Découvrir Lionel Smit, le peintre et sculpteur sud africain

Cela faisait un moment 

que j’admirais ses toiles…


J’ai enfin eu l’occasion de le rencontrer et de visiter son atelier. 

Aujourd’hui je vous parle de Lionel Smit, trente cinq ans, né à Pretoria, probablement l’un des artistes contemporains les plus célèbres d’Afrique du Sud. 

Il est connu pour ses énormes sculptures et larges oeuvres picturales de visages, aux aplats de couleurs chatoyantes, reconnaissables entre mille :

Influencé par son père sculpteur Anton Smit, il a commencé à travailler l’argile vers douze ans mais a toujours été marqué par la présence du studio paternel, et a très jeune participé à l’organisation des expositions de son père, intériorisant tôt les exigences du métier d’artiste. 

Suite au divorce de ses parents durant son adolescence, il récupère le studio désormais vide et commence à développer son propre travail, jusqu’ici cantonné à la surface du sol de sa chambre. 

Peu après avoir intégré l’Ecole Professionnelle d’Art de Pretoria, il se fait renvoyer et décide alors de se lancer à corps perdu dans l’art et de se faire… Un prénom. 

S’il commence par des toiles de taille classique, au fond toujours très sombre…


… Il évolue rapidement vers les portraits XXL qui ont fait sa célébrité :


Des visages la plupart du temps métis, symbole pour lui d‘universalité : un peu de tous, et donc un peu de chacun. 


Il a beaucoup travaillé l’idée de la dualité qui exprime bien selon lui nos contradictions intrinsèques :


Il peint et sculpte surtout des femmes : il s’avoue influencé par l’art paternel, souvent féminin, et impressionné par la force tranquille qui émane d’elles, source d’une inspiration renouvelée pour ses portraits. 


La sérénité : presque tous les visages qu’ils produit portent cette (in)expression de calme paisible et impavide qu’il ne s’explique pas vraiment lui-même. Peut être pour permettre à chacun d’y plaquer son propre ressenti ? 

Et c’est bien une impression de tranquillité, de simplicité et d’accessibilité qui émane de cet artiste, capable de parler de son art avec un recul et une humilité étonnants lorsque l’on considère le succès international de sa carrière, qui ne se dément pas. 
Il est représenté partout dans le monde dans des galeries d’art à Londres, New York ou Hong Kong, et ses sculptures décorent maintenant plusieurs grandes villes de la planète. 

Il parle ouvertement de son inspiration, puisée aussi bien dans l’art traditionnel des Bronzes Béninois, que chez les grands classiques (De Vinci, Le Caravage, Michel-Ange…) ou les modernes (Picasso, Bacon, Freud ou Polock).  

A la différence de beaucoup d’autres artistes contemporains et notamment de son homologue Dylan Lewis par exemple, Lionel Smit ne fait pas du tout dans la conceptualisation de son travail et la recherche de sens derrière chacune de ses oeuvres. Chez lui, c’est l’art dans son expression la plus spontanée et sincère, sans post-rationalisation ni prise de tête intellectuelle : la recherche du beau et de l’émotion priment sur tout le reste. 

Il a l’habitude de travailler sur une dizaine d’oeuvres en même temps, qui lui permettent d’éviter de se lasser mais aussi de prendre le temps de réfléchir, et de garder la distance suffisante pour conserver une oeil frais sur chaque projet. Il apprécie particulièrement d’aller et venir entre peinture et sculpture, “deux langages très complémentaires du même art”. 


Son processus créatif semble continu, chaque nouvelle oeuvre le dirigeant vers une autre qui lui permet de s’essayer régulièrement à de nouvelles techniques : eau-forte, gravure, sérigraphie, lithographie, impression graphique et même esquisses sur Ipad. 



Les visites de son atelier à Somerset West, actuellement en plein déménagement, sont possibles, pour peu que vous vous y preniez plusieurs longs mois à l’avance, en contactant son équipe, ici

Bonne visite ! 


T’as qu’à changer de crèmerie

“J’EN PEUX PLUS D’TOI !! 

J’VEUX CHANGER D’MAMAN !”


Au début, ce genre de saillies verbales m’affectait. 

Non, vraiment. 

Un tressaillement au coeur, comme un coup dans l’estomac, la gorge qui se serre et l’air qui n’arrive plus aux poumons, le vieux complexe de l’abandon qui refait surface et plonge soudainement dans le brouillard ce qui me reste de cerveau depuis leur naissance…

Mais ça, c’était avant

Maintenant, avec le temps et l’entrainement jujutrépidèsque dont je suis l’objet depuis bientôt sept (longues, très longues) années, cela ne me touche (presque) plus. 

J’ai d’ailleurs pris l’habitude d’en rire.

Pourtant l’autre jour, alors que je lui appliquais consciencieusement sa lotion anti-poux et démêlais sa tignasse mouillée fraichement sortie de la douche, Tancrède avait l’air plus sérieux que d’accoutumé : 

– “J’VEUX PU’ D’TOI, MAMAN ! JAMAIS !!!!

J’ai donc adapté ma riposte.
Sourire aux lèvres, continuant tranquillement et inlassablement à brosser l’engeance, j’ai murmuré, comme pour moi-même :

– “Gnagnagna… Allez hop, t’es renvoyée mamaaaan !

– “?!?!?”

– “Bin quoi ? Tu veux bien me virer, mon amour, c’est ça ?”

– “EUH… hein.. QUOI !?!?”

– “Et bien disons-nous les choses franchement mon fils, si tu n’es plus satisfait du service, et que tu souhaites mettre fin à notre collaboration, il faut être clair !”

Les sourcils froncés, me regardant d’un oeil torve, mon trait d’humour a visiblement eu le mérite de calmer les prétentions syndicales de mon rejeton.

– “Mais… Je… J’ai pas compris, maman…”

– “Ah bah oui mon coeur, quand on se lance dans des doléances et autres quérulences intempestives, il faut assumer la probabilité que la situation dégénère au conflit, tu le comprends, j’espère ?”

– “?!?!?!?…”

– “Moui. Et donc, tu disais mon amour ?! Tu veux changer de maman, c’est ça ?”

Silence dans la salle de bain. 

– “Hummmpffff… Nan… Ça va. J’te… garde…

#JePréfèreÇa
#NanMaisDis
#ÇaVaBienMaintenant
#SansDec

Mieux vaut tard que jamais

La patience est décidément la qualité première de tout parent qui se respecte.


Vraiment. 

C’est valable pour tout. 

Y compris la tenue des cahiers de texte de nos lardons. 

Mais si. 

Je vous explique : 

Depuis septembre de l’année dernière, je m’échine à couvrir et recouvrir, encore et encore, les cahiers de mes fistons, en lambeaux depuis bien avant Noël. 
A racheter tous les trois mois des stylos bleus, des gommes rouges, des règles vertes et des ardoises blanches. 
A rembourser l’école du prix des livres de lecture, à qui les divers plongeons en piscine ainsi que les bains de mer n’ont vraisemblablement pas convenus. 

Mais aussi à chercher, chaque jour qu’il nous est donné de vivre, les foutus devoirs-du-lendemain, inscrits sur un morceau de papier découpé par l’enfant et supposément collé à la page du jour concerné, à la fin de sa journée de cours. 

Outre le fait que cette méthode me parait d’une absurdité écologique et organisationnelle majeure – pourquoi ne pas faire écrire aux enfants les devoirs, à la place ? Ce qui aurait le mérite de les entrainer, d’éviter de gâcher une quantité effrayante de papier et accessoirement de faciliter la vie des parents – elle a en plus le merveilleux effet de nous faire perdre un temps précieux chaque soir, à-la-recherche-du-devoir-perdu.

J’ai donc évidemment mis un point d’honneur, durant ces neuf derniers mois, cinq soirs de la semaine – un rapide calcul vous aura vite permis d’arriver au chiffre mirobolant de cent-quatre-vingt fois par enfant – à rappeler à ma progéniture gémellaire de bien vouloir coller ses feuillets, afin d’éviter que ceux-ci ne se perdent.

En vain. 

Arrivés au 15 de ce mois de juin, j’avoue avoir décidé de lâcher prise, et de ne plus relever ni insister sur la question. 

Mais comme souvent, curieusement, c’est lorsque l’on renonce à ce que l’on attendait désespérément, qu’il a tendance à se présenter à nous : 

Trystan se déshabillait l’autre jour pour prendre son bain, empilant ses affaires sales sur son sac d’école lorsqu’il me dit soudain : 

– “Ah tiens maman ! ‘Faut k’j’te raconte quelk’ chose !”

– “Je t’écoute mon coeur…”

Je le vois alors, nu comme un ver, se précipiter sur son cartable pour y extirper son cahier de texte, avant de pointer son petit index dessus et de crier l’air enflammé par la passion : 

– “J’ai compris un TRUC INCROYAB’ aujourd’hui !!!”

– “Ah oui !?”

– “MAMAN ! J’ai ENFIN COMPRIS c’qu’elle nous demandait la maitresse !”

– “???”

– “Les p’tites feuilles de devoirs, à coller dans l’cahier d’texte !”

– “Et bien ?!”

– “EN FAIT, Y’ FAUT LES COLLER CHAQUE JOUR POUR LE LENDEMAIN !”

– “?!?!?…”

#14JoursAvantLaFinDesCours
#IlEtaitTempsNoteBien
#SaintePatience
#ToutArriveAPointAQuiSaitAttendre


Qui secoue bien châtie bien

Nous marchions l’autre jour 

dans la rue, sur le pavement, 

afin de rejoindre la voiture. 


La route qui y menait étant une montée assez raide, les Jujutrépides peinaient semble-t-il, leurs lourds sacs-à-dos sur les épaules, le souffle un peu court et la langue pendante. 

Une grosse 4×4 rouge est subitement apparue en haut de la côte, elle semblait toute petite, à cette distance, encore loin de notre emplacement. 

C’est alors que Trystan, zigzaguant sous le poids de son cartable et de la fatigue, s’est très légèrement déporté en direction de la route, bien que toujours sur le trottoir.  

Son frère, dans un élan dramatico-théatral dont il a le secret, s’est alors littéralement jeté sur lui, le plaquant au sol, lui écrasant presque le nez sur le bitume. 


S’en est naturellement suivi un pugilat sans nom, Trystan lui reprochant d’avoir voulu l’assassiner, Tancrède secouant son frère comme un prunier par les épaules, arguant en réponse qu’il venait de lui sauver la vie : le pick-up rouge l’ayant eu percuté sans ses bons soins protecteurs. 


J’attendais patiemment, debout jambes croisées, adossée au mur de la rue, les yeux levés au ciel, que le spectacle donné par mes Jujutrépides aux habitants du quartier veuille bien prendre fin.


Lorsque ce fut le cas, la marche a repris dans le calme et le silence, comme si de rien n’était. 

C’est là que Tancrède – très fier de lui – s’est placé à ma hauteur pour me dire : 


– “Tu vois maman, c’est COMME ÇA qu’on vient à la secousse de quelqu’un.”


Trystan titubait encore, suite au traitement infligé par son jumeau.


J’avoue, j’ai souri.




Découvrir le Cape Town Science Center

Loin de moi l’idée

de me plaindre de l’hiver capétonien.
Cette région du monde désespérant
depuis de longs mois
de voir enfin revenir les pluies bénéfiques
dont elle a tant besoin. 


Malgré tout, la réalité du quotidien reprend souvent rapidement le dessus, et c’est donc la saison durant laquelle les parents – l’air dépité et dubitatif devant les rafales d’eau qui s’abattent sur les vitres – se demandant comment occuper leur progéniture dont le stock d’énergie non dépensée atteint des niveaux dangereusement inquiétants. 

J’ai donc pensé, chers amis du Cap, qu’il pourrait s’avérer utile de vous signaler l’existence du CT Science Center, sorte de Cité des Sciences – toutes proportions gardées – relativement discrète au coeur de Cape Town. 
Situé au 370 Main Road à Observatory dans une vieil immeuble un peu désuet du quartier, ce sont près de 500 m2 de jeux et d’expériences, à travers 250 activités interactives, qui sont proposés aux enfants de tous âges. 

Chantier de construction aux briques et au ciment en mousse, à assembler pour fabriquer un dôme à taille humaine : 

Jeu d’échec grandeur nature :

Expériences de physique et de robotique, diverses et multiples :

Ateliers, schemas et maquettes autour de la thématique planétaire :



Espace de construction géante de lego :

Une cafétéria aménagée en coin salon permet aux parents d’attendre confortablement voire même – pour ceux qui disposent d’une capacité d’abstraction ultra puissante – de bouquiner, pendant que les enfants s’amusent et découvrent tout leur soul. 

Sachez également que vous pouvez organiser des anniversaires dans le centre, et aussi que des expositions spéciales sont régulièrement mises en place durant les vacances scolaires, histoire de stimuler la marmaille. 

De quoi les occuper facilement deux bonnes heures, pour 55 rands par personne. 

Ne vous inquiétez pas… Ça va passer vite. L’hiver. 


Merci qui ?

Comme quoi, 

la honte internationale, 

parfois,

pas besoin de nos lardons pour la vivre :  

on se l’inflige à nous-même. 


Je prenais un tea chaï latte rapide ce matin là, avec une maman d’école – dont je tairais assurément le nom, mais qui se reconnaitra – dans le café à côté de l’établissement où sont  scolarisés nos Jujutrépides.

Nous venions de passer commande à la serveuse. 

08:00 venaient à peine de s’afficher sur nos téléphones et ni ma copine ni moi n’étions encore bien réveillées. 

Nous nous autorisions donc, selon l’accord tacite qui unit toutes les mamans-d’école du monde entier, quelques secondes de silence avant d’embrayer sur la première conversation de notre journée, en dehors des seules injonctions à s’habiller ou à petit-déjeuner-plus-viiiiite, que nous avons proférées depuis notre levé. 

Nous venions à peine d’entamer notre discussion, lorsque la gentille demoiselle s’est approchée de notre table, un plateau dans les bras, chargé des précieux breuvages fumants, sensés nous réchauffer en cet humide matin d’hiver austral. 

Penchée au dessus de nous, elle a alors déposé mon thé devant moi. 
Je venais de la remercier doucement, lorsque la jeune fille a ensuite placé le cappuccino de ma copine, bien en évidence devant elle. 
Se redressant, elle la regardait l’air souriant, comme si elle attendait quelque chose. 
Mon amie, encore dans les vapes, visiblement inconsciente de la situation, restait silencieuse. 

C’est alors que la situation a dérapé. 

Comme ça, sans que je sache vraiment pourquoi. 

Indépendamment de ma volonté. 

Ma bouche – semble-t-il demeurée ce matin-là en pilotage parental automatique – s’est alors mise à prononcer sur un ton monocorde : 

– “QU’EST-CE-QU’ON-DIT-À-LA-DAME ?!”

C’est l’expression hébétée et ahurie de ma copine qui m’a fait réaliser l’énormité de ma remarque. 

Ou quand nos reflexes maternels deviennent un peu trop pavloviens.  

#MerciQui
#DisBonjourALaDame
#CestPourTonBien
#TuVeuxMonDoigt
#ToussaToussa


Thèse Antithèse Synthèse

Retour d’école,

l’autre jour.


Mes Jujutrépides avaient l’air assez agité sur leurs sièges-auto. 


Non que cet état de fait soit très inhabituel chez eux… 


Mais une impression assez atypique de sérieux semblait émaner de leur excitation, ce qui m’a donc immédiatement mis la puce à l’oreille : 


– “Alors mes trésors, on dirait que vous avez passé une journée… Différente de d’habitude aujourd’hui ?!”


Trystan qui était ce jour là assis à l’avant a immédiatement pris les choses en mains : 


– “Un peu maman. En fait, y’ s’est passé un truc MEGA important aujourd’hui.”

– “Ah bah voilà ! Et quoi donc chéri ?”

– “Avec Tancrède, on a décidé de plus JAMAIS parler à Rocco.”

– “?! Ah. Mais… Vous l’aimiez bien avant, non ?”

– “Oui, mais maint’nant, c’est FINI !”

– “Daccord… Et… Tu veux me dire pourquoi ?”

– “Alors euh… PREMIÈREMENT, maman : y ment tout l’temps.”

Je souris intérieurement devant l’hôpital qui se fout éperdument de la charité.
Ainsi que le réquisitoire qui semble avoir commencé. 

– “Ah. Bon…”

– “EN PLUS, j’vais t’dire : ‘y VOLE. Plein d’trucs aux copains. Et alors, dans ces cas-là, ‘y dit même pas la vérité !”

J’ai eu envie de lui répondre “bah forcément, puisqu’il ment tout l’temps”… Mais je me suis abstenue. 
Devant mon silence amusé, mon fils a enchainé avec véhémence : 

– “Et QUATRIEM’MENT : c’matin, il a tapé Maxine. T’imagines ?!?”

Effectivement, voilà – me suis-je dit – un crime absolument impardonnable.

Mais avant que j’ai pu intervenir, mon fiston concluait d’un geste auguste qui sentait à plein nez l’affaire classée : 

– “Voilà maman… Ça fait CINQ’ raisons ki t’essplik’ pourquoi on peut pu’ rester amis avec lui.”

#ThèseAntiThèseFoutaise
#DialectiqueJujutrépidesque
#MaisApprendsACompterAvantPeutÊtre
#DallasSonUniversImpitoyable







Question d’habitude

Je récupérais 

les Jujutrépides 

à l’école 

en ce milieu d’après-midi. 


J’avais repéré Trystan, adossé, tout seul, à l’un des murs de la cour. 
Son cartable près de lui, au sol, il regardait ses pieds et semblait un peu maussade. 

J’ai crié son nom, pour lui signifier ma présence. 

Je l’ai alors vu relever subitement la tête, le visage plein d’espoir, avant de déceler ce qui semblait être, de loin, de grosses larmes qui roulaient sous ses yeux. 

Il s’est mis à trottiner doucement jusqu’à moi, le sac sur l’épaule, s’arrêtant pour débiter tout-à-trac, les sanglots faisant dérailler sa petite voix : 

– “Maman… Je… Je… J’ai été puni ce matin UNE HEURE dans l’bureau d’la directrice… Je… Je… J’ai pas fait ess’près, j’te jure, j’ai poussé Mark trop fort, j’lui ai fait (un peu) mal, ‘chui tellement désolééééé… Y’a UN MOT dans mon cahier d’liaison, mais… Crie pas, siteuplé, Je… j’te promets que j’le f’rai plus JAMAIS…!”

Après avoir cherché et trouvé les explications à la situation, j’ai donc morigéné fermement mon fiston, avant de finir par lui dire que l’avertissement signé, nous n’en parlerions plus. 


Mais à ma plus grande surprise, mon fils est resté collé à moi durant de très longues minutes – d’intarissables larmes silencieuses coulant sur ses joues – visiblement très impacté par l’expérience qu’il venait de vivre. 

C’est alors que son jumeau est passé à côté de nous, sur le chemin qui le menait au frigo. 
L’air bravache et moqueur, il s’est alors écrié :

– “Hahahah, t’as vu maman !? Trystan y PLEURE COMME UN BÉBÉ pass’qu’il a été puni chez la proviseur, hinhinhin !”

Stupéfaite par son inhabituelle cruauté, j’ai immédiatement réagi : 

– “Mais ENFIN Tancrède !! C’est pas gentil du tout de te moquer de lui ! Qu’est-ce qui te prend !?”

– ” Mais naaaaaan maman. C’est pas ça !”

– “C’est quoi alors ?!”

– “C’est juste que ça s’voit bien k’il a pas l’habitude, LUI !”

J’ai jugé préférable de m’abstenir de tout commentaire. 

#AhBahÇaC’estSûr
#BadAssJuju
#GraineDeRacaille

Découvrir Le Kyoto Garden

Ça faisait un moment

que je le cherchais. 


En gros, bientôt quatre ans. 

C’est dingue, durant tout ce temps, je l’avais sous mon nez, et pourtant, il m’a échappé ! 

Un VRAI restaurant japonais traditionnel ici au Cap. 

ENFIN. 

C’est chose faite depuis la semaine passée.

Au Kyoto Garden, situé au 11 Lower Kloofnek Road, pas de maki avocat-fromage, pas de mayonnaise, pas de gingembre rose ni de wasabi sorti du tube. 
Mais bien au delà de ce qu’il n’est pas, il y a surtout ce qu’il est : un authentique endroit où déguster du poisson cru de très grande qualité. 


Le chef est (vraiment) japonais et sans vouloir faire dans le chauvinisme nippon snobinard : la découpe du poisson s’en ressent. 


La diversité des produits, que l’on de trouve pas ou difficilement ailleurs au Cap, est également impressionnante : thon toro dont le fondant est exceptionnel, crabe d’Alaska à la saveur incomparable, coquilles saint-jacques, oursin et même… Ormeau. 
Le wasabi est fait maison et le gingembre tout frais découpé. 
Les soupes sont légères et savoureuses. 
Et les desserts ne sont pas en reste avec notamment le délicieux tempura de glace au thé vert.

La gamme de vins et de sakés proposés est très impressionnante. 

Niveau décoration, le minimalisme est de mise avec un ensemble tout en bois clair. Le calme, la sérénité et la propreté nette toute japonaise du lieu apportent leur touche finale à l’expérience. 

Attention, on sait pourquoi, mais les prix sont très élevés. 
Pour les grandes occasions ou les vrais aficionados de sushis.  

Carpe Diem

Etre expatrié, 

en fait, 

c’est accepter de vivre des cycles. 

Tout le temps. 


Des cycles de vie, des phrases de bonheur puis des périodes d’incertitude et d’emmerdements interminables, des instants d’espérance, d’autres de désespoir, des moments de solitude et, parfois, certains d’amitié. 

Pour ceux qui aiment un peu l’aventure, le mouvement et l’inattendu, il est vrai que c’est bien agréable, ce changement perpétuel et régulier, avec cette petite touche de “routine” cyclique excitante où rien n’est certain… Et où tout redevient donc miraculeusement possible.

Vous me direz, cela n’est pas spécifique à l’expatriation : quelque soit l’endroit du globe où l’on habite, l’existence se charge avec assiduité de nous apporter son lots d’imprévus. 

Sans doute. 

Sûrement. 

Sauf qu’en décidant de résider loin de chez soi, on multiplie les probabilités et l’on vit dans la certitude permanente d’une forme de finitude récurrente : savoir qu’au bout du contrat il faudra irrémédiablement repartir ailleurs pour rebâtir une nouvelle vie, conditionne la manière dont on se projette, dont on s’organise, dont on fait ses choix, dont on aborde le quotidien et les autres. 

Comme une sorte de rappel à l’ordre, jour après jour, qui nous oblige à nous souvenir qu’il s’agit de ne pas trop s’attacher, que rien ne dure, mais aussi qu’il n’y a pas de temps à perdre. Car chaque seconde compte. 

Souvent, on garde ce petit pas de recul. Cette minuscule distance qui nous protège et nous évite de plonger trop profondément dans les sentiments. 
Parfois on succombe. Et lorsque vient l’heure de s’en aller, c’est un déchirement. 

En expat’, on réalise vite qu’on n’a pas “tout le temps devant soi”. 
Une épée de Damoclès – en or massif ne manqueront pas de relever certains… – bien présente au dessus de nos têtes et qui nous incite à vivre et exister un peu plus intensément que d’accoutumé : visiter le pays d’adoption de fond en comble, se donner au maximum dans un sport ou une passion que l’on ne pourra plus pratiquer ailleurs, profiter des gens, aussi. 

Ceux que l’on croise, comme deux lignes fuyantes que l’on voudrait bien garder à l’intersection, mais qu’il faut savoir laisser filer vers l’inconnu, pour mieux les retrouver ailleurs, autrement. Ou pas. 

C’est amusant les liens d’expat’ ! Souvent, c’est un peu comme les promo d’école : on se lie avec ceux qui sont arrivés la même année que nous. 
On grandit ensemble, on découvre les mêmes choses à un rythme assez identique, avec le temps on essaye de profiter des coins ou des expériences plus originales ensemble, car on sait bien qu’il ne reste plus beaucoup de mois avant le départ. Et puis comme la plupart du temps, nous vivons tous loin de notre parenté, les copains, ça devient un peu notre famille du bout du monde. 

Alors forcément lorsqu’ils partent… Pour ceux qui restent encore un peu, ça laisse filtrer comme un courant d’air froid sur le coeur. 

Voilà. 

On est en juin. 

Comme chaque année, en juin, des copains s’en vont. 

Et comme chaque année, ça fout un peu le bourdon. 

#OuiJeSaisÇaRime
#LePostAnnuelPasFunQuiFaitPasRire
#DésoléePromisJeMeReprendsVite