Jujuphilosophes

La semaine dernière,
J’ai probablement vécu 
la scène jujutrépidèsque 
la plus hallucinante 
depuis la naissance de mes jumeaux


Cette fois, ils sont allés très loin :


Comme chaque jour, dans l’après-midi, je suis partie pour les rechercher à l’école. 


Comme chaque jour, ils ont trainé des pieds jusqu’à la voiture en shootant négligemment dans les cailloux, tout en respectant leur délicieux silence boudeur habituel. 


Une fois installés dans leurs sièges auto, et pendant que je faisais tranquillement mes manoeuvres pour sortir de ma place de parking, j’entends Trystan qui dit à son frère, sur le ton de la confidence : 


– “Tu vas woir, Tancrèd’, après, elle va encore nous d’mander comment-elle-était-la-journée-mes-chéris !!! 

Avant de ponctuer sa phrase d’un rire démoniaque, bientôt imité par le frérot. 


Soyons clairs :
A cet instant, j’ai réalisé que mes fils – les perles de mon existence, les étoiles de mes jours – étaient pour la première fois ouvertement en train de se foutre conjointement de ma tronche. 


Ravalant les gros sanglots qui montaient dans ma gorge, j’ai trouvé le courage de dire calmement : 


– “M’enfin Trystan c’est pas gentil de dire ça ! Je m’intéresse à vos vies, c’est pas la peine de te moquer !”


Et là… ABSOLUMENT aucune réaction. 
J’aurai pu ne rien dire. 
Parler du beau temps. 
La voiture aurait pu être conduite par un chauffeur automatique.
Ça aurait été pareil : MES FISTONS M’ONT PROPREMENT IGNORÉE. 
Perturbée par cette coalition gémélaire d’une ampleur inédite, j’insiste : 
– “Maiiiis !?!? Mes amours qu’est ce qui’ s’passe ?”
Silence. 
Je réfléchissais à ce soudain revirement incompréhensible de la part de mes deux engeances, lorsque nous sommes arrivés au niveau des travaux de voirie qui durent depuis près de 6 mois maintenant, un peu en dessous de chez nous. 
Je les ai alors entendu reprendre leur discussion, là encore, comme si j’avais disparue de l’habitacle, une réelle conversation structurée, si l’on peut dire : 

– “Oh ! Tancrèd’ ! R’garde, les tractopèl’ y sont tous partis !!!”


– “Ooooh mais NONONONONONN !!! Ça va pas du touuuut ! Y’ z’ont pas fini leur travail !! Y’a encore des trous partout !”

– “Nan mais c’est pass’qu’y z’étaient trop fatigués Tancrèd’, ils z’ont trop travaillé et y z’ont eu besoin de se repozer un peu tu comprends ?”

Je vois alors Tancrède dans le rétroviseur, pensif, qui s’empresse d’ajouter :

– “Oui Trystan, c’est comme Madiba, tu wois’ ?”

A ce stade, j’avoue que je manque d’en lâcher mon volant. 
Mais POURQUOI diable parle-t-il de Nelson Mandela ?!?!?
Tancrède embraye alors : 
– “Oui, c’est pour ça qu’il est mort tu sais.”

??!!??!!??!!??

J’entends alors Trystan qui reprend : 

– “Non Tancrèd’, il est mort pass’qu’ils l’ont mis en prison, et après il était dev’nu le chef de tout le monde mais apres il dev’nu trop vieux et c’est pour ça qu’il est mort.”

A ce niveau de l’échange absolument lunaire qui se déroule derrière moi, je me suis garée devant la maison. 
Les deux Jujus ne semblent pas l’avoir remarqué, et continuent de plus belle leur bavardage surréaliste :

– “Oui et tu sais Trystan, quand les Madibas (avec un “s”, donc, j’imagine?!) ils meurent, on les met dans un TOMBEAU. C’est triste.”

– “Je sais Tancrèd’… Et quand les gens ils meurt les autres gens ils sont krèèèè malheureux et après ils pleurent.”

La question que je me pose à cet instant précis est : COMMENT en est on arrivés la ?!?! Mais qu’est-ce qui leur prend à mes enfants aujourd’hui ?!?!?
Je m’apprête à intervenir pour faire cesser cette discussion glauquissime, lorsque Tancrède m’achève d’un :

– “Boâh Oui. ‘chest la vie…”

???!??!??!??!?
MAIS KES K’ILS FABRIQUENT A L’ECOLE 
POUR REVENIR AVEC DES IDEES PAREILLES !?!?!?

Découvrir Bizerca

J’ai mis un an. 

Mais j’ai trouvé. 

Un bon restaurant français à Cape Town. 


Non pas que je fasse ma chauvine.

Mais parfois, comme ça, certains soirs, quand on vit loin de son pays, on se sent un peu nostalgique et on a envie de sentir un petit bout de chez soi. 

Français de Cape Town en manque d’un bon bistro savoureux, voici pour vous : BIZERCA !

Fondé en 2007 par un chef français et sa femme sud africaine, le restaurant est situé au 98 Shortmarket Street dans le centre ville de Cape Town. 

La couleur est annoncée dès le début : sol en carrelages, nappes en papier et serviettes à carreaux, chaises à barreaux, menu écrit à la craie sur une grande ardoise… Impossible de se tromper : on est bien dans un bistrot français !

La terrasse intérieure est chaleureuse et très agréable – chauffée quand les nuits sont fraiches :

C’est facile, tout est délicieux. 
Les produits sont vraiment bons, comme “chez nous”.
La cuisine authentique, raffinée mais sans être prétentieuse.  
Quelques exemples de plats qui devraient vous parler : 
Assortiments de rillettes et de patés maison, soupe crémeuse de moules, salade de betterave sans tous ses états (sorbet, crème relevée au piment ou associée à du fromage de chèvre), ou oeufs mimosa en entrée. 
VRAI tartare au couteau, fricassée de joue de boeuf, confit de canard ou gigot de 7 heures en plat principal. 
Millefeuilles de fraises ou crème brulée au chocolat blanc en dessert…


Le rapport qualité prix est excellent et les vins sont très bons. 
Courrez-y !

Les Jujutrépides se lâchent !

C’est quand même DINGUE 

ce que les instits’ peuvent se donner comme mal 

pour faire des trucs sympas avec nos moutards. 


Je veux dire : je me trompe peut-être, mais je n’ai pas souvenir d’avoir eu autant de supports (cahiers, classeurs, pochettes…) dans lesquels la totalité de ma vie et de mon apprentissage d’enfant de maternelle ait été aussi bien consignés. 

De nos jours, les petiots disposent tous d’un “cahier de pédagogie”, dans lequel sont collés tous les détails des notions qui ont été abordées et qu’ils ont intégrées au cours de l’année : écriture, vocabulaire, chanson, anglais, botanique, sport, chiffres, etc. 
Mais aussi d’un “cahier de vie” dans lequel sont répertoriés tous les trucs “extra scolaires” qu’ils peuvent faire : fêtes d’anniversaires, sorties de classe, gateaux cuisinés à l’école, dessins et autres créations artistiques. 

Tout le dossier, de plus en plus fourni au fil de l’année qui passe, nous est régulièrement rendu, notamment au moment des congés. 

Et là, comme par magie, il sont subitement EXTRÊMEMENT fiers de nous montrer ce qu’ils ont fait durant les dernières semaines. 
Il y a quelques temps je vous expliquais à quel point obtenir une réponse à la simple question quotidienne “Alors chéri, qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ?” relevait du parcours du combattant. 
Mais dès que les cahiers apparaissent, tout change. 
Comme si leurs petits cerveaux avaient eu le temps de processer l’information et comme si soudainement, elle tombait dans le domaine public (et parental).

Ce rituel du dernier-vendredi-avant-les-vacances est d’ailleurs devenu sacré à la maison, comme pour rattraper toutes ces semaines d’omertà et de silence obstiné au quotidien : dès le retour de l’école, il s’agit de s’installer sur le canapé et chacun raconte alors ses cahiers. 

A cette occasion, nous les parents, découvrons des trucs incroyables. 
Notamment à quel point – phénoménal – nos enfants progressent, en dehors de nous. Car à cet âge, dès qu’ils prononcent un nouveau mot, nous savons immédiatement s’ils le tiennent de nous ou de l’école, leurs deux seules sources de connaissance. Aucune tristesse là dedans, juste beaucoup de reconnaissance pour ces maitresses qui font des merveilles. 

Petit florilège jujutrépidèsque des progrès : 


– “Alors là tu wois mama, c’est mon classeur d’APPRENTISSAZE’. Tu l’ouvres comme ça en levant la barre et après tu rabaisses. Et après t’as plus k’a cliquer avec la barre plate ici, devant l’INTERCALAIRE.”

Ensuite ton fils de 4 ans t’explique qu’en fait :

– “les baleines, c’est pas vrai qu’elles peuvent nous avaler, comme dans pinocchio. A cause de leurs FANONS qui bloquent là, tu wois, dans la bouche. Y’a que les ‘tites crôvettes qui peuvent rentrer làd’dans.”

Alors, déjà, tu te pinces.

Parce que t’es même pas sûre de savoir toi-même ce que “fanons” veut dire.

(Pour ceux qui n’osent pas l’avouer, c’est le nom spécifique des lames cornées qui garnissent la mâchoire supérieure des cétacés. Ouaip. Pass’que les baleines, ça n’a pas de dent, en fait. Steuplé.)

Ensuite, tu tombes des nues de voir que si petit, ton mouflet sait déjà que les baleines se nourrissent de krill. (En gros)

Vraiment, cette nouvelle progéniture n’a rien n’a voir avoir la bande de larves que nous étions au même âge : la progression générationnelle de l’intelligence  et de l’éveil n’est pas un vain mot. 
Ensuite, tu découvres qu’ils ont travaillé sur le goût et les notions d’alimentation, et qu’ils savent maintenant faire la différence et surtout nommer le sucré, le salé, l’amer et l’acide, ce que tu n’avais jamais pensé à leur apprendre toi-même. 

Tu as aussi tendance à tomber de ta chaise lorsqu’au lieu de te balancer le bol de soupe de légumes à la tronche d’un air dégouté, ils te sortent à la place, et avec allégresse :
– “Oui maman ! Donne moi mon fruit pass’que le fruit c’est plein de vitamiiiiines krèèèèès bonnes pour ma santé !”

A ce sujet, tu apprends des nouveautés anthropologiques assez bluffantes :
– “Mamaaaaaan !? Tu sais pourquoi les indiens y – z’ont la peau rouge ?
C’est pass’qu’ils z’ont pas bien mis leur crème solaire et qu’y z’ont pris un ‘ro coup d’soleil.”

Tu réalises aussi que cette sortie scolaire à l’atelier de peinture de la maman de River, qui est artiste peintre, a été très bénéfique puisque maintenant ton gosse te parle couleurs primaires et mélanges pigmentaires. 
Genre : “bleu et rouze ça fait violet et bleu et zaune ça fait vert !”

L’un des avantages du système est aussi que tu comprends ENFIN ce qu’ils racontent, lorsqu’ils te chantent leurs comptines en anglais.

Jusqu’à présent, tu entendais :

– “Alapafffffthekanjithepikpikcaaaake, peu peu peuuuuu !”

Et malgré leur enthousiasme, toute ta bonne volonté et ton niveau correct dans la langue de shakespeare, tu ne reconnaissais pas :

Grâce au cahier, tu sais maintenant qu’il s’agissait en fait de la célèbre : 

– ” Puff out the candles on the pink pig cake ! Puf Puf Puf !”


Et quand tes mômes te surprennent en train de jouer au trictrac avec leur père, et qu’ils te disent calmement : “roooo ! Aller maman, donne moi les dés pour que j’fasse avancer les pioooons !”…

…Tu manques de t’évanouir. 

Qui part à la chasse perd sa place

On l’a échappée belle. 

Non, vraiment. 


L’autre week-end, Patrick me dit, moitié ahuri, moitié perplexe : 

– “Chérie !! J’ai vu passer un truc dans le jardin !!! Un énorme RAT noir. Ou peut-être un chien. Super bizarre.”

Sur le moment je n’ai rien dit, me disant qu’il n’avait probablement pas encore mis ses lentilles de contact lorsque le “truc” est passé. 

Quelques jours plus tard, c’est en entendant les Jujus hurler sur la terrasse du jardin que j’ai réalisé qu’il se passait quelque chose de louche. 

J’ai alors trouvé ça, en ouvrant la baie vitrée : 

Un adorable petit bichon noir qui haletait devant notre porte, visiblement bien fatigué et déshydraté.

Les Jujutrépides avaient déjà entrepris de l’attacher pour être sûrs que la pauvre bête ne puisse pas s’enfuir (les enfants sont effrayants) :

Tancrède m’a alors regardé avec cette mine qui est la sienne lorsqu’il a quelque chose d’important à me demander : 
Yeux tombants de cocker – c’était de circonstance – implorants, habilement ouverts en grand, dans lesquels semblent passer des myriades d’émotions puissantes. Tout dans la sincérité et l’intensité…  

Malheureusement, cette bouille savamment travaillée – je le sais – a la vilaine tendance de me déposséder de mes moyens, en particulier de ma capacité à dire NON. 

– “Oh mamaaaa… Le Pauuuuuuuvre petit ‘ssien !! Il est tout fatigué tu as vu, on peut pas le laisser souffrir là tout seul, on va l’aider, oui ? Oui maman ? On va l’aider, oui ?”

Imparable. 

Naturellement, pas folle la guêpe, je vois déjà le drame se profiler : 
Nous nourrissons le chien en attendant de retrouver son maitre ou sa maitresse. Finalement nous ne retrouvons pas le propriétaire. 
Entre temps les Jujus s’y sont attachés. 
In fine, la bestiole s’installe ad vitam aeternam à la maison. 

M’extirpant de ces pensées terrifiantes, j’entends mon fiston qui me dit : 

– “Ohhhh mama, t’as pas un gros zooooos’ qu’on peut lui donner ?!?”

Et là, ni une ni deux, je le vois fourrager, tête la première dans le frigo, sur le point de refermer la paluche sur les escalopes de veau prévues pour le diner !

– “Euuuuuuh non, chéri, j’ai pas d’os là tout de suite, et la seule viande que j’ai, c’est pour le repas de ce soir.”

Je vois déjà les prémices de la contradiction s’afficher sur son visage.
Habile, je tente immédiatement de jouer sur l’affect : 

– “Mais mon namour-chéri, si tu veux, on peut lui donner ton steak. Tu n’en n’auras plus pour toi ce soir, mais bon, ce serait une bonne action. Oui ?”

Touché. 
Je l’ai joué serrée, mais heureusement, l’estomac demeure un argument relativement imparable chez les Jujus :

– “Oui…Bon… Bin… On va lui donner du lait d’accord mama ?”

– “Du lait ? Mais c’est pas un chat chéri, c’est un chien.”

– “Et bin on va rajouter du pain dedans alors ! Comme ça, ça va faire du PAIN AU LAIT !”

Dit-il triomphalement. 

“Et tu sais, tout l’monde y’ l’aime les pains au lait. A l’école on en a fait avec la maitresse et tous les z’enfants ont mangé les pains au lait. Voilà.”

Aussitôt dit, aussitôt fait : 
(Je crois que la recette n’a pas été bien intégrée… Enfin je dis ça, hein…)

J’ai ensuite vu mon Tancrède prendre sa tâche très au sérieux et dépiauter patiemment tout cela, afin que le clébard puisse manger sa mixture… D‘ailleurs effectivement avalée en moins de 2 minutes. 

Je commençais à sentir les carottes sérieusement roussir, lorsque je vois mon sauveur revenir, le portable à la main : 

– “Chérie, c’est bon, j’ai retrouvé le proprio du chien, dont le numéro était sur la médaille du collier. C’est le voisin d’à côté.”

Il m’est difficile de décrire le soulagement ressenti sur le moment.

Mais je suis sûre que vous voyez de quoi je veux parler.  
Nous avons donc prestement rendu le toutou à la petite fille à qui “Leila” appartient. 

Sans surprise, voyant la bestiole disparaitre de l’autre côté de la haie, les yeux de nos Jujus se sont embués de larmes…


Leur papa a alors pris le temps de leur expliquer que la petite voisine serait très triste si on ne lui rendait pas son animal, et, qu’eux-mêmes, dans la même situation, voudraient bien qu’on fasse pareil pour eux.

Qu’on ne pouvait pas garder le chien. 

Tout ça. 

Le chagrin a donc fini par repartir comme il est venu. 

Mais Trystan a tenu a avoir le mot de la fin : 

– “Moi je dis que le ‘ssien, il est venu chez NOUS. Pluzieurs fois ! (les gosses, ça remarque TOUT). Ça veut dire qu’il veut vivre avec NOUS. Alors ça veut dire qu’il doit êt’e A NOUS maint’nant et rester ici…”

Question philosophique du jour : on choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis. L’expression s’applique-t-elle aussi aux canidés ?

Jujus Téléphonent Maison

Forcément, quand on est parents 

de jeunes enfants en 2015, 

on s’interroge. 


Je parle du téléphone.
Et en particulier du téléphone portable. 

Je me disais : 

Cet instrument de malheur a pris une place délirante dans nos vies. 

Tatatata. 
Ne faites pas les innocents. 

Vous aussi, vous passez vos soirées sur vos mini écrans au lieu de lire un bon bouquin, vous faites pipi en écrivant vos mails et vous vous surprenez parfois à pianoter machinalement dessus, sans même trop savoir pourquoi, par pure aliénation technologique. 
On ne peut plus s’en passer. 

On s’en sert parfois pour téléphoner, mais surtout pour avoir l’heure, pour relever nos mails, pour aller sur les réseaux bleus et blancs – ‘z’avez remarqué comme ils sont ABSOLUMENT TOUS de cette couleur !? Facebook, Twitter, Instagram, linkedin… Bref, c’est pas l’propos – pour jouer aussi, mais surtout pour prendre des photos et les retravailler… 

No comment.

Je ne suis pas là pour écrire une tribune sur les bienfaits du minitel et les dommages sociologico-médico-sexo-psychologiques des cellulaires.

Mais j’avoue m’être souvent demandé quelles seraient les conséquences de cette drogue moderne sur la génération du dessous, ces enfants nés avec, et qui ont toujours vu leurs parents scotchés à ces bidules.

(Oui, pardon, chers amis, de retourner le couteau dans la plaie et de vous rappeler que vous aviez 15, 20, ou même 50 ans lorsque cette invention a commencé à envahir notre quotidien. On rajeunit pas.)

C’est bien simple, nos Jujutrépides : ils détestent le téléphone.
A part lorsqu’il s’agit de regarder des photos – d’eux mêmes – ils n’y touchent jamais. 
Ils passent même leur temps à le ranger dans des sacs ou à l’ostraciser sur une étagère. 
Je ne compte plus le nombre de fois où ils nous ont dit : “mais lââââche ton téléphooooone main’nant !!!”, en nous l’arrachant des mains, avant de réussir miraculeusement à le bloquer grâce à une mauvaise manipulation du code secret :

Pourtant, ils n’ont pas toujours eu cette attitude à l’égard des portables. 
Petits, la fascination que ces engins exercent sur nous, était bien palpable chez eux aussi : 
Tancrède et la Mure de papa à 9 mois.
Trystan découvre l’Iphone à 12 mois : Wouaaaaah !!!
Tancrède, déjà ultra connecté, au même âge.

Mais rapidement, l’obsession est devenue moins forte… L’objet, un jouet comme un autre, remplaçable par n’importe quel autre : 
Tancrède, 18 mois. 
Trystan, 22 mois.
Tancrède, 22 mois, qui commence à s’intéresser surtout au téléphone fixe, 
qui donne des résultats étonnamment efficaces lorsqu’il est écrasé sur la tête du frangin.

Rapidement, nos Jujus l’ont donc délaissé, pour s’intéresser à d’autres technologies : 
L’ipad, vâch’môn sympa pour regarder les films…
2 ans. 

 Les DVD – encore plus rigolos… 


Trystan, 2 ans

Et même les microphones dans lesquels chanter :


Tancrède, 2 ans 

Peu après leurs deux ans et demi, leur intérêt pour le téléphone a même quasiment toalement disparu, au profit des appareils photos, des montres, de l’ipad ou de la télévision :
Une conclusion s’impose. 

Soit nos gamins sont décidément un peu spéciaux, et pas représentatifs de leur génération. 

Soit, ils le sont. 

Et une fois de plus, ils sont bien plus lucides, raisonnables, perspicaces et clairvoyants que leurs parents :
En quelques mois, ils ont pigé tous seuls que l’ascendant irrésistible qu’exercent ces machins sur nous est parfois excessif. 

Alors que nous… Ça fait des années qu’on se dit qu’il faudrait VRAIMENT faire gaffe à ne pas devenir addicts. (Stade dépassé depuis belle lurette, donc.)

J’dis ça, j’dis rien. 

Les cheveux de Jeddo

Vous vous souvenez peut-être 

de la tête qu’avaient fait les Jujus 


Ils ont également été très perturbés quand ils ont vu leur grand-père, l’autre jour sur skype, la boule à zéro. 

Goutte qui a fait déborder le vase : leur papa est allé faire rafraichir sa coupe chez le coiffeur le weekend dernier. 

S’en fut trop pour Tancrède qui a littéralement sauté un cable capillaire :

– “Nooooooon mais moi z’en ai marre que tout l’monde y’s’coupe les feuveux ! Moi’j’veux que tout l’monde y l’ai des looooongs feuveux.”


Prenant les choses immédiatement en main, il a alors entrepris de ramasser tous les cheveux tombés au sol, faisant de minutieux petits tas devant les yeux éberlués des coiffeuses. 

L’une d’elles s’étant penchée vers lui pour lui demander ce qu’il faisait, il a alors poliment mais fermement exprimé son besoin : 

– “I want a bag now please !”

Leur niveau d’anglais étant encore assez basique, leurs phrases sont peu élaborées mais ont le grand mérite d’être TRES précises. 
Curieusement, les grandes personnes ici ne s’en formalisent pas, et obtempèrent la plupart du temps très gentiment. 
Ayant obtenu ce qu’il convoitait, il a alors consciencieusement entassé tous les cheveux ramassés (ceux de papa et des 2 messieurs d’à côté) dans un petit sac en plastique à fermeture hermétique…

… Prononçant alors sa phrase fétiche : “MAMAN ! Z’ai une BONNE idée !”

(En général il cligne de l’oeil en même temps, pour appuyer l’propos.)


– “Z’ai mis les ch’veux dans l’sac passque je vais les donner à ZEDDOOOOO !”

(Zeddooooo qui vient initialement du mot Jeddo, qui veut dire papy, pour les non arabophones)

Interpelée, je lui dis alors : 

– “Mais chéri, qu’est-ce que tu veux qu’il en fasse de tous ces cheveux ton jeddo ?”

Et là, réponse la plus logique du monde : 

– “Bah ! On va lui r’coller sur’ sa tête maman !”

Je n’ai pas pu m’empêcher de rire en reconstituant mentalement la tronche du papy avec des cheveux tous noirs et longs collés sur le haut du crâne (pardon, Albert !). 

Voyant que je me moquais un peu de lui, le sourire de mon fils a subitement disparu de son visage… 

J’ai alors compris qu’il était terriblement sérieux à propos de cette réimplantation capillaire, et que je l’avais peiné :

Tentant de recoller – ahaha – les morceaux, je lui dis : 

– “Mon amour, c’est très gentil de ta part de faire ça mais tu sais, si ça se trouve Jeddo il est très content d’avoir rasé ses cheveux et c’est comme ça qu’il les préfère. Et puis les cheveux, quand c’est coupé c’est coupé, tu comprends ? Ça ne peut pas se remettre, il faut attendre qu’ils repoussent. “

Là, je vois mon fils dubitatif, mais qui reprend néanmoins du poil – ahaha. Ok, j’arrête. – de la bête. Il me dit : 

– “Mais noooon maman, les feveux c’est comme les LENTILLES, tu comprends ! On les plante, on les arrose et après, ça pousse quand c’est le printemps. Alors on va faire pareil avec zeddo. Voilà !”

Ah bah oui, ‘chui bête :
Voilà. 

Découvrir Iyo Burgers

Franchement, parfois, 

j’ai envie d’un burger. 

Evidemment, 

c’est impossible. 


Non pas parce qu’il n’existe pas d’endroits qui en font. 
Il y en a même des centaines. 
Immondes et à la limite – voire bien au delà – de l’insalubrité. 

Non pas parce qu’ils ne sont pas forcément super bons pour la ligne. 

Mais tout simplement parce que trouver un burger bon et sain comme-quand-on-les-fait-à-la-maison-mais-meilleurs-parceque-c’est-au-restaurant, normalement, ça n’existe pas. 

Et bien à Cape Town SI ! Et je vous en ai trouvé un. 

Après cela, vous ne pourrez plus en manger ailleurs. 
Ou alors, justement, vous pourrez enfin recommencer à en avaler. 

IYO Burgers a ouvert ses portes en 2013, au premier étage du bâtiment situé au 103 Bree Street dans le centre ville de Cape Town.  

Le concept est simple : de délicieux burgers gourmets, entièrement bio et cuisinés à partir d’ingrédients exclusivement locaux. Le tout à des prix totalement raisonnables. 

C’est irrésistible. 

La déco, celle d’un diner convivial et agréable, est elle aussi constituée de matériaux locaux et environnement friendly. 
Chaque table à en son centre un petit bouquet d’herbes (menthe, ciboulette, romarin…) fraiches et encore en terre :

Le menu propose uniquement des burgers à (presque) tous les goûts, dont la viande est bio et 100% pâturages.
Ils proposent aussi des burgers végétariens ou sans pain. 
Il y en a vraiment pour tout le monde. 

Les légumes sont tous issus de l’agriculture bio et viennent en bonne partie du Oranjezicht City Farm, à quelques mètres de là. 
La carte des boissons, restreinte, est composée de jus de fruits frais et de produits uniquement faits-maison ou fabriqués dans la région.   
Je vous laisse jeter un coup d’oeil : 

Les frites sont exceptionnellement croquantes, les portions sont généreuses mais raisonnables.

Ils font même une planche de 3 mini burgers de dégustation : idéal pour les enfants !

En famille durant le weekend, un soir entre copains ou même en amoureux, vite fait, avant un cinéma… 
Ils ne prennent pas les réservations et n’ont que quelques dizaines de couverts. Le mieux est donc de venir légèrement en décalé des horaires classiques, car je ne vous apprendrais rien en vous disant que c’est souvent bondé. 
Ils livrent également, pour les fainéants !

Bon appétit !

Découvrir la randonnée de Signal Hill

Je vous le disais le mois dernier, 

les randonnées dans la ville de Cape Town 

sont un vrai ravissement. 


En fait, ici, on vit dans une “ville sauvage”. 

C’est en habitant ici que je l’ai réalisé : l’urbanisme peut se développer tout en respectant la nature.  


La balade du jour est une marche de deux heures à flanc de colline, le long de Signal Hill et autour de Lion’s Head, deux des principaux monts de la ville qui entourent la fameuse Montagne de la Table, sorte d’énorme pilier autour duquel est construite – en anneau – la ville de Cape Town. 

D’un côté l’océan Atlantique et la ville, de l’autre la montagne et la nature : un contraste saisissant !


Voilà un petit aperçu pour les amis qui vivent ici, et peut-être une motivation supplémentaire à venir visiter ce splendide pays, pour ceux qui vivent loin :

Vue sur le quartier de Seapoint. 

Lion’s Head

L’arrivée sur la Montagne des 12 apôtres, dans la continuité de la Montagne de la Table, et qui coure jusqu’au Cap de Bonne Espérance, est magnifique : 

La balade se termine au niveau de la baie de Camps Bay, au sud de la ville de Cape Town : 

Non seulement la marche est splendide, mais elle donne en cette période de l’année (printemps), l’occasion de découvrir une flore exceptionnelle : 
Etoile de Bethlehem ou Chincherinchee, plante endémique du Cap. 
Orchidée sauvage, dont il existe des dizaines de variantes de forme et de couleur.

Aristea, fleur endémique d’Afrique du Sud…
… Dont il existe près d’une soixantaine de sous espèces ici autour du Cap.  
Pelargonium ou Geranium Sauvage :
Probablement la plante la plus populaire au monde, elle est originaire d’Afrique du Sud.
Ramenée au 17ème siècle en Europe par les apothicaires hollandais venus au Cap en expédition.

Elle était utilisée localement pour lutter contre la dysenterie. 
A priori, un spécimen de la famille des Glaïeuls…
Orange Table Mountain Watsonia, fleur que l’on trouve
spécifiquement sur les versants de la Montagne de la Table.
Dwarf Felicia, de la famille des Asteraceae.
En gros : marguerites sauvages.
Elles existent dans toutes les couleurs : violet, blanc, jaune, orange, rose…
Hélianthus, Soleil vivace. 
Genre de tournesol local. 
Dipogon Lignosus, de la famille de pois de senteur.
Fleurs jaunes du Fynbos sud africain. 
Silver Tree, Arbre argenté, espèce de la famille des protéa, protégée ici en Afrique du Sud,
et qui a failli disparaitre lors de l’implantation 
du pin européen, par les Hollandais dès le 17ème siècle,
sur les flancs de la montagne de cape Town.
Ses feuilles ont un reflet argenté très prononcé et brillant, qui lui a valu ce nom. 
Cliffortia Ruscifolia, nommée à partir de Georges Clifford, riche financier anglo-hollandais
 du début du 18ème siècle, passionné d’horticulture.
On y croise aussi pas mal de représentants de la faune !
Pintades casquées
Je suis bien incapable de vous dire quel type de chenille s’est.
Si l’un(e) d’entre vous a une idée, n’hésitez pas à partager !

Bonne marche !

Robert et les Jujutrépides

Tout a commencé 

quand les Jujus ont voulu 

“faire comme ROBERT”. 


Franchement, j’ai mis un petit moment à comprendre ce qu’ils voulaient dire :

– “Mamaaaaaaan, ze veux faire comme ROBERT, ze veux MONARK aussiiiiii !”

Devant mon incrédulité totale, Trystan a commencé à s’énerver. 
Je voyais bien que quelque chose semblait lui tenir vraiment à coeur. Mais j’avais beau le faire répéter, impossible de saisir le sens de sa demande. 

– “Mais Trystan je suis désolée, je ne comprends pas ce que tu me dis ! C’est qui ce Robert, d’abord ?!”

– “Mais maman !!!! ROBEEEEEERT c’est une fiiiiille !!!”

– “Heiiiin ?!?!?!?”

De plus en plus à la ramasse, je tente :

– “Non mais là Trystan je suis complètement perdue. Explique qui est cette Robert, parce que vraiment…”

Là, mon fils se lève d’un bond en se dirigeant vers le salon de télévision, avec de revenir et de me fourrer dans les mains – manière de dire “voilà, t’es vraiment trop teubée” – le DVD de Rebelle : 

– “Rebelle ?!?!? Trystan, chéri… ?!?”

– “Mais non pas Rebelle ! ROBÈÈÈÈ…LLE !!!! La fille très courazeuse qui tire des fleff avec SONARK !”

Rebelle avec son arc et ses flèches. 
Tout s’est éclairci d’un coup. 

Super-papa est donc arrivé à la rescousse, avec une branche trouvée dans le jardin, de la ficelle, un morceau de papier A4, un rouleau de papier toilette, des agrafes et des baguettes pour sushis… 

Depuis, Trystan ne fait plus un pas sans son arc et s’entraine vigoureusement à viser tous les objets du salon. 

Pour une raison bien compréhensible, mais qui semble néanmoins nuire grandement à l’efficacité de l’exercice, il ferme les yeux lorsqu’il se concentre pour tirer. 

Et il n’a pas encore bien intégré le principe du placement de la flèche qui doit être engagée au DESSUS de la main qui tient l’arc…

M’enfin, y’a pas à dire, la passion est là : on ne peut plus le séparer de l’ARK de ROBERT.

Découvrir les baleines à bosse du Cap

J’avoue. 

Quand nous avons su que nous irions nous installer en Afrique du Sud, l’un des premiers trucs sur ma liste-des-choses-géniales-à-voir, a directement été : LES BALEINES ! 

Etant arrivée juste après leur départ en fin d’année passée, j’ai donc patienté UN AN COMPLET, scrutant chaque jour désespérément la surface de l’océan.

Le coeur battant. 
Oui, car les baleines, c’est comme les abricots ou le muguet : y’a une saison pour cela. Grosso modo, de fin juin à début novembre – mais le pic de visibilité se situe en juillet et août – elles migrent – jusqu’à 25000 km par an – depuis les eaux glacées de l’antarctique pour venir se reproduire dans les eaux plus tempérées (tout est relatif) du reste du monde et de la côte du Cap en particulier. 

Il y a beaucoup de manières de les observer. 
Depuis les quais, avec des jumelles ou un téléobjectif car elles approchent rarement le rivage. 
(Non,non, avec des jumeaux ça marche pas. 
Ok, pardon, elle était nulle celle-là.)

Ou depuis un petit avion de tourisme, ou même un hélicoptère.
Et enfin depuis un bateau. 
Le “wale watching” est un vrai business saisonnier ici. 

Les meilleurs coins pour les observer sont le sud de la péninsule du Cap entre Kalk Bay et Simon’s Town.
Mais aussi sur la côte ouest après Paternoster (là où Tancrède avait fait un carnage de “ross crôvettes”, souvenez-vous), à 200 km au nord de Cape Town
Ou encore dans la Walker Bay, à 120 km à l’est. 

J’ai donc pris les choses en main et ai réservé 4 places sur un bateau spécialisé, pour nous et les Jujutrépides.
Dimanche, nous avons roulé silencieusement jusqu’à Hermanus, fébriles à l’idée de rencontrer ENFIN ces merveilleux cétacés. 

Alors, je préfère vous le dire TOUT DE SUITE :
Au risque de paraitre légèrement naïve, pour moi, l’observation des baleines en pleine mer, ça devait ressembler à ça : 

Oui, bon, j’exagère un peu. 

En vrai, c’est pas vraiment comme ça que les choses se passent. 
Pas du tout, en fait.
Les baleines, ça s’mérite. 

Une fois arrivés à destination au port de Hermanus :

… Après avoir observé quelques damans le long du port, bronzant au soleil, vautrés sur les rochers :


Et après avoir pris le temps de quelques photos jujutrépidèsques : 

Nous avons embarqué à bord d’un bateau de visite (Compagnie Hermanus Whale Cruise, pour ceux que cela intéresse) :

Il nous a fallu une bonne vingtaine de minutes en mer, dans le calme le plus plat… 

Avant de voir soudainement apparaitre… Un aileron ?!?!? De requin ? 

Mais rapidement, en voyant toute la partie supérieure du dos, on comprend qu’il s’agit finalement d’une baleine :

Confirmation définitive lorsqu’apparaît le fameux jet d’eau en forme de V : 
La plupart du temps les baleines descendent une quinzaine ou une vingtaine de minutes sous l’eau avant de remonter, mais elles peuvent rester jusqu’à une heure sous l’eau. 
Lorsqu’elles reviennent respirer à la surface, le bruit est très impressionnant : le même chuintement de tuyauterie, toutes proportions gardées, que celui d’un tuba de snorkling que l’on vide en soufflant fort, TRES FORT. 

Les spécimens que nous avons pu observer lors de notre sortie appartenaient à la race des baleines à bosse, qui mesurent entre 12 et 18 mètres de long, pour un poids de 25 tonnes en moyenne. Elles se nourrissent de krill et de petits poissons. 
Quand on voit paraitre un bout d’aileron, on ne mesure pas, sans mauvais jeu de mot, à quel point ces magnifiques animaux sont en réalité immenses :

Les baleines à bosse portent ce nom car elles arrondissent leur dos avant de plonger, donnant l’impression qu’elles sont bossues :



Elles ont souvent des tubercules blancs ou des excroissances sur la tête, qui sont juste des calcifications ou des follicules pileux. 
Leur ventre est strié de rainures et est de couleur blanche. 

Elles sont très sociables et connues pour leurs incroyables acrobaties. 
(Lorsque vous voyez une baleine s’élancer hors de l’eau avant de retomber avec grâce, c’est une baleine à bosse.)
Nous avons donc à cette occasion appris à parler un peu le baleine : 

– Lorsque l’une d’elles donne des coups de queue, c’est en général une mère qui appelle son petit. 

Oui, je sais, je n’ai réussi à avoir que le bout de la queue.
Oh ça va hein.
C’est SUPER DUR à photographier.

– Lorsqu’elle saute hors de l’eau, c’est signe que la météo risque de tourner à la pluie. Il faisait très beau, nous n’avons donc malheureusement pas eu la chance d’assister à une démonstration.

– Lorsqu’elle se tient “debout” dans l’eau, en ne sortant que le haut de la tête, c’est une marque de curiosité pour ce qui se passe autour d’elle.



– Elle peut aussi rouler sur elle-même, signe que son humeur est au jeu. 

Le chant des baleines à bosse est très connu : 
Celles-ci chantent uniquement lors de la saison des accouplements, mais durant des heures voire des jours entiers. Les notes sont très graves et de nombreux plongeurs ayant nagé avec elles dans ces moments là, disent avoir été désorientés par une très puissante raisonnance dans leur cage thoracique. 
Certains vont même jusqu’à penser que la légende des sirènes des mers vient de cet animal, avec ses sauts gracieux et ses chants envoutants. 

Du fait d’une surpêche génocidaire tout au long de la première moitié du 20ème siècle, 90% de l’espèce avaient disparus au début des années 1960 pour descendre jusqu’à la barre des 20 000 individus dans le monde. 
Un moratoire  international sur la chasse à la baleine ayant été adopté in extremis en 1966, l’effectif a commencé à remonter depuis la fin des années 1980. On l’estime aujourd’hui à 35 000 individus. 

Il est interdit pour les bateaux de tourisme de les approcher à moins de 50 mètres. De même, il est obligatoire d’éteindre les moteurs lorsqu’on les approche, afin d’éviter tout accident tragique, notamment pour les petits. 

A ce sujet, et comme pour les lions, nos petits baleineaux gémellaires ont trouvé l’expérience intéressante durant le premier quart d’heure. Surtout les jets d’eau. 
Mais rapidement, ils ont préféré se concentrer sur l’apprentissage des noeuds marins : 

C’est le capitaine qui a dû être ravi lorsqu’il aura découvert le boxon patiemment et discrètement ficelé par les Jujus autour de la bouée de sauvetage, pendant que nous regardions, absorbés, les cétacés s’ébattre à quelques mètres de nous…

Dur dur retour sur la terre ferme, avec le sentiment d’une rencontre magnifique, trop courte… 
L’heure passée à tourner autour d’elles ayant filé comme si elle n’avait duré qu’une seconde. 

L’Afrique du Sud, c’est vraiment DINGUE comme pays.