La Partie Privée

Ça fait toujours bizarre, 

pour le parent, 

lorsque son petit passe un cap. 


Et des caps, il y en a beaucoup. 

Des plus connus aux plus évidents : s’assoir, se redresser, attraper, marcher, arrêter le biberon, la tétine et les couches, parler, manger puis s’habiller seul, etc. 
Toutes ces étapes fondatrices qui sanctionnent leur évolution et leurs progrès.  

Il y a aussi ceux qu’on refuse de voir aussi, parce qu’accepter qu’ils grandissent, c’est supporter l’idée qu’on vieillit, et que le temps passe :

– “COOOOOOmment ça, t’as une amoureuse ?!?!? On avait dit pas avant 30 ans !”


Et puis, il y a surtout les passages plus subtils, plus discrets. 
Ceux qu’on ne distingue pas forcément du premier coup d’oeil ou que l’on ne réalise qu’à postériori, comme les débuts de la pudeur par exemple. 

Les Jujutrépides étaient l’autre soir dans la salle de bain, se déshabillant pour se glisser dans leur bain, lorsque Tancrède m’a apostrophée avec le plus grand sérieux : 


– “Maman, tu sais que LÀ, ‘zuste au dessous du nombril, on a une ligne imazinaire ?”

– “Mouiihein ? Une ligne, quelle ligne ?”

– “ET BIN LA LIGNE DE LA PARTIE PRIVÉE !”

Je me dis : encore un coup de l’école, c’est évident. 

Je réalise aussi qu’ils font, décidément, un merveilleux boulot. 

– “Oui mon chéri, c’est tout à fait vrai. En dessous de la ligne il n’y a que toi qui a le droit de regarder et de toucher. C’est personnel, c’est que à toi. Donc personne d’autre, JAMAIS.” 

– “Oui maman… Et mon frère, ‘y peut ou pas lui ?”

Panique à bord. 
On autorise des exceptions ou pas ?
Merde, j’ai jamais rien lu sur le sujet !
Qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui dire !?!?…
Solution de facilité apprise à Science-Po : on renvoie la question à l’envoyeur. 

– “Bin… Euh… C’est toi qui décides poussin. Si ça ne te dérange pas, vous pouvez continuer à prendre le bain ensemble. Sinon, tu me dis et on fera séparé.”

Mais qu’est-ce qui ma pris de lui proposer un truc pareil !?
Ça prend déjà des plombes tous les jours…

Heureusement, il enchaine de lui-même : 

– “OK maman, Trystan, j’le garde.”

– “OK chéri.”

Je m’assoie alors au bord de la baignoire, enfilant machinalement la débarbouillette, le savon dans l’autre main, avant de me pencher vers lui : 

– “Aller mon amour lève-toi s’il te plait que je te nettoies, t’es encore couvert de boue aujourd’hui.”

Et là, la réponse fuse, claquante comme un coup de fouet : 
– “NON MAMAN, TU M’TOUCHES PLUS MAINTENANT !” 

– “?!?!?” 

– “T’AS OUBLIÉ OU QUOI !? C’EST LA PARTIE PRIVÉE !”

– “Euh… Tancrède, ‘chui ta mère.”

Je m’abstiens de ponctuer la phrase par un “bordel de M.” bien senti, et reste coite devant la situation. 
Il renchérit : 

-“ET BIN C’EST COMME ÇA QUAND MÊME !”

– “Tancrède… Qui c’est qui va te laver, hum ?”

– “Euhhhh. Mon frère ou… Bin…Bin… T’as qu’à nettoyer qu’la PARTIE D’EN HAUT !”

– “Tancrède…”

– “NON.”

Et là, fidèle à mon manque de scrupules habituel, hérité de longues années de confrontation jujutrépidesque : 

– “Tancrède si tu te laves pas bien, tu vas avoir plein de vers de terre qui vont s’installer dans ta raie des fesses et après il va falloir te donner le médicament de vermifuge.”

-” ?!?!?… Le médicament qu’est tout blanc et qu’est pas bon du tout !?!?”

– “EXACTEMENT.”

“Bon… Bin… Pfff… Okay maman, t’as qu’à m’laver, chui d’accord… 
MAIS TU FERMES LES YEUX !!!!”


#LesEnfantsCesIngrats
#CEstMoiQuiTAiFabriquéDébilito
#JeSaisÇaNaRienNaVoir














Des chiens et des bébés

Je sais.

Ca risque encore 
de choquer
 certains d’entre vous.


Mais bon.
On n’se refait pas, n’est-ce pas ?

L’autre jour, j’étais au parc d’enfants avec Trystan, lorsque un maitre et son chien se sont approchés de nous. 
Trystan a immédiatement sauté de sa balançoire – dont je me suis naturellement pris le retour en pleine poire, puisque je poussais derrière comme à l’accoutumée – pour aller le caresser.

Il est bien resté dix minutes à le gratouiller et lui tapoter la tête.

Quelle patience, ces bêtes, tout de même !

A cette occasion, une pensée m’est venue, que je n’ai pas réussi à réprimer : 

Finalement, à bien y réfléchir, vaut-il mieux recueillir un chien ou faire un gosse ?

Parce que, si c’est pour se retrouver au parc aussi… C’était pas la peine… 

Nooooon, ne partez pas !
Voyez mon raisonnement d’abord :

On me fait souvent le reproche amical que mon blog est le pire des contraceptifs disponibles et qu’il découragerait n’importe quel désir de maternité, aussi puissant soit-il.
C’est l’occasion de vous dire que même si j’estime nécessaire de partager avec vous certains aspects un peu contraignant de la parentalité, les enfants ont tout de même leurs avantages bien à eux !

Voyez plutôt :

Certes, le chien atteint beaucoup plus vite sa taille adulte. 
Mais en même temps, sa capacité d’apprentissage est limitée. 
Avec les enfants, c’est beauuuuucoup plus long, mais à la fin vous avez quand même un être qui parle – jusqu’à 12 et après 18 ans, si j’ai bien compris ce que m’ont expliqué mes copines mères d’ados – capable de comprendre une conversation de plus de quinze mots.

Pareil pour la bouffe : au début, leurs méthodes d’alimentation sont assez similaires – la tête dans le plat – mais avec le temps, le môme finit par tenir une fourchette à la main.
Le canidé, lui, mange toujours la gueule dans l’assiette, même après vingt ans.
Il arrive même qu’il faille à nouveau le nourrir à la cuiller quand il est trop vieux.
Toutefois, il est vrai que d’un point de vue alimentaire, le chien est bien moins difficile que le môme, qui passe son temps à chipoter. 
M’enfin bon… On s’y fait.

Pareil pour les devoirs : le chien ne vous emmerdera jamais avec un poème à apprendre par coeur ou les tables de multiplications à réviser. 
Mais ils vous demandera de lancer son bâton 200 fois d’affilées.
‘Pas sûr, dans ces conditions, que vous gagniez au change.

Durant les premiers mois, niveau conneries domestiques – chaussures rousillées, verres d’eau renversés, lampes éclatées au sol er pipis sur la moquette – c’est kifkif.
A ce sujet : il est certain que niveau propreté, les deux sont au début un calvaire probablement assez comparable.
Mais les années passant, les mômes finissent quand même par se débrouiller tout seuls – enfin, j’espère… – alors qu’on doit toujours passer derrière le chien sur le trottoir ou dans le jardin.

Pour ce qui est du sommeil, disons le clairement – à partir d’un certain âge en tous cas – c’est beaucoup moins crade d’avoir un gosse dans son pieu qu’un clébard.

Niveau santé, je dirais que c’est pareil : entre le pédiatre et le véto, je pense que les visites sont équivalentes.

Bon, évidemment, si on parle retour-sur-investissement de l’affection… je pense que les toutous tirent probablement leur épingle du jeu versus les gosses.
Pas au début, c’est sûr.
Mais avec le temps, lorsque vous vous retrouvez abandonné(e) à 50 ans comme une vieille chaussette par votre progéniture qui a décidé d’aller étudier les cellules souches du béluga en Alaska… C’est probablement sympa d’avoir encore un machin sur les genoux à gratouiller.

En plus, si vous vous êtes bien débrouillé(e) vous en avez fait plusieurs (des gosses), ce qui reporte le problème dans le temps.

Peut-être-même supportez-vous encore votre mari/femme : le cas échéant, cela peut s’avérer être une bonne alternative.

Voyez !
Qui a dit que les enfants n’étaient pas une bonne idée ?

L’avion, c’est plus ce que c’était

L’avion,

c’est plus ce que c’était.


Bah si, quand même.
Il faut le dire.

J’adorais voyager avant.
Maintenant, c’est juste le pensum.

Il y a beaucoup de raisons à cela, j’imagine.

Maintenant, pour un vol de 1h30, il te faut prévoir la journée.
Avant, quand l’avion devait atterrir à 12:40, il atterrissait souvent à 12:40, ce qui te permettait d’organiser sereinement la suite de ton voyage.
Maintenant, tu t’extasies quand c’est le cas et le reste du temps, tu piques des sprints dans les aérogares pour chopper ta connexion et t’arrives en nage devant la porte d’embarquement où le personnel au sol considère alors d’un air dégouté ta mise défaite.
Sans oublier les deux ou trois heures réglementaires de marge à prendre avant le décollage. 

Et puis aujourd’hui, on pèse ton bagage sur une balance ultra perfectionnée et on te le refuse ou on te fait payer 300€ quand il dépasse le poids autorisé de 25g.

On t’oblige presque à te foutre à poil avant d’avoir le droit de monter à bord.
Histoire de vérifier que tu ne caches pas de grenade dans ta raie des fesses, probablement.
On vérifie même les doudous des gosses, qui doivent passer au rayon X…
On ne sait jamais, note bien, on pourrait les avoir bourrés de coke, discrétos.

Avant, on t’offrait une petite fleur – si,si, permettez : sur la Thai Airways – ou au moins une serviette pour te nettoyer les mains à l’entrée de l’avion. Aujourd’hui, si on te dit bonjour, c’est déjà une victoire.

Je ne parlerai pas de la coupette de champ’ – même Nicolas Feuillate – disparu il y a belle lurette du chariot de la bétaillère, pardon je voulais dire de la Classe Economique.

A ce sujet : il y a quelques années, y’avait quand même dix centimètres de libre devant tes jambes pour te permettre de bouger et éviter la thrombose à l’arrivée.
Maintenant, quand tu fais du 40, t’as les hanches qui frottent les accoudoirs.
No comment sur les dossiers qui, lorsque ton voisin de devant essaye de soulager son dos en l’abaissant, t’arrivent directement dans le pif.
Et ça, c’est la fête, encore. 
En plus, tu peux parfois te retrouver avec une paire de jumeaux sur les genoux, histoire de faire bon poids. 

Et puis de nos jours, il faut dire ce qui est, les stewards et les hôtesses, la plupart du temps, y’z’ont nettement moins d’humour :
Tu viens par exemple de décoller avec ton mari pour cinq jours à l’île Maurice SANS tes lardons.
Tu as très envie de fêter ça, et tu es d’humeur badine.
Alors, quand le mec te demande ce que tu veux boire et que tu lui dis « Un mojito s’il vous plait ! », il te regarde très sérieusement en se demandant si c’est du lard ou du cochon…
Ah et puis, oui, j’allais oublier : quand j’étais petite, c’est bien simple, y’avait PAS de turbulences.
Non, non, n’insistez pas, ça n’est pas ma mémoire qui me fait défaut.
C’est sûr que non.
Maintenant y’a des trous d’air effrayants toutes les 20 minutes, tu passes le vol à imaginer tes gamins orphelins, grandir en pension et tourner voyous.
(Je sais, c’est extrême. Mais bon. T’y peux rien dans ces moments là, t’as le cerveau qui surchauffe.)

Pareil : avant, si tu souriais vraiment très fort, tu pouvais demander au capitaine de laisser ton fiston ou ta fistonne atterrir dans le cockpit et vivre cette expérience fabuleuse à laquelle tous les gosses voyageurs des années 70 et 80 ont eu droit.
Maintenant, quand tu demandes, l’hôtesse regarde ton gosse d’un air suspicieux, comme s’il avait planqué des détonateurs dans sa couche.
Et, bien évidemment, c’est hors de question : ton mouflet reste dehors, les yeux mouillés de déception et le nez collé à la porte blindée, fermée.

D’ailleurs, à chaque fois que tu passes le pas de la porte de l’avion, tu ne peux quand même plus t’empêcher de te demander si tu ne vas pas, au pire, terminer ton existence écrabouillé dans un building ou, au mieux, te retrouver détournée par des fous furieux vers un endroit inconnu d’Asie centrale.

Bref. Je veux pas faire ma vieille conne, mais FRANCHEMENT, l’avion, c’était mieux avant.

Ou alors… C’est juste vâch’môn plus rigolo quand t’es p’tit(e).

Katy Perry et les Jujutrépides

Franchement entre elle et Dorothée,

je ne sais pas ce qu’il y a de plus terrible.


Enfin si, je sais.
Dorothée c’était bien pire.
C’est sûr.

L’autre après midi, les Jujutrépides venaient de rentrer de l’école.
J’avais déposé les cartables, les pulls, les manteaux, les gourdes et autres chaussures dans l’entrée, avant le grand tri du soir.

J’étais en train de sêcher les boites de goûters avec l’intention de les remplir, lorsque Tancrède s’est approché de moi en me disant :

– “Mamaaaan ? Trystan et moi, on a envie de danser.”

– “??? De Danser ?” 

– “Bah oui !”

Oui.
Parfois, on a vraiment des réactions bizarres, nous les parents.

– “Ah oui bien sûr chéri. Et bin tiens, voilà mon portable, je vais te mettre ta playlist…”

– “NON non, pas les musiques des bébés !!!!! Je veux qu’t’allumes la grosse boite noire là bas, celle qui fait d’la musique forte quand vous ‘zinvitez les ‘zamis à la maison le soir !”

BIM le message subliminal. 

– “Tu veux dire l’enceinte, Tancrède ?”

Je vois alors mon fils qui me regarde bizarrement.

– “??? Mais non maman ! Je t’ai DIT PAS DE BEBES !!!”

– “?????!!!????”

Faisant la connection, je souris intérieuement et lui réponds :

– “Aaaaah oui, je vois chéri, j’ai bien compris. Tu veux que j’allume la grosse baffle noire du salon.”

– “Bah oui !”

– “Tancrède, ça s’appelle aussi une enceinte…”

Dubitatif, je le vois qui part en trombes rejoindre l’appareil.
Et là, Trystan s’approche de moi et me dit :

– “Tu peux nous mett’ Katy Perry, steuplé maman ?”

Sidérée, j’arrive à articuler :

– “Katy Perry ? Euh oui… Si tu veux…”

Et là, réponse au tac-au-tac de mon fiston :

– “Oui, mets-nous celle avec le ch’val noir siteuplé !”

– “??? Dark Horse ?”

– “Oui wouala ! Euh… Non attends ! Non, j’préfère celle ou elle dit l’oeil du Tigre !”

– “??? Tu veux dire Roar ?”

– “Vouiiiii comme le lion !!”

Et là, le frangin, coeur romantique, en rajoute une couche :

– “NOOOOON Moi j’veux pas celle-là Trystan, j’veux celle où elle dit “I loooove youuuuu !”

Je commence à perdre pied.

– “??????? Unconditionnaly ?”

– “Ouiiiii mamaaaaaa !!!”

Hurlement de Trystan :

– “Pas question. On peut pas dancer sur ça. Ca bouge pas'” 


– “?!?!?!?!?!?”

– “Mets Le ch’val noir maman, allez !”, articulé sur le ton sans appel qui le caractérise, avant d’esquisser devant mes yeux quelques pas de break dance.


MAIS K’EST-CE QU’ILS LEUR APPRENNENT A L’ECOLE ?!?!?

Les cadeaux d’anniversaire

Honnêtement,
c’est compliqué. 

Si, si. 

On ne dirait pas, comme ça, mais en fait, si. 

Acheter les cadeaux d’anniversaire pour les petits copains et les p’tites copines des enfants, c’est terrible. 

Les parents qui me lisent savent de quoi je parle, j’en suis sûre. 

Pour les autres, je vous assure, c’est bien plus compliqué qu’il n’y parait :

Trystan est rentré surexcité l’autre soir m’annonçant que “z’avais une invita’fion dans l’sac pour l’anniversaiiiire de Maxime et Vicky”, les Jujutrépidettes de sa classe.
Les pauvres gamines. 
Deux ans, et le gosse n’est toujours pas capable de prononcer correctement leurs prénoms. (Leur mère se reconnaitra !)
Ce sont les jumelles qui zieutaient Trystan depuis quelques mois et semblent avoir indirectement contribué à la rupture d’avec l’indétrônable Amber. 
Bref, c’est pas l’propos.

Arrive donc le moment où le parent va au magasin de jouets pour faire ses emplettes. 
Au début, il n’a pas encore bien compris sa douleur : 
Il pense qu’amener son enfant, celui qui a été invité, choisir lui-même le cadeau qu’il va offrir, est une bonne idée : une décision personnelle et valorisante, dictée par la connivence qui le lie avec son ami(e). 
Le meilleur moyen de faire le meilleur choix, en quelque sorte. 

Rapidement, le parent comprend qu’il s’est planté sur toute la ligne, et même qu’il à tendu les bâtons pour se faire battre : 
Il réalise que son mouflet n’a ABSOLUMENT AUCUNE idée de ce qui pourrait bien faire plaisir à son pote. Il choisit le premier truc qui lui tombe sous la main avant de te regarder, l’air de dire :

– “Le stylo Reine des Neiges, là, c’est bien, non ?”

– “Chéri, c’est un peu léger comme cadeau, tu ne crois pas ?”

– “Bon… Alors la voiture BMW là bas, elle est KRO belle r’garde m’an !”

– “Oui alors là, c’est un peu trop chéri. N’oublie pas que tu vas à beaucoup anniversaires chaque année, et pareil pour ton frère… Oui ? Les sous ça pousse pas sur les arbres, hum ?”

– “Je saaaaais m’man, les sous, on les trouve dans la machine du parking.”

– “???”

– “Bah oui, quand on va à la piscine.”

– “???”

– “Mais siiiii : elle nous rend toujours plein de sous !!!!”

– “Je vois… Elle nous rend la MONNAIE mon amour, la machine. Nuance. Tu comprendras quand tu s’ras grand.”

Bref, si on se résume, le gosse n’est d’aucune utilité. 

EN REVANCHE, placé ainsi de façon totalement irresponsable par l’adulte dans ce qui est pour lui la caverne d’Ali Baba, il se sent submergé par tous ces joujoux et perd rapidement les pédales :
Hurlements au milieu du magasin pour  obtenir son propre cadeau, trépignements et autres cris stridents qui rendent l’expérience sommes toutes assez mitigée : finalement, pour le faire taire et éviter de se prendre encore les regard couroucés des parents allentours, le géniteur repart avec le cadeau du gamin dont on fête l’anniversaire… Ainsi qu’une nouvelle carabine, deux peluches et une boite de lego pour son propre rejeton. 

Apprenant de ses erreurs, on décide rapidement de se rendre, seul(e) et en semaine, au magasin. D’ailleurs, on est confiant(e) car à la vue de la boutique colorée qui sent la barbe-à-papa, on se rappelle soudain avoir été soi-même un enfant. On se dit alors qu’il nous suffit de réfléchir à se qu’on aimait à l’époque, ou à ce qu’on recevait à Noël…

Et hop : Barbie pour les filles, legos pour les garçons !

Sauf que, au moment de jeter la boite dans le pannier d’achats, tu te sens envahi(e) par le doute.

Tu te dis que tout le monde doit faire ça et que les parents vont te détester d’avoir acheté la 36ème boite de playmobiles avec ses petites pièces qui leur rentre dans les doigts de pieds quand ils marchent dessus.

Tu penses aux nouvelles règles éducatives mixes découvertes à l’école et autres théories du genre assénées partout dans les media…
Une Barbie pour une fille ? N’est-ce pas terriblement vieux-jeu ? Dépassé ? 
N’est-ce pas enfermer cette pauvre petite dans un stéréotype qui lui collera à la peau touuuute sa vie !?!?

Te voyant fixer ton pannier, perplexe et hébété(e), le vendeur débarque en te disant : ‘je peux vous aider ?’

Et là, c’est la fin des haricots… de la marchande en plastique.

Le mec a bien pigé à qui il avait à faire.
Il commence à te présenter des millions de trucs, tous plus incroyables – et hors de prix – les uns que les autres.
Il t’explique ce dont les enfants d’aujourd’hui on besoin, étude psycho-cognitive canadienne de 2014 à l’appui.

Tout d’un coup tu relèves le nez : t’en peux plus.
T’as envie de pleurer, de lui coller un bon coup de sabre laser Star Wars dans la gueule, et de sortir en courant du magasin.

Mais tu restes calme.
Tu dis merci et tu vas dans le rayon jeux de société ludo-éducatifs.
Y’a l’âge marqué dessus.
C’est unisexe.
Certes, ça fait un peu intello, mais tu te dis qu’avec ça, tu peux pas te planter.

Quand tu rentres à la maison et que tu montres tes achats à ton môme, il te regarde l’air dépité, tu crois même déceller un peu de pitié dans son regard et il te dit :

– “K’essekça maman ?…”

– “Bin un jeu de société mon amour !”

– “Bof.”

Et il se barre.

Là, ton coeur se met à battre plus fort, t’as les mains moites.
Tu te dis que t’as fait une connerie et que t’aurais dû garder cette putain de Barbie dans le pannier…

Et c’est là que tu choisis de ne pas noter le nom de ton gamin sur la petite carte (de/à) et que tu décides de noyer ton présent – visiblement merdique aux yeux d’un gosse de 5 ans – dans le tas de cadeaux, une fois arrivés à l’anniversaire.

Histoire de passer inaperçu.

Je sais, c’est lâche.
Mais bon.

La course à l’échalote jujutrépidesque

Chaque mercredi après-midi,

c’est la même chose.


Le marathon infernal.

L’école se termine à 15:15.
Les gosses ont piscine à 15:30.

Il faut vingt minutes, en conduisant à 85 km/h en ville et en grillant les sept feux rouges qui sont sur le chemin, pour atteindre le point d’arrivée.
Et encore : ‘faut pas tomber sur un poids-lourd ou sur un jeune conducteur, sinon c’est mort.

Vous aurez donc déduit par vous même que l’affaire est assez mal engagée.

Et pourtant, chaque semaine, les Jujutrépides sont dans le bassin à 15 heures 30.

Vous me direz : Mais comment ? Et surtout, pourquoi ?! Pourquoi

Je vais vous le dire.
Les mères ont l’art, en voulant faire au mieux, de se mettre dans des situations impossibles :

Depuis que nos Jujus ont commencé à apprendre à nager, il y a un an et demi, nous avons dû changer trois fois de maitresse.

La première a démissionné.
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : rien n’a voir avec mes fils.
Elle a déménagé.
Mauvaises langues que vous êtes…

La seconde a, quant à elle, effectivement craquée en nous disant : « c’est eux qui sont renvoyés ou moi qui pars ».
Nous les avons donc changés de créneau.
Les ravages du manque d’autorité, c’est terrible tout d’même.
Oui… Bon…

La troisième est parfaite.
C’est bien simple, elle est formidable.
Excellente pédagogue et technicienne, elle leur enseigne très précisément les bons mouvements.
Dotée d’une autorité naturelle impressionnante, elle tient d’une poigne en acier trempé (mouahah… Trempé ? Prof de natation ? Ok…) mes deux rejetons démoniaques.
Elle est de plus charmante avec moi et ne me juge pas.
C’est rare.
Ou alors, elle a aussi des jumeaux. J’ai pas osé demander. Je sais qu’elle a 2 garçons, en tous cas. Ça compte, c’est sûr.
Et, cerise sur le gâteau, elle est créative : voyant qu’il serait difficile de discipliner mes deux moutards, elle a d’abord conçu l’idée d’en balader un sur le dos – à l’africaine – pendant qu’elle donnait le cours à l’autre.
Mais Tancrède et son débit incessant de paroles hurlées dans le creux de son oreille gauche durant quinze minutes semblent l’avoir convaincue de changer de méthode.
Elle a donc finalement décidé qu’il serait préférable d’en coller un sur le banc pendant que l’autre travaille, puis d’inverser.

Depuis, c’est le paradis.
Pour la première fois de mon existence de mère, j’ai l’impression d’avoir mis au monde des merveilles et d’avoir parfaitement éduqué des enfants modèles.
Sentiment agréable, s’il en est, d’autant qu’il est malheureusement rarissime, comme vous le savez. 

Vous comprendrez donc, pour toutes ces raisons, que RIEN au monde ne saurait nous faire dorénavant changer de maitresse.

Seulement voilà. Il y a un prix à payer pour rester avec Angie (oui, en plus, elle a un prénom canon) : ses cours sont dispensés le mercredi de 15:30 à 16:00.
Et rien d’autre.

J’essaye bien à chaque fois d’interroger à nouveau la secrétaire de l’établissement, au cas où un désistement miraculeux aurait eu lieu et un autre créneau se serait ouvert durant la semaine écoulée, en vain.
J’ai bien remarqué que, me voyant arriver, la p’tite dame se tassait maintenant imperceptiblement sur elle-même à mon approche.
Je pense qu’elle me déteste.
Mais c’est pas bien grave.

Le critère horaire ne pouvant évoluer, la seule solution serait de mettre un terme aux leçons, décision qui me paraît dommageable et même dangereuse pour la sécurité de nos chers petits qui passent leur vie de capétoniens encerclés d’eau.

Reste l’option de la course.

Donc, vous l’aurez compris : on court.

Comme Forrest.
Gump.

Ou plutôt comme Foresti.
Florence.

Les gens pensent que ses caricatures sont des plaisanteries, des blagues pour faire rire les gens durant les spectacles à l’Olympia.
Qu’elle exagère et qu’en vrai, des trucs pareils n’existent pas.

Aujourd’hui, je SAIS avec certitude que TOUT ce qu’elle raconte est vrai.

Vous savez, cette mère hystérique, débarquant complètement échevelée et transpirante dans le hall d’entrée de la piscine, l’énorme sac de piscine sur une épaule, le sac à main sur l’autre, le ticket de parking entre les dents, la clef de bagnole accrochée au petit doigt, trainant dans chaque main un gosse par le col et hurlant comme une possédée :
« Laissez-nous passeeeeer !!!!!
Les garçons, déshabillez-vouuuuuuus !!!!!
Viiiiiiiiiiiiiiiiiite !!!! »
Tout en désapant les pauvres gamins, leur arrachant à moitié les oreilles au passage, avant de les jeter littéralement à la flotte – le bonnet encore de guingois sur la tête et les lunettes en travers de la figure – comme on se déleste du chargement d’un navire par dessus bord lors d’une grosse tempête…

La mère va alors ensuite s’effondrer sur le banc, le visage tourné vers l’horloge murale, soulagée de constater que cette putain de grande aiguille est bien sur le 6, le sentiment de la mission accomplie…

Et bien cette mère… C’est moi.

La dingue qui gratte à la porte de la classe à 15:10 en disant, “pardon, c’est mercredi… Je dois.. Oui voilà… Tancrède… Merci… Pardon pour le dérangement… PardonPardon…”
Avant de se ruer sur la classe d’à côté (jujus obligent), de réitérer l’opération et – les cartables et les manteaux bringuebalant sur les bras – de se précipiter sur le portail extérieur, avec les gamins qui volent de chaque côté…

Le gardien qui nous ouvre alors invariablement – et fort opportunément – la grille moins d’une seconde avant que nous nous jetions dessus, me regardant le sourire en coin, l’air de dire : décidément cette nana, elle est complètement givrée…

Les mères qui, attendant encore sagement devant l’entrée qu’il soit l’heure de franchir le seuil m’observent, dubitatives et méfiantes : pourquoi elle a le droit de récupérer ses mômes en avance, celle-la ?

Seul le sourire hilare des copines qui me connaissent bien me permet de survivre à cette – énième – humiliation hebdomadaire.

#EtreMère
#LeRegardDesAutres
#QueNeFaitOnPasPourSaProgéniture


Fiat Lux

On en parle

ou pas ? 


Franchement j’ai hésité à aborder le sujet, je ne voudrais pas raviver de tensions au sein des couples ni créer de polémiques inutiles.

Y’a déjà assez de raisons pour ça au quotidien.

Mais bon.
Ça m’a quand même paru important :

POURQUOI, oui pourquoi, y-a-t-il SYSTEMATIQUEMENT dans un couple, l’un qui veut lire jusque tard dans la nuit, et l’autre qui veut éteindre la lumière pour roupiller ?

Hum ???…

Je sens que vous voyez de quoi je parle.

Pourquoi, y’en a pas deux qui veulent dormir ou deux qui veulent bouquiner ?

Franchement, pour les plus jeunes qui me lisent, c’est à se demander si ça ne devrait pas faire partie du questionnaire de compatibilité prénuptial dont je parlais il y a quelques mois :



– “Chéri… Eteins la lumière steuplé.”

Silence.

– “Chéri, tu veux bien éteindre la lumière s’il te plait ? J’ai vraiment sommeil.”


– “Mouhummmfff…”


– “Ce qui veut dire ?”


– “Attends, je finis ma page.”

10 minutes plus tard :

– “Elle est drôlement longue à lire ta page, babe.”

Et là, en général, c’est l’escalade :

– “MAIS, tu vas m’lâcher bordel !”


– “NON MAIS ÇA VA PAS D’ME PARLER COMME ÇA !?!?”


– “Et bin arrête de m’emmerder et je te parlerai pas mal, alors !”


– “MAIS C’EST TOI QUI M’EMMERDE ESPECE D’EGOISTE ! TU M’EMPÊCHES DE DORMIR AVEC TA PUTAIN DE LUMIERE !”


– “ET VOILA !!! JE COMMENÇAIS À AVOIR LES YEUX QUI SE FERMAIENT, ET MAINTENANT MON TRAIN EST PASSÉ AVEC TES CONNERIES !”

Bref.

Il y a bien la lampe frontale, mais c’est quand même moyennement sexy.

Le cache-yeux, récupéré lors de votre dernier vol long courrier ?
Définitivement plus sensuel, mais il a l’inconvénient indéniable de laisser des traces moyennement esthétiques en travers de la tronche au reveil.
Et puis soyons lucides : l’âge avançant, j’ai remarqué qu’elles mettent de plus en plus de temps à s’estomper.

Les somnifères ? Non, non, trop nocifs.

Un calendrier de la semaine avec des jours d’alternance ? Trop stalinien. Pas assez de place laissée à l’imprévu. 

Le système de chambres séparées est quant à lui probablement trop rédhibitoire…

Non je ne vois qu’une seule solution…
Comme dans beaucoup de situations, j’ai remarqué ces dernières années que le salut se trouvait souvent dans l’alcool :
Si les deux se couchent bourrés, tout le monde s’endort direct.

Voilà voilà.

Si vous avez de meilleures idées, n’hésitez pas à m’en faire part !

Elle fonctionne à plein de niveaux, celle-là. 

La potion magique parentale

J’ai fini par trouver 
le secret de la réussite parentale !

Trop tard pour moi, mais peut-être pas pour vous, chers amis !

Attention, révélation : les oranges. 

Ouaip. 

Vous allez comprendre :

Avec le recul, je pense pouvoir vous dire que ce qui compte quand on élève des enfants, ça n’est pas tellement ce qui parait évident… Et qui est effectivement fondamental. 

Comme la patience par exemple. 
Il est vrai que sans patience, le parent est démuni. 
D’ailleurs, autant être honnête : si cette vertu cardinale ne fait pas partie de vos qualités, prenez un chien, plutôt. 
Vraiment. 

Car votre vie entière va se résumer à votre capacité – ou non – à rester calme. 
Calme face aux hurlements incessants de votre progéniture. 
Calme pour supporter leurs interminables et innombrables caprices. 
Calme lorsqu’ils façonnent leur personnalité et décident de s’opposer systématiquement à vos désirs : ne le prenez pas personnellement, c’est sain comme attitude, en réalité. 
C’est juste insupportable. 

… Et encore, mon expérience ne dépasse pas les 5 ans de parentalité. 
J’imagine que d’autres surprises sympathiques m’attendent au coin de la cinquantaine.

Oui, tenez-le vous pour dit : sans patience, la mission parentale est considérablement, voire irrémédiablement, vouée à la souffrance quotidienne, à la lutte intérieure permanente entre l’amour absolu et inconditionnel que vous portez à vos moutards, et le désir profond et récurrent de vous en débarrasser. 

Bi-polarité qui peut sembler inquiétante à première vue, mais qui s’avère en réalité d’une banalité assez affligeante. 

Bien sûr, il y a aussi la volonté
FONDAMENTALE, la volonté
Sans elle, pas de constance dans les règles, dans les décisions et les punitions. Sans constance, c’est bien simple, tout part à vau-l’eau.
Les mômes sont absolument conçus pour déceler chez vous la moindre hésitation, le plus petit début de doute ou de flottement. 
Leur capacité à s’engouffrer dans la brèche est légendaire et sans pitié. 

Exemple : 
Le gosse a 16 mois, et vous avez interdit qu’il touche aux DVDs ? 
Par malheur, vous vous êtes endormie d’épuisement un jour sur le canapé, et vous réveillez avec le salon de télévision redécoré ?
Pas de pitié pour les carottes  : no complaisance, no mansuétude. 
AU COIN.

NE JAMAIS RIEN LAISSER PASSER SINON C’EST FOUTU. 
Non, non, n’insistez pas.
C’est comme d’oublier les clefs de contact sur la bagnole finalement : une fois suffit pour se la faire chouraver.  
Voilà. 

Bien entendu, les livres de Françoise Dolto ou de Laurence Pernoud peuvent servir de temps en temps.

M’enfin tout cela, c’est secondaire. 

NON, ce qui compte vraiment, voyez-vous, c’est bel et bien les vitamines : 
A, B, C, D, E, le fer, le magnésium, les omega 3, toussa toussa toussa.

Car sans elles, pas d’énergie.
Et sans énergie, on supporte moins de choses et on est incapable de lutter chaque jour contre la créativité démoniaque de nos chers petits.

On perd patience et on leur laisse passer des choses. 
Je pense que c’est d’ailleurs la raison pour laquelle les “petit(e)s dernier(e)s” sont souvent – d’après les copines – plus pénibles que les autres. 

Bref. 

Donc : mangez des oranges à longueur de journée. 

CQFD. 

Les Jujutrépides remettent ça

Cela faisait quelques semaines 

qu’ils refusaient d’aller se coucher. 


Comportement inhabituel de la part de nos Jujutrépides qui – s’ils passent leur existence à empoisonner sérieusement la nôtre dans de nombreux domaines – n’ont toutefois jamais fait de problèmes pour aller ce coucher le soir. 
Mais depuis quelques semaines, j’avais remarqué qu’ils luttaient anormalement contre leurs sommeils. Ils allumaient la lumière tamisée de leur chambre pour s’endormir, ce qu’ils n’avaient jamais fait précédemment. 

L’autre soir, après 10 ou 15 allers-retours dans leur chambre pour les recoucher, le ton est monté sérieusement, et j’ai craqué :

– “M’enfin les garçons A LA FIN !!!! VOUS ALLEZ DORMIR, OUI !!!!! MAINTENANT C’EST LE TEMPS DES GRANDS. ET VOUS, LES PETITS, VOUS DORMEZ, C’EST COMPRIS !?!?!?!?”

Réponse collégiale, calme et posée : 

– “Non.”

– “??? Pardon ?”

-“Non maman, on dormira pas. Tu peux faire c’que tu veux, nous mett’ dans l’noir, tout ça, moi j’fermerai PAS LES YEUX !”

C’est dans ces moments là que tu réalises à quel point la posture parentale est fragile et comme il est parfois – souvent – difficile de contourner la volonté de fer des enfants…

– “TANCRÈDE !! Je… Je… Dussé-je te scotcher les yeux, tu dormiras, tu m’entends !”

Tu dis n’importe quoi quand il est 21:23, alors que tu les as couchés à 19:30, et que tu es à bout.

– “M’en fiche ! Dessous mes yeux plein d’scochhhh’, j’dormirai pas.”

Tu te reprends. 
Après tout, c’est toi l’adulte. 
– “Tancrède, tout le monde dors. Les petits, les grands, tout le monde. Et tu sais pourquoi ? Parce qu’on en a tous besoin. Toi par exemple, tu grandis toutes les nuits, quand ton corps se repose. Si tu ne te reposes pas, tu ne vas pas grandir et tu vas rester un bébé. C’est ça que tu veux ?”

Et là, venu de nulle part, l’explosion de larmes, le môme se jetant dans mes bras : 

– ” ZE VEUX PAS GRANDIR !!!!!! C’EST POUR ÇA QUE ZE VEUX PAS DORMIR !
ZE VEUX PAS GRANDIR PASS’QUE SI JE D’VIENS GRAND TU VAS DEVENIR VIEILLE, ET ÇA, ÇA VEUT DIRE QUE TU VAS MOURIR !!!!! ET MOI ZE VEUX PAAAAAAAS !!!!”

Evidement le premier réflexe de tout parent normalement constitué est de chanceler sous le poids du choc.
Et de montrer, malgré soi, un signe d’angoisse devant la puissante évocation de sa progéniture. 

Mais, comme vous vous en souvenez peut être, le sujet étant assez récurant chez nos Jujus (ici, , et , pour ceux qui auraient réussi à y échapper), et mon tempérament s’étant considérablement endurcit ces dernières années à leur contact – Règle n°1 des jumeaux : ne JAMAIS se laisser attendrir – j’ai décidé qu’il s’agissait de la fois de trop. 

De la goutte qui faisait déborder mon vase funéraire, en quelque sorte. 

– “Tancrède, oublie ce qu’on t’a dit par le passé, s’il te plait mon amour. 
Maman ne va pas mourir, elle est immortelle, en fait. 
D’ailleurs toi et ton frère aussi. 
Sauf si vous continuez à m’emmerder.
Bonne nuit.”

J’ai plus rien entendu de la soirée.

Surtout avec 3 verres de Chenin blanc dans l’nez. 


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Découvrir le Vergenoegd Wine Estate

Un vignoble, 

comme idée de sortie familiale 

durant le week-end ?! 


Mais oui, mais oui !

Et non, l’objectif n’est pas d’assommer vos mouflets à coups de Merlot ou de Cabernet Sauvignon. 

Quoi que. 
Après les deux mois de “Grandes Vacances” que l’on vient de subir, c’est assez tentant.

Disons plutôt que pour fêter cette nouvelle rentrée, rien de plus sympathique que d’aller boire un verre à la campagne dans cette très ancienne ferme sud africaine, située un peu avant l’entrée de Stellenbosch, à vingt minutes du centre de Cape Town !

Tout le pays est globalement très accueillant envers les enfants, mais cet endroit, il faut le dire, est particulièrement “kids friendly” :

Le lieu est en effet célèbre depuis le milieu des années 1980’s pour sa fameuse “parade des canards”. 


Plus de 1000 Indian Runners sont lâchés chaque jour dans les vignobles, puis rentrés chaque après-midi dans leur enclos, ces deux moments laissant l’occasion aux visiteurs d’assister au défilé bien rodé et assez impressionnant des-dites bestioles.

Leur physique est très caractéristique avec un corps très allongé et un maintien quasi à la verticale. 
Connu pour l’impressionnante capacité de ponte des femelles (200 oeufs par an en moyenne) et son goût immodéré pour les escargots et des limaces, ce canard d’origine anglaise a su se rendre très utile dans la protection des potagers, des champs agricoles et des propriétés qui souhaitent éviter l’emploi de pesticides ou de produits toxiques. 
C’est d’ailleurs la raison de leur présence sur ce vignoble très versé dans la biodiversité.  

Les enfants peuvent ensuite les nourrir, puis…

… Leur courir après – pour les faire digérer – comme il se doit, activité très prisée par tous les enfants du monde :

Certains, retors, décident de les pourchasser pour leur tirer quelques plumes, bien qu’ils se défendent de les avoir simplement ramassées parterre. 
(Mais bien sûr.)

L’immense pelouse  qui s’étend devant les bâtiments Cape Dutch est idéale pour se rouler dedans, elle offre aussi un terrain de croquet pour les plus grands.

Une salle de jeux toute équipée est disponible à l’intérieur en cas de pluie ou de froid.


Des cours de “décoration de cookies” sont organisés.

Et puis, il y a Mister D., le jars-mascotte du lieu, qui n’aime rien qu’à finir les verres de vin des clients et à se faire gratouiller à longueur de journée. 
Sur le ventre uniquement, notez-bien. 
Et sachez aussi que lorsque vous avez commencé, mieux vaut ne plus s’arrêter  – ou alors fuyez rapidement dès l’instant où vous cessez de le caresser – sous peine de vous faire pincer par cet original palmipède qui vit mal la frustration.

Curieusement, il marche droit.
Ça doit être l’habitude.

Elle est bourrée à longueur de journée cette pauvre bête…

Pour finir, un menu surprise spécialement pensé pour les petits est disponible au restaurant, ainsi qu’un panier picnic enfant, pour ceux qui choisiraient la formule du même nom. 


Pour les grands : un
 restaurant rustique et sympathique proposant des soupes du jours, de grandes salades, de jolis plateaux de fromages et planches de charcuterie, mais aussi des picnics artisanaux disponibles sur commande. 

Naturellement, une dégustation des vins de la propriété est proposée.



Ainsi que des dégustations d’huile d’olive, de thés et de cafés :

Un marché de produits de la ferme et des environs est organisé tous les samedis de septembre à juin, et il est même possible de faire un agréable tour des bâtiments anciens de la ferme – datant de 1696, parmi les plus anciens du pays – ainsi, évidemment, que de la cave. 

De quoi occuper largement une journée en famille !