Les règles de sécurité

Ils leur apprennent 

les règles de sécurité domestiques

maintenant, à l’école !


C’est vraiment merveilleux. 

L’autre jour, mes Jujutrépides se battaient pour savoir lequel des deux “m’essplikrait’ les règles trèèèèèèèès ‘zimportantes qu’il faut suivre pour pas se faire mal à la maizon”.

Après avoir reçu quelques claques de la part de son frère, Trystan a finalement eu le dessus – Tancrède, laissé pour mort sur le tapis d’entrée de la maison, à moitié étranglé, à bout de souffle et incapable de parler – et il s’est donc mis à énumérer fièrement la liste de son dernier apprentissage scolaire :  

– “Alors tu wois, maman, c’est Trèèèèès zimportant de ne JAMAIS approcher de trucs électriques du bain, pass’que sinon, kriiiiiiiiitch ! On meurt lélétrokutés !!”

Malgré moi, une terrifiante et insoutenable image se forme dans mon esprit…
Je chancelle le long du bar de la cuisine, où le môme, de son côté, enchaine comme si de rien n’était avec la suite de son atroce programme  :
– “C’est suuuuuuuper important aussi de JAMAIS laisser la queue d’la casserole d’eau qui bouille’ du côté où le p’tit bébé, OU MEME NOUS, HEIN, il peut l’attraper, pass’que s’il appuie d’ssus, y’a toute l’eau qui lui tombe sur la tête et après ‘faut aller IMMEDIATEMENT à l’hôpital.”

A ce stade, j’ai la gorge sèche. Je réalise qu’effectivement… J’ai toujours laissée la putain de casserole avec la queue devant…

Je suis une terrible mère. 

j’ai failli tuer mes fils.

Ok, passons.

Je respire un grand coup, pour trouver la force d’écouter mon fiston me raconter ses horreurs.
– “Ah oui et pi’, y’a un aut’ truc HYYYYYPER grave maman ! Si on est pas malade  il faut JAAAAAAMAIS aller fouiller dans l’armoire à pharmacie, là où y’a les médicaments. JAMAIS JAMAIS. Sinon on les avale et POUF ! On tombe PLAAAAF, parterre !”

Je regarde mon fils du coin de l’oeil, passablement énervée. 
Je ne peux m’empêcher de risquer un : 

– “Moui. Et donc quand maman te dit EXACTEMENT la même chose, tu avales quand même 10 tubes homéopathiques d’Arnica en cachette ?
(Notez bien qu’avec tous les coups qu’ils se prend régulièrement dans la cour de récrée ou avec son frangin, ça ne peut pas lui faire grand mal…) 
Mais quand c’est la maitresse qui le dit, ça compte, c’est ça ?!”

Je vois mon fils qui me regarde alors, le visage serein, les yeux pétillants de vie et qui me répond : 

– “Naaaaaaan, mais maman, ça j’lai fait y’a loooooongtemps, c’était avant, quand j’étais encore en Moyenne Section !”

– “Moui, et donc ?”

– “Et bin, c’est que j’étais trop p’tit pour comprendre quand t’essplik’. C’est pas la maitresse, c’est zuste moi qui suis dev’nu GRAND maint’nant !
#LesEnfantsCesMaitresDeVie

100 balles et un Mars

Quelque part, au fond, 

je suis très fière d’eux.


Pour la première fois, quelques jours seulement après leur cinquième anniversaire, mes Jujutrépides ont su formuler clairement et de façon mature une demande qui leur tenait à coeur. 

Mieux que ça : ils ont réussi à soutenir une négociation et une discussion avec moi jusqu’à obtenir ce qu’ils souhaitaient. 

Sans hurlement, sans crise, sans larme, sans énervement. 
Juste avec des mots et dans l’échange.


Installation générale dans les sièges auto. 

Je démarre la voiture et sors de ma place de parking.

– “Mamaaan ?”


– “Oui Trystan ?”


– “Tancrèd’ et moi, on veut t’parler.”


Là, durant quelques centièmes de secondes, et bien malgré moi, certains souvenirs de mes débuts professionnels remontent.

En gros, j’ai quand même un peu l’impression d’être convoquée chez le patron. 
Ça me fait sourire.

– “Mais oui chéri, bien sûr. Alors dis moi.”


– “Voilà. Tancrèd’ et moi on en a MARRE du goûter qu’tu nous mets dans l’sac tous les jours.”


Ok. 

Ne pas le prendre personnellement. 
Il trouve le courage de m’en parler, calmement en plus. 
Reconnaissons-le. 
En plus il prend la parole pour le groupe. 
Bien. 
Mon fils, ce futur syndicaliste.

– “D’accord chéri, pas de problème, je comprends, t’as envie de changement. C’est bien normal.”


– “Voui, voilà. Donc avec Tancrèd’ on a décidé de c’qu’on veut mettre.”


Ok.

En plus, ils ont déjà fait la liste des réclamations.
De mieux en mieux.

– “Ok. Je t’écoute, fils.”


– “ALORS. D’abord, on veut pu’ de Pompot’ ni de jus d’fruit. Ça fait TROP de sucre tu comprends c’est pas bon pour nos p’tites dents.”


– “?!?!?!?!?”


– “ENSUITE on en a MARRE aussi de tes gateaux au zinzembre que tu fais. Maintenant on a décidé qu’on VEUT DES OREOS à la place. 5 ou 6 pour chacun, comme ça on peut partager avec nos amis.”


Pincez-moi, je rêve.

#L’IronieDuMonde
#LesEffetsDevastateursDuMarketingSurLesGosses

Mes gateaux faits maison versus ces horreurs industrielles.

Et pour nourrir un régiment en plus.
Je donnerais cher pour savoir QUI leur a fait connaitre les Oreos ???
Surtout, rester calme. 

– “M’enfin Titi, tu me dis que tu veux moins de sucre et tu me parles d’Oreos !

Y’a pas plus chimique et bourré de mauvaises choses pour la santé !
C’est pas très logique ton affaire.”

– “Non non maman, c’est très très lozique et très très bon pour not’ santé. On a bien réfléchi, avec tancrèd’.”


Je tente une saillie ironique :


– “Ah bah si vous avez réfléchi alors…”


– “Oui maman, ET PI AUSSI on veut chacun un oeuf dur. Pas épluché. C’est nous k’on l’fera nous-même à l’école sinon y’ vont noircir et après on n’aime pu’ ça.

Mais on garde la mangue séchée, okay ?”

A ce stade, j’ai comme les épices qui me montent au nez : 


– “Non mais Trystan se sera tout, oui ?!”


– “Oui maman, ce sera très bien comme ça. Merci beaucoup.”


Apparemment je dois m’estimer heureuse. 
Ils condescendent à conserver les gourdes d’eau. 
Au point où on en était, ils auraient aussi bien pu réclamer de les remplir au Gin ou au Bourbon…



Découvrir le Burger & Lobster

Aujourd’hui,

le p’tit resto du weekend,

amis du Cap !

Celui où vous pouvez aller, n’importe quand et en n’importe quelle circonstance : en semaine en amoureux ou avec des collègues de travail, le weekend entre copains ou en famille après le cours de tennis… Bref : quand vous avez bien faim et envie d’un bon truc gourmand – pas régime-régime, hein, disons-le sans ambages et avec lucidité –  et qui change de l’ordinaire : 

Allez au Burger & Lobster, situé au 104 Bree Street, en plein centre-ville de Cape Town : il vient d’ouvrir il y a quelques semaines. 

C’est facile, au menu, vous avez le choix entre 3 possibilités, comme le nom du restaurant l’indique assez bien d’ailleurs : un burger de viande, un burger de homard ou un homard grillé, le tout accompagné d’une salade verte à la sauce bien relevée et de frites. 

Voilà. 

Aussi simple que ça. 

L’endroit se veut un peu hype, mais en vrai, on s’y sent bien et l’ambiance est très détendue dans cette grande salle aux immenses plafonds poutrés et aux murs de pierres apparentes. 

Tout est bon, mais je ne vous recommanderais que le burger de homard qui, dans son petit pain brioché beurré tout juste sorti du four, est une vraie tuerie de vrais gourmands.

Bon weekend, et bon appétit !

Ces objets que nos enfants ne connaitront pas

En fait, 

c’est super facile

de devenir 

un vieux con 

Ou une vieille conne. 


Pas la peine d’être vieux. 

Il faut juste devenir parent. 

J’étais en taxi l’autre jour avec Trystan sur les genoux. 
Je le vois alors qui commence à triturer le bitoniau de la porte de – l’antique – voiture dans laquelle nous roulions. 

Mais siiii, vous l’avez connu, c’est forcé : ce mini bâtonnet de 1/2 cm de diamètre et 3 cm de haut qu’on enfonce et qu’on remonte dans la portière pour la fermer à clef. 

Ne riez pas. 

Mon fils m’a demandé “à quoi ça sert c’machin, maman ?”

Je lui ai donc expliqué. 

Cela m’a rappelé cette scène, lorsque nous habitions encore au Mexique et que nos Jujutrépides devaient avoir un peu plus de deux ans, lorsqu’ils s’étaient levés du salon pour faire glisser leurs petits index, de droite à gauche, sur l’écran de la télévision – ce geste typique de l’i-pad – dans l’espoir de changer de chaine. 

Depuis, je me fais un plaisir, lorsque je tombe sur le bidule approprié, à la maison ou durant nos sorties, de leur parler de ces objets du quotidien qui ont bercé mon enfance mais qu’ils ne connaitront jamais.

Sauf collision spatio-temporelle comme dans le taxi ou vieille disquette retrouvée par hasard dans le fond d’un tiroir de bureau, je pense par exemple aux cassettes vidéo, ainsi qu’au magnéto qui allait avec.
Au baladeur qui se bloquait toutes les cinq minutes ou au walkman qui s’arrêtait de marcher dès qu’on ne le tenait pas droit.
A l’appareil photo, que les enfants tournent et retournent maintenant en cherchant désespérément l’écran. 
A l’annuaire ou aux services téléphoniques de renseignements, désormais devenus inutiles.
Aux cabines téléphoniques et aux appels en “PCV” – Paiement contre Vérification qui permettait de téléphoner en faisant payer la personne qui était appelée, rappelez-vous ! – quand on sonnait ses parents depuis l’étranger où on avait été – pour les plus chanceux d’entre nous – envoyé en voyage linguistique…

En leur parlant de ce vécu qui ne reviendra plus, j‘ai le sentiment de contribuer ainsi à leur culture générale, comme le faisait ma grand-mère en me parlant des voitures-zà-cheval (elle faisait la liaison) ou des trains-zà-vapeur. 

A la réflexion, je pense plutôt – au vu du curieux mélange de joie enfantine et de nostalgie que je ressens en leur expliquant  – que je fais comme tous les vieux : je découvre les premières étapes du radotage. 

Au secours.


Cassandre et la routine

L’un des rares bénéfices de l’âge,

semble-t-il,
est qu’il nous permet

d’améliorer la connaissance 

que nous avons de nous-même. 



Les exemples sont légion. 
Je n’en choisirais qu’un :

Ce moment où tu fais vibrer la paupière de ton oeil droit, en ce dimanche matin.

Il est 06:48, mais tu sais DEJA EXACTEMENT CE QUI VA SE PASSER. 

En fait, à cet instant, tu es Cassandre, ce personnage de la mythologie grecque, dotée du don de prédire l’avenir, mais aussi de ne jamais être crue. 

Tu entends les mômes qui défoncent leur chambre en renversant tous les coffres à jouets sur le sol, à grand fracas. 
C’est d’ailleurs cette douce mélodie qui t’a sortie de la délicieuse léthargie dans laquelle tu baignais avant leur maléfique intervention. 

Tu ne sais pas pourquoi, mais tu te mets à compter à rebours dans ta tête : 
5… 4… 3… 2…
Au moment où le 1 tombe, tu veux – mais tu n’y parviens pas – trouver la force d’articuler : “Attention la pooooooooorte !!!!” 
Celle-ci s’ouvre alors subitement en grand, claquant avec violence contre le mur, laissant une énième marque dans la peinture. 

Tu connais bien évidemment le personnage qui vient ainsi de faire grossièrement irruption dans la pièce où tu te trouves. 
Tel un D’artagnan des bacs à sable, ton fils – d’ailleurs déguisé en Spiderman, ce mousquetaire du 20ème siècle – se précipite vers toi pour te susurrer à l’oreille l’insupportable et parodique : “mamaaaaan d’amouuuuuuur, y’ fait jouuuuuur, c’est l’heure de dire bonjouuuuuuur !!”

Avant même que tu n’aies trouvé le courage de réagir, le gosse, agacé par tant de molesse, est déjà passé de l’autre côté du lit et hurle : “Papaaaaaa viens m’faire mon p’tit dezzzzzzzzz, MAINT’NANT !!!!”

5… 4… 3… 2… Tu SAIS, que dans moins d’1 seconde, son géniteur va hurler comme un putois. 
Tu sers les abdos et rabats discrètement les bords de l’oreiller sur tes oreilles en essayant de murmurer un “Trystan chéri, éloigne toi de…”

Trop tard :

– “NOM DE DIEU, TRYSTAN, SORS TOUT DE SUITE DE CETTE PUTAIN DE CHAMBRE ET LAISSE-MOI DORMIR TU ENTENDS !!!” 

Là, tu sais que tu as deux options : soit tu réussis à faire abstraction et tu restes au lit, insensible au vacarme extérieur. 
Jusqu’à ce que le père craque et se lève. 
Ça peut prendre plusieurs heures. 
Il faut savoir être patient. 
Curieusement certains jours, il est possible de respirer sous un coussin, j’ai remarqué. 
D’autres, non. 

Ou alors, dans ton infinie bonté, tu prends sur toi pour te lever. 

Et faire face. 

Tu te traines alors dans la cuisine, le cheveu en bataille, telle la machine bien huilée que tu es devenue depuis la naissance de tes bambins, et tends le bras pour sortir la poêle dans laquelle cuire les oeufs qu’ils ne vont pas manquer d’exiger dans… 
5… 4… 3… 2… 
– “mamaaaaaaaaan !!! Y’ sont OÙ mes oeufs !!!!!?”

Tu sais également que tu vas te retenir d’user de la-dite poêle comme défouloir dominical sur leurs petits crânes pas encore tout à fait soudés. 

A la place, tu vas leur répondre : 

– “Tancrède, c’est comme ça qu’on demande quelque chose à sa maman ?”, de ta voix éraillée du dimanche matin. 


Tu sais que quand la journée a commencé comme ça, il va être difficile de faire sortir les trois ours qui composent ta maisonnée. 

Tu sais qu’à la fin de ce jour, frustrée de ne pas avoir pris l’air, les oreilles sifflantes d’une journée entière dans le grand charivari de ta vie de mère, tu vas être d’une humeur massacrante. 

Tu vas finir par engueuler le père qui, pour une fois, n’avait rien fait.

Et tu vas aller te recoucher en attendant la libération du lundi matin avec délectation.

Conclusion, chères amies : 
Quand vous en êtes là, c’est qu’il ne reste qu’une seule chose à faire : 

Partir en vacances. 

Seule. 
(A priori.)

L’honneur d’un Jujutrépide

La semaine dernière, 

mon fils Trystan est resté 

un jour à la maison.


Cloué sur son canapé préféré, par un petit virus d’intersaison que tous les parents connaissent bien. 

J’ai donc fait contre mauvaise fortune bon coeur, rangé mon ordinateur et mes stylos, et décidé d’user de cet après-midi pour bénéficier de mon statut temporaire de garde-malade et profiter de mon fiston. 
Quand je dis “profiter de mon fils”,  je veux dire saisir la chance d’en avoir qu’un seul à la fois, et de pouvoir passer du temps de qualité avec lui. 

Nous nous sommes donc amusés durant quatre délicieuses heures, à construire des palais de lego, à lire des histoires, à dispenser des raclées de bisous et à dessiner. 

Je me faisais alors intérieurement la réflexion qu’avoir un seul enfant à gérer rendait décidément la parentalité incomparablement plus facile et permettait de retrouver le plaisir à s’occuper de son enfant.
Je sais. 
C’est dur de dire ça…
Note pour moi-même : trouver des solutions pour le faire plus souvent.

Quand soudain, venu de nulle part, mon fiston s’est mis à me regarder profondément dans les yeux, en me disant : 

– “Tu wois maman comme ‘ze suis MIGNON, quand mon frère il est pas là ?”

Soufflée de le voir ainsi lire dans mes pensées, je réagis avec un peu de retard :

– ” ?? Mais oui, Trystan, c’est justement ce que je me disais mon amour. Si tu le sais, pourquoi ne restes-tu pas mignon tout le temps ?!”

Silence. 

– “C’est le paradis quand tu es comme ça, mon trésor ! En plus on n’a plus jamais besoin de crier ni de s’énerver, tout est facile et agréable. Tu ne trouves pas ça mieux, toi ?

– “Beuh…Si.”

– “Bah alors ?”

Je le vois qui triture son bonhomme Playmobil en arrachant et remettant son chapeau de cow-boy.

– “Mais … Quand Tancrèd’ est là, c’est pas pareil m’an, tu comprends ?”

– “Bin, justement, j’ai du mal à comprendre, chéri. Tu m’expliques ? Est-ce veux dire qu’en vrai, c’est Tancrède qui fait toutes les bêtises, c’est ça ?”

Vigoureuse réaction : 

– “NON NON NON, moi aussi j’en fait PLEIN !”

Réponse un poil ironique, passée inaperçue auprès de mon engeance : 

– “Ah bon, tu me rassures…”

– “Non mais maman, quand on est tous les deux avec Tancrèd’, on est OBLIGÉS de faire des bêtises, tu comprends ?

– “?!?!?!?!?!?!?”

#LHonneurD’unJujutrépide
#NeJamaisPerdreLaFace
#UneRéputationATenir

– Ben si maman… J’t’essplik : quand il est là, on est ensemble tu vois. Donc on doit faire des trucs ensemble qui nous amusent.”

– “AH ! donc emmerder maman c’est amusant ?!?”

Pour toute réponse, je n’ai alors obtenu que le son pur d’un rire clair et cristallin.

Je tiens donc à partager l’information avec vous, chers amis : 

La gémellité rend les enfants démoniaques. 

Voilà. 


Cap’ ou pas cap’ ?

Bon, je ne le fais pas souvent. 

Mais là… Oui.

Je suis d’accord, 
c’est important. 


J’ai reçu ces derniers temps, plusieurs messages de mes p’tites lectrices un peu jeunettes – i.e. dans leur vingtaine – qui me demandent avec angoisse COMMENT SAVOIR SI ELLES SONT PRETES A AVOIR UN ENFANT. 

??????!!?????

Quelle ironie. 
Me demander à moi. 

Mais mes chéries…
Mes PAUVRES, PAAAAUVRES chéries. 

Je n’ai jamais été capable de répondre à cette question pour moi-même, alors imaginez un peu pour vous…

Ne le prenez pas personnellement, mais EN GROS : c’est à vous de voir. 

Je sais, ça fait moyennement avancer le schmilblick, cette affaire. 
Malheureusement c’est la seule réponse sensée à vous donner. 

Il y a bien les Blanche Neige qui croyaient être prêtes et qui… L’étaient.
Elles, elles nous énervent un peu. 
Mais enfin… Il est heureux qu’il en existe quelques unes, malgré tout. 
C’est comme pour les troupeaux d’éléphants : celles qui sont un peu plus débrouillardes que les autres prêtent main forte à celles qui s’y prennent comme des manches…

Il y a aussi les Cendrillon qui croyaient être mûres – comme la citrouille de leur carrosse – mais qui se réveillent le lendemain de l’accouchement avec une sérieuse gueule de bois, au propre comme au figuré. 

Il y a aussi celles qui doutaient affreusement avant. 
Et qui doute encore plus après…  

Et puis pour finir, il y a les miraculées : celles qui pensaient en être absolument incapables, et qui finalement s’en sortent vaguement. 

La conclusion majeure de ces observations est donc qu’il n’y a AUCUNE règle : votre future réaction est imprévisible. 

NÉANMOINS, et afin d’éviter de passer pour celle qui contourne le problème et qui fait semblant de ne pas avoir entendu la demande, j’ai mis au point un petit questionnaire. 
A toutes fins utiles, comme on dit. 

Mes poulettes, c’est bien simple, si vous êtes capables de répondre OUI ne serait-ce qu’à vingt pour-cent des questions ci-dessous, c’est que vous êtes (probablement) prêtes à devenir mères.  

Etes vous capable de : 

1- Supporter d’entendre un môme hurler durant plus de cinq heures – d’affilées – sans avoir envie de vous jeter par la fenêtre NI de balancer le gosse par dessus la balustrade ?

2- Vous balader dans la rue avec un chemiser un peu tâché de vomi – on dit “régurgitation” quand on devient mère, ça sonne moins dégueu’ – pendant la durée d’un rendez-vous professionnel ?
3- Supporter de ne pas dormir plus de deux ou trois heures par jour durant trois cent jours. 
D’affilé ? 

4- Trouver les coquillettes au beurre délicieuses et même totalement addictives ?

5- Considérer que finalement, le sexe, c’est très surfait ?

6- Voir, au supermarché, un môme se rouler par terre de colère aux pieds de sa mère – faire un insupportable caprice, donc – sans pour autant lever les yeux aux ciel ni secouer la tête en soufflant.
Mais en regardant la nana visiblement submergée par la situation avec une sincère empathie, puis en vous avançant doucement vers le gamin, avant de réussir (sinon, ça compte pas, hein) à attirer son attention ET à le faire rire ?

7- Marcher PIEDS NUS sur des lego sans pleurer ni geindre de douleur ?

8- Retourner à table finir votre repas après avoir torché votre gosse, sans rendre votre déjeuner ?

9- Ne faire de shopping qu’une seule fois par an, en trente cinq minutes ? 

10- Déambuler dans une fête foraine, vous assoir et écouter, puis décider, en toute connaissance de causes, que ce fond sonore vous accompagnera continuellement pour les quinze prochaines années ?

Voilààààààà !
Sur ce, je vous laisse. 
Bon courage.

Ne vous inquiétez pas, on ne dirait pas, comme ça à première vue. 

Mais apparemment, c’est faisable. 
Même qu’il s’agit d’une des plus fascinantes aventures humaines. 
Sinon ça fait un bail qu’il n’y aurait plus personne sur la Terre. 

Découvrir le Black Sheep

Une nouvelle cantine sympathique 

à partager avec vous, amis du Cap !


Le Black Sheep est situé au 104 Kloof Street, entre deux petits magasins de cette rue si commerçante et animée de Cape Town. 

Le décor y est neutre, tout de cuivre, de bois et d’ardoise, mais chaleureux et élégant. 
Une cuisine comme à la maison, mais en mieux : honnête, délicieuse, simple et joliment présentée. 

Le petit bistrot gastronomique de quartier auquel on pense forcément dès qu’on veut déjeuner entre amis, en quelque sorte. 

Son intérêt, en dehors du cadre reposant, d’un bon service souriant et de bons produits, est la variété des propositions : Amérique du Sud, Europe, Méditerranée, Afrique, Moyen Orient ou Asie… Tous les continents sont représentés !
Si l’inspiration est diverse, le menu reste totalement cohérent, centré autour des produits de saison sud africains – ultra frais – et beaucoup de légumes. 

Ceviche, quiche, poulet grillé et purée de céleri, Couscous égyptien, feuilles de brique aux champignons, curry indien, thon aux graines de sésame, déssert au tapioca…

Un vrai plaisir pour les papilles et pour les yeux : 

Aubergine rôtie au vinaigre balsamique, tomates, basilic et feta 
Poisson Kingklip grillé, artichauts et épinards à la crème et aux épices et au vin blanc
Salade de pommes de terre et truite Gravad Lax, mayonnaise à la moutarde ancienne
Gateau au chocolat et ses éclat de macadamia

Les portions sont moyennes, ce qui permet de rester raisonnable !

Attention c’est souvent complet (et un peu bruyant) le soir, privilégiez le midi où vous serez parfaitement tranquille. 

Bon appétit !

Comment (enfin) réussir à faire obéir son mouflet – Chapitre 1

En fait,

communiquer avec ses enfants,

C’est compliqué.


Vous me direz, ça l’est avec n’importe quel adulte. 

Pourquoi donc, ne le serait-ce pas aussi avec les Petits, sous prétexte qu’il s’agit de notre progéniture ?

Je découvre avec le temps, et au fil de mes (monumentales) erreurs, que les enfants ne sont pas conçus pour comprendre une demande formulée par un Grand, dans le langage des Grands. 

Je veux dire qu’il existe un LANGAGE DES ENFANTS. 

Rien n’a voir avec ce ton gâtifiant débilisant qu’adoptent parfois certains parents en s’adressant à leur bébé, et que j’ai toujours trouvé dégradant pour le môme aussi bien que pour le géniteur. 
(Pardon à ceux qui se sentent visés, hum.)

Non. 

Je parle plutôt de cette manière de s’adresser à eux, qui parvient simultanément à simplifier le propos, mais aussi à le tourner de manière à ce qu’ils aient envie d’obtempérer et de s’y conformer. 

Un message d’une clarté suffisamment limpide pour que les enfants le comprennent. 
Mais qui réussisse, sous forme de proposition amusante, à dissimuler un ordre déguisé.

J’ai en effet remarqué que sans cadre ou ligne directrice claire, les enfants obéissaient rarement et perdaient rapidement de vue la demande qui leur a été faite. 
En leur assignant une mission précise – même une corvée, qu’ils ne perçoivent alors plus comme telle – nos moutards se sentent investis d’une responsabilité qui les valorise.
L’esprit de contradiction qui les anime habituellement – naturellement, je prends l’exemple jujutrépidesque que je connais bien … – se transforme alors en une sorte de volonté intériorisée, comme si la décision avait émané d’eux. 

C’est subtil… Et drôlement manipulateur, si vous voulez mon avis. 
Mais enfin. Quand on devient parent, on fait feu de tout bois, n’est ce pas ?

Un mélange de communication non violente, de fermeté, de diplomatie, de psychologie positive et de créativité.
Rien de moins.  

Bref. 
Une technique que j’éprouve les plus grandes difficultés à appliquer.

Illustration : 

On ne dit pas :

– “Chéri, range tes chaussures.”
Sous entendu : ça fait 200 fois que je te le dis, bordel !

Certes c’est plutôt affectueux. 
Mais ça n’est pas très poli. 
Cela donne donc un mauvaise exemple à suivre à votre enfant.
Et puis – Sauf môme spécifiquement obéissant de nature – ça ne fonctionne pas. 
Explication : 
Erreur n°1 : pas d’anticipation. On n’a pas prévenu le gamin en AMONT qu’il allait devoir faire le truc. Il n’est pas préparé mentalement. Quand il arrive devant l’obstacle, il renâcle. Comme le canasson.  
Erreur n°2 : on donne un ordre. Chez les modèles de gosses du type coriace++, ça ne passe pas. C’est systémique. Ça leur hérisse le poil au menton qu’il n’ont pas encore.

On ne dit pas non plus : 

– “Chéri, j’aimerai que tu ranges tes chaussures, s’il te plait.”
C’est poli, pour le coup. Mais le moutard perçois IMMEDIATEMENT la faiblesse du ton qui transparait dans la forme conditionnelle du verbe. Aucune chance qu’il range ses p…. de godasses. 

Ni : 

– “Chéri, quand on arrive à la maison, range tes chaussures, s’il te plait.”
A priori on pense naïvement que tout y est : la politesse, la fermeté, la visualisation. 
Et pourtant. 
Si les chances de réussite de l’opération augmentent significativement, il n’est malheureusement pas certain que le résultat de nos efforts soit en notre faveur. 

Non. 
La solution “magique” qui fonctionne, selon mes propres statistiques, 99,9% du temps – tel le savon sur les bactéries – est la suivante : 

– “Chéri, on arrive à la maison dans cinq minutes : tu te souviens des “règles-du-soir” qu’on a découpées et collés ensemble sur le mur de ta chambre ??”

A priori, si vous faites comme moi partie de la TRÈS grande majorité des parents qui galèrent avec cette méthode, vous ne voyez pas DU TOUT le rapport-qualité-choucroute entre cette phrase et l’objectif initial.
C’est normal. 
Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est si difficile de maitriser ce langage infantile, accessible à certains rares parents de manière innée, mais qui demande aux autres des années d’entrainement intensif. 

(Jusqu’à ce que le môme se casse de chez vous, en fait…
Quand ça ne sert alors plus à rien d’être bilingue dans ce dialecte, finalement. 
Mais n’y pensez pas trop, ça risquerait de vous déprimer.)

Mais contre toute attente, de façon incompréhensible et absolument irrationnelle – pour l’adulte – le morveux va alors répondre, enjoué : 

– “Oui maman ! ON ENLÈÈÈVE SES CHAUSSURES EN RENTRAAAAANT !”

Trop heureux de montrer comme il a bien intériorisé sa mission, et comme il s’en acquitte avec fierté. 


Je sais, c’est dingue, mais ça marche. 

Personnellement on me l’aurait dit il y a 4 ans, ma vie aurait été différente. 

J’ai donc considéré qu’il était de mon devoir de partager l’info avec vous. 

Je vous en prie. 


A télécharger ici !
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L’esprit de compèt’

Allez, avouez-le. 
Ça vous est déjà arrivé. 
Non ?


D’être jalouse de votre mec. 
Du père de vos enfants. 

Naaaan mais, d’ailleurs, c’est pas vraiment de la jalousie.
Parce que quand on aime très fort, les émotions sont mélangées et on réussit toujours à ressentir de l’affection en même temps, ce qui rend ce sentiment unique et très schizophrène. 

Une goutte d’esprit de compétition, un petit peu de rancune, trois fois rien de jalousie, un zeste de colère et voilà : nait cet affreux mais bien reel mélange.

Ce curieux et vilain sentiment, multiple, complexe, paradoxal, et qui menace – un jour ou l’autre – tous les couples de la terre. 

Cette nuit, où pour la troisième fois en une heure, vous vous relevez afin d’apaiser les pleurs de votre fiston chéri en proie à des terreurs nocturnes, et que vous vous demandez pourquoi, oui pourquoi, c’est encore vous qui êtes debout… 
Alors même que vous connaissez pertinemment la réponse : parce que vous avez le privilège de travailler depuis la maison alors que lui va devoir se trainer jusqu’au bureau demain matin.
Mais vous n’y pouvez rien, vous trouverez ça injuste. 

Cet matin, où votre esprit vagabonde pendant que vous faites le code de votre carte bleue au supermarché, en regardant vos paquets… Et que vous réalisez que votre rémunération mensuelle va pile poil servir à payer… 
La bouffe du mois.
La comparaison de vos trajectoires professionnelles  – salariales en tous cas – est inévitable et parfois douloureuse. 
Ce sentiment contradictoire entre le plaisir réjouissant de voir l’autre réussir et la frustration de moins contribuer au succès matériel du couple, est nocif et biaisé, sa réussite se mesurant aussi à l’aune de nombreux autres critères, dont vous êtes souvent le pilier.
Mais lorsqu’il jaillit du coeur, il est difficile de faire la paix avec lui. 

Ce moment ignoble où, après avoir puni votre môme qui vient de “couper les cheveux” de l’orchidée que vous avez mis un an à faire refleurir – Je sais, ça m’a traumatisée cette affaire. Promis, j’arrête d’en parler – il se jette dans les bras de votre partenaire de vie, avec amour et soulagement.
Comme si celui-ci devenait tout à coup le protecteur de votre enfant. 
Comme si vous étiez devenue la menace. 
Vous. 
Vous qui l’avez porté dans votre ventre durant neuf mois. 
… Le couteau de cuisine n’a alors jamais semblé aussi proche.

Cet instant où, malgré tous vos efforts et votre acharnement durant la classe, votre service tennistique reste nettement inférieur non seulement à vos espérances mais surtout à celui du mec qui sert dans le carré à côté de vous… et qui partage votre existence. 
… Le coup de raquette n’a jamais risqué de partir aussi vite. 

Ce dimanche matin, quand le môme déambule et arrive enfin dans le salon où vous êtes installée avec leur père… ET choisit d’aller dans ses bras à lui. 
Inutile de vous décrire l’état de la mère, lorsque les deux gosses à la fois se jette sur lui.
… Heureusement la tablette de chocolat n’est pas loin. 
Pour vous calmer ET pour les appâter. 
On n’a rien sans rien.

Cette sensation avilissante de consolation irrationnelle lorsque vous vous rendez compte que vous avez pris moins de kilos superflus que lui durant l’été. 
C’est petit. 
Tout petit. 
Mais durant quelques secondes, bizarrement, vous vous êtes sentie rassurée. 

Bref. 


La face obscure de l’être humain, probablement.

Dans ses mauvais jours. 

Mais cela a au moins l’avantage de nous rappeler l’essentiel : 

Pour supporter tout ça, c’est que vous l’aimez encore. 
Et beaucoup.