Vous vous souvenez peut-être du drâââme
par l’achat d’une peau de zèbre
Le propriétaire de la maison a accepté de faire venir une société spécialisée dans la taille de ces immenses arbres pour palier le problème.
Le jour J, l’équipe est donc arrivée et a commencé son travail de débrousaillage intensif :
Soudain alerté en fin d’après midi par le bruit strident de la tronçonneuse, Trystan a fini par sortir précipitamment de la maison pour nous rejoindre : j’étais en pleine discussion avec le propriétaire.
– “Oooooooooooooohhhh nooooooooooooon !!!!!“
Peter – c’est son nom – et moi nous retournons alors vers lui, surpris par son hurlement de lamentation :
– “?! Trystan ?! Que se passe-t-il ?!”
– “MAIS… MAIS… MAIS… MAMAAAAAAAN ! QU’EST-CE QUE VOUS AVEZ FAIT AUX ARBRES !?!?!?
– “?!?!… Trystan, on les a juste taillés !”
Et là, sans que je ne puisse anticiper une seconde la réponse de mon fils, je le vois se tourner bien en face du monsieur, et l’interpeler violemment :
– ” PETER ! WHY DID YOU KILL MY TREES ? THIS IS SOOOOOO BAD !! YOU ARE SO BAD, BAD, BAD ! YOU UNDERSTAND : IF YOU KILL ZE TREES, YOU KILL THE SQUIRRELS !!! YOU DON’T SEE THE TREES ARE THE HOUSE FOR THE SQUIRRELS !?!?!?”*
(*”Peter, pourquoi as tu tué mes arbres ? C’est méchant ! Tu es tellement méchant ! Tu comprends, si tu tues les arbres, tu tues les zécureuils ! Tu vois pas que les arbres sont leur maison ?”)
Il a débité sa phrase en moins de quelques secondes, ivre de colère, debout très droit à quelques centimètres du pauvre proprio, le petit index pointé sur lui, la tête en rejetée en arrière pour réussir à voir les yeux de son interlocuteur, avant de fondre en larmes, les mains entourant la taille de l’objet de son couroux, visiblement sincèrement horrifié devant la scène de désolation qui se présentait devant lui.
Effarée, écarlate de honte, je reste pétrifiée quelques secondes.
Mon regard se porte alors sur le visage du vieux monsieur – lui-même grand-père de plusieurs petits enfants – qui vient de se faire engueuler comme du poisson pourri par mon fils de 4 ans…
Curieusement je ne vois aucun agacement ni aucune colère dans ses yeux.
Il est complètement et réellement déconfit devant la peine visiblement intense de l’enfant qui sanglote devant lui.
– “I’m soooo sorry Trystan, I didn’t mean to make you sad… We didn’t kill the trees my dear, we just trimmed them, they needed it, you see ? The squirrels are perfectly fine. Pleaaase, don’t cry…”*
(*”Je suis tellement désolé Trystan, je ne voulais pas te faire de la peine… Nous n’avons pas tué les arbres mon poussin, nous les avons juste taillés, ils en avaient besoin, tu vois. Les écureuils vont très bien, s’il te plait arrête de pleurer… “)
Spectatrice stupéfaite de cette scène un peu sur-réelle, je me dis alors que l’Afrique du Sud et ses habitants sont vraiment exceptionnels.
Naturellement je n’ai – cette fois – pas pris de photo du désespoir de mon fil : Peter se serait probablement demandé, entre le gosse hystérique et la mère photo-compulsive, si nous étions bien normaux dans cette famille.
Et je tiens beaucoup à rester dans cette maison.

























