L’Afrique du Sud
est quand même
un endroit assez incroyable.
Dingue, même.
C’est notamment LE pays du safari !
Evidemment, quand on parle de “safari”, on imagine une balade dans la célèbre Land Rover couleur vert-camouflage, ouverte à tous vents et super équipée – vous savez, comme la voiture du Jojo-Lapin de notre enfance, avec le jerricane d’essence, le bidon d’eau, la trousse de secours, les boites de conserve, le couteau suisse, tout ça tout ça… – accompagnée d’un ranger expérimenté qui nous amène illico, après avoir sillonné quatorze secondes sur les pistes d’un parc sauvage, pile-poil en face d’un lion tout propre et commodément installé sur un beau rocher bien rond à environ 1,5m de la route.
En vrai, dans le Kruger Park c’est différent.
… Et c’est encore mieux !
Safari signifie “long voyage” en swahili, le mot venant au départ de l’arabe سفر – pour les amis libanais qui me lisent – qui veut dire voyage.
Et il est vrai que l’expérience est une sorte de parcours, de quête dont on ne revient pas tout à fait le même qu’au départ.
Le Kruger Park, la plus grande des nombreuses zones naturelles protégées du pays, est immense. Avec ses 2 millions d’hectares, c’est une véritable enclave d’environ 350 km du nord au sud et 60 km d’est en ouest. Situé dans le nord-est de l’Afrique du Sud, il est frontalier avec le Mozambique et s’étend même largement à l’intérieur de ce pays.
A l’intérieur de ce parc, se répartissent des concessions privées sur lesquelles de luxueux lodges ont été construits, et des zones nationales, propriétés de l’état sud africain, proposant quant à elles, des camps de repos sécurisés (21 au total), spartiates mais très bien équipés, à un prix défiant toute concurrence et parfaitement pensés pour les familles.


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Paul Kruger, entouré de Piet Grobler et James Stevenson-Hamilton, respectivement président fondateur conseiller du président et gardien du Kruger Park. |




Quelques routes principales – goudronnées – traversent le parc et relient ces camps les uns aux autres.
Et un nombre infinis de pistes secondaires quadrillent tout le reste du secteur. Chacun peut donc pénétrer dans le parc avec sa propre voiture – même la plus basique – louée à Johannesburg, à l’un des 3 aéroports proches du parc (KMIA Airport de Nelspruit, Hoedspruit et Phalaborwa) ou même à l’aéroport intérieur du parc (Skukuza), par l’une des 9 portes officielles.
Une fois à l’intérieur du parc, et selon la durée choisie du séjour, il suffit de déterminer un itinéraire qui permettra d’accéder aux prochains camps et ainsi de débuter le safari.
A partir de là, tout est question de chance, de patience et de concentration !
Si les différents types d’antilopes, les girafes et parfois les éléphants n’hésitent pas à traverser les axes principaux, c’est tout de même plus souvent sur les pistes écartées que les plus belles rencontres se font.
Des heures entières à scruter le paysage à la recherche d’un mouvement, d’un bruissement d’arbre ou d’une tâche suspecte peuvent passer sans qu’aucun animal ne montre le bout de son nez…
Mais quand subitement, un léopard traversant la rivière ou un guépard tapi dans l’herbe, et prêt à bondir sur sa proie, font leur apparition, l’excitation et le bonheur que procure cette découverte sont intenses.
La fierté de l’avoir trouvé soi-même, et non pas de se le faire montrer par un professionnel, génère aussi un immense plaisir.
(Même si, naturellement, la solidarité entre “safaristes” est indéniable et qu’un attroupement de voitures sur le bord d’une piste est souvent bon signe.)
Naturellement, tenir en haleine des enfants de 4 ans, cinq ou six heures par jour enfermés dans l’habitacle, peut sembler être un challenge insurmontable.
Pourtant, une fois la routine et quelques petites ruses mises en place, ils se prennent finalement assez rapidement au jeu :
Scruter l’horizon avec les jumelles, une fois leur fonctionnement compris :
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| Elephants en vue… |
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| Lions à tribord. |
Etudier dans le détail le cahier des animaux, les comparer à ceux qu’on a déjà vus et “tiquer” les cases lorsqu’ils correspondent :
Sur les pistes vides, durant des dizaines de kilomètres, conduire sur les genoux de papa pour apprendre à manier le volant :
Et puis l’essentiel, la motivation suprême (un peu comme les clébards de Pavlov, il faut bien le dire) : un petit bonbon au chocolat à chaque nouvelle espèce d’animal repérée, ainsi qu’à chaque apparition de l’un des Big 5.
Sans surprise, le nombre de rhinocéros et de léopards (imaginaires bien évidemment) a parfois explosé dans certaines zones du parc, faisant mentir les statistiques écologiques de leur statuts en voie de disparition…
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“Papa, y’a un bigfaïïïve làààààà !!! Un éléphant ! Vas-y, donne moi le bonbon.” |
Mais au global, “la chasse au trésor des zanimaux”, selon l’expression consacrée par nos Jujutrépides, s’est avérée passionnante pour toute le monde :
Les fameux et mythiques “Big 5” (les “5 gros”), qui correspondent aux 5 animaux qui étaient, au début du XXème siècle, les plus difficiles à chasser.
Depuis, ils sont restés, lorsqu’on à la chance de tous les voir, le symbole d’un safari réussi : l’éléphant, le buffle, le rhinocéros, le léopard et le lion.
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| Saurez vous découvrir où se cache le lion dans cette image et à côté de quoi il digère en roupillant ? |
Les “Ugly 5” (les “5 moches”) ont depuis fait leur apparition dans les listes célèbres des fans de safari : le gnou, le phacochère, le vautour, la hyène et le marabou d’Afrique.
Il faut avouer qu’ils n’ont pas été gâtés par la nature :
Ainsi que les “Tasty 5” (les “5 délicieux”), réputés pour leur chaire goûtue : l’autruche, la pintade casquée, le kudu, l’impala et le phacochère.
Mais de nombreux autres animaux non classés sont tout aussi passionnants à observer :
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| Babouin |
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| Zèbre |
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| Girafe |
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| Le guépard, le pro du camouflage. |
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| Hippopotame |
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| Choucador à épaulettes rouges (comme son nom… ne l’indique pas) |
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| Oiseau Secrétaire, aussi appelé Messager sagittaire |
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| Calao à bec jaune |
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| Aigle Martial |
Et tant d’autres encore…
On parle toujours des fabuleux animaux rencontrés au cours du voyage au coeur du bush, mais les paysages, la végétation et les couchers de soleil ne sont pas en reste dans ce paradis naturel protégé :
Quelques tips pour les débutants !
Météo :
En été (Novembre à mars) il fait TRES chaud dans le Kruger. Mais il pleut aussi assez souvent, rendant l’aventure un peu plus difficile. En hiver (juin à aout) la chaleur est très supportable, il peut même faire bien frais. La nature est très sèche mais les arbres dénudés laissent voir les animaux encore plus facilement que le reste de l’année. Tout est question de préférences.
Horaires :
Attention les camps de repos ferment tôt le soir (17 ou 18 heures selon les saisons) : ne vous faites pas dépasser par le temps, ils sont intraitables et vous infligeront une forte amende pour pouvoir rentrer !

Repas :
Evidement, en plein milieu du bush, il n’y a pas de restaurants !
Les camps en proposent mais la qualité est rarement au rendez-vous.
Privilégiez, comme les Sud Africains, le “braai” local et typique du pays : sauf exception, tous les camps proposent dans chaque chambre des ustensiles (couverts, casseroles, plats, assiettes, etc.) ainsi qu’un local à barbecue ! Et le supermarché du camp vous permettra de trouver les denrées nécessaires à l’opération.
Prévoyez le picnic pour le déjeuner car il n’existe quasiment pas de petites gargotes dans le parc, mais beaucoup d’air de repos en pleine nature – équipées aussi en barbecues – où faire une pause.
Attention : prudence car les animaux rodent en totale liberté dans le parc.

Equipement :
Vous n’êtes pas obligés de vous ruer sur le fameux pantalon de safari kaki, détachable au niveau des genoux et transformable en short en cas de coup de chaleur subit. Bien qu’il soit effectivement très pratique.
En revanche, investir dans des jumelles s’avère pratiquement indispensable : les animaux viennent rarement se poster devant vous pour se laisser admirer.
Pensez aussi à prendre des gouttes pour les yeux, la poussière pouvant parfois provoquer des allergies.
Organisation :
Certains préfèrent rester 2 nuits minimum dans chaque camp, afin de sortir (très) tôt le matin et dans l’après midi pour admirer les animaux, choisissant de se reposer entre les deux, lorsque la chaleur est trop forte, dans les camps qui disposent souvent de piscine. Cette option est probablement très valable en été.
Mais en hiver, lorsque les piscines sont fermées ou froides, changer de camp chaque jour et décider de rallier le prochain en prenant son temps le long des petites routes pour arriver en fin d’après midi, est probablement le meilleur choix à faire.
Pour les mordus de safari :
Chaque camp propose le matin très tôt, en fin d’après midi et durant la nuit, des “game drive” payants de groupe, accompagnés par des rangers. Les sorties de nuit sont fatigantes pour les yeux mais on a la chance de pouvoir observer des animaux qui sont pratiquement invisibles durant la journée comme par exemple les porc-épiques, les chacals, ou les renard à oreilles de chauve-souris, etc.
Pour les fous d’animaux qui n’en n’auraient pas eu assez, c’est un bon complément. (Enfants + 6 ans)
A noter que chaque jour, à la réception du camp, une carte de la zone permet de découvrir où les big 5 ont été localisés la veille et le jour même, augmentant ainsi vos chances de les trouver vous-même. Et les cartes vendues dans les supermarchés des camps achèvent de vous prêter main-forte en indiquant les zones préférées des animaux du parc. ainsi que les informations pour les identifier et les différencier.
BON VOYAGE !