Deux poids deux mesures

C’est 

ABSOLUMENT

universel.

(J’ai vérifié.)


Pour nous, c’est :

– “Chérieeeee ? Où t’as mis les bouées des gooooosses ?”
– “Bin, dans le placard à bouées.”


– “Chérieeeee ? Comment je fais pour le goûter des garçons quand tu seras absente demaaaaain ?”
– “Bin, tu leur mets des petits gâteaux et des noix du tiroir où y’a marqué “goûter des enfants”.”


– “Chérieeeee ? Comment je dois les habilleeeeer ?”
– “Bin, tu leur mets un slip, un short et un t-shirt. T’oublie pas les chaussettes et les chaussures, c’est mieux.”


– “Chérieeeee ? Où sont leur bavoiiiiirs ?”
– “Dans le tiroir des bavoirs.”


– “Chérieeeee ? Qu’est-ce que je dois prendre pour leur cours de natation quand tu seras absente demaaaaain ?
– “Bin leurs maillots de bain, pour pas qu’ils soient tous nus dans la piscine, leur bonnets et leurs lunettes. Et les serviettes pour pas qu’ils soient tous mouillés dans la voiture.”
– Chérieeeee ? Viiiiite ! JE les ai LAVÉS, et j’ai besoin de toi pour les sécher !!”
– “Ah bon, et moi je fais comment, le reste du temps ? Je t’appelle et tu reviens du taf ?”


– Chérieeeee ? Qu’est ce que je dois leur donner à mangeeeeer quand tu seras absente demaaaaain ?
– “Bin : protéine + féculant + légumes + laitage + fruit. Ça va aller ou je reprends ?”
– Chérieeeee ? Vieeeeens viiiiite, ils se brossent les dents !”
– “Mooooouiiiii ? Et … ?”


Chérieeeee ? Ou sont leurs cartaaaaables ?
– “A tes pieds.”


– “Chérieeeee ? Ils ont froid !!!!!”
– “Bin mets-leur un pull. Synonymes : petite laine (nom f.). Chandail (nom m.). Veste (nom f.). Gilet (nom m.), Sweat-shirt (nom m, anglicisme.). 

Dans la voiture, 82 km après le départ.
– Chérieeeee ? Merde ! T’as pris une bouteille d’eau ?!”
– “Bin oui.”
– “Et des gâteaux ?”
– “Oui.”
– “Et nos vestes ?”
– “Oui.”
– “Et les serviettes ?”
– “Oui.”
– “Et les seaux et les pelles ?”
– Oui, CHÉRI.”
– “… Et la tente de plage ?”
– “Bah oui.”
(Soupir.)

Vendredi soir, 22h17.
– Chérieeeee ? Qu’est ce qu’on faaaaait ce week-end ?
– “Bin j’sais pas, t’as réfléchi ?”
– “Non.”
– “Bon bin on a qu’à partir demain à 8:00 pour le safari… Que j’ai réservé en octobre de l’année passée, alors.


– Chérieeeee ? Elle est où ma chemise blanche Zara, celle avec les trous pour les boutons de manchettes, et l’intérieur du col surpiqué de points rouges, lààààà, tu vois de quoi j’paaaarle ?”
– “Oui. Elle est dans ton placard, vers la droite.”
– “NOOOOON !!!!! J’ai cherché PARTOUT et ELLE Y’EST PAS !!!!!”
– “T’as raison, mon amour, elle est là. A gauche.”


– “Chérieeeee ? Tu peux m’aider et me rapprocher la poubelle, viiiiite, steuplééééé !”
(Parce qu’il épluche une carotte. Et qu’il a les mains “pleines”.)


– “Chérieeeee ? Tu peux m’apporter une assiette, une bière et une fourchette, viiiiite, steuplééééé !”
(Parce qu’il “cuisine” à la sueur de son front… en surveillant le barbecue.)


– Chérieeeee ? J’ai plus de liquide nettoyant pour mes lentilles !”
– “Mooooouiiiii ? Et … ?”
– “Tu peux m’en acheter AUJOURD’HUI !?!?”
– “Chérieeeee ? Il est où mon portable !?”
” Bin… Là où tu l’as laissé. Sur la deuxième étagère en partant du haut à droite de la bibliothèque du salon de télévision.”


– “Chérieeeee ? Tu veux pas aller me chercher une bouteille d’eau, j’ai la flemme de sortir du lit.”
– “Non.”
– “Ohhh allez !”
– “Non.”
– “T’es VRAIMENT pas gentille.


Mais, pour eux, c’est ça :


Dissertation philosophique du jour : 

Tout cela est-il la résultante de données génético-biologiques immuables ? 
Une incapacité psychologique féminine à déléguer ? 
La conséquence de l’intériorisation d’une domination masculine culturelle qu’il est temps de faire voler en éclat ? 

Vous avez 4 heures. 


Les Jujutrépides découvrent le cinéma

Bon, c’est sûr,

heureusement qu’on était SEULS

dans la salle.

La semaine dernière, les Jujus ont expérimenté pour la première fois le CINEMA.

Cela faisait un moment qu’on en parlait, mais j’avoue, j’étais un peu inquiète, les imaginant hurlant et s’agrippant aux sièges avec angoisse, fascinés par l’histoire et hystériques à l’idée de ce qu’allaient devenir le “gros lapin” ou la “princesse”.

Mais finalement, j’ai considéré – semble-t-il avec raison – qu’un jeudi matin à 9:30, hors vacances scolaires sud af’, représentait probablement un risque relativement maitrisé. 

Naturellement, la première chose qu’ils ont repérée, en mettant le pied dans le cinéma, a été la confiserie. 

Puis ils se sont extasiés devant leurs tickets – qu’ils tenaient serrés dans leurs petites mains, très fiers – me regardant les yeux brillants d’excitation, comme s’ils avaient soudainement passé une étape essentielle de leur vie, un vrai baptême du feu :

Leurs regards se sont ensuite posés sur les panneaux des films à l’affiche ou en avant première en ce moment au cinéma. 

C’est là que tu réalises qu’ils va VRAIMENT falloir faire gaffe à ce que tu leur montres, mine de rien, quand ils passent devant les films que tu regardes, toi adulte : 

– “Mamaaaaa ! C’est BATMAAAAN !” 

– “Mamaaaaa ! C’est KAPTÈN AMÉRIKA !”

Bon, heureusement, certains sont là pour nous rassurer : 

– “Mamaaaaa ! C’est KUNGFU PANDA ! On peut l’voiiiiiiir !”

– “Bin les garçons, vous n’avez même pas encore vu votre premier film, vous voulez déjà revenir ? En plus, il ne sortira que fin mars.”

– “Oui, oui, on revient, on revient, on revient !”


Je soupçonne les doubles packs supersize de smarties d’y être pour quelque chose, mais bon… Je feins de croire que c’est l’intérêt purement cinématographique qui prime dans cette affaire. 

Arrivés devant la salle de projection, une fois n’est pas coutume, je les ai observés avancer avec circonspection, dans le silence le plus absolu, avant de les entendre murmurer, pas super rassurés : 

“Mamaaaaan ??? C’est là qu’on doit… entreeeeer ?

Arrivée dans la salle : VIDE. 
Rien que pour nous.


– “Mamaaaa ? Pourquoi y’a personne ????…”

J’ai hésité à leur répondre : parce que c’est VRAIMENT mieux comme ça, je t’assure, poussin.
Mais je me suis abstenue.

En Afrique du Sud, les sièges sont attribués. 
Nous avons donc joué le jeu, malgré l’absurdité de la situation, profitant de l’occasion pour réviser nos chiffres, en cette semaine de farniente scolaire :


Curieusement, la fascination a pris le pas sur leur impatience naturelle durant le quart d’heure de pubs préalables et réglementaires, absorbés qu’ils étaient par cet environnement inconnu.

Tentant de couvrir le son des réclames criardes, ils se sont alors mis à hurler comme des possédés, faisant vibrer mes tympans dangereusement – et me poussant à remercier intérieurement l’Univers pour notre solitude inespérée – braillant leur émoi et leur étonnement devant cette merveilleuse nouveauté :

– “MAMAAAAA ! EN FAIT LE CINEMA C’EST COMME UNE ROOOSS’ TÉLÉ !”

– “Euh… Oui, si tu veux chéri…”

– “SAUF QU’ON EST DANS L’NOIR !”

– “Oui c’est pour mieux voir le film.”

– “OUAAAAAAAAAIIIIII ! ALORS ON VA FAIRE COMME ÇA MAINTENANT A LA MAISON, D’ACCORD MAMAAAAA !!! ÇA FAIT SUPER PEUUUUUR !!! C’EST TROOOOOP BIEN !!!!”

Je me suis alors surprise à les imaginer, agrafeuse et pinceaux à la main, calfeutrant les fenêtres de la baraque et suppliant leur père de repeindre les murs du salon de télévision en noir…

Pour être honnête avec vous, j’ai vraiment eu du mal à suivre le film, bombardée en continu que j’étais par les questions de mes fistons.
Je sais simplement qu’il était question d’une lapine policière et d’un renard arnaqueur soudainement devenu coéquipiers d’enquête pour retrouver des animaux disparus. 
Une morale très axée sur le respect des différences et la lutte contre le racisme. 
Je crois bien. 

Non, finalement, le plus chouette dans ces moments là, c’est surtout de réaliser que nos enfants sont enfin assez grands pour que l’on puisse partager un moment de divertissement avec eux, sans avoir à faire la police, à s’inquiéter qu’ils ne se tuent en sautant de quelque part, ou ne fracassent un quelconque meuble…

En fait, c’est ça, la magie Disney !

Découvrir la Petite Tarte

Parlons peu, 

mais parlons bien : 


Vous cherchez, ami(e)s capétien(ne)s, un endroit sympa pour prendre un petit déj’ de travail ou pour un déjeuner rapide, mais SAIN, BON – voire carrément gourmand – et pas cher, près du centre de Cape Town ?

J’ai trouvé pour vous : La Petite Tarte !
Située Dixon Street, juste derrière le Cape Quarter. 
La décoration est fraiche et sympathique, l’ambiance chaleureuse et intime, dans ce petit bout de maison accroché le long de cette longue rue qui monte à pic. 

Fondé initialement il y a quelques années par une française, le restaurant a gardé sa French Touch, et pour cause : presque tout le menu tourne autour des tartes et des quiches, faites comme à la maison, mais en (beaucoup) mieux. 

Et pas n’importe quelles tourtes : aux légumes, au poulet, aux petits champignons, au fromage… Il y a en a des dizaines de sortes, pour tous les goûts. Et chacune est accompagnée de sa petite salade. 

Une simple cuillère plongée dans la pâte à la fois moelleuse et croustillante, vous permet de comprendre que vous dégusterez ici un authentique petit bout de France, sur le bord d’une jolie table fleurie.  


Les desserts ne sont pas en reste : pavlova aux fruits, tarte à l’orange, tarte au citron meringuée, cheesecake, peu sucré et crémeux comme on les aime… Vous pouvez même depuis peu passer commande et venir chercher vos pêchés mignons, ou quelques produits de la petite épicerie.

Courrez-y !

La pilule rouge ou la pilule bleue ?

Attention, chers amis,

parents d’enfants en bas âge : 

soyez TRÈS attentifs à ce post. 


Je m’apprête à vous révéler un secret miraculeux. 
Un tuyau en OR MASSIF.
Une astuce qui pourrait ABSOLUMENT changer le cours de votre vie. 

Oui bon…

Pour peu que votre mouflet soit du genre désenchanté du bain, disons. 
Du type de ceux qu’il faut – comment dire… – un peu tirer par les pieds pour arriver à les récurer.

Quoi ? Suis-je la seule à élever deux petits oursons cracra-puants-et-fiers-de l’être ?!

Chaque jour, ils rentrent de l’école dans un état repoussant de crasse : visages et mains qui n’ont rien à envier aux mineurs du 19ème siècle, et vêtements dignes des publicités pour la lessive Ariel… Ou Skip, je sais plus. 
Bref, c’est pas l’propos.
Oui, souvenez-vous, celle où ils balancent une glace au chocolat sur le t-shirt, étalent le tout, avant de rajouter du ketchup et de bien frotter pour imbiber totalement le tissu, et de finir par une bonne rasade de jus de fruits, pour couronner le tout. 

Et quand, naturellement, je leur dis en descendant de la voiture alors qu’ils se précipitent dans la maison : 

– “Mes chéris, avant toute chose, on va prendre le bain ! Comme ça vous vous sentirez tout propres après pour jouer tranquillement, hum ?”

Leur réponse habituelle ressemble en général à :

– “Nooooooon maman, on est BIEN COMME ÇAAAAAAAA !”

#MesFilsCesDescendantsDeCroMagnon
#AhhhhLesHommes?
#PlusOnEstDeCradosPlusOnRit

Enfin, c’était la réponse qu’ils me FAISAIENT jusque là. 

Jusqu’à ce que je trouve LA parade. 
L’argument ultime.
L’outil motivationnel suprême.

J’ai nommé : les pilules. 

Rassurez vous, je n’ai pas décidé de les bourrer de Tranxène ou de Valium chaque jour après la classe, non. (Quoique… Y’a d’l’idée ?…)

J’ai simplement découvert ces petits machins géniaux : ça a la tronche et la taille d’une gélule, mais ça ne s’avale pas : ça se glisse dans l’eau chaude du bain. La pellicule transparente fond, et la petite figurine en éponge apparait alors comme par magie, gonflée d’eau.

Il en existe de toutes les formes : animaux “de la ferme” africaine, fruits, légumes, figurines… Et de toutes les couleurs. 


Durant les vacances, mes Jujucradoques ont été jusqu’à me RÉCLAMER leur bain à 15:00 de l’après-midi, totalement accros qu’ils sont désormais aux “p’tites pilules”.

C’est sûr que dit comme ça…

100% des gagnants ont tenté leur chance

Ça fait quatre années 
que je me pose la question, 
à dire vrai. 

Nota bébé 1 – Attention les amis, celle-là, c’est du lourd.

Nota bébé 2 – Chéri, si tu me lis : vas faire autre chose, plutôt.

Tadaaaaaa : 

Comment fait-on pour BIEN choisir 
le père/la mère de son enfant ?

Oh arrêtez, vous aussi, y’a des jours, vous vous interrogez sévère.
Variante :

Pourquoi le type/la nana qu’on aimait TELLEMENT FORT
avant de faire un mouflet avec, 
est-il/elle devenu(e) TELLEMENT CHIANT(e) une fois que le gosse est là ?
(Je mets les signes du féminin en tout petit pass’qu’en vrai, 
c’est surtout des mecs dont je veux parler, n’est-ce pas. 
Mais je m’en voudrais de créer une polémique inutile, et souhaite garder le débat ouvert.
Alors je précise les deux genres, vous m’suivez ?) 

En même temps, si vous vous posez la question, c’est qu’il est probablement trop tard :
C’est bien connu, on ne SAIT si on a choisi la bonne personne, qu’une fois qu’on A le môme sur lequel faire les tests, bien calé dans les bras… 

Ou plutôt hurlant à 03:15 du mat’ dans la chambre d’à côté, quand vous réalisez que la personne qui roupille à vos côtés n’a ABSOLUMENT AUCUNE intention de bouger ses fesses pour aller s’en occuper.


C’est fâcheux, je vous l’accorde. 

C’est justement la raison pour laquelle, par pure bonté d’âme et charité envers mes lecteurs et lectrices qui n’ont pas encore basculé du Côté Obscure de la Force parentale, je m’efforce aujourd’hui de réfléchir.
(Naaan, mais j’vous en prie, j’adore aider.)

Bien. 
Revenons à nos moutons :

J’irais même plus loin dans la provocation et reformulerais la question encore plus clairement : 

Quand on a la chance de s’aimer super fort et d’en avoir envie, 
est-ce REELLEMENT une bonne idée 
de faire un enfant ?
(Nooon, pas les tomates !!)


Car, disons-le honnêtement, les premiers mois – voire les premières années pour les plus chanceux d’entre nous – il est relativement évident que les enfants sont un excellent outil de sabordage du couple :
Epuisement physique et nerveux, répétition de la routine infantile, sans compter le bruit et les odeurs, tout ça… C’est pas très bon pour les géniteurs asservis dont l’identité ne semble plus se résumer qu’à celle de parents à plein temps.


(Oui, je sais, les jumeaux, modèle pénible au carré, en plus, ça n’aide pas. Mais, même.) 


J’irais jusqu’à dire que contrairement à ce que pourraient croire les novices, il ne s’agit probablement pas du pire.


Le pire, c’est qu’avec le temps, assez rapidement et malgré soi, on commence à se mettre régulièrement sur le nez avec son partenaire pour des questions d’éducation. 

Pour des trucs qu’on n’aurait JAMAIS imaginé quelques années auparavant. 
Pour des trucs insignifiants. 

On mute, en fait. 

Et, à ce stade, en général, deux situations se présentent :

Option 1. 

Vous avez gagné à la loterie et l’autre est (presque) toujours d’accord avec vous. 
Il vous soutient systématiquement devant vos moutards d’un “Maman/Papa a raison mon chéri…” bien senti.
Ce sont ces yeux d’amour et d’admiration, dans lesquels vous lisez, pour vous mesdames, toute la reconnaissance qu’il vous porte, vous qui avez eu la gentillesse de vous farcir ses lardons durant presque un an dans le bide et qui vous décarcassez depuis, pour essayer d’en faire des êtres éduqués. 
Les rares fois où il n’est pas d’accord, il attend le coucher des monstres pour s’en ouvrir à vous calmement, en vous embrassant dans le cou tout en vous servant un verre de Sauvignon blanc bien frais.

Mais cette probabilité est assurément aussi élevée que celle de gagner à l’€uromillion. (Et pas à partir du Portugal ou du UK, hein. A partir de la FRANCE. Quoi, vous n’avez pas remarqué ? Les gagnants viennent toujours de ces pays là. Bref, c’est pas l’propos.)


Option 2.
Vous avez beau avoir tout misé sur le beau brun/ la belle blonde – bah, si, NE NIEZ PAS ! – qui a fait chavirer votre coeur : pour le ticket gagnant, ‘faudra repasser.

Vous avez été séduit(e) par le “ce serait teeeeellement merveilleux d’avoir un enfant ensemble !”
Depuis, en récompense, vous vous coltinez 80% des biberons de nuit, des changements de couches, des p’tites purées maison (“t’as qu’à lui acheter des Blédina aussi !”), des bains, des allers-retours à l’école ou chez le pédiatre – c’est 50/50 les premières années – des sacs d’entrainements piscine/judo/foot, des devoirs… Tout ça, tout ça…
Ça n’est pas la faute de l’autre si vous êtes moins appelé(e) à voyager et si votre employeur est un peu plus flexible que le sien (IE. parce que vous êtes une femme. Mais n’en rajoutons pas. J’en vois déjà qui grincent des dents.)

Quand votre rejeton s’est pris pour Léonard de Vinci sur tous les murs de la baraque et qu’il a été puni dans sa chambre, ses feutres confisqués hors de portée des p’tits doigts, que vous avez passé vingt minutes à tout nettoyer à l’éponge, et qu’une fois effondré(e) sur le canapé pour souffler, vous réalisez que vous vous êtes pratiquement assise sur le gosse… 
Qui a été consolé puis libéré de sa pénitence par l’autre parent, celui-ci vous regardant d’un air goguenard et vous disant : “Oooooh, alleeeeeeer, c’est pas si grave chéri(e) !”… A cent mille lieues de comprendre qu’en agissant ainsi, il se transforme en SPP/SPM (Super Papa ou Super Maman) et fait de vous, par la même occasion, le bad cop de service. 

Quand vous dites à votre gamin “Non chéri, pas de troisième glace” et que cinq minutes plus tard, juste avant le diner, vous retrouvez comme par enchantement votre rejeton devant la télé suçotant son bâton Miko, qui vous regarde d’un oeil torve avant de détourner les yeux remplis d’amour vers leur père/mère qui, absent toute la semaine en déplacement professionnel, a juste envie de lui faire plaisir… Vous voyez rouge, comme sur le logo (d’la glace).

Vous vous énervez et tout part en sucette.
Souvent devant le gosse, pour faire bon poids. 

Vous vous promettez mutuellement de ne pas recommencer, mais la réalité du quotidien vous happe, tel un gigantesque trou noir intergalactique !

Alors que faire ? 

A ce stade, je ne considère pas – encore – les options du divorce ou du meurtre conjugal, ‘faut rester positifs. 
Et naturellement, nous sommes chacun libres de régler la question en refusant la parentalité, tout simplement.

Mais pour ceux qui désirent malgré tout tenter l’expérience…?


S’agit-il de créer un questionnaire universel préparatoire pour s’assurer AVANT l’arrivée des mômes que nos visions concernant la gestion et l’éducation des enfants sont compatibles ?
Sachant que nos beaux principes volent de toute manière en éclat dès l’apparition du premier doigt de pied du gamin…?

Faut-il décider en toute connaissance de cause, de choisir un partenaire en fonction de son potentiel parental plutôt que de la passion qu’on lui porte ?
C’est nettement moins fun, mais au moins, quand les mômes arrivent, on a la paix ?

Devrait-on systématiquement opter au préalable pour un clébard, un chaton ou un chinchilla, sur lequel le couple aurait le mérite de s’être entrainé ?

Ou peut-être faut-il miser sur un(e) divorcé(e), dont la valeur – contrairement aux bagnoles – est souvent très élevée : le “seconde main”, si je puis dire, à l’avantage notoire d’avoir déjà été éprouvé par le passé et d’avoir emmagasiné de l’expérience, laissant penser qu’il saura mieux réagir à toutes ces situations de casse-tête éducationnel ?

S’agit-il en réalité d’une aptitude à faire preuve de lâcher-prise, même lorsqu’il est question de l’avenir de nos enfants ? 
D’une faculté à prendre suffisamment de hauteur de vue pour considérer toutes ces divergences (majeures), et ses différents (fondamentaux) comme de nouvelles et fascinantes étapes de développement personnel, des exercices quotidiens inespérés pour devenir une meilleure personne : plus calme, plus sereine, plus patiente, plus empathique, plus sage et finalement au bout du chemin, un meilleur parent… Et un(e) meilleur(e) partenaire de vie ?

Je n’ai malheureusement, pas plus que vous, de réponse à toutes ces questions. 

Dans tous les cas, mon conseil unique est le suivant : 
Tous les matins, mettez 2,5€ de côté.
Comme si vous aviez effectivement joué au loto. 
Et allez régulièrement vous faire plaisir avec. 
(Evitez l’alcool, la crème et le sucre, ça n’arrange rien.)

Ça ne change pas le problème de fond, mais ça fait du bien. 

Le Jugement de Salomon

J’ai bien cru 
que je ne m’en sortirai jamais 
de cette affaire !

Comme vous le savez – petit rappel ici, pour ceux qui n’ont pas suivi – Trystan est depuis la fin d’année passée éperdument amoureux d’Amber, sa rousse copine de classe sud africaine. 

En ce moment, les enfants sont en vacances ici. 
Et Trystan me parle tous les jours de sa dulcinée qui, visiblement, lui manque terriblement. 

Je me suis donc fendue d’un petit mail à la maman de la donzelle pour voir dans quelle mesure, nous aurions pu arranger une rencontre extra-scolaire.
Malheureusement non : ils sont à l’autre bout du pays. 

Je n’ai depuis d’autre choix que d’offrir à mon fiston éploré une épaule bien rembourrée ainsi qu’une oreille compatissante, en attendant la rentrée du 14 mars prochain, ce jour décidément béni des dieux pour tout le monde dans cette famille de fous qui préfère la classe aux vacances… 
(C’est grave docteur ?)

– “Ne t’inquiète pas mon amour, tu vas la revoir vite, ton Amber !”

– “C’est trop loooong maman… Alors… Alors… Alors… Tu sais quoi ? J’vais lui offrir un cadeau, pour quand on va s’revoir !”

J’ai alors instantanément reconnu dans les yeux de mon fils, cet éclat si spécial, signal avant-coureur d’une énorme connerie ou d’une trouvaille lunaire dont il a le secret. 

– “Oui, enfin, t’es pas obligé, hein. Tu peux juste lui amener une fleur aussi. Ou simplement lui faire un bisou et lui dire qu’elle t’a manquée.”

– “NO NO maman, j’VAIS LUI OFFRIR UN CADEAU. 
Je vais lui donner TOUS MES LEGOOOOOOOOOS !!!”

Mon p’tit coeur… 
Si généreux.

– “Euh, Trystan, c’est un peu gros comme cadeau là, et puis ce sera trop lourd à transporter. Trouve autre chose. Qui tienne dans ta poche, tu vois ?”

J’hésite à lui dire qu’on va aller acheter une Barbie à sa Dugazon des bacs à sable. Mais je me ravise en pensant que sa maman risque vraiment de nous trouver un peu envahissants.

– “Ok, m’an, z’ai compris !”

Et le vois filer dans sa chambre. 
J’entends ensuite des bruits de mécanicien, qui ressemblent à des dizaines de boites de jouets renversées sous le coup de l’urgence, passée à chercher le bon objet. 

Puis je le vois revenir avec ça :



– “?!? Ah bah très bien mon Titi, c’est parfait ça”, dis-je en pensant intérieurement : “Une araignée toute noire, pour ton amoureuse, t’es sûre ?”.
Mais je me suis abstenue. 
Après tout, peut-être que les p’tites Sud Af, à force de vivre dans un environnement très nature, apprécient ce genre de présent. 

Radieux, je l’observe alors – émue – tenir dans le creux de sa main et avec beaucoup de délicatesse ces petits machins insignifiants, comme si c’était les plus beaux trésors de la terre.

Sur ces entrefaites, débarque son frangin, Tancrède, marchant d’un pas nonchalant vers la cuisine où nous nous trouvions.
Je le vois poser les yeux sur les mains de frère :

– “Kes’ tu fais avec ça Trystan ?”

– “C’est pour Amber. Quand on r’tourn’ra à l’école.”

De son timbre caractéristique haut-perché, Tancrède monte alors la voix et se met à couiner :

– “… TU… TU… TU… TU VEUX LUI DONNER TOUT ÇAAAAA !?!?!?”


Je souris devant la situation. 
Il reste probablement entre 250 et 400 kg de jouets dans leur chambre. 
Le pauvre Trystan a choisi les petites figurines récupérées sur le dessus de leur gâteau de pirates confectionné pour leur anniversaire, et sur la bûche de Noël.
Ainsi qu’une petite araignée en mousse à 1 rand. 
Et Tancrède trouve son mot à redire. 

J’aurais plaisanté, mais c’est alors que je les vois commencer à s’étriper. Je décide donc d’intervenir : 

– “M’enfin les garçons, vous avez des MILLIONS de jouets, vous n’allez quand même pas vous fâcher sur ça !”

– “C’est MES ZOUETS ! J’FAIS C’QUE Z’VEUX AVEC, TANCRÈDE !”

– “NOOOOOOOOOON C’est A NOUS DEUX ET T’AS PAS L’DROIT D’LES DONNER SANS ME D’MANDER D’ABORD !!!”

Je pense intérieurement qu’il va falloir rapidement revoir ce testament pass’que vu les tempéraments, on est pas rendus pour l’héritage.

Et je me dis aussi que, probablement, Tancrède n’a pas tort.

– “Mes chéris, alors, on arrête de crier. Trystan, tu sais quoi ? Tancrède a plutôt raison, ce sont des jouets qui n’existent qu’en un seul exemplaire, pour vous deux. Donc il faut vous mettre d’accord.”

Ronchon mais ultra motivé, une fois n’est pas coutume, Trystan se lance sans hésiter en premier : 

– “Bon.. Ok. Tancrède, t’es d’accord pour m’laisser prendre ces ‘zouets, alors ?”

– “NON !”

– “POURQUOI !?!?”

– “PASS’QUE !”

– “POURQUOI !?!?”

– “PASS’QUE… PASS’QUE… PASS’QUE… le gâteau il était à nous deux et la buff’ de Noyel aussi. Donc t’as le droit d’en prend’ qu’un des deux. L’araignée, d’accord, tu peux la prend’, ‘façon, elle est moche”.

– “NON ! J’les veux tous ! C’est pour AMBER tu COMPRENDS PAS !!!”

Comme ils en étaient venus une nouvelle fois aux mains, je suis intervenue prestement : 

– “LES GARÇONS ça suffit maintenant ! Si ça continue, et que vous n’êtes pas capables de vous mettre d’accord, je les mets tous à la poubelle les p’tits jouets. Comme ça je ne vous entendrais plus !!!”

Cri collégial déchirant : ” NOooooon mamaaaaaan noooooooon !”

– “Bon alors, qu’est-ce qu’on décide ?

Et là, Tancrède, version jugement de Salomon : 

– “Non… Alors tu peux les avoir Trystan… Amber, c‘est quand même mieux que la poubelle…”

Ça promet…

Découvrir la plage de Clifton

A Cape Town et dans ses environs immédiats, 

ce ne sont pas les plages qui manquent !

Les habitants de cette ville ont effectivement la chance folle de vivre à quelques (kilo)mètres de looooongues étendues de sable blanc et fin, bordées – certes – par des eaux souvent glaciales, mais claires et aux couleurs exceptionnelles. 

De nombreuses et sublimes plages se partagent les faveurs des résidents et des touristes de passage, dépendament de leurs centres d’intérêts : 

Le Boulder’s et ses pingouins qui nagent à portée de main – attention, ça pince – pour les familles avec de petits enfants…
Muizenberg pour le surf…
Blouberg pour le kite surging…
Noordhoek pour les balades à cheval…
Sandy Bay pour ceux qui font montre de velléités nudistes…
Camps Bay pour prendre l’air sur une plage mythique…

Et puis, il y a celle de Clifton :
Pour y accéder, il s’agit de descendre une bonne volée de marches, très à pic, qui serpentent entre les portes et les palissades de belles demeures :

Une fois arrivés en bas, vous avez le choix entre plusieurs criques communicantes, toutes abritées par de beaux et énormes rochers. 

Vous pourrez y admirer des villas parmi les plus coûteuses de la ville : 

Vous y apercevrez probablement aussi les top-models se faire photographier…

Vous pourrez découvrir la créativité des tatouages locaux…

Ou encore observer les bancs de sirènes qui se chauffent au soleil : 

Vous pourrez aussi voir – et entendre – les yachts-boites-de-nuit passer devant vous pour le sunset ! 

Mais le mieux, c’est encore d’y prendre un verre avec des amis – discrètement car officiellement interdit – en observant le soleil se coucher sur l’océan :
Frissons garantis !


Bon week-end à tous !

Il était une fois la vie

Quand je pense que petits,
ils étaient capables
de ravaler du jambon régurgité par le frangin…

Je sais, j’y vais un peu fort ce matin.
C’est immondissime, je vous l’accorde. 

En même temps, c’est vrai !
True story, à relire ici.

Mais depuis peu, ils font leur Marie Antoinette dès qu’on oser frôler leur bouffe !

C’est de notre faute, probablement :
Ça fait des semaines qu’on a commencé à leur montrer “Il était une fois la vie”, vous savez cette série de dessins animés super bien faits qui passaient quand on était petits, genre fin des années 1980 ? (Je sais, ça nous rajeunit pas…)
C’était sur le corps humain.
Il y avait aussi la même sur l’histoire de l’homme. 
Ultra instructif.

Bref. 

On a décidé que ce serait une bonne idée de leur faire regarder ça. 
Le problème maintenant, c’est qu’ils nous bassinent avec les MIKROB’ les BAKTÉRIES et les ANTIKOR !
(Comme quoi, finalement, ça avait du sens de les coller devant Goldorak : après, ils retiennent tous les noms super compliqués en un clin d’oeil !)

Tout ça pour dire qu’ils sont maintenant très branchés “santé”.

L’autre matin, on prenait le petit déjeuner attablés au bar de la cuisine, avant de partir à l’école. 

– “Mamaaaaaaa ?! Kestu manges ?”

– “Bah tu vois bien Tancrède, de la mangue séchée.”

– “J’en veux aussi !”

– “Sur ce ton là, certainement pas.”

– “J’voudrais d’la mangue chéchée maman siteuplé.”

– “C’est nettement mieux. Voilà.”

Et au moment où je lui tends le morceau – très légèrement entamé – que je tenais dans ma main, il se met à vociférer :

– “NoonoOooooOoOoOoON !!!!! Celui-là tu l’as déjà mâchouillé !!!!! BEURK !”

– “M’enfin Tancrède, j’ai pas mâchouillé ! J’ai juste mordu un peu dedans, c’est pas la fin du monde quand même !”

– “Si !!!! Si c’est la fin du monde : tu RISQUES DE’M’DONNER TES MIKROB’!!!

Sympa. 
Tu les portes dans ton corps pendant 9 mois, au péril de ta peau.
Après tu passes 2 ans à te faire baver dessus et à nettoyer des déjections.
(Sans parler des 3 années supplémentaires, au bas mot, à torcher des culs.)

ET LUI IL TE PARLE DE TES MICROBES, que tu risques de lui refiler !!!

Pincez-moi, je rêve.

Trystan Wintour

J’y croyais.
Tellement.


– “Mamaaaa ? C’est une nouvelle rob’ que tu mets là ?”

– “Euuuuuuuh… Oui mon chéri ! Quel sens de l’observation tu as, mon trésor.”

– “Elle me plait ‘c’te nouvelle robe. C’est une jolie couleur.”

Là, tu manques de t’effondrer au sol, victime d’une explosion de ton niveau d’amour dans le coeur. 
(Ça à l’air sympa comme sentiment, mais en fait, ça fait super peur.)

– “M… M… Mais… Merci mon adoration… C’est très gentil de me dire ça ?!?!?”

– “Oui, pass’que ça te fait très zolie.”

Là, ton cerveau reptilien de mère de jumeaux aguerrie s’allume subitement en mode “méfiance”.

C’est trop. 

Vraiment. 

Tu as appris avec le temps qu’il ne faut JAMAIS se fier à leurs compliments opportunistes, ceux-là mêmes qui font des ravages auprès des marshmallows

Tu te ravises. 
Ton coeur reprend un rythme normal :

– “Hum. Trystan, qu’est-ce que tu veux ?”

– “Oooh… Un câlin siteuplé maman !”, ses petits yeux pétillants et plein de lumière, grands ouverts sur le monde.

Bien sûr, tu as envie de t’écouter et de l’étouffer d’amour, sans autre forme de procès, dans tes bras avides d’affection. 
Mais tu hésites.
Tu hésites à répondre favorablement à la demande de ce petit esprit retors qui, tu le sais, tu le sens, prépare sans doute un mauvais coup.

– “Moui bon, voilà.”

Vite fait.

Et là, au moment où tu attends la réclamation qui expliquera ENFIN pourquoi ce petit saligaud se donne tant de mal à entrer dans tes bonnes grâces… 

Il se barre. 

Heureux. 
Joyeux. 
Sans rien demander en échange.

Franchement, autant le dire, la première fois que ça arrive, ça fait un choc.

Les fois suivantes, fidèle à ces années d’expérience extrême face à l’engeance gémellaire, tu continues à douter. 
Tu restes vigilante. 
Tu te dis même qu’ils ont encore amélioré et affiné leur stratégie, qu’ils jouent le long terme. 

Mais rien ne se passe. 

Tu finis même par y croire. 

Tu vis bien quelques soubresauts, te rappelant que c’est TOUJOURS QUAND ON BAISSE LA GARDE QUE LES TRAGEDIES SURVIENNENT. 

Mais rien. 
Tu ne trouves qu’amour et compliments. 

Tu t’autorises alors un “ENFIN !!!” de soulagement.
Ton acharnement éducatif commence à porter ces fruits : tes fils ont ENFIN appris à être bienveillants et indulgents envers les autres ! 
Tu te dis que c’est merveilleux !!!

Deux jours plus tard, tu vas te promener avec eux dans la rue.

Tu croises une dame dont le style vestimentaire est, disons, différent de celui auquel ils sont habitués. 

Et là, c’est le drame : 

Tu vois le p’tit doigt stigmatisateur pointé bien en évidence vers elle (dieu soit loué, elle est de dos), et tu entends la voix hurlante (dieu soit loué, elle ne parle pas français) de ton fiston qui dit :

– “Et bin tu vois ‘man, ELLE, CETTE DAME, LÀ, OUI CELLE-LÀ, sa robe et bin J’L’AIME PAAAAAAAS DU TOUT DU TOUT. C’EST TRES TRES MOOOOOOCHE avec tous ces ‘roos trous.”



Baaaaaam.
On reprend à zéro.

Range ce doigt que je ne saurais voir

Il faut dire les choses comme elles sont :Rester poli devant les enfants, c’est SUPER dur. 


Avec le temps, quand tes fils disent “bordel” et “’tain’tain’tain” à 23 mois, alors qu’ils n’arrivent même pas à articuler “maman” correctement, ça te remet les idées bien en place. 

A partir de là, tu te surveilles, à chaque coin de phrase. 

Tu apprends à t’exprimer par noms de code, type : 
-“chéri, ton fils a encore fait une canarderie”
– “Dodel de M !” 
ou encore 
– “P….Pancaaaaaake !”.

Tu deviens ridicule, donc. 
Mais bon. 
C’est pour leur bien. 

Tu refoules. 

C’est super dur. 

Malgré tes effort, tu en dis encore, de temps en temps, quand tu es vraiment super énervée. 
Mais, depuis le temps, tes gosses ont fêté leurs 4 ans, et ils parlent dorénavant et ont acquis le droit de te coller une bonne claque sur la main – privilège dont ils se font un plaisir non dissimulé de profiter – dès que tu t’oublies. 

Et puis, il faut bien l’avouer : eux, ils n’en disent jamais. 
Sauf pour te rappeler que “maman, on dit pas putain ni merde, c’est des RO’ mots, t’oublie pas hein !”

Bref, ta vie est un enfer. 

Décider de faire des enfants, c’est accepter d’aliéner sa liberté et son coeur, de toucher des trucs dégueulasses, de faire une croix sur son sommeil et d’intégrer le fait que le silence n’existe plus. 

Mais, franchement, c’est SURTOUT ne plus avoir le droit de dire des horreurs. 

Et ça, c’est vraiment affreux. 
Alors évidemment, quand on se casse le LUC (autre nom de code) à s’autocensurer en permanence pour eviter les “putain-bordel-de-merde-il-m’a-fait une-queue-de-poisson-ce-salopard” – par exemple – voir arriver son fiston un jour de l’école en faisant ça : 

Tu as soudainement envie de revisiter le concept du Harakiri…

Ou de buter tous les autres gosses de la cour de récré.

Ou de buter tous les grands frères de tous les autres gosses de la cour de récréé.

Ou de buter tous les parents de tous les grands frères de tous les autres gosses de la cour de récré. 

Mais y’a quelqu’un qui doit prendre, BORDEL !