De la bipolarité maternelle

C’est 

EXACTEMENT 

ÇA


J’ai mis du temps avant de réussir à mettre un nom dessus. 
Mais en fait, si. C’est bien ça. 

Il faut oser appeler les choses par leur nom. 

La TRES grande majorité des mères que je connais, incluant ma personne, souffrons depuis la naissance de notre progéniture d’un syndrome assez typique de la condition maternelle, une sorte de nouvel état psychologique permanent, souvent identifié par certains médecins comme : la BIPOLARITE.  

Voilà. 

Avant de devenir mère, on pense et on imagine des trucs. 
On croit des bidules. 
On suppose, on présume et on préjuge de choses. 
On se figure et on se persuade de machins. 

Une fois que les enfants débarquent, tout vol en éclat. 
Nos convictions, nos croyances, nos certitudes, notre confiance aussi, d’une certaine manière. 
Ne parlons pas de notre teint de jeunette et de notre peau de pêche (le premier qui tente la blague, je me fâche). 

Abordons en revanche le sujet de notre sérénité, si tant est qu’elle ait existé un jour : avec l’arrivée des moutards, croit en nous un double sentiment assez inexplicable qui a pour conséquence de perturber radicalement ce calme intérieur relatif.
Nous basculons en effet subitement du côté obscure de la force. 
Celui où l’on est capable de ressentir tout et son contraire, en l’espace de quelques secondes d’intervalles. 
Je les appelle les #LoopingsDuCoeur. 
Ça sonne toujours mieux que #SautesD’HumeurManiacoDepressives. 

La maman, inquiète et honteuse, en vient parfois à se demander si elle est bien normale. 
Si sa santé mentale n’a pas été définitivement et irrémédiablement atteinte par la maternité. 

Avec du recul et l’observation, j’ai fini par comprendre et embrasser la certitude que cet état ne relevait pas (forcément) de troubles psychiatriques, mais était simplement l’un des (nombreux) effets secondaires de la parentalité chez la femme. 

Je tenais à partager cette découverte avec vous, chères amies :
Vous n’êtes pas devenues barges, ni détestables et encore moins indignes.
Vous avez juste rajouté une corde – souvent tendue – à votre arc et êtes maintenant des mères, en plus d’une femme, d’une fille et d’une compagne. 

6:38 du matin. 
Mon Jujutrépide n°1 débarque dans la chambre. 
Instinctivement, je sais qu’il est là.
C’est mon cerveau reptilien qui me transmet gentiment l’info. 
Mais le cerveau gauche refuse cette donnée, car il sait que je suis encore très fatiguée et que je n’ai qu’une seule et unique envie : profiter pleinement des sept minutes qui me restent avant la sonnerie stridente du réveil. 
C’est là que fiston s’approche. 
Il se penche et dépose alors un baiser plein d’amour sur ma joue, en me disant “je t’aime mama”.
Cet instant, il est plus fort que tout. 
Je suis soudainement la personne la plus heureuse de la planète. 
Voire même de l’univers. 
Je trouve alors dans cet amour inconditionnel et pur, la force de soulever mes paupières de plomb. 
Mais à l’instant où je m’apprête à prendre mon petit – mon tout-petit – dans mes bras pour l’étouffer d’affection… Il s’élance dans les airs et retombe lourdement, genou et coude bien pointés vers ma hanche gauche, qui émet alors un terrible craquement.
Moins de trois secondes se sont écoulées entre son geste tendre et son mouvement de catch. 
Une douleur terrible me vrille la jambe. 
A cet instant, c’est très clair dans ma tête : j’ai envie de l’étouffer sous l’oreiller.

Pour de vrai. 

Voilà. 
C’est ÇA, la bipolarité des mamans. 

Et, finalement, je crois vraiment que ça n’est pas si grave que ça. 

Mais JE L’AIME !

Je pense

qu’arrivés à un certain stade,

il devient nécessaire de se justifier.


Vraiment.

Comme vous n’avez probablement pas pu manquer de le lire, vous devez savoir que mon fils Tancrède est éperdument amoureux depuis près de deux années d’une adorable petite fille au caractère bien trempé, avec qui il partage la classe pour la troisième fois cette année.
J’ai nommée Eva.

Pour son plus grand malheur, lui qui jouait le bourreau des coeurs depuis qu’il est capable de tenir sur ses deux jambes, et malgré quelques tentatives sans lendemain, mon pauvre petit garçon n’a jamais réussi à se défaire de cette emprise affective, et reste depuis l’éternel amoureux éconduit. 

Sans vouloir m’avancer et émettre d’invérifiables suppositions, il semblerait néanmoins que la relation idyllique qui lie la truculente Eva au rival de Tancrède – le dénommé Ernest, donc – batte légèrement de l’aile, car mon fiston chéri est revenu trois fois depuis la rentrée en me disant qu'”Eva lui avait fait un bizou auzourd’hui….” 
Ce qui n’était jamais arrivé auparavant. 

Naturellement, ces signaux ont eu tendance à raviver l’espoir chez mon petiot qui, depuis, n’a de cesse d’exiger chaque après-midi en rentrant à la maison, que je veuille bien lui “préparer un cadeau pour Eva” :

Tablettes de chocolat, pomme emmitouflée dans du papier cadeau ou enturbannée dans un gros morceau de ruban, barrettes à cheveux – les dernières qui me restaient après le passage de Trystan pour sa propre dulcinée en début d’année – figurines de superman… Tout y est passé. 

Et j’ai tout essayé.


Mais que peut la raison contre le coeur… ? 


– “TANCRÈDE ÇA SUFFIT MAINTENANT ! On ne peut pas dévaliser les jardins des voisins pour faire des bouquets, on ne peut pas offrir tous les jours du chocolat ni des jouets, déjà utilisés en plus !! On n’offre de temps à autre, pour les anniversaires, comme ça, mais pas tout le temps !”

– “MAIS MAMAN !!!!! MAIS POURQUOI !?!?!?”

– “MAIS MAIS MAIS… Tancrède parce que… Il y a mille raisons !”

– “LEQUELLES !?”

– “ENFIN, chéri ! 
Parce qu’à force de bouffer du chocolat, ton Eva, elle va rouler ! 
Et puis si elle chope des caries, ses parents vont me détester…
Ensuite parce que tu ne peux pas vider tes coffres à jouets comme ça ! 
Ça ne pousse pas sur les arbres, tu entends ! 
Papa et moi on travaille dur pour te les offrir !”

– “MAIS TU COMPRENDS RIEN MAMAN !!!! MOI J’AIIIIIIME DONNER !!!”

– “Tancrède. On n’offre pas des cadeaux tous les jours. Sinon, ça n’a plus de valeur tu comprends ? On s’habitue et à la fin, ça ne sert plus à rien… Comme les antibiotiques ! “

– “Les zantibiotiques ?…”

Je serre les dents. 

– “Oui, enfin… Je veux dire… Je vais te donner une dernière raison pour laquelle tu ne peux pas continuer comme ça : 
Si tu lui offres des cadeaux tous les jours, A LA FIN, SES PARENTS À EVA, ILS VONT NOUS PRENDRE POUR DES DINGUES ! 
ON VA LEUR FAIRE PEUR, TU COMPRENDS ?”

Je vois son visage qui s’assombrit. 



– “Non… J’comprends pas…JE COMPRENDS PAS MAMAN ! 
C’est facile pourtant ! 
Moi, Eva, je l’aime
Tu t’es mariée avec papa, tu DOIS COMPRENDRE !”

#QuoiLuiDire…
#DesperateMumy
#TancrèdeInLove


Nota Bébé / Message personnel

Virginie, Marco si tu vous lisez ce post… Je vous promets, je fais ce que je peux. Ça va lui passer. Merci de votre compréhension. 

Le printemps et les fleurs du Cap

Pour mes lecteurs et lectrices lointain(e)s, 

et pour les copains du Cap,

Je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous

le miracle naturel qui se produit chaque année ici.


Au moment du printemps, de septembre à novembre : l’Afrique du Sud est en fleurs !


Le Jardin Botanique du Kirstenbosch est l’uns des endroits magnifiques où venir les observer : créé en 1913 et dédié à la conservation et la diffusion des plantes indigènes rares d’Afrique australe, le parc propose aujourd’hui 9000 espèces de plantes dont 95% sont sud africaines. 


Construit et aménagé sur 500 hectares de main d’homme durant plus de 100 ans, il est dorénavant entretenu par une centaine de jardiniers qui y travaillent quotidiennement, sans produits chimiques.

110 millions de litres d’eau retenus dans le barrage du parc, durant la saison des pluies en hiver, permet d’irriguer le jardin durant les quelques mois de chaleur torride que connait la ville du Cap. Le reste de l’année, les pluies suffisent. 

Grâce aux nombreuses activités proposées (hébergement, mariages et cérémonies, restaurants, concerts de musique, exposition de sculptures…) le parc est autonome financièrement depuis 2006 et réussit à proposer le plus bas ticket d’entrée de tous les jardins botaniques du monde : 3,7€. 


Voici donc, pour le plaisir des yeux, quelques unes des sublimes fleurs que vous pouvez y découvrir : 


Les Protées ou Protéas
Typique et endémique d’Afrique du Sud – c’est l’emblème du pays – la famille des Protéas se compose de près de 400 variétés ! 
Elles ont toutes une base commune mais peuvent présenter des couleurs et des formes totalement différentes. 
C’est la raison pour laquelle Carl Von Linné, le premier naturaliste suédois qui les étudia au 18ème siècle, leur donna ce nom, en référence au dieu Protée et à sa capacité – protéiforme, donc – à métamorphoser son apparence.  
La Protéa est l’une des plantes essentielles du “Fynbos”, le maquis sud africain, qui couvre une grande partie de la zone ouest du pays. 
Elles sont d’une résistance exceptionnelle face au froid, la chaleur, le vent ou la sécheresse. 

Quelques-uns des spécimens : 



La Protéa Cynaroide ou Protéa Royale :
Appelée “l’artichaut de la Montagne de la Table” par les premiers explorateurs hollandais du 17ème siècle, elle est probablement la plus célèbre et la plus impressionnante de toutes les Protéas.
Son coeur est rempli de nectar dont les aborigènes Khoi-San se servaient comme de sirop sucré dans leur alimentation.
Elle est la plus grande du genre, et peut atteindre 30 cm de diamètre. 
Majestueuse, elle porte bien son nom et est aussi délicate dans son apparence que résistante : une seule d’entre elles dans un vase adapté habille un salon en un clin d’oeil. Même coupée, cette fleur peut facilement survivre dans l’eau durant 3 semaines avant de commencer à se faner.

La Protéa Leucospermum ou Protéa “Pincushion” (pelote d’épingles) : 
Surnommée ainsi du fait de tous les “pics” qui composent sa fleur. 
L’aspect est rigide, lisse et brillant, on dirait presque du plastique. 
Les oiseaux de la région – sugar birds ou sun birds, tous deux de la famille des passereaux – aiment venir s’y poser et les butiner, accélérant ainsi la pollinisation. 

Leucospermum Cordifolium
Elle existe en jaune : Protéa “High Gold


Mais aussi en orange ou en rouge :

Leucospermum conocarpodendron :

De la même famille, mais avec un coeur pelucheux, les Moonlight (jaunes) :  

Ou les Scarlet Ribbons (rose, orange ou rouges) :

Leucospermum truncatulum :

Leucospermum muirii :


Leucospermum oleifolium : 

Leucospermum reflexum :

Caractéristique avec ses pétales qui descendent au fur et à mesure du temps pour finir par former comme des aiguilles pendantes le long de la tige. Elle existe aussi dans tous les dégradés du jaunes au rouge :

Leucospermum tottum :

Ses fleurs vont du rose clair au saumon et restent toujours dans des teintes pales. 


La Protéa Rubropilosa :
Contrairement aux catégories précédente; les pétales de celle-ci ne sont pas de simples pics mais de véritables pièces florales, comme pour la majorité des fleurs.

La Mimetes Cucullatus
Connue aussi sous le nom de Pagode Rouge. 
Il est difficile de faire la différence entre ses feuilles et ses fleurs qui sont dans son prolongement, et se distinguent grâce au dégradé de couleurs délicat du bout de la plante. Contrairement aux autres Protéas qui se reproduisent grâce à la pollinisation et à la replante de graines, celle-ci à tendance à repousser après avoir été en contact avec un incendie. 

Les succulentes ou “plantes grasses”

Il en existe des milliers, de familles et de genres différents, mais ici en Afrique du Sud – où pousse le tiers des succulentes du monde – elle sont regroupées dans une famille appelée “Vygies”. 

Elle poussent partout dans le Western Cape au moment du printemps et forment d’immenses tapis colorés féériques qui attirent de nombreux touristes durant cette période de l’année. 
La majorité de ces plantes font partie de la catégorie des Aizoaceae ou des Asteraceae (les “marguerites du Cap”). 
Ces fleurs ont la particularité de s’ouvrir en milieu de journée, quand le soleil est à son zénith. 

Drosanthemum speciosum

Lampranthus Aureus

Lampranthus hoerleinianus

Gazania Rigens

Dimorphotheca pluvialis

Aster
Pour tous les passionnés d’horticulture sud-africaine et mêmes ceux qui souhaiteraient ponctuellement reconnaitre une fleur ou une plante spécifique lors de leur randonnée en nature, je ne saurais trop vous recommander ce site : 


Un peu de poésie dans ce monde de brutes !

Bon week-end à toutes et tous. 

Maman, elle sait tout !

Cela avait le don 

de me fasciner, 

lorsque j’étais plus jeune. 


Je me demandais toujours COMMENT ma mère faisait, pour repérer la (quasi) totalité de mes mensonges ou de mes cachoteries. 
Comment elle pouvait si facilement détecter – et de si loin – mes intentions. 

C’est ainsi, je le comprends maintenant, que ce construit ce grand malentendu entre les parents et leurs enfants, et qui consiste pour ces derniers à croire – longtemps – à l’omniscience de leurs géniteurs !

En réalité, quand les mômes préparent une bêtise, ils ont tendance à laisser – jusqu’à un certain âge en tous cas – de précieux indices derrière eux. 
Et lorsqu’il tentent de nous faire avaler quelques couleuvres, leur façon de fixer le sol ou l’indéfinissable tremblement de leur petite voix nous mettent instantanément la puce à l’oreille. 

Rien de sorcier ni de bien surnaturel là dedans.
Mais lorsqu’on est petit, la magie opère…  

Durant le weekend, nos chers Jujutrépides étaient, comme à l’accoutumée, dans la belle forme olympique qui est la leur. 
Durant 48 heures, j’ai donc contrarié un certain nombre – voire un nombre certain – de tentatives d’effractions et entravé plusieurs ébauches d’entreprises maléfiques. 

Quelques Illustrations :  

Samedi 15:12

J’entre-aperçois Tancrède filer à toute vitesse et en silence du salon vers ma chambre. 
J’entends le bruit caractéristique du bouton de mon portefeuille qui clique. 
Kling ! 
Je reconnais ensuite le son d’une pièce de monnaie qui tombe et rebondit sur le sol. 
Assise dans la cuisine, je sens alors dans mon dos mon fiston repasser en coup de vent derrière moi. 

– “Tancrèèèèèèèède… Je t’ai vu.”

La phrase qui TUE.
Le gosse place instinctivement les mains derrière le dos. 
Je devine, derrière moi, ses yeux écarquillés. 

– “Quôôôôâââââ, mamaaaan ?…”

Je me retourne brusquement, ménageant mon effet théâtral jusqu’au bout : 

– “Remets IMMEDIATEMENT le sous que tu viens de prendre. Tu sais que je DETESTE quand tu fouilles dans mon sac.”

L’air à la fois ingénu et effrayé : 

– “Mais… Mais… Mais… Maman ???”

– “Tancrède, je vais me fâcher. TRES fort.”

– “Oui mamaaaaaaaan… J’vais l’remettre….C’était pour ma collection, dans l’cochon… Okay maman….


Samedi 17:13

Je rangeais du linge propre dans leur chambre quand je surprends par la fenêtre ouverte une conversation naissance entre nos Jujutrépides, installés pour prendre le soleil sur la terrasse extérieure : 

– “Trystan, t’inquiète pô ! Maman elle est dans son bureau en haut, elle travaille ! 
R‘garde, on va casser les branches d’l’arbre comme ça – Craaaaaccc !! – et on va construire un…”

Ni une ni deux, me dissimulant derrière le rideau, dans le coin de la pièce, je crie par la fenêtre de ma voix la plus ferme : 

– “Tancrède. Je SAIS ce que tu fais. Et tu SAIS que la règle dit de ne pas casser les plantes.  Si tu les détruis, tu seras puni. Tu ENTENDS Tancrède ?”

A ce stade, la mise en scène touche au mystique : le gosse est tétanisé dans ses petites bottes en plastique, droit comme un i au milieu du jardin, cherchant désespérément à comprendre d’où provient la voix maternelle qui le morigène sans aménité depuis l’au-delà parental.  
Il regarde même vers le ciel, s’interrogeant vraisemblablement profondément sur l’origine du phénomène. 

Je sais.

On s’amuse comme on peut, quand on a des jumeaux…

Bref, c’est pas l’propos.

Arrive le soir et l’heure du coucher. 
Après les avoir bordés, câlinés, embrassés, je ressors en éteignant la lumière.

Comme à l’accoutumée, je reste discrètement quelques instants supplémentaires debout dans le couloir qui mène à leur chambre, afin de vérifier qu’ils ne sortent pas de leur lit. 

Une trentaine de secondes après mon départ, j’entend Trystan qui chuchote à son frère : 

– “A’ y’est Tancrèd’, elle est partie ! Viens, on va jouer avec les p’tits ch’vaux !”

Sans même un instant d’hésitation, réponse sans appel du frangin : 

– “Naaaaan… Mais laisse tomber Trystan… C’est pas la peine… 

MAMAN, elle SAIT TOUT.”


#VICTOIRE
#SiSeulement…

Le sac des mères

Vous voulez connaitre

LE truc infaillible 

pour différencier 

les mères des nanas sans enfants ? 


Quand le môme n’est pas accroché à ses jupes, s’entend. 
Sinon, c’est d’la triche. 

Et QUI a dit “c’est facile : regarde les rides et le bide” !?
Franchement, c’est pas charitable… 
En plus, c’est pas toujours exact. 

Non, je vais vous dire : c’est HYPER simple, r
egardez discrètement (dans) leur besace !

Les petites minettes se baladent généralement avec un superbe sac en peau de zébu de Mongolie, avec des franges, qui tombe magnifiquement le long de la hanche.
Il est tout juste rempli, pour lui donner une jolie forme un peu renflée. 
Au sac. 
Pas à la hanche. 
A l’intérieur : la trousse de maquillage pour être toujours au top, la bouteille d’eau Evian (ou Contrex) pour garder le teint frais et la ligne, le chewing-gum à la fraise super girly pour assurer en toute circonstance, les lunettes de soleil Prada, le portefeuille qui déborde de souches de tickets de shopping Zara, un livre format poche, peut-être, ou un bel ipad dont l’écran est luisant de propreté et des écouteurs son-haute-def’.   

La mère d’enfants en bas âge ou de petits enfants, elle, se trimballe avec le même sac. 
(En fait, c’est la même nana, mais cinq ou sept ans après.)
Sauf que maintenant, il pèse douze kilos de plus.
Elle ne peut pas le fermer car il déborde. 
D’ailleurs la fermeture éclair à craqué il y a sept mois, mais elle n’a pas encore eu le temps de s’en occuper.
A l’intérieur : une vieille tétine, une p’tite voiture majorette, les fiches de sécu du pédiatre, les souches de tickets – de chez Carrefour, c’est moins glam’ – de la crème solaire indice 50 – qui a bien évidemment bavé dans le fond du sac, se mélangeant ainsi aux miettes du paquet de biscuits qui s’est malencontreusement ouvert la semaine d’avant – des mouchoirs (deux ou trois sachets), un paquet de lingettes, des clefs de bagnole, des stylos, des crayons, une bouteille à moitié vide (et collante) de Doliprane …
Et enfin : des sucettes ou des bonbons. 
Car, ces machins-là, ça sauve des vies :
Caprice carabiné au milieu du supermarché, crise de nerf dans la voiture, apoplexie dans le restaurant pass’que-le-poisson-il-met-trop-looooongtemps-à-arriver-mamaaaaaan-en-plus-j’aime-pas-l’poisson… 
Elle sort son sachet magique, et là, tout le monde retrouve son calme. 

Je sais. 


C’est pas ce que je m’étais dit avant d’avoir des enfants. 


C’est même globalement le contraire.

(“Moi, quand je serai mère, JAMAIIIIIIIIS mes gosses ils mangeront des bonbons chimiques toussa toussa…”)

Mais c’est la vraie vie. 


Et je me suis rendue compte d’un truc l’autre jour.

Un “truc de mère” : quand tu sors le soir pour faire la fête ou que tu es ENFIN en vacances – car tu as réussi à refiler ta progéniture à quelqu’un pour aller te reposer – et bien SOUDAINEMENT, ta petite pochette ou ton sac réaménagé pour l’occasion, te paraissent INCROYABLEMENT LEGERS. 

Est-ce le ressenti du différentiel de poids, ou la musculature qui s’est renforcée ? 


Peu importe. 

Mais c’est vraiment agréable. 

“L’insoutenable légèreté de l’être” – enfin tranquille -… en quelque sorte. 


Ouaip. 

J’AIME parler

Vous vous en êtes bien aperçus,

depuis le temps.


Le moment automobile du retour des classes – ces 15 minutes passées dans l’habitacle, tous les trois, entre l’école et la maison – est l’un des instants de communication privilégiés entre les Jujutrépides et moi. 

Pour une raison que je ne m’explique pas rationnellement, ce lieu les inspire plus que tout autre, et c’est souvent à cette occasion qu’ils me font leurs meilleures remarques ou échangent avec moi de la manière la plus profonde et la plus sincère. 

Est-ce d’être ceinturés sur leur siège ? 
Est-ce le fait que je suis de dos, les mains prisonnières sur le volant et les yeux sur la route devant moi, incapable de prendre les mesures de rétorsion qui pourraient s’imposer ? 

Bref. 

Toujours-est-il que l’autre jour, Tancrède m’a encore présenté sur un plateau de quoi fournir mon billet d’humeur quotidien. 

  
– “Alors mes amours, racontez moi un peu ce que vous avez fait aujourd’hui avec votre maitresse. Tancrède, on commence par toi ?”

Avant même que mon bavardeur préféré n’ait pu ouvrir la bouche, son frère s’est lancé dans une diatribe interminable sur l’égalité et l’équité de leur temps de parole. 


– “NOOOOOOOOOONNNNN, maman ! Ça suffit maint’nant !  Z’en ai marre ! Hier c’était d’z’à lui k’a commencé ! Et quand y’ commence, ça finit ZAMAIS ! Tancrède y’ parle BEAUCOUP TROP et moi, après, j’ai jamais assez d’temps pour raconter MES histoires, on arrive à la maison et j’ai pas terminé ! ÇA M’ENERVE !”


Les yeux dans le rétroviseur, je vois les larmes effleurer au bord de ses yeux.

Interpelée par ce cri du coeur, que je réalise soudainement comme étant largement justifié, je sens mon palpitant qui se serre dans ma poitrine. 

Je comprends que j’ai laissé passer et s’installer depuis des mois – et sans y mettre fin – une terrible injustice entre mes deux rejetons. 

– “Trystan, mon amour, tu as parfaitement raison. Je suis désolée, je n’avais pas réalisé avant que tu ne me le dises. Tu as bien fait d’en parler. On va faire plus attention à raconter la journée chacun son tour, chaque jour, d’accord ?”

– “OK, mam’.”


Je suis étonnée du silence inhabituel qui émane de Tancrède. 

Surtout en pareilles circonstances. 

Je pressens l’entourloupe. 


Je tente de désamorcer la bombe :


– “Tancrède, tu as compris ce que Trystan nous a expliqué, et tu as senti toi aussi que c’était important pour lui de lui laisser la parole à son tour ?”


Coup d’oeil dans le rétro. 

Je le vois qui se compose la mine Calimero dont il a le secret. 

– “Oui mamaaaan….

Sur ce ton de blanchon semi-depressif, caractéristique de ces moments de derniers recours durant lesquels il tente la méthode de la culpabilisation parentale, il ne peut alors s’empêcher de préciser  :  


– “Mais… Mais… Mais… Maman, Trystan… Vous comprenez PAS…!!!

J’AIME PARLER, MOI !”

No comment. 



Pourquoi j’ai la même tête que mon frère ?

Je pensais bien

que cela finirait
par arriver un jour. 


J’avoue que je l’attendais même plus tôt :

Je jouais l’autre matin avec Trystan dans le salon de télévision. 
Sur l’un des murs de la pièce, sont accrochés les deux portraits des garçons, que nous avons fait faire un peu avant leur premier anniversaire. 

Trystan, ayant suspendu son jeu, fixait les peintures depuis de longues minutes, en silence. 

Le voyant ainsi concentré, je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander : 

– “Alors mon coeur, qu’est-ce qui t’arrive ?”

Silence.

– “Je vois que tu regardes les tableaux. Tu les connais pourtant. N’est-ce-pas ?”

– “Oui… J’les connais.”

– “Bah alors, pourquoi tu les fixes comme ça, aujourd’hui ?”

– “C’est pass’que… Pass’que… ZE SAIS PLUS QUI ZE SUIS…”

– “… ?!?!?!?”

Panique à bord… Encore une journée bonus avec la problématique gémellaire. 

– “Comment ça, mon amour ? 
Tu sais bien que tu es Trystan !?”

– “Oui oui, mais z’sais plus si ze suis celui d’gauche ou c’ui d’droite…”

– “Ah. Et bien tu es celui de gauche. Comme quand vous étiez dans mon ventre, à la fin, tu étais tout le temps de ce côté là et ton frère de l’autre, comme sur le mur, tu vois.”

A cet instant, il bascule à nouveau dans le silence. 
Je l’observe avec attention. 

– “Mais maman… POURQUOI Z’AI LA MEME TETE QUE MON FRERE ?…”

On respire à fond, en vrai, c’est pas très compliqué à lui expliquer.

– “Mon amour, d’abord vous êtes quand même un peu différents. 
Ton frère à les yeux qui descendent plus, toi tu as le visage plus long… 
Mais tu sais, c’est facile : quand maman et papa vous ont fabriqués, au lieu d’avoir un seul petit oeuf dans le ventre qui grandit, comme il y a normalement chez les mamans, et bien, vous, votre oeuf il s’est séparé en deux oeufs identiques, tout pareils. 
C’est pour ça que vous vous ressemblez beaucoup. 
C’est parce que vous êtes jumeaux. Oui ?”

– “Oui… On est des zumeaux… Mais est-ce que ça veut dire qu’on va tout le temps rester ensemble pour TOUTE LA VIE ?”

Il est très en forme aujourd’hui. 

– “Mon chéri, je ne sais pas. Pas forcément. Toi et Tancrède, vous allez sûrement avoir des vies différentes, des amis différents, des amoureuses différentes, peut-être même des travails différents… Alors probablement que vous ne resterez pas ensemble, vous vivrez chacun votre vie, comme tous les frères et soeurs de n’importe quelle famille ! Et vous vous retrouverez quand vous aurez envie.”

– “Oui maman… Mais… Mais si Tancrèd’ il habite plus dans la même maison avec nous, il restera QUAND MEME MON FRERE, ou pas ?”

A ce stade j’hyperventile.

Je réalise une fois de plus à quelle point ma situation est inconfortable : soit l’un me quitte, soit l’autre s’éternise chez moi. 
Je balaye ces pensées angoissantes. 

Focus. 

C’était quoi la question, déjà ? 
Ah oui : 

– “MAIS EVIDEMMENT Trystan, Tancrède est ton frère pour toute la vie, peu importe où on habite !”

– “Ah bon. 
Okay. 
Bin ça va alors.”

#LeBonheurDAvoirDesJumeaux
#LesLoopingsDuCoeur

Découvrir Hemelhuijs

Les filles de Cape Town !

J’ai trouvé notre future QG

pour les déjeuners entre filles.


Le Hemelhuijs, situé au 71, Waterkant Street en plein centre-ville. 
Le lieu est beau et soigné, la déco change régulièrement au fil de l’inspiration des propriétaires qui vendent aussi dans le restaurant une ligne de vaisselle, linge de maison et quelques meubles. 

C’est doux, c’est chaleureux, c’est poétique, c’est chic mais pas prétentieux, c’est calme, c’est serein… Et surtout c’est bon !

Sans être végétarienne, la cuisine y est saine et très tournée vers les légumes et les salades, les jus et les fruits :
Soupe d’artichauts…
Patate douce grillée et son filet de poisson, sauce au muscat…
Canard roti à l’orange et cresson…
Coleslaw revisité à l’orientale…
Salades géantes aux légumes d’hiver…
Caviar d’aubergines…
Gnocchis de choux fleur au Kale…

Pour ne rien gâcher, les desserts sont à tomber par terre, que se soit le cheesecake nature, le gâteau au chocolat sans farine ou le succès crème-au-beurre vanille (une dinguerie.)


En fait, ce restaurant voilà ce que c’est : 

Quand t’es une fille super gourmande.
Mais que t’essayes quand même de te donner l’illusion que tu fais un minimum gaffe à ta ligne.
Parce que tu sens malgré tout, au fond de toi, que tu sors vraiment trop souvent.
Mais que, bon, c’est pas pour autant que tu vas te contenter d’une demie feuille de salade sans huile pour ton dej’ NI d’un quart de fraise nature pour ton dessert.
Parce qu’en réalité, tu n’aimes rien moins que commander plein de gâteaux géniaux avec plein de cuillers pour partager avec tes copines…

Ce restaurant est désormais ton nouveau paradis.

Bonne ap’ les filles !

Les Tanguy

“SURTOUT PAS, 

malheureux !”


…Ai-je failli lui répondre. 

Je me suis finalement abstenue, après réflexion. 

Sachant qu’à cet âge, leur humour n’est pas encore très développé, il faut tout de même faire attention à ce qu’on leur dit, ces pauvres petits.

Nous étions au moment du dodo du soir, les dents bien brossées, l’histoire lue en bonne et due forme, le huitième bisous-du-bonne-nuit déposé sur leur bout du nez, quand Tancrède s’est écrié : 

– “Tu sais, maman, quand j’s’rai dev’nu un Grand, et bin je vais aller habiter dans ma maison à moi, avec ma voiture à moi et ma chambre à coté de celle de Trystan – faut pas pousser l’indépendance trop loin quand même – et alors JE VAIS BEAUCOUP TE MANQUER”.


Je souris à cette nouvelle saillie typique de ce moment clef de la journée, durant lequel nos Jujutrépides nous sortent souvent leurs meilleures perles. 


Sa réflexion m’amuse parce que malgré tous nos efforts, nos Jujus s’évertuent encore et toujours à utiliser le verbe manquer à la manière anglo-saxonne, sans comprendre qu’en français, la signification est alors inversée.  

Je souris aussi avec tristesse au double sens qu’a donc pris sa phrase, un lourd poids pesant soudain sur mon coeur, en pensant au jour où ils ne vivront plus avec nous…

Malgré tout, Fidèle à moi-même, j’entrevois immédiatement les (nombreux) avantages de ce jour béni où ma vie devrait retrouver un semblant de normalité et de calme. 


Mais avant que j’ai pu ouvrir la bouche pour lui répondre, je l’entends qui me hurle au visage : 


– ” MAIS T’INQUIETE PAS MAMAN !!! SI TOI AUSSI T’ES VRAIMENT ‘KRO TRISTE, J’VEUX BIEN RESTER AVEC TOI POUR TOUTE LA VIE !!!!


Je réalise alors que mon fiston de même pas 5 ans est en train de m’annoncer gaiement qu’il compte s’éterniser chez moi. 

Je ne sais pas comment le prendre. 


Jujudiplomates

Je vous en parlais hier, 

les étapes chez les enfants,

c’est formidable. 


Notamment celles qui concernent l’opposition. 

Tout commence lors de leurs 24 mois révolus, lorsque débutent – comme par enchantement – les fameux caprices.
Tels l’obsolescence programmée des machines à laver – et à défaut de savoir parler – les gosses entrent pratiquement du jour au lendemain dans un nouveau modèle de communication avec nous : celui des têtes fracassées contre le mur lorsqu’on leur refuse la troisième glace, celui des crises de nerfs au milieu du salon parcequ’on a dit qu’il était l’heure de prendre le bain…
Et tellement d’autres moments formidables. 
C’est en général un puissant choc pour le parent qui regardait jusque là son petit avec des yeux d’amour et un sentiment d’émerveillement quotidien. 
Il découvre alors – souvent pour la première fois, sauf pour ceux dont les mômes ont fait des coliques carabinées et/ou leurs nuits à 18 mois – qu’il peut éprouver pour son enfants des sentiments ambivalents tel l’exaspération, la colère, voire même parfois l’envie de meurtre. 
Ce qui semble à première vue relativement contre-productif, étant donné le temps qu’il a passé à le fabriquer, à l’attendre, à le maintenir en vie et à l’élever jusque là. 
Mais c’est ainsi. 

Il y a aussi la fameuse étape du NON, vers les 3 ans, consécutive à celle du caprice, quand l’enfant peut désormais dire des mots et comprend qu’il peut simplement exprimer par la parole le même refus qu’avant, sans pour autant devoir s’épuiser à ramper sur le plancher ou à se dessiner un oeuf de pigeon sur le front. 
Le parent réalise alors que son bambin est un être doté de volonté, qui dispose de son propre tempérament. 
Information réjouissante s’il en est. 

Pour l’anniversaire des 5 ans de nos Jujutrépides, je découvre maintenant avec délectation, que nos morveux ont pris de la graine avec le temps, et que leur roublardise naturelle n’ayant cessé de croitre et de se perfectionner, ils en arrivent désormais à une nouvelle étape : celle de l’opposition diplomatique.  

En gros, l’étape affinée, sophistiquée, supérieure et même ULTIME du NON. 

Plusieurs techniques sont désormais privilégiées : 


La négociation ou le “comment-reporter-à-plus-tard-la-corvée-qui-m’est-demandée”.
Dans l’espoir, naturellement, que maman s’en sera occupée entre-temps, ou – encore mieux – qu’elle l’aura oublié : 

– “Chériiiii… Tu mets tes chaussures dans le placard, s’il te plait.”
– “Oui maman, promis, dès que j’ai fini de jouer.”


Le chantage affectif de grande envergure.
Celle-là est particulièrement retors, car elle fait appel aux instincts maternels les plus profonds, ceux qui ont la vilaine manie de jaillir naturellement de nos coeurs de parents naïfs et programmés pour se faire avoir par leur progéniture :

– “Chériiiiii… Tu ranges ta chambre, s’il te plait.”

– “D’accord maman ! Juste, tu veux bien v’nir m’aider, pass’que je suis tellement fatigué… Et c’est vraiment dur d’le faire tout seul…” 
+ yeux de cocker dépressif.


L’esquive diplomatique.
La plus vicieuse, la plus fine, la plus brillante, finalement. 
Celle que MÊME NOUS, adultes, ne pensons ou n’osons pas utiliser.
Celle où le môme réussit l’exploit impensable de te répondre poliment… 
Que tu peux aller te brosser, Martine. 

– “Chériiiiii… Tu viens te laver les dents, s’il te plait.

– “Merci mais, vraiment, je ‘préfère pas maman.”


Et apparemment, c’est universel.

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