Leur père en fait
Ça lui rappelle son enfance, tout ça.
Globalement, après observation – parcellaire, mais néanmoins attentive – je dirais que les 74 épisodes sont tous basés sur le même scénario :
Tout va bien au Ranch du Bouleau Blanc où Actarus tente de mener une vie normale de garçon d’écurie.
Mais tout à coup, Hydargos décide de s’énerver, la stratégie préférée de ce dernier étant d’attaquer des innocents (des enfants en particulier) pour forcer la main du héros, qui naturellement, ne peut résister à mettre sa vie en jeu pour sauver le monde.
Actarus enfile alors comme il se doit son super collant rouge, monte à bord de Goldo et hurle “Goldorak goooo !” avant de s’envoler dans le ciel.
Là, une bataille aérienne terrible s’engage entre le prince – tout seul, donc – et les armées invincibles des Forces de Vega, l’employeur de Hydargos, pour ceux qui sont déjà paumés.
C’est l’occasion pour la voix en off de dire plein de gros-mots, qui semblent tous correspondre à des types différents d’armes disponibles à bord de Goldorak :
AstéroH, Fulguro-poings, Cornofulgur, Retrolaser… Y’en a des tripotées, tous aussi ridicules les uns que les autres.
A la fin, naturellement, c’est toujours les mêmes qui gagnent : les gentils.
Et c’est là que le bas blesse :
Animations ultra basiques et limitées, couleurs criardes, dialogues ras-les-paquerettes, violence récurrente – en même temps, La Belle séquestrée chez la Bête ou la mère de Bambi butée par le chasseur chez Disney, c’est pas beaucoup mieux, je vous l’accorde… – morale vraiment binaire (le bien contre le mal), musiques complètement grotesques (voire borderline) …
Quoi ? J’invente rien :
(Goldorak GO !!) (Goldorak GO !!)
Actarus dans ton Goldorak Toi, le Prince de l’espace Actarus toi dans ton robot
Tu n’as jamais peur de rien Le champion de la Terre Tu décolles à l’aventure
Quand l’armée de Vega attaque Tu te moques des menaces Tu détruis les vilains oiseaux
Tu lances tes fulguro-poings Avec ton rétro-laser A coups de corno-fulgure
Toi, le Prince de l’espace Pour l’amour des oiseaux des fleurs Pour l’amour de la liberté
Chevalier à la rose Et pour l’amour des enfants L’amour de la vérité
Tu te moques des rapaces Tu seras vainqueur Goldorak tu es plus forts
Quand tu cries METAMORPHOSE !! Des géants et des méchants Que les anges de la mort
“Pour l’amour des oiseaux, des fleurs et des enfants ?!?!”
Vraiment !?!?
De nos jours, on vous colle au gnouf pour moins que ça…
Sentiment de toute puissance, tout ça, je pense.
Leur degré de concentration atteint des sommets lorsqu’ils sont assis devant l’un des épisodes :
Ils discutent alors entre eux, le plus sérieusement du monde, de la situation et des options qui s’offrent aux protagonistes.
Les Jujus ont maintenant bien intégré le vocabulaire goldorakien, ainsi que la gestuelle qui va avec.
Adieu Cendrillon, Aurora, Rebelle (pardon, ROBERT), Raiponce, Mulan, Blanche Neige et autres princesses, bienvenue aux monstres de l’espace…
Dorénavant, ils exigent même de leur père tous les matins, aux alentours des 05:50, à la pointe du jour pour ne pas perdre de temps, un dessin (chacun) du “robooooo k’a des cooornes !”…
l’objectif étant d’aller le montrer aux copains et de bassiner leurs maitresses – qui m’ont clairement fait comprendre depuis que la petite plaisanterie avait peut-être assez durée ! – avec ses aventures…
Depuis peu, ils ont même commencé à réclamer des copies, afin de pouvoir en faire un p’tit trafic et les distribuer à l’école, entrainant les autres enfants dans leur sillon japonais :
Les jumelles de la classe de Trystan, Victoire et Maxine, semblent avoir particulièrement bien accroché. Apparemment l’échange sur le sujet s’est même poursuivi l’autre matin dans la cour de récréé, entre les 2 paires de Jujus et Jujettes, ainsi que leurs pères…
Cette affaire commence à prendre des proportions inquiétantes.
Enfin, après tout… Tant que c’est leur paternel qui doit dessiner et qui se tape les photocopies…































































