
Lorsqu’il fait moche, c’est plutôt bottes et cirés !


Pour le déjeuner, le très sympathique et convivial restaurant Voorstrand donne sur la plage et propose des produits ultra frais directement sortis de l’océan. 

Naturellement, nous avions emmené avec nous la glacière de compétition et avons ratiboisé avec un plaisir non dissimulé les stocks des pêcheurs qui proposaient leurs bestioles à des prix défiants toute concurrence sur la plage…

Avant de découvrir que la vente des langoustes était strictement encadrée par la loi et – comme la chasse – se faisait lors d’une période bien précise : 
En l’occurrence de mi novembre à mi avril. 
C’est donc avec horreur que nous avons réalisé sur le retour, que notre coffre était bourré à craquer de spécimens marins totalement illégaux.

Bref… Ce qu’on ne fait pas parfois pour ces enfants, n’est-ce pas ?…
On ne nous y reprendra plus. 

Naturellement, les Jujutrépides ont insisté pour assister à la mise à mort de ces pauvres petites bêtes.  

– “On va les ZETER dans l’eau bouillante, hein maman ?! Et après elle vont crier aahahahahaahah c’est trop chauuuud !?”

– “Euh… Tancrède, c’est affreux ce que tu dis, tu sais.”
(Genre, comment nous faire passer l’envie instantanément…)

Réponse imparable du fiston très décidé, que le sort des pauvres crustacés ne semble guère avoir ému : 

– “Mais non mamaaaaa ! Tu sais, c’est très bon les langouuuustes !”

C’est sûr…

Les Jujufleuristes découvrent le West Coast National Park

C’est aussi ça Cape Town : 
chaque saison a ses plaisirs. 

Au printemps, il fait encore frais, mais il y a les baleines à observer et surtout les champs de fleurs à découvrir !

A 100 km au nord de Cape Town, se trouve le West Coast National Park :
Longeant le littoral atlantique, battues par les vents, la zone est composée d’un immense lagon d’eau salée long de 15 km, et entouré de l’une des plus grandes réserves naturelles protégées d’Afrique du Sud. 

Plus de 25 millions d’oiseaux de toutes sortes peuvent y être observés par les fans d’ornithologie : mouettes, pélicans, flamants roses, échassiers, bécasses, hérons, ibis…

Le parc ouvre tôt le matin à 7:00 pour les visiteurs à la journée. Mais il est possible aussi d’y passer la nuit, confortablement installé dans les maisons flottantes installées sur le lagon. 

Pour le printemps austral, entre août et septembre, le parc se couvre de fleurs – essentiellement des marguerites et des gazanias – de toutes les couleurs : blanc, jaune, orange, rouge, bleu, violet…
Des milliers de gens viennent alors admirer les immenses tapis flamboyants qui recouvrent le lieu, uniquement à cette période de l’année.
L’atmosphère est féérique. 
De loin, on a presque le sentiment de regarder un tableau impressionniste. 

Les Jujus se sont fait un malin plaisir de gambader et de poser dans les fleurs : 

Le parc regorge également d’animaux sauvages : zèbres, gazelles, gnous, autruches, tortues, cobras, mangoustes, petits félins type caracal, etc. 
C’est donc, en plus, l’occasion d’un mini safari !


Pour déjeuner : l’unique restaurant, en plein centre du parc, est très sympathique : vieux corps de ferme décoré avec authenticité, la table propose des plats typiques d’Afrique du sud, simples mais généreux. La grande terrasse arrière est très agréable et idéale avec des enfants.  


Avant de repartir : un petit passage par les dunes de sable blanc immaculé :

Trademark Jackie H !

A découvrir absolument !

SURTOUT ne t’endors pas !!

C’est ABSOLUMENT UNIVERSEL. 

TOUS les parents passent par là.


Vous allez vous reconnaitre : 

Ce moment, dans l’après midi, où vous ramenez les gosses à la maison après un goûter chez les copains/l’école/le cours de natation/le parc/etc, pour faire la SIESTE ou tout simplement pour les faire rentrer :
Hystériques durant toute la journée, ils deviennent tout à coup léthargiques, sous l’effet du roulement de la voiture, le silence se fait doucement dans l’habitacle… Et tout à coup, dans le rétroviseur central, vous voyez qu’ils se sont endormis, la tête penchant en avant, juste retenus par la ceinture du siège auto, le bavousi aux lèvres et la respiration bruyante, voire les ronflements en marche. 

Au début, quand vous manquez d’expérience, vous vous dites : “wouaaaaah génial ! Enfin !!”

Sauf que rapidement, vous apprenez de vos erreurs. 
(Ça s’appelle la FORMATION PARENTALE.)

Vous réalisez que le trajet jusqu’à la maison dure 12 minutes (si vous avez de la chance). Et que dans 720 secondes, il faudra donc les extraire de la voiture…

ET LÀ, CE SERA LE DRAME
Car une fois réveillés, même après une micro sieste de deux minutes, voir de 60 secondes, les mômes, ILS NE SE RENDORMENT PLUS. 

Et ils sont de SUPER mauvaise humeur.

C’est comme si leur petit cerveau, beaucoup plus efficace que la batterie des i-phones, se rechargeait instantanément, dès l’instant où il s’est éteint et rallumé. Un simple rebootage suffit, en quelque sorte. 
C’est de la haute technologie, les gosses. 

Alors, au début, vous n’avez pas encore bien compris votre douleur, et au lieu d’aller au plus facile, vous essayez d’être un bon parent (ou de vous épargner une fin d’après midi de hurlements et de grognasseries) : vous commencez à mettre en place tout un tas de méthodes et de procédés pour tenter de les transporter du siège auto au lit, sans les réveiller.

Le CHALLENGE. 

La première fois, vous êtes probablement resté(e) quelques minutes, la portière ouverte, devant le gamin endormi, affaissé dans son siège, vous demandant comment faire pour le désincarcérer en douceur…

Après, vous vous êtes organisé(es) : avant de partir de la maison pour aller les chercher, vous avez tiré les rideaux dans leur chambre, vous avez déposé le doudou et la tétine dans le hall d’entrée, prêts à les encourager à se rendormir illico, dès que vous les aurez soulevés du siège…
Sinon, il y a aussi le linge ou la petite couverture sous la main, à leur mettre sur la figure avant de les détacher, histoire de les maintenir dans les brouillards du sommeil. 
Il y a même les super courageux qui déclipsent CARREMENT les sièges auto, ramenés jusqu’à leur chambre, pour faire glisser, imperceptiblement, les gosses DIRECTEMENT dans le lit.
Croyez-moi, toutes ces techniques, je les connais…

Mais elles ne marchent pas. 

Il faut se faire à l’idée : 
LES GOSSES SE REVEILLERONT. 

Alors, les mois passant, vous avez tendance à jouer la montre : sous prétexte de décharger la voiture dans le garage, vous laissez toutes les portes ouvertes, (pour l’oxygène), les gosses bénéficiant d’un peu de temps supplémentaires pour roupiller…. 
Même quand le déchargement en question concerne essentiellement la baguette de pain…
M’enfin, au bout de quelques minutes, les remords vous assaillent.
Vous retombez alors sur le problème premier : les sortir de la voiture. 
Comme par magie. 

Sauf que la magie ça n’existe pas, dans le monde parental. 
(Contrairement à ce qu’on vous a raconté dans les Disney durant votre enfance…)

Alors, au bout d’un certain nombre d’années, vous avez ENFIN pigé : 

IL NE FAUT JAMAIS, JAMAIS, LES LAISSER S’ENDORMIR DANS LA BAGNOLE. 
(Sauf longs trajets, naturellement)

C’est simple. 

Une fois que vous avez compris cela, commencent ces scènes lunaires où vous conduisez, les yeux rivés sur le rétro, guettant le moindre signe d’assoupissement et là, vous vous mettez à hurler comme un(e) possédé(e) : 

– “NOOOOOOOOOn !!!!! Mon amour tu ne T’ENDORS PAS, T’AS COMPRIIIIS !!!!!”

Vous chantez, vous les faites rire, vous essayer de les faire parler. 

Mais rapidement, les pauvres gamins, après avoir lutté – aidé en cela par votre voix stridente qui leur défonce les oreilles toutes les 13 secondes – finissent malgré tout par céder aux sirènes de Morphée, plus fortes que leur volonté. 

Là, vous enclenchez le plan B : la sono à DONF’, volume 45 ! 
Votre gosse vient de frôler l’arrêt cardiaque, mais il a rouvert les yeux. 

Quelques instants plus tard, vous êtes à moitié sourde, tous les conducteurs des voitures que vous dépassez vous regardent comme si vous étiez sortie d’asile.
Malheureusement, les petiots donnent encore des signes d’endormissement, leurs tympans ayant commencé à mettre un place un système de shut down face à tout ce boucan. 

C’est le moment de sortir votre ultime cartouche. 
(Veillez donc à ne l’utiliser qu’en toute fin de parcours) :

Après avoir préalablement vérifié dans votre rétro que les enfants sont bien harnachés dans leur siège et qu’aucun véhicule n’est derrière vous, donnez un grand coup de frein.
Pilez, quoi. 
Imparable. 

Si quelqu’un vous observe depuis le début, il y a de grandes chances qu’il appelle le SAMU ou le service psychiatrique de l’hôpital le plus proche. 
Mais la bonne nouvelle, c’est qu’en général, personne n’assiste à la totalité du parcours. Vous devriez donc vous en sortir. 

Une fois arrivés à la maison, les gosses – s’ils n’ont pas dégueulé entre temps – devraient alors tranquillement tituber jusqu’à leur lit pour s’y effondrer en toute sérénité. 
Vaincus. 

Voilà. 
Voilà ce qu’on apprend, avec l’expérience, quand on devient parent.

Les brosses à dents magiques

Il faut leur rendre justice. 

Autant mes jumeaux me rendent 

la vie impossible sur un nombre incalculables de sujets. 

Autant tout ce qui à trait à leur dentition 

n’a jamais causé le moindre problème. 


C’est bien simple, lorsqu’ils étaient bébés, chaque nouvelle dent est apparue à son rythme, découverte un matin par inadvertance entre deux guilis-guilis sur la table à langer. 

Pas un cri, pas une joue rouge, pas une couche immonde ni une quelconque fièvre inexplicable. 

Par excès de zèle, nous avons tout de même jugé opportun d’acheter du sirop de la barre pour aider leurs petites gencives déjà si complaisantes, à percer avec encore moins de difficulté.

Bref. 

Sans vouloir inutilement agacer les pauvres parents qui ont dû emmener leur progéniture 28 fois aux urgences de l’hôpital (je ne compte pas les dents de sagesse, c’est pour ça), les rages de dents qui rendent les enfants insupportables est l’un des rares trucs à nous avoir été épargné. 

D’ailleurs, plus grands, la merveilleuse aventure dentaire des Jujutrépides a continué : du jour où ils ont découvert la brosse à dent, ils n’ont jamais eu à se faire prier pour s’exécuter, après chaque repas. 

De même, la séance chez le dentiste est un vrai régal : chacun tente de montrer à son juju préféré à quel point son courage est légendaire face à la douleur. (Simple examination de quelques micro secondes, avec un bâtonnet plat en bois et, lors des grands jours, frottage de dents avec la petite brosse professionnelle.)
Celui-ci les ayant même chaudement félicité cet été du soin qu’ils prennent à frotter leurs quenottes, ils ont depuis redoublé d’effort, et il s’agit maintenant de les arrêter dans leur folie nettoyante. 
Phrase lunaire que je suis donc obligée de répéter régulièrement :
– “Les garçoooons, arrêtez de vous brosser les dents tout le temps vous allez finir par les user !!”
Non.
Le plus grand problème auquel nous avons à faire face concernant cette thématique, est leur propension à sucer le tube de dentifrice et à ingurgiter, pour le plaisir, la pâte à dents Colgate Plus. 

Un petit jeu s’est même mis en place récemment, le cache-cache du dentifrice. 
Comprendre :

Je le planque pour qu’ils ne puissent pas le trouver. 

Mais ils le trouvent.

Et le vident. 

J’en rachète un autre et cache une nouvelle fois l’objet de leur désir.

Ils s’énervent. 

Le découvrent. 

Le planque à leur tour, m’obligeant à les espionner durant la journée pour retrouver la tanière du tube qui, naturellement, réapparait toujours si facilement dans leurs mains, mais demeure curieusement introuvable à mes yeux. 
Au début c’était dans leur salle de bain. 
Maintenant, il me faut faire preuve de beaucoup de créativité pour le rendre inaccessible aux mains jujuesques…

D’ailleurs, je suis en train de me demander si tout cela n’est pas vain, Trystan m’ayant interpelé l’autre jour, la brosse à la main me disant : 

– “Mais arrête d’le cacher mamaaan !! C’est mon ami le dentifriche, il va toujours revenir avec moi, tu sais.”

Les pouvoirs magiques des enfants…

Les Jujutrépides changent de lit

Voilà.

L’arrêt des tétines
L’arrêt des couches
La rentrée sans une larme versée…

LES LITS DE GRANDS !


Les Jujutrépides ont décidément beaucoup grandit durant cet été.

Ils ont enfin accepté de se séparer de leurs anciens lits de bébés, ceux dans lesquels ils dormaient depuis leur plus tendre enfance, de leurs lits à barreaux, quoi !

Ils en sortaient sans problème depuis leur 18 mois.
C’est pas la question.

L’objectif n’était pas de profiter, quelques minutes encore, d’une quelconque liberté, les laissant prisonniers de leurs plumards.
Non, cette période est depuis longtemps révolue. 

Le soucis, c’est que chaque nuit, leur sommeil ressemble à une cession de machine à laver : ça tourne, retourne, et tourne encore, de haut en bas, de bas en haut, sur les côtés, des bras et des petits doigts de pieds dépassent des barres…
Nous avons bien essayé il y a deux ans de leur ouvrir les lits.
Mais ils passaient leur temps à s’effondrer sur le plancher.
Nous avions donc reporté le moment de faire évoluer leur système de couchage. 

Et puis soyons honnêtes, avec tous ces récents déménagements, les changements de langues, de nounous, de maisons, d’écoles… Nous n’avions pas le coeur à chambarder aussi la déco’ de leur petite chambre, à laquelle ils semblaient très attachés. 

Seulement voilà, à force de dormir dans les hôtels et chez les gens, dans des lits d’adultes, nos Jujus se sont fait à l’idée et ont fini par réclamer eux-même de “dormir comme les grands.”

Ils ont donc choisit au magasin, comme de juste, un petit lit superposé.
“Comme à l’école, dans le dortoir, pour la chieste”.
(sieste.) 

Sans même que nous ayons eu besoin de déclencher une réunion préventive au sommet, et une fois n’est pas coutume, nos Jujutrépides se sont instantanément mis d’accord : Tancrède serait en haut et Trystan en bas.

Naturellement, nous devons encore faire face à quelques légers détails d’intendance qui restent en suspend depuis cette saine révolution : 

– Chaque jour vers minuit – cette heure doit correspondre à une phase particulièrement active de son sommeil – Tancrède chute. 
Par le petit interstice entre son matelas et la rambarde de “sécurité”. 
Curieusement, il ne se fait jamais mal. 

2 cas de figure :
* Soit il dégringole sur le plancher. 
* Soit il reste coincé par un pied, accroché à la dite rambarde, tête en bas et pieds en l’air. 
Dans les deux situations, il hurle. Il s’agit dès lors de venir le ramasser/délivrer. 

– Ainsi perturbé dans son sommeil, il considère alors subitement que son lit est trop grand. 
–> Il débarque donc dans le nôtre (2×2 mètres), une vingtaine de minutes après s’être “recouché”. 

– Trystan dit qu’il a peur dans un lit aussi grand. 
–> Il monte dormir dans celui de Tancrède. 
Qui, entre temps, est descendu dans le nôtre. 
Donc. 

BREF. 

C’est douloureux de grandir. 
Surtout pour les parents. 

Les Jujutrépides retournent au taf

Voilà, comme tout le monde, 

nos fils ont fait leur rentrée 

la semaine dernière. 


Naturellement, la plus heureuse dans tout cela était probablement leur maman. 
Mais bon. 
C’est pas l’propos.

De leur côté, nos Jujutrépides semblaient absolument ravis de reprendre le chemin des écoliers :

Les grandes vacances, qu’ils ont globalement passé à se mettre sur la figure 24/24h, nous ont confortés dans l’idée qu’il était temps de les séparer de classe, comme nous l’avait conseillé leur merveilleuse maitresse de l’an passé. 
Histoire de permettre à chacun d’exprimer son tempérament librement, de donner de l’air à Tancrède et de permettre à Trystan de nouer des amitiés avec les autres enfants, de couper ce cordon gémellaire invisible… 
Et peut-être de découvrir le plaisir de se revoir l’après midi, plus sereinement. 

Ces congés prolongés ayant été l’occasion de petites révolutions dans leurs vies – EXIT les biberons, les tétines, les couches – les garçons semblaient très fiers de leurs immenses progrès et ne cessaient de répéter avec orgueil, jusqu’à la veille de la rentrée, qu’ils allaient maintenant commencer en “MOYENNE CHECTION”.

Pourtant, en ce premier jour d’école, en montant dans la voiture, j’ai été un peu surprise par leurs réactions :

– “Alors les titis, ont rentre en moyenne section aujourd’hui ! Comme ils sont graaaaaands mes amours !”

Silence.

– “Euuuh… Et vous vous souvenez n’est-ce pas, chacun va avoir sa classe !”

Réponses hautement symboliques des Jujus :
– Tancrède : “Youpiiiiiiiiiii !!!”
– Trystan : “‘Façon, moi, j’aime pô mon frère.”

Soudainement, l’inquiétude a repris un peu le dessus, les souvenirs des déchirantes rentrées précédentes me revenant à l’esprit, ainsi que leurs hurlements, chaque matin de l’année scolaire,  lorsqu’ils nous voyaient partir. 

Naturellement, c’était sans compter sur les ressources des enfants, qui sont immenses :

A peine passé le pas de la porte, Trystan a avisé un magnifique train en bois,  lâché ma main et… S’est barré. 
Tout juste, s’est il souvenu de ma présence au bout de quelques longues secondes, relevant légèrement la tête et agitant négligemment la main comme pour dire : “c’est bon, tu peux y aller.”

Quant à son frère, la seule présente d’Eva, déjà attablée devant un puzzle, a suffit à le rassurer, et il ne s’est même pas retourné. 

Petit coup porté à l’égo des parents, soudain éjectés sans ménagement de la vie de leur progéniture. 
Mais grande fierté de les voir enfin prendre les rênes de leurs petites existences avec autant de sérénité. 

Vraiment, c’est fou comme ça grandit vite les enfants… Finalement. 

#VasVisEtDeviens 
#VosEnfantsNeSontPasVosEnfants
#OutchÇaPique
#C’EstPourÇaQueLesGensFontLePetitTroisième? (mais pas nous.)

Découvrir The Roundhouse Restaurant

Après cette petite pause estivale ou hivernale, 

selon l’hémisphère duquel on se place,

je vous propose de continuer 

sur notre belle lancée gastronomique !


… Et de découvrir aujourd’hui The Roundhouse Restaurant.
Corps de garde entièrement rond, construit dès 1786 pour le gouverneur de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales, le bâtiment offre une vue imprenable sur la plage de Camps Bay.

Vue à la fin du 19ème siècle
Il pouvait ainsi prévenir toute attaque de navires ennemis, à l’époque où l’activité de Cape Town se situait de l’autre côté de la Montagne de la Table et où ce rivage était encore entièrement sauvage, surtout peuplé de lions et de moustiques.

Tour à tour devenu hôtel, salle de bal, abris de chasse pour un lord anglais gouverneur du Cap au début du 19ème siècle… 



… Il fut abandonné dans les années 1980 puis réhabilité comme restaurant en 2008 sous le nom de The Roundhouse.

Toujours entouré de fruitiers tricentenaires, le restaurant propose aujourd’hui une cuisine gastronomique sans fioritures et très agréable. 

L’accent est mis sur la saisonnalité des produits mais aussi – à la différence de beaucoup de restaurants de la région – sur la clarté des saveurs, veillant à éviter les mélanges aléatoires ou trop bravaches qui font parfois perdre aux plats de leur authenticité. 


Le service est attentionné et le temps d’attente entre les plats est mesuré à la perfection : ni trop long, ni trop rapide. 
Chargée d’histoire, la salle principale est toute ronde et très chaleureuse, la vue sur Camps Bay y est magnifique, même de nuit. 

Pour vous donner une idée de ce qui vous attend, VOILÀ :
Petits légumes mi-cuits mi-grillés, sauce truffée
Sashimi de truite, wasabi et légumes crus relevés à la sauce citronnelle
Poisson Kingklip, petits oignons dans tous les états et aubergine braisée
Filet et poitrine de porc fondante à la pomme, au céleri et au fromage bleu .
Un régal. 
Gigot d’agneau de 8 heures, raviolis de champignon, et buchu (herbe locale)
Fondant au chocolat, glace crémeuse au yaourt, zestes de citron vert et larmes de carottes au cumin.

Bon appétit !

La maison de l’escargot

Il fallait s’y attendre. 

Les Jujus commencent 
à développer leur instinct paternel.


Enfin. 

Si l’on peut dire. 

Cela fait des mois – que dis-je, des années – que cela dure.
Dès que l’on passe dans un endroit avec des petits animaux type lapins, chiots, chatons, hamsters, biquettes, les Jujus me regardent dans le blanc de l’oeil avec leurs yeux de cockers dépressifs. 

Sachant pertinemment qu’il est HORS DE QUESTION que je rajoute un être vivant de plus à gérer dans cette maison, ils n’osent pas vraiment demander. 
Mais je vois bien avec quel empressement et quelle émotion ils serrent le cou des lapins et écrabouillent la tête des chinchillas contre leur coeur… 

Certains personnes – dont je terrerais ici les noms, mais des proches, hein – se sont déjà risquées à me dire : 

– “Oh aller, Pom, ça leur ferait teeeeeellement plaisir. Et puis cela leur permettrait de devenir plus responsables.”

Tout ça. 

Leur père – cet ignoble scélérat – leur a même promis une tortue (chacun, cela va de soit) pour leur anniversaire des quatre ans, en octobre prochain, s’ils se comportaient bien jusque là. 
Arguant que ces bestioles n’ont besoin d’aucun entretient, trouvant dans le jardin le nécessaire à leur survie, et qu’elles présentent de plus une constitution physiologique probablement à même de survivre aux traitements de choc infligés par les garçons.

Il va sans dire qu’il a déjà été décidé début août, dans les plus hautes instances maternelles, qu’ils n’auront ABSOLUMENT pas été assez sages pour mériter ce privilège. 

Réalisant le procès inique que je m’apprête à faire à sa progéniture, leur paternel s’est élevé en faux, insistant pour tendre les perches avec lesquelles il ne manquerait pas de se faire renvoyer dans ses 22 : 
Sans même prendre le soin d’énumérer les centaines de raisons qui font pencher la balance de l’animal de compagnie vers le plateau “sortie”, j’ai émis l’idée d’un test.  
Si les garçons étaient capables de faire montre de responsabilité en s’occupant de leur animal de compagnie expérimental, j’envisagerais peut-être de changer d’avis. 

Il a donc fallu trouver l’animal en question. 

En ces temps pluvieux d’hiver capétonien, rien de plus facile : l’ESCARGOT.

Les enfants se sont donc lancés dans la récolte des gastéropodes dans notre jardin – me débarrassant du même coup de ces petites vermines qui grignotent inlassablement toutes les feuilles de mes plantes – qu’ils ont ensuite entrepris d’installer dans la maison. 

Dans des bols en plastique, tout d’abord : 

Mais réalisant que cet habitat aux couleurs des mers du sud ne correspondait pas vraiment au besoin de ses nouveaux protégés, Tancrède a alors décidé de leur bâtir une maison. 

Aussitôt dit, aussitôt fait : 
Une bonne bûche pour le pilier central, un morceau de carton plié en deux pour le toit et les serpillières confisquées à la buanderie pour la toiture ont fait l’affaire.  

Les feuilles de salade et les grappes de raisin se sont alors mis à disparaitre de mon frigo de manière inquiétante, montrant ainsi que nos deux monstres avaient réussi à se mettre d’accord sur le régime alimentaire à dispenser à leur bestioles chéries. 

Durant la nuit, abandonnés sans surveillance, ceux-ci avaient la vilaine tendance – pauvres bêtes – de tenter l’évasion. Les garçons ont donc unilatéralement opté pour la solution incarcérative en les plaçant sans ménagement dans une bouteille d’eau vide, refermée par son bouchon, le soir venu. 
  
Tout semblait montrer qu’ils étaient finalement prêts à se lancer dans l’aventure “tortuesque”…

Jusqu’à ce que nos Jujutrépides finissent par s’étriper sur la question de l’heure du coucher des “zescargots” :
Emportés par leurs convictions, les Jujutrépides ont finit par en venir aux mains, attrapant tout ce qui leur tombait sous la paluche… 
Vous voyez où je veux en venir. 
Tragiquement, la bouteille en plastique a donc terminé sa course écrasée avec fureur sur le crâne de Trystan…

Clairement, les petits mollusques ont très moyennement apprécié le voyage… Qui a fût donc leur dernier.  
Attention, l’image suivante peut choquer les coeurs les plus fragiles :


Au delà de la réelle peine éprouvée devant ce carnage épouvantable, je n’ai néanmoins pas réussi à dissimuler ma joie toute intérieure, voyant s’éloigner à grands pas, l’ombre effrayante d’éventuelles carapaces mouvantes dans le gazon de mon jardin.

Pfiou. 
J’l’ai échappé belle.

Couche-poubelle

Franchement, 

avec le bordel qu’est devenue 

notre vie depuis la naissance des Jujutrépides, 

je n’oserai JAMAIS donner un seul conseil 

à qui que ce soit en terme de parentalité. 


Il y a juste UN TRUC, que j’ai l’impression d’avoir bien fait. 

Ou sinon, c’est que j’ai vraiment eu un énorme coup de pot. 
Haha. 
Ha.

Alors pour une fois, je me suis dit que je vous en parlerai. 
Comme en plus, le sujet est ultra glamour… Voilà : 

La propreté des gosses. 

Les Jujutrépides ont arrêté les couches durant la journée à deux ans et demi. 
Et ils sont, depuis dix jours, officiellement propres de nuit à l’aube de leur anniversaire des quatre ans. 

Certains d’entre vous argueront que c’est HORRIBLEMENT tard. 
Que si c’est ça ma super nouvelle, y’a pas d’quoi s’emballer. 

Peut-être. 

En attendant, j’ai dû avoir trois accidents de jour et deux de nuit. 
A TOUT CASSER.
Ouaip.

Attention, j’parle par des débordements de pompiers le matin, autour de la cuvette hein. 
Ça compte pas. 
(Surtout quand vous les faites éponger eux-mêmes.)

Donc voilà, c’est officiel : depuis le 23 août 2015 dernier, Pampers a dégagé pour toujours de ma liste de courses hebdomadaire.

Quel soulagement. 
Sans mauvais jeu de mots.

Trêve de plaisanterie. 

Je partage mon expérience avec vous car sincèrement, quand j’attendais ma terrifiante progéniture, cette question avait déjà commencé à me tarauder “in utero” : 
J’imaginais non seulement que les couches immondes seraient la plus grande difficulté à surmonter de mon existence…
Que relever ce challenge (sans dégobiller) serait probablement l’un des plus grands exploits de ma vie d’adulte… 
Mais que réussir à les faire disparaitre représenterait un défi plus grand encore. 
(Dans mes cauchemars les plus fous, je les voyais adolescents, se trimbalant avec leur couches géantes au lycée…)

Le ridicule ne tue pas, heureusement. 
Et c’est DINGUE ce que l’on peut changer, avec le temps. 

Bref, c’est pas l’propos. 
Quatre ans plus tard, j’ose le dire : rendre les gosses propres, ça peut se faire les doigts dans le pif. 

(Enfin, j’crois.)

Y’à DEUX secrets à connaitre. 

– Il faut rester totalement imperméable… (Ahaha. Ha.)… 
Aux pressions des gens : grand-mère, ami(e)s, maitresses d’école, médecins, géniteur des-dits gosses, extra-terrestres. Le monde ENTIER.

Les phrases genre : 
” KOÂÂÂ ?! Mais moi, ma fille, elle se levait toute seule la nuit à 4 mois pour faire pipi !”

Vous faites comme si vous n’aviez pas entendu. 

C’est un non problème. 
Un truc qui n’existe pas. 
Vous ne devez jamais y penser. 
Ça doit SINCEREMENT vous passer au dessus de la tête.
Genre, c’est juste un passage de la journée/nuit comme le bain, les habiller ou les nourrir. 
Une étape obligatoire, dont vous avez la conviction ABSOLUE qu’un jour, elle disparaitra. 
Un jour. 

Attention, si votre relax-attitude envers le sujet est feinte, les gamins vont le sentir et ça faussera le truc.  

– Secret n’° 2, La SEULE ET UNIQUE raison qui doit vous décider de commencer à proposer le pot puis ensuite à retirer la couche de nuit, c’est pas l’âge, c’est pas votre ras-le-bol bien légitime, c’est pas le budget, ce ne sont pas les remarques désobligeantes de tante Ursule…  
Le bon moment, c’est quand… : Le gosse le demande.  

Et dans ces cas là, ça se fait (pratiquement) du jour au lendemain. 
Voilà.  

#MieuxVautTardQueLeBazar
#LesEnfantsGrandissent
#EpoqueRévolue

Baby light my fire… Ou pas.

Pour la première fois 
depuis leur naissance,

les Jujus ont découvert 
le concept du feu de cheminée. 


Naturellement – je dirais même génétiquement ou congénitalement – c’est d’abord la joie et la fascination qui s’est emparée d’eux. 

Une fois retombées, c’est l’obsession – assez classique, je crois, chez les enfants – de… Jouer avec le feu. 

Vouloir faire comme papa, qui prend un malin plaisir à leur expliquer comment on fait, ce traitre…
Faire comme les grands…
Entendre le craquement si particulier des allumettes qui grésillent…
Admirer les flammes qui grandissent dans la cheminée et le bois qui s’embrase… 
Evidemment, c’est merveilleux. 

En plus, ça donne chaud.
Ce qui en ce moment, dans ce pays d’ours polaires où aucune maison n’est équipée de radiateurs ou de chauffages, est un argument non négligeable. 

J’avais alors bien compris que jusqu’au retour du printemps capétonien, qui ne devrait pas arriver avant la fin du mois de septembre, je devais donc planquer les allumettes en hauteur et redoubler d’attention…
… Et augmenter encore – si cela est possible – mon niveau de surveillance VIGIjujus, afin d’éviter de voir sous peu flamber la maison. 
Je me suis trouvée confortée dans ma méfiance naturelle lorsque par l’embrasure de la porte de leur chambre, je les ai subrepticement surpris en pleine séance d’entrainement-incendie…

Je suis alors discrètement entrée dans leur chambre en leur disant : 

– “Alors mes chéris, on prépare le feu de ce soir ?”

– “Bah oui maman, le soleil il va bientôt se coucher et là on va commencer à avoir trèèèès froid et tu vas nous mettre les capuches et les ‘saussettes, alors ‘faut qu’on soit prêts, tu comprends !”

– “Euh, oui, alors à ce sujet, bande de p’tits malfaisants, le feu, c’est SEULEMENT les grands qui touchent, hein, c’est la REGLE vous vous souvenez bien, n’est-ce pas ? JAMAIS JAMAIS JAMAIS vous n’essayez de faire pareil en vrai, on est bien d’accord ?!”

Et là, réponse tranchante de Tancrède : 

– “Mais ouiiiiiii maman, ça fait deux-vingt-quatre fois (ils ont du mal avec les centaines) que tu nous l’as dit, on a tout bien compris, le-feu-ça-brûle-tout-ça, et nous on joue seulement à faire semblant avec nos crayons, okay ? 
Alors maintenant tu sors de NOT’ chambre et tu nous laisse tranquille.”

Ou comment se prendre un ENORME vent, de la part de gosses de même pas 4 ans.