Juju-franchouillards

“Mamaaaaan ? 

Quand est-ce 

qu’on rentre en Fraaaaance ?”


Silence dans l’habitacle. 

Pourquoi c’est TOUJOURS dans la voiture qu’ils me sortent des trucs pareils ? 
Quand je conduis et que je ne peux pas réagir….
Cet été – enfin … Cet hiver, de ce côté-ci de l’Equateur – pour la première fois depuis notre départ de France il y a plus de trois ans, nous avons décidé avec leur papa de ne pas rentrer en juillet… 
Sachant que vu le mélange culturel chez nous, “rentrer” revêt toujours un sens un peu particulier et une complexité certaine

J’avoue avoir été étonnée par la question de mon fiston :
Quel peut bien être leur attachement à un pays dont ils n’ont que très peu de souvenirs ? 
Pourquoi cette demande pressante, nous qui n’avons jamais fait grand cas du “retour de l’été”, jusque-là considéré comme une simple étape évidente, qui sanctionnait pour eux la fin d’année scolaire. 

Ce moment où l’on fait (à nouveau) les (grandes) valises. 

Je subodore d’ailleurs que durant toutes ces années – et entre tous ces déménagements – nos Jujutrépides n’aient pas bien percuté à chaque fois s’il s’agissait d’une énième réinstallation ou de simples vacances. 
Les deux notions étant longtemps restées très imbriquées dans leurs petits cerveaux. 

Notre séjour sud africain étant le plus long et stable qu’ils aient passé de toute leur existence (20 mois d’affilés), j’imagine que la différenciation est en train de se réaliser.
J’ai tout de même voulu en savoir plus : 

– “Chéri, pourquoi tu me parles de la France ? Tu sais ce que c’est la France ?”

– “Oui. La France c’est là où tout l’monde va cet été. Et moi j’veux y’aller aussi. Pass’que la France, c’est SUPER.”

– “Tout le monde y va ? Comment ça ?”

– “Bah oui. Mes zamoureuses Victoire et Maxine, elles sont dézà parties. Et Looping il part demain.”

– “C’est qui Looping ?”

– “C’est Loup. Mais moi j’l’appelle comme ça. Passque c’est MON Copain.”

– “Ah. Je comprends : t’es triste à l’idée de ne plus voir tes amis pendant les grandes vacances, c’est ça ?”

– “Bah oui…”

– “Bah oui… Evidemment mon pauv’ chéri. Voyons, qu’est-ce qu’on pourrait faire pour t’aider… Voilà ! Tu sais tes copains, ils ne vont pas partir 2 mois entiers. Donc je vais écrire à leurs mamans et dès qu’ils seront tous rentrés, on fera une grande fête à la maison d’accord ?”

– “Moui… Mais maman, pourquoi nous on n’y va pas en France ? QU’EST CE QU’ON VA FAIRE SANS LA FRANCE !?”

Je me marre, intérieurement. 

– “Mais chéri, même si on y allait de toute façon, c’est grand la France, donc on n’aurait pas forcément été au même endroit que tes amis et tu ne les aurais pas vus non plus !”

– “Beuhh… Ah… Mais on pourrait leur demander où y’ vont alors, pour aller avec eux ?”

Têtu le môme. 

– “Chéri… On ne s’impose pas comme ça… Et puis les vacances c’est aussi un moment où on se retrouve en famille, tu comprends…”

– “…”

Je le sens tristounet dans son siège auto à l’arrière. Il regarde l’océan tout gris sur lequel flotte le brouillard hivernal typique de Cape Town…

– “Mais Tu sais que nous aussi on va faire des trucs géniaux mon amour !”

– “…?…”

– “On va aller au parc Kruger pour faire un safari. On va voir pleeeeeein d’animaux, tu te souviens, comme on avait fait avec Mamija, y’a pas longtemps ?”

– “… Ah oui ??…”

Je le sens qui reprend du poil de la bête à l’évocation des animaux de la ferme africaine. 

– “Mais oui chériiii ! Même que Teta et Jeddo vont venir ! On va louer un minibus et on va aller voir des lions, les éléphants, les guépards, on va voler en montgolfière au dessus d’un des plus grands canyons du monde, on va aller pêcher la truite et peut-être même voir la neige dans un endroit qui s’appelle le Drakensberg ! Et après, on va aller se baigner dans de l’eau chaude au bord de la plage à Durban ! 


A ce stade, tu te dis que ton gosse va sauter de joie, enjoué et reconnaissant à l’idée de découvrir toutes ces merveilles. 

Mais dans la réalité, il te répond, ivre de joie : 

– ” C’est vrai ? ON VA PRENDRE UN MINIBUS !?!?!!!!!”

– “…”

Après tout, s’il n’y a que ça pour le motiver…


La fashion quête du Graal spatial

Ok. 
Blanc. 
Pas de problème. 


Ceux qui me suivent depuis quelques années savent que grâce à la “Mère Supérieure” qui régnait en maitre sur la petite école mexicaine où nous avions placé nos Jujutrépides à Mexico, j’ai pris de la bouteille. 


Soyons honnêtes, 
avec deux ans de recul, je la remercie infiniment pour cette magnifique formation dont elle m’a fait bénéficier. 
En effet, grâce à elle, plus rien ne me semble impossible : 

Dégotter un déguisement de mouton taille 3 ans, 24h avant une représentation.
Elementaire. 

Préparer 25 paquets cadeaux composés chacun d’un hélicoptère en plastique et d’un tube-qui-fait-des-bulles-de-savon, pour dans 2 heures.
Easy. 

Trouver deux ballons en plastique bleus à rayures jaunes avec des étoiles vertes, sous 3 jours.
Basique. 

Comprendre sans traduction ce que sont les Alegrias de Amaranto (sorte de pains de céréales au miel, donc) et en livrer 30, pour le lendemain.
Challenge de débutant. 

Ainsi, quand la gentille maitresse de Cape Town – elle ne boxe pas dans la même catégorie, soyons lucides – m’a réclamé à J-8 un costume de cosmonaute blanc immaculé … Même en plein hiver, ça m’a presque fait marrer. 

Sans stress particulier, je me suis donc rendue calmement au plus gros centre commercial de Cape Town où se trouvent toutes les marques de vêtements infantiles.

Une heure et demie plus tard… Guess kids, Zara Baby, Little H&M… J’ai écumé tous les magasins pour enfants du mall (une bonne petite vingtaine). 

En vain. 

Ne me laissant pas démonter devant une si faible résistance, je décide de ruser en me rendant dans les différents magasins de jouets, espérant y trouver l’objet de ma recherche. 
Je suis prête à investir – le prix de ma tranquillité – dans un ensemble de Storm Trooper sorti tout droit de Star Wars.

Raté. 

Quatre magasins plus tard, je ressors bredouille, la conviction définitive que Darth Vador semble jouir d’une cote bien plus élevée auprès de nos maléfiques créatures que ses p’tits soldats blancs. 

Je tente alors les magasins de farce et attrape. 

Macache Bono. 

Je passe aux deux hypermarchés qui disposent de lignes de vêtements pas chers. 

Oualou. 

Cela fait déjà près de trois heures que j’ai commencé ma fashion quête du Graal spatial. 

Et, n’ayons pas peur des mots : je tourne en rond. 

Je sens les battements de mon coeur qui s’accélèrent. 
Ma bouche qui s’assèche. 
Ça me rappelle Mexico, quand la MS marchait vers moi et que mon corps, conditionné tel le clébard de Pavlov, commençait à stresser à l’idée de ma prochaine vexation à venir.
Les souvenirs mexicains de mon incurabilité de mère-toujours-à-la-ramasse me reviennent à l’esprit :
J’imagine déjà mon pauvre Tancrède, seul enfant habillé de gris – la couleur la plus proche disponible dans son placard – sorte de grosse tache au milieu d’un parterre d’enfants purs et étincelants. 

Tout à mon désespoir, je m’assoie sur un petit banc au milieu du gigantesque hall, pour reprendre mon souffle et réfléchir à la prochaine étape. 

A cet instant, comme descendue du ciel, une vendeuse s’approche de moi : je me souviens d’elle. Elle était dans les rayons de chez Guess tout à l’heure. 

Elle me regarde avec un air de pitié dans les yeux et se penche vers moi en me disant : 

– “Vous n’avez toujours pas trouvé ?”

Surprise de sa sollicitude et de sa mémoire, je lui souris :

– “Non effectivement… Ça commence à m’inquiéter car si je ne trouve pas ici je ne vois pas où je vais pouvoir y arriver…” 

Et là, elle me dit : 

– “J’ai réfléchi. Il y a une solution à votre problème. Mais il faudrait juste… Probablement pas… En parler à votre mari.”

Interloquée, je la regarde avec des yeux ronds. 
Elle enchaine : 

– “J’ai un pantalon parfaitement blanc, taille 5 ans. 
MAIS C’EST POUR LES FILLES.”

Je la regarde en me disant que c’est la vendeuse la plus dévouée de l’histoire commerciale, et que j’ai envie de l’embrasser. 
Et surtout : que j’en n’ai rien à cirer que ce soit pour les filles. 

Je m’empresse de faire mon achat. 

Le jour J, jour du spectacle de fin d’année scolaire de nos Jujutrépides, nous sommes toutes en train d’habiller nos enfants en préparation de leur passage imminent sur la scène de l’école. 

Je m’apprête à passer une première jambe dans l’objet du délit, quand Tancrède se met à HURLER en beau milieu de la classe : 

– “MAMAN !!!! T’AS VU L’PANTALON K’TU M’AS ACH’TÉÉÉÉÉÉ ??? Y’A DES FLEURS ROSES ET DES P’TITS COEURS PARTOUT EN HAUT DES FESSES !?!?!?!”

Tous les visages des mères parfaites se tournent vers moi, le rire aux lèvres, pendant qu’elles passent le p’tit jogging blanc impeccable à leur propre fils…

Bref…

Conclusion scientifique majeure : 
Il n’y a pas de différence entre le temps et l’espace. 
L’humiliation parentale n’a pas de limites. 
Elle raisonne et peut même parfois renvoyer de douloureux échos du passé. 

#LesSpectaclesDeFinD’Année

#DesTraumatismesPourTouteLaVie


Trop de NON tue le NON

Quand 

faut-il dire “non” ?


J’ai récemment réalisé un truc assez désagréable me concernant :

Avec les enfants, je dis souvent “NON” à beaucoup de choses.


Quand je m’en suis rendue compte, ça m’a fait réfléchir. 


Est-ce cette attitude qui les a poussés à être si souvent dans la contradiction, depuis leur plus jeune âge ? 

Ou est-ce au contraire leur comportement rebelle naturel qui m’a poussée à prendre l’habitude négative de me braquer ?  
Banale histoire de la poule et de l’oeuf…

A la reflexion, j’ai déterminé trois cas principaux de situations dans lesquelles le “non” s’applique : 


Soit parce que leur comportement est objectivement problématique voire même dangereux : s’approcher de la plaque à induction, refuser de tenir la main dans la rue…
Les raisons de notre refus sont le plus souvent partagées par tous les parents du monde, universelles en quelques sortes. 
Dans cas, il est facile de leur opposer un “NON”. 
On se sent légitime dans sa décision, à l aise dans son rôle de parent.
Aller au conflit avec eux dans ce type de situation n’est pas difficile et d’ailleurs, les gosses lâchent souvent rapidement prise, sensibles à notre confiance intérieure. 

Il y a aussi les raisons culturelles et les héritages éducationnels qui nous poussent à leur interdire certaines choses lorsque d’autres parents, eux, les auraient tolérées.
Ecrire sur les mur, ou pas : certains parents “donnent” un mur (unique) de la maison, autorisé pour leur créativité. 
Jouer dans le jardin quand il pleut des trombes et qu’il fait très froid : des parents diront non de peur qu’ils ne tombent très malades, d’autres leur mettront juste un ciré avant d’ouvrir la porte. 
Se couper les cheveux seuls : les premiers hurlent quand d’autres s’en amusent. 
Dans ces cas-là, tout dépend finalement de nos convictions personnelles et de la manière dont nous avons nous-mêmes été élevés. 

Mais je réalise, avec le temps, au fur et à mesure que la fatigue se fait moins grande et les enfants devenant de plus en plus autonomes, que nous disons “non” trop souvent… 
Et trop souvent pour les mauvaises raisons.

Celles-ci sont alors irrationnelles et semblent en réalité motivées par notre flemme de faire face aux conséquences du “oui” : 
Nettoyer la table de la cuisine ruinée par les pots de peintures…

Passer des minutes entières à récurer les chaussures et pantalons couverts de boue…
S’infliger deux heures à se les geler et à ruminer d’ennui sur le banc glacial du parc, en attendant qu’ils aient fait suffisamment de tours de balançoire pour décider de rentrer…
Accepter de refaire le château en lego… Pour la 324ème fois. 
Préparer des crêpes et sentir la friture avant d’aller se coucher… Pour la 3ème fois cette semaine…

Finalement, si on y réfléchit bien, cette troisième catégorie est la plus courante.

Au delà de l’ambiance négative qu’elle fait règner à la maison, elle rend la situation très frustrante pour tout le monde et génère le conflit permanent. 
Sans compter qu’avec le temps, elle a moins (voire plus du tout) d’effet. 
Pour couronner le tout, elle donne un exemple négatif à nos enfants et les encourage à nous répondre souvent .. NON à nos demandes !

Alors j’ai bien réfléchi. Il faut qu’on change ça. 

Dorénavant… J’ai décidé que ça serait tout le temps OUI ! 
…Sauf quand VRAIMENT, il faut que ce soit NON.

De l’art de la dispute

T’as vu dans quel état tu es ?!?!

Mais TU as vu dans quel état TU me mets ?


Nous avons tous vécu ce moment du couple où la colère, la rage et – disons les choses comme elles sont – la haine parfois, prennent le dessus sur nos émotions et rompent le contrat moral qui nous lie à l’objet momentané de notre courroux !

Je me suis fait l’étonnante remarque l’autre jour, qu’une fois la famille constituée autour des enfants, on ne se dispute plus de la même manière. 

Naturellement, ce sont d’abord les sujets de discorde qui évoluent drastiquement sur les questions d’éducation et malheureusement aussi les bêtes chamailleries pratiques de l’intendance, qui bien que ridicules et d’importance moindre, finissent souvent par prendre une place prépondérante dans les échanges.  

C’est la manière, aussi, qui change : l’épuisement ou la fatigue chronique dans laquelle on se trouve nous pousse souvent à fermer la discussion, la lassitude prenant le pas sur l’amour qu’on éprouve l’un pour l’autre et sur le désire de réconciliation. 

Pas très joyeux me direz vous. 

Sauf que si ! 
Un rayon de soleil demeure malgré tout.

Observer, chérir et voir grandir des petits chaque jour nous rappelle un fait essentiel, que l’on oublie en grandissant ; devenir parent à son tour permet de nous en souvenir : nous aussi, avons été des enfants. 

Il suffit de voir la vitesse à laquelle les gamins passent du rire au larme. 

Avec quelle facilité ils sont capables de hurler de colère contre nous, contre le frigo ou contre leurs frères et soeur, mais quelques instant plus tard, venir se lover dans nos bras pour nous embrasser.  


L’aisance avec laquelle ils se réveillent chaque matin en ayant oublié le désagrément de la veille, et sans penser aux difficultés qui ne manqueront pas de surgir durant leur journée. 


D’une certaine manière, en prenant de l’âge, on oublie son enfant intérieur ; en devenant parent, par la force des choses et de l’exemple que nous montrent les enfants, on (re)devient sensible à celui qui est resté, parfois bien caché, au creux de chacun d’entre nous. 

Dans les disputes qui nous opposent, nous les adultes, et qui nous fait nous tourner le dos avant de nous endormir, chacun d’un côté du lit, ruminant notre colère jusqu’au matin et même pour la journée qui suit… Un enfant blessé, avide d’amour et de contact cherche pourtant à renouer le lien. 

Une oeuvre d’art, que j’ai découverte récemment m’apporte un certain réconfort : je la regarde à chaque fois que la moutarde me monte un peu trop fort au nez. 

“Whatever works”, pas vrai ?

 Bon week-end à tous, et bonne fête à tous les papas. 


“Amour” par le sculpteur ukrainien Alexandr Milov

Une histoire de vaisselle

Comme quoi, 

tout arrive…


Il y a véritablement quelque chose de miraculeux dans chacun de nos enfants.

J’en ai maintenant la conviction profonde. 

L’autre soir, il devait être 19:00.

Les Jujutrépides étaient lavés / peignés / pyjamatés / nourris. 

Et regardaient tranquillement la fin de l’un de leurs dessins animés préférés, emmitouflés dans une couverture, chacun d’un côté du canapé. 

Dans un quart d’heure, au pieu.

Leurs affaires étaient prêtes pour le lendemain ainsi que leurs petits cartables débordants des goûters du lendemain, bien entreposés dans l’entrée, à portée de mains pour le grand chambardement habituel du matin. 

La vaisselle de leur diner était faite, petite montagne de plats et de couverts séchant dans l’égouttoir de l’évier. 
(Vous allez comprendre pourquoi je souligne cette information triviale.)

Devant un si doux spectacle – de ceux qui ont le pouvoir de détendre et d’apaiser les mères instantanément – je me suis donc autorisée à aller prendre une douche. 

De retour une dizaine de minutes plus tard, je passe par la cuisine avant de me rendre dans le salon de télévision pour aller les chercher. 

L’égouttoir est vide. 

Je réfléchis. 

Je suis pourtant sûre d’avoir laissé toute la vaisselle à sécher. 

C’est incompréhensible. 

J’en étais presque à envisager une potentielle intervention extra-terrestre – ou la sérieuse probabilité de mon internement pour une petite cure de repos en structure spécialisée – lorsque je vois mon fils Trystan s’approcher de son pas léger et silencieux. 

– “Maman ?”

– “Attends chéri. Maman est en train de réfléchir très fort là.”

De son petit sourire acerbe, il me lance : 

– “Tu cherches les zassiettes ??”

– “?!?!?!?!? Mais oui ! Co… Comment tu le sais ?”

– “Pass’que c’est MOI qu’ai tout ranzé.” 

Silence. 

Mon cerveau tourne à 1000 à l’heure. 
1er avril ? Fête des mères ? Non, déjà passés. 
Mon anniversaire ? Pas avant 3 mois. 
Noël ? Non, c’est dans trop longtemps. 
Voyons, qu’est-ce que j’ai bien pu lui donner à diner qui le mette dans un état pareil?…

– “Maman, j’te dis qu’c’est moi. C’est pass’que ze veux t’aider. C’est mon travail de ranger avec toi. Tout l’monde doit participer. Pass’qu’on est une FAMILLE. Tiens r’garde, j’ai tout mis dans le placard, les p’tits dans les grands. C’est bien comme ça ?”

A ce stade, je manque défaillir. 
Le souffle me manque. 
Je crains l’apoplexie. 

J’ouvre le placard.

Je regarde mon fils, droit comme un i, silencieux et sobre mais avec cette petite pointe de fierté au bout des lèvres.

J’ai envie de l’étouffer de bisous.

Je me contente d’hurler que c’est MER-VEIL-LEUX. 
Et que je suis heureuse qu’il l’ai fait, mais aussi à l’idée qu’il le refasse. 

Encore tout à mon bonheur ménager, je l’accompagne en lui tenant la main jusque dans sa chambre. 

Le choc.
Avant de le leur donner le diner, j‘avais laissé le tout dans un bordel innommable, notamment les lits démontés après la dernière bataille de polochons.

La chambre est maintenant rangée. 
Les rideaux son tirés. 
Son lit (et celui de son frère) est fait. 

Bien sûr, il s’agit de rester calme et de ne pas s’enthousiasmer trop vite, au risque de devoir ultérieurement faire face à la déception. 
J’attends donc la suite, afin d’être en mesure de vous dire s’il s’agissait là d’un brutal et éphémère élan sans lendemain, où si au contraire, mon fiston chéri d’amour a enfin percuté que je n’étais pas la fée-clochette-à-tout-faire de cette maison. 

Si c’était le cas, l’effet d’entrainement entre les deux frangins étant très puissant,  je me prends à espérer une contagion fraternelle. 

Voire paternelle. 

Mais là, faut pas pousser, on n’est pas à Lourdes, non plus. 
(Bisous, hein chéri.)

Mon fils, ce syndicaliste des bacs à sable

“NON.

Non, non et gnon !!”



– “Chéri. Sois raisonnable. Il est déjà 07:15.”

– “NOOOOOOON.”

– “Là, tu as à peine le temps de manger. Allez, lève-toi s’il te plait mon amour.”

– “MAMAN ZE T’AI DIT NON.”

Mon fils Tancrède supporte mal l’hiver à Cape Town. 

Depuis que la température a chuté, il refuse de se lever le matin. 
(Sauf les week-end, bien entendu, où il est debout à 06:30, comme il se doit.)

Chaque jour, c’est donc une bataille de 10 minutes qui s’annonce dès que je passe le pas de la porte de leur chambre. 
10 longues minutes de négociation durant lesquelles je dois trouver les arguments-choc pour arriver à le faire sortir de son plumard. 

La tartine de nutella avec de la crème chantilly en est une. 
Mais certains matins, elle ne suffit pas. 

– “Tancrède, là tu te comportes comme un bébé. Tout le monde se lève le matin. Tu dois aller apprendre à l’école, papa et maman doivent aller travailler… Toute la famille se lève chéri. Et toi aussi.”

– “Maman, j’ai pas envie de me lever. Il pleut r’garde la fenêtre y’ a l’eau qui coule. Z’ai froid. Je veux rester dans mon lit. 
‘Chui malade, en plus.”

– “Non, t’es pas malade Tancrède. Debout.”

Sur les coups de 07:40, il est enfin assis, à côté de son frère sur les tabourets du bar de la cuisine. 

Son père arrive sur ces entrefaites, tout pimpant et guilleret :

– “Hello mes p’tits poussins ! Comment ça va ce matin ?!”

– “Grummphfff….” 
Mugissement collégial jujutrépidesque, entre deux bouchées de banane.

– “Booooon… Sympa l’accueil ! Eh vous savez quoi ! je suis content parce que … Vous savez ce qu’il y a jeudi !?”

Le pauvre. 
Il se réjouissait de leur annoncer qu’il s’agissait de notre anniversaire de mariage. 
9 ans déjà. 
Information dont nos Jujus n’ont, bien évidemment, strictement rien à cirer.

Réponse du tac au tac de Tancrède : 

– “Oui papa, je sais. Zeudi c’est férié. Donc on n’ira pas à l’école et on restera dans le lit.”

#MonFilsCetOursHibernant 
#TancrèdeSyndicalisteDesBacsASable


Comment nos enfants nous perçoivent

J’ai réalisé récemment 

que les enfants n’ont pas du tout 

la même perception de nous-mêmes…

Que nous. 


L’autre jour, en fin d’après-midi, sur le chemin de retour de l’école, après le rituel où chacun d’eux me parle de sa journée, Trystan m’a pour la première fois posé une question inhabituelle :

– “Et toi maman ? Elle s’est bien passée ta zournée ?”

Perturbée par ce soudain et singulier intérêt pour ma personne, j’ai voulu marquer le coup : 

– “Merci de me demander Trystan, ça me fait plaisir…”

Mais avant même que j’ai pu lui répondre plus dans le détail, il a enchainé en me disant : 

– “T’a été au yoga et ensuite tu nous a cuisiné des bonnes choses pour ce soir ? Est-ce que c’est des zescalopes à la crème ? Pass’que moi z’aime beaucoup beaucoup ça, les zescalopes à la crème. “


– “…”


En gros, mon fils croit donc que je passe mes journées à souffler sur un tapis, et que le reste du temps, je suis dans la cuisine en train de lui mitonner des petits plats. 


Sympa. 


En temps normal, j’aurai retourné une bonne claque à celui qui m’aurait sorti un truc pareil. 


Mais là, c’est mon fils. 


Et il est petit. 


Donc j’ai gardé mon calme. 


J’ai aussi réalisé que tout le reste de ma vie et des mes activités quotidiennes lui sont inconnues… Puisqu’il n’y assiste jamais et que je ne lui en parle pas, concentrée que je suis sur lui son existence. 


Note pour moi-même : réfléchir à la question. Faut-il garder cet état de fait ou commencer à introduire l’idée qu’il n’est pas (ainsi que son frère) le centre du monde ? Hum.

Quelques jours plus tard, c’est le frangin qui s’y est mis :


– “Mamaaaaan !?”


– “Ouiiiii Tancrèèèèède ?!”


– “EST-CE QUE CE WEEK-END, TU PEUX ORGANISER POUR TOUS LES QUATRE AVEC PAPA ET TRYSTAN, DE NOUS EMMENER VISITER UN CHAMPS D’CAROTTES ?”


– “?!?!?!?!? Pardon Tancrède ?!?!?!?!?”


– “Bah oui, toi t’organises toujours plein d’trucs pour nous quand c’est les vacances du week-end. Même qu’une fois, y’a beaucoup de temps, on a été cueillir des fraises dans un champs’d’fraizzzz

Donc tu veux bien organiser ça avec les carottes pour cette semaine siteuplé ?”

Pour mon autre fils, je suis donc… Un Tour Operator.


Voilà voilà…

La majorité jujutrépidesque

Nous étions au restaurant, 

tous les trois, 

sans leur papa, 
qui travaillait ce week-end là. 


Tout à coup, fidèle à lui-même, Tancrède HURLE au beau milieu de la salle, pointant avec insistance l’index sur un gamin blond assis à deux tables de nous :

– “Mamaaaaaaaan ! LUI j’le connaiiiiiis !! Il est à l’école !!! OUI CELUI-LÀ en rouge, là, qui me r’garde maintenant !!!

– “Huuum…”

Raclement de gorge de mère mal à l’aise.
Sourire Colgate et petit signe de tête discret aux parents qui m’observent avec de grands yeux ronds.

– “Oui Tancrède, ce jeune garçon te regarde car tu cries comme un petit cochon qu’on égorge… Tu comprends ? Et KESKON a dit déjà mille fois au sujet du doigt qui pointe, hum ?”

– “KI-FAUT-ZAMAIS-montrer-du-doigt !!”

– “??? Et donc ?”

– “Beuh… Bon… Et bin LUI, tu sais, il est en CE1 !”

– “Okay… C’est vrai qu’il a l’air déjà grand…”

– “Meme qu’il a dézà un téléphone dans son cartable, tu sais !”

A cet instant, j’ai envie d’hurler mon désespoir. 
Au secours.
Je refuse de penser que mon fils de 4 ans s’apprête à me réclamer un portable.
C’est IM-PO-SSIBLE, pas vrai ?

– “Ouiii… Et pourquoi tu me parles de ça ?”

– “Et bin pour t’esspliquer qu’il est super plus grand qu’moi !”

Je ne peux refréner un large soupir de soulagement. 
Soudain revigorée, j’enchaine : 

– “Ah oui oui j’ai bien compris ! Car les téléphones, c’est vrai que c’est pour les GRANDS.”

(On est jamais assez prudent.)
– “Oui… Et moi, chui encore tout p’tit. 
Et ça m’énerve.”

Je sens le sujet de fond affleurer dans cette discussion.

– “Mais ne t’énerve pas comme ça mon amour ! Un jour aussi tu seras en CE1, comme lui. Ne sois pas si pressé, tu verras, ça passera bien assez vite, tu sais.

– “Et c’est dans combien de temps, alors ?”

– “Et bien… dans 3 ans.”

– “Et z’aurai quel âge dans 3 ans ?”

– “Bin compte.”

Quatre minutes de concentration sur ses p’tites mains plus tard :

– “Bin 7 ans.”

– “Bin voilà.”

– “Et alors là je serai grand !?”

– “Tu seras plus grand oui. Mais pour être vraiment grand, il faut avoir 18 ans. C’est là qu’on devient un adulte, tu comprends.”

– “Et ça fait quoi d’êt’ un NADULTE ?”

Durant quelques fractions de secondes, l’envie de lui répondre : “maman aura le droit de te foutre à la porte, ainsi que ton frère, ce qui lui apportera enfin la paix intérieure.”
Mais, souriant avec affection, j’ai finalement préféré lui dire : 

– “A 18 ans, tu seras assez grand pour avoir le droit de voter ou de conduire une voiture par exemple.
Tu pourras aussi décider pour toi-même de ce que tu veux.”

Soudain éclair d’intérêt dans les yeux de mon fiston.

– “Et ben MOI, ZE VEUX PAS ATTENDRE D’AVOIR VINGT-DOUZE ANS POUR ETRE GRAND ! 

– “Je comprends chéri… Mais c’est comme ça. On ne peut pas accélérer les choses… Il faut que le temps passe.”

Et soudain, avec son regard-par-en-dessous et son sourire enjôleur, je l’entends qui me dit : 

– “Bon… Et alors, moi aussi quand j’sr’ai en CE1, z’aurai mon téléphone !?”

– “…”

A la découverte des diamants d’Afrique du Sud

Les diamants :

ces pierres qui ont le pouvoir 

de faire rêver n’importe qui…


Mais surtout nous, les nanas, il faut bien l’avouer. 


J’ai récemment eu l’occasion de visiter un atelier de bijouterie à Cape Town, où j’ai appris beaucoup de choses très intéressantes sur cette sublime gemme, que j’ai envie de partager avec vous. 

Attention les filles, concentrez-vous bien, ça pourrait s’avérer utile… Un jour :

Constitués de carbone pur, formés à de très hauts niveaux de pression et de température, les diamants se créent au plus profond de la terre (entre 150 et 200 km dans le manteau terrestre) et remontent à la surface lors d’éruptions volcaniques, d’éboulements puissants, ou d’autres bouleversements géologiques. 

Le mot diamant provient du latin “adamas” qui signifie “indomptable”, en référence à sa dureté extrêmeinégalée dans le monde minéral : 10 sur 10 sur l’échelle de Mohs.

Le diamant n’est rayable qu’avec un autre diamant, même s’il peut être coupé au couteau spécialisé, ou au laser. 

C’est dans les cours d’eau d’Inde, il y a plus de 3000 ans, que les premières traces d’exploitation de cette pierre précieuse ont été retrouvées. 

Considéré comme le fruit des étoiles, on croyait alors que les diamants poussaient dans la terre, comme les légumes. Pour cette raison, il furent très tôt comparés aux légères fèves de “caroubier”, pour déterminer leur taille et leur poids.
Le “carat” devenant ainsi au fil du temps l’étalon de mesure de masse de ces gemmes. 

Rapidement apprécié pour sa solidité, les premiers diamants montés en bijoux retrouvés par les archéologues remontent au 2ème siècle après JC. 

Au Moyen Age, en Europe, l’expansion de l’Islam ayant coupé les routes vers l’orient et l’Inde, ils sont devenus extrêmement rares et exclusivement réservés à la royauté pour les ornements. 

Longtemps affublée de propriétés médicinales bénéfiques (pour renforcer), la poudre de diamant fût ensuite considérée comme un poison. 
De nos jours, ses particularités uniques sont très utilisées en horlogerie – les cadrants des montres deviennent ainsi inrayables – mais aussi en optique ou pour certains outils médicaux (bistouris ophtalmologiques par exemple). 

Aujourd’hui, la production officielle et légale de diamants dans le monde est d’environ 200 millions de carats par an ; le Botwana, 
la Russie, l’Australie et le Congo Kinshasa générant à eux-seuls 75% de la production. 



Elle ne prend pas en compte l’exploitation illégale, incontrôlée et frauduleuse des “blood diamonds” ou “diamants de conflits” africains, extraits dans des zones en guerre du continent (Sierra Leone, Liberia…), dans des conditions dramatiques et servant de monnaie d’échange pour les achats d’armes.  

L’Afrique du Sud, 6ème producteur mondial, extrait quant à elle un peu plus de 7 millions de carats par an. 

Le premier diamant du pays fut découvert à Hopetown – dans le nord du pays – en 1866 par un jeune garçon de 15 ans, Erasmus Stephanus Jacobs, qui se baladait alors sur la propriété de la ferme de son père, le long de l’Orange River. 
Cette sorte de grosse pierre un peu brillante – qui s’avérera de plus de 20 carats et qui sera baptisée “Eureka” lorsqu’elle sera présentée à l’Exposition Universelle de Paris en 1867 – attira rapidement l’attention du voisin de la famille qui la vendit à un gemmologue. 
Ainsi débuta la ruée vers le diamant et la prospérité de la ville de Kimberley – du nom du Secrétaire Aux Colonies britannique de l’époque – capitale de la région, célèbre pour son “Big Hole”, le plus grand trou creusé de main d’homme de l’histoire, et première ville électrifiée d’Afrique. 


En 1888, un conglomérat diamantaire du nom de De Beers est fondé, ayant pour but la commercialisation des diamants sud africains dans le monde. Rapidement son action s’étend partout sur la planète, jusqu’à atteindre une taille monopolistique avec la gestion de 90% des diamants bruts mis en vente de par le monde. Aujourd’hui, son contrôle est redescendu autour des 30%. 


Lorsqu’il est extrait du sol, le diamant ressemble à ça : 



Oui je sais, c’est une grosse déception !

Mais fort heureusement, la taille lui donne rapidement son éclat légendaire. 

Chaque diamant (légal) dispose d’un certificat délivré par l’une des agences mondiales de notation, dont la plus connue : GIA (Gemological Institute of America). 

Ce sont elles qui déterminent la qualité globale et donc le prix de la pierre. 



Plusieurs critères sont alors pris en compte pour les noter, notamment les fameux 4C : Couleur, Clarté, Coupe et Caratage. Ils se cumulent pour finir par attribuer un prix global à la gemme. 


La couleur d’abord : de la plus transparente à la plus jaune, le classement commence par la lettre D (comme Diamant !) et termine par la lettre Z, les D, E et F étant les plus clairs, sans couleur, et donc les plus prisés. 



La clarté : essentielle, c’est elle qui détermine la pureté de la pierre. 
De “F” (Flawless, qui signifie “parfait” ou “sans imperfections” en anglais), en passant par “VVS” (très très peu d’imperfections), “VS” (très peu d’imperfections), “SI” (un peu d’imperfections), jusqu’à “I3” (avec beaucoup d’imperfections ou de taches noires – appelées en gemmologie : “inclusions”) 

La coupe
Il existe beaucoup de types de taille possibles pour les diamants. 
Dépendamment de la mode, ils ont bien évolué au fil du temps. 

Mais celle sur laquelle les spécialistes s’accordent pour dire qu’elle met le mieux en valeur la gemme est la coupe en “rond” ou en “brillant”, avec 58 faces exactement. 
C’est celle qui reflète le mieux la lumière et donne toute sa brillance et son éclat à la pierre. 

Et c’est tout un art de parvenir aux proportions parfaites : ni trop profond, ni trop large, etc…



Toutes les “chutes” de coupes sont réutilisées pour la joaillerie d’entrée de gamme, pour laquelle les diamants sont si petits qu’ils ne nécessitent pas de certificats.

A ce sujet, chaque diamant, lorsqu’il est certifié, se voit gravé d’un numéro de série invisible à l’oeil nu, rendant ainsi sa traçabilité bien plus aisée en cas de vol. 

Et enfin le caratage : c’est l’échelle qui détermine le poids de la pierre, sachant que chaque carat représente 0,20 grammes. 



Si cela vous amuse, voici ici la liste des plus gros diamants taillés du monde. 

Vous l’aurez compris, à la lumière de ces informations : à moins de disposer d’une fortune colossale, il s’avère souvent plus raisonnable et même intelligent de jouer sur les critères en choisissant par exemple une pierre un tout petit peu moins pure ou claire – qui ne se vera pas vraiment à l’oeil nu, mais de s’offrir un caratage plus grand. 

Petite anecdote : les diamants noirs de sont pas des diamants irradiés comme on l’entend souvent, mais simplement des diamants entièrement couverts/composés d’inclusions, qui sont donc totalement noirs !

Après cela, vous me direz : comment faire la différence entre un vrai et un faux diamant ? 

Il n’y a qu’un certificat d’authenticité, ou un gemmologue qui puisse vous le confirmer avec certitude, bien que certaines pierres, comme la moissanite, induisent même parfois les plus grands spécialistes en erreur. 

Mais à défaut, quelques techniques peuvent déjà vous donner une première idée : 

– Il est rare que les diamants soient montés sur des métaux bon marché ou sur de l’or coupé (en dessous des 24 carats). Si vous notez que le métal du bijoux est bas de gamme (poinçon), il y a de fortes chances que la pierre soit fausse. 

– A moins d’un diamant parfait (“F”) en terme de clarté, tous les diamants ont quelques petites inclusions facilement repérables avec une loupe de joaillier. 
En trouver dans la pierre une revient à confirmer qu’il s’agit a priori d’un vrai diamant. 

– Une méthode un peu controversée mais qui peut s’avérer intéressante en complément : souffler sur la pierre, comme quand on veut faire de la buée sur un miroir par exemple. Sur un vrai diamant, la condensation disparaitra quasiment instantanément. Sinon, elle s’attardera un peu plus longtemps, preuve qu’il s’agit d’un faux.

– Pour un diamant non monté : plongez-le dans un verre d’eau. S’il coule, il y a des chances qu’il s’agisse d’un vrai. 
Essayez aussi de le placer côté table (la face plate) sur un journal : un vrai diamant bien taillé réfléchit tellement la lumière qu’il ne laisse pas voir les lettres à travers. 
Vous pouvez aussi lui faire passer le test de la chaleur (le chauffer au briquet 30 secondes) : un vrai diamant met beaucoup de temps à chauffer et sera toujours froid même après ce traitement. 

– Si vraiment vous voulez poussez le bouchon très loin : faites passer le diamant aux rayons X ! Radio-transparent, le vrai diamant… Devient invisible sur une radiographie !


Je ne résiste pas à conclure ce post du jour par l’une de mes citations préférées :

“Je n’ai jamais détesté un homme après une rupture au point de lui rendre ses diamants.” 
Zsa-Zsa Gabor. 

Nous, les M.A.F

Je n’y peux rien,

ça m’énerve encore. 

Pourtant, ça va faire bientôt 4 ans

que j’y travaille, d’arrache-pied.


Mais c’est plus fort que moi, que voulez-vous. 


Quand on me dit : 


– “Alors ma paaaaauvre, c’est pas trop duuuuur d’être Mère Au Foyer, maintenant ?”

Pensant faire preuve d’empathie à mon égard et faisant référence à ma “situation” – sous-entendu “de looseuse chronique” voire “définitive” – j‘ai toujours envie de retourner une bonne claque dans la figure de cet(te) inopportun(e). 

Autant de condescendance, de préjugés et de manque de tact en si peu de mots, ça tient de l’exploit verbal.  


Ou alors, c’est juste de la pitié mal placée, et c’est encore pire. 

Je sais bien, pourtant, que cela part le plus souvent moins d’un esprit mal intentionné que d’une méconnaissance profonde de ce statut, sachant que de nos jours, en Occident, il est devenu rare ou socialement 
très connoté. 

Mais c’est agaçant. 

A la fin. 

Certaines – et certains, d’ailleurs – d’entre nous décident de l’endosser en toute connaissance de cause, parce qu’elles peuvent se le permettre, investissent énormément leur couple, la maternité ou la famille, ou qu’elles ne sont pas “faites” pour la vie en entreprise, ou pour beaucoup d’autres motivations encore. Il n’y a donc là aucune raison de les plaindre. 

D’autres la subissent, par la force des choses : chômage, expatriation où le manque cruel de visas de travail empêche de reprendre une activité salariée…

Leur rappeler cet état de fait en remuant le couteau dans leur plaie existentielle n’est alors pas forcément du meilleur goût. 

D’autres encore la gèrent en exerçant parallèlement une activité depuis chez elles : je me permets donc de signaler qu’elles ne sont techniquement plus “au foyer” mais Indépendantes. Nuance. Juste… Voilà.

Elles en profitent parfois pour se diplômer ou changer d’orientation, aussi : être  Mère au Foyer quelques temps devient dans ce cas une formidable opportunité professionnelle !
C’est enthousiasmant et assez courageux, d’une certaine manière.
Car ce sont ces personnes qui contribuent à redéfinir la notion de “Travail”, telle qu’on la connait aujourd’hui, et même à la faire évoluer malgré le lourd regard des autres. 

J’ai donc décidé d’écrire sur le sujet dans ce blog.

D’abord pour rappeler qu’être femme, c’est respecter celle qui est en nous et qui se débat chaque jour en essayant de jongler entre tous ses “moi” :

– Mère de : c’est encore 80% des taches ménagères, aux dernières statistiques françaises.


– Fille de : 15 ans de psychanalyse.


– Partenaires de vie/épouse : 2 Lexomil/jour.


– Copine. Dieu soit loué, elles sont là, les copines.


– Employée/indépendante : 2 voire 3 Guronsan/jour. 

OU
– F.A.F : trois heures au bas mot de crise existentielle quotidienne. (“je ne suis plus rien”, “je ne vaux plus rien”, “mon homme va bientôt prendre une maitresse”, tout ça tout ça.)

Et plein d’autres facettes encore. 


On est comme ça, nous les nanas : on est très multiples. 


Et puis j’ai décidé d’en parler aussi car, comme toujours, je me dis qu’il est préférable de rire de certaines choses plutôt que d’en pleurer : 

Alors, rien que pour vous, chers machos, mesdames et messieurs du siècle dernier ou simplement amis qui n’ont pas assez tourné leur langue dans leur bouche avant de parler (s’il vous plait, pensez-y mes p’tits choux la prochaine fois, hum ?) : sachez qu’être M.A.F – Mère Au Foyer, donc, mais ça marche aussi pour P.A.F, Père Au Foyer, vous l’avez compris – ça représente de nombreux avantages formidables.


Si, si. 


Ça fait faire plein d’économies, par exemple :


1. ‘Pas besoin d’aller chez l’esthéticienne pour s’entretenir : à force d’avoir la tronche au dessus de l’eau bouillante des pâtes et autres rôtis, ça ouvre régulièrement les porcs (mouahaha. rapport au rôti. Moui. Bon.), et nous assure ainsi de bénéficier d’une peau bien lisse : adieu comédons disgracieux. 

2. ‘Pas la peine non plus de payer un couteux forfait à la salle de sport : monter les escaliers, ranger les parterres entiers de jouets plusieurs fois par jour, porter la marmaille et les courses, ça muscle super bien les fessiers et les abdos. 

3. Inutile, également, d’investir dans un GPS ni même dans une carte routière : 

A force de faire le taxi pour notre progéniture qui a piscine, yoga, karaté, boxe ou tennis, on finit par connaître toutes les rues de la ville. 
C’est vrai que c’est bien pratique. 

4. Plus besoin non plus d’appeler le plombier, le menuisier, l’électricien et tous ces mecs qui nous facturent 120€ les 40 secondes :

Avec l’expérience qui nous mène à gérer, jour après jour, les éviers bouchés, les plombs qui crament et les portails qui buguent, on se lasse d’attendre “les spécialistes qui viendront mardi 35 janvier 2021, entre 07:30 et 18:30. 
On apprend donc à faire (presque) tout soi-même.
(Sauf lorsque c’est trop dégueu’ ou trop dangereux. ‘Faudrait veiller à ne pas pousser mémé dans les orties, tout de même.)


5. Dorénavant, chaque année, pour les vacances d’été : inutile de passer par un tour operator ! On se charge de toutes les réservations, en direct. 
Exit, les frais d’agence ! 
Trop bien. 

6. Et puis, il faut voir le long terme aussi : en général les M.A.F font pas mal d’enfants. 

Et ça, c’est super pour l’avenir de la SECU française ! 
Ce sont plein de futures petites mains qui payeront vos retraites. 
On vous rend service en fait. 
Je sais, on est vraiment sympas. 


7. Evidemment, et j’aurais dû commencer par là : grâce à nous, tous les frais liés à la garde des enfants disparaissent, comme par enchantement ! Plus de nounou à payer, d’au pair-récupératrice-de-sortie-de-crèche qui fait le lien jusqu’au soir, voire même de femme de ménage, dans certains cas (acharnés). 
Non ! Tout cela devient gratuit maintenant !

Enfin, gratuit… Pas pour tout le monde, bien sûr. 


Car il y a souvent un petit prix à payer pour toutes ces merveilles. 

(Et devinez-qui-c’est-qui-régale, hum ?)

Dépendance financière, déséquilibre au sein du couple, stress lié à la trajectoire et à l’avenir professionnel, au statut social, au regard et au jugement impitoyables des autres – surtout celui des RI, les “Ressources InHumaines”, mais ne rentrons pas dans ce débat, ce serait trop long – chute de la confiance en soi, divorce, précarité…


N’en jetons plus. 

Ça risquerait de lasser.
Et puis, n’exagérons rien : parfois, la liberté – relative – qui va avec le descriptif de job, est effectivement un vrai privilège.

Mais bon. 

Finalement, la M.A.F, c’est un peu comme la Planète : elle est acquise. 
On y puise et on en profite en permanence, sans vraiment réaliser ce qu’on lui doit, ni la considérer suffisamment pour la respecter…. 

…Et arrêter de lui poser des questions débiles. 

Sur ce, je vous laisse, j’ai les madeleines qui sont cuites.