Les Jujutrépides apprivoisent les autruches

En Afrique du Sud, 
on a vraiment l’occasion 
de faire des trucs insolites. 


Par exemple : visiter une ferme d’autruches. 

En sortant de là, vous êtes incollables sur la vie de ces truthionidae – la Culture Générale n’a pas de limite – et les gosses se sont bien marrés en regardant ces bestioles à l’air un peu abruti. 

Pardon. 
Je voulais pas être désagréable. 

C’est facile, les fermes d’autruches, il y en a un peu partout ici, autour de Cape Town. 
La Cape Point Ostrich Farm, Celle qui se trouve à la sortie du Parc du Cap de Bonne Espérance est très belle et instructive :

Alors, en gros, les autruches, c’est facile : c’est le contraire de tout ce qu’on s’imagine. 

C’est un oiseau, mais elle ne sait pas voler. 

Le mâle est entièrement recouvert de plumes noires, c’est le plus beau des deux. Le ramage de la femelle est un gris clair, un peu terne. 


C’est, finalement, des sortes de grosses poules, sauf qu’elles vivent TRES longtemps : 70 ans en moyenne. 

La saison des amours a lieu une fois dans l’année en plein été et dure trois mois, durant lesquels l’autruche femelle pond un oeuf tous les deux ou trois jours. A partir de 45 ans, elles cessent de produire. 
Contrairement à ce que l’on peut croire, avec une coquille de trois millimètres d’épaisseur, les oeufs sont extrêmement solides et peuvent supporter un poids allant jusqu’à 100kg, avant de se briser. 
Démonstration : 

Les autruches sont pour l’égalité des sexes et le partage des tâches ménagères : le mâle couve la progéniture la moitié de la journée avant de passer le relai à la femelle. 
Seuls 5 à 10% des oeufs fécondés voient le jour, ce faible taux provenant de la difficulté à casser la coquille : les oisillons étouffent avant de réussir à sortir. 
Pour cette raison, ces animaux ont été placés sur la liste des espèces menacées, et les fermes d’élevage ont pris l’habitude de retirer les oeufs au moment de la ponte et de les faire incuber, afin d’obtenir un meilleur taux de survie (qui monte effectivement à plus de 80%). 

D’abord triés – pour vérifier si l’oeuf a été fécondé il suffit de braquer une lampe torche dessus, sorte d’échographie au rabais ! – les oeufs sont ensuite placés dans des sortes de couveuses pour quarante deux jours de gestation à 37° degrés. 


Quand ils se mettent à bouger, il est temps de rompre la coquille pour aider les petits à sortir.
Ceux-ci se développent très vite jusqu’à 18 mois, prenant jusqu’à dix kg/mois, pour finir par peser entre 100 et 150kg et mesurer entre 1,90 et 2,80 m de haut.

Fun Fact
On a tendance à penser que les genoux de ces bestiaux sont, comme chez tous les animaux, au niveau habituel, alors qu’en réalité, ils se situent au niveau de ce qui semble être les hanches. Et ce qui donne l’impression d’être le genou est en réalité la cheville. 
Leurs pieds sont démesurément longs, les faisant donc marcher sur une extrême “pointe des pieds”.

En regardant, vous allez comprendre.
Leur cerveau est inférieur à la taille d’une cacahuète (40g) et plus petit que leurs grands yeux qui leur permettent de voir jusqu’à 3 km de distance et en font des animaux rapidement effrayés par leur environnement, à la mémoire n’excédant par quelques minutes.
Rien n’a voir pour autant avec leur habitude de mettre la tête dans le sable : elles ne se cachent pas mais sont alors à la recherche de petits cailloux à avaler, pour faciliter leur digestion dépourvue de sucs gastriques, les pierres faisant alors office de mixeur. 

Contre toute attente, les autruches sont pourtant particulièrement dangereuses et leurs attaques la plupart du temps mortelles : 

Aucun risque avec le bec, sorte de clapet en corne fine et légère qui pince à peine.

C’est de l’énorme ergo, véritable griffe, qui prolonge chaque patte, qu’il faut se méfier : en cas de peur, les autruches se mettent à courir – plus de 40 km/heure sur de très longues distances avec des pointes à 70 km/h – et balancent le cas échéant l’une de leurs longues jambes en avant, transperçant littéralement l’ennemi.
Pour cette raison, elles restent des proies plutôt difficiles à chasser pour les prédateurs de la savane qui réfléchissent à deux fois avant de s’y attaquer. 

Dans le cas relativement improbable où vous vous retrouveriez face à une autruche en panique, il est recommandé de s’allonger sur le sol en vous protégeant la tête à l’aide des bras, et en attendant que ça passe. 
Ou alors de brandir vers le haut un bâton très long, uniquement s’il vous permet de donner l’impression que votre hauteur dépasse les trois mètres. 
Pour finir, dans l’autruche, c’est un peu comme dans le cochon : on utilise tout. 
Les oeufs fournissent des omelettes exceptionnelles, chacun équivalant à environ 16 oeufs de poule.
La coquille peinte et/ou ciselée est devenue un véritable objet de décoration (lampes tamisées, sculptures…).
La peau, tannée, devient un cuir très utilisé par les maisons de luxe pour leurs accessoires de maroquinerie.

Nota Mama
Les filles, pour info, reconnaitre une vraie peau d’autruche est assez aisée : caressez ce beau sac à main qui vous plait tant, dans deux sens différent. Ça doit être tout doux d’un côté et piquer très légèrement de l’autre. 
Sinon, c’est du made in China.

Pour finir, la viande – prélevée essentiellement surtout sur le torse – est elle aussi très intéressante : rouge comme celle du boeuf, avec un petit goût de venaison du type biche, elle ne contient pas de cholestérol, pas de gras et en fait une viande exceptionnelle en terne nutritifs. 
D’ailleurs le restaurant de la ferme, basique mais authentique, en propose une excellente. 

Bonne visite !

Découvrir Maison

Un énorme coup de coeur gastronomique 

que j’ai très envie de partager avec vous !


Amis capétoniens, un restaurant remarquable dont on ne parle pas assez souvent il me semble : situé juste à l’entrée du village de Franschhoek, découvrez MAISON
Un petit bijou de villa coloniale à la décoration léchée et sophistiquée, déposée sur du gazon, faisant face au vignoble de la propriété et aux montagnes du Drakenstein, entouré de chênes plusieurs fois centenaires sous lesquels on déjeune, bercé par une petite brise bien fraiche… 
Un véritable paradis :

Les enfants peuvent aller chercher les oeufs dans le poulailler, le coq et les cocottes se promènent, arborant leurs belles plumes colorées, au beau milieu de l’impeccable pelouse. 
On se sent “à la maison”, mais en plus chic et raffiné. 

La cuisine est particulièrement recherchée : la présentation des plats est exceptionnelle de créativité et de précision, les accords de saveurs surprenants et réussis, les produits vraiment délicieux.
Une grande partie des ingrédients vient d’ailleurs du jardin. 

Pour jeter un oeil au menu, c’est là :

Beurre de langouste, chou braisé et petits pains maison juste sortis du four. 
Sashimi de truite, moutarde et copeaux de parmesan
Moules, chorizo et basilic. 
Yellow Tail à l’étouffée, petites tomates de toutes les couleurs, citron et oignons nouveaux
Tartare de boeuf, oeufs d’esturgeon, salicornes, os à moëlle, crumble de pain. 
Cuisse de canard confite, petits oignons mi-cuits et fruits rouges. 
Champignons de saison, sauce crémeuse et citronnée

Poitrine d’agneau à la purée de rhubarbe et ses petits légumes
Filet de boeuf, petits oignons confits et champignons. 
Porcelet roti, chicharrone, petits radis et fleurs des champs
Duo de glaces caramel et oseille, feuille d’oseille et meringue salé craquante : une découverte !
Gâteau crémeux à la banane, au chocolat noir, au café et avec un trait de bière. 

Pour terminer l’expérience en beauté, passez par l’épicerie qui propose de magnifiques produits maison : limonade condensée, confitures, chutneys, mélanges d’épices et même vaisselle ! 
Leur vins sont aussi très intéressants, n’hésitez pas à forcer sur le Chenin Blanc 2013 !

Bon appétit !

Les trésors des grands-parents

Les mamies et les papys,

c’est tellement important…


Certains d’entre vous le savent, j’ai perdu ma grand-mère il y a quelques mois.

Elle représentait beaucoup pour moi et mon chagrin est immense.

J’ai découvert le deuil en tant qu’adulte.
Cette absence insupportable. 
La disparition de cette voix qui nous était essentielle, presque au quotidien. 
Ce numéro de téléphone qui sonne maintenant dans le vide et que l’on n’arrive pas à effacer de son agenda…

J’ai intégré ce que perdre un proche, à des milliers de kilomètres de distance, veux dire.
L’impuissance. 
Les dizaines d’heures d’avion, de train, de bus, de voiture nécessaires pour rentrer et être enfin là… 
Trop tard. 

J’ai aussi compris et réalisé avec émerveillement que nos disparus restaient malgré tout très présents dans notre quotidien, au travers de gestes, d’habitudes, de mots que nous tenons d’eux et que nous reproduisons, comme un héritage inconscient… De petits morceaux d’eux vivent encore à l’intérieur de nous, au delà des simples souvenirs que l’on garde d’eux :
Cette recette du rôti de porc aux fines herbes ou celle de la tarte brisée que l’on fait et refait machinalement…
Cette expression que l’on se surprend à prononcer, nous rappelant subitement la voix de la personne qui les disait de cette manière…
Cette histoire que l’on raconte à ses propres enfants, avant de se souvenir de qui nous la tenons…
Cette vieille boite de scrabble que l’on redécouvre par hasard dans un placard et qui, en l’ouvrant, dégage un parfum qui nous fait subitement voyager dans le temps…
Des aiguilles à tricoter et une pelote de laine aperçue dans un coin, et les larmes qui nous montent aux yeux… Le sourire aux lèvres, aussi. 

Toutes ces petites choses qui passaient tellement inaperçues avant, et qui prennent un sens différent aujourd’hui. 

En voyant en ce moment mes Jujutrépides avec leurs grands-parents paternels, je ne peux m’empêcher de penser avec tendresse à ces souvenirs qu’ils créent ensemble, et qui font parfois échos à ceux que j’avais moi-même avec ma grand-mère… Cet héritage intérieur qu’ils n’ont pas encore conscience d’être en train de construire.

Apprendre à tricoter avec Teta…

Recevoir en cadeau LA recette de la labné libanaise et le savoir-faire qui va avec…

Apprendre très tôt tous les secrets pour gagner au tric-trac…

Connaitre la quasi totalité des contines françaises traditionnelles, grâce à Jeddo et sa patience légendaire… Non sans l’avoir au préalable délesté de quelques chewing-gums qu’il garde toujours au fond de sa poche en prévision des razzias jujutrépidesques…


Et tellement d’autres trésors encore…

Découvrir les First Thurdays à Cape Town

Vraiment, 
ils devraient s’en inspirer à paris.

Ou à New York, par exemple. 


Enfin, peut-être qu’ils le font déjà, remarquez, mais pas à ma connaissance. 

Cape Town c’est aussi la créativité et la flexibilité culturelle : 

Pour tous les gens qui travaillent à longueur de semaines, pour les curieux, pour les jeunes, les moins jeunes, et tous ceux que l’art intéressent, CT a mis en place les “First Thursdays”. 
Pour les infos, et notamment le plan des lieux ouverts, c’est ici et .

Concept simplissime : tous les premiers jeudis du mois, les galeries et les magasins d’art du centre-ville ouvrent leur portes jusque tard le soir, afin que chacun puisse se balader, un verre à la main, et découvrir les dernières tendances artistiques sud africaines. 


Cette véritable expérience culturelle, ouverte à tous a débuté fin 2012 avec seulement six galeries ayant accepté de jouer le jeu. 
Depuis, ce sont des dizaines de lieux et des milliers de personnes qui réservent leur soirée mensuelle. 

Opportunité de découvrir de nouveaux artistes, des personnes ou des objets insolites, de marcher à pied dans la ville de Cape Town…

… Mais aussi de tester de nouveaux restaurants qui profitent de l’occasion pour faire le plein… 

Même les concessionnaires automobiles en profitent pour ouvrir et dresser quelques tables dans leur magasin afin d’attirer le chaland !

L’expérience vaut vraiment le déplacement. 

Prochaine occasion : après demain, jeudi 7 janvier à partir de 17:00 ! 

Bad Cop Good Cop

Dire que l’idée ne m’a jamais traversé l’esprit, 

ce serait faux. 

Dire que j’aurais eu besoin d’arguments de taille 

pour me convaincre, 
ce serait un euphémisme. 

Mais depuis le week-end dernier… 
je pense que l’on peut parler de dissuasion définitive. 


3 enfants, c’est juste IMPOSSIBLE. 

Voilà. 

Je ne sais pas comment font les parents qui se retrouvent avec 3 mouflets. 
(Je ne parle pas des triplés, hein, ces géniteurs-là ont des circonstances atténuantes n’ayant pas récidivé en toute connaissance de cause, mais ayant subit leur situation, n’est-ce pas.)

Le week-end dernier j’ai eu le plaisir de garder, seule, ma p’tite nièce de 11 mois, en plus des Jujutrépides, naturellement au sommet de leur forme ce jour là.

Une expérience probablement mortelle sur le moyen-long terme, mais sacrément instructive et amusante sur le court terme : j‘ai découvert chez mes fistons chéris des facettes de leur caractère absolument inconnues à ce jour !

En fait, nos Jujus forment un couple infernal tout à fait inattendu et complémentaire – ça on le savait déjà – … en terme de potentiel éducatif.
Vous savez, dans les films, vous avez toujours 2 flics qui bossent ensemble. L’un, le “bad cop”, ce policier inflexible et sévère qui est censé faire peur au prisonnier à qui ils sont chargés de tirer les vers du nez. 
Et le “good cop”, celui qui, affichant plus d’empathie et de gentillesse, parvient à rallier la confiance du mec habilement terrorisé par le premier flic. 

Et bien, le fonctionnement adopté par les Jujutrépides avec leur cousine “bébécharlène”, est un peu similaire. 
Toute proportion gardée. 

Trystan a immédiatement choisi d’endosser l’autorité et de représenter les limites. 
Sublime ironie qui ne manque pas de piquant – étant donné son puissant esprit de contradiction et sa rebel-attitude perpétuelle – et qui devrait vous faire sourire aussi. 
“Aller, Charlène, DONNE TA MAIN pour faire top-la.”
“Non mais je sais pas ce qu’il me veut le cousin…”
“Charlène, TA MAIN !”
“Bon bin… D’accord, voilà…”
“Vraiment, j’ai super peur là…”
“Charlène j’ai dit ON NE TOUCHE PAS AUX DVD !”
“Maintenant, tu m’ranges tout ça, ET K’ÇA SAUTE !”
“Alors là, ta machinette infernale qui fait un bruit insupportable
dès qu’tu balances tes cubes dedans, ça va s’arrêter hein !
Clic le bouton.
Terminé le son.
Comme ça je peux mater la Reine des Neiges tranquille.
Non mais.”

“…. Ça fait plus de musique…. C’est horrib’ !”
Pauvre gamine.

Pour compenser cette autorité sans faille, Tancrède s’est quant à lui directement positionné comme le good cop opposé. 

Nanny de circonstance à l’instinct fraternel curieusement développé :


Homme de ménage improvisé et très compréhensif…

Desperate Baby…
“OUlalaaaa, ce bazar que tu as fait avec les DVD Charlène… On va tout ranger d’accord ?”
Animateur spécialiste des moins de 12 mois…. 
I.E: accepter de prêter ses jouets et de jouer à coucou-caché-derrière-mon-masque durant des minutes entières…

“Trop drôle le cousin !”
… Ou même de rentrer dans son vieux parc pour occuper sa cousine : p’tits bisous réconfortants, blagues, legos, comptines sur ipad… Tout est bon pour les beaux yeux de Charlène. 


Pédagogue dans l’âme, il a la patience de répéter à l’infini les consignes : 

“Et alors, comment on fait cousin pour démarrer ?”
“Bin tu appuies sur le bouton là tu vois.”
“Là ???”
“Non, là.”

Son répertoire est étonnamment développé. 

Durant quelques secondes, j’ai même envisagé l’idée de les laisser seuls babysitter le nouvel objet de leur affection, histoire de m’éclipser pour aller bronzer au bord de la piscine. 

Mais finalement, non.

Aller, une p’tite flèche dans le gosier, pour la route ?

Les Jujutrépides font du cerf-volant

Franchement, la plage de Muizenberg

est parfaite pour s’entrainer.


Petit village situé à une trentaine de kilomètres au sud-est du Cap, au coeur de la False Bay, Muizenberg est considéré comme le lieu de naissance du surf en Afrique du Sud :
Tous les enfants Sud Af usent leurs premières planches sur les vagues régulières et douces qui se forment toute l’année le long de l’immense et splendide plage de sable blanc. 

L’eau y est plus chaude qu’ailleurs, juste au dessus des 20 degrés – ne nous emballons pas non plus – ce qui l’a rend très appréciée des familles :

La concentration en requins blancs y est très forte comme partout sur la côte,  mais la surveillance y est particulièrement sérieuse, rendant le lieu très populaire :

Le charme légèrement suranné de cette petite station balnéaire qui a connu son essor au XIXème siècle est vraiment agréable : sa plage balayée par le vent, ses célèbres cabines de plages en bois très colorées… 

Naturellement, les activités ne manquent pas pour nos Jujutrépides perpétuellement en recherche d’énergie à dépenser.

Pâtés de sable à construire :
Observation de l’horizon, les pieds dans l’eau : 

Jeu de cache-cache avec les vagues : 

Ensevelissement de Juju sous le sable :

Il faut bien l’avouer néanmoins, certains (ci-dessus) trouvent cela plus drôle que d’autres (ci-dessous) : 

Bien sûr, le glacier de la place principal sait se rendre incontournable : 

Mais cette magnifique et interminable plage peut aussi s’avérer être l’endroit idéal pour faire envoler son cerf-volant !
Reçu pour leur anniversaire en octobre, nous n’avions pas encore eu l’occasion de l’étrenner, c’est maintenant chose faite : 

Un p’tit coup de main de la part de papa, qui donne l’impression d’avoir fait ça toute son enfance : 

Et en deux temps trois mouvements, c’est réglé : 

C’est si joli, ces couleurs qui tournoient dans le ciel… 

Et puis toute la famille peut en profiter, les petits comme les grands  !

Découvrir the Cradle of Humankind

Le berceau de l’humanité, 

rien que ça !

A une cinquantaine de kilomètres au nord ouest de Johannesburg, s’étend une zone de près de 50 000 hectares déclarée Patrimoine Mondial de l’Humanité en 1999 par l’UNESCO. 

Site préhistorique d’importante majeure dans le monde, il est composé d’une quarantaine de grottes calcaires dont celle de Sterkfontein – l’une des deux seules qui se visitent – où près d’un tiers des fossiles d’hominidés de la planète ont été découverts.
Notamment du type Australopithecus Africanus, les plus vieux datant d’environ 3,5 millions d’années, soit parmi les plus anciens restes humains du monde : “Mrs Ples”, “Little Foot”, chacun porte un nom de code particulier…
La visite de cette grotte perdue au beau milieu de paysages écrasés de soleil, à plus de 60 mètres sous terre et par 18 degrés de température constanteest très intéressante : 

Ce sont les très nombreuses brèches naturelles qui ont permis à des centaines d’animaux ou d’humains tombés accidentellement dans ces gouffres, de se fossiliser à l’intérieur des caves et d’assurer ainsi aux paléontologues la conservation de nombreuses informations essentielles sur cette période préhistorique : 

Avec ses nombreux stalagmites et stalagmites de calcaire – nécessaire pour fabriquer un très grand nombre d’articles de la vie courante – la grotte de Sterkfontein a été exploitée à la fin du 19ème siècle avant d’être rapidement transformée en sanctuaire de recherche scientifique : 

Certains fossiles sont encore visibles (avec un peu d’imagination) dans la roche. 
Mais si là, une colone vertébrale d’impala, là en haut à gauche. 

La visite s’apparente à certains endroits à une expédition spéléologique, ce qui a l’avantage de beaucoup plaire aux enfants qui peuvent passer bien plus librement que les adultes, devenant ainsi les grands gagnants de ce parcours souterrain :

A la sortie, un petit musée extrêmement bien fait retrace l’évolution de la planète et des premiers hommes de façon claire et synthétique : pour les petits, une demie année de cours d’histoire-géo magnifiquement résumée en quelques panneaux ! Et pour les grands, un très efficace rappel des données essentielles. 

Mais c’est surtout la visite du musée attenant (à 7 km de la grotte) – Maropeng – qui vaut absolument le détour, notamment pour les enfants entre 6 et 12 ans : interactif, clair, intelligent, créatif… Tout dans les installations et la présentation des informations donne aux enfants et même à tous les visiteurs, l’envie d’en savoir plus. Une vraie merveille pédagogique. 

Le bâtiment, construit en 2005, ultra moderne, posé au milieu de nulle part, en plein nature, est vraiment réussi et s’intègre magnifiquement au paysage : 

Hotel, restaurant, salles de conférence, musée et salles éducatives, l’édifice est impressionnant :

Big Bang, formation de la planète, dérive des continents, quatre éléments, diversité humaines, tout est expliqué de façon limpide et très impactante visuellement…

… Avant d’offrir aux visiteurs un parcours interactif amusant et passionnant : 

Une immense salle propose de nombreux ateliers qui permettent de mieux comprendre chaque thème abordé : 

Rangs taxinomiques (règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre, espèce), caractéristiques de l’espèce humaine (bipédisme, régime alimentaire, complexité du cerveau, capacité à créer des outils et à maitriser le feu, créativité, habilité du langage, sociabilité et instinct grégaire, capacité à peupler toute la planète…), conscience environnementale… 
Tout est expliqué dans le détail et à plusieurs niveaux de compréhension, mettant chaque atelier à la hauteur (propre et figurée) de chacun et de chaque âge. 

La visite se termine par une exposition des fossiles retrouvés dans la zone. 
Impeccable pour réviser les os du corps et du squelette avec les enfants !

Une bien belle découverte. 

La boite à camembert

J’ai souvent entendu des mères 
dire qu’avec les gosses, 
c’était pas la peine d’acheter 

des tonnes de jouets.


Car jusqu’à un âge assez avancé, ce qu’ils préfèrent, c’est l’emballage ou la boite. 
Qu’il est donc proprement inutile de se ruiner en investissant dans des joujoux qui finiront immanquablement au font d’une boite de rangement avec des dizaines – que dis-je – des centaines d’autres.

Sachant, par dessus le marché, que plus ils sont nombreux à s’entasser, plus la probabilité que vos lardons les reprennent pour s’amuser diminue. 
En effet, une fois mélangés avec les autres, on ne retrouve plus les morceaux qui vont ensemble. 
Tout devient invisible, noyé au milieu d’un amas de plastique. 

Le parent, lorsqu’il passe dans la chambre de son rejeton, jette un coup d’oeil à tous ces pauvres petits personnages abandonnés par ses ingrats de fistons… 
Encore un peu, on aurait 7 ans à nouveau et on les entendrait comme dans Toy Story, tout malheureux d’avoir été délaissés par leur enfant préféré !


Non, non, tout cela est épouvantablement triste et improductif. 

Sans compter toutes ces fois où vos moutards préfèrent jouer avec vos cuillers en bois de cuisine, vos chaussures à talons ou votre matériel de papeterie par exemple, qui deviendra donc inutilisable : votre rouleau de tipex étalé partout sur la moquette, votre bâton de colle écrasé, votre agrafeuse vide…
Tout ça tout ça.

Et les millions de tonnes de cadeaux qu’ils ne manqueront de toute façon pas de recevoir des autres lors de leur fêtes d’anniversaire. 
Et du Père Noël. (Ça, c’est sacré.)

BREF. 

La solution existe, et elle est TRÈS simple. 

Après 4 ans d’expérience, voici ma conclusion :
Faites leur construire leurs propres jouets. 
Imparable. 
Ils en seront terriblement fiers et en prendront bien meilleur soin que de ceux qui leur sont offerts. 
Ça permet de recycler, ça fait faire des économies, ça aiguise leur créativité, ça leur apprend le bricolage et ça amuse tout le monde. 

Quelques idées : 

Avec un vieux tuyau ou un bout de bâton-cheval cassé depuis belle lurette, et un peu de patafix : une flûte toute neuve !

Avec une petite branche, de la ficelle à rôti, un rouleau de papier toilette, une feuille de papier et des baguettes pour sushis : un arc et ses flèches, souvenez vous

Avec deux grands tupperwares, leurs oreillers et leurs couvertures, pour jouer à Jiminy Cricket de Pinocchio dans sa boite d’allumettes. 

Avec les chaises de bar et les couvertures, on fait des maisons…

… Ou des navettes spatiales en plein orbite : 


Avec une vieille paire de chaussettes, des épingles à tête colorées, du fil, des vieux boutons, des bouts de laine et du riz : OLAAAAAF le bonhomme de neige !

Voyez, c’est pas bien compliqué !

Question pour un Juju

C’est le tout dernier

jeu des Jujutrépides.


Je veux dire, “jeu de voiture”.

Pas que nous ayons des centaines de kilomètres à parcourir chaque jour, mais nous prenons souvent l’auto pour plein de cours trajets.

Durant ces épisodes, rien de tel qu’un peu de “musique-ki-calme“.

Curieusement, ces moments automobiles sont aussi les instants privilégiés durant lesquels mes fils ont pris l’habitude de me balancer leurs phrases-choc ou me faire part de leur vraies interrogations et réflexions. 
Comme si le fait d’être chacun ceinturés sur un siège, nous permettait de nous rapprocher et de partager ensemble un échange plus profond que d’accoutumé, ou de vivre un instant de petit bonheur tout simple. 

Le jeu du “devine-de-quel-film-ze-parle” est l’un de ceux-là :

Chaque vendredi, à l’école, les enfants ont le droit de visionner un dessin animé de Disney, juste après le déjeuner, surtout quand il fait moche.

Sur le chemin du retour, tout l’objectif est donc de me faire deviner lequel, avant d’arriver à la maison. Ce qui leur laisse, en gros, entre 9 et 13 minutes pour gagner, si je n’ai pas réussi à trouver. Et vice versa. 

En fait, si on se résume, mes fistons ont globalement réinventé le concept de ce bon vieux jeu “Question pour un Champion”. 

Ma culture Disneyienne s’étant considérablement étoffée depuis leur naissance,  l’enjeu manque parfois de piment. 
Je me suis donc imposé un petit challenge personnel : trouver le film en moins d’une minute et à la première tentative :

– “Mamaaaaa ! D’vine’ quel film on a vu auzourd’hui !”

– “Bin je sais pas Trystan, il faut que tu me donnes des informations !”

– “Bon alors dans c’film’, y’a un graaaaand garçon très fort et un ‘roooo léopard qui…”

– “TARZAN !”

– “…”

Dans le rétroviseur, je vois bien à la moue de mon fils qu’il est un peu déçu. 
Je me promets de modérer mes ardeurs pour la semaine suivante : 

– “Mamaaaaa ! D’vine’ quel film on a vu auzourd’hui !”

– “Bin je sais pas Trystan, donne-moi des indications !”


– “ALORS ! Tu vas woir, c’est dur : dans c’film, y’a une princesse avec des nains !”

Réprimant un sourire, je risque doucement : 

– “… Blanche Neige ?”

– Mais maman euuuuuh !!! T’es VRAIMENT pas drôle…”

Je me défends comme je peux : 

– “Mais mon amour, c’est toi qui me donnes trop d’indices. Après ça devient trop facile tu comprends ? Je t’explique : le léopard, y’a que dans Tarzan qu’on en trouve un. Et les nains, y’a que dans Blanche Neige qu’ils apparaissent. Donc si tu veux que je cherche longtemps, il faut me dire des choses pas trop précises, tu comprends ?”

Semaine suivante : 

– “Mamaaaaa ! D’vine’ quel film on a vu auzourd’hui !”

– “Bin je sais pas Trystan !”

– “Bon alors dans c’film’, y’a une princesse !”

“Ah tiens !”, me dis-je, mon fiston chéri a bien retenu sa leçon ! Mais je suis mal engagée pour mon challenge :

– “Hum, une princesse. Elle a quelle couleur de cheveux ?”

– “Jaunes.”

Ok, princesse aux cheveux jaunes. Ça m’avance pas des masses cette affaire, elles sont toutes blondes ‘façon. 

– “Euh, est-ce qu’elle a les cheveux trèèèèèès longs ?”

– “Noooon !”

– “Est-ce qu’elle se fait réveiller par un prince ?”

– “Noooon !”


Au fur et à mesure de mon enlisement, je vois le sourire revenir sur les lèvres de mon fils. Je tente : 


– “C’est Cendrillon !”

– “Noooon maman ! T’as perdu !”

Je sens la vexation qui me monte au nez. 
Il reste encore 200 mètres à parcourir, j’avance à 15 km/heure (je sais, c’est de la triche.)

– “Trystan ! Clochette c’est pas une princesse hein, ça compte pas !”

– “Ch’est pas Klochetttt’ !!!”

Je ne le crois pas. 
Mon fils de 4 ans est en passe de me coller une raclée aux devinettes. 
La honte. 

En désespoir de cause je lance : 

– “Si si Trystan ça y est je SAIS !! C’est ELSA de la Reine des Neige !!!”

– “Gniahahahahah !! (rire satanique de mon fiston) : NOOOOOOOON ! 

Il reste 20 mètres, c’est l’horreur, je n’aurai jamais pensé en arriver là :
La voiture automatique avance désormais seule, grâce à la pente (j’ai retiré mon pied de l’accélérateur. 
La tention est à son comble. 

Subitement, le calme se fait dans mon esprit. Je sais. 

– “Trystan, mon fils, désolée mais j’ai trouvé. C’est la princesse de Taram et le Chaudron Magique.”

Et là, à cet instant précis, nous passons le portail de la maison. 

Je n’y peux rien, je souris malgré moi, à la fois devant la situation et mon comportement affreusement puéril. 
(C’est dingue comme on devient, quand on a des enfants !!!)

Je m’apprête à me retourner pour consoler mon petit garçon : après tout, si je n’avais pas si éhontément triché, il aurait gagné. 

Serein, complètement calme, mon fiston me dit alors, le sourire en coin : 
– “Z’ai gagné !”

Je le regarde sans trop savoir si je dois insister. Mais son assurance m’intrigue, alors j’ose : 

– “Bah non Trystan, j’ai trouvé avant de passer la porte finalement !”

Et là, impérial, mon fils me répond : 

– “Bah t’as trouvé le film. Mais t’as pas dit le nom de la princesse. Ça compte pô.”

Elle s’appelle Eloise, cette gourde.
Vous aussi, vous aviez oublié ?

Liberté, égalité, fraternité

En fait, je crois que c’est pareil 

pour tous les parents de jumeaux. 


Depuis toujours, en permanence, on cherche l’égalité parfaite. 
Dans tout, tout le temps. 

Entre les deux enfants, je veux dire. 

Avant leur naissance, durant la grossesse, on parle aux deux.
De chaque côté du ventre, en précisant bien le prénom le chacun. 
On s’assure qu’on a accordé autant de temps à l’un et à l’autre. 

Quand on se crème, on vérifie bien qu’on est passé autant à droite qu’à gauche. 

A leur arrivée, ça tourne à l’obsession : biberons au centilitre près, puis nombre exact de cuillers de purée… Et ça ne s’arrange pas avec le temps :
Goûter de l’après midi, 4 ans plus tard.
Pour lequel on s’autorise une fantaisie sur le jus,
parce qu’ils ont clairement exprimé leurs préférences.
Quand on est pris d’un élan d’affection pour l’un, immédiatement après l’avoir reposé, on prend machinalement l’autre aussi dans les bras.
Non seulement parce qu’on en a envie, mais aussi car on se sent coupable de ne pas avoir donné un nombre de câlins et de bisous égal à l’autre.  

Lorsque l’un se met à marcher ou à faire un truc nouveau, à sourire, à parler, à écrire son nom, à réussir à pousser la balançoire seul… On regarde l’autre avec angoisse, de peur qu’il n’arrive pas à faire pareil. 
Comme s’il y avait un lien quelconque entre les deux. 
On se reprend, en réalisant l’absurdité de ce que l’on vient de penser. 

Durant les virées shopping, on se surprend en train de reposer ce mignon petit polo bleu… Parce “qu’ils ne le font pas dans une autre couleur.”

Dès que l’un a usé ses chaussures, même si celles de l’autre tiennent encore la route ou si le premier a d’autres paires disponibles, on en rachète deux. Pour pas faire de jaloux. 

Pour les jouets… On achète tout en double, de peur qu’ils ne s’accordent pas sur la répartition, si l’on tentait de différencier les présents. 
(On apprend de ses erreurs, il faut le dire aussi.)
C’est qu’on a tellement peur d’en léser un…
Qu’il se sente moins bien traité, moins aimé, ou même considéré différemment. 

On s’imagine qu’en respectant une parité parfaite, depuis le nombre de tranches de saucisson jusqu’aux “je t’aime” et aux câlins du soir, on s’assure qu’aucune injustice ne pourra être commise. 

Je me demande d’ailleurs souvent si les parents d’enfants d’âges différents, non jumeaux, réagissent de cette manière…

En réalité, tout cela est bien illusoire.
Car naturellement l’égalité absolue n’existe pas. 

Il suffit d’un rhume pour que la balance du temps-passé-en-bras soit rompue, pour que le comptage du nombre de baisers se déséquilibre et que la quantité de cuillers de pâtes au jambon soit faussée. 

C’est d’autant plus idiot, que chaque enfant – malgré des gênes, un âge et une éducation similaires – a des besoins différents : appétit, propension au bisoutage, besoin d’attention…

Mais on n’y peut rien…
On est parents de Jujus. 
Alors on fait tout en double. 

Tout le temps.