L’autre jour,
J’avoue, je suis restée silencieuse quelques instants devant l’information, incapable de savoir quoi en penser et quoi dire à mon fils.
A la fois un peu agacée par la maitresse mais aussi indécise face au positionnement éducatif sous-jacent…Et finalement un peu perturbée.
Devant les yeux grands-ouverts de mon fiston adoré, fixés sur ma personne comme s’il attendait un commentaire très important de ma part, j’ai donc pris sur moi pour essayer de lui donner ce qu’il semblait attendre :
– “Euuuh, oui… Et tu sais ce que ça veut dire cette phrase, mon amour ?”
– “Oui. Ça veut dire que les grands garçons comme moi, ils pleurent pas !”
Assénée avec beaucoup de sérieux, les sourcils un peu froncés et le torse soudainement plus bombé.
Je suis de plus en plus perplexe.
Instinctivement, cette expression me met mal à l’aise.
Bien sûr que les garçons pleurent et doivent avoir le droit de pleurer.
Qu’ils soient petits ou grands.
Nous ne sommes plus au 19ème siècle où la virilité passait par la répression des sentiments.
Et en même temps, quand je regarde son petit visage déterminé et son petit nez tout chiffonné de mini-caïd qui essaye d’en mener le plus large possible… Je m’interroge.
Cette phrase semble le faire se sentir bien. Fier de lui. Fort.
Alors à quoi rimerait de contredire ce que sa maitresse lui a dit ?
Je tente donc simplement :
– “Et qu’est-ce que tu en penses alors toi ?”
– “Bin… J’sais pas trop. Est-ce que ça veut dire qu’on n’a pas le droit de pleurer ? Pass’que les filles, elles, elles pleurent tout l’temps !”
– “Mon amour, je vais te dire ce que moi j’en pense : je crois que les larmes sont pour tout le monde ! Même les animaux pleurent parfois. Tu as tout à fait le droit de pleurer si tu es triste et que tu as du chagrin. Pareil quand tu es très heureux, ou quand tu sens plein de trucs qui chatouillent dans ton coeur : ça s’appelle les émotions.
Tu fais comme tu veux, en fait. T’as envie de pleurer, tu pleures, t’as pas envie, tu pleures pas. C’est toi qui sais comment tu te sens.”
Et là, je le vois qui se rapproche de moi imperceptiblement, puis qui vient s’assoir doucement sur mes genoux me disant, une soulagement évident dans la voix :
– “Aaaaaaaaaah…. D’accord…”









































































