Les Jujupeintres

Les mamies, 

ça a des millions d’avantages. 


Mais, moi, j’en vois 1 majeur : elles ont la patience de faire des trucs que nous, les mères, n’avons absolument pas le courage de nous coltiner. 

Genre : préparer un après-midi peinture avec les gnomes. 

D’abord parce que ça demande beaucoup d’organisation pour réunir pinceaux, rouleaux, tubes de peinture, toiles ou canevas, pots de colle, jolies-images-de-magasines-à-coller, etc.

Ensuite parce que pour accepter de gérer deux furies, surexcitées à l’idée de jouer les Michelangelos des bacs à sable, il faut avoir bien du mérite. 

Et enfin car quand on voit le bordel qui résulte de ce type d’activités, il faut bien du courage pour décider de commencer. 

Naturellement quand leur grand-mère, de passage à Cape Town en ce moment, leur a proposé de faire de la peinture, Tancrède a immédiatement applaudi des deux mains et de sa langue bien pendue : 

– “De la peinture !? KELLE BOOOONNE IDEE MAMIZZZZZAAAAA !!!”

Ni une ni deux, une fois les engeances entièrement déshabillées (‘faut pas être masochiste non plus) et emmitouflés dans des tabliers de peinture (qu’ils garderont 48 secondes), les hostilités ont pu commencer : vigoureux coup de rouleaux, éclaboussures de couleurs, marinade des p’tits doigts devenus gluants de peinture… les frères Duracell en action. 

Stade 1 : faire le fond.

REFIIIIIIIILLLLLL Mamiiiiie steupléééé !!!

Stade 2 : commencer à dessiner.
C’est en général à cet instant que l’adulte perd le fil.
La composition des tableaux des enfants échappe à toute logique rationnelle. 
C’est, pour le coup, de l’art véritablement abstrait. 
Des fenêtres d’une maison qui n’existe pas, un éléphant blanc sans trompe, des guirlandes de Noël sans sapin… Bref. La liberté à l’état pur !

Entre temps, naturellement, les tabliers de protection ont valsé. 
C’est pas bien grave. Les slips, ça se balance. 

Comme souvent, les Jujutrépides nous ont gardé le meilleur pour la fin, sous la forme d’un dialogue conclusif d’anthologie : 

– “Mamaaaaaan, est-ce que tu le k’rouves beauuuuuuu mon tableauuuu ????”

– “Mais bien sûr mon amour, je le trouve magnifique.”

– “Il est MA-NI-FIK !?!? Oui c’est vrai ça, il est magnifique. 
Alors voilà : Trystan et moi, on est de GRAAAAANDS Z’ARTISTES !”


#Humilité
#Modestie
#Simplicité
#SacrésJujus

Les Jujutrépides découvrent la Rondevlei Nature Reserve

Elle ne figure dans presque aucun guide.

Personne n’en parle.

Pourtant, la réserve ornithologique de Rondevlei

vaut vraiment le déplacement.


Créée en 1952 et située à une dizaine de kilomètres avant Muizenberg, dans le sud-est de la péninsule du Cap, cette réserve est quasi invisible, noyée au milieu des habitations de la grande couronne de Cape Town.

Elle s’étend pourtant sur près de trois cent hectares, vaste et magnifique marécage, exceptionnel écosystème devenu avec le temps un important sanctuaire d’oiseaux de la région.

Du côté ouest, en fond, la chaine de la Montagne de la Table offre une profondeur impressionnante au paysage, faisant oublier la ville qui entoure malgré tout la totalité de la réserve. 

Un parcours d’un peu plus d’un kilomètre (aller et retour compris), est tracé et encourage les visiteurs à suivre un joli chemin qui traverse de part et d’autre un fynbos épais et coloré :

Le restio dont les toits de chaumes traditionnels sont faits ici.

Géraniums sauvages
De nombreuses cabanes d’observation, qui portent chacune le nom de leur sponsor, permettent de s’arrêter en toute discrétion pour admirer les animaux. 


Les enfants sont les premiers à s’engouffrer avec délice dans ces abris dignes de Robinson Crusoe, camouflés au beau milieu des roseaux géants !

Apparemment le monsieur n’a pas vraiment goûté la plaisanterie
de mes fistons, toujours partants pour un peu d’humour …
Plusieurs postes d’observation construits à une bonne dizaine de mètres du sol, offrent des vues splendides sur la réserve. 

Les longues vues installées tout au sommet font porter le regard jusqu’aux limites du parc et permettent d’observer les oiseaux “de près”. 

  


En 1981, des hippopotames – super tondeuses naturelles – furent introduits pour faire la chasse à certaines herbes non endémiques au Cap et qui menaçaient l’équilibre du lieu. 
Pour les voir, privilégiez le matin tôt ou la fin d’après-midi, sachant qu’à midi, ils préfèrent se cacher au fonds des eaux fraiches de la réserve pour éviter de brûler au soleil. 

Ce que nous avons pu admirer d’eux ce jour là se résumait à quelques empreintes de pas, impressionnantes au demeurant :
Et à des restes peu ragoûtants, mais néanmoins importants pour “marquer leur trottoir”, comme nous l’ont rappelé nos Jujutrépides.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, car il faut bien l’avouer, nos fils ont parfois des réflexions absconses : marquer leur “territoire”, bien entendu. 
De nombreuses espèces de petits animaux locaux vivent également dans cet espace : caracals, renards, porc-épiques, tortues, mangoustes mais aussi dik-dik, ces antilopes naines d’Afrique.

Mais ce sont surtout les 230 espèces d’oiseaux qui font ici la joie des passionnés d’ornithologie : ibis sacrés, hérons, flamands roses, poules d’eau, canard, oies égyptiennes, cormorans, pélicans… 
De petits piaillements et sifflements bercent le visiteur en permanence, contribuant à donner une atmosphère sauvage et paisible au lieu. 



Au début du parcours, une petite salle-musée de taxidermie permet de vraiment bien réviser les noms de tous ces volatiles et de comprendre le milieu dans lequel ils évoluent :

Le prix d’entrée est dérisoire.
Pour tous les aficionados des oiseaux, et même pour ceux qui souhaitent s’évader quelques heures, une vraie parenthèse hors du temps, en pleine ville de Cape Town !

Trystan & Amber, Saison 3

J’en étais sûre. 

Que cette affaire n’en resterait pas là. 


Vous savez, le nouvel amour de Trystan, la petite Amber, dont je vous parlais le mois dernier ?

Et bin, y’a de l’eau dans l’gaz. 

Je sais, c’est trop triste. 

Enfin, en même temps, rien n’est joué encore :

L’autre jour, Trystan rentrait de l’école avec son papa. 
J’étais en train de préparer le diner du soir. 

Il est alors venu s’installer tout doucement au bar de notre cuisine américaine, me faisant face pendant que je m’activais au fourneaux.
Vraisemblablement, il avait besoin de parler. 

Son père me faisant de grands signes, discrètement, derrière lui, genre : 
“Fais gaffe, il a le moral en berne là. Vas y molo.”

Subtile, j’ai alors lancé d’une voix douce : 

– “Alors mon trésor d’amour chéri, comment s’est passé ta journée aujourd’hui ? Tu t’es bien amusé avec Amber ?”

– “Noooooonnn…. Humphhh…“, le regard un peu embué et l’air triste.

– “Ah bon ? Mais comment ça se fait ? Elle est toujours absente cette semaine ?”

– “Non non… Elle est rev’nue, elle est pu’ malade.”

– “Bah alors pourquoi vous n’avez pas joué ensemble alors ?”

– “Pass’que… pass’que… J’lui ai dit que c’était fini…”

– “Fini !?!?!? Mais… mais… Tu l’aimes plus finalement Amber ?”

– “Si… j’laime.”



– “Mais… Mais alors ??? Tu vas pas laisser tomber quelqu’un que tu aimes, c’est pas logique ton affaire !”

Je réalise alors qu’il a mon presse-aïl dans les mains et qu’il commence à s’affairer dessus avec une énergie allant crescendo au fur et à mesure de notre discussion : 

Je me retiens alors de lui dire “doucement chéri avec le presse-aïl steuplé”, me disant que le moment est probablement mal choisi pour un rappel aux règles de sécurité.


– “C’est pas ça, maman… Mais Amber elle crie TROP. 
Et moi ça m’fait mal aux oreilles. 
Alors j’lui ai dit que si elle continuait comme ça, à me faire des crises de nerf, je voulais pu’ d’elle.”

Un peu décontenancée par l’explication, je tente : 

– “Je comprends chéri, c’est pas du tout agréable de se faire crier dessus…  Vous vous chamaillez souvent tous les deux ? 

– “Oui…

Merde, c’est pas bon signe quand même, me dis-je en mon fort intérieur.

– “Ah, et tu sais toi pourquoi elle crie ?

– “Bah non J’sais pas… 
Enfin… C’est pass’que c’est une fille j’crois.”

Je manque alors de m’étrangler devant ce cliché sexiste d’un autre âge.

Mais avant même d’avoir pu répliquer vertement à cette affirmation sans fondement, son papa – qui avait suivi la conversation de loin et était revenu de l’autre bout de la maison – s’est penché sur notre garçon en disant : 

– “Non Mais t’inquiète pas chéri, t’as raison, te laisse pas faire, et puis tu es à une période maintenant ou il faut changer souvent de copine. Comme ça après, tu sauras mieux choisir plus tard, pour te marier.”

PLAAAAF.
(Bruit de cuiller qui tombe lourdement dans le chili con carne et qui éclabousse partout autour.)

La misogynie de père en fils. 
Leçon n°1.

Jujusherlock

Vraiment,

à cet âge,

c’est désopilant.


Lorsqu’ils décident de chaparder quelque chose dernière notre dos ou contre notre volonté : concombres – leur pêché-mignon – bonbons, gâteaux, ou n’importe quel bibelot défendu “de Grande Personne”, par exemple…

… Sans s’apercevoir ou réaliser qu’ils abandonnent derrière eux des indices PACHYDERMIQUES de leur culpabilité. 

Le plus amusant n’est pas tant le fait qu’ils ne prennent même pas la peine de remettre en place le décor tel qu’il était avant leur intervention criminelle, pour minimiser les traces de leur passage : refermer le frigo, le placard ou le tiroir desquels ils ont retiré l’objet du délit. 

Non, le plus drôle, c’est qu’ils laissent systématiquement une preuve accablante de leur implication dans le méfait. 
Pire qu’une empreinte de doigt, ou que l’ADN d’un cheveu abandonné sur le sol : le doudou, le dessin du jour, ou la boite de jus de fruit, bien en évidence sur la scène du crime !

Comme la signature de l’artiste, laissée en bas de son tableau, en quelque sorte. 

Remarquez, c’est l’innocence et la complète ingénuité de leur attitude qui rend la chose aussi attendrissante :
Aucune préméditation, aucune malice dans leur forfait. 

Juste, chaque jour, une sorte de chasse au trésor au travers de la maison, de zone d’indice en autre zone d’indice (puisqu’ils doivent lâcher à chaque fois l’objet précédant afin de pouvoir emporter le nouveau), dont il est aisé de retracer le parcours : 

Arrivée de l’école, récupération du doudou. 

Vol en piqué vers le placard de la cuisine ou le frigidaire. Dépôt de doudou pour pouvoir récupérer les box de jus ou les carottes. 

Imprévu : intérêt majeur et soudain pour les machins cachés dans les boîtes en bois de maman qui sont dans le meuble de l’entrée. 
On laisse tomber le jus, on embarque les bidules…

… Qui seront eux-même déposés plus loin dans la baraque, afin de permettre à la petite canaille de jeter son dévolu sur un autre objet, subitement beaucoup plus intéressant. 

Ils ont encore du boulot, nos Jujutrépides, avant de réussir le casse du siècle. 

Mes Jujutrépides… Ces Aliens.

En ce moment, 

je fais face à une rébellion gémellaire 

de taille.


D’abord parce que, comme son nom l’indique, elle est double.

Un peu comme tout depuis leur naissance d’ailleurs…

M’enfin c’est pas l’propos.

Cela fait quelques mois maintenant qu’ils tiennent à affirmer encore leurs personnalités – si c’était possible – à l’aide d’un raisonnement assez implacable : “c’est à moi, donc c’est moi qui décide.” 
Qu’il s’agisse de leur corps, de leur jouets, de leurs habits, de leur chambre…

Naturellement, les contre-arguments de taille ne manquent pas. 
J’ai notamment insisté sur la responsabilité et les conséquences de leurs actions qui, bien qu’apparemment limitées à eux, dépassent néanmoins leur petite personne. 
Genre : quand tu dessines sur tes bras ou sur tes t-shirts, c’est maman qui doit frotter après. 
Cela est généralement entendu, au bout d’un certain temps qui vise à tester les limites supérieures de ma patience. 
Malgré tout, ces efforts s’avèrent parfois inutiles.
Face à leur mauvaise foi intellectuelle patentée, d’abord. 
Mais aussi – il fait l’avouer – parce qu’il est parfois assez compliqué de trouver une parade convaincante à leurs saillies indépendantistes. 

Je partage avec vous les dernières en date :

1- L’argument Jack Bauer : j’assume les conséquences de mes actes, quoi qu’il arrive. 

– “Tancrède, tu veux mon doigt ?”

– “Humm ?”

– “Ton doigt, Tancrède. On ne le met pas dans le nez. 2765ème fois que je te le dis.”

– “C’est MON NEZ, j’peux l’faire, si j’veux !”

– “Non, c’est dégoutant pour les autres qui te voient.”

– “T’as k’à pas m’regarder.”

– “En plus c’est sale. Tu vas tomber malade et après c’est maman qui va devoir te supporter en train de chouiner sur canapé et te soigner.”

– “Et bin si chui malade, ok, t’as k’à pas m’soigner alors ! 
J’DIRAIS RIEN.”

– “????…”



2. L’Argument Claude Halmos : je me protège derrière les arguments massue de psychologues et grands spécialistes de l’enfance. 
– “Trystan, mange tes haricots verts s’teuplé.”

– “Non.”

– “Trystan, tu les manges en soupe. C’est pareil sauf que là ils sont entiers. En plus c’est papa qui les a cuisinés. Fait lui plaisir.”

– “Non. C’est pô bon.” (NO Comment, s’il vous plait.)

– ” Trystan c’est super bon pour la santé, les haricots.”

– “Non mama. UN PEU de haricots verts ch’est bon. Mais trop, c’est KRÈS mauvais pour ma santé. J’en ai déjà mangé 6, alors maintenant j’arrête.”

– “Trystan, FINIS TON ASSIETTE.”

– “Non, j’ai pu’ faim. C’est moi qui sait quand c’est fini PASSQUE j’ai PU FAIM. C’est MOI QUI SENS.”

– “…”

3. L’argument Elen Ripley : je préfère les câlins des cafards plutôt que ceux de mes parents.

– “TRYSTAN, TANCREEEEEEDE, venez ici tout de suite ! Vous avez vu le BAZARD MONSTRUEUX que vous avez fait dans votre chambre ?!?!”

– “C’est ma chamb’, j’fais K’EST-CE Ke J’veux !!!”

– “Oui alors déjà mon fils, tu apprends à parler français correctement, parce que là, personne ne peux écouter une phrase pareille sans saigner des oreilles, vu ?”

Argument de forme, s’il en est, mais qui permet d’assoir un peu l’autorité. 

– “J’fais c’que j’veux ! C’est MA chambre à MOI !”

– “Bon, c’est déjà mieux
Mais non. Tu la partages avec ton frère, ta chambre. Et il n’a pas forcément envie de vivre dans un tel capharnaüm, lui !”

– “SIIII ! Il est d’accord, il aime beaucoup les CAFARDS lui aussi, hein Tancrède ?”

– “Oui oui… z’aime ça moi les cafards..“, d’un petit filet de voix représentatif d’une désapprobation de fond mais d’un soutien de forme invétéré au maléfique frangin.

– “Trystan, c’est peut-être ta chambre, mais moi j’y viens aussi. Donc tu dois la ranger.”

– “MAMAN : ta chambre c’est à toi, l’reste de la maison c’est pour tout l’monde alors d’accord on met pas l’bazard là bas. 
Mais not’ CHAMBRE – vous aurez noté l’utilisation du pluriel… Mon fils, ce futur syndicaliste – c’est à NOUS. 
Donc c’est NOUS K’ON décide !”

– “On dit : “c’est nous qui décidons”, Trystan…
Donc si je comprends bien, on cesse de nettoyer votre chambre, puisqu’on ne peut plus y rentrer. Et puis on arrête aussi les bisous et les câlins du soir, du coup, n’est-ce pas ? C’est bien ça ?”

Devant l’hésitation qui s’était clairement emparée de lui, j’ai un instant cru avoir réussi à le faire basculer du côté clair de la raison…
Mais en fait, non :

– “… Non, voilà, tu nous f’ras les câlins d’vant la porte, alors.”

Et dire qu’il parait que ça s’arrange avec l’âge…

Et pourquoi les glaçons ‘y fondent ?

Ces derniers temps, nos Jujutrépides 

mettent la barre très haut. 


Cela fait quelques mois qu’ils posent des questions de fond. 

Tout a commencé vers leurs 3 ans lorsque, comme tous les enfants, ils ont décidé de nous assommer de leurs fameux “et pourquoi… ?” : 
“Pourquoi la mer est bleue ?”, “pourquoi la fleur est rose ?”, “pourquoi on mange ?”, etc. 

Pour peu que l’on fasse preuve de patience, il était alors relativement aisé de répondre à leurs questionnements : du fait de leur âge, les explications pouvaient se borner à des mots très simples et même parfois – il faut bien le dire – à des raccourcis à la limite de l’ineptie. 

Maintenant, il n’est évidemment plus question de leur répondre n’importe quoi : ils interrogent, ils vérifient, ils comparent avec les retours de la maitresse, ceux de papa et ceux de maman, ils croisent les données, qu’ils mettent en doute lorsque la réponse ne leur convient pas où leur semble – à juste titre – un peu légère. 

Bref. 

Ça devient sérieux. 

Et, en ce qui me concerne, c’est hyper angoissant :

Comme à leur habitude, ces ignobles petits grimlins ont immédiatement déterminé mes faiblesses et semblent prendre un malin plaisir à me réserver toutes les questions d’ordre scientifique.
Celles pour lesquelles je suis bien évidemment d’une incompétence notoirement crasse.
(Si seulement j’avais pu écouter en cours de bio et de physique-chimie…)
Nous étions donc en voiture il y a quelques semaines lorsque soudainement, venue de nulle part, a surgi dans la bouche de mon insupportable fiston la question fatale : 

– “Maaaaaaan ?”

– “Oui Tancrède ?”

– “Pourquoi nous et tous les trucs comme les arbres ou les voitures, on a une ombre ?”

– “?!?!?…!?!?”

– “Heiiiiin, maman ? Pourquoi ?”

Là, tu prends sur toi vraiment très fort, parce que tu te dis que ce serait quand même dommage que le mythe parental – ce malentendu merveilleux selon lequel les enfants pensent que leurs parents sont omniscients – s’effondre si tôt. 

Pour une fois que tu as quelqu’un – et même deux personnes d’un coup – qui te trouvent absolument brillante… Tu aimerais bien que cela dure un tout petit peu plus que quatre ans. 

Tu respires donc un bond coup et tu creuses trèèèèès profond dans ta mémoire – d’ailleurs c’est là que tu t’aperçois que tu as pris un bon coup de vieux dans la tronche – genre tu remontes 20 ans en arrière et tu articules péniblement : 

– “Oui alors euh, c’est simple bébé. 
Alors voilà. 
Euh. 
L’ombre. 
Bon. 
En fait, c’est facile. 
Hem. 
C’est ça : tu vois, le soleil. 
Bon, bin c’est lui qui éclaire la terre et qui nous donne la lumière pas vrai ? 
T’as surement remarqué qu’il bouge durant la journée, oui ? 
Tu te rappelles de quand on regarde les couchers de soleil ensemble hum ? 
Bon, et bin tu vois, selon comment il éclaire l’objet, depuis la droite ou depuis la gauche, et bin à chaque fois, il ne met la lumière que d’un seul côté. 
Du coup, de l’autre côté, c’est pas allumé. Ça reste caché. C’est pour ça qu’il y a une ombre, une tache sombre, comme quand c’est la nuit et que le soleil il fait dodo. 
Et tu vois, quand c’est midi, l’heure de déjeuner, comme maintenant, à ce moment là, le soleil il est tout en haut, au dessus de notre tête, donc il n’y a aucun côté caché, alors y’a pas d’ombre. On peut pas se cacher du soleil. Voilà ! T’as compris !? Bon, tu veux une compote ?”

Tu as beau essayer de faire dévier la discussion, c’est évidemment ce jour là que ton rejeton fait montre d’une rationalité et d’une suite dans les idées inédites :

– “Hummmm… Moui… C’est pour ça qu’tu veux tout l’temps qu’on mette de la crème solaire pour pas qu’on devienne tous rouzes comme les indiens ?”

Là, t’es super contente que le sujet dérive, même infiniment, donc tu l’encourages : 

– “Voilà mon amour, T’AS TOUT COMPRIS, t’es un p’tit garçon super malin. “

A cet instant, tu penses naïvement que ton calvaire est enfin terminé. 

Mais non :

– “Et alors mama, pourquoi les glaçons, ils fondent au soleil ?”

Là, tu manques de t’étrangler sur ton volant.
Pourquoi ? Mais POURQUOI des questions pareilles lui traversent-elles l’esprit MAINTENANT, ici, avec moi…

Dans un dernier effort sur-humain et désespéré, tu actives ton cerveau pour y extraire les restes hypothétiques de tes cours de sciences :

– “Mais ?!?! Tancrède, qu’est-ce qui t’arrive aujourd’hui mon fils ?! t’en as des questions… Il va falloir demander à ta maitresse… Mais… Alors, comment te dire… “

– “Ouiiiii, mama ?”

L’attente est si forte. 
La pression est terrible. 

– “Alors, alors… Voilà. L’eau, chéri, celle que tu bois ou que tu trouves dans la piscine par exemple, et bin, elle a un super pouvoir : elle peut se transformer. 
Elle peut être liquide, se changer en glace très dure ou alors même en gaz, comme la vapeur du fer à repasser, par exemple, tu sais ? 
Bon bin, quand le soleil il chauffe le glaçon, où qu’il fait très chaud dehors, le glaçon – qui est très froid – il se réchauffe.
Et c’est pour ça qu’il finit par fondre parce qu’il est plus assez froid pour rester en glace, parce que la glace… Euh, la glace ça ne tient que quand il fait froid, tu comprends. 
En fait, en gros, plus il fait froid, plus l’eau elle devient glace, et plus il fait chaud, plus… plus… Heu… Plus l’eau devient vapeur. Et entre les deux, elle est liquide…
VOILÀ ! On arrête avec les questions scientifiques pour aujourd’hui d’accord mon coeur ?”

Sous-entendu, sinon, c’est le cerveau de maman qui va se liquéfier… 

Nous étions alors en plein soleil, arrêtés au feu de signalisation, le plus long de Cape Town, à qui il arrive de s’éterniser au rouge durant dix minutes.

Soudainement, Trystan prend alors la parole en hurlant :

– “Mamaaaaaan !!!! AU SECOURS !!! C’est affreux !!!!”

Inquiète, je me retourne : 

– “Mais ?! Qu’est ce qui t’arrive chéri !?”

– “Y’a des rayons de soleil sur mooiiiiiiiii !”

– “Euh… Et alors ?”

– “BAH ALORS J’VAIS FOOOOOOONDRE !!!!”
Il apparait clairement que je n’ai pas dû être assez pédagogue. 
Il va falloir passer du temps sur wikipedia…




Découvrir Del Mar

Evidemment, arrivant tout droit de Mexico, 

ça nous a rendus un tout petit peu exigeants.
(Et pénibles.)


Trouver un bon restaurant mexicain – ET NON PAS TEX-MEX, attention on voit rouge – à vous recommander ici à Cape Town a donc été long et fastidieux. 

Mais c’est maintenant chose faite avec Del Mar, au premier étage des bâtiments de la fin de la Promenade de Camps Bay !

A première vue, rien dans le décor ne laisse présager un restaurant du pays de Zapata : pas de lumière jaune ni de couleurs chatoyantes qui rappelleraient les chants joyeux des mariachis. Pas de têtes de mort chamarrées ni de vierge Guadalupe encadrée aux murs, mais au contraire une ambiance presque japonisante beige et noire, élégante et épurée, donnant directement sur la plage de Camps Bay : 


Pour savoir si un restaurant mexicain est bon ou pas, c’est simple, il vous suffit de commander une Margarita. Vous serez fixé dès que vous y aurez trempé les lèvres.

Les leurs sont délicieuses, bien équilibrées et confectionnées avec des tequilas de qualité. 

Il est évident que réussir à cuisiner Mexicain en dehors du pays est une gageur. Les ingrédients sont si typiques et spécifiques, tellement délicieux dans leur contexte originel, qu’il est très compliqué de les trouver à l’étranger, et par là même, de cuisiner correctement cette gastronomie qui fût la première du monde à être inscrite au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité à l’UNESCO en 2010

Il n’y a donc, je crois, pas beaucoup de sens à rechercher désespérément les saveurs authentiques de cette cuisine en dehors du Mexique. 

En revanche, il est possible de retrouver, parfois, la qualité et l’esprit mexicain de cette gastronomie aussi diverse que relevée !
C’est le cas à Del Mar où les plats sont délicieux et préparés au plus près possible des originaux. 

Le traditionnel guacamole. 
Pas avec du cumin ni des poudres bizarres vendues dans des sachets jaunes. 
Avec des tomates vertes (ou rouge à défaut), de l’ail, des oignons, du sel, de la coriandre, du piment et du citron vert. 
C’est tout. 

Les frijoles rojos : ces petits haricots rouges très crémeux, enrobés de sauce tomate et d’épices. 

Le queso fundido : le fromage fondu qui se déguste sur des tortillas chaude, éventuellement accompagné de petits champignons et d’oignons revenus. 

Les tacos suadero : boeuf grillé et petits légumes servis sur des tortillas vraisemblablement faites maison !

Les tostadas de poissons, thon ou saumon :

Et pour finir en beauté : les churros tous chauds tout juste trempés dans le sucre et proposés avec le dulce de leche si apprécié des Mexicains.


Un dépaysement bien réussi pour les nostalgiques du pays, ou pour ceux qui souhaitent découvrir autre chose que les nachos au cheddar et le chili con carne fadasse. (Ok, j’arrête.)

Bon appétit !



Dur dur d’être un bébé

Grandir, 

c’est pas facile tous les jours.


J’ai le sentiment que plus l’on prend de l’âge, embourbés que nous sommes souvent dans notre quotidien et nos tracasseries, plus nos souvenirs sont enrobés d’un sucre nostalgique qui nous poussent parfois à regretter certaines périodes de notre vie… Et à enjoliver le passé. 

Comme l’enfance par exemple, lorsque tout était si “facile” et se “résumait” au jeu et au plaisir de vivre.  

L’autre jour, en emmenant mes monstres à l’école, j’ai réalisé, ou plutôt je me suis brusquement souvenue, que finalement, ça n’était pas toujours si facile. 

– “Trystan, je te vois.”

– “Quoi, mamaaaan ? “, la voix trainante. 

– “Trystan, j’ai vu dans le rétroviseur que tu as enlevé les bretelles de ton siège auto. Remets-les s’il te plait.”

– “Nnnn… Beuh. Non…”

– “Trystan, c’est pénible, mais il s’agit de ta sécurité, tu le sais maintenant.”

– “Humpfff….”

– “Trystan, dernière fois, je ne le répèterai pas.”

– ” NON !”

– “Trystan si tu n’as pas remis ces bretelles dans 2 secondes, je m’arrête, je descends, je les remets moi même, super serrées, et je mets une grosse baffe sur ton p’tit nez. T’as compris ?”

– “Mêm’ pas PEUR !”

– “Franchement, Trystan tu te comportes comme un bébé. Un tout petit bébé.”

– “C’EST PAS VRAI ! CH’UI PAS UN BEBE, CHUI UN GRAND GARÇON MAIN’N’ANT ! C’est pour ça que j’ai plus besoin de ceinture. A 4 ans, on est GRAND !”

– “Bah non Trystan. 4 ans c’est plus que 2 ou 3 mais c’est pas encore grand. Et puis même les grands ils mettent la ceinture, regarde moi. Parce qu’ils comprennent que la ceinture c’est pour nous garder dans le siège si on a un accident avec la voiture, pas pour nous embêter. Que ça nous protège. Donc ils ne discutent pas et ils la laissent. Regarde ton frère, par exemple.”

Je vois Tancrède qui nous jette alors un oeil furtif avant de retourner en silence à l’observation assidue de la pompe à essence devant laquelle je viens de me garer.

Trystan semble affecté par l’argument mais, comme à son habitude, trop fier pour passer l’éponge simplement. 

– “chéri, j’en ai marre de devoir me fâcher tout le temps. Te te rends compte, ça arrive souvent. Je me bats avec toi, on crie, tu finis par pleurer et tu as de toute façon à nouveau la ceinture attachée. Alors ça sert à quoi tout ce cirque, hum ? Si tu veux que je te dise que t’es grand, comporte toi comme un grand. Oui ?”

Je le vois qui remet alors ses bretelles. 
On redémarre. 

– “Et pi’ d’abord, chui pas P’TIT.”

– “Bah si mon coeur, tu grandis vite mais t’es pas encore grand. 

– “Moi j’veux être vite GRAND.”

– “Tu ne sais pas ce que tu dis, mon fils. Prends ton temps, profite parce que c’est dur parfois d’être grand.”

– “POURQUOI ?!”

– “Baahhh… C’est sûr, c’est très chouette pour plein de raisons : on n’est plus obligé de manger de la soupe, on dort à l’heure qu’on veut, on a sa voiture, on peut avoir sa maison à soi, tout ça…
Mais en échange, on n’a plus beaucoup de temps pour jouer et apprendre des nouvelles choses tout le temps. 
Et puis il faut faire des trucs pas super amusants pour que la maison soit toujours propre, qu’on ait tout le temps des habits dans le placards et qu’on ait des trucs à manger dans le frigo… 
Il faut aussi se lever tous les matins pour aller travailler, même quand on est très fatigué, pour gagner des sous et payer les factures, tout ça…”

– “ET BIN Moi aussi j’veux payer des FRACTURES !

– “…T’es surtout bien fracturé de la tête, moi je dis, mon amour !”

– “Arrête MAMA !”

– “Bon Trystan, on arrive à ton cours de piscine là. On en reparle après si tu veux, d’accord.

Et là, Tancrède, soudainement sorti de son brouillard, ouvre alors la bouche pour la première fois, et intervient comme à son habitude lorsqu’il souhaite clore un débat qui le fatigue intellectuellement et nerveusement : 

– “Non mais c’est facile, Trystan : nous, on est des z’enfants. Elle c’est une ADU’TE, tu comprends ? Woualà. Comme ça, tout le monde est grand, y’a pas d’petits, et toi tu te tais un peu.”

Amen.

Maman, cette grosse otarie

En ce moment, plus encore que d’habitude, 

la vie est vraiment belle à Cape Town.


Et comme on a beaucoup de chance, on peut se baigner souvent à la piscine.

Les Jujutrépides y passent d’ailleurs toutes leurs fins d’après midi et leurs week-ends.


Leur dernier jeu en date : “faire comme si”.

Comme si on était un “dauphin-et-on-saute-dans-l’eau”.
Comme si on était une “tortue-qui-sort-ses-jambes-de-l’eau” (je sais, moi non plus, j’ai pas bien compris).
Comme si on était un “lézard-qui-bouge-pas” au bord de la piscine.

Enfin… Vous m’avez suivie. 

Tout cela avait tendance à m’amuser, de loin, jusqu’à ce qu’ils décident de jouer à “comme-si-on-était-des-otaries” :

Nous étions tous les trois au bord de l’eau un après midi, de retour de l’école. 
Moi, allongée sur la margelle de la piscine, essayant désespérément et vainement de me détendre quelques secondes malgré les hurlements stridents de ma progéniture qui tournait autour du point d’eau, se poursuivant comme si leur vie en dépendait, couinant et piaillant tout leur saoul.

Tout à coup, dans l’un de ces élans subits si particuliers aux enfants, Tancrède s’est figé à mes côtés en me disant : 

– “Alleeeeeeeeeer mamaaaaaaa ! TU zouuuues avec nous à comme siiii ?!?”

– “Bin oui, mon amour si tu veux.”

– “Ouaiiiiiiis, Trystan, maman elle veut bien zouer à comme siiiiiii ! Vieeeeeens vite!!”

– “OKay chéri, alors tu veux qu’on soit quoi maintenant ?

Je vois alors Trystan se ruer depuis l’autre bout de la piscine pour rejoindre son frère et dire : 

– “On va zouer à l’otarie.”

Et là, mon second fils hurle alors : 

– “OUaiiiiiiiiiiiiiis !!! MAMA TOI TU VAS ETR’ LA GROOOOOOSSE OTARIE QUI BRONZE AU SOLEIL d’accord !!!! T’es vraaiiiiiment très GROOOOSSE alors tu peux plus bouger, okay !?” 

Sans me rendre compte de ma réaction un peu puérile, il faut l’avouer, je n’ai pu retenir un cri du coeur :
– “… ?!?!?!? Mais mais ! Mais… Mais ! TANCREDE ! Pourquoi je serais grosse d’abord, hein ?! J’pourrais être une petite otarie toute mignonne plutôt !”

– “Non non mama, t’es une ENOOOOORME OTARIE ! Très grande, très grooooosse ! On est au port pour ach’ter l’poichon et toi t’es là et t’attends.”

Devant ma mine quelque peu déconfite, mon fiston – sensible et fin détecteur des sentiments humains – me regarde alors, l’oeil torve et le sourire au lèvres. 
Je l’ai senti réfléchir quelques instants avant de me dire :

– ” Bon bon alors d’accord, t’es pas une grosse otarie.”

Revigorée, j’avance mes mains avides de tendresse, espérant le voir s’approcher de moi. 
A la place, je le vois poser ses doigts sur son menton donnant l’impression d’être plongé dans ses pensées, avant de lâcher : 

– “T’es pas une ‘roosss otarie. T’es UNE GROSSE BALEINE ! Okay ?”
Echouée, donc, vraisemblablement. 

Les enfants, ces petits êtres implacables. 

Le blues des Jujutrépides

Parfois, mes fistons, 

ils me font presque peur. 


Certains jours, ils ont comme le vague à l’âme. 

Un petit coup de blues, de mélancolie, qui les traverse subitement comme une éclair, avant disparaitre . 

Ça dure quelques minutes, vite fait. 
Et puis ça passe. 
Entre temps, j’ai le coeur qui fait des loopings : 

L’autre jour, nous traversions la route pour rejoindre la voiture, non loin de l’école.
Tout en courant sur le bitume, j’entends Trystan qui me dit : 

– “Oui cours, maman, comme moi, pass’que sinon les voitures elles risquent de nous scrabouiller, et alors je serais tout mort, et alors tu seras très triste”.

Epouvantée par la remarque que je ne pouvais m’empêcher de visualiser mentalement, j’ai néanmoins minimisé l’incident :

– “Bah évidemment Titi. Aller, cours, t’as bien raison.”

Quelques temps plus tard, j’étais assise en tailleur sur le canapé devant la télévision, concentrée sur mon ordinateur en train d’écrire. 
Les Jujutrépides crayonnant juste à côté sur des feuilles de papier, vaguement concentrés sur l’écran qui passait Pocahontas. 
Soudain, mon fils me dit : 

– “Tu sais, maman, un zour, tu vas MOURIR.”

J’avoue avoir manqué de peu de fracasser mon laptop sur le sol. 

– “Euh… Oui Trystan, comme tout le monde, comme tous les humains, les animaux, les plantes, et tout ce qui vit sur la terre… Mais pourquoi tu penses à ça chéri ?! C’est la seconde fois que tu m’en parles. Et d’abord, qui c’est qui t’a parlé de ce sujet !?”

– Per’fonne, mais là r’garde : le chéri de Pocahontasss’, il est mouru.”

– “Il est mort, Trystan. Pas mouru.”

– “Oui, mouru, tu vois. Alors TOI aussi, tu VAS MOURIR.”

Décidément, les Disney, sous couvert de belles couleurs chatoyantes et de jolies chansons niaises, c’est effrayant. 
Et les enfants ne s’y laissent pas prendre. 

Faisant fi du fait que mon fils me voyait déjà six pieds sous terre, et ayant trouvé le sujet beaucoup trop dramatique pour en discuter avec un petit bout d’à peine 4 ans, j’ai donc calmement esquivé, étonnée néanmoins devant autant de sérieux : 

– “Oui, bon, ce sera dans longtemps Trystan – a priori, ai-je gardé pour moi – alors colorie plutôt ton dragon là. Fais gaffe’, tu dépasses.”

De quoi vous flinguer le moral pour la journée. 


Quelques semaines avant, c’est Tancrède qui m’avait apporté, très fier, sa dernière création artistique : 


– “Euuuuh ???? C’est quoi ça Tancrède !?”, me suis-je écriée en pensant intérieurement à un horrible et très glauque portrait de Frankenstein.

– “Bah c’est le capitain’ Crochet ‘m’an !

Décidément, pas la peine d’appréhender qu’ils tombent sur des images difficiles à la télé ou dans les magazines… Leur imagination est bien assez fertile. 

C’est quand même dingue comme le cerveau des gamins peut travailler à cet âge…