La nouvelle stratégie des Jujutrépides

J’ai souvent entendu les gens dire :

“les petits garçons aiment leur maman

et les petites filles ont toujours le coeur chez leur papa”.


Jusqu’il y a peu, cela m’apparaissait comme une vaste fumisterie conspirationiste imaginée pour nous encourager / ne pas nous décourager de faire des enfants.  

De fait, mes Jujutrépides ont toujours fait preuve d’une admiration et d’une affection sans borne … pour leur PAPA.
Vous avez bien lu. 
Nul aigreur de ma part à ce sujet, étant parfaitement consciente des méthodes tout à fait déloyales employées par leur paternel pour gagner leur affection : barres de Tobleron et paires de peluches ramenées de ses nombreux voyages professionnels, versus punitions au coin et haricots verts au diner. 
Forcément, la concurrence est rude.

Durant une période, lorsque nous habitions encore au Mexique, ils étaient d’ailleurs saisis d’hystérie lorsque j’avais le malheur de m’approcher de leur dieu vivant, et avaient même pris l’habitude de me balancer leurs chaussures en signe de contestation.

Depuis peu, cet état de fait, pourtant perdurant depuis près de 4 années, semble être sur le point d’évoluer. 

Naturellement pas sur le fond, un Papa ça reste un Papa ! 
Mais sur la forme… 
Nos deux petits lardons ont semble-t-il mis au point un nouvel outil de séduction assez imparable : la FLATTERIE. 

C’est tout nouveau. 
C’est ignoblement hypocrite. 
Et ça marche. 

Ils ont pris l’habitude d’user de cette nouvelle technique dans deux situations bien précises : lorsqu’ils ont quelque chose à demander et/ou lorsqu’ils ont quelque chose à se faire pardonner. 

Au début, naïve, je m’émerveillais devant ces mots doux, aussi délicieux à mon oreille que les Paris-Brest ou les éclairs au chocolat à mes papilles !

La première fois, c’est arrivé quand je quittais ma chambre, me dirigeant vers le salon, après m’être habillée et maquillée pour sortir un soir, lorsque mon fils Tancrède s’est approché de moi, me regardant avec ses grands yeux énamourés : 

– “Ooooh mamaaaaa, j’te trouuuve tellement beeeeeelle !!”

Mon réflexe, bien naturel, a été de l’étouffer dans mes bras, puisque dans des moments pareils, il est évident que la vérité sort de la bouche des enfants.

Cette petite peste a alors bien passé cinq longues minutes dans mon giron, me serrant très fort en papillonnant des yeux, prolongeant ainsi mon illusion maternelle. 

Au moment où son père et moi nous apprêtions à passer le pas de la maison, il m’a alors pris la main, avant de me dire d’une voix doucereuse : 

– “Et tu veux bien m’donner des marshmallows avant d’partir, siteuplé ?…”

Sur le moment je n’y ai vu que du feu. 
Mes pas m’ont juste portée avec empressement vers le placard de la cuisine, un sourire idiot se dessinant sur mon visage.

Comme une bleue, il m’a eue, le gosse.

L’opération s’est répétée quelques jours plus tard, n’éveillant chez moi que des soupçons relatifs, toute à mon bonheur que j’étais devant tant de displays d’affection – inconnus jusqu’alors – de la part de ma progéniture. 

C’est en entrant dans le salon de télévision, quelques semaines plus tard, découvrant le véritable tapis de chips – 2 cm d’épaisseur au bas mot – subrepticement subtilisées dans la cuisine pendant que je vaquais à mes occupations, et qui recouvrait entièrement le sol de la pièce, que leur technique a été éventée : 

Au moment où je fondais sur eux tel l’oiseau de proie pour leur faire ramasser fissa fissa ce bordel graisseux infâme, Trystan m’a alors regardé avec ces yeux désarmants qui font sa force : 

– “Mais mamaaaaa… Moi j’t’aiiiiime….”

Immédiatement stoppée dans mon élan, comme celui-ci avait perdu tout son sens et sa raison d’être, mon hésitation est devenue palpable. 

Malin, le fiston s’est donc engouffré dans la brèche : 

– “… J’t’aime… J’t’aime… Super grand….Plus grand que… que… toute la MONTAGNE !”

Devant mon aspect défait, il n’a donc pas hésité à asséner le coup final : 

– “Que la MONTAGNE DE LA TABLE, même !”

Au moins, ils connaissent leur géographie…


J’ai donc terminé en silence “Mulan”, qui était alors en cours de visionnage dans la pièce, assise dans le canapé, un Jujutrépide de chaque côté… Et les pieds dans les chips. 


Ils sont redoutables.

JujuGPS

Je n’arrive pas à savoir 

si c’est une bonne idée…

Evidemment, quand j’étais petite, on n’avait pas de siège auto.
J’ai passé toute mon enfance debout, derrière, un pied de chaque côté du renflement central, la main sur l’épaule de mon père à regarder la route, prête à finir ma course dans le pare-brise, en cas d’accident.

Je jouais dans le jardin toute seule, avec le chien, dans l’écuelle duquel il a bien dû m’arriver de boire quelques fois.
Sinon, c’était au tuyau d’arrosage. 

Je crois me souvenir que j’ai découvert le concept de la crème solaire vers 7 ou 8 ans. Je l’utilisais essentiellement pour protéger les naseaux de mon cheval, qui étaient tous roses et prenaient vite des coups de soleil.  

M’enfin, je suis toujours vivante. 

J’ai eu de la chance, probablement.

Et surement aussi que nous ne vivions pas dans le même monde qu’aujourd’hui.  

Du coup je m’interroge. 
Sensibiliser nos enfants aux questions de sécurité, leur apprendre – si petits déjà – à bien prononcer (et écrire) leur nom de famille, à ouvrir les portes et les grilles fermées à clef, à reconnaitre leur chemin pour rentrer à la maison, bientôt à mémoriser notre numéro de téléphone par coeur…


Est-ce leur rendre service ou est-ce leur ôter un peu de leur enfance ? 
Je n’arrive pas à avoir d’avis.

Evidemment, il n’est pas question de générer si tôt chez eux des peurs aussi artificielles qu’inutiles ou traumatisantes, ni de passer nos journées à les entrainer version camps militaires et répétition de stages de survie. 

Non. 

Mais comme beaucoup de papas et de mamans, nous envisageons souvent le pire. 
Et la mutation irréversible que nous subissons tous en devenant parents, nous pousse inlassablement à les protéger et nous assurer qu’ils survivent, quoi qu’il arrive : incendie, tremblement de terre, enlèvement…
L’actualité récente nous forçant encore plus à nous interroger sur la meilleure manière de garantir leur sécurité. 
De fait, ces derniers mois, comme ça, mine de rien, de temps en temps, la plupart du temps sous la forme de petits exercices ludiques, lorsque l’occasion se présente… Nous avons entrepris de familiariser nos Jujutrépides à quelques réflexes élémentaires.

Après la cérémonie de l’ouverture de la grille et de la porte d’entrée, qu’ils savent maintenant déverrouiller en quelques secondes, le dernier jeu en date consiste à les entrainer à reconnaitre leur chemin en voiture, pour rentrer à la maison. 

Au début, je voyais bien qu’ils cherchaient mon regard avant d’annoncer une direction, histoire d’obtenir l’aval. 

Jouant le jeu jusqu’au bout, je me suis même retrouvée un après-midi à l’autre bout du quartier, après avoir suivi leurs indications. 
Ce jour là, arrivés au fond d’une impasse, Trystan a fini par murmurer tristement : 
– “Ze crois qu’ze m’suis trompé mama.”

Nous avons donc recommencé patiemment l’exercice. 
Avec le temps, ils ont pris de l’assurance et hurlent maintenant avec certitude du fond de la voiture, les instructions :
– “A gauuuuuuuussssss’ ! A droiiiiiiiit’ !!!!”

Encore mieux que la voix suave du GPS. 
Au moins, avec eux, c’est clair. 

Et parfois, nous finissons effectivement notre course devant le portail de la maison. 

Tout cela ne trouvera probablement – et heureusement – jamais son utilité, mais entre temps, ils auront appris à faire la différence entre leur dextre et leur sénestre, et auront gagné en confiance personnelle… Je me dis que ça n’est probablement pas plus mal !

Les obsédés de la galette

10 jours.

10 jours d’AFFILÉ.

Plusieurs fois par heure. 

Qui peut résister ?


Depuis 10 jours, les Jujutrépides me réclamaient une galette des rois, leur dernière production scolaire en date, ainsi que les couronnes qui vont avec. 
(Merci les maitresses, hein !)

Mais bon… Il faut l’avouer, le travail est de qualité et particulièrement créatif !
Dès leur levé le matin, lorsqu’ils viennent me secouer à 6:00 pour me demander si “F’est auzourd’hui qu’tu vas accepter de m’faire une galette ?!”, l’oeil tombant et la lippe tremblotante… 
Jusqu’à la récupération à la sortie de l’école…
L’arrivée hystérique à la maison…
Le début du bain, puis celui du diner…
Pour finir par le moment de leur coucher où ils en remettent une dernière couche.

Les mines implorantes, les yeux de cokers (battus), les hurlements, les crises de rage à même le sol, le chantage affectif (“Tu m’fais une galette ou sinon j’t’aime pu’!”), les câlins dont l’intensité et la régularité m’ont tout de suite semblé suspicieux…
Tous les moyens sont bons et tout y est passé.

Il faut l’admettre : leur opiniâtreté tient du professionnalisme le plus remarquable.

Elle est si impressionnante qu’on en vient à se demander pourquoi – aux dires de parents plus expérimentés, tuteurs désormais d’adolescents – une ténacité aussi prodigieuse peut disparaitre avec l’âge et se muer en lassitude paresseuse une dizaine d’années plus tard. 

De fait, aussi étrange que cela puisse paraitre, les enfants – ces petits alliens – semblent génétiquement conçus pour maitriser naturellement certaines techniques commerciales (celle, par exemple, du disque rayé) ou de torture psychologique applicable en temps de guerre, qui sont – il faut l’avouer – souvent curieusement complémentaires. 

J’imagine qu’il s’agit d’une juste indemnisation octroyée par dame nature en compensation de leur position de dominés permanents : par la taille, le pouvoir, la responsabilité, etc.  
(Ce qui expliquerait d’ailleurs pourquoi cette qualité disparait – la plupart du temps – une fois qu’ils arrivent à maturité.) 

Mes Jujutrépides ne faisant pas exception, leur capacité obsessionnelle à réclamer l’objet de leur désir tient de l’abnégation la plus pure. 
Il faut le reconnaitre : ils travaillent dur pour obtenir ce qu’ils veulent. 

Usée jusqu’à la corde, j’en suis arrivée l’autre matin à un point de rupture qui, je pense, risquait de mettre leurs frêles existences en danger. 

Préférant céder et m’incliner devant tant de constance et de persévérance, j‘ai, comme il se doit, parcouru la ville pour trouver de la poudre d’amende, denrée semble-t-il moyennement répandue dans ce pays, ou vraisemblablement en rupture de stock en ce début d’année.

Une fois les ingrédients réunis, sur le plan de travail de la cuisine, je suis donc allée rechercher l’engeance à la sortie des classes. 

– “Devinez mes amours la surprise que je vous ai préparé pour ce soir ?”

– “… T’as sauvé un dragon ?”

– “??? Euuuh, non, non…(mais POURQUOI ???)”

– ” T’as acheté un minibus ? Moi, z’aime les minibus.”

– “???!!!??? Un minib… ?!? Hein ?!? Mais enfin Titi, ça fait 10 jours que vous m’en parlez tous les jours, que vous me tannez pour que je vous en prépare une…!”

– “Euuuh… Une nouvelle histoire ?”

– “Mais ENFIN !! Une GALETTE, BORDEL !”

Et là, la réponse qui claque : 

– “Ah…Mais tu sais maman, ‘faut pas dire des ‘ros mots comme ça, c’est pas poli.”*
*Nota bébé : la totalité de ce dialogue est une retranscription ABSOLUMENT fidèle de la réalité. Si, si…

Echange au delà du réel, s’il en est.
10 jours qu’ils me harcelaient avec cette demande pâtissière, pour finir par feindre l’indifférence. 
Ces gamins ont l’art de me rendre dingue.

Arrivés à la maison, ils ont néanmoins fait montre de beaucoup d’implication :

On ressort la recette de la maitresse, et on en profite pour réviser le vocabulaire. 

Pour casser les oeufs, Trystan propose de mettre en pratique ses cours de karaté…
Tancrède suggère une méthode plus classique (les rompre sur le bord du saladier),
mais qui a su faire ses preuves par le passé.
Démonstration :

Action collégiale pour achever la garniture.
Finalement, on apprend des TONNES de trucs en cuisinant. 
 
Hop, au four.

Tancrède a tenu à suivre la cuisson au plus près. 

Afin de s’assurer que tout se déroulait comme prévu. 

Et voilà : 

Verdict gémellaire immédiat, à la sortie du four : 
“Félicitations mamaaaa ! Tu nous a TRES BIEN AIDÉS à la faire cette galette.”

Pincez moi, je REVE.

Le zournal

La question est : 

Combien de temps cela va-t-il durer ? 


C’est venu tout doucement, très lentement, sans que l’on s’en rende compte. 

Bien sûr, nous avons essayé de créer un environnement propice :

En leur lisant une petite histoire (voire 2 ou 3 ou 4 ou 5…) le soir avant le dodo.

En donnant l’exemple. 

En laissant trainer des magazines et des livres partout dans la maison. 

Et, naturellement, l’école y est aussi pour beaucoup, avec un tour hebdomadaire à la bibliothèque, la lecture de contes de l’après-midi, etc.

Toujours est il que Tancrède semble s’être pris d’intérêt pour la “lecture” : 
Cela fait quelques semaines que je le retrouve d’une manière ou d’une autre à côté d’un “zournal” ou d’un livre. 

Tout a commencé, comme souvent, dans la voiture. 
Sur le chemin du retour de l’école, je l’ai vu ramasser un prospectus de supermarché parterre sur le trottoir : 

– “Tancrèèèèède, laisse-ça là s’il te plait, ou mets-le à la poubelle, c’est sale !”

– “Non m’an, c’est intérefffffant le ‘zournal.”

– “Intéressant ?!?!”

– “Voui, j’vais t’montrer.”

Devant la spiritualité inédite de la remarque, je l’ai laissé faire et l’ai vu monter dans la voiture avec son “zournal” à la main.

Une fois installés et après avoir démarré, je l’ai regardé silencieusement dans le rétroviseur, très concentré, le nez dans les papiers : 

Au bout d’un moment il a baissé ses feuilles, conscient que je l’observais, et a alors lancé : 

– “Bah voui, l’zournal des courses, c’est très zintéréffant pass’que tu vois bien tous les trucs qu’on peut ach’ter au supermarché, r’garde, j’te montre : le poulet, le rotiiii, le coca, le papier pour les toilettes…”

Pendant 10 minutes, j’ai eu droit à l’énumération des photos qui défilaient sous ses yeux…
Une nouvelle forme de torture jujutrépidesque, s’il en est, mais aussi – je l’ai réalisé plus tard – un excellent moyen de réviser l’étendue de leur vocabulaire. 

Quelques jours plus tard, je l’ai surpris l’après-midi au bar de la cuisine, ayant attrapé l’un des livres de son papa, l’air profondément concentré sur le manuscrit pourtant privé d’images.
Du bout des lèvres, je l’ai entendu égrainer les lettres de l’alphabet qu’il réussissait à reconnaitre…  

Même chose dans le salon : 

Dernier bonheur – suprême – en date : 
Le trouver le matin, calme, allongé dans son lit, “Petit Ours Brun” dans les mains, un petit tas de la série posé à côté de lui, en attendant  tranquillement que son frère se réveille…

Bon, ok. 

Ça n’est arrivé qu’une seule fois. 

Mais bon.

J’y crois.

Découvrir Stellenbosch

Ahhhhh, le charme discret de Stellenbosch !

Voilà une excursion pour votre week-end, 

amis de Cape Town.


Oui, bien sûr, vous y êtes déjà venus, vous vous êtes surement promenés rapidement sous les chênes centenaires qui quadrillent tout le village et y avez probablement déjeuné ou dîné dans l’un de ses très nombreux établissements gastronomiques. 

Mais peut-être n’avez-vous pas pris le temps de vous intéresser à son histoire et à son architecture, toutes deux assez exceptionnelles ?

Dans ce cas, voici de quoi vous donner envie, peut-être, de refaire la balade !

Stellenbosch, située à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Cape Town,  c’est aujourd’hui 80 000 habitants (200 000 avec sa banlieue), dont 30 000 étudiants, installés là pour accéder à l’enseignement de la première et plus grande université privée d’Afrique du Sud : 10 facultés, 150 départements, 40 centres de recherche… 

Mais c’est aussi une des villes les plus riches d’histoire du pays. 

En 1679, après 27 années de présence hollandaise au Cap, Simon Van Der Stel est nommé par la VOC – la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales – 11ème commandeur de la place forte du Cap, point stratégique de ravitaillement pour les bateaux en provenance de Hollande et naviguant sur le route des Indes et des épices. 

Opiniâtre et audacieux, c’est le premier qui décide de sortir de la forteresse du Cap, alors peuplée de deux ou trois centaines de personnes, pour explorer les alentours, encore vierges et regorgeant de bêtes sauvages. 
Il découvre ainsi un îlot de verdure, au coeur d’une vallée entourée de montagne et traversée par la première rivière qu’il décide de baptiser ainsi “Eerste River”. 
Après avoir obtenu l’aval de la VOC, il fonde ainsi Stellenbosch (“le Bois de Stel”, littéralement), seconde ville d’Afrique du Sud et coeur de l’Histoire Afrikaner du pays. Il y installe alors de nombreux “free Burgher” – citoyens libres – hollandais dont la mission est de développer l’agriculture (agrumes, fruits, légumes…) et d’approvisionner le Cap. 

Le Musée de la ville, en réalité un petit pâté de maisons, est construit autour du centre du village, l’Eglise Moederkerk, deuxième lieu de culte construit en Afrique du Sud…

… Et est composé de 4 habitations traditionnelles datant de 4 époques différentes (1709, 1789, 1803 et 1850), retraçant merveilleusement l’évolution architecturale – exceptionnelle – de ce petit village au charme indéfinissable. 

La Schreuderhuis (la “maison des Schreuder”), est une ferme familiale construite en 1709 par un citoyen libre allemand venu s’installer dans le nouveau monde. 
Le toit de restio séché – plante herbacée omniprésente en Afrique du Sud et donc particulièrement bon marché – est une adaptation locale par ces nouveaux arrivants de leurs toits de chaume traditionnels européens de l’époque.
Bien que finalement peu adaptés à la météo chaude de leur pays d’adoption, les toits de restio sont devenus le standard habituel de toutes les habitations sud africaines de cette période, avec des maisons de plein pied dont le premier étage était laissé vide pour assurer un maximum d’aération sous le toit. 
Particulièrement vulnérables aux incendies, les maisons brulaient dont régulièrement. Stellenbosch a d’ailleurs flambé trois fois, en 1710, 1762 et 1803, obligeant les habitants à reconstruire entièrement le village. 

Spartiate, l’intérieur des demeures de ce tout début de 18ème siècle était très simple, les meubles construits à partir de matériaux locaux.  

La seconde maison du musée date de 1789. 
Quand Paris brulait durant la Révolution française, la famille d’Hendrick Bletterman, le premier et riche magistrat de Stellenbosch, se construisait cette belle demeure, infiniment plus travaillée et raffinée que la ferme précédente. 

Ici nait le style des demeures Cape Dutch : fermes construites toute en longueur, d’un blanc immaculé, au fronton central galbé, comme à Amsterdam, au toit de chaume et aux fenêtres à petits carreaux soulignées d’une peinture vert-émeraude. 
Au fil des rentrées d’argent, des extensions étaient construites de part et d’autre pour rajouter des chambres. 
Petit à petit l’organisation en “H” des batiments est ainsi restée, avec deux entrées transversales à la maison et une pièce centrale au milieu, distribuant des pièces de chaque coté. 
Les meubles de l’époque étaient souvent construits par les esclaves, dont le trafic était fleurissant à cette époque, et qui disposaient d’une pièce qui leur était réservé dans la maison…
Pour rappel : dans les années 1830’s au moment de l’abolition officielle de l’esclavage en Afrique du Sud, la population du Cap comptait 30 000 ‘Blancs”  ou hommes libres pour 60 000 esclaves. 

La troisième maison, celle du gouverneur du village, date de 1782 mais fut rasée puis reconstruite après l’incendie de 1803 et est représentative des demeures du début du 19ème siècle : cossue, avec un premier étage pour les chambres, du mobilier élégant et un grand jardin. 

L’un des 5 seuls pianos droits verticaux du monde. 
Enfin la dernière demeure, “OM Berghuis”, du nom de Mr. O.M Bergh qui la construisit en 1850. 
La distribution change complètement, la grande pièce centrale étant transformée dans un soucis de gain d’espace en un simple couloir pour desservir les pièces. La décoration, lourdement chargée en meubles et objets de décoration se fond dans le papier peint très à la mode à cette époque.
La salle de bain fait son apparition :

La rue principale, Dorp Street, permet d’admirer les milliers de chênes plusieurs fois centenaires, plantés là initialement pour servir à la construction des fûts de macération du vin. La viticulture s’est développée à partir des années 1750’s autour de ce village, qui deviendra le coeur de la viniculture sud africaine.  

Cette rue est célèbre pour la richesse de ses bâtiments qui permet de comprendre l’évolution du style architectural de la ville. 

Une fois stabilisé au début du 19ème siècle comme décrit ci-dessus, le style Cape Dutch a ensuite beaucoup évolué au fil des décennies  les nuances apportées au fronton central et à ses galbes permettant de définir l’époque de la maison : galbes concaves et/ou convexes, rajout de colonne ou non, chapiteau, motifs… Tous évoluant ou disparaissant selon les périodes. 


En 1795 les Anglais – poussés par l’expansionniste napoléonien à sécuriser le point stratégique du Cap – occupent le Cap par la force et génèrent ainsi plus de cent années de guerre sanglante avec les descendants des colons hollandais, connue sous le nom de “Guerres des Boers”. 
D’un naturel pragmatiques, ils apportent quelque changements notables en terme d’architecture : suppression des toits de chaume beaucoup trop fragiles et inflammables au profit de la taule et des toits plats, installation de devantures et porches édouardiens aux contours ciselés… Les maisons du village changent ainsi lentement d’apparence. 

La balade dans la ville, sous les chênes ombrageux est vraiment splendide et agréable… Prenez le temps de la faire, vous y découvrirez de nombreuses surprises.

Amber et la barrette – Dallas, saison 2

Incroyable.

Inattendu.

Mais c’est finalement arrivé.


Trystan est amoureux.

Lui qui a toujours tenu à affirmer que “les filles, c’est beurk” vient semble-t-il de changer d’avis. 

Comme je vous le disais la fois passée (ici), l’école et les Jujutrépides, c’est vraiment Dallas. 
Son univers impitoyable et ses rocambolesques retournements de situation : si vous vous souvenez, nous en étions restés sur Trystan célibataire et Tancrède récemment enamouré d’Amber. 

Et bien, accrochez vous, chers amis : 
Amber à finalement jeté son dévolu sur l’autre Juju disponible, Trystan. 
Lui d’ordinaire si peu enclin aux intrigues amoureuses, a finalement complètement craqué sur cette grande rousse (5 ou 6 bons cm de plus que lui) aux jolis yeux noisettes. 

Tout a commencé un peu avant les vacances de Noël : 
Un engouement soudain et un empressement inhabituel pour se rendre à l’école…
Un intérêt marqué pour la cour de récrée dès l’arrivée, où il s’élançait soudainement à une vitesse fulgurante, en lieu et place des 7 câlins-du-au-revoir règlementaires…

Durant les congés, je le voyais souvent fourrager dans ses poches. 
Au bout d’un moment j’ai cherché à comprendre ce que mon Gollum des bacs à sable triturait ainsi à longueur de journée. 
Renseignements pris, il s’agissait d’une petite pince à cheveux en forme de papillon en plastique jaune :

– “C’est une barrette pour Amber, mama… J’la garde pour elle et je vais lui donner après quand on reviendra à l’école”, énoncé sur un ton mi langoureux, mi distant, l’esprit ailleurs. 

Naturellement, j’ai souris. 
Sans trop me soucier de la petite fille à qui il avait dû subtiliser cette pince, pour  l’offrir à sa dulcinée. 

Le soir-même, avant d’aller se coucher, lorsque je le câlinais dans mes bras pour lui souhaiter bonne nuit, il m’a même murmuré à l’oreille, sur le ton de la confidence : 

– “Mamaaaaan ? Toi quand tu t’es mariée avec papa, tu lui as fait un bisou ?”

Estomaquée devant cette question sortie de nulle part, j’ai répondu faiblement : 

– “Baaaah oui, chéri, c’est ce qu’il se passe quand on est amoureux.”

Sa réponse m’a alors achevée :

– “Bon alors, moi, quand j’s’rais grand, j’vais m’marier avec Amber.”

Sa précision temporelle m’ayant légèrement rassurée, j’ai alors réussi à me trainer hors de leur chambre, titubant un peu devant ses images involontaires qui se bousculaient dans mon cerveau, un léger sentiment épidermique de colère me remontant le long de l’échine. 

C’est donc avec le plus grand sérieux, quelques jours plus tard, que j’ai considéré l’affaire lorsque nous nous sommes aperçus que la fameuse barrette avait vraisemblablement dû rejoindre le sort de tous les “p’tits trucs qui trainent par terre”, à savoir le ventre poussiéreux de l’aspirateur. 

Relativement retissante à l’idée de devoir farfouiller dans le sac bourré d’immondices pour retrouver le précieux talisman, j’ai tenté le tout pour le tout en lui proposant l’une de mes propres barrettes, dont je n’ai plus l’utilité depuis mon changement de look capillaire :


Apparemment, elle lui a beaucoup plue. 

J’ai même entendu un :
– “Elle est Krès belle chette barrette… Elle est presk’ d’la même couleur que les cheveux de Amber…”

J’avoue avoir été surprise de la facilité avec laquelle nous nous sommes sortis de cette apparente impasse. 

Mon étonnement n’a d’ailleurs cessé de croitre lorsque, quelques jours après la rentrée, la maitresse de Trystan nous a reporté l’avoir trouvé “changé depuis les vacances”, plus “posé, calme, serein et concentré sur son travail.”

Les miracles de l’amûr, sans doute. 

A noter simplement que depuis lors, mon stock de pincettes ne cesse de diminuer. 
Je subodore donc que mon fiston chéri vient chaque jour discrètement piquer des barrettes dans mon placard, afin de les présenter en offrandes à sa nouvelle déesse aux cheveux rouges. 

La suite au prochain numéro. 

Découvrir une randonnée sur Table Mountain

Ou plus exactement 

la fin du circuit du Pipe Track,
qui remonte jusque sur le plateau de la Montagne de la Table. 


Plusieurs chemins mènent au sommet de la célèbre Table Mountain, la Montagne de la Table, autour de laquelle est construite la ville de Cape Town. 

Celui que je vous propose aujourd’hui contourne et couvre ses flans ouest et sud-ouest, à partir de la baie de Camps Bay et jusqu’à Saint Paul – l’un des monts de la petite chaîne des 12 apôtres qui prolonge la Table Mountain – avant de revenir sur le plateau sud de la Table. 

Il a été construit en 1887, un peu avant la création de 2 barrages, pour assurer le passage d’un conduit, chargé de capter et transporter l’exceptionnelle eau de source de la Disa River – douce et célèbre pour son goût naturel légèrement sucré – et qui fut détournée jusqu’au coeur de la ville de Cape Town. 
C’est de là qu’il tire son nom de “Pipe Track”, le “circuit du tuyau”. 

Il faut compter 4:30 de marche à un rythme bien régulier pour la réaliser. 
Les paysages sont grandioses.

Etant donné la longueur du parcours (7 km, avec un dénivelé de 500 m), il est conseillé d’entamer la marche tôt le matin, lorsque le soleil commence à monter dans le ciel. Les contre-jours sont magnifiques, lors de l’ascension.
De même, le coucher de soleil est exceptionnel. 

Rapidement, la vue sur Lions’ Head, sur Camps Bay – depuis les hauteurs – est à couper le souffle :

Les trous d’eau turquoise et cristalline, au beau milieu de l’océan Atlantique qui borde la côte, sont vraiment impressionnants :

La traversée à flanc de colline, le long des anciens tuyaux d’eau maintenant rouillés et décelés, rappelle l’histoire de la création de ce chemin :


Les panoramas de la montagne qui descend à pic et finit par se jeter dans la mer sont sauvages et magnifiques : 

La montée jusqu’au sommet de la montagne est une longue ascension bien sportive, d’un demi kilomètre de dénivelé…

Mais quel cadeau, une fois arrivés en haut !
Une vue à 360 degrés sur l’océan, Camps Bay et Robben Island à l’ouest…

… La pointe de Lion’s Head qui émerge au nord…

… Et, à l’est, la sublime vallée de constantia, Hout Bay et Silvermine -où je vous ai emmenés parmi les fleurs et la terre brûlée, le mois dernier, ici – sous la brume ce matin-là :


Le sommet de la Table est, comme son nom l’indique, assez plat :

Balayé par de puissants vents qui semblent définir le paysage : 

A toutes les saisons de l’année on y trouve des fleurs, spécifiques et endémique de cet endroit – watsonias, agapanthes, immortelles, crassulas… – qui apportent leur touche de couleur. 


Et les roches érodées par les éléments dessinent de curieuses silhouettes, qui semblent parfois se répondre : 

Une petite boucle permet d’admirer les restes du premier téléphérique construit sur la montagne pour la construction des barrages. 
Abandonné une fois les travaux achevés, c’est maintenant l’actuel Cableway, à plusieurs kilomètres au nord de cet emplacement, qui emmène chaque année des centaines de milliers de curieux au sommet. 

Contrairement aux idées reçues, de nombreuses crevasses et vallées parsèment le chemin, brisant la rectitude horizontale du lieu et obligeant les marcheurs à quelques acrobaties et moments d’escalades durant lesquels les montées sont étonnement plus raides qu’elles n’y paraissent. 
Pas si plate, finalement, la Montagne de la Table !

Si, si le chemin est là, au centre, traçant comme un L.

Allez, en route ! 
Et n’oubliez pas votre crème solaire. Ça brûle, là haut. 

Tancrède et ses puzzles

Pourtant, 

Ça fait longtemps qu’ils en ont. 

Des puzzles. 


Probablement deux ans qu’on se les trimballe partout, ces satanés pûûûûûûzles. 

Et jusqu’à présent, ils ont surtout finis mâchouillés sous des p’tites quenottes bien aiguisées, ou abandonnés sous des meubles trop lourds pour être déplacés. 

Curieusement, il y a quelques semaines, lors d’une de ces journées d’atomisation de leur chambre, lorsqu’ils décident d’ouvrir toutes les boites, tous les placards, tous les tiroirs et de renverser leur contenu sur la moquette : Tancrède a redécouvert l’intérêt de ce jeu. 

Pour la PREMIERE FOIS en 4 années, j’ai vu mon fiston rester silencieux dans sa chambre, durant plus de 20 minutes, et sans rien détruire / perforer / couper / gribouiller / déchirer. 

Une grande première. 

Que dis-je.
Une révolution. 

(Quel dommage que son frère ne soit pas pris par le même démon du casse-tête…)

Il a même mis en place de lui-même un petit rituel de retour d’école : après avoir balancé négligemment son sac dans l’entrée, il fonce remplir son petit bol en plastique de noix de macadamia, son pêché mignon, s’installe sur la moquette et commence son laborieux travail de réassemblage. 

Et c’est très prenant ! 
Il arrive que tout le monde s’y mette en silence, y compris leur maman, perdant la notion du temps… Avant de se faire vertement rappeler à l’ordre : 

– “Naaaaan mais maman, c’est MON jeu de petit. Toi, t’es grande, t’as d’autres ‘zeux, comme préparer l’diner.”

Là, tu te pinces et tu te retiens fort pour ne pas lui étaler son assiette de purée-jambon dans la figure, ou de l’envoyer la préparer lui-même, d’ailleurs. 
Autant de machisme subconscient à cet âge, c’est révoltant. 

Et puis c’est vrai, quoi, le puzzle… C’est pour tout le monde.

Ces moments si doux…

Ces moments là, 

ils nous feraient presque
tout oublier. 


Les nuits sans sommeil, la disparition des grasses mat’, les couches dégueu, les caprices insupportables, les cuillers de purée renvoyées dans la tronche, l’épuisement, l’angoisse permanente de les voir se blesser, souffrir ou disparaitre … Tout ça. 

Il suffit d’un de ces moments suspendus dans l’espace et le temps pour nous faire (presque) tout oublier. 

D’ailleurs, avec le recul, je me demande dans quelle mesure tout cela ne fait pas partie d’une stratégie volontaire de la part de nos gnômes, pour nous attendrir régulièrement, et faire passer la pilule du changement drastique que leur arrivée a opéré sur nos vies. 

La panoplie des moyens à leur disposition est multiple, mais je les classerais néanmoins en 4 grandes catégories :

Le CÂLIN
Imparable. 
Irrésistible. 
La conséquence sur le parent est immédiate : c’est une réaction animale.
Son coeur fond et son cerveau gèle subitement, l’empêchant du même coup de réfléchir et de réaliser qu’il vient de se faire avoir comme un bleu.


Le BISOU
Outil particulièrement retors : il produit le même effet que le câlin mais déclenche en même temps chez nous une espèce de plaisir ou de soulagement narcissique, le sentiment d’être aimé de façon inconditionnelle par quelqu’un. 
Ce qui nous pousse parfois à donner notre accord à des actions ou des menus qui n’auraient jamais reçu d’autorisation en temps normal. 

Le DISPLAY D’AFFECTION fraternelle. 
Là, ça va chercher loin. 
Lorsqu’ils montrent de la tendresse, de la connivence et de la complicité avec leur frère, cela génère chez le parent une sérénité et une joie indicible.
Notamment lorsqu’il est plutôt habitué à les voir s’écharper en permanence 

La mise en place de comportements ATTENDRISSANTS
Aussi appelée la Cuteness Attitude.
Implacable. 
Nos petits lilliputiens ont l’art et la manière de nous attendrir par des positions,  des attitudes et des demandes, toujours plus loufoques et qui ont tendance à nous arracher des sourires involontaires : 


Les enfants, ils sont malins. 

Mama, t’as pas 20 rands ?

Vraiment, 

j’ai souris intérieurement. 


L’un des plus importants rituels des Jujutrépides est la viennoiserie du vendredi matin.

Celle que nous leur offrons chaque semaine en passant devant le boulanger qui vient s’installer ce jour là à l’entrée de l’école, refilant ses petits pains délicieusement beurrés aux gamins bien évidemment incapables de résister à la tentation, et qui finissent pas faire céder leurs parents.

Malin ce monsieur. 

L’autre jour, nous étions encore à la maison, juste avant de partir pour nous rendre à l’école.
Trystan me dit alors : 

– “Maman, tu peux m’donner des sous ?”

Sur le moment, je suis restée un peu indécise, le sourire aux lèvres, noyée au milieu de nombreuses émotions contradictoires :

Comment ça, il veut des sous ? 
Mon dieu, mon fils a tellement grandi ! 
Tiens, c’est vrai ça, quand est-ce qu’on donne aux enfants leur premier argent de poche, au fait ? 
Nan mais c’est bien trop tôt. 
En même temps, s’il le demande de lui-même, c’est qu’il est peut-être prêt ? 
De toute manière, qu’est-ce qu’il peut bien vouloir s’acheter à cet âge là ? 
C’est trop mignon !
Et s’il les perd ?
Est-ce que je dois en parler au père ou je peux décider seule de cette nouvelle étape majeure ? 
Non mais pourquoi est-ce que je me prends la tête comme ça ? 

Bref, au bout du compte, devant les grands yeux implorants, plein d’espoir et – une fois n’est pas coutume – silencieux de mon fiston, je me suis décidée et lui ai répondu : 

– “Tu veux des sous pour quoi faire mon amour ?”

– “Pour acheter des pains, à l’école, tout à l’heure.”

– “Donc tu voudrais que le vendredi, ce soit toi qui prennes l’argent pour aller acheter au monsieur ?”

– “Voui mama.”

Sans tarder, je lui ai donc donné le prix de deux croissants : deux billets de 10 rands, soit environ deux fois 60 cents d’euros. 

Arrivés à l’école, j’ai été émue de le voir s’approcher tout doucement de l’étalage, et demander très timidement, presque inaudible, au boulanger s’il voulais bien lui donner “deux pa’miers sivouplait meussssieur ?”
Lui d’ordinaire si totalitaire, quelle surprise de le découvrir timide, fuyant à la seconde où les petits sacs de gâteaux se sont retrouvés dans ses mains :

J’ai aussi été heureuse de constater que, sans avoir abordé le sujet, Trystan avait tout naturellement acheté deux pains et immédiatement tendu à son frère celui qui lui revenait.

C’est donc le coeur serré d’émotion et débordant d’affection que la semaine suivante, lorsque Trystan a réclamé son financement hebdomadaire et que je lui ai tendu un billet de 20 rands, j’ai souris très fort en l’entendant me dire : 

– “Mais NOOOOON mama, j’ai BESOIN de DEUX BILLETS : un pour mon pain et un pour c’ui d’Tancrèd’ !”