Les bons mots des enfants

C’est fou ce que les enfants 

peuvent être drôles.


Je veux dire, les petits qui apprennent à parler, donc entre 2 et 5 ou 6 ans. 

Ils passent leur temps à nous sortir des trucs incroyables. 

Naturellement, il y a leurs difficultés certaines liées à la conjugaison grammaticale, je vous en ai déjà parlé – ici – mais on les pardonne, la langue française n’étant pas des plus faciles à assimiler. 
Le verbe s'”ASSIR” semble par exemple bien ancré dans le cerveau de Tancrède. 

Il y a aussi les petits soucis de pluriels mal intégrés, type : “un chevaux, deux cheval.”

Mais le plus rigolo, c’est le reste : 

Les mots écorchés qu’ils ont du mal a prononcer : 
Le “LICOPTÈRE” qui vol dans le ciel, ou encore le “DINATEUR” sur lequel maman travaille, ou même le “TÉLÉPHÉNIQUE” pour monter en haut de la montagne…
Marrant de voir que les mots sur lesquels ils buttent, sont pratiquement toujours techniques/technologiques. 

Il y a également les dyslexies épisodiques  :
J’ai souris l’autre jour lorsqu’en rentrant de l’école l’après midi, Trystan m’a expliqué avec véhémence que sa maitresse lui avait “CONFIXÉ” son “NIRHOCÉROS” en plastique le matin même.

Certaines expressions imaginaires, ont aussi ma préférence : la “CHAISE D’EAU” qu’il ne faut pas oublier de tirer (en même temps… C’est logique, cette affaire), ou encore les “BOULES CAISSE” à mettre dans les oreilles.
(J’avais fait la même petite… Ça doit sembler logique aux enfants.)

Il y a aussi les créations verbales, autrement dit les verbes inventés :
La première fois que j’ai vu Trystan accourir vers moi en hurlant, après que son frère – armé d’un pistolet à eau – l’ai visiblement aspergé, j‘ai eu comme un moment d’effroi 

– “Mamaaaaaaa ! Tancrède y’ m’a PISSSSSÉ d’sus !!!”

– “?!?!?!?!?!?!?”
En fait, le verbe PISSER chez nos Jujutrépides signifie “PCHITER”, arroser, quoi. 
Comme nous leur avons expliqué que ce mot n’existait pas, ils l’ont maintenant remplacé par : “SE PISTOLER”, toujours aussi faux, mais qui porte moins à confusion. 

Ils emploient aussi beaucoup le verbe “SE BATAILLER”, à la place de “se battre”, petite référence inconsciente – façon 13ème siècle – à leurs prénoms médiévaux ? 

Sur certains mots tout à fait sporadiques, ils ont curieusement gardé un accent espagnol que je ne m’explique pas. 
C’est ainsi que nous entendons encore et toujours parler du “LÉON” qui rugit très fort dans la jungle…

D’ailleurs, après le FRAÑOL, cet étrange langage mi français mi espagnol, qu’ils maitrisaient à merveille juste avant que nous quittions le Mexique l’année passée – souvenez vous, ici – voici venu le temps du FRANGLAIS à Cape Town. 

Nous passerons sur le désormais célèbre “FOOTGOAL”, pour nous concentrer sur l’inénarrable : 

– “Ouv’ la porte de la terrasse maman, pour que je puisse aller “JUMPINER” !

Pour ceux qui n’auraient – légitimement – pas compris : il s’agit de l’action de sauter sur un trampoline, venue du verbe “to jump in” en anglais. 
Sans vouloir faire ma canadienne, j’essaye de les faire passer au “trampoliner”, qui fait déjà plus français.

Reste, naturellement, les confusions totales, sans logique apparente, qui ajoutent un petit côté totalement lunaire à certaines de nos discussions. 
La dernière en date, au moment de nous enregistrer à l’aéroport :

Hurlements de Trystan. 

– “Mais qu’est-ce qui t’arrive mon amour ?!?!?”

– “Ze veux pas que nos bagazes ils aillent dans la SOUPIÈÈÈÈÈÈRE !!!!”

– “?!?!?!? Euuuh… La soupière Trystan ?”

– “Beuh oui, dans le coffre de l’avion, tu wois !”

– “Tu veux dire… La SOUTE ?!?!”

– “Vouiiiiiiii !!! PAS LA SOUPIÈÈÈÈÈÈRE !!!!”

On a encore du chemin à faire !


Curiosités sud africaines – Chapitre 7

Je vous avais déjà parlé

des plaques d’immatriculation

SUPER étranges que l’on rencontre, 
ici à Cape Town.


Mais je ne vous avais encore rien dit concernant les TYPES de véhicules qu’on y croise !
Ça n’est pas mal non plus, dans le genre rencontre du 3ème type. 
Voici un petit panel, récolté ces derniers mois, au fil de nos périples divers : 
Naturellement, il y a d’abord les anachroniques, avançant tranquillement sur l’autoroute – sur la bande d’arrêt d’urgence, tout de même – : charrettes à cheval ou à âne, voire à bras, par exemple. 

Il y a les antiquités, qui fonctionnent toujours et qui décorent magnifiquement les rues, dès que les beaux jours reviennent : je connais peu d’endroits au monde avec autant de vieilles voitures de collection, encore en état de marche. 

Il y a aussi régulièrement les “en panne”, dont les passagers n’hésitent pas à descendre au beau milieu du périphérique pour pousser…


Ou qui réparent leur moteurs pendant que leur cheval attend sagement derrière: 

J’ai plusieurs fois croisé les “qui roulent sur 3 roues“.
Enfin, quasiment : la galette de sauvetage-roue-crevée qui dure indéfiniment, ça compte pas. 
Qui a dit : “Mais c’est les flics en plus !” ?
Bah oui. 

Roue arrière gauche, donc. 
Un weekend, j’ai même pu observer un “2-roues-qui-touche-plus-l’sol” : 
Humour sud af’, quand tu nous tiens. 
Ou lendemain de fête. 
Au choix.


Il y a aussi les tas-de-boue postdatés maquillés en bolides : 

Mais aussi les VRAIS bolides, plus nombreux ici que n’importe où ailleurs dans le monde : FE-RRA-RIIIII, PORSCHE, BENTLEY, ROLLS ROYCE, LAMBORGHINI, hors séries BMW ou MERCEDES…

Et naturellement, LA marque la plus représentée dans cette région du monde : La véritable, l’inégalée, l’incomparable, l’unique … LAND ROVER !
Ou “Landy” pour les intimes.
En général, elles sont entièrement équipées façon “Jojo Lapin part en Safari”, avec le jerricane d’essence, celui d’eau, les pneus de rechange, les lampes tempête, des denrées non périssables en conserves, les couvertures de survie, le 22 long rifle (gloups), etc … 
Histoire d’être immédiatement en mesure de partir pour le bush. 


Il y a aussi les véhicules politiques, ceux dont les propriétaires affichent leurs convictions écologistes (souvent sur des véhicules de la catégorie précédente, d’ailleurs, mais pas que) :

Lorsque vous faites des donations aux associations de défense des rhinocéros, 
vous recevez ce petit signe distinctif, à placer à l’avant de votre voiture.

D’un point de vue plus soci(ét)al, il y a aussi les “bus réservés“… Reliquats de temps révolus, mais qui se rappellent à notre mémoire au coin des feux rouges:

“Maid” est le terme générique péjoratif (équivalent de “bonne à tout faire”) utilisé
ici pour désigner le personnel de maison.

Mais heureusement, les “fans de stickers” affichent parfois une note d’espoir pour les futures générations : 

“Vous venez de vous faire doubler par une nana”.

Pour finir, il reste évidemment les véhicules non autorisés, mais eux, ils ne comptent pas vraiment :
On voit vraiment de tout en Afrique du Sud !

Secret Défense

Vous me direz, 

mais je crois qu’il s’agit là encore 

d’un trait universel des enfants.


Quand on leur demande ce qu’il ont fait de leur journée, ils se murent instantanément dans un silence aussi mystérieux qu’infissurable.

Comme si l’Ecole… C’était Las Vegas.
Genre, “ce qui se passe à vegas, reste à Vegas…” 
Genre, ils ont planqué le corps sous les dalles de la cantine et maintenant, c’est l’omertà.

Ils ne se souviennent plus de ce qu’ils ont mangé à midi.
Au mieux ils vous diront : “du pain” ou même “rien”, ce qui naturellement génère chez vous des angoisses incommensurables pour la reste de la soirée. 

Ils ne se rappellent pas non plus de ce qu’ils ont fait durant les huit heures passées dans l’établissement scolaire. 
Rien de ce qu’ils ont appris ne semble avoir imprimé leur petits disques durs cérébraux : tout le mal que se donnent leurs instits’ pour leur faire rentrer des trucs dans le crâne semble véritablement prodigué en pure perte :

– “Alors chéri mon amour, tu me racontes ta journée ?”

Silence

– “Euuuh… C’était bien ?”

– “… Oui.”

– “Et qu’est ce que tu as fait, qu’as tu appris, alors ?”

– “Rien.”

Ou sa version alternative, la variante psychopathe encore plus effrayante : 

– “J’ai écrasé un escargot avec mon pied…”, annoncé froidement et l’air absent, les yeux dans le vague, observant l’océan.

C’est là qu’en général le parent commence à avoir la gorge qui s’assèche :

– “M’enfin mon amour, tu ne passes pas un jour entier à l’école en restant à ne rien faire sur un banc quand même !?”

– “Si… J’aime pas l’école.”

– “Mais chéri !!! Tu viens de me dire que c’était bien, et hier tu m’as dit que tu adorais ta maitresse et que tu voulais lui acheter de la pizza et des gateaux au chocolat !?!?! Je ne comprends plus !”

Silence.

A ce stade, on ne sait plus bien ce qu’il convient de faire : 

Laisser tomber cette conversation sans queue ni tête qui visiblement les emmerde et qui ne semble de toute manière pas mener bien loin, au risque de leur donner l’impression qu’on ne s’intéresse pas à leur vie ?

Insister pour vérifier que tout va bien, car après tout il sont peut-être en difficulté à l’école, mais n’osent pas en parler ? 

Ou persévérer et finir par créer une polarisation et un problème là où il n’y avait initialement qu’une réaction enfantine totalement normale ? 

Bref. 
Il faut se faire une raison : l‘école, c’est classé – hahaha – Secret-Défense… 

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Les Zaktivités

C’est DINGUE tout ce que l’école 

peut proposer comme activités 

pour les enfants, les après midis. 

C’est fabuleux, ça donne envie de tout faire.


QUI a dit : “Ouais, t’essayes de les refourguer, c’est ça ?”

Pas du tout. 

Je dis juste qu’au lieu de jouer bêtement à la baballe ou – mieux – passer l’après midi à se castagner dans la cour de l’école, l’opportunité de découvrir de nouvelles occupations – et qui sait, créer des vocations !? – me semble bien plus intéressante.


Ballet classique, dance moderne, baseball, rugby, football, handball, karaté, yoga, peinture, théâtre, cuisine, piano, tennis, tricot… Un monde infini de merveilleuses choses à découvrir !
M’enfin bon. 

Quand tu réalises que tous ces trucs géniaux, c’est pas TOI mais tes ENFANTS qui vont les faire, tu te calmes. 

Alors tu essayes de faire les choses bien, et tu leur demandes d’abord ce qu’ils en pensent (erreur, fatale dans le cas des Jujutrépides) : 

– “Mes chéris, dites voir, je viens d’apprendre qu’il existe plein d’activités et de sports que vous pouvez faire l’après-midi, à l’école après la classe, si vous avez envie !”


Silence.

– “Comme le Karaté, par exemple !”
(Mais POURQUOI ai-je dis ça ?…)
Silence, finalement rompu par Trystan :

– “Bof. Non.”

– “M’enfin chéri, avant de dire non, demande-moi quand même ce qu’est, non ?!”
(J’insiste en plus…)

– “Pfff… Bon… Ch’est quoi l’KARATÉ ?”

– “Alors le Karaté mon fils, c’est… C’est une discipline d’art martial…
Euh.. Enfin je veux dire…
(J’aurais VRAIMENT dû réfléchir deux secondes avant de parler.)
C’est un sport ou tu apprends à…
Enfin…
Bon.
Euh…
Tu vois Kung Fu Panda ?


– ” ??? Le panda qui se bataille avec Tai Long le vilain léopaaaard ?!”


A cet instant précis, j’ai senti dans la voix de mon fils comme un feu sacré qui s’allumait subitement, une énergie soudaine venue du tréfonds de lui même, qui le rendait soudainement intéressé.

– “Euh oui le gros panda, voilà, qui réussit à faire des trucs géniaux avec ses jambes et ses bras, qui peut défendre les gens qui ont besoin de lui, tout ça tu vois…”

A ce stade, mon fils est déjà en train de trépigner d’impatience dans son siège auto. 

– “Ouiiiiiii et comme ça, on pourra mettre des grosses BAFFES à tous les gens qui nous énervent !”

– “Euh non Trystan, l’idée c’est surtout de donner des baffes aux gens très méchants, pas aux gens qui t’embêtent juste un peu… Et puis tu me fais dire des trucs dingues : on met pas de baffes aux gens. Le Karaté c’est juste… Pour s’entrainer, tu comprends.”

– “Ouaiiiiiiiiis ! Ch’entrainer à FRACASSER LA TÊTE des amis qui sont pas zentils avec moi !”

Je sens confusément que la discussion dévie sur un chemin qui n’est pas DU TOUT celui que je souhaitais que nous prenions initialement

Je me mets inconsciemment à imaginer mes fils dans le dojo, sur leur tatami…

Puis dans la cour de récrée… 
Je vois les enfants de leurs classes écrasés au sol, inertes…
Je visualise finalement mes deux engeances dans la maison…


… Les meubles éparpillés autour d’eux dans le salon, brisés en deux, d’un coup de tête sec de mon Tancrède…  
Je vois les briques des murs défoncées par Trystan, un jour ou son humeur badine l’aurait amené à s’entrainer un peu trop fort du plat de la main… 

Bref. 

Le coeur battant devant ce cauchemar qui me semble si réaliste et dont le taux de probabilité m’apparait à cet instant précis comme particulièrement élevé, je bégaye alors précipitamment : 

– “Non non, mais SINON Y’A LE YOGA mes chéri !!! Ça serait TRES bien le yoga, vous savez.”

Malheureusement, le mal était déjà fait. 
Réponse sans appel de mon fils : 

– “Naaaan mais maman, le yoga c’est pour les filles, tu ‘wois, comme toi. NOUS on VA FAIRE DU KARATTTTTÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!!!”

Mais QU’EST-CE QUI M’A PRIS !?!?…

L’anniversaire des Jujutrépides, acte 4

4 ans, ça commence à devenir sérieux. 

Alors cette année, 
nous avons profité de ne PAS 
être en plein déménagement,
pour essayer de faire les choses bien… 


Les Jujus étant maintenant séparés à l’école, nous avons convié leurs deux classes. 

C’est sûr, ça à l’air monstrueux comme ça, 50 gamins, mais en fait, ça se gère.
Naturellement il a d’abord fallu commencer tôt – TRES tôt – le matin, par souffler dans la centaine de ballons. 
Je n’aurais JAMAIS dit que c’était aussi crevant (hahaha) : heureusement, le yoga, ça aide les pauvres parents pas encore bien réveillés qui s’évertuent à gonfler des trucs qui leur éclatent à la figure.

… Avant d’aller chercher le gateau chez ces artistes pâtissiers qui font quand même des trucs complètement DINGUES, juste avec du sucre et de la farine : 
Charly’s Bakery, pour ceux que cela intéressent !

Ce genre de gateaux, ça n’aime pas les virages. 
A toutes fins utiles, petit tip aux parents qui se retrouveraient un jour dans cette situation : le nutella, ça recolle tout, même les voiles qui se sont fait la malle :
Après cela, pas sûr que de monter leur cadeau – un trampoline géant, pour leur permettre de libérer toute cette belle énergie dévastatrice ! – ait été l’idée du siècle : un quart d’heure avant l’arrivée des amis, les Jujus étaient encore en pyjamas à rebondir dedans, comme si leurs vies en dépendaient : 

Petite pause photo, pour se souvenir de cette belle journée : 

Avant de jeter un coup d’oeil dehors et se vêtir en conséquence : 
(Pourquoi c’est TOUJOURS LE JOUR des anniversaires qu’il pleut à verse ?)

Et de prévoir un ravitaillement suffisant :

Les maquilleuses ont eu beaucoup de succès :

Que ce soit auprès des Petits… 

Non non, vous ne voyez pas double, y’avait 2 autres paires de jumelles…

Ou des Grands !

  

Le magicien a eu fort à faire pour maintenir la concentration de quelques dizaines de petits montres bondissants.
Mais la technique du sifflet fait des merveilles.
Depuis, nous sommes en pleine réflexion psycho-philosophique à ce sujet : “Introduire le sifflet comme outil éducationnel des Jujutrépides : vrai choix ou faux dilemme ?” .
A suivre.

Tancrède, très fier d’avoir fait apparaitre le lapin 

GROS succès de l’énorme lapin angora.
Le “bateau en forme de gateau” (Trademark Trystan) à eu son petit effet. 
Quoique Tancrède se soit plaint bruyamment du fait que le gouvernail ait été oublié dans la décoration du navire.  

Les amis ont été incroyablement généreux. 
Il a fallut deux heures pour tout déballer… MERCI !!! 


Le temps passe si vite… 

Joyeux anniversaire mes trésors ! 
(‘Rapport au bateau de pirates, quoi.)

Le Travail des Jujutrépides

Je viens de réaliser à l’instant 

qu’il y a au moins UN avantage 

à voir grandir ses enfants. 

A partir d’un certain âge, on peut commencer à les faire bosser. 

Les mettre à contribution, quoi. 

Ils se sentent valorisés de cette soudaine confiance que nous leur accordons, enfin considérés comme des (presque) Grands, en quelque sorte. 

Et le plus beau, c’est qu’ils en redemandent. 

C’est là que nait la notion basique en science politique “d’intériorisation de la domination” :
Un vrai régal pour les parents qui subitement, peuvent à nouveau s’autoriser certaines flémarderies salutaires et réapprennent à vivre sans – ou presque – douleurs de dos : 

– “Chéri, mon amour, tu vas me chercher un coca/ une bière dans le frigo ? Et tu ne le secoues pas, hein.”

– “Oooh mon trésor, j’ai fait tomber mes clefs/mon sac/mon pull/la cuiller (bref, ‘zavez compris, c’est valable pour tout), tu me les ramasses, dis ?”

KÔÂ ? Ils sont juste à hauteur du sol nos p’tits nabots, pour eux, c’est rien, il serait donc dommage de ne point en profiter.

Le plus étonnant tient probablement au fait que jamais, JAMAIS, JAMAIS, les Jujutrépides n’ont été aussi obéissants que lorsque nous leur demandons un service. 

Ça tient presque de la magie occulte. 

Et puis, il faut bien le dire, les faire participer aux tâches inhérentes au fonctionnement pratique d’une famille et de son intendance, présente beaucoup avantages : 

Outre le fait qu’ils se préparent ainsi à leur vie future d’adultes – célibataires ou compagnons attentionnés – qu’ils découvrent le principe de l’effort et de la solidarité, ils développent également de nombreuses autres qualités :

Leur dextérité manuelle.
Pour cela, je recommande l’épluchure des brins de coriandre : séparer les tiges des feuilles. 
Ça marche aussi avec le persil ou le basilic.
C’est pénible à faire alors qu’eux, avec les p’tit doigts, ça fonctionne super bien et ça va beaucoup plus vite.

Leur musculature globale et pectorale en particulier. 
Leur faire porter les bouteilles d’eau, par exemple, s’avère très efficace.
1, 2 ou même 5 litres, au bout de quelques mois d’entrainement. 
(L’important est juste de ne jamais dépasser le tiers du poids du gamin.)

Mais ça marche aussi avec les cartons :

Leur sens du rangement et de l’organisation : 

Leur coordination, mais aussi leur sens de la coopération et l’un des mantras les plus juste de la vie :  “Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin.”
Enfin… Au moins jusqu’au placard, déjà :

Naturellement, il arrive que certains ratés soient à déplorer…
Oups.
Heuuu, Tancrède, on fait quoi là ?

Mais enfin, cela fait partie de la formation. 
#ViveLeTravailDesEnfantsDeMoinsDe12Ans
# RoulezJeunesse

Découvrir Cheyne’s

Voici le coup de coeur gastronomique 

de la semaine, amis capétoniens !


Cheyne’s c’est d’abord le prénom du chef, Cheyne Morrisby, de cette petite perle de restaurantsitué au 1 Pam Arlene Place sur la Main Road, à Hout Bay. 

L’ancienne maison coloniale a gardé tout son charme d’antan, mais a été redécorée façon art moderne : c’est chic, mais chaleureux et détendu. 

Le concept est simple : le menu est entièrement composé de tapas… Asiatiques.
Un véritable voyage au travers de la cuisine du “Grand Pacifique Asiatique” : Thaïlande, Indonésie, Vietnam, Chine, Singapour, Corée, Japon, Australie, Nouvelle Zélande…

Le chef prépare des ingrédients locaux selon les méthodes de cuisson particulières et les ingrédients typiques de l’Asie : Lait de coco, soja, sésame, citronnelle, gingembre, wasabi, poivre du szechuan, crème d’huitre, cardamom, coriandre, marinade aigres-douces, basilic et curry thaïlandais, piments verts… 
Vous avez le choix entre 4 thématiques : de la mer (poissons et crustacés), de la terre (agneau, boeuf, poulet, porc…), de la nature (plats végétariens), et les desserts. 
Vous choisissez autant de bouchées à partager (ou non !) que vous souhaitez. 
3 ou 4 par personne sont normalement suffisantes, car elle sont généreuses. 

Pour choisir, c’est SUPER facile : TOUT est délicieux. 
On peut donc tirer à la courte paille, pointer du doigt les yeux fermés, jouer le hasard et la surprise !

Petit aperçu qui devrait vous convaincre : 

Poulet à l’ail, au gingembre et au soja, sauce crémeuse aux cacahuètes et piment vert. 
Tempura de crabe au tamarin et au sésame, petits légumes de Chine.
Beignets de langouste sauce miso et herbes asiatiques. 
Risotto crémeux de crevettes au lait de coco, piment et algues marines. 
Toasts de champignons Shitake, gruyère et crème coréenne. 
Attention, ça déménage :
Milkshake au beurre de cacahuètes et caramel à la sauce soja et ses petits croquants de banane.

Les prix sont assez doux mais attention : ils sont essentiellement ouverts le soir (à part les vendredi et les samedi). Il faut donc impérativement réserver. 

Bref, un de ces restaurants dont on a TRÈS envie de faire sa cantine !

Bon appétit !

Les idées loufoques des Jujutrépides

L’imagination des enfants 
n’a pas de limite. 

Ni de logique. 


Elle est complètement libre, absolument créative et purement récréative.
On ne peut donc pas – par définition – la prévoir ni l’anticiper puisqu’elle ne suit aucun ordre ni aucun système cohérent ou rationnel. 
Cela les conduit à faire n’importe quoi, n’importe quand, sans que nous, parents, ne puissions rien y faire. 

A part ramasser / ranger / nettoyer / réparer / s’excuser / derrière eux. 

Et à rire, parfois. 

Comme, par exemple, lorsque les Jujutrépides décident de changer de lit pour faire leur petite sieste : 

Ou lorsqu’ils s’entrainent à allumer des feux imaginaires – dieu soit loué – avec des crayons en bois (??) : 
Ou qu’ils décident subitement de s’enticher d’un nouvel animal de compagnie (l’escargot) et de lui bâtir un confortable logement à l’intérieur de la maison, avec des buches, des serpillières et de morceaux de cartons : 
Le pire est a déplorer probablement lorsqu’ils sont pris d’une fureur artistique qui les conduit à créer à l’improviste… Avec la première chose qui leur tombe sous la main. 

Un morceau de craie et un sol en brique, par exemple. 
(Nota Bébé : toujours se promener avec BEAUCOUP de mouchoirs dans le sac, quand on a des enfants.) 

Ou encore, un morceau de patafix, le mur du frigo et… n’importe quel objet de la maison.
Cette fois-ci, l‘histoire est simple : leur DinoT-Rex en plastique a décidé de manger tous leurs dessins. Du coup, afin de contenir ses ardeurs maléfiques, les Jujus ont collé des cuillers en bois et un petit marteau juste à coté de lui.

Ou la dissuasion par la menace d’assommement. 

(JE NE VOIS PAS DU TOUT D’OÙ ILS PEUVENT TENIR DE TELLES METHODES.) 

Le plus incompréhensible demeure ce moment où ils décident d’installer “leur bureau” dans une des pièces de la maison. 
Le lieu importe peu, finalement. 
Seuls comptent les objets véritablement totémiques de la cérémonie : mes statues mélanésiennes en bois, les post-its, une balle de baseball et leurs petits “dinateurs”.
Oui, je sais. Moi non plus, je n’en n’ai aucune idée. 
Naturellement, il arrive également que leurs petites plaisanteries s’expriment inopinément – et pour notre plus grand plaisir – même durant leur absence :
Lorsqu’on ouvre le coffre de la voiture pour y mettre les sacs de courses,  par exemple, et que l’on se retrouve nez à nez avec une bestiole effrayante, frôlant ainsi l’arrêt cardiaque sur le parking du supermarché, devant l’air mi amusé mi apitoyé des passants qui ne comprennent pas vraiment pourquoi cette jeune femme apparemment saine d’esprit a eu la peur de sa vie devant un mini croco en plastique. 

‘Faut vraiment avoir le coeur bien accroché avec des Jujutrépides. 

J’écris ton nom

J’ai pas bien compris comment cela est arrivé. 

Mais lorsque j’ai entendu le hurlement de leur père,

je suis bien évidemment immédiatement accourue. 


Je m’imaginais déjà le pire. 

Pourtant, en débarquant dans la cuisine, je les ai simplement trouvés tous les trois accoudés en silence au bar américain, furieusement concentrés sur ce qui semblait être des feuilles de papier, complètement insensibles à ma présence. 



Etonnée, je me tourne vers le père des Jujus et lui dis : 

– “Bah ? Chéri, ça va pas de crier comme ça ! KESKIT’PREND !?”

– “Oh ! Ah ! Ohlala ! Mon NAMOUR ! C’est DINGUE !”

– “Euuuuh oui, effectivement, à ce stade, c’est un peu l’impression générale que j’en retire…”

– “MAIS TU COMPRENDS PÂÂÂÂÂÂS !!!! TES FILS ECRIVENT LEURS NOMS !!”

– “??!!??!!?? Hein ?”

– “LEURS PRÉNOOOOOOOMS ! Ils arrivent à les écrire ! Tu te rends compte, on a fait des GENIES !!!!”

– “Mouiiii… Euh. Okay. Montre voir…”


Vous le saviez déjà, mais dans notre couple, c’est le papa qui a tendance à s’extasier sur les petits riens des enfants en bas âge : 

Le premier “areuuu”, le premier “gagaaaa” – qui se prononce “PAPA” dans la tête du père, donc – en passant par le premier popo-dans-l’pot et à la première couche propre de nuit… 

Leur géniteur a toujours été au top en ce qui concerne les ovations et les OLAS géantes à prodiguer à chaque nouvelle étape phare de leur progression.

(Même si tout seul, c’est moins impressionnant que dans un stade de 20 000 personnes, je vous l’accorde, enfin… Ne soyons pas rabat-joie.)
Mais je m’éloigne du sujet. 
Avoir un papa follement encourageant, dont le soutien sans faille donne à sa progéniture chérie tout les nutriments psychologiques nécessaires au développement de la confiance en soi, c’est merveilleux :
Fierté, quand tu nous tiens.

(Je vous passe la danse-de-la-victoire au beau milieu du salon : nous avons notre dignité, tout de même.)

Force m’a-t-il été de constater qu’effectivement, Tancrède avait écrit son nom sur la feuille. 


Papa, très pédagogue, lui avait fait tracer une ligne horizontale puis avait placé autant de points que de lettres à écrire, avant de laisser le PUR talent de MON fils (dans ce genre de cas, c’est le mien, naturellement) s’exprimer :

– “Oui-chéri-voilà-le-Teuuuu-de-Tancrède-et-après-ça-le-AAAAA-de-ton-copain-Alexandre-oui-voilà-et-après-le-Neuuuuu-de-Nova-tu-sais-la-copine-de-Trystan-et-puis-ensuite-le-Céééééé-de-C’est-partiiiiii!!!-et-maintenant-le-Reeeeeeeeu-du-reuuuunard-vas-y-mon-AMOUR-tu-y’es-presque-là-c’est-le-EEEEEuuu-de…”

– “EVAAAAAAAA!”
(Eva, 4 ans, sujet d’une forme de fixation obsessivo-compulsive développée par mon fiston depuis l’année passée.)
Bref, vous avez compris. 

Très fier du résultat de ses efforts, ils s’est alors mis à fanfaronner dans toute la pièce et spécialement sous le nez de son cher frangin.
De son côté, Trystan a semblé rencontrer légèrement plus de difficultés dans l’exécution de son chef d’oeuvre :

Fidèle à son tempérament doux, calme et naturellement serein, il s’est donc mis à hurler de vexation et de désespoir, et à taper du poing sur le bar en marbre, jusqu’à ce que je vienne le consoler en lui disant que, “même si le R donnait l’impression d’avoir beaucoup mangé de gateau au chocolat, son prénom était très joli aussi”. 

C’est alors que les yeux de mon fiston adoré se sont mis à pétiller de cet air malicieux qui précède habituellement la génération d’un énorme connerie ou la préparation d’une petite vengeance bien sentie à l’encontre de son frère :

– “MERCi mama, TOI tu es zentille. Et tu sais, moi, je sais écrire TON PRENOM aussi. Même que ‘cha ‘chécrit M-A-M-A-N. Voilà : “


Touché, mon amour !
C’est un MALIN mon fiston.

Tancrède et ses groupies

Je passerai rapidement

sur les données factuelles

du post de ce jour :


Malencontreusement poussé durant la récrée par son cher et délicat jumeau, Tancrède s’est retrouvé vendredi dernier, tête la première, écrasée contre un banc en béton.

Photo à chaud.
Devant l’ampleur de l’écoulement sanguin, il a été convenu qu’un petit tour aux urgences de l’hôpital de Cape Town avec papa s’imposait :

Les radios et examens de rigueur ont confirmé qu’il n’y avait heureusement pas de fractures à déplorer.

Tout juste fallait-il recoller une vilaine petite plaie au dessus de la lèvre supérieure, situation typique dans laquelle le steri-strip s’avère souverain. 
Rien de bien grave donc, ni de très original en ce qui concerne cette famille.

Enfin… On s’comprend.
Non, la véritable information ne tient pas tant au énième passage de l’un de mes fistons chéris dans un hosto quelconque du monde, mais plutôt aux conséquences post-op de l’affaire :

Le weekend ayant laissé à son visage le temps et le loisir de tripler de volume pour atteindre un niveau de tuméfaction respectable pour un gamin de 4 ans, et de passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, il a ensuite fallu retourner à l’école. 

Digne, malgré sa petite tête ténébreuse de Rocky-après-le-combat-avec-Drago (#Référence #Rocky4), avec son oeil au beurre noir et ses égratignures, Tancrède s’est avancé calmement dans la cour de récréation.


Il n’avait pas encore posé son second pied sur le sol qu’une fillette de son âge (sans doute une petite de sa classe) s’est avancée vers lui : 

– “Oooh Tancrède, ça va ? T’as mal ?”

Naturellement, j’ai été touchée par son geste d’empathie envers mon fils. 
Mais avant même que j’ai pu me pencher vers elle pour lui parler, deux petites nénettes de 5 ou 6 ans ont littéralement foncé sur lui : 

– “Tancrèèèèède !!! T’es rev’nu !!! Comment ça va ? Fais voir ta tête ? Ohlala, t’es tout bleu autour de ton oeil…”

– “Et bin, quel succès pour mon mini Rocky”, ai-je pensé intérieurement… 
Juste avant qu’un nouveau paquet de 4 ou 5 minettes d’âges divers ne fondent sur nous dans un brouhaha de piaillements inaudibles.

J’ai alors senti que la main de mon petit garçon avait quitté la mienne et qu’il était littéralement emporté dans ce flot de groupies qui tournaient autour de lui en lui tripotant la tête et en lui mettant les mains sur les épaules, de leurs airs compatissants. 
Fier comme Artaban, tel un petit coq de basse-cour, je l’ai alors vu s’éloigner, très droit, entouré de toutes ses petites poulettes qui semblaient le regarder avec admiration et dévotion. 

#MonFilsCeHeros
#TouchezPasAuGrisbiSalopes
#PasSûrQueMonCoeurDeMèreSurviveALeurAdolescence