La peau des Palmiers

Vous vous souvenez peut-être du drâââme 

généré chez Tancrède
par l’achat d’une peau de zèbre 

(pardon, ZERBE)

il y a quelques mois ?


Et bien comme à l’accoutumée, le second jumeau a suivi les traces de son illustre frangin et a, à son tour, déclenché une tempête diplomatique autour de sa propre obsession écologique : les arbres.

Ces derniers temps, les palmiers qui sont dans notre jardin menaçaient sérieusement de laisser échapper certaines de leurs lourdes et nombreuses branches mortes, accumulées au fil des années le long des troncs. 

Le propriétaire de la maison a accepté de faire venir une société spécialisée dans la taille de ces immenses arbres pour palier le problème. 

Le jour J, l’équipe est donc arrivée et a commencé son travail de débrousaillage intensif :


Soudain alerté en fin d’après midi par le bruit strident de la tronçonneuse, Trystan a fini par sortir précipitamment de la maison pour nous rejoindre : j’étais en pleine discussion avec le propriétaire. 
– “Oooooooooooooohhhh nooooooooooooon !!!!!

Peter – c’est son nom – et moi nous retournons alors vers lui, surpris par son hurlement de lamentation :

– “?! Trystan ?! Que se passe-t-il ?!”

– “MAIS… MAIS… MAIS… MAMAAAAAAAN ! QU’EST-CE QUE VOUS AVEZ FAIT AUX ARBRES !?!?!?

– “?!?!… Trystan, on les a juste taillés !”

Et là, sans que je ne puisse anticiper une seconde la réponse de mon fils, je le vois se tourner bien en face du monsieur, et l’interpeler violemment : 

– ” PETER ! WHY DID YOU KILL MY TREES ? THIS IS SOOOOOO BAD !! YOU ARE SO BAD, BAD, BAD ! YOU UNDERSTAND : IF YOU KILL ZE TREES, YOU KILL THE SQUIRRELS !!! YOU DON’T SEE THE TREES ARE THE HOUSE FOR THE SQUIRRELS !?!?!?”*

(*”Peter, pourquoi as tu tué mes arbres ? C’est méchant ! Tu es tellement méchant ! Tu comprends, si tu tues les arbres, tu tues les zécureuils ! Tu vois pas que les arbres sont leur maison ?”)

Il a débité sa phrase en moins de quelques secondes, ivre de colère, debout très droit à quelques centimètres du pauvre proprio, le petit index pointé sur lui, la tête en rejetée en arrière pour réussir à voir les yeux de son interlocuteur, avant de fondre en larmes, les mains entourant la taille de l’objet de son couroux, visiblement sincèrement horrifié devant la scène de désolation qui se présentait devant lui. 

Effarée, écarlate de honte, je reste pétrifiée quelques secondes.
  
Mon regard se porte alors sur le visage du vieux monsieur – lui-même grand-père de plusieurs petits enfants – qui vient de se faire engueuler comme du poisson pourri par mon fils de 4 ans… 

Curieusement je ne vois aucun agacement ni aucune colère dans ses yeux. 
Il est complètement et réellement déconfit devant la peine visiblement intense de l’enfant qui sanglote devant lui. 

– “I’m soooo sorry Trystan, I didn’t mean to make you sad… We didn’t kill the trees my dear, we just trimmed them, they needed it, you see ? The squirrels are perfectly fine. Pleaaase, don’t cry…”*

(*”Je suis tellement désolé Trystan, je ne voulais pas te faire de la peine… Nous n’avons pas tué les arbres mon poussin, nous les avons juste taillés, ils en avaient besoin, tu vois. Les écureuils vont très bien, s’il te plait arrête de pleurer… “)


Spectatrice stupéfaite de cette scène un peu sur-réelle, je me dis alors que l’Afrique du Sud et ses habitants sont vraiment exceptionnels. 

Naturellement je n’ai – cette fois – pas pris de photo du désespoir de mon fil : Peter se serait probablement demandé, entre le gosse hystérique et la mère photo-compulsive, si nous étions bien normaux dans cette famille.

Et je tiens beaucoup à rester dans cette maison.

Les bonnes Zidées de Trystan

Les enfants, 

ils sont malins. 

Vraiment TRES malins. 


Beaucoup plus que ce qu’imaginent leurs parents. 

Nous étions l’autre jour attablés au bar de la cuisine pour le petit déjeuner. 
07:42 du matin. 
Encore nuit noire dehors. 
Les Jujutrépides à moitié endormis, la mèche rebelle et l’air absent, devant leur bol de céréales, les p’tits nez menaçant de s’effondrer dans la bouillie laiteuse. 

Tout à coup, Trystan lève la tête, comme si les neurones s’étaient enfin connectés dans son cerveau :

– “Tu sais maman, tous les soirs, j’fais des rêves.”

– “Mas oui mon chéri. Tout le monde rêve la nuit, même si parfois on ne s’en souvient pas.”

– “Oui… Et moi, et bin, c’est LÀ qu’j’ai toutes mes BONNES ZIDÉES qui m’viennent !”

– “… Ah oui ? Des bonnes idées ? Comme celle qui t’a fait monter sur le toit la semaine dernière, faire des trous dans mon jardin ou découper mes dossiers ? Des bonnes idées comme celles-là, par exemple ?!”

Sans percevoir l’ironie de ma voix, il enchaine :

– “Non, non, ça c’est les bonnes aidées DE LA ZOURNÉE !”

Je souris intérieurement et continue sur ma lancée sarcastique : 

– “Ah, tu me rassures, fils.”
– “Non les zidées d’la nuit, elles sont différentes. C’est là qu’j’invente des trucs à construire.”

– “Ah oui ? Tu veux dire comme avec tes lego ?”

– “Naaaaan… Des trucs pour de vrai, maman.
Par exemple … Une maison avec un ascenseur comme ça y’a pu’ b’soin de montrer les escaliers.
Ou une maison avec une machine qui prépare le diner tous les soirs.”

Je commence alors à tendre une oreille attentive à mon fiston :

– “Oui, ça serait une drôlement bonne idée ça, mon amour !”

– “Oui tu wois. CA, c’est des BONNES idées.”

Je rebondis alors immédiatement sur cette perche si ingénument tendue :

– “Bon alors dis moi chéri, si tu sais si bien faire la différence entre les bonnes et les mauvaises idées, pourquoi tu fais encore tellement de bêtises ? 

Réponse que seuls les enfants peuvent nous donner :

– “Bin… Bin… Bin… Pass’que chui encore TOUT P’TIT maman !”

Les grandes vacances, ce merveilleux bonheur de la vie

J’ai remarqué 

un truc. 


Un truc qui se passe dans la cour de récrée, quand les mamans viennent chercher leurs gamins, le dernier jour d’école avant les grandes vacances. 

Un truc très spécial qu’on reconnait immédiatement. 
Il est présent à la fois dans l’expression des visages, mais aussi dans le langage corporel et l’attitude générale des intervenants de ce moment théâtral unique et pourtant tellement universel :

Les gosses (ceux de la maternelle, hein, on s’entend) sont surexcités. 
Ils font des p’tits bonds. 
Ils ont un sourire énorme qui leur mange le visage. 
Ils sont en général accrochés à la main de leur mère sur laquelle ils tirent comme des forcenés. A leur robe ou leur pantalon, aussi, auxquels ils s’agrippent en criant des phrases du type : 

– “Ouaiiiiiiis mamaaaaaan ! On va passer TOUUUUUTES les zournées enseeeeemble maint’nant ! On va aller au cinéma ! On va zouer à faire de la peinture ! On va aussi aller faire du cheval et du trampoline avec toi !! c’est PAPA KI LA DIT !”

A ce stade, tu vois bien dans les yeux de la mère que des idées assez malsaines lui traversent l’esprit, et que le mari a intérêt à se faire tout petit ce soir…

Tu repères aussi immédiatement, au regard à la fois plein de désespoir et de tendresse qu’elle pose sur son moutard, qu’elle se sent coupable de ne pas ressentir le même enthousiasme que lui. 

Elle se tient très droite, au milieu de la cour, croulant sous les tonnes de classeurs à dessins et autres productions artistiques de son gamin, qu’on a jugé opportun de lui offrir en cette fin d’année ; tous le même jour, c’est tellement mieux, 15 kg de paperasse d’un coup, pour faire travailler les biceps. 
Mais elle n’en n’a cure : elle tient fort la main de la maitresse qui durant toute l’année… Lui a permis d’avoir une vie. 

Elle sert nerveusement l’ATSEM dans ses bras en lui souhaitant d’excellentes vacances, sur un ton très intense, mi hystérique mi tragique, terminant sa phrase d’un vibrant : “On se revoit en septembre !”. 

Elle comprend que toutes ces merveilleuses personnes doivent elles aussi, à un moment donné, se reposer et changer d’air si elles veulent pouvoir supporter sa progéniture le reste de l’année. 

Mais en même temps… 
En même temps, elle ne peut s’empêcher de laisser déborder son angoisse à l’idée des deux mois qui vont suivre. 

Elle est mère d’enfant(s) en bas âge, quoi.
https://www.facebook.com/EmmanuelleTabaretIllustrations


Adieu la Moyenne Section

Re.

La fin d’année scolaire. 


C’est dingue comme une simple seconde fois donne déjà le sentiment d’être une habitude. 

Comme l’année passée, nous avons eu le droit à la jolie photo de classe.
Celle qui nous rappelle à nos propres souvenirs oubliés : 
La petite école qui nous paraissait alors si grande…
La cour de récréé et ses odeurs…
Notre cartable…
Les copains d’alors qu’on a perdu de vue depuis…
Les maitresses dont on se rappelle vaguement quelques détails, alors qu’elles ont pourtant contribué à faire de nous ce que nous sommes…

Difficile, lorsqu’on est devenu parent à son tour et que l’on regarde sa progéniture passer en Grande “Sanction” – comme l’appelle Trystan – de croire qu’ils vont bientôt entamer leur dernière année de Maternelle avant… l’entrée en Elémentaire.

Le choc.

On prend une vraie claque, il faut le dire. 
On se dit que, s’ils ont tellement grandit, c’est qu’indubitablement… Nous avons dû vieillir.

On se prend alors à repenser à leur naissance, aux tout petits pieds, à ces moments où l’on pouvait encore les soulever et les porter dans nos bras…

Fort heureusement nos Jujutrépides se chargent toujours de mettre un coup d’arrêt au moindre élan de nostalgie qui nous échapperait :

– “Mamaaaaaaan ! C’est vrai qu’c’est bientôt fini l’école ?!?!,”

– “Oui Trystan, vendredi c’est terminé. Après y’a les vacances et ensuite, à la rentrée, tu seras en Grande Section ! “

– “Ah… Et J’en ai encore pour combien, des classes à l’école ?”

Pauvre petit, j’hésite à lui asséner la triste vérité, celle qui lui annonce qu’il a encore au moins 13 ans à tirer. 

– “Ouuuh la. 
Beaucoup chéri. 
Grande Section.
Après CP où tu apprendras bien à lire. 
Après CE1 et CE2. Après CM1 et CM2.
Après tu passeras chez les grands en 6ème. 
Après ça, il y a encore la 5ème, la 4ème, la 3ème, la 2nde, la 1ère et la Terminale ou tu passeras ton BAC, le dernier examen de l’école. 
Après tu seras officiellement grand.” 

Et là, le gosse te remets bien les idées en place : 

– “Ah, ok…. Et toi ? Tu seras morte ?” 

Les enfants, c’est précieux. 

#Re
#Maman6PiedsSousTerre
#CesPetitesCrevures

En vrai, c’est Eleanor Roosevelt qui l’a dit, hein, pas Master Oogway de Kung Fu Panda.
Mais bon. Quand on est parent, on s’adapte.

Découvrir Terroir

Terroir, c’est la nouvelle 

petite perle gastronomique 

dont j’ai très envie 

de vous parler cette semaine. 


Amis de Cape Town, je ne saurais trop vous recommander d’aller y jeter un oeil – et régaler vos papilles – un midi en amoureux ou un soir entre amis. 


Le restaurant est situé sur le vignoble de Kleine Zalze, célèbre depuis mai 2015 pour avoir produit le meilleur vin du monde : le Chenin Blanc Réserve Familiale 2013, choisi par les 300 experts membres du jury du Concours Mondial de Bruxelles de 2015, parmi 8000 vins venus de 45 pays du monde. 

La salle, avec ses tomettes sans charme, son plafond cannissé et sa décoration passe-partout ne laisse pas un souvenir impérissable et dénote fortement avec le contenu exceptionnel que l’on trouve dans les assiettes de ce restaurant gastronomique qui porte bien son nom de “Terroir” : 

Des produits de très haute qualité et des saveurs vraies. 
Pas de mélanges compliqués et farfelus qui poussent l’aspect conceptuel tellement loin qu’on ne sait finalement plus vraiment ce qu’on mange, comme c’est parfois le cas dans quelques restaurants huppés de Cape Town. 
Quelques entrées, quelques plats et quelques desserts : pas de menu dégustation à rallonge qui n’en finit plus… 
L’authenticité paysanne dans toute la splendeur que le nom laisse présager, mais avec suffisamment de sophistication pour rendre la proposition gastronomique. 

“Terroir”, c’est aussi le restaurant de la texture :
Chaque plat est construit et structuré autour de saveurs qui se marient avec efficacité, mais aussi d’un parfait équilibre des textures (crémeuses/sèches, craquantes/souples, mousseuses/poudreuses…) qui s’associent jusqu’à se rendre complémentaires.

Quelques exemples de ce que vous pourrez y découvrir :
Tarte croquante à la tomate, purée de petits pois crémeuse,
confiture de tomate épicée, jaune d’oeuf poché et fromage de chèvre mousseux
Calamar grillé, aubergines roties, émulsion au bacon,
poudre d’algues et sauce acidulée au Ponzu,
petits légumes croquants cuits à point.
Risotto de crevettes à la sauce américaine :
tous les degrés de douceurs crémeuse dans ce plat parfaitement équilibré. 
Filet de boeuf et sa croute de sel et de poivre,
purée fumée à la truffe, échalotes confites. 
Magret de canard, purée de haricot vert,
poire en croute de sel, émulsion et crumble d’épices 
Poitrine de porc automnale, marinée et cuite sous vide, échalotes frites, purée d’artichaut,
feuille de choux de Bruxelles juste craquantes, petits champignons. 
Millefeuilles de pomme : craquant caramel, compote de pomme, glace à la pomme :
tout le goût d’une tarte tarin, mais la texture d’un millefeuilles… Magique !
Barre chocolatée au beurre de cacahuètes, croustillant au café, riz soufflé caramel !
Panna Cotta coco crémeuse, baba spongieux aux agrumes, crumble acidulé.

La carte des vins, chère mais de très haut niveau, propose aussi bien des produits du vignoble que des créations d’autres maisons sud africaines. 
Le service est efficace et chaleureux. 

Réservez rapidement… Et bien en avance !

Les messages subliminaux de nos enfants

Franchement,

je suis super fière de lui.


Je parle du papa des Jujutrépides.

Samedi dernier, c’était son tour de s’occuper de Trystan seul durant la matinée, pendant que j’étais en tête à tête avec Tancrède.

Il avait décidé de l’emmener lui acheter des chaussures.

Vous savez, celles qui font de la lumière quand on marche. Les mêmes que celles que son frère a reçu pour son spectacle de fin d’année, pour lequel il était déguisé en cosmonaute, souvenez-vous, ici.
Naturellement, un énième drame avait éclaté. Erreur parentale de débutant.
Il s’agissait donc de rattraper la bourde, afin d’éviter qu’ils ne continuent à s’étriper chaque matin autour de la seule paire disponible.

Les enfants étant ce qu’ils sont – d’extraordinaires et malins petits tyrans – le gamin a réussi ce matin là à détourner son paternel d’H&M kids, pour le rediriger vers la boutique LEGO. 

Mais là où je trouve le gosse particulièrement habile, c’est qu’il a réussi à convaincre son père, pourtant fervent défenseur d’une éducation traditionnelle en terme de jouets – désolée chéri, j’ai pas trouvé plus édulcoré comme tournure – de lui acheter LA MAISON DE LA FAMILLE DUPLO. 

Et pas n’importe quelle maison : celle – puisque vraisemblablement tout est en rose fushia – d’une petite FILLE lego.

La voilà : 

En rentrant, il s’est donc empressé de la construire, comme indiqué sur la boite.
Il a juste rajouté à l’ensemble 2 petits bonhommes identiques – à casquette rouge et casquette verte – trouvé dans sa grosse boite de lego. 
Depuis, il est devenu difficile de lui faire lâcher son magnifique édifice. 
Il semble avoir développé un attachement particulièrement fort à ce bâtiment de 3 étages. 

Curieuse de le voir aussi sérieusement impliqué dans son nouveau jeu, j’ai donc décidé de passer du temps avec lui pour voir de quoi il en retournait. 

(Pour les deux du fond, avec leur air suspicieux, là : NON c’est pas pass’que mes fils ont ENFIN un jouet de fille. C’est juste parce que ça m’intéressait de comprendre.
BREF.)

Sans plus attendre, voici le résumé de l’histoire racontée par mon fiston. 
Je n’ai pas été déçue du voyage :

“Tout en haut, sous le toit, y’a le dernier étaze, avec les chambres. 
Là, y’a papa qui fait la sieste.” 

Chéri, je te JURE, c’est pas moi.
Surtout que cela ne décourage pas ta soudaine ouverture d’esprit ludo-éducationnelle !
En même temps s’il pense que je passe mes journées à cuisiner leur diner et à préparer leur sortie dominicale dans les champs de carottes, y’a pas de raison qu’il ne considère pas que ton job consiste à roupiller tous les après-midis.

“A côté d’vot’ lit, y’a celui de notre p’tite soeur.”

#J’EntendsPas,Quoi?

“Ensuite, en dessous, ‘y’a la salle de bain. 
Là y’a maman qui nous donne la douche, avec mon frère. 
Tancrède il est sous l’eau dans la baignoire, et moi ‘chui avec toi et on discute.”

#MeurtreDuFrère
#UnePetiteSéanceChezLePsyMonFils ?

“Et tout en bas, ‘y’a not’ cuisine. 
Y’a la ‘ross cocotte sur le feu qui cuit, y’a le pain et y’a aussi… NOTRE CHAT.” 

#RE-J’EntendsPas,Quoi?
#NeParlonsMêmePasDuCanassonEnBackground



C’est absolument DINGUE tous les messages subliminaux que les enfants arrivent à nous faire passer avec une simple boite de lego…

Marie Antoinette et les Jujutrépides

Il est vrai 

que leur créativité naturelle 

m’a déjà causé 

quelques frayeurs d’anthologie. 


Cela faisait quelques mois maintenant qu’ils concentraient leur inventivité maléfique sur la parole plus que sur les actes, contrairement à ce qui a pu être le cas dans le passé. 
J’avoue m’être assez rapidement habituée à leur baisse de régime en matière de conneries magistrales. 
A ce stade, on dit d’ailleurs “se reposer sur ses lauriers”. 
Car la leçon à retenir de cette affaire est toujours la même : 
“Ne JAMAIS faire confiance à un Jujutrépide.” 
De leurs 18 mois à l’année passée, j’avais pourtant bien intériorisé cette maxime essentielle. 
Mais il faut le dire, j’ai récemment dangereusement baissé la garde.  

On ne m’y reprendra plus. 

J’étais en train d’écrire sur mon ordinateur samedi dernier. 
Mes yeux dans le(s) vague(s), balayaient doucement le paysage sublime que j’ai la chance d’observer depuis mon bureau, le long de l’océan. 

Tout à coup, perdue dans mes pensées, je suis arrachée à mes songes par une petite silhouette mouvante qui se balade au milieu de mon rêve :

Mon fils Trystan, en tenue de Superman, marche tranquillement de ces petits petons légers sur les ardoises de la partie inférieure de la toiture de la maison. 
Il s’apprête d’ailleurs à atteindre le rebord et tend la main vers l’antenne de télévision. 

Ce qui se passe dans le coeur d’une mère à cet instant précis est indescriptible. 
Le hurlement sort de la gorge involontairement. 
Le corps se lève et parcourt les 5 mètres qui le sépare de la fenêtre en dehors de toute conscience. 
Et avant même d’avoir pu sortir dehors, le gamin est déjà remonté fissa, alerté par le ton d’urgence sans réplique qu’il a perçu dans la voix.

L’air rentre à nouveau dans les poumons.
Le coeur cogne tellement fort dans la poitrine que ça fait mal. On a l’impression qu’il va lâcher et qu’on va s’écrouler. 
La nausée monte dans la gorge. 
Les doigts des mains picotent comme si tout d’un coup le sang revenait aux extrémités. 

On se laisse couler le long du mur jusqu’au sol car le corps ne nous supporte plus. 

Mais c’est pas grave car il est là, entier, devant nous, à quelques centimètres. 
Il regarde ses petits pieds emmitouflées dans les chaussons de laine que sa grand-mère lui a tricotés, et il triture ses mains.

Il sait bien évidemment que sa dernière trouvaille est énorme. 

Mais on a eu si peur qu’on n’a pas envie de crier ni de le gronder. 
On veut juste comprendre. 
Comprendre ce qui l’a poussé à agir ainsi. 

– “Trystan mon amour. Tu te rends compte… Tu… Tu… T’imagines ce qui aurait pu se passer ?…”

– “…”

– “Chéri s’il te plait, dis moi pourquoi as tu fais une chose pareille ?”

– “… J’voulais voir la mer…”

– “… ?!?!… Mais enfin Trystan… La mer tu la vois de partout… Pourquoi aller sur le toit !?”

– “C’est pas vrai… En c’moment avec la pluie on n’a pu’ l’droit d’sortir dans le jardin. Et moi chui p’tit, alors dans le salon j’la vois pas bien.”

– “… ?!?!…”

– “TOI T’ES GRANDE ALORS TU FAIS C’KE TU VEUX TOUT L’TEMPS ! Et bin moi aussi j’veux faire ça. Je peux faire tout seul.”

Que lui dire… 

– “Trystan… Je vois que tu aurais envie de faire les choses tout seul comme les grands sans avoir envie de demander. Ça marche pour plein de trucs comme manger tout seul, choisir ton film ou les habits que tu vas porter. 
Mais est-ce que tu comprends qu’il y a certaines choses qui ne sont pas encore possibles ? Bientôt tu pourras, mais pour le moment il faut encore demander à maman et papa… Sinon c’est trop dangereux, tu risques de te faire très très mal, tu comprends ? C’est TRES important.”

– “…Okay…”. 

Je le vois alors repartir jouer avec ses lego.
J’ai encore le souffle court. 

Je me rends dans la salle de bain pour me rafraichir le visage – et les idées – dans le lavabo… 

Je relève la tête. 

Je dois me tromper. 

Et pourtant non. 

Il n’était pas là ce matin !

J’ai mon premier sourcil blanc.
#FaitesDesEnfants
#TrueStory

Les bons rituels ?

Les enfants, 

ces petites toiles vierges 

marquées et form(at)ées 

au fil de l’éducation parentale ? 


Probablement pas entièrement :

Nos Jujutrépides, nés jumeaux monozygotes, avec les mêmes gênes, qui reçoivent la même éducation au même moment depuis bientôt 5 années, ont pourtant développé des comportements et des attitudes parfois radicalement opposés. 
Il doit bien y avoir un terreau différent à la base.
Un caractère naturel inhérent à chaque personne… 
Un petit bout d’âme unique en son genre, dans chacun d’entre nous. 
Un mélange qui nous rend tous si semblables et singuliers à la fois. 

Mais naturellement, si j’ose dire, notre progéniture se construit aussi en fonction – et contre… – nos émotions, notre background culturel et éducationnel, lui-même hérité de nos propres parents : ils copient beaucoup et deviennent d’une certaine manière, un peu ce que l’on “fait” d’eux. 

Si jour après jour, ils voient leur père – j’dis ça, j’dis rien – qui ne débarrasse jamais la table ou ne fait jamais la vaisselle, ne sort jamais la poubelle et encore moins une poêle pour cuisiner, ils n’auront pas non plus le réflexe de le faire plus grands.   

S’ils entendent au quotidien leurs parents se disputer ou leur mère – oui… bon… – crier pour s’exprimer, ils auront tendance à le faire aussi, prenant avec le temps l’habitude de communiquer ainsi dans leur existence et bientôt au sein de leur futur couple. 

S’ils n’ont jamais l’occasion de voir leurs parents faire du sport, comment envisager, à leur adolescence d’exiger d’eux qu’ils “se bougent” et s’astreignent à une activité physique ? 

Les exemples sont infinis. 

Cela signifie donc que nous sommes, les parents, les modèles permanents de leur éducation : d‘une certaine manière tout est imprimé, comme de minuscules petits tatouages qui s’incrusteraient quotidiennement dans leur peau.  

Mais, sous peine de refuser définitivement le job parental et d’aller les déposer manu militari à l’orphelinat du coin pour faire reposer sur d’autres la lourde tâche de leur éducation, mieux vaut inverser la problématique, à la fois effrayante et passionnante : 
Pour éviter de rendre la chose hautement anxiogène, peut-être vaut-il mieux préciser qu’ils prennent et reproduisent AUSSI nos bonnes habitudes. 
Il s’agit donc probablement de se concentrer sur celles-ci, en se disant qu’on récolte aussi… Ce qu’on “s’aime”.  

Les parents qui me lisent et qui ont déjà de la bouteille avec de grands enfants doivent probablement bien se marrer, en se disant que je viens de découvrir l’eau chaude. 

Et bin moi je dis que c’est pas FORCEMENT EVIDENT pour tout le monde, cette affaire. 

Personnellement, j’eus apprécié qu’on m’en parle avant…

… Même si j’ai bien conscience que devenir parent est un job à part entière pour lequel on découvre chaque jour de nouveaux enseignements… Qui ne servent probablement pas à grand chose.

Lao Tseu, “l’expérience est une lanterne que l’on porte dans le dos et qui éclaire le chemin parcouru”, toussa toussa.

En effet, lorsque on intériorise ces leçons, et qu’on pourrait enfin les appliquer, l’inertie naturelle de nos habitudes nous en empêche.
Ou le gamin a grandit. (Devenant quasiment irrécupérable)
Ou le petit dernier sur qui on aurait pu tester la nouvelle méthode ne réagit pas du tout de la même manière que ceux qui l’ont précédé dans la fratrie… 
Bref. 
Selon la formule consacrée : c’est pas l’propos.

Tout ça pour dire, en conclusion, que j’ai décidé – il y a peu – de mettre toute la famille au tennis.

Si vous ne voyez pas le rapport, je vous explique : 

En plus de tout ce que je viens de développer plus haut, le cours hebdomadaire de tennis deviendra rapidement un rituel familial et bientôt – peut-être ? – l’occasion de pratiquer ensemble une activité commune, qui nous permettra – peut-être ? – de rester proches, malgré le temps qui passe. 

Suite au prochain numéro, dans 10 ans.

L’échange

Je savais 
que cela finirait bien 

par arriver un jour. 

Mais je n’imaginais pas si tôt. 


C’est un tel cliché. 

Un tel poncif. 

Et pourtant…
Apparemment, on n’y coupe pas, quand on est parents de jumeaux.

Arrivée devant l’entrée de l’école l’autre matin :
Comme chaque jour, le gentil gardien – il s’appelle Ange, ça ne s’invente pas – est à la porte et nous salue.

– “Bonjour Maman, helloooo les Jumeaux ! Comment ça va aujourd’hui ?

– (D’une voix collégiale) “Bonzouuuuur Aaaaaaange !”

J’entends alors Trystan qui prend la parole :

– “Mais tu sais Ange, moi, j’m’appelle Tancrède.”

Je me retourne subitement sur le gamin, les yeux écarquillés telle une carpe sortie de l’eau.

– “Ah pardon Tancrède ! Mais tu sais bien que je n’arrive pas à vous différencier !”

Les Jujutrépides avancent tranquillement dans la cour de récrée, leurs cartables à la main. 

Je marche derrière eux.
Je les regarde de dos. 
Je me dis que je deviens dingue. 
Ou que j’ai mal entendu. 
Que je suis mal réveillée. 

Le soir-même, je passe rechercher mon engeance gémellaire sur les coups de 17:00. 

Nous repassons par le portail. 
Ange est toujours là, fidèle au poste. 
Visiblement, il veut montrer aux Jujus qu’il a bien retenu l’info du matin. 

Il se penche vers Trystan et lui dit : 

– “Bon après-midi Tancrèèèèède !”

Curieusement, sur le moment je me sens rassurée : je ne suis pas complètement sénile. C’était bien Trystan qui a parlé ce matin. 

Au même moment, Trystan lui répond : 

– “Mais nooooooooooon Anzzzzzzzzeuuuuuu ! Moi ‘chui Trystan !”

Avant de passer silencieusement le pas de la porte. 

Comprenant ce qui est en train de se passer, je jette un oeil sur le gardien :
La mimique qu’il affiche est, il faut l’avouer, vraiment très drôle ; entre incompréhension, étonnement, impuissance, inquiétude (pour sa santé mentale, sans doute). 

Il me regarde avec les mains ouvertes de chaque côté, paumes vers le ciel, l’air perdu :

– “Mais… Mais… Mais… ?? Je… ?? Il était habillé en rouge… ? C’est… Je…?”

– “Oui Ange, tu viens de te faire avoir. 
Celui qui était en rouge aujourd’hui et qui t’a parlé ce matin et ce soir, c’est Trystan. 
Il t’a fait une blague.
Regarde plutôt la coupe de cheveux la prochaine fois : Trystan long, TanCrède  avec un “C” comme “Court”, okay ?”

Nous nous installons dans la voiture. 

Silence. 

– “Trystan ? C’est quoi cette blague que t’as fait au pauvre Ange ?”

J’entends alors, venus du fond de l’habitacle, des gloussements étouffés de part et d’autre des deux sièges auto…

Tout est dit. 

Misogynie à tous les étages

Depuis sa rupture 

avec Amber, 

notre Trystan 

est très grognon. 


Tout ce qu’on lui propose c’est : “NON ! Pas question…”

Le matin, il se traine hors du lit tel un ourson réveillé en pleine hibernation…

A tel point que j’ai fini, un après-midi, par décider de mettre les pieds dans le plats :

– “Mon amour. Je te trouve un peu lugubre ces derniers temps… Depuis que tu as décidé qu’Amber ne serait plus ton amoureuse, je crois. Es-tu triste en ce moment ? 

– “… Non…”

– “Tu es sûr d’avoir pris la bonne décision ? Car j’ai l’impression que finalement peut-être que tu regrettes ?”

– “NON PAS DU TOUT ! PLUS QUESTION qu’elle soit mon namoureuse !! 
Z’ai bien réfléchi maman. 
Elle m’écoute jamais quand j’lui parle. 
Quand j’lui dit de pas taper Tancrède ou de monter avec moi sur les monkey bars… Elle m’obéit zamais. 
Et moi ça m’énerve.”

– “???”

– “En plus, elle est pas à ma taille…”

– “???”

– “Elle est vraiment plus grande que moi…”

– “???”

– “Alors oui oui oui, c’est TER-MI-NÉ, tu comprends ?”

Face à autant de certitudes, je n’ai pas insisté. 
Mais avant-même que j’ai pu prendre la parole pour clore le sujet, Tancrède est monté au créneau : 

– “C’est très bien Trystan, tu sais. 
Moi c’est pareil avec Eva. 
J’lui ai dit que c’était fini et qu’j’attendais plus qu’elle m’aime. 
Z’ai compris qu’elle veut vraiment s’marier avec Ernest alors c’est pas grav’, elle a qu’à essayer avec lui. 
Mais tu sais, en fait, ze sais qu’à la fin, c’est moi qui vais m’marier avec elle. 
Mais dans longtemps.” 


– “…???…”

Donc si on se résume :
Y’en a un qui veut une femme petite et docile…
Et l’autre qui décide sans lui demander son avis…

Le féminisme a encore du chemin à faire…

#GarçonsForEver