Découvrir Knysna sur la Garden Route

C’est sûr, quand vous entendez le nom KNYSNA
(ou que vous le tapez sur Google, d’ailleurs)
la première chose sur laquelle vous tombez, 
c’est cette ridiculisante grève des Bleus 
de l’équipe de France,
cloitrée dans son bus,
durant la coupe du monde de foot 2010.

Pourtant, Knysna – prononcez naïssna – c’est surtout ça : 

Et ça : 


L’un des très jolis coins d’Afrique du Sud, à 500 km à l’est de Cape Town, en plein sud du pays, le long de l’océan indien !

Le bourg, construit en bordure d’un petit estuaire, a été fondé au tout début du 19ème siècle, essentiellement autour de l’exploitation du bois, venant des forêts primaires qui pullulent dans la région. 

Ancien port de commerce jusqu’au milieu du 20ème siècle, il est maintenant port de plaisance et l’un des grands centres touristiques du pays, situé sur la Garden Route, genre de Côte d’Azur sud africaine. 

La baie, naturellement peu profonde, s’étend sur près de 20 km2, composés de magnifiques bancs de sable blanc avec un mélange d’eau douce venue de la rivière du même nom qui descend des montagnes alentours, et de l’océan indien qui rentre et sort régulièrement de cette sublime lagune grâce aux marrées. 

Toutes sortes de poissons prolifèrent dans l’estuaire, des requins y font d’ailleurs parfois un tour depuis l’océan tout proche, et l’on trouve aussi de nombreux hypocampes dans ce petit coin de paradis biologique… 
Mais c’est surtout la découverte au début du 20ème siècle d’un coelacanthe, qui changeât le cour de l’histoire de la ville : ce poisson préhistorique, réputé éteint depuis des millions d’années, pourtant retrouvé vivant dans ces eaux, encouragea le biologiste sud africain James Brierley-Smith à acheter tout une partie encore sauvage de l’estuaire et à la faire classer réserve naturelle. 

Aujourd’hui cette réserve privée inscrite sur les registres de l’héritage naturel du pays, nommée Featherbed Reserve, représente l’un des grands centres d’intérêts de la ville. 
Elle donne sur une crique appelée ainsi – Featherbed ou lit de plume – par les marins de passage dans la zone et qui trouvaient dans cette anse un calme propice à l’amarrage pour la nuit.

La visite est organisée par la société propriétaire et comprend :

Une magnifique croisière dans la baie…


… Jusqu’à atteindre l’unique infrastructure de la zone, un petit restaurant type “Robinson” caché dans les Sideroxylon, ces arbres noueux connus sous le noms de Milkwood ici en Afrique du Sud, et qui peuvent vivre de nombreuses centaines d’années : 

Arrivés au sommet de la réserve, on profite ensuite de points de vue exceptionnels sur le lagon, les falaises et sur la passe qui relie le lac à l’océan. 


Celle-ci est bien connue pour être l’une des plus dangereuses du monde. Il faut d’ailleurs une formation spéciale et un permis spécifique pour avoir le droit d’y conduire un bateau. 


Pour finir : une belle randonnée de 2 km dans l’écosystème exceptionnel de la réserve, entre tortues, lézards, petit dik-dik jaillissants, mangouste, caracal, singes et autres plantes sauvages typiquement locales : Asperges sauvages, Aloe vera, Buchu, Camphre, Proteas, Géranium… 

… Entrecoupée de criques sauvages à l’eau turquoise et cristalline, de grottes naturelles formées dans la roche. Des moments suspendus dans le temps : 

Knysna est aussi célèbre pour ses huitres, élevées dans la baie, et son “festival des huitres” qui a lieu chaque année en juillet : en 10 jours, ce sont plus de 200000 huitres qui finissent dans les assiettes des aficionados de ces délicats fruits de mer. 

A quelques kilomètres en dehors de la ville se trouve donc le Knysna Elephant Park, un sanctuaire pour de nombreux éléphants, où il est possible de nourrir ses magnifiques animaux et de se balader en leur compagnie : un moment inoubliable pour les enfants mais aussi pour les grands !

Alors, qui parle encore de foot !?

Quand est ce qu’on arrive ?

Franchement, 
j’aurais pensé 
que cela serait arrivé bien avant.

Ils ont mis du temps, mais ça y est :

Nos Jujutrépides sont parvenus à cette étape assez insupportable où, au lieu de se caler bien sagement dans leurs sièges auto en écoutant gentiment la musique et en regardant le paysage défiler, ils décident – inlassablement – de nous rendre la vie impossible par cette petite phrase connue de tous les parents vivant à la surface de la Terre :  

– “Mamaaaaa ? Quand est-ce qu’on arrive ?”

– Chéri, on vient de refermer la porte du garage là.”

– “Et alors quand est-ce qu’on arriiiive ?”

– “Mon amour, nous avons une distance de quatre cent quarante kilomètres à parcourir. Donc, a priori, si l’on considère qu’à cette heure de la journée, statistiquement, nos chances de subir un goulot d’étranglement de trafic autoroutier sont assez limitées, nous pouvons envisager un ETA à douze heures quinze.”

Dans ces moments là, il faut savoir choisir ses mots.

SURTOUT ne pas donner de précisions quant aux repas – erreur de débutant croyant encourager le lardon, et qui en réalité ne fait qu’exciter son impatience -du type : “Douze heures quinze… Pile poil Pour le déjeuner”.

Mais plutôt, employer du vocabulaire complexe qui les laisse pantois et en pleine réflexion autour de tous ces mots bizarres, qui présente le merveilleux avantage de nous acheter entre cinq à sept minutes de silence. 

Naturellement, la rengaine doit reprendre à un moment où un autre : 

– ” Mamaaaaan ? Douze heures quinze c’est dans longteeeeemps ?”

– “Trèèèèès longtemps mon fils. Alors fais dodo ou regarde les belles montagnes.”

– “Mais j’aime pas les belles montagnes. Est-ce qu’on est déjà arrivés mamaaaaan ?”

– “Comme nous sommes partis il y a trois minutes, ça veut dire qu’il nous reste encore trois heures et vingt sept minutes de trajet. Donc non, chéri. On n’est pas encore arrivés.”

– “Maiiiiiis Mamaaaaaaaan ! C’est trop looooooooong trois minutes…”

– “Fais-toi une raison mon amour, parce que les minutes, il en reste encore beaaaaaaucoup à passer.”

– “Mais mamaaaaan ! Ça va m’faire mouriiiiiiiiir !”

– “Non, non t’inquiète pas chéri, tu ne risques rien. L’ennui n’a jamais tué personne.”

– “Mamaaaaan ?”

– “OUI, Tancrède.”

– “Quand-est-ce qu’on arrive ?

Toute ressemblance avec un personnage équidé exaspérant
du film d’animation Shrek
est purement NON fortuite.

Quand on y pense, comment leur reprocher leur impatience ?

Les pauvres petits plafonnent à trois centimètres en dessous du niveau de la fenêtre latérale arrière, et encore, grâce au réhausseur. 

Ils sont ceinturés et boudinés dans un siège, entravés dans leurs mouvements. 

Non, il n’y a pas à tortiller : leurs réclamations sont légitimes. 

Voici, donc chers amis parents d’enfants-trop-grands-pour-roupiller-dans-le-cosy-en-silence-mais-trop-petits-pour-se-distraire-seuls (3-6 ans), de quoi égayer vos looooongs trajets automobiles :

En fait, c’est ultra simple, il suffit de jouer sur leurs cinq sens. 

1. Les gaver
N’ayons pas peur des mots, cela représente un budget conséquent. 
Et demande beaucoup d’organisation. 
De plus, ça n’est probablement pas très recommandé par l’association mondiale des nutritionnistes.
Mais soyons honnête, ça marche super bien. 
La méthode consiste à leur filer de la bouffe en permanence, histoire de les garder occupés et silencieux : mini concombres, morceaux de carotte crue, gâteaux boudoirs pauvres en graisses, biltong (la viande séchée locale, 100% protéines), fruits secs, amandes, noix…
Quand les choses se corsent, il reste toujours les bonbons Haribo et les chips.
Bon évidemment, ça fait des miettes et le retour de bâton se fait sentir deux heures plus tard quand ils deviennent incontrôlables, en overdose de sucre. 
Mais ‘faut s’qui faut. 
On n’a rien sans rien. 

2. Les assourdir
Pour peu que vous acceptiez de vous farcir Le Lion Est Mort Ce Soir, version française ET version anglaise, en boucle… Ainsi que toutes les BO Disney des cinq dernières années (Madagascar, Reine des Neiges, Zootropolis…), vous vous achetez quelques demies heures de “calme” relatif. 
Enfin… S’ils ne décident pas de chanter en même temps. 


3. Les hypnotiser Si vous ne disposez pas d’une voiture avec écrans de télévision intégrés à l’arrière, sachez, pour information, que la distance qui sépare les deux sièges avant est exactement égale à la largeur de l’ipad. 
Oui, je sais, c’est incroyable. 
Il vous suffit donc de télécharger des heures de Tom&Jerry ou n’importe quels autres Tic&Tac et de caler l’appareil bien au milieu. 
Possibilité également de brancher sur secteur dans l’allume cigare qui est sensé se trouver en dessous de l’accoudoir. 
Vous devriez donc pouvoir être peinards pour quelques heures. 
Oui, je sais : si les services sociaux tombent sur ce post, ils me retirent la garde.

4. Faire fonctionner leur cerveau
Pour compenser l’abrutissement précédant, rien de tel que quelques exercices de maths, de vocabulaire ou encore des questions de géographie : “combien font 2+2 ?!”, “comment on dit voiture en anglais ?”, c’est quoi le nom de la ville avec la Tour Eiffel ?”…
Ça les amuse beaucoup, les valorise, et en plus, ça permet de réviser les leçons de l’école. 
Voilà voilà…

5. Le Miracle
Tout arrive. 
Vous n’êtes pas à l’abris qu’ils se mettent à roupiller. 
En général, quatre à six minutes avant l’arrivée.

En vous souhaitant un bon courage ! 

Les Jujus de Pâques, première.

Naturellement, 

le week-end dernier, 

le père des Jujutrépides et moi

avons planqué des oeufs dans le jardin. 


Rien de bien magique là dedans – rapport aux cloches et aux p’tits lapins, tout ça… –  puisque l’école avait de toute manière déjà éventé l’affaire. 
(Et puis, entre nous, le gros bobard de Noël est suffisant, pas la peine d’aggraver notre cas avec Pâques.)

Après avoir habillement dissimulé les trésors, qui derrière un palmier, qui derrière un géranium, qui sous une touffe d’herbe, nous avons donc sacrifié à la tradition et lancé officiellement, et pour la première fois depuis leur naissance, LA CHASSE AUX ZEUX D’PÂQUES. 

Bien évidemment, s’en est suivi un brouhaha et une hystérie collective relativement prévisibles :

Point encore d’expérience, de logique ni d’organisation dans leur méthode de recherche, chaque lardon partant frénétiquement dans des directions opposées et désordonnées. 

Pas de jalousie non plus, néanmoins, entre nos deux compères, fidèles à leur gémellité intrinsèque, mais une bonne dose de persifflage et une tendance marquée, en revanche, à narguer le frangin.  

Beaucoup d’humour, également, de la part de Tancrède, tançant son frère Trystan, et lui disant : 

– “Naaaaan mais pour trouver les ‘zeux de Pâques Trystan’, y’ faut les chercher BIEN CALMEMENT, tu comprends’ ?
R’garde, j’te montre.”

Une fois la totalité des trésors chocolatés recouvrés, nos Jujutrépides se sont évidemment enfilé la totalité des bonbons, rapidement frustrés et malheureux à l’idée que la courte fête soit déjà terminée :

– “Maman, j’vais encore en chercher !”

– “Mais Tancrède, il n’y en a plus mon chéri, vous les avez tous trouvés.”

– “Mais c’est pas graaaave !!! Je vais chercher encore !”

– “M’enfin Tancrède c’est du temps et de l’énergie perdus, puisque je te dis qu’il n’y en a PLUS !”

– “Mais MAMAN, on sait zamais ! P’têt’ que quand même, y’a encore des cloches qui se sont cachées !”

#MêmeQuandTuMensPasÇaMarche.
#CetteSiJolieNaïveté
#LesEnfantsEtLeurSublimeEnthousiasme

Découvrir Oude Molen Eco Village

Le bon plan du week-end, 

amis de Cape Town : 

Oude Molen Eco Village, à Pinelands. 


Faire faire du cheval à vos mouflets, à quelques minutes de chez vous, devant des paysages magnifiques, pour une somme dérisoire ? 

Si, si, c’est possible. 

L’initiative est vraiment chouette : il y a 17 ans, quelques amis, entrepreneurs sociaux, ont décidé de faire de ce vieux complexe hospitalier abandonné un centre de micro-développement pour la jeunesse. 

Aujourd’hui, c’est un petit hameau communautaire où l’on trouve aussi bien des ateliers de travail sur métal, sur bois et d’artisanat, des projets sociaux, qu’une salle de fête ultra équipée pour les anniversaires, des potagers, une auberge de jeunesse, une piscine publique, et même… Un petit centre hippique. 

A 10 minutes à peine du centre ville de Cape Town, vous pouvez emmener vos bambins faire des tours à dos de cheval – 10, 20, 30 minutes ou même une heure – et à partir de 6 ans, commencer les leçons d’équitation. 

L’environnement est assez étonnant, offrant contre toute attente – puisque le site est au bord de l’autoroute – un angle de vue superbe et inhabituel sur la Montagne de la Table : 


Les prix sont extrêmement bas et défient toute concurrence : 50R pour la demie heure de balade à cheval et 140R pour le cours d’1 heure, tout inclu.

Les chevaux du centre ont été sauvés de situations d’abandon ou de maltraitance. 
Ils sont particulièrement bien chouchoutés et nourris ici, et sont très doux avec les enfants. 

Naturellement, nos Jujutrépides – qui nous tannaient depuis des mois pour retourner faire du J’VAL – ont été absolument ravis :

Après avoir tiré à la courte-paille, les chevaux furent attribués.

Les garçons, pas la peine de vous chamailler, on va tirer à la courte paille, c’est plus juste.
Ok, deal, on ne contestera pas la décision.
Tancrède à tiré la courte paille !
Trystan, tu auras donc le cheval marron.
Mince, j’voulais l’blanc… J’m’en vais.
Et chacun a pu partir pour sa balade :

Tancrède M….
Toujours aussi bavard…

Voilà, les filles, nous n’avons plus d’excuses, pour les jours de flemme !

Vraiment plus AUCUNE (cf. le moniteur ci-dessous).

Ça pourrait même devenir une bonne excuse. 

Sur ce, je vous laisse, bon week-end à tous !

JujuCopyCat

En fait, les enfants 
sont des copycats.
Un peu comme les psychopathes, quoi.

Ils imitent. 

Ils grandissent, ils s’éduquent, ils murissent, ils maturent en copiant les attitudes des gens qui les entourent. 

Oui, je sais, rien de bien révolutionnaire là dedans, le mimétisme anthropologique, tout ça, tout ça. 

Ce que je voulais dire – et que j’ai découvert avec le temps – c’est qu’ils ne se contentent pas d’imiter. 
Il imitent ABSOLUMENT TOUT

Le problème, c’est qu’au début, on ne s’en rend pas vraiment compte…

Ils roupillent le plus clair de leur temps et n’ouvrent l’oeil que pour bouffer ou pour hurler.
(Oui, je sais, pas tous. Mais moi, je n’ai connu que ce modèle.)

Avec le temps, ils semblent tellement passionnés par les mouches qui volent et le cube rouge qui ne rentre pas dans le rond bleu, que l’on se sent conforté dans l’idée qu’ils vivent dans un monde un peu parallèle au nôtre. 

Il faut de longues années, avant qu’ils ne soient capables de véritablement communiquer avec nous, autrement que par des pleurs ou des sourires. 

Lorsqu’on est jeune parent tout frais émoulu dans la fonction, on finit donc naturellement par les considérer comme de petits êtes à part, devant lesquels il est possible de dire à peu près n’importe quoi sans que cela ne prête réellement à conséquences : les gros mots, les discussions les concernant, les discussions de couples, les gueulantes de couple, les données confidentielles du boulot, les recettes de cuisine… N’importe quoi. 

Evidemment, tout cela est une terrible erreur.
Un horrible malentendu. 
D’un point de vue parental, j’irai même jusqu’à dire : une faute grave !

Car en réalité, ils ont tout absorbé, tout retenu. 
Et quelques années plus tard, tout ressort. 
Tel un boomerang spacio-temporel en pleine face.

Le parent effondré découvre alors qu’il n’a pas seulement une responsabilité morale et éducative envers son enfant, un rôle de modèle symbolique. 
Non, le défi est bien plus titanesque :
Il réalise que ce rôle implique un devoir d’exemplarité ABSOLUE.

Et permanent.  

Pas de vacances, de weekend ou de jour off. 
24 heures par jour, 7 jours sur 7, 365 jours par an, le parent doit rester conscient que chacun de ses gestes et chacune de ses paroles pourront être retenus contre lui. 

En fait, les gamins, c’est pire que la législation américaine.
Bien pire :

– “Maman, tu m’donnes des carottes ?”

– “J’entends pas.”

– “MAMAN TU M’DONNES DES CAROOOOTTES !?”

– “Quand on ne me dit pas “s’il te plait”, je n’entends pas Tancrède, tu le sais depuis le temps que je te le répète…”

– “MAIS MAMAN JE VAIS PAS DIRE SITEUPLÉ TOUTE LA JOURNÉE QUAND MÊME !!! JE SUIS FATIGUÉ DE DIRE SITEUPLÉ TOUT L’TEMPS !!!! Je dis une fois et après, t’as compris !”

– “Non, Tancrède, ça n’est pas négociable. Quand on est bien élevé, on dit “s’il te plait” et “merci” à chaque fois. Et arrête de crier.”

– MAMAN DONNE MOI MES CAROOTTES TOU’D’SUITE !!!!!”

– “TANCRÈÈÈÈÈÈÈÈÈÈDE !!! ARRÊTE DE CRIER !

– “TOI, ARRÊTE de crier maman.”

– “…”

– “Et pi en plus, t’as pas dit SITEUPLÉ, après “Tancrède, arrête de crier.”

– “Tancrède, ON NE PARLE PAS COMME ÇA À SA MAMAN !”

– “Tu WOIS’, qu’c’est toi ki cries ?!”

– “Tancrède, ma patience est à bout !”

C’est là que le gosse se barre en claquant la porte.

En même temps que, les yeux écarquillés, tu te demandes encore à quel moment tu as échoué dans ton job de mère pour en arriver à ce qu’un enfant de 4 ans te fasse subir des trucs pareils, tu t’acharnes sur la poignée (le bois joue en été) pour rouvrir le passage.
Quand la voie est enfin dégagée, et que tu fonces derrière ton fils pour partager vertement avec lui ton point de vue sur la situation, ton mari passe innocemment, son verre de coca à la main, et t’apostrophe l’air goguenard dans le couloir : 

– “En même temps, ma chérie, je ne voudrais pas en rajouter, mais si tu commençais par arrêter de claquer les portes à chaque fois qu’on s’engueule, on n’en serait pas là. Il t’imite, ce pauvre gosse.”

A ce stade, tu ne sais plus si c’est le morveux ou le père que tu vas courser… puis assommer. 

Tu optes pour le gamin. 
(Le père, t’as encore le temps de lui régler son compte plus tard dans la soirée.)

– “Tancrède ! Je te parlais, reviens s’il te plait.”

– “Ouiiii, maman ?”

– “Assieds toi, je te prie, on doit discuter.”

– “Ok maman.”

– “Tancrède on ne parle pas comme ça à maman et on ne claque pas les portes quand on est énervé. On risque de se faire très mal aux doigts et de casser la porte. Parfois je le fait, mais en fait, c’est pas une bonne idée. Tu promets de ne plus le faire ?”

– “Oui, ze promets. Mais si on fait deal là dss’us, toi tu promets de plus crier.”

– “Ok, tu as raison mon fils, deal.”

Dix minutes après nous être serré la main sur nos engagements, je l’entends qui hurle sur son frère, dans leur chambre. 
Avant que j’ai pu me diriger vers eux pour calmer le jeu, j’entends leur porte qui claque, tel un coup de feu raisonnant dans la maison…

– “TANCRÈDE ! TU M’AS PROMIS DE NE PLUS CLAQUER LES PORTES !”

– “Et TOI t’as promis de plus crier.”

A ce stade, tu hésites entre étrangler le gamin ou te jeter depuis le toit de la maison. 

– “Tancrède, tu ne peux pas te comporter comme ça. Tu es puni au coin. Je viendrai te chercher quand la punition sera levée, ça te laissera le temps de réfléchir.”

– “J’entends pas…”

– “COMMENT ?!?”

– “J’entends pas et je fais pas quand on m’dit pas siteuplé.”

#DésespoirParental
#CEstTropDur
#HaraKiri
#MaisPOURQUOI?

Voilà… :
En fait, pour être un bon parent, il ne faut pas faire d’enfant. 


Les Juju-rapporte-paquets-sans-ficelle

En ce moment, 

mes fistons 

se comportent 

en horribles petits cafteurs.


C’est récent, et date d’il y a peut-être un ou deux mois :
A chaque fois que l’un d’eux prépare / a commis une bêtise – autant dire que la fréquence de leurs interventions est élevée – l’autre prend semble-t-il un malin plaisir à venir nous le raconter. 

C’est nouveau, car jusqu’à présent, ils avaient plutôt tendance à respecter entre eux une règle de stricte omerta. 

Le plus étonnant est d’ailleurs qu’après chaque dénonciation, le misérable délateur semble se repentir en venant nous supplier de ne pas punir la victime de son mouchardage. 

Naturellement, il eut été tentant de céder aux sirènes de la facilité et d’user de cette nouvelle arme pédagogique opportunément tombée du ciel pour faire appliquer la loi et la discipline dans cette maison, avec une aisance soudainement déconcertante. 

D’ailleurs, je ne dis pas que je n’en n’ai pas profité… Certaines (rares) fois…

Mais le procédé ayant vite tourné à la délation permanente, nous avons pris la décision de donner un coup d’arrêt à cette ambiance délétère.

Au début, nous leur disions gentiment : 

– “Les enfants, arrêtez un peu de vous dénoncer, c’est pas joli de rapporter.”

– “Arrêtez, les rapporte-paquets sans ficelle !”

Etc.

Devant l’inefficacité totale de la méthode, nous avons décidé de passer au stade du dessus : punir les deux. 

Histoire de ne pas faire de jaloux. 

Celui qui avait fait la connerie ET celui qui avait cafardé.

La situation était idéale : le parent pouvait tranquillement profiter de l’informateur et ainsi simplifier grandement sa vie d’éducateur, tout en inculquant des principes nobles de solidarité et de courage.

Malheureusement, rapidement, nos petits futés ont pressenti l’inanité de la manoeuvre et instinctivement deviné les principes basiques du fameux Dilemme du Prisonnier. 
Ils ont donc promptement réagi et contre-attaqué : le mieux étant encore de revenir au système de l’omettra, bien plus avantageux pour eux. 

C’est Trystan qui a pigé le premier, un après midi qu’ils étaient tous deux punis au coin sur les marches des escaliers.
J’ai alors eu le sentiment d’assister à une scène à la fois effrayante et désopilante, entre deux petits malfrats mis en cabane, chuchotant entre eux et réfléchissant à leur stratégie juridique.

Le coeur gonflé d’affection, un peu désemparée, mais le sourire au lèvres, j’ai eu du mal à rester sérieuse, planquée derrière la porte de la cuisine :

– “TANCRÈÈÈD’ !!! Arrête de rapporter la ficeeeeeeeelle !!!!! Tu wois bien ki’ faut pas qu’tu lui parles, sinon elle nous punit tous les deux !”

– “Mais c’est TOI k’a fait la bêtise Trystan !”

– “Oui mais si tu lui dis, elle va t’punir AUSSI !”

– “Alors keske j’dis ?”

– “Mais RIEN Tancrèd’, tu dis RIEN…

#AuSecours
#LockStockAndTwoSmokingBarrels
#MonFilsCeLoubard

Découvrir la ville souterraine de Cape Town

Peu de personnes le savent, 

mais il existe un réseau de canaux souterrains

sous la ville de Cape Town !


Et j’ai eu l’occasion de les visiter récemment. 

Bon, c’est sûr, mieux vaut être en forme et ne pas ressentir d’aversion trop extrême envers les cafards !
En dehors de ça, la visite est assez impressionnante :

Juste après leur arrivée en 1652, les Hollandais de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales décidèrent de construire des canaux à ciel ouvert, dont l’objectif principal était de conduire l’eau des nombreuses sources d’eau potable de la Montagne de la Table vers la ville ; notamment pour l’arrosage des immenses Jardins de la Compagnie dont les fruits et les légumes assuraient le ravitaillement des bateaux de passage au point stratégique du Cap. 

Moins de trois ans après leur création, les premières maladies infectieuses liées à la consommation de l’eau firent leur apparition dans les registres historiques de la ville, les canaux ayant été rapidement pollués par les déchets de la vie urbaine.
Curieusement, Le Cap de connaitra pourtant jamais d’épidémie majeure dévastatrice, remerciant le vent de sud-est, le fameux “Cape Doctor”, soufflant plus de la moitié de l’année sur la région, et qui éloigne aujourd’hui encore quotidiennement l’air pollué de la ville. 

A l’arrivée officielle des Anglais en 1806, décision est prise d’assainir ces fossés insalubres : les anciens canaux sont détruits et reconstruits de manière circulaire et complètement fermée, comme de véritables drains placés à environ trois mètres sous le sol, l’eau serpentant désormais jusqu’en bas de la ville avant d’aller se jeter dans l’océan. 
Ils furent tous bâtis à l’aide de mortier et de briques spécialement acheminées d’Angleterre à bord de bateaux qui – ne pouvant flotter correctement à vide – repartaient lestés de pierres de la Montagne de la Table : c’est la raison – incroyable – pour laquelle on trouve encore en Europe ou en Asie, quelques bâtiments construits à partir de la célèbre montagne !

Il existe aujourd’hui quatre tunnels souterrains principaux, qui sinuent un peu partout sous le centre ville de Cape Town.
Un seul se visite officiellement, il relie Deer Park et Strandstreet, la rue qui bordait l’océan jusqu’à ce que la ville gagne du terrain sur l’eau, au milieu du 20ème siècle. 
Un seul prestataire propose le tour de ce souterrain. 
Le point de départ étant une sorte de goulot semblable à une bouche d’égout :

On y accède par une petite porte dérobée normalement verrouillée, à l’arrière du château, attenante à l’ancienne chambre des tortures, et qui donne ensuite sur les douves. 

A l’intérieur du tunnel, l’obscurité est totale, à l’exception de quelques rares puits de lumière, les grilles d’aération, qui donnent en général sur les rues de la ville. 

Le bourdonnement des voitures sert donc de fond sonore à la visite, en plus de l’apaisant et délicat bruissement de l’eau qui s’écoule. 

Toute l’année, le niveau de l’eau au fond des rigoles est stable, autour des 10 cm. Durant les périodes d’inondations, il est arrivé qu’elle monte jusqu’à 1,70 m – soit plus des trois quarts du tunnel – comme le prouvent les clous encore chargés de feuilles et de brins végétaux charriés par l’eau, visibles le long des murs.

Le sol étant extrêmement glissant, les déplacements – très ralentis ! – s’effectuent chaque jambe de part et d’autre du petit ru qui coule au sol : mieux que l’heure de sport à la salle de gym… La marche dans les souterrains de Cape Town !

L’eau s’écoule assez rapidement, à un rythme de 10 litres par seconde. 
Ce sont donc environ 865 000 litres d’eau qui sont rejetés chaque jour dans l’océan…
Cette situation de gâchis a rapidement exaspéré la population capétonienne qui a réussi à faire mettre en place un système de réutilisation de cette eau perdue : le Stadium, le principal stade de foot de la ville, ainsi que le parc de GreenPoint sont maintenant enfin irrigués grâce à lui. 
D’autres projets sont en cours pour faire cesser cette situation révoltante aux vues de l’état de sécheresse régulier du pays.

Avec le temps, de nombreuses fuites sont apparues dans ces canaux dont l’eau pure se mêle à des filets de boue débordant des égouts voisins…

Les colmatages sont rudimentaires. 

Les araignées et les cafard sont pratiquement les seuls habitants de cette ville souterraine et leur rôle de nettoyeurs naturels des organismes générés par l’humidité permet de maintenir ces canaux vieux de plus de 200 ans en bon état de fonctionnement. 

Certains cafards deviennent albinos, à force de rester dans le noir…
Leur nombre impressionnant a même donné des idées
à certaines sociétés de production spécialisées…!

La sortie s’effectue par une vieille porte en bois minuscule, à quelques centaines de mètres du point de départ, sur StrandStreet :

Franchement, l’expérience est vraiment intéressante et amusante, allez-y.
Mais n’oubliez pas vos bottes de pluie !

Découvrir Kitima

Les amis, 

voici mon coup de coeur gastronomique 

de la semaine !


Kitima, un vrai petit bijou de restaurant, au niveau du 140 Main Road à Hout Bay, est niché au coeur du petit hameau de Kronendal, l’une des plus anciennes propriétés du pays. 

Le contraste entre l’aspect extérieur de cette magnifique bâtisse au style classique Cape Dutch et la décoration intérieure, réaménagée avec goût à l'(extrême) orientale, est surprenant et particulièrement accueillant. 

On s’y sent instantanément bien, un peu comme si l’on s’était réfugié dans un petit cocon, blotti au creux d’un monde parallèle. 

Le charme incomparable du lieu tient aussi au chef Kuan, d’origine malaisienne, qui propose une cuisine thaïlandaise aux inspirations asiatiques de haut niveau, et qui diffuse dans ses créations toute la chaleur et la passion de sa philosophie culinaire : 

Convaincu que “la cuisine est une médecine” et qu’elle “est avant tout harmonie”, il croit en l’art du beau jusqu’au coeur des assiettes. Pour lui, “un repas est un voyage” durant lequel tous nos sens doivent être sollicités. 

C’est la raison pour laquelle il a entrepris de développer son propre jardin d’herbes aromatiques, une merveille de feng shui qui pousse à l’arrière du restaurant : 

La citronnelle…
“L’herbe du Tigre”, connue en Asie pour ses effets réjuvénateurs…

Les salades hydroponiques…

Le basilic asiatique 
Le curcuma, le plus célèbre des aliments anticancer de la planète. 
Les minuscules aubergines asiatiques…
La coriandre vietnamienne, bonne pour la digestion,
qui n’a rien de commun avec la coriandre classique et dont la saveur est indescriptible.

Grâce à ce potager particulièrement riche et fourni, tous les plats proposés à cette table ont le goût de l’authenticité : savoureuse, parfumée, douce, comme la vraie cuisine thaïe…

Jus détox : gingembre, citronnelle, herbe du tigre pressés et sucre roux.
Salade de papaye verte : papaye verte, carotte, tomates cerise,
citron vert, sauce de poisson, poudre de crevettes séchée, sucre de palme et piments, cacahuètes grillées. 
Curry panang de poulet aux litchis : lait de coco, poulet, tomates cerise, litchis, basilic asiatique, feuilles de citron kaffir, sucre de palme, sauce de poisson.
Infusion de gingembre : gingembre, jus de citron vert et miel.
Riz gluant au lait de coco et à la mangue.

L’équipe est même spécialisée dans la sculpture sur fruits et légumes, vous offrant des spectacles inédits d’une exceptionnelle et incroyable précision :


Attention, ils sont fermés le lundi et n’ouvrent que le soir à partir de 17:00. 
Le Dimanche, au buffet uniquement, dès midi. 

Ah ! Et j’oubliais : avant le diner, vous pouvez réserver au spa thaï le Coco, situé dans la maisonnette attenante au restaurant, histoire de vous offrir une soirée complète de bonheur. 

Courrez-y.

Les Jujus de société

Les convergences de la vie, 
parfois, 
sont étonnantes. 


C’est amusant comme, tout à coup, pour aucune raison apparente, sans que l’on fasse d’effort particulier ou que l’on prenne de décision spécifique, le cosmos semble se donner beaucoup de mal pour nous faire cheminer dans une direction précise. 
Cela semble valable pour les grandes décisions mais aussi pour les petits détails du quotidien. 

Et bien, chez nous, ces derniers temps, le karma est très axé “jeux de société”. 

Tout a commencé avec leur tonton Marco et leur tatie Steph qui leur ont rapporté en décembre dans la hotte du père Noël un Croque-Carottes : sorte de jeu de l’oie simplifiée pour les tous petits, avec les lapins à la poursuite de leur carotte et dont la route est semée d’embuches. 

Ils ont, il y a quelques semaines, reçu en cadeaux de nos amis le BATAWAF et le MISTIGRI, apparemment dernier must en date dans les maternelles de France.


C’est là que j’ai découvert à quel point j’étais à la ramasse, niveau jeux de société. 
En même temps, je vis à 13 000 bornes : rester à la page exige beaucoup d’abnégation.

Et puis ça n’est pas forcément entièrement de ma faute : fille unique avec des parents peu enclins à ces divertissements… 
A part le tarot, adolescente, la bataille et peut-être bien un vague souvenir de Cochon Qui Rit vers 6 ou 7 ans… 
Mon héritage ludo-éducatif est proche du néant intersidéral. 
J’étais donc à des lieues de penser à orienter mes fistons dans cette voie. 

Mais les forces occultes s’en sont visiblement chargées !
M’étant récemment retrouvée dans un bar à jeux – oui, chers amis pour ceux qui ne connaissent pas, c’est comme les bars à bière ou les bars à vins, sauf que là, on essaye des jeux – je me suis vue convaincre d’en rajouter une couche:

J’ai ainsi découvert l’intensité des bénéfices liés à ces activités : c’est  tout bonnement merveilleux !

Oui, je sais, pour certains d’entre vous, il s’agit là d’une évidence, mais pour tous ceux qui comme moi on découvert le Monopoly et le Trivial Pursuit à 26 ans, c’est une révélation.

Développement de la concentration et de la logique…

Premier pas vers la géométrie dans l’espace…

… Et découverte de la 3D…

Amélioration de la maturité et apprentissage de l’échec… 

Après plusieurs essais ayant vite tournés vinaigre devant l’impatience de nos Jujutrépides, j’ai découvert ces deux derniers jeux où l’on peut commencer à s’amuser tout seul, avant de passer dans un second temps à des duels avec l’autre. 
Au début, sans compétition, l’enfant se concentre sur sa réflexion et l’apprentissage du jeu. 
La frustration est donc limitée et rapidement dépassée et transformée en immense fierté ressentie par le petiot qui s’ébahit alors, une fois qu’il a compris, devant ses propres capacités insoupçonnées !

Naturellement, tout ce cheminement prend du temps. 
Beaucoup de temps. 
Mais quel plaisir de les voir progresser à vue d’oeil… 
Et revenir d’eux-mêmes chercher la boite de jeu pour récidiver, une fois la grosse colère passée… 

Hier, après 30 minutes consacrées à s’escrimer sur une version simplifiée du Tetris, Tancrède à finalement explosé, à bout de patience :

– “MAMAAAAAAAAAAN !!!!!!! TOUS CES CUBES, ÇA M’ENERVE !!!”

– “Je sais Tancrède, c’est pas facile, mais regarde là, tu y es presque !”

– “C’est INCHUPORTAAAAAABLE !”

– “Mais mon amour, c’est comme ça quand on apprend, après tu va voir, tu vas adorer jouer à ça !”

– “ET BIN PEUT-ETRE DANS LONGTEMPS MAIS MOI MAIN’NANT, ZE SUIS UN MAUVAIS JOUEUR, ALORS ZE M’EN VAIS !”

C’est sûr, y’a encore du boulot.

Nota bébé : pour vous procurer tous les jeux possibles imaginables à Cape Town, une seule adresse : The Big Box Café

Call me Mama, Mama Pom.

C’est tout nouveau,

ça vient de sortir.


Nos fils nous appellent par nos prénoms. 

Je sais pertinemment d’où ça vient :

En temps normal, les seuls qualificatifs qu’ils entendent nous concernant sont “chéri(e)” ou “mon amour”.
Parfois, j’avoue : “boooooordel-merde-chéri-quand même !”…
Mais ça ne change pas le propos.

Pour eux, nous sommes donc “papa” et “maman”.

Seulement, ces derniers trois mois, nous avons eu beaucoup de passage à la maison, les prénoms de chacun rebondissant de part et d’autre en permanence. 

J’imagine que c’est la raison pour laquelle ils ont subitement commencé à les utiliser eux aussi. 

Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, mais la première fois que votre gamin vous nomme, ça fait super bizarre. 

C’est même très dérangeant, presque blessant, curieusement. 

Comme si finalement, nous n’étions plus qu’une personne anodine à leur yeux. 
Comme si nous avions subitement moins de valeur.
Comme si nous avions perdu notre spécificité et cette relation unique qui nous lie. 
Comme si notre enfant n’avait subitement plus besoin de nous, était devenu grand durant la nuit. 
D’ailleurs, lorsque nos Jujutrépides le font, on sent qu’ils sont mal à l’aise eux aussi devant ces mots inhabituels qui sortent de leur bouche pour nous apostropher. 
Un petit sourire se dessine sur leurs lèvres, presque gêné, mi amusé mi provocateur. 

Bref : clairement, ils se donnent beaucoup de mal pour nous signifier que nous avons passé un peu trop de temps à les négliger. 

Il s’agit, assurément, d’une phase, d’un passage, qui disparaitra sans doute de lui-même, une fois le calme de nos vies retrouvé. 
L’autre jour, j’ai tout de même décidé de relever : 

– “Mon amour, pourquoi tu m’appelle Pom maintenant ? Ça me fait drôlement bizarre tu sais.”

– “Bin, c’est ton nom, non ?”

– “Oui, c’est vrai. Mais tu sais, je préfère quand tu m’appelles maman.”

– “Bah pourquoi ?”

– “Bin… Bin… (Là, tu sens que ton gosses t’as piégée dans une zone psychologique pas super limpide de ton cerveau, et qu’il faudrait que tu creuses un peu en toi pour y voir plus clair)… Bin… Parce que… Parce que… Je sais pas chéri… C’est juste que ça me fait un peu de peine…”

T’as envie de lui dire “Parce que j’ai l’impression que tu ne m’aimes plus”, mais comme t’as pas 12 ans et que tu es une adulte, et surtout que tu es le parent, tu prends sur toi. 

– “Ça te fait triste mama !?”

– “Oui un peu. Comme si, tout d’un coup, j’étais juste une amie pour toi, et j’aime pas trop ça. Parce que je suis ta maman, tu comprends ?”

Devant la mine renfrognée du gamin, j’insiste : 

– “Evidemment, Pom, c’est mon nom chéri, mais jusqu’à présent tu m’appelais maman. Pourquoi as tu changé ?”

– “Pass’que… Pass’que… Et bin… Pass’que Elea, elle t’appellait touzours TATIE POM.”

– “Aaaah… Oui mais tu sais, Elea, elle m’appelle comme ça parce que sa maman c’est comme une soeur pour moi. Donc Elea c’est comme si c’était ma nièce.
Mais toi, tu vas pas m’appeler tatie Pom. Je suis pas ta tante n’est ce pas ?”

– “Non… MAIS T’ES MA POM”.

#OedipeQuandTuNousTiens
#LesEnfantsOntBesoinD’AttentionPermanente