Les Jujus décorateurs-de-chapin

L’un des grands rituels de Noël, 

c’est aussi de décorer le sapin. 


Ou plutôt le “CHAPIN”, d’après les Jujus. 


Si on les avait écoutés, l’arbre de Noël aurait été prêt et installé au milieu du salon dès le mois de septembre. 

L’attente et l’excitation n’ayant cessé de grandir durant de longs mois, nous avons fini par céder fin novembre, et les aider à réaliser – avec un bonheur non dissimulé – leur rêve d’enfant. 

Mais juste avant cela, quelques questions techniques ont dû être réglées :
On l’oublie souvent lorsqu’on vit en Europe, car les conifères prêts-à-emporter se trouvent en vente à tous les coins de rues au moment des fêtes, embaumant l’air de ce parfum de résine qui nous rappelle le temps où nous aussi nous croyions encore au Père Noël


Mais ici à Cape Town, le challenge commence ici :
Les sapins naturels n’existent (quasiment) pas. 
Il faut aller les chercher très loin. 
Et les payer très cher. 
(Ou alors, je n’ai pas encore trouvé l’astuce, je vous dirai l’année prochaine.
M’enfin apparemment, je ne suis pas la seule à me retrouver face à une impasse. Pour info, les copines d’ici : j’ai fait près d’une vingtaine de magasins pour arriver à en dégoter un qui ait vaguement l’air de quelque chose, les meilleurs se trouvent semble-t-il chez Checkers.)

Les Sud Africains sont TRES respectueux de l’environnement. 
La majorité des gens se rabat donc sur les arbres synthétiques. 

Alors une fois le sapin déniché, il s’agit de l’assembler.
Ça fait bizarre, j’avoue. 
Mais enfin… les enfants n’y ont pas vu d’inconvénient, alors…


Naturellement, vous connaissez ensuite l’ordre immuable dans lequel il s’agit de le décorer : les lumières, puis les boules et les décorations, les guirlandes et enfin l’étoile tout en haut. 
Naturellement, la bataille est âpre avec les Jujutrépides, dont l’impatience légendaire les pousse à tout accrocher en même temps, frénétiquement.

Heureusement leur papa sait y faire et a réussi à transformer cette foire d’empoigne en atelier pédagogique de bricolage, où chacun a trouvé sa place et son rôle :

Bien évidemment, cette année, nous avons tenté de respecter au mieux les couleurs et l’ambiance locale : 

La touche finale a été assurée par leur grand-mère Teta qui a artistiquement entouré le pied métallique avec l’aide de Trystan dont le rôle – pensé sur-mesure – a été d’écrabouiller le papier pour lui donner un air plus chiffonné,  ce qu’il s’est bien évidemment empressé de mener à bien : 

Depuis, chaque jour dès 6 heures du matin, nos Jujutrépides s’installent durant des minutes entières dans les canapés pour admirer leur “bôô chapin”…


Tancrède nous a même dit qu’il n’en “croyait pas de TOUS ses yeux !”
Que demander de plus…

Découvrir l’atelier de bronze Donald Greig

L’Afrique du Sud ne se résume pas 

à de spectaculaires paysages et des félins à taches. 

C’est aussi un lieu riche d’art et de culture. 


Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’un des plus grands artistes de bronze du pays : héritier Greig, grande famille de joailliers sud africains, la passion et le “passe-temps” favori de Donald Greig consistent à confectionner des modèles d’animaux du bush et à en tirer des oeuvres en bronze magistrales. 

Tout à commencé il y a plus de vingt ans lorsqu’un jour, coincé au travail avec ses enfants en bas âge, il n’a trouvé d’autre solution pour les occuper et les garder silencieux que de leur fabriquer de petits éléphants en pâte à modeler… Qu’il s’est ensuite amusé à mouler en argent.
Devant l’émerveillement général, il s’est ainsi lancé dans l’aventure, allant même jusqu’à compléter une formation spécialisée à Florence en Italie. 
Aujourd’hui encore, il se réserve chaque jour deux heures, de 04:00 à 06:00 du matin, pour pétrir ses modèles. 
Et c’est sa femme, Ali, qui gère et commercialise avec élégance et dévouement ses magnifiques créations. 

Pour ceux qui n’ont aucune espèce d’idée sur la manière dont on façonne une sculpture de bronze, voici quelques informations élémentaires, glanées au cours de la visite de la fonderie Donald Greig : 

Le procédé utilisé est toujours le même depuis des millénaires : celui de la Cire Perdue.

L’artiste créer un premier modèle en cire, très maniable et aisément remodelable. 

Une fois qu’il est satisfait de son travail, il le recouvre d’un mélange de silicone et de fibre de verre, créant ainsi un moule du modèle. 
Retiré de ce moule, le modèle de cire est préservé pour des utilisations ultérieures. 
Le moule de silicone, lui, peut désormais générer beaucoup d’autres modèles en cire (des négatifs positifs de l’original). 

Ces nouveaux modèles de cire sont ensuite équipés de petits tuyaux d’écoulement…

… Avant d’être recouverts de plusieurs couches de céramique, 7 en tout. Chacune nécessitant un temps de séchage d’environ deux jours. Cette étape dure donc deux semaines. 

L’ensemble est ensuite placé dans de l’eau bouillante, faisant fondre la cire, qui s’écoule par les tuyaux, laissant un négatif vide du modèle, à l’intérieur de l’objet de céramique. 
Celui-ci est ensuite chauffé dans une sorte de four à chaleur, afin qu’il durcisse au maximum. 
C’est la raison pour laquelle la céramique a été choisie : elle fait partie des rares matériaux qui sont capables de résister à une telle température sans se briser, et même en se renforçant. 

Durant ce temps, du bronze (80% de cuivre + 20% d’étain et des traces de silices) est mis à fondre. 

La moindre erreur étant fatale, et obligeant à recommencer la manipulation depuis le début, des morceaux de verres sont jetés dans le liquide en fusion, faisant ainsi remonter les impuretés du métal et assurant une meilleure qualité de bronze. 

Le liquide est alors vidé dans le moule de céramique qui a préalablement été porté à 112 degrés. 
La température est ici essentielle, toute approximation pouvant causer le craquement voire l’explosion de la céramique, et mettre en danger les artisans. 


Le reste de bronze liquide, s’il n’est pas utilisé, est remis au four pour ne pas gâcher :

Quant au moule, il est placé à refroidir durant plusieurs heures :

La céramique est ensuite détruite

… Laissant enfin apparaitre la sculpture de bronze, fidèle dans ses plus petits détails au modèle initial.

Aspergée de sable à haute pression, l’objet est ensuite nettoyé en profondeur de la céramique qui l’emprisonnait, ainsi que des tuyaux d’écoulement qui sont alors retirés. 

Poli et travaillé, l’objet d’art apparaît enfin :

La dernière étape consiste alors à le patiner : recouvert de peinture foncée pour lui donner du relief, puis aspergé d’eau additionnée à des agents chimiques, il est ensuite passé au chalumeau afin d’accélérer l’oxydation et lui donner le ton souhaité : 

Celui-ci qui peut aller du beige foncé à l’acajou, en passant par les verts, les gris et les marron. 

Il aura fallu 6 semaines depuis le modèle initial pour obtenir le résultat final !

On comprend mieux, aux vues du temps passé et du travail fourni, les raisons qui rendent ces objets d’art particulièrement coûteux et totalement uniques.  
“J’ai vu un ange dans le marbre et j’ai seulement ciselé jusqu’à l’en libérer”. 
Michel-Ange. 

Les clefs de bagnole

Ils ne me l’avaient 

pas encore faite celle-là. 


Rapide, simple, sans bavure :

Nous passons le portail de l’école, avec les Jujutrépides, et nous dirigeons vers la voiture pour rentrer à la maison. 

J’ai ma clef dans la main. 
J’appuis sur le bouton. 

Clic.Clac. 
La voiture est ouverte. 

J’ouvre la porte arrière droite, côté trottoir. 
J’intime aux Jujus de monter, comme d’habitude. 

J’ai les cartables, les pulls, les dessins-de-dragons-ki-faut-surtout-pas-faire-tomber, les sachets de pompot vides tout collants dans les mains, la clef, mon portable et mon sac à main en bandoulière. 
Je fais le tour de la voiture par l’arrière, j’ouvre la porte avant gauche, je dépose tout ce bazar sur le siège. 

Et là…
C’est le drame. 

Au MOMENT précis où je claque la portière, j’entends Tancrède qui ferme la sienne (arrière droite). 

Clic.Clac. 
La voiture est verrouillée. 

C’est magique, la mécanique moderne. 

Je pressens déjà l’issue de mon geste, mais je tente quand même d’ouvrir la porte arrière gauche, celle de Trystan : fermée. 
Evidemment. 

Mes fils sont dans la voiture qui est bloquée avec la clef à l’intérieur. 

Sur le moment, j’avoue, plus que tout, je me sens surtout agacée. 

Je me dis qu’à 4 ans, ça ne devrait pas trop poser de problème pour leur faire comprendre comment rouvrir la voiture. 

Calmement, je m’avance vers le siège avant droit, je dis à Trystan de s’approcher. 

– (Sons étouffés) “Ouiiii, mama ??”

– “Chéri, la voiture s’est refermée automatiquement. Je ne peux plus rentrer. Tu peux m’ouvrir s’il te plait ?”

Dans ses grands yeux, je ne vois rien de spécial.
Comme un grand vide. 

Je me dis “aller fiston, toi qu’es si malin d’habitude, quand il s’agit de faire les pires bêtises, connecte tes neurones là !”

– “Trystan il faut que tu appuies sur le bouton ! Celui qui a une clef dessinée dessus, oui ?”

– “Oui mama !”

Je le vois qui cherche tranquillement le-dit bouton, sur la portière.
Il tourne en rond. 

Je commence à me sentir un peu inquiète. 
Il fait une chaleur torride dans la voiture, restée au moins 10 minutes en plein soleil le temps que je récupère les petits. 

– “Trystan, chéri, concentre toi ! Le bouton, làààààààà !”

– “Ça marche pô mama.”

– “Mais SI ça MARCHE ! Appui sur ce PUTAIN d’bouton !”

– “MAMAN ! On dit PAS PUTAIN !”

Tiraillée entre l’amusement et un début de panique, j’insiste :

– ” Trystan, mon amour, c’est important. Tu l’as vu le bouton ?”

– “Oui.”

– “Et bin appuie dessus.”

Je vois bien qu’il le presse. Mais rien ne se passe.

Je me dis qu’il n’appuie pas assez fort. 
J’insiste. 

A ce stade, ça fait bien déjà 5 ou 6 minutes que je m’égosille devant la fenêtre de la voiture. 
Plusieurs assistantes maternelles se sont agglutinées autour de moi. 
Je ne sais pas ce que je dois lire dans leur regard :
Une réelle angoisse ? (Elles connaissent l’engeance.)
Un amusement ironico-catharcique ? (Elles en supportent tellement, à longueur de journée, que ça les fait marrer de me voir en galère à leur place.)

Je commence vraiment à m’inquiéter et ai déjà plusieurs scénarii en tête, depuis celui qui consisterait à emprunter l’un de leurs téléphones pour appeler le père – Ah tiens. Je réalise que je ne connais pas son numéro par coeur… – et lui demander de ramener le double des clefs (mais en fait, non, donc.), jusqu’à celui où je vais chercher un extincteur dans l’école pour péter la vitre…

C’était quand même plus simple sur les anciennes bagnoles, il suffisait d’appuyer ou de relever le bitoniau…

Je tente le coup une nouvelle fois : 

– “TRYSTAN mon amour ! M’enfin c’est pas compliqué d’appuyer sur un bouton quand même !”

Je le vois alors qui me regarde d’un air renfrogné, déçu semble-t-il, que je mette en doute ses capacités. 

– “Mon coeur, tu comprends, maman ne peut pas rentrer, il faut que tu l’aides !”

Et là, je vois mon fils qui éclate véritablement de rire. 
De ces fous rires cristallins que seuls les enfants peuvent avoir. 
Et je l’entends qui dit à son frère : 

– “Ahahahahaha !!! Ahaha !!! Tancrèd’ !!! Viens WOIR ! Y’a maman k’es enfermée DEHOOOOORS ahahahaha !!!!!”

Il me regarde alors dans les yeux et me dit : 

– “TU PEUX PAAAAAS M’ATTRAPPPEEEEEEER EUUUUH TU PEUX PAAAAAS M’ATTRAPPEEEEEEER EUuuuuuuuuuh !!!!”

A cet instant, j’oublie mes inquiétudes et mon angoisse. 
J’ai juste envie de serrer mes mains autour de son p’tit cou. 

Subitement je réalise : si ça n’ouvre pas quand il appuie sur le bouton, c’est parce que le contact n’est pas mis. 
Evidemment. 
Quelle gourde. 
La clef. 
Il nous faut la clef. 

– “Trystan !!! Arrête un peu et prends la clef qui est là s’il te plait. Appuie sur le bouton, okay ?”

Il a la clef dans la main. Je ne sais pas sur quoi il a appuyé mais l’alarme stridente de la voiture s’est mise en marche. 
On doit nous entendre à 2 km à la ronde. 
Et les portes sont toujours verrouillées. 

– “TRYSTAN NOM DE NOM DE BORDEL DE MPFPMGHKFFFF !!!! OUVRE CETTE VOITURE MAINTENANT !!!”

– “NON !”

– “TRYSTAN OUVRE CETTE PORTE !”

Il doit maintenant y avoir 12 personnes autour de la voiture, au bas mot. 
Elles sont toutes en train de se marrer. 

Je me sens désemparée et ai l’impression d’avoir affaire à un dément. 

A cet instant, je vois Tancrède qui sort enfin de son siège auto, grimpe à l’avant du véhicule, arrache les clefs des mains de son jumeaux et… Clic.Clac. 

La sirène s’arrête. 
Enfin. 

J’ouvre la porte précipitamment, je regarde mon fiston chéri qui vient de me sortir d’une belle panade. 
Il me regarde d’un air dégagé et me dit : 

– “Ça faizait mal aux zoreilles.”

Découvrir la randonnée de Silvermine

La nature est décidément

extraordinaire.


Sa capacité de résilience et de régénérescence est inégalable. 

L’année passée en février – vous vous en souvenez peut-être car je vous en avais parlé : ici – la région de Cape Town a été victime de terribles incendies qui ont ravagé des milliers d’hectares, notamment dans les montagnes omniprésentes dans la zone.

Les collines de Silvermine, connues pour leurs chemins de randonnées, ont fait partie de ces lieux dévastés par les flammes.

Durant de longues semaines, les marcheurs n’ont pu y accéder, les autorités attendant que les cendres refroidissent définitivement et que la terre retrouve une température normale…

Moins d’un an plus tard, contre toute attente, Madame Nature a déjà magnifiquement repris ses droits.
Entre désolation et renaissance, destruction et résurrection, voici pour vous quelques clichés de cette exceptionnelle randonnée de contrastes, au milieu de la terre brulée et des fleurs.
Une magnifique allégorie de la vie !

Wasting

Watsonia rose et en arrière plan Sugarbush brûlés de la famille des Protéas, la fleur nationale sud africaine.

`
Sceptre bleu, famille des iris
Le fynbos, cette sorte de maquis local typique qui recouvre les montagnes du Cap, est conçu pour brûler régulièrement, et ainsi se régénérer naturellement, certains disent tous les sept ans, sans quoi, les plantes ont alors tendance à s’étioler. 

On comprend ainsi mieux comment, seulement dix mois après les terribles feux, la terre puisse déjà être entièrement recouverte de végétation :
Les milliers de plans de proteas, la fleur nationale de l’Afrique du Sud, sont toujours sur pieds, carbonisés. Mais autour d’eux ont repoussé un nombre incalculable de plantes et de fleurs endémiques, toutes plus colorées et lumineuses les unes que les autres : géraniums, orchidées sauvages, immortelles, fougères, watsonias, iris et sceptres bleus”, glaïeuls, pois de senteur sauvages…
Le nom de Protéa a été donné à cette fleur par Karl Linnaeus en 1735 en référence au dieu grec Protéus
qui avait la particularité de pouvoir changer de forme à volonté,
comme cette fleur dont il existe plusieurs centaines de sous-variétés, 
Famille des iris. (Greater Rush Iris)
Lilas Houpette
Dame Peinte (type glaïeul, famille des iris)

La balade dure entre 3 et 4 heures.
La vue depuis le sommet – au milieu des rochers érodés dont certains ont pris des formes animales de toute beauté – permet d’admirer toute la partie est de la ville du Cap et est à couper le souffle :

Dépêchez-vous, amis de Cape Town, avant que l’été n’arrive et ne fane toutes ces belles fleurs !

Jules, Jim et les autres : l’amitié selon les enfants

L’amitié des enfants,

c’est assez dingue.


Un matin, leur “meilleur-ami-de-toute-la-terre-pour-touzouuuurs”, c’est Zalan. 
Pour toujours. 
Vraiment. 
L’après-midi, quand tu repasses les chercher, “Zalan est MÉCHANT” et “d’façon, J’l’aime PAS !”

C’est valable dans l’autre sens d’ailleurs : 
Ça fait 15 jours que ton fiston te BASSINE matin et soir, les larmes aux yeux, en te disant qu’il se fait maltraiter par James, qui est une brute. 
Pendant deux semaines, tous les jours, tu vas saouler la maitresse et les assistantes, de peur que ton bidou d’amour ne soit victime d’intimidations ou de harcèlement. 
Et cet aprèm, tu les retrouves tous les deux en train de jouer comme larrons en foire aux balançoires. 

Dur dur de faire la part des choses et de comprendre comment soudainement les affections se tissent ou se défont, au gré d’un geste ou d’un mot. 

Pour les parents, il est parfois difficile de suivre, notamment quand il s’agit de lancer les invitations pour les goûters : tu as peur de commettre des impairs et de faire venir le nouvel ennemi juré que tu pensais pourtant être le “best budy ever” de ton gamin.
Il faut du tact, un grand sens de l’observation et surtout remettre à jour quotidiennement ses fiches informatives sur les gosses de l’école.
(Bah oui, si tu notes pas, c’est IMPOSSIBLE de te souvenir de tout.)

Incompréhensible également cette manière qu’ils ont de nouer leurs liens absolument indépendamment – semble-t-il ? – du genre. 
Un pote est un pote. 
Même avec un kiki. 
C’est un peu comme Jules et Jim, version -5 ans. 

Ils se racontent de belles histoires, immuables, les mêmes que depuis des siècles dans toutes les cours de récréé, comme si c’était pour de vrai : le docteur, papa-maman, ou… Les camionneurs, apparemment : 

C’est bon, t’es prêt Tancrède ?
Nan, attends, je pose pour maman.
Ok, on y va.
Le contact, c’est là.
Ouaiiiis bravo Eva, trop forte.
Oui ???? C’est à quel sujet ?
L’innocence qui sous-tend leurs relations est précieuse et puissante. 
Tout se joue dans l’instant. 
C’est peut-être pour cela qu’elles ne durent pas toujours très longtemps ? 
Peut importe la coiffure, la posture, l’apparence, comme pour nous les adultes.
Chez eux, c’est la sincérité qui compte… !
Et un peu de douceur dans ce monde de brutes… Ça fait rêver !

Trystan et les NANAs

J’en suis restée sidérée, 

sur le trottoir. 


En fait, en allant chercher les garçons l’autre après midi à l’école, en marchant les 10 mètres qui nous séparaient de l’école et de la voiture, Trystan me dit abruptement :

– “Maman, auzourd’hui, ‘me suis fait une nana !”

J’avoue, j’ai falli en lâcher leurs cartables.

– “?!?!?!?!??!?!?!?!??!?!?!?!??!?!?!?!??!?!?!?!? PARDON Trystan ??????!!!!”

– “Bah oui une NANA !”

Je crois bien avoir viré au blanc cassé à ce moment là. 
La gorge complètement asséchée, j’ai beau regarder mon fiston chéri dans les yeux, je n’arrive pas à comprendre ce que j’entends.

– “Trystan, mais chéri, comment ça tu t’es fait une nana ? Tu sais ce que tu dis ??!!??”

– “Mais oui. Elle est très zolie. Orange avec des coeurs sur les barbouzes.”
(Ce qui signifie “seins” en arabe, je ne sais pas pourquoi ils n’utilisent jamais le mot français pour ce terme, comme pour le “battoun”, le ventre, d’ailleurs. Bref.)

A ce stade je suis au bord de l’apoplexie.
Ça tourne à cent à l’heure dans ma tête, essayant de comprendre où il a pu apprendre une expression pareille et ce que cela recouvre en réalité. 
La moutarde me monte au nez, le coeur battant je hurle :

– “TRYSTAN MAIS QU’EST CE QUE TU RACONTES ENFIN VOYONS !!!!”

– “MAIS MAMAN !!!! Les Nanas d’Nikidchinfaaaaaal !!!!!”

Tout d’un coup, mon cerveau est comme gelé. 
Je mets quelques secondes à réaliser.

– “… Trystan… Tu veux dire les Nanas de la sculptrice Niki de Saint Phalle ?!…”

– “Bah oui maman !”.
Genre, t’es inculte ou quoi. 

A cet instant, je suis à la fois brutalement soulagée et totalement abasourdie d’entendre mon fils de 4 ans me parler de Niki de Saint Phalle. 

– “Trystan… Mais… Mais… Mais… Où as tu entendu parler d’elle ?!?”

– “Bah ! Avec ma maitress’ maman, elle nous fait faire des SKUTURES de nanas en ch’moment !”

Décidément, ils sont VRAIMENT incroyables dans cette école…

Bienvenue chez nooooouuuuus !

Leur Teta et leur Jeddo,

ils les attendaient depuis des mois.


A vrai dire, quand on leur a annoncé “encore 4 mois mes chéris”, nous avons bien remarqué que ce concept temporel ne semblait pas signifier grand chose pour eux. 
Nous avons alors tenté le “nombre de dodos” :
– “Dans 120 dodos, ils arrivent !”
Sauf que nos Jujus ne savent compter que jusqu’à trente-six, ce qui limitait la portée de l’exercice.

Nous nous sommes ensuite rabattus sur les semaines : 16 au total.
Mais là encore, la notion est encore vague pour eux, bien qu’ils connaissent le nom des jours qui les composent.

Nous avons finalement trouvé la solution, en pariant comme souvent sur leur appétit :
Le “nombre-de-fois-où-y’aura-le-vendredi-du-pain-au-chocolat”, ce jour de la semaine où le boulanger vient proposer ses vienoiseries devant l’entrée de l’école à 8 heures :

– “On doit encore attendre sèèèèèze vendredi avec les palmitos pour les woir !”
Enfin les Jujus ont percuté.
Ainsi a donc commencé le décompte.

Durant la dernière semaine, nous sommes passés au “nombre de dodos” avant leur arrivée, unité de mesure utilisée en temps normal pour leur expliquer le temps d’absence de leur papa, lorsqu’il s’absence pour son travail.

J’ai eu beau les prévenir le jour-même, que leurs grands-parents viendraient les chercher à midi de l’école… ils n’ont vraiment réalisé la situation qu’en les ayant directement en face d’eux :

Nooooon.
Tu crois qu’c’est eux ?
Mais non ! Impossible. 
Mais siiiii frérot ! Evidemment qu’c’est eux ! Viens vite !

“R’garde !! C’est TETA !!!!”
Les enfants ont décidément cette aptitude magique à vivre dans l’instant : pas de projection dans le temps ni n’appitoiement excessif sur le passé…

Naturellement, fidèles à eux-mêmes, les Jujutrépides ont IMMEDIATEMENT mis le grapin sur leur papy-et-mamie-du-Liban, les menant, comme à leur habitude, par le bout du nez et les convainquant magnifiquement de répondre à leurs moindres désirs :

– Faire plonger Jeddo, autant de fois qu’il le faut dans la piscine, selon un compte à rebour précis :

“2 !” 
“1 !”
“4 !”
“Gooooo !”
– Assurer les 45 minutes quotidiennes règlementaires de trampoline :

Teta a VRAIMENT beaucoup de mérite.
Notez, c’est plutôt bon pour la circulation sanguine lorsqu’on a passé des dizaines d’heures coinsé dans un avion…

– Effectuer la balade au Waterfront et la sortie en bateau hebdomadaire dans la baie de Cape Town.
Petite compensation pour SuperTeta et SuperJeddo, qui ont bien tenu le coup : ils ont eu droit aux dauphins et à un magnifique ballet d’oies sauvages :


– Et comme si cela n’avait pas été suffisant, ils ont eu droit au désormais traditionnel “lapéritif”du vendredi soir, même si après 28 heures de vol et un après midi sur les chapeaux de roues, ils auraient probablement opté pour une tisane tilleul-camomille à la place :

Ou : “Comment achever, tout en douceur, ses grands-parents en quelques heures”. 
Bienvenue chez nous !

Les goûters d’anniversaires des enfants

A tous les anniversaires, 

c’est pareil. 


Comme je vous le disais, ça en fait quelques-uns que je me farcis – PARDON ! auxquels j’ai le plaisir de participer – ces dernières semaines, pour le plus grand bonheur de mes fistons. 
(Et le mien, en fait, quand j’arrête de persiffler.)

Au fil des célébrations, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer certaines constantes. On en parle ?

A chaque fois, sur le chemin pour aller à la fête, tes gamins, ils veulent PORTER le cadeau. 
A chaque fois, ils le font tomber et le papier se déchire un peu.
A chaque fois, tu te dis que la prochaine fois c’est NIET. 
Mais à chaque fois, tu recommences. 
Ça leur fait tellement plaisir. 

C’est la quatorzième fois que cette nana rousse avec des tresses est invitée comme toi aux anniversaires. 
Ça fait quatorze fois que tu discutes avec elle (des enfants bien sûr), en sirotant ton jus de raisin, pour faire passer les deux heures réglementaires. 
Et bin, t’arrives toujours pas à retenir son nom. 
Ou plutôt, comme vous vous l’êtes dit la première fois, mais que tu as oublié, depuis, tu n’oses pas redemander. 
Et tu subodores que pour elle, c’est pareil. 

Ça fait quatorze fois que cette nana rousse avec des tresses débarque avec son morveux. 
Et bin, t’arrives toujours pas à te souvenir de qui elle est la mère. 

A deux ou trois moments, durant le goûter, y’a un gamin qui va hurler “MAMAAAAAAN !”, d’un air inquiet. 
Et bin, d’un coup, t’auras 20 nanas qui vont se retourner. 
C’est curieux, car on CONNAIT toutes la voix de notre progéniture, quand on y pense.
On la distinguerait entre mille. 
Mais bizarrement, dans ces moments là, on se retourne quand même. 

Infailliblement, tu sais que tes gosses vont rentrer complètement crados de leur p’tite sauterie : avec des bonbons collés dans les cheveux et/ou sous les semelles, du chocolat bien étalé partout sur le t-shirt, les manches du pull qui auront trempées dans une marre à canard quelconque que tes petits poussins auront réussi à dégoter…
Et pourtant, tu continues à les saper super bien à chaque fois. 
Ce que c’est que l’aveuglement parental, tout de même…

T’as beau avoir assisté deux cent fois au “joyeuuuuux zaaaaaniiiiiverrrrrsaaaaaiiiiiiire”, entonné par tous les parents bienveillants, et même quand c’est pas tes mômes à toi qui penchent dangereusement au dessus du gâteau, tu es toujours impressionnée par la tronche émerveillée des lardons qui s’apprêtent à souffler leurs bougies. 

A chaque fois, tu repenses à ce temps – lointain, TRES lointain – où toi aussi, tu n’avais qu’un chiffre à ton âge…



Systématiquement, en remballant la progéniture pour rentrer, c’est le drame : 
ils veulent rester et sont surexcités. 
Systématiquement, tu te dis que tu vas faire en sorte de limiter la quantité de sucre qu’ils ingèrent la prochaine fois. 
Systématiquement tu es mise en échec, face aux montagnes de bonbons et de gâteaux dont tu t’empiffres également, impuissante. 

Sauf que toi, ça ne te donne pas la patate.
Ça te fait grossir.

Aaaah les goûters d’anniversaires des enfants… Que du Bonheur. 

L’univers impitoyable des Jujutrépides.

Vous ai-je déjà parlé 
du Casanova 

qui sommeille dans le coeur
de mon fiston ? 


Je parle de Tancrède. 
Car Trystan, lui, les filles il “trouve ça beurk”.

Je ne sais pas pourquoi ni comment ce gamin se débrouille, mais il est tout le temps amoureux. 

Sa joie de vivre naturelle, sans doute. 

Depuis qu’il est tout p’tit, il papillonne. 

Tout a commencé quand il avait 2 ans : il regardait Athéna (six mois de moins que lui) avec des yeux fascinés et débordant d’émotion. 
Le frangin de la petite veillant au grain en permanence, la situation n’était pas des plus simples à gérer. 
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Tancrède a tout simplement décidé de fuguer de la maison, un soir, avec Trystan sous le bras, pour aller rejoindre sa rousse dulcinée. 

Une fois arrivés en Afrique du Sud, nous habitions encore à l’hôtel, il a alors jeté son dévolu sur Agréa, 5 ans, de Grande Section. 
Comment a-t-il pu réussir à la convaincre de s’intéresser à lui, nain de Petite Section ? Ne me demandez pas. 
Cette aventure a bien duré quelques mois, jusqu’à Noël.  
Apparemment tout s’est bien terminé puisqu’ils sont toujours amis.
En début d’année, nous avons définitivement entériné la période “cougar”, avec Simone.
Simone, c’était la jeune fille au pair (19 ans tout de même) de Zalan, le copain de Trystan. 
J’ai estimé que tout cela commençait à aller un peu trop loin, et ai cru devoir intervenir. Mais avant même d’avoir pu exercer mon véto maternel dans cette affaire, Tancrède est alors tombé éperdument amoureux d’EVA. 

Avec un nom pareil, vous me direz, c’était couru d’avance. 
Irrésistible.

Cela avait l’avantage, à mes yeux, d’être beaucoup plus sain – elle est dans sa classe depuis notre arrivée – et plus logique. 
J’ai donc été – relativement, ne nous emballons pas non plus – ravie de ce nouvel élan. 

Malheureusement, c’est bien connu : on s’attache toujours à ce qu’on ne peut pas avoir… 

Eva aime Ernest (si j’ai bien compris). 

Je sais, c’est hooorrib’.

Clairement, pour Eva, Tancrède est le bon copain, celui qui lui porte son cartable, quoi. 
(Vous voyez c’que j’veux dire ?)

Pas son amoureux. 

Je sentais bien mon fiston chéri très déçu lorsqu’il regardait son étoile et que celle-ci, ne se rendant compte de rien, s’appuyait sur ton épaule à lui pour se relever… Et aller jouer avec un autre… 
(Musique dramatico-romantique en background, vous visualisez la scène ?)

N’ayons pas peur des mots : la tragédie racinienne dans toute sa splendeur. 

Oreste qui aime Hermione qui malheureusement n’aime que Pyrrhus, qui – lui – n’a d’yeux que pour Andromaque, toujours endeuillée par la mort de son bien-aimé mari Hector. 
Avec la règle des trois unités : unicité d’action (Tancrède aime Eva qui aime Ernest), de temps (chaque jour, ça recommence) et de lieu (la cour de récréé).

Ça nous rappelle les épreuves du BAC tout ça !

Enfin bref, c’est pas l’propos.

Cela faisait donc des mois, six ou sept au bas mot, que mon Tancrède m’en parlait le soir en rentrant à la maison, et qu’il errait comme une âme en peine dans les couloirs de l’école, espérant – sans succès – attirer le regard de la belle Eva. 


Seulement voilà ! 
Il semblerait que les choses aient encore évoluées ces jours derniers et que mon fiston d’amour se soit enfin décidé à accepter l’état de fait, et à ouvrir un nouveau chapitre de son carnet amoureux. 

La semaine passée, son geste envers cette petite, laissait peu de place au doute : 

C’est Amber, qui porte donc bien son nom…

(Décidément, Tancrède a un faible pour les rousses.)


Mais si vous observez bien cette photo, vous verrez qu’un nouveau trio tragico-racinien semble s’être mis en place… 

Je vous tiendrai au courant.

Non mais, en fait, les histoires des amoureuses de mon fils de quatre ans, c’est PIRE que DALLAS. 

Noël avec des enfants : ses pièges et ses (em)bûches

Bon c’est sûr, 

dès le départ,

il faut se mettre d’accord. 


Je veux dire : 

Tout ce que je m’apprête à vous dire n’est valable que si vous avez des enfants en bas âge.
A vous ou autour de vous.
‘Faudrait éviter les gaffes idiotes : le gamin pleurerait toutes les larmes de sont corps et vous en tiendrait – à juste titre – rigueur, et les parents en reparleraient encore dix ans après. 
Vous seriez alors catalogué(e) “tatie/tonton-rabat-joie” pour le reste de votre existence. 
Non, ce serait dommage, tout de même. 

Il faut également que vous fassiez partie de ces gens qui célèbrent Noël, et que vous ayez décidé – vous aussi – de mentir éhontément à votre progéniture, afin de perpétrer l’existence de cette si jolie légende de fin d’année : celle du Père Noël. 

Si vous rentrez bien dans ces critères, ce post pourrait alors s’avérer utile. 
Allez, on y va, pass’que Noël, c’est dans moins d’un mois !

STADE n°1 : Les Wonderful Twos. 
Sachez que jusqu’aux 2 ans de votre enfant, vous pouvez globalement raconter à peu près n’importe quoi au sujet du père Noël. 
Tout ce que vous dites étant parole d’évangile, le gosse ne remarquera très probablement pas les incohérences ou le manque de précision dans le discours : Pourquoi l’année passée y’avait un sapin et celle-là y’en n’a pas (on est en plein déménagement)?
Pourquoi il y a un an le Père Noël passait par le conduit d’air conditionnée et cette année la cheminée (on était à Acapulco, et maintenant on vit en Suisse, par exemple) ?
Pourquoi papy et mamie débarquent avec des cadeaux pour moi ?
Pourquoi on voit le Père Noël partout alors qu’il n’est sensé venir que le soir de Noël ? Etc. 

De toute manière, normalement, il ne parle pas encore. Donc il ne pourra pas poser de questions.
Et puis dans tous les cas, il aura tout oublié d’une année sur l’autre, donc, no stress. 

STADE n°2 : Les Marvelous Threes.
Aux environs des 3 ans, il faut commencer TRES sérieusement à faire gaffe à ce que l’on dit. 
Le gamin se met à connecter et à établir des liens, à tirer des conclusions, à regarder, sniffer, observer. 
Il devient méfiant et cherche à vérifier l’info.  
Il s’agit donc maintenant d’être cohérent et consistant. 
De bien réfléchir à fixer en amont une histoire qui se tienne pour les 2 à 7 prochaines années : personne n’est à l’abri de tomber sur un gamin du genre TRES naïf. (Au delà, ‘faut consulter.)

Il s’agit aussi de vous accorder sur la version officielle, avec l’entourage, en évitant impérativement de vous noyer dans les détails, qui sont source de confusion potentielle. 
Je recommande l’utilisation d’un nom de code pour le Père Noël. 
Comme tous les passwords, il doit être changé régulièrement, pour plus de sécurité : PN (Père Noël), VB (Vieux Barbu), ce que vous voulez, histoire de pouvoir en parler sereinement – au besoin – devant le gamin. 
Attention néanmoins, à partir d’un certain âge, surtout quand il commence à apprendre les lettres, à ne pas éveiller de soupçons, voire à vous faire choper. 

De même, trouvez obligatoirement une VRAIE bonne planque pour les cadeaux, afin de prévenir l’accident bête. 
Et évitez d’acheter le papier d’emballage avec le mouflet, samedi en faisant les courses… Celui avec les p’tits points verts et Rodolphe au nez rouge : il l’a repéré illico dans le cadi. S’il le voit autour de ses présents le soir de Noël, vous êtes grillés.

Assurez vous bien également de ne pas trop forcer sur le champagne le 24 au soir. Vous pourriez oublier de mettre les cadeaux sous le sapin durant la nuit. 
En général, les gosses se réveillent TRES TOT le 25 décembre. Et ont la fâcheuse tendance de foncer DIRECTEMENT sous l’arbre enguirlandé. 
Ne les mettez pas trop tôt non plus, vous n’êtes jamais à l’abris d’un réveil nocturne vers 23 heures genre “maman-pipi” ou “maman-vous-faites-kro-d’bruit-j’peux-pas-dormir”.
Tenez-le vous pour dit. 

Pour finir : attention aux effusions de bisous-pour-dire-merci au moment de l’ouverture des cadeaux : c’est LE PERE NOEL qui vous a offert vos cadeaux aussi okay ? Alors, pas de bourde, on reste de marbre, on sourit et on se dit merci plus tard. 
(Ce qui peut s’avérer TRES utile quand vous découvrez le MAGNIFIQUE cale-porte, qui vous a été offert par votre belle mère.)


Sinon : 

LA REGLE MAJEURE : 
Toute cette histoire est TRES mystérieuse. Il est donc LOGIQUE et SOUHAITABLE que vous n’ayez PAS de réponse à certaines questions. 
Ce qui a l’avantage de vous tirer d’affaire lorsqu’on vous en pose une difficile, d’éviter les ratés qui vous dénonceraient ultérieurement et même de vous rendre plus plausible !
Si le moutard vous pose une colle, restez calme. Donnez l’impression que vous réfléchissez, vérifiez que vous n’avez pas l’explication et – le cas échéant – sans montrer votre angoisse, répondez que c’est une excellente question, mais que vous n’en savez rien. 
D’un air entendu, en secouant doucement le menton. 
L’honneur est sauf. 
Et le mystère reste entier. 

FAQ (Frequent Asked Questions)

L’Histoire officielle et les questions piège 

Le Père Noël vit au Pôle nord, où exactement, on sait pas, c’est secret. Seul le facteur est au courant, c’est pour ça que les lettres lui arrivent. 
(Oui, je sais, c’est hyper malin.)

Il passe l’année à préparer des jouets en attendant les lettres des enfants pour les attribuer. Comme il en prépare de tous les types, il y a toujours ce que les enfants veulent, disponible en stock. 
Il est aidé par des lutins pass’que y’a quand même vach’môn d’boulot.
C’est comme ça qu’il y arrive. 
D’ailleurs, c’est bien connu : “seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin”. 
A ce sujet, il a un service entier dédié aux “jouets pour adultes”. C’est pour ça que sous le sapin, y’a aussi des cadeaux pour les grands. 

Maman Noël, de son côté, lui prépare la bouffe, pour lui donner des forces. 
Si cette version vous parait trop sexiste, vous pouvez toujours dire que c’est elle qui s’occupe de gérer les lettres. 
C’est plus classe. 
Quoique. 
Ça fait assistante. 

Sinon, vous n’avez qu’à bazarder la Mémé Noël de l’histoire : 
Le PN, il est célibataire, il n’a jamais trouvé le temps de rencontrer une amoureuse car il s’occupe trop des autres. 

Ou alors, il est gay. 

Enfin, BREF, c’est vous qui voyez. 
Mais rappelez vous : il faudra ensuite vous tenir à la même version. 

Le soir de Noël, tout ce petit monde entassent le bordel dans un énoooooorme traineau, tiré par neuf rennes. 
Vous pouvez toujours apprendre leurs noms, ça fait diversion aux questions et ça donne de la profondeur au récit. En plus, y’a un consensus international dessus, tout le monde est d’accord partout dans le monde, cela facilite donc grandement les choses : 
Tornade, Danseur, Furie, Fringant, Comète, Cupidon, Eclaire, Tonnerre et Rodolphe au nez rouge bien sûr, pass’qu’il clignote pour éclairer le chemin quand il fait trop noir dehors (pratique).

Version Anglophone.

Evidemment, tous ces cadeaux, c’est lourd. Mais comme les rennes sont magiques, c’est pas un problème pour porter. 
Et c’est aussi la raison pour laquelle – mais là, ‘faudrait vraiment que votre gosse soit particulièrement retors – un attelage impaire, c’est pas un soucis. 

Parking : à la VISCIEUSE question “Où est-ce k’il gare son traineau le Père Noël?”, vous répondez “Derrière les nuages, c’est pour ça qu’on le voit jamais.” Si vous habitez en ville, ça explique pourquoi il ne galère pas à trouver une place. Et si vous êtes à la campagne, c’est pour ça qu’on ne le voit pas dans le jardin. 
Attention. S’il n’y a pas de nuages, vous savez comment faire maintenant : retour à la phrase magique : “Je sais pas.”  

Ensuite, durant toute la nuit, le PN va distribuer tous les cadeaux aux pauvres parents épuisés et aux enfants qui ont été BIEN sages durant l’année et qui lui ont envoyé leur lettre. 

Ce qui explique TRES HABILEMENT pourquoi il a le temps de s’occuper de tout le monde en une seule nuit : beaucoup d’enfants n’ont pas respecté ces deux conditions et sont donc privés de joujoux.
Vlan : la menace est claire, quoique distillée discrètement dans le cerveau du morveux, tout en douceur et en subtilité. 

Les nôtres ce se sont pas faits prier, dès octobre.

Régime alimentaire : à la question “Comment il fait pour manger et boire TOUT ça en une seule nuit le Père Noël ?”, vous avez anticipé les années précédentes. Bah oui, un mensonge de cette taille, ça demande un peu d’organisation tout de même.
Vous aurez donc pris soin, tous les ans, de ne boire qu’une gorgée du verre de lait et de ne grignoter qu’une miette du muffin posé au pied du sapin. 
Vous pouvez donc répondre avec dégagement : “Il ne mange qu’un tout petit peu à chaque fois, c’est pour ça chéri.”

QUI a dit : “Mais c’est pire que la préméditation d’un meurtre, cette histoire de PN !” ??
C’est pas faux. 

Alors sinon, selon les pays, il passe par la cheminée, les gouttières, le garage… 
Tout cela n’est PAS INCOHERENT.
C’est LOGIQUE :
Il s’adapte le VB, c’est un pragmatique !
Normal, avec tout ce qu’il a à gérer, sinon, il ne s’en sortirait jamais. 

Les rebelles vous objecteront peut-être un “Et pourquoi il passe pas zuste par la pooorte, le Papa Noël ?”
(C’est vrai, il est con ou quoi ce PN ?!?!?)
Là vous avez deux choix :
Soit vous assumez de vivre en Afrique du Sud et de flipper vos gosses sur la sécurité et vous dites “Bah parce qu’elle est fermée à clef mon coeur, à cause des voleurs.”
Soit vous ne voulez pas. 
Dans ce cas, il vous reste toujours la réponse appropriée à TOUTES les circonstances : “Je ne sais pas.” Souvenez-vous. 

Variante (si vous avez une cheminée) : 
“Et le Père Noël, il va pas se brûler les fesses en descendant par là ?”
Réponse ultra facile : 
“Bah non, on va EVIDEMMENT éviter d’allumer un feu ce soir là, mon trésor.” 

Bien sûr, dans les livres, vos gamins verront souvent le VB les pieds dans l’slush. Ils pourraient donc vous demander pourquoi c’est pas le cas chez vous (si vous habitez près d’une plage de sable blanc paradisiaque, par exemple), et s’il vient quand même, malgré le manque cruel de neige.
Facile : ” Mais bien sûr, pourquoi ne viendrait-il pas !? “
Hop, réthoriquement retourné comme une crêpe, le gosse.

Ah oui, aussi : 
Vous n’échapperez sûrement pas aux imposteurs, ces millions de PN qui s’baladent dans la rue et créent la confusion dans l’esprit de nos pauvres poussins. 
La parade est on ne peut plus simple : ce sont TOUS des FAUX. 
Voilà. 
Ils aimeraient bien être le Père Noël, alors ils se déguisent comme lui. 
Mais le Père Noël, y’en a qu’un et UN SEUL, un UNIQUE.

Suite logique : parce que le VRAI Père Noël, lui, il ne vient QUE quand les enfants font dodo, le soir de Noël. 
Sinon, il ne passe pas. 
Excellent moyen de coercition pour aller les coucher ce soir là, soit dit en passant. 

Sinon, il y a aussi la vraie-fausse-question-piège :
A force de vivre la diversité au quotidien, la question finit par arriver :

– “Et pourquoi le Père Noël, il est tout Blanc. Et pas Noir, par exemple ?”

Elle a l’air super dure celle-là.
Mais, en vrai, elle est hyper facile :

– “Parce qu’il fait TRES froid au Pôle Nord, et qu’il n’a pas le temps de bronzer.”

Nota bébé 1. 
Attention, il existe une zone grise entre le stade 1 et le stade 2. C’est à l’occasion de ce passage que des bourdes monumentales peuvent être commises. Il faut donc se surveiller attentivement durant cette période, ainsi  qu’être vigilant quant aux réactions du lardon : personne n’est à l’abri de tomber sur un précoce ou un p’tit malin un peu tordu.  

Nota bébé 2. 
Les étapes d’après, je peux pas vous dire, j’y suis pas encore. 

Mais je crois devoir vous rappeler une donnée essentielle : 
Vous n’avez PAS le droit de tabasser les enfants. 
C’est interdit par la loi.
Même ceux qui viennent d’annoncer au vôtre que le PN n’existe pas. 
Et qu’on s’est bien foutu d’sa tronche, pendant toutes ces années. 
Voilà voila…
Vous devriez être bons là.

Naaaan, mais je vous en prie.

Ça m’fait plaisir. 

J’adore aider.  

L’année prochaine à la même période : “comment consoler votre enfant qui vient d’apprendre que le VB n’existe pas.”