Curiosités sud africaines – Chapitre 8

Décidément, l’Afrique du Sud

ne manque pas de surprises, 

surtout du point de vue automobile


Après les plaques d’immatriculation bizarroïdes et les types de véhicules totalement disparates du parc automobile capétoniens : les panneaux de signalisation sur-réels !

Alors bien sûr, il faut commencer par leurs 2 pancartes préférées, celle qu’on retrouve tous les 10 mètres, d’une manière ou d’une autre, dans toute la ville : 

Le Stop.
Ici le “cédez le passage” n’existe pas.
On s’arrête donc partout et tout le temps.
Véritablement à tous les coins de rue.
Et c’est le premier arrivé sur les lieux qui passe, après moult gestes de courtoisie échangés entre les conducteurs.
Un peu comme au pays des bisounours, oui, c’est ça. 
Oui, alors à Cape Town, on est tout le temps en plein travaux.
Fibre optique, nouveau réseau d’égouts, élargissement de chaussée…
Tout y passe. Alors les panneaux jaunes, ce sont nos amis.
(Enfin… On s’comprend.)
Oui alors, aussi, c’est assez étonnant, mais ici les agents responsables du trafic ont tendance à prendre les gens pour des beubeus, des abrutis, quoi. 
Donc sur une partie de leurs pancartes, ils se sentent obligés de trèèèès bien expliquer les choses. Notez que ça à l’avantage de la clareté : 
Les tracteurs, ils tournent pas à droite, okay ? 
Là, va y’avoir un ‘rooooo radar. Donc on roule pas plus vite que 60, d’accord ?
Oui oui… on a compris…
On a compris bordel !
Les camions, dans la pente, on utilise son frein moteur, avec les petits pignons là, pour ra-len-tir, okay ?

La faune étant abondante et omniprésente dans ce pays, les panneaux ont été adaptés en fonction, du coup, on voit parfois des trucs bien rigolos : 

Viennent ensuite les écriteaux carrément ahurissants : 

Dégagez de la pelouse, y’a des hélicos qui atterrissent.
Interdit de se pointer ici avec son petit stand de vente à la sauvette de fruits.
Voilà… Plus précis, c’est pas possible. 

Puis c’est le tour des panneaux lunaires. 

Ceux qu’on ne comprend pas et qu’on ne voit que dans ce pays. 
Pour le coup, ça ne doit pas être les mêmes agents de circulation qui font ceux-ci pass’que là, c’est totalement énigmatique :

??? Oui ???
Euh… La file de droite est dans un virage ???
Une arrivée de véhicules depuis la droite ?
Non vraiment, j’ai pas compris. 
Mouiiiiii ?!?!?
Alors c’est pour nous dire : “vous êtes ici” dans le creux du virage”, c’est ça ?
“Attention, ça tourne” ?

Apparemment c’est plutôt : attention route cachée dans le virage. 
A suivre. 

Et tout en haut du panier, il y a ceux qui induisent carrément en erreur les conducteurs :

Genre, le “interdit de stationner” : 
Alors moi, ce que je connais partout dans le monde quand on n’a pas le droit de se garer c’est ça : 

Voilà, avec un P rayé comme dans NO PARKING.

Ici, avec ce gros dollar $ barré, je comprends que le parking est accepté et même qu’il n’est PAS payant, cadeau !
M’enfin bon… C’est peut-être juste moi. 

En tous cas, je dois remercier la copine qui m’a prévenue et qui m’a ainsi évité de devoir aller rechercher ma bagnole à la fourrière…

Pour finir, le meilleur de tous, accrochez-vous : 
CECI EST UN PANNEAU DE SENS INTERDIT.

Si, si.
Une ENORME FLECHE qui t’indique super bien le chemin où… Ne surtout PAS aller, donc.


C’est moi qui ai passé l’examen du code y’ a trop longtemps, ou bien ??!!

Le vin-des-Petits

Je vous parlais de rituels des enfants 
la semaine passée.

Les Jujutrépides viennent 

d’en décréter un nouveau :


Depuis quelques semaines, l’été a doucement repris le chemin de Cape Town. 
Une fois par semaine, le vendredi après midi, en rentrant de l’école, il faut donc prendre le “LAPÉRITIF”. 

Sans surprise excessive, il s’agit de déboucher 2 bouteilles – une de “vin des Grands” et un de “vin des Petits”, tout en se bourrant de saucisson et en regardant le soleil se coucher.

Oui alors, avant que la DASS sud af’ ne me tombe dessus : il ne s’agit BIEN EVIDEMMENT pas de saouler nos enfants au pinotage sud africain pour les coller au pieu à 06:30 du soir, non. 

La vérité est toute autre : lors de notre petit tour sur la route des vins autour de Cape Town l’année passée, ils ont découvert le champomy local.
Les producteurs de la Maison JC LeRoux m’en voudrait beaucoup s’ils savaient que je parlais ainsi de leur vin blanc mousseux, sans alcool, donc. 

Mais enfin, toujours est il que nos Jujutrépides ont gardé un souvenir ému de cette dégustation. 

Depuis, à chaque fois que notre progéniture se retrouve malencontreusement à faire les courses en même temps que nous, nous sommes rappelés à l’ordre  et sommés d’assurer la pérennité de leur stock de “vin-des-Petits”, aussi appelé “vin-de-nous-les-Petits”. 
Au début je me suis dit : ” Non mais ces gosses décidément, ils ne reculent devant rien !”

Et puis je me suis rappelé de l’une de mes grandes devises de jeunesse : 
“Y’a pas besoin d’une occasion pour boire du champagne.”
Prétexte fallacieux pour justifier d’un comportement borderline alcoolique, certes, mais aussi assez sympathique pour profiter de la vie et des belles choses !

J’ai donc décidé que, finalement, l’idée de mes deux rejetons était plutôt bonne, l’occasion d’un chouette moment de partage familial.

Alors voilà : 

Surtout, ‘faut commencer par mettre des glaçons bien frais au fond du verre :
Ils sont en plastique. Evidement.
les verres.
Vous vous en doutiez bien !
Après on trinque avec les parents :

Et ensuite, il ne reste plus qu’à siroter. 

Peinards. 

Le bon état de santé des parents, véritablement forcés de boire ainsi hebdomadairement, n’a pas encore été confirmé. 

On vous dira d’ici fin février, quand l’automne sera de retour, si on a tenu le coup. 

L’invitation

Après le drame tancrèdien 

la tragédie trystanienne 
de “l’invitaFion.”



En ce moment, je ne sais pas pourquoi, mais beaucoup d’enfants fêtent leur anniversaire. 

Du coup, les invitations aux goûters et autres “birthday parties” pullulent à l’école comme les requins blancs dans les eaux sud africaines. 

Tous les weekends, samedi et dimanche, nos enfants sont gentiment conviés à venir se bourrer de sucre et faire la fête !
(Non, mais on n’a pas de mérite : c’est juste qu’on a deux classes nous, donc deux fois plus de propositions.)

La semaine passée, Trystan a reçu sa petite carte pour aller célébrer les quatre ans de son super copain Loup. Aux anges, ils sautillait dans le couloir de l’école, tout fier de cette invite, la serrant bien fort sur son coeur. 

Comme tous les parents de jumeaux, conditionnés par la force des choses à la poursuite permanente de l’absolue (et impossible…) égalité entre leurs jujus, j’ai donc naturellement coulé un regard discret vers Tancrède, qui suivait derrière. 
Calme, il trainait la patte d’un air un peu bougon, la mine renfrognée, mais était resté silencieux. 

De retour à la maison, je l’ai vu disparaitre immédiatement après avoir enjambé le pas de la porte et, doucement, se réfugier dans sa chambre ; ce qu’il ne fait jamais et représente donc un signe de protestation puissant. 

Au bout d’un moment je suis allée le rejoindre, histoire de voir si la cause de cette fermeture subite était liée à ce que je pensais :

– “Bah mon coeur, tu boudes ?”

Silence. 

– “Mais mon namouuuur, alors quoi, t’as perdu ta langue ?”

– “Noooon…”

– “Alors qu’est-ce qui se passe ? Tu me parles ?”

– “Oui… Alors… Alors… Alors… (Vous savez, quand les gamins bégayent pendant des heures en cherchant leurs mots, lorsqu’ils sont un peu perturbés)
Et bin ça veut dire que MOI j’vais rester là TOUT SEUL ?”

Je savais très bien de quoi il parlait, mais je voulais lui faire mettre des mots sur sa contrariété :

– “De quoi tu parles Tancrède, j’ai pas compris chéri.”

– “Biiiiin du nanniversaire de Loup…”

– “Tu es triste car tu n’as pas été invité, c’est ça ?”

– “Oui…”

– “Non mais ne t’inquiète pas mon coeur, évidemment que bien sûr que NON tu ne va pas rester là tout seul. Je vais appeler sa maman et lui demander si tu peux venir aussi, d’accord ? Et si c’est pas possible, papa t’emmènera faire un truc que tu aimes bien en attendant, et moi j’irai avec Trystan, okay ?”

J’ai alors senti comme un immense soulagement dans le visage de mon petiot, soudainement redevenu très enthousiaste : 

– “Oui… C’est une BONNE IDÉE ça maman !”

Fin de l’épisode. 
Incident clos.

Semaine suivante : une nouvelle carte arrive, cette fois adressée à Tancrède, de la part de son pote Gustave. 

Hurlement de joie de Tancrède : 

– “Ahahaaaaaaaaaaa ! (cri dans lequel perce une petite pointe de revanche) voilà !!! Cette fois, c’eeeeest moi ki l’ai eue euh, c’eeeest moi ki l’ai eu euh, c’eeeeeet moi ki l’ai eu euuuuuuuuuuuuh !!!!”

Vous savez, façon “j’te nargue super fort”. 
Tout cela savamment orchestré EXACTEMENT sous le nez de son frangin. 

Celui-ci, déjà installé dans son siège auto, s’est alors immédiatement refermé comme une huitre, les bras croisés.

Au début, à son air chafouin, j’ai cru qu’il plaisantait et boudait par principe, histoire de sauver l’honneur. 

Mais des grosses larmes se sont ensuite mises à couler sur ses joues, pendant que son regard s’est posé avec envie sur la belle carte que le frérot lui agitait cruellement sous le pif. 

Des sanglots se sont soudainement mis à le secouer et son petit menton tout tremblotant s’est alors agité de spasmes de rage, incontrôlables.

Avant de n’avoir pu dire quoi que ce soit pour le consoler, Tancrède c’était tu, comprenant subitement le sérieux de la situation. Comme à son habitude, compatissant et généreux, je le vois déjà tendre la carte vers Trystan, tout en lui murmurant : 

– “Oh aller Trystan c’est pas grav’, j’t’la donne si tu veux et maman TU VAS WOIR, elle va faire comme pour moi : ELLE VA T’INVITER chez Gufftav’ !”

Bah voyons…

Mon épouvantable réputation n’étant plus à faire, j’ai donc pris sur moi pour  – après la mère de Loup – appeler la maman de Gustave que je connais bien et à qui j’ai une nouvelle fois expliqué mon problème jujutrépidesque. 

Compréhensive, elle a même joué le jeu en renvoyant une invitation spéciale à Trystan le lendemain matin :

En découvrant sa carte, je l’ai vu fermer ses yeux doucement, infiniment soulagé, et expirer longuement, comme si ses angoisses c’étaient envolées d’un coup

J’ai alors enfin pu déceler une esquisse de sourire sur son petit visage, resté fermé et tristounet depuis la veille, pendant qu’il dépliait avec un soin indéfinissable et une délectation dans borne “SON INVITAFION !!!”
Faites des Jumeaux… Vous passerez pour une pique-assiette auprès de toutes les mamans de l’école, mais vous vous marrerez bien.

Découvrir le Foodbarn de Noordhoek

C’est le chef qui le dit : 

il faut vivre pour manger. 


Bon okay, il n’a pas vraiment dit ça. 

Mais quand vous écoutez Franck dangereux, ce chef français cannois, installé en Afrique du Sud et propriétaire du Foodbarn, vous comprenez que bien vivre, c’est surtout bien manger. 

En passionné des bons p’tits plats gastronomiques mais pas prétentieux, il s’est installé à Noordhoek, au sud de la péninsule du Cap, avec sa plage de sable blanc interminable, battue par les vents, et ses fermes bios alentours. 
Sa cuisine est assurément basée sur le savoir-faire français, mais enrichie de ses nombreux voyages dans le monde (Afrique du nord, Europe, Amériques, Asie…) ainsi que de ses longues années passées au très réputé restaurant de La Colombe, dont je vous parlais il y a quelques mois de cela. 
Depuis près de 10 ans, le chef propose ici des plats aussi travaillés, précis et bien présentés que dans les grands restaurants gastronomiques, mais avec une touche de décontraction et de simplicité palpable et particulièrement agréable. 

Voici quelques plats que vous retrouverez à la table de ce chef chaleureux et sympathique : 
Raviole de champignons sauvages, et sa crème à l’emmental, à la ricotta et ses feuilles d’estragon. 
Tian d’aubergine, de tomate confite et d’avocat, beignets de crevettes et sauces verte et salsa. 
Risotto crémeux de céleri rave à l’huile de truffe. 
Poisson grillé, purée de petits pois frais, asperges de saison et beurre blanc mousseux. 
Côtelettes d’agneaux, moutarde de Dijon, pissaladière et jus à l’ail. 
Biscuits aux amandes, glaces au beurre de cacahuètes, sauces caramel et chocolats.
Marshmallow grillé, poire pochée, fruits rouges, panna cotta et jus d’hibiscus.

Le restaurant, ouvert tous les midis et les soirs du mercredi au samedi, se trouve dans le petit hameau gourmet du Noordhoeck Farm Village, où vous trouverez aussi une épicerie fine, des magasins de décoration ou de produits artisanaux. 

L’endroit est particulièrement accueillant pour le enfants qui ont tout pour aller s’amuser pendant que vous finissez le café. 

Hautement recommandé !

Show Must Go On

Moi, mes fils, toutes ces horreurs, 

je ne voulais pas leur en parler. 


A moins qu’ils ne posent la question d’eux-mêmes, ou dans les cas où la famille est personnellement affectée par le drame, je trouve qu’à 4 ans, ça n’a pas beaucoup de sens de les angoisser inutilement avec ça.

Je pense qu’ils auront tout le temps d’appréhender plus tard le monde de dingue dans lequel nous les avons projetés…

Comment comprendre ce qui s’est passé quand on n’a même pas encore intégré le concept de la mort ?…
Je suis convaincue que les parents ont un devoir de filtrage envers leurs enfants, par rapport au stress et à ce déferlement d’informations que nous recevons chaque jour.  


Le problème, c est qu’à l’école lundi, j’ai été débordée par les événements.  

A commencer par l’entrée : 

– “Maman ?!? Pourquoi y a une dame de la police devant la pooorte ?”

Perso, je suis pas sûre qu’elle soit de taille
contre d’éventuels fous furieux armés de Kalachs,
m’enfin c’est pas l’propos…
– “Euuuh… Pourquoi il y a une policière chéri… Eh bin… Pour garder l’école, tiens !”
– “Mais pourquoi elle était pas là avant ?”
C’est pénible les gosses qui réfléchissent. 
Mais, avant même que j’ai pu réussir à trouver la réponse appropriée, Tancrède a enchainé : 

– “Oh et pourquoi y’a un bouquet de fleurs là maman ?”

– “… Pour faire joli mon amour. C’est joli les fleurs”, ai-je répondu en les poussant subtilement vers l’intérieur de l’école. 

Arrivés dans la cour de récréé, une petite copine des garçons se rue alors sur nous en interpelant Trystan: 

– “Et toiii Trystan, est-ce ki y’a quelqu’un k’est mort dans ta famille à toi ?”, l’air détaché et joyeux, comme si elle lui avait demandé où était passé son ours en peluche ou ce qu’il avait mangé la veille…

Les bras m’en sont tombés. 

Colère, tristesse, angoisse face à ce que j’allais devoir trouver à dire à mes fils…

Pourquoi y-a-t-il des parents qui disent des trucs pareils à leurs enfants ?

Je réalise alors que dans la plupart des familles, les gosses ont des âges différents, en fait…
Et que quand maman explique à l’ainé de 11 ans qui, lui, a besoin de comprendre ce qui se passe, et bien le petit frère ou la petite soeur est probablement à côté à entendre ce qui est raconté…
Je me dis que peut-être des familles de l’école ont été éprouvées personnellement par le drame…
Alors je me calme. 

Heureusement, parmi les centaines d’articles et posts que j’avais lu durant le week-end, comme tout le monde, j’avais pris le temps de regarder des vidéos de psychologues qui donnent des pistes sur le discours à tenir à ses enfants en pareille situation. 

J’ai donc ressorti du Claude Halmos 1-01 et du Serge Tisseron pour les nuls, comme j’ai pu…

– “Bon, les garçons… Je ne vous en avais pas parlé avant parce que c’est une histoire très triste mais comme tout le monde discute de ça ici, je vais essayer de vous expliquer. 
Voilà, ce week-end, à Paris, vous savez là où habitent Tatie Steph, Tonton Marco, Cousine Charlène et les amis de maman, et bien des gens très méchants ont fait beaucoup de mal et ont tué des autres gens, dans des restaurants et dans un endroit où on va pour écouter de la musique et qui s’appelle Bataclan. 
Tatie, tonton et petite Charlène vont très bien, les amis aussi. 
Toute cette histoire n’a rien n’a voir avec vous. 
Donc ne vous inquiétez pas, vous êtes en sécurité ici, avec la dame qui garde bien la porte à l’entrée. 
Donc amusez vous comme d’habitude, rien n’a changé. 
Je reviens tout à l’heure pour vous chercher, d’accord ?”

Mes deux Jujutrépides sont restés immobiles à me regarder quelques secondes, comme quand je raconte l’histoire du soir, pour être sûrs qu’elle est bien terminée. 

Trystan s’est ensuite barré illico pour aller attraper la dernière balançoire vide. 
Ce qui m’a procuré un soulagement indicible. 

Tancrède de son côté a gardé sa petite main dans la mienne, en regardant ses pieds puis le ciel, pensif, avant de me dire tout joyeux : 

– “Tu sais maman, la prochaine fois que ça arrive, tu me dis d’accord ? Comme ça j’appelle Goldorak et comme ça il va tuer tous les méchants et comme ça les z’autres zens zentils ‘y pourront re-aller au restaurant !”

Les enfants sont des génies… 
On aurait effectivement bien besoin d’un Goldorak ces derniers temps…

Nos enfants, ces T.O.Cqués.

C’est bien connu, 

les enfants ADORENT

la routine. 


Ça les apaise. 

De fait, tant qu’ils sont tout petits, c’est bien, pour les aider à grandir dans un cadre serein et rassurant : l’heure de s’habiller, l’heure de manger, l’heure de la sieste, l’heure du bain, l’heure du dîner… Tout ça, ça cadre. 

Seulement voilà : quand ils grandissent, si on n’y prend pas garde, les gestes de la routine deviennent des rituels, et parfois plus : on se retrouve même certains jours avec des gosses borderline internement. 

Genre : 

08:00, c‘est l’heure de quitter la maison pour l’école. 
On se dirige tranquillement vers la voiture. 

Hurlement de Trystan : 

– “Naaaaaaaaaaaaan !!!! Mais c’est MOI qui dois appuyer sur l’bouton qu’ouv’e la porte !”

On ne se formalise pas et on lui donne la télécommande du garage.

Chacun monte dans le 4×4.

Hurlement de Trystan : 

– “Mamaaaaaaaaaaan !!! Y’a Tancrède qu’essaye de s’assoir dans MON siège-auto !!!”

– “Trystan… C’est pas la fin du monde si pour une fois tu t’assoies de l’autre côté, si ?”

(Erreur fatale, la question rhétorique !)

– “Siiiiiiiiiiii !!!!! Moi c’est IMPORTANT que je sois assis ici. Je DOIS être assis ici pass’que sinon, sinon… sinon…”

On voit bien qu’il cherche. 
Mais qu’il a du mal à trouver la raison. 

No comment. 

Son juju, compréhensif, n’insiste en général pas trop et lui file sa place. 

A la seconde où je m’installe dernière le volant, mon fiston remet ça : 

– “Mamaaaaaaaaaaan ! Viiiite !!! Le chewing gum !!”, l’air surexcité, comme sa vie en dépendait. 

– “Trystan, tu sais bien que quand on ne me dit pas s’il te plait et merci, je ne donne rien du tout.”

– “Steuplé steuplé steuplé steuplé maman !!!!!”

On démarre. 
Je passe la marche arrière avant de faire quelques manoeuvres et de remonter la pente qui nous permet de sortir de la propriété. 

On franchit le portail.

Hurlement de Trystan :

– “Mamaaaaaaaaaaan ! Viiiite !!! Enlève ta main de là où tu fais viiiiite !!!!” (traduction le levier de vitesse)

– “Trystan, tu vas te CALMER oui ! Je mets encore mes mains là où je veux, non mais alors !”

– “Mais Mamaaaaaaaaaaan, nooooooon, tu comprends pas : la voiture elle va partir toute seule si tu enlèves pas ta main et après on va avoir un akchideeeent ! (accident)”

– “M’enfin Trystan t’es pas bien ! Maman conduit, tout va bien. C’est pas la voiture qui décide d’où on va, c’est moi !”

Et là, tu vois de grosses larmes qui coulent en silence sur ses petites joues. Tu comprends qu’il était très sérieux et qu’il croit vraiment à ces idées loufoques…

De retour l’après-midi, s’en suit le sempiternel et répétitif rituel du bain : 

– “Tancrède, Trystan, venez prendre le bain.”

– “Noooooooooooooooon !”

– “Tancrède, Trystan, venez prendre le bain.”

– “Noooooooooooooooon ! Noooooooooooooooon !


– TANCREDE, TRYSTAN VENEZ prendre le bain avant que je n’énerve.”

Je finis au bout d’une vingtaine de minutes par les plonger de force dans l’eau fumante et mousseuse de la baignoire. 

Au moment de les en sortir pour les mettre en pyjamas : 

– “Tancrède, Trystan, allez sortez s’ils vous plaît.”

– “Noooooooooooooooon !”

Il faut alors compter autant de temps de négociations infinies pour réussir à les extirper de l’endroit même où ils refusaient d’aller une demie heure avant. 
Et c’est comme ça TOUS les jours. 
Rien n’y fait. C’est le rituel du soir. 

En fait, la vérité, c’est que les enfants sont des petits toqués, des troublés de l’obsession compulsive !

Envie de devenir grand ?


Besoin de sentir qu’ils contrôlent tout de même certains éléments de leur existence, malgré le fait qu’ils “subissent” encore leur vie, presqu’entièrement dirigée et organisée par leurs parents ? 

Plaisir de nous emmerder ? 

Mystère et boule de gomme.

Découvrir Il Leone Mastrantonio

Il me manquait 

un BON italien 
sur Cape Town. 

C’est fait. 


Le restaurant italien. 

Vous savez, cet endroit souvent décoré de façon un peu kitsch ou sommaire, aux murs jaunes – comme tous les bons restos italiens – mais où la cuisine est délicieuse et vraie comme à Rome ?!

Vous pouvez donc aller les yeux fermés au Leone Mastrantonio, 22 Cobern Street à Greenpoint. 
Institution depuis 1996 à Cape Town – mais ‘faut être au courant, c’est comme tout – il propose le bien-vivre et la sincérité à l’italienne, autour de produits authentiques et gourmands. Les plats sont vraiment cuisinés comme en Italie, généreux et savoureux. 

En dehors des pizzas, vous trouverez ici tous les plats traditionnels transalpins : pâtes sous toutes les formes, escalopes milanaises, osso buco, antipastis et salades, tiramisu, panacotta…

Si vous voulez jeter un p’tit coup d’oeil, c’est là : 

Bébé calamars grillés au citron et à l’ail et petits légumes grillés à l’huile d’olive
Spaghetti Aglio olio e peperoncino
(huile d’olive, ail et piment vert)
Spaghettoni pancetta e pomodororini
(pancetta, tomats, basilic, ail)
Pour ne rien gâcher : ENFIN un tiramisu digne de ce nom. 
Du vrai mascarpone crémeux, le goût du café prononcé mais pas écoeurant, les gâteaux tout juste bien imbibés… 

De toute façon, je dis toujours : un resto italien qui sait faire le tiramisu, le reste est forcément bon aussi. 
Allez, ANDIAMO les amis !

Découvrir la randonnée de Contour Path !

Oh allez, 

vous reprendrez bien 

une petite part 

de randonnée 

à Cape Town ?!


Non vraiment, les randos sauvages en pleine ville, moi je trouve ça juste dingue. 

Je ne m’en lasse pas. 

Celle d’aujourd’hui s’appelle Contour Path, car comme son nom l’indique assez bien, elle sillonne et contourne (donc) toute la montagne, depuis le téléférique de la Montagne de la table, jusque de l’autre côté de la ville, vers Constantia, en passant par les contre-forts de Devil’s peak. Il faut compter environ cinq heures pour la faire. 

Oui, alors, à ce sujet : j’ai bien conscience pour mes lectrices et lecteurs qui ne vivent pas à Cape Town que cette histoire de Montagne de la Table n’est pas SUPER CLAIRE pour tout le monde. 

Alors pour ceux qui ont un peu d’mal en géographie – ou tout simplement qui ne se sont jamais penchés sur la topographie de Cape Town, ce que je peux comprendre, hein ! – voici un petit récap’, histoire que vous compreniez de quoi on parle : 

Le massif et le parc de la Montagne de la Table est un groupe montagneux qui part de la ville de Cape Town et descend vers le sud de la péninsule (sur la photo c’est à l’envers car elle est orientée vers le sud) jusqu’au Cap de Bonne Espérance. 
Au sein de cet ensemble, plusieurs monts se démarquent et portent chacun un nom : Devils Peak (le Pic du Diable), Table Mountain, avec son sommet totalement plat (la Montagne de la Table), Lion’s Head (la Tête du Lion) et enfin Signal Hill. 

Vue aérienne de Cape Town.
Vous l’aurez compris.
Aujourd’hui, je vous emmène sur le chemin en travers de la montagne, celui où j’ai placé la croix blanche, à gauche !
La vue sur la Montagne de la Table, Lion’s head et Signal Hill, ainsi que tout le centre-ville historique du Cap (la cuvette urbaine, au milieu de tout ça) est à couper le souffle. 

Un petit aperçu, vite fait, pour la route ? 
Voilà : 

Lion’s Head à gauche et Signal Hill à droite. 
Lion’s Head
Signal Hill et le City Bowl, le centre-ville. 

Coté montagne, tout est à flanc de colline, assez escarpé, entre reliefs rocheux et cascades naturelles : 

Saurez-vous retrouver l’oiseau qui se cache dans cette image ?

Au moment de la boucle pour revenir, une vue imprenable sur le nord de Cape Town :

La flore endémique sauvage est comme toujours de la partie :  


Courrez-y (pas trop vite quand même, c’est assez rocailleux, ‘faudrait pas vous fouler un truc), c’est splendide !

Les Jujutrépides au pays des guépards

Franchement, l’Afrique du Sud, c’est quand même assez dingue. 




Quand tu ne sais pas trop quoi faire le week-end, ici, tu vas caresser des guépards… 

Voilà. 

Le Cheetah Outreach est situé à 50 km à l’est de Cape Town :

A la fois centre de protection et de reproduction de guépards, son objectif est de recueillir certains animaux blessés, de constituer un réservoir d’ADN disponible pour éviter son extinction a priori inévitable, mais aussi d’agir pour la protection des guépards en Afrique du Sud.
C’est aussi d’éduquer un maximum de personnes (notamment les enfants, la future génération) concernant la situation précaire de cet animal et sa dangerosité finalement très relative. 

Pour cette raison, les visiteurs peuvent découvrir les différents enclos et observer tous les animaux du parc de près (si vous avez de la chance) ou de loin.
Mais aussi caresser des guépards adultes et même leurs petits (pour ces derniers, les enfants doivent être âgés de plus de 8 ans)
Tous les bénéfices générés par le centre sont systématiquement réinvestis dans le programme de protection des guépards mis en place en Afrique du Sud.  

Domestiqué très tôt et prisé des Grands de ce monde durant des millénaires : ses formidables talents de prédateur amélioraient et agrémentaient leurs séances de chasse. 

Guépard offert au roi de Thèbes en – 1700 av J.C.


Mais en seulement 100 ans, plus de 90% de la population mondiale des guépards a disparu : ils étaient environ 100 000 en 1900 et on en a dénombré 6600 l’année passée, dont 500 seulement en Afrique du Sud. 

De nombreux éléments ont joués en sa défaveur : 

La diminution de la surface de son habitat naturel, peu à peu défriché par les humains. 

La concurrence exercée par les autres félins : en effet, si le guépard est le plus rapide des animaux terrestres avec des pointes autour de 110 km/heure, il ne peut tenir cette cadence que durant 30 petits secondes… Et a besoin de 30 minutes après cela pour récupérer un rythme cardiaque normal et être à nouveau capable de réagir, le rendant ainsi très vulnérable, ainsi que sa progéniture qu’il devient incapable de protéger, durant cet intermède. 

Lion > Guépard > Léopard > Serval > Caracal > Chat sauvage

L’action des fermiers qui les traquent sans relâche, pour éviter qu’ils ne s’attaquent à leur bétail, est la troisième raison de leur progressive disparition. 

Leurs actions (placement de pièges mortels, de poisons, etc.) a également un impact fort sur d’autres espèces, qui se retrouvent abattues à la place ou en même temps que le grand félin : 

– Les renards à oreilles chauve-souris qui ne se nourrissent pourtant que d’insectes et de fruits mais qui sont accusés de s’attaquer aussi aux cheptels. 


– Le serval dont le menu se compose uniquement de petits rongeurs. Ses grandes oreilles sont couvertes de taches blanches sur l’extérieur qui réfléchissent la nuit, pour effrayer les plus gros prédateurs. 


– Le caracal, qui ressemble beaucoup au lynx d’Europe bien qu’il n’ait pas de lien avec lui. 20 muscles se partagent le travail pour faire fonctionner ses grandes oreilles. Il peut s’attaquer à des proies qui font jusqu’à trois fois sa taille.



– Le chacal, enfin, qui chasse toujours à plusieurs (si un chacal vous fait face, il y en a vraisemblablement un derrière vous qui s’apprête à vous tomber dessus.) et visent systématiquement le cou des animaux. Les fermiers ont d’ailleurs pris l’habitude ici en Afrique du Sud de mettre des colliers empoisonnés à leurs bêtes… 

Le centre a donc mis en place un plan d’incitation à l’arrêt des mesures létales auprès des fermiers du pays : 
Un chien de berger (notamment le berger italien, chien assez agressif, instinctivement protecteur et très courageux qui n’hésite pas à faire fuir les guépards) est offert aux exploitants, ainsi que sa première année de soins. 
En échange, promesse est faite de ne plus poser de pièges ou de ne plus abattre les fauves.
200 fermes ont ainsi déjà été équipées en 5 ans.  
Les résultats sont bien plus efficaces du point de vue de tout le monde et permettent de sauver de nombreux guépards. 

Une jolie visite à faire en famille pour sensibiliser vos enfants et participer financièrement à la protection de ce si bel animal. 

Les Jujus font la cueillette des fraises

C’est l’une des activités favorites 
de la fin d’année, 

ici, à Cape Town :


Tout le monde profite de l’été qui pointe son nez, entre fin octobre et mi décembre, pour aller faire du “strawberry picking”, la cueillette des fraises, dans les champs des fermes de Stellenbosch, la région des vignobles située à 40 km de Cape Town. 
L’activité est vraiment mise en avant à tous les coins de rues :
C’est aussi l’occasion d’aller en prendre plein les mirettes, question paysages : 

L’une de ces fermes, très kids-friendly, est assez connue des familles avec enfants en bas âge : Mooiberge Farm, sur la R44 juste entre Stellenbosch et Somerset West :

C’est donc sur celle-là que nous avons jeté notre dévolu, les Jujutrépides piaffant d’impatience depuis une semaine à l’idée d’aller se goinfrer de fraises sous le soleil. 

Le concept est simple : uniquement durant le week-end – ‘faut laisser à ces pauvres fraises le temps de murir – de 09:00 du matin à 16:30, on vous dote de petites barquettes en plastique, que vous remplissez à votre guise en vous servant dans les allées du champs. 
A la sortie, vous payez 35R (Soit 2,2€ au tarif actuel du rand sud africain) pour chaque kilo de fraise récolté. 

Naturellement l’idée est de jouer l’honnêteté et de respecter le contrat en n’ingurgitant pas la moitié de la cueillette durant le ramassage. 

Ce loisir est semble-t-il très partagé dans toute la société sud africaine et l’on  en retrouve aux champs un échantillon bien représentatif : tous les âges, tous les genres, toutes les origines… 

Nos Jujus, comme tous les enfants, s’en sont donné à coeur joie, apprenant à la fois à ne prendre que les fruits bien rouges et à laisser les verts, à ne pas arracher les tiges mais juste à tourner les fraises suffisamment délicatement pour qu’elles se décrochent sans abimer pour autant le plan…

Bref, tout un programme agricole parfois compliqué à faire rentrer dans la tête d’un mouflet de 4 ans dont la principale qualité est surtout de serrer fort dans ses petites menottes les fruits tant convoités… 
Au point d’en produire essentiellement du jus !

Mais il faut l’avouer, nos Jujutrépides, une fois n’est pas coutume, se sont rapidement conformés aux lois en vigueur dans la ferme et ont mené leur mission à bien : 


Il a été un peu compliqué de leur expliquer que nous n’avions pas l’intention de ratiboiser les 200 hectares de fraises… 
Apparemment, sur le moment, nos grands gaillards semblaient bien motivés pour avaler le quintal de fruits…


Mais très fiers de leur cueillette, les Jujus se sont finalement empressés de remonter dans la voiture, surexcités à l’idée de rentrer les laver et d’ENFIN les avaler ! 

Pour une raison qui m’échappe – les enfants savent d’emblée ce qui est bon dans la vie ? – il était très clair dans leur têtes que ces belles fraises finiraient dans leurs gosiers ENROBÉES de crème chantilly…
Aussitôt dit aussitôt fait : 


Y’a pas a dire : dans ces conditions, les fruits, ça passe tout seul !