En Afrique du Sud,
on a vraiment l’occasion
de faire des trucs insolites.
Par exemple : visiter une ferme d’autruches.
En sortant de là, vous êtes incollables sur la vie de ces truthionidae – la Culture Générale n’a pas de limite – et les gosses se sont bien marrés en regardant ces bestioles à l’air un peu abruti.
Pardon.
Je voulais pas être désagréable.
C’est facile, les fermes d’autruches, il y en a un peu partout ici, autour de Cape Town.
La Cape Point Ostrich Farm, Celle qui se trouve à la sortie du Parc du Cap de Bonne Espérance est très belle et instructive :
Alors, en gros, les autruches, c’est facile : c’est le contraire de tout ce qu’on s’imagine.
C’est un oiseau, mais elle ne sait pas voler.
Le mâle est entièrement recouvert de plumes noires, c’est le plus beau des deux. Le ramage de la femelle est un gris clair, un peu terne.
C’est, finalement, des sortes de grosses poules, sauf qu’elles vivent TRES longtemps : 70 ans en moyenne.
La saison des amours a lieu une fois dans l’année en plein été et dure trois mois, durant lesquels l’autruche femelle pond un oeuf tous les deux ou trois jours. A partir de 45 ans, elles cessent de produire.
Contrairement à ce que l’on peut croire, avec une coquille de trois millimètres d’épaisseur, les oeufs sont extrêmement solides et peuvent supporter un poids allant jusqu’à 100kg, avant de se briser.
Démonstration :
Les autruches sont pour l’égalité des sexes et le partage des tâches ménagères : le mâle couve la progéniture la moitié de la journée avant de passer le relai à la femelle.
Seuls 5 à 10% des oeufs fécondés voient le jour, ce faible taux provenant de la difficulté à casser la coquille : les oisillons étouffent avant de réussir à sortir.
Pour cette raison, ces animaux ont été placés sur la liste des espèces menacées, et les fermes d’élevage ont pris l’habitude de retirer les oeufs au moment de la ponte et de les faire incuber, afin d’obtenir un meilleur taux de survie (qui monte effectivement à plus de 80%).
D’abord triés – pour vérifier si l’oeuf a été fécondé il suffit de braquer une lampe torche dessus, sorte d’échographie au rabais ! – les oeufs sont ensuite placés dans des sortes de couveuses pour quarante deux jours de gestation à 37° degrés.
Quand ils se mettent à bouger, il est temps de rompre la coquille pour aider les petits à sortir.
Ceux-ci se développent très vite jusqu’à 18 mois, prenant jusqu’à dix kg/mois, pour finir par peser entre 100 et 150kg et mesurer entre 1,90 et 2,80 m de haut.
Fun Fact :
On a tendance à penser que les genoux de ces bestiaux sont, comme chez tous les animaux, au niveau habituel, alors qu’en réalité, ils se situent au niveau de ce qui semble être les hanches. Et ce qui donne l’impression d’être le genou est en réalité la cheville.
Leurs pieds sont démesurément longs, les faisant donc marcher sur une extrême “pointe des pieds”.
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| En regardant, vous allez comprendre. |
Leur cerveau est inférieur à la taille d’une cacahuète (40g) et plus petit que leurs grands yeux qui leur permettent de voir jusqu’à 3 km de distance et en font des animaux rapidement effrayés par leur environnement, à la mémoire n’excédant par quelques minutes.
Rien n’a voir pour autant avec leur habitude de mettre la tête dans le sable : elles ne se cachent pas mais sont alors à la recherche de petits cailloux à avaler, pour faciliter leur digestion dépourvue de sucs gastriques, les pierres faisant alors office de mixeur.
Contre toute attente, les autruches sont pourtant particulièrement dangereuses et leurs attaques la plupart du temps mortelles :
Aucun risque avec le bec, sorte de clapet en corne fine et légère qui pince à peine.
C’est de l’énorme ergo, véritable griffe, qui prolonge chaque patte, qu’il faut se méfier : en cas de peur, les autruches se mettent à courir – plus de 40 km/heure sur de très longues distances avec des pointes à 70 km/h – et balancent le cas échéant l’une de leurs longues jambes en avant, transperçant littéralement l’ennemi.
Pour cette raison, elles restent des proies plutôt difficiles à chasser pour les prédateurs de la savane qui réfléchissent à deux fois avant de s’y attaquer.
Dans le cas relativement improbable où vous vous retrouveriez face à une autruche en panique, il est recommandé de s’allonger sur le sol en vous protégeant la tête à l’aide des bras, et en attendant que ça passe.
Ou alors de brandir vers le haut un bâton très long, uniquement s’il vous permet de donner l’impression que votre hauteur dépasse les trois mètres.
Pour finir, dans l’autruche, c’est un peu comme dans le cochon : on utilise tout.
Les oeufs fournissent des omelettes exceptionnelles, chacun équivalant à environ 16 oeufs de poule.
La coquille peinte et/ou ciselée est devenue un véritable objet de décoration (lampes tamisées, sculptures…).
La peau, tannée, devient un cuir très utilisé par les maisons de luxe pour leurs accessoires de maroquinerie.
Nota Mama :
Les filles, pour info, reconnaitre une vraie peau d’autruche est assez aisée : caressez ce beau sac à main qui vous plait tant, dans deux sens différent. Ça doit être tout doux d’un côté et piquer très légèrement de l’autre.
Sinon, c’est du made in China.
Pour finir, la viande – prélevée essentiellement surtout sur le torse – est elle aussi très intéressante : rouge comme celle du boeuf, avec un petit goût de venaison du type biche, elle ne contient pas de cholestérol, pas de gras et en fait une viande exceptionnelle en terne nutritifs.
D’ailleurs le restaurant de la ferme, basique mais authentique, en propose une excellente.