Age Canonix

Très honnêtement,

sur le moment,

j’ai bien cru que j’allais lui tordre le cou. 


OSER me dire un truc pareil. 

Ce sale morveux. 

Incroyable. 

Plus ils grandissent, plus ils se permettent des choses, les mômes. 

Nous passions en voiture devant un parc pour enfant, situé en bord de mer : 

– “Maman, tu t’souviens ? On était venus ici y’a krèèèèèèès longtemps pour un anniversaire.”

– “?!?!? Mais tu as raison Trystan, quelle mémoire ! C”était il y a plus d’un an. C’est incroyable que tu t’en souviennes !”

– “Bah pourquoi ?”

– “Et bin parce que 1 an pour toi, c’est beaucoup dans ta vie.”

– “Ah… Moui… Même k’c’était l’anniversaire de Gustave.”

– “?!?!? Franchement, Titi, tu m’impressionnes.”

– “Oui mama. Et tu veux k’j’te dise aut’ chose ?”

– “Bien sûr.”

– “Et bin pour son cadeau, on lui avait acheté une perceuse visseuse en jouet.”

A ce stade, je suis un peu soufflée. 
J’achète des dizaines de cadeaux d’anniversaire chaque année pour leurs diverses invitations. JAMAIS je n’aurais été capable de me souvenir de ce détail.

– “Mon amour… Je suis très impressionnée.”

Je l’observe dans le rétroviseur, tout fier, qui regarde l’océan par la fenêtre avec hauteur. Il reprend la parole :

– “Et m’man, tu sais pourquoi j’me souviens d’plein d’trucs, moi ?”

– “Euh non chéri, pourquoi ?”

– “Pass’que j’ai BEAUUUUCOUUUUUP d’neurones dans ma tête, moi.”

– “Mais ?! Mais !? Qui c’est qui t’a parlé des neurones ???”

– “Bin c’est toi maman !”

D’un air de dire, vraiment t’es borderline asile là.

– “Mais siiiii, dans les vidéos qu’tu nous montres là, “il était une fois la vie”, tu sais ?”

Ah bah oui c’est vrai. 
Piteuse, je me contente d’acquiescer : 

– “Oui, oui, oui, tu as raison chéri… Bravo de t’en être souvenu. Oui, ce sont tes p’tits neurones qui se souviennent de tout…”

– “Et maman, tu sais pourquoi TOI tu t’souviens pas des choses ?”

– “Euuuuh… Non… Pourquoi ?”

– “Pass’que mes neurones à moi y’ sont TOUS NEUFS alors qu’les tiens Y’ SONT KRÈÈÈÈÈÈÈÈS KRÈÈÈÈÈÈÈÈS VIEUX.
Y’a vraiment des baffes qui s’perdent. 

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Etre parents

En 5 ans, 

c’est la première fois 

que ça nous arrive. 


Leur père et moi avions des diners à l’extérieur de la maison, tous les soirs de la semaine dernière. Du lundi au vendredi inclus. 

S’ils ont évidemment l’habitude de leur babysitter, j’ai bien vu à leur silence, le second jour, qu’ils s’étonnaient de notre absence pour une deuxième soirée consécutive. 

Au troisième jour, Tancrède a clairement exprimé son mécontentement : 
sourcils froncés, air courroucé, bouche serrée et menton qui tremble. 

Le jeudi, son frangin s’y est mis, avec en prime, les bras croisés sur la poitrine au moment du bisous-du-au-revoir, en signe de protestation indignée. 

Au cinquième soir : hurlements gémellaires groupés et larmes de crocodile habilement versées au moment du départ. 

– “Mamaaaaan… Mais Mais Mais… Tu pars ENCORE ce soir !?!? ENCORE TU NOUS LAISSES TOUS SEULS ?!?!?”

– “Oui mon amour, ce soir nous sortons encore. Je t’ai promis hier : c’est la dernière fois cette semaine, et la semaine prochaine je serai là tous les jours avec vous. Okay ? En plus vous n’êtes pas tous seuls, Noreen est là.”

– “MAIS… MAIS… MAIS… POURQUOI TU NOUS ABANDONNES TOUT L’TEMPS !?!?!?”

Là, t’as subitement envie de lui répondre : “car je recommence ENFIN à avoir une vie en dehors de ta petite personne, misérable nabot malfaisant et culpabilisateur !”, mais tu t’abstiens. 

Tu réponds à la place : 

– “Chéri, mon amour, voyons. Trésor. Bien sûr que non, je ne vous abandonne pas. Tu le sais bien. Je sors juste pour quelques heures et je reviens.”

– “‘FASSSSON, Z’ETES ZAMAIS LÀ ET VOUS NOUS Z’AIMEZ PLUS !!!!”

Ces épouvantables marmots…
Ils savent taper où ça fait mal.

A ce stade, tu es obligée de faire preuve de sévérité, sinon deux secondes de plus, et ils auraient tôt fait de te pousser à troquer les talons et la pochette de soirée contre le pyjama, sur lequel ils s’empresseraient alors de s’assoir bien confortablement, en t’obligeant à regarder dix minutes de Cendrillon avant d’aller se pieuter. 

Et c’est tout le coeur du problème : 
Puisqu’ils vont roupiller vingt ou trente minutes après notre départ, pourquoi DIABLE réclament-ils à corps et à cri que nous soyons là ?!?!?

La peur des monstres : 
Ils auraient besoin de nous pour monter la garde devant la porte de leur chambre ?

La peur du cauchemar :
Ils auraient besoin de bras familiers dans lesquels venir chercher le réconfort nocturne ?

Non. 

Non, la réponse, cher(e)s ami(e)s, est bien plus terrible que ça, je le crains : 

Nous sentir simplement là, tapis dans l’ombre de la pièce attenante, rassurants, disponibles, présents mais invisibles, prêts à bondir à leur côtés au moindre appel mais capables de nous éclipser lorsqu’ils n’ont plus besoin de nous…

Ils nous rappelle juste que nous sommes… leurs PARENTS.



Découvrir la randonnée de Weary Willy’s

L’idée randonnée

du week-end, 
les amis !

Cette balade de quelques 7 kilomètres sur les hauteurs de Kalk Bay – petit port de pêche non loin du Cap de Bonne Espérance – s’étend le long de la partie sud du parc national de la Montagne de la Table (Echo Valley – Amphitheatre), sur environ 400 mètres de dénivelés pour 3 heures et demie de marche, en faisant le tour de Kalk Bay Peak


Le printemps (septembre – décembre) est assurément la meilleure période pour entreprendre cette sublime marche entre l’océan et le ciel, le soleil et la brume des nuages marins poussés par le vent vers l’intérieur des terres : c’est à cette époque que fleurissent les fameuses fleurs du Cap, célèbres pour leur diversité et leur beauté. 

Durant toute la première partie de la randonnée, une marée de Pélargoniums roses oblige le marcheur à se frayer un chemin entre ces arbustes qui culminent jusqu’à 1,50 de haut.  

Après un court passage dans ce qui reste de la forêt primaire de la Montagne de la Table…

… L’arrivée en haut de la montagne est majestueuse, avec ses formes rocheuses qui laissent imaginer de mystérieux personnages, surtout sous la brume :

La richesse de la flore est exceptionnelle à cet endroit : les fleurs y sont toutes plus belles et rares les unes que les autres :

Bloodroot
Pentzia Dentata
Brown Sage (famille de la menthe)
Lilac Powderpuffs
Painted Ladies
White Eyed Roella 
Rafnia triflora
Immortelles blanches

Encore une belle balade à ne pas manquer !

Chantage, Crimes et Châtiments

C’est dingue, 

parce que la dernière fois,

c’était il y a à peine deux mois, non ? 


Figurez-vous que Noël est déjà de retour !

Dans 5 semaines.
Vous le croyez, ça !?

Oui, il parait que plus on vieillit, plus le temps passe vite. 


Ça s’explique très bien scientifiquement : 

En gros, si l’on compare 1 an au nombre grandissant d’années que nous avons déjà vécu dans notre existence, les 12 derniers mois semblent bien plus courts, en comparaison.
Enfin… Si j’ai bien compris. 

Bref. 

C’est pas l’propos.

La bonne nouvelle de Noël qui repasse, c’est qu’avec lui, revient également cette période tant attendue durant laquelle… On peut recommencer à utiliser ce merveilleux outil éducatif qu’est : le chantage au Père Noël. 

Valable uniquement pour les parents d’enfants en bas âge, cela va de soi.

Quoique. 


J’imagine déjà l’étape suivante, spéciale-ados : 

Pas de jardins tondu, pas de cadeaux. 
Pas de lave-vaisselle vidé, pas de cadeaux. 
Pas de lits faits, pas de cadeaux. 

Trop bien, non !?!?


Mais je m’égare, là.  




Trèèèès utile, donc, cette petite phrase assassine qui consiste en une partie d’échecs de 45 jours environ, durant laquelle le parent intimide ses lardons à la moindre incartade, leur rappelant que sans un comportement EXEMPLAIRE de leur part, COUIC LES JOUJOUX !

Naturellement, tous les parents s’accordent pour dire que cette méthode présente de nombreux inconvénients : elle ne fonctionne que sur une période de temps limitée et a tout de même une vilaine tendance à leur apprendre la notion de chantage, ce qui sur le long terme, peut s’avérer problématique pour le parent, qui prend donc le risque de subir plus tard des situations du type “arroseur-arrosé.”

Malheureusement, il faut dire ce qui est : elle est si facile à mettre en place que beaucoup d’entre nous cédons à la tentation, et avons tendance à en faire un usage immodéré dès que la fin d’année pointe le bout de son nez. Rouge. 
(Comme celui de Rodolphe. Le renne ? Non ? Bon…)

Pour mes lectrices mères d’enfants de MOINS de 5 ANS, je tiens à partager une information qui me parait importante pour votre futur, et qui vient juste d’être portée à ma connaissance : 
Dans certaines familles – suivez mon regard – les rejetons sont du genre coriaces, et il semblerait qu’à partir de cet âge, le nombre de leurs connexions neuronales aient considérablement augmenté en comparaison des années précédentes. 
La conséquence directe de cette évolution étant qu’ils ont dès lors suffisamment de matière grise pour se rebiffer, portant ainsi un coup relativement fatal à l’efficacité de la méthode : 

– “TRYSTAN !!! Si tu continues LE PÈRE NOËL NE T’APPORTERA RIEN !”

Retour à l’envoyeur : 

– “ET BIN J’M’EN FIIIIIICHE !!! J’AI ASSEZ D’JOUETS, D’FAÇON !!!!”

Echec et mat. 

To be or not to be rich

C’est dans ces moments fugaces, 

venus de nulle part, 

que tu te dis que ton éducation porte 

finalement parfois (un peu) ses fruits.

– “Mamaaaaaan ???”

– “Ouiiiii Tancrède ?”

– “Z’ai une question.”

– “Bin pose-là chéri.”


– “Est-ce qu’on est riches ou pauvres, nous ?”

Intérieurement, j’ai pensé : 
“mais QU’EST CE QUE C’EST ENCORE que cette question ?!?!?!?”.

Règle numéro un, bien rodée maintenant, face à cette situation : la retourner manu militari à l’envoyeur.

– “Et toi mon amour, tu en penses quoi ?”

– “Bin… J’sais pas trop. Mais moi j’crois qu’on est krès krès riches.”

– “Bon… Je vais te dire ce que moi j’en pense : je pense que ça dépend à qui on se compare. 
Si on compare avec des gens qui n’ont pas de vraie maison, comme ceux que tu m’as montré l’autre jour en voiture quand on est passé devant le Township de Khayelitscha, et qui vivent sans eau ni électricité dans des maisons en carton, alors oui, on est vraiment très très riches. 
Mais si on compare à des gens qui vivent dans des châteaux et qui se baladent en hélicoptères, y’en a ici aussi à Cape Town, et bien on est pas très riches.”

– “Okay… Ch’a dépend… Et est-ce que c’est important d’être riche ?”


Un peu sous le choc de cette nouvelle question, j’accuse le coup en réfléchissant :




Heureusement, pendant que certaines idées ironiques me viennent en tête, il enchaine :

– “Bin si maman, c’est krès important d’avoir des sous. Sinon comment tu veux qu’on achète nos jouets et des Oreos, par exemple ! Comment tu veux qu’on qu’on aille au restaurant, tout ça, tout ça !?”


Je respire un grand coup, consciente que ce que je vais lui dire est important pour le futur.

‘Faudrait pas lui mettre les mauvaises idées dans la tête.
Dans un sens comme dans l’autre. 

– “Regarde, je vais te dire mon coeur : je crois que même si on en a vraiment besoin pour vivre, les sous c’est pas ce qui compte le plus. Et ça sert à rien de comparer. Je pense que quand on réussit à en avoir assez pour acheter et faire ce qui est important pour nous, c’est qu’on est assez riche.”

Je regarde alors mon fils qui plonge ses yeux dans les miens. 
J’y lis beaucoup de calme et d’affection. 

Et c’est là qu’il me dit : 

– “Non mais t’sais quoi, maman ? Le plus important, j’vais t’dire c’que c’est : c’est qu’on est une famille TOUS ENSEMBLE, avec toi, papa mon frère et moi.”

#Philo101
#MonFilsCeSocrateDesBacsASable
#TellementFière
#MaisD’OùLesEnfantsNousSortentIlsDesTrucsPareils?

Volk’s Dragon

5 ans c’est un peu jeune. 

Mais en même temps, 

vu le monde dans lequel on vit…


La semaine dernière, mes fils ont découvert la notion de LOGO. 
(A ne pas confondre avec les LEGO, ces machins qui nous bousillent les pieds.)

Comment faire pour y échapper, finalement, puisque nous en sommes entourés en permanence : 
Etiquettes, pancartes, journaux, vêtements, sacs, raquettes, casseroles, jouets… Jusqu’au papier toilette.
Tout ce que l’on touche porte maintenant une marque. 

C’est bien évidemment aussi le cas des voitures. 

L’autre jour, en descendant dans un parking, Trystan – en mode “je découvre” – m’a fait cette remarque ingénue : 

– “Roooooo ! Maman t’as vu ?”

– “Heuuu… Quoi donc Trystan ?”

– “Sur ta clef d’voiture, y’a l’même signe que sur la voiture, r’garde !!!!!!”

Amusée de sa précieuse découverte, je souris :

– “Bah oui chéri. C’est le logo de la marque de notre voiture.”

Trop tard. 
Erreur fatale. 
Je sais que je viens encore de me lancer dans une discussion à n’en plus finir. 
Sans surprise : 

– “Un LOGOOOO ? C’est KOÂ un LOGOOO, m’an ?”

– “Okay. Un logo, c’est un symbole… Oui bon. Un petit dessin, qui est tout le temps utilisé par une société pour qu’on reconnaisse ses produits. 
Je te donne un exemple : regarde tes chaussettes, y’a quoi dessiné dessus ?”

– “Bin un p’tit trait tic tic.”

– “Voilà. Ça c’est le signe que c’est une usine spéciale qui s’appelle NIKE, qui les fabrique. Si tu vois ce signe ailleurs, sur d’autres vêtements, tu sais que c’est toujours eux qui l’ont fait. Oui ?”

– “Z’ai compris m’an. Et Alors c’est quoi le nom d’l’usine qu’a fait notre voiture ?”

– “Volkswagen, chéri.”


Une semaine plus tard, sur les magnifiques routes tortueuses d’un des quartiers du Cap, un dimanche après-midi :

– “T’as vu papa ! Y’a le même signe sur ta clef et sur la voiture ! C’est le logooooo !!”

– “… ! Mais ! Mais… Oui Trystan!”

Silence.

– “Et tu connais le nom de la marque de notre voiture ?”

Réponse spontanée, avec l’accent anglais : 

– “OUI PAPA !!! C’est la VOLKS DRAGONNE !!!!


Les mères porteuses

J’imagine que,

comme pour beaucoup de choses, 

cela tient à l’éducation. 


Mais enfin, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du boulot. 

Beaucoup de boulot. 

Et qu’au départ, c’est pas franchement inné. 

Je parle de cette capacité qu’ont nos moutards à nous faire porter leurs affaires.

Rien de plus naturel que de se décharger sur quelqu’un, des fardeaux qui encombrent nos existences…

J’avais lu il y a quelques années l’une de ces études prouvant que les petits enfants faisaient instinctivement preuve d’altruisme et d’empathie envers les autres, notamment un adulte qui aurait ostensiblement besoin d’aide, par exemple.
Pour ceux que ça intéresse, c’est .

Je vois déjà chez les mères qui me lisent, le sourcil de l’oeil gauche qui se soulève, dubitatif, et le sourire en coin, l’air de dire : “ouais bah pas chez les miens, hein…”

Et c’est précisément l’objet du post d’aujourd’hui : s’il est tellement prouvé scientifiquement – par des idéalistes en laboratoire qui passent visiblement plus de temps à faire des synthèses et des powerpoint qu’à emmener leurs gosses à la piscine – POURQUOI est-ce que dans la vraie vie, TOUTES les mamans que je connais passent leur temps à jouer les Sherpas ?

Hum ?

Je vais vous dire pourquoi : tout simplement parce que nos petits saloupiots sont des malins, naturellement, absolument et résolument égoïstes.
Et j’ajouterais “largement manipulateurs”, pour faire bon poids. 
(Sans mauvais jeu de mots.)

Moi je dis que l’empathie, en vrai, ça s’apprend.

Descente de voiture l’autre après-midi : 

– “Tancrèèèèède, Trystaaaan, venez m’aider s’il vous plait.”

– “Naaaan M’aaaan, on va zouer dans l’zardin.” 

– “Tancrèèèèède, Trystaaaan, il y a vos deux sacs de sport avec vos serviettes pleines d’eau, vos deux cartables, vos deux magniiiifiques dessins faits à la garderie qu’il ne faut pas mouiller (concernant ce chapitre, abordé la semaine passée, c’est ), vos deux paires de baskets, mon sac à main et le 6-pack de lait à ramener du garage. 
Je ne peux pas ET NE SOUHAITE PAS porter tout cela seule. 
Venez m’aider. 
MAINTENANT.”

– “Mais Mamaaaaaaaaan, on est tout p’tits nous, on n’a pas assez de force pour soulever tout ça !”


Cette malhonnêteté intellectuelle. 


Furibarde, je regarde mon rejeton sans aménité, avant de lui répondre : 

– “Contente-toi déjà de porter ton cartable et tes baskets et ça ira, fils.”


– “Mais Mamaaaaaaaaan, pourquoi je dois porter !? Ça fait maaaaal aux bras.”


Et là, contre TOUTES les règles élémentaires de psychologie infantile, j’ai craqué : 


– “PASS’QUE SI TOI ET TON FRERE ME LAISSEZ TOUT PORTER TOUTE SEULE TOUT LE TEMPS, UN JOUR JE VAIS MOURIR ECRASEE SOUS TOUT CE POIDS. 

Et là, vous serez bien obligés de porter vos affaires. VU ?”

J’ai bien remarqué la panique (relative) apparue soudainement dans leurs yeux. 


J’en ai donc profité pour leur fourrer les sacs et les pompes dans les bras. 

Avant d’aller ouvrir la porte d’entrée.


Nan mais !

Ça va, là, maintenant. 
Oh.
Hein. 
Bon.
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Découvrir le Downtown Ramen

Les amis, cette semaine, 

j’ai trouvé
 votre nouvelle cantine 
de Ramen, 
en plein coeur de Cape Town !


Le DownTown Ramen, au 103 Harrington Street dans le centre ville, ouvert de 5 heures à 10 heures du soir uniquement, tous les jours sauf le dimanche. 

Un vrai trésor, bien planqué à l’étage du Lefty’s, un bar américain sombre et un peu cracra : il faut le traverser et monter à l’étage pour dégoter l’un des restaurants les plus secrets de Cape Town. 

D’origine chinoise, les Ramen sont des soupes japonaises composées d’un bouillon à la sauce soja – ici, ils en proposent aussi une version thaïe avec du lait de coco – de viande de porc ou de tofu, de petits légumes et d’oignons verts, de noodles, ces longues pâtes chinoises au blé, et enfin d’un oeuf dur coupé en deux : sains, savoureux, délicieux et généreux !

Rien de tel qu’un petit Sake, l’alcool de riz japonais, pour accompagner ces plats traditionnels qui réchauffent le coeur et le corps !


Le lieu est totalement épuré, murs laqués, tables et bancs en bois, simplissime  comme les vraies cantines japonaises. 

Le menu est lui aussi totalement zen puisqu’il ne propose que 5 plats. 
Attention, pas de desserts : ici, on garde la ligne !
Les prix sont dérisoires. 

Entre copains ou même en amoureux, n’hésitez pas à tenter l’aventure, un vrai petit bijoux d’authenticité. 

Bon appétit !

Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre !

C’est vrai qu’il faut 

faire preuve d’empathie. 

On passe tous par là, semble-t-il.


Avec le temps, j’ai réalisé qu’il existait chez une grande majorité de parents, une sorte de point d’inflexion.

Un moment inexplicable où se produit un basculement entre cette période de KIF total durant laquelle les parents planent à cinq mille, s’émerveillent 24/7 de la perfection de la plus belle création de leur existence, et ce jour où la fatigue et la lassitude prennent brutalement le dessus. 

Curieux, en vérité, ce retournement qui nous amène soudainement à trouver insupportable cette cent-unième cuiller de purée (de trop) balancée en pleine tronche par notre lardon en quête d’expérience culinaire, et que nous trouvions “trop mignonne” quelques semaines plus tôt. 

Ce renversement qui nous pousse pour la première fois à mettre un oreiller sur notre tête et à décider de privilégier notre sommeil – devenu si rare – au détriment du besoin d’être rassurée, exprimé par notre progéniture qui hurle une fois de plus dans son berceau à 03:14 du matin. 
Ce chavirage – n’ayons pas peur des mots – qui fait subitement éclater la bulle de naïveté et de douceur dans laquelle l’arrivée de la marmaille a tendance à nous plonger durant quelques semaines, quelques mois, voire des années pour certain(e)s, particulièrement coriaces. 
L’on pourrait penser qu’il s’agit d’un problème de niveau d’hormones dans le sang. 
Mais j’ai constaté que de nombreux pères étaient, eux aussi, frappés par ce “sortilège du nouveau-parent.”
Il y a quelques semaines, je discutais avec un papa-d’école devant le portail, en route pour déposer mes Jujutrépides dans leur classe, lorsque celui-ci, répondant à ma question, me dit : 

– “Oui, oui, elle vient d’avoir 36 mois !”

Ayant rapidement salué cet opiniâtre spécialiste de l’euphémisme, vraisemblablement encore totalement englué dans sa période rose, j’ai donc continué mon chemin – mi amusée, mi agacée – vers la cour de récrée. 

Trystan s’est alors brusquement arrêté, tournant son petit viage dubitatif vers moi et s’est exclamé : 

– “Mamaaaaan ? Z’ai pas compris. Si sa p’tite fille elle a son âge qu’est arrivé à 36, elle peut pas être encore en Toute’ P’tite Section, elle devrait déza être grande, non ?”

Amusée par sa réflexion somme toute assez intuitive, je lui réponds : 

– “Non mon amour, elle a 36 MOIS sa fille, pas 36 ANS !”

– “Et 36 mois… C’est beaucoup ?”

– “Et bien, ça fait 3 ans exactement.”

– “Aaaah, mais c’est pour ça qu’elle en est TPS alors ?”

– “Bin oui.”

– “Ah… Mais pourquoi il a pas dit 3 ans, le monsieur ?”

Durant quelques secondes, j’ai cherché la formulation la plus bienveillante possible qui puisse exprimer mon point de vue sur la question. 

– “Et bien… C’est parce qu’il est encore tellement content d’avoir eu sa fille qu’il ne voit pas le temps passer mon amour.”

Nous arrivons presque à la porte d’entrée. 
Mon fils lève à nouveau les yeux vers moi et retire sa petite main de la mienne en me disant : 

– “Mais alors moi, z’ai quel âge EN MOIS ?”

Le coeur rempli d’affection pour mon fiston, j’ai alors repensé avec émotion aux premiers temps de sa vie. 
Et j’ai fini par lui chuchoter avec un enthousiasme que je n’aurais pas cru possible :

– “Tu viens d’avoir 61 mois, mon trésor !”

Fier, il a ensuite déposé un énorme baiser sur mon nez avant de disparaitre dans la foule de moutards qui s’activaient dans la cour…

Tu vois cette bouteille de lait ?

Il fallait s’y attendre.


L’autre jour, Tancrède est rentré de l’école en me posant LA question que TOUS les parents du monde redoutent.

– “Mamaaaaaaaan ? Comment est-ce qu’on fait les bébés ?”

Le souvenir de cette vieille pub Lactel me revient alors en mémoire. 
(Pour mes lecteurs trop jeunes, c’est .)
Je souris. 

Bon. 

C’est pas tout, mais va falloir lui répondre.

5 ans, c’est tôt, il me semble pour une question pareille. 

M’enfin… j’ai l’habitude avec lui.

Surtout, rester calme. 
Factuelle. 
Détachée. 

Pas de problème. 
‘Chui à l’aise.

Je me lance : 


– “Euhhhhh….Et bien… Demande à ta maitresse, chéri.”

Retour à l’envoyeur : 

– “Elle a dit de te d’mander.”

Je pense : “mais quelle pestouille, celle-ci !”

En vrai, je regarde mon fils. 

– “Ok. C’est super simple, écoute bien : quand un papa et une maman s’aiment et qu’ils décident de faire un bébé ensemble, le papa dépose une graine dans le ventre de la maman. Cette graine grandit pendant 9 mois – c’est presque une année entière de Grande Section par exemple – durant lesquels le ventre de la maman grandit beaucoup. A la fin, le bébé nait et voilà !”

Tadaaaa…
Satisfaite de mon résumé édulcoré, je fais mine de passer à autre chose. Mais, comme à son habitude, mon fiston a de la suite dans les idées. 

– “Non mais maman, j’ai pas bien compris. Elle vient d’où, la graine ?”


Je prends mon mal en patience et tente le tout pour le tout :


– “Elle vient… Des 2 p’tites boulettes que t’as sous le zizi.”


– “Okay…”


Je pense : “ouf, on est sortis d’affaire !

Mais il enchaine : 

– “Et comment elle sort la graine alors ?”




– “Du zizi des grands garçons. 

Toi t’es encore trop p’tit. 
On verra ça plus tard d’accord ?”

– “Non maman, j’veux comprendre, y’ FAUT ‘k’tu m’esspliques.”


Au secours. 


– “Comme je t’ai dit… du zizi. Comme quand tu fais pipi, sauf que dans ce cas là, ce sont les p’tites graines à la place.”


Purée. Je m’enlise. 

Où est le père quand j’ai besoin de lui, BORDEL !

– “Mais maman… Après comment elle va dans le ventre, la graine, j’comprends pas. On l’ouvre, comme le loup du Chaperon Rouge, et on plante la graine dedans, dans de la terre, c’est ça ?”


Je regarde mon petit garçon avec désespoir.

Dans ces yeux, je lis toute la naïveté d’enfant et l’avidité de savoir qui le caractérise depuis sa plus tendre enfance. 
Je le sais, il ne vas pas lâcher l’affaire. 

– “Non chéri. On met la graine dans le kiki de la maman et c’est là que ça pousse. Voilà. OKAY ?”


– “Hum… Et alors après le bébé y’ grandit là d’dans ?


– “Bah oui.”


– “Et ensuite, comment y’ sort ?”


A ce stade, je me dis que j’aurais mieux fait d’aller chercher l’ipad et de lui trouver une vidéo bien faite sur la question. 

Ou alors de lui parler de cigognes.
Ou même de choux de Bruxelles, au point où j’en suis. 

– “On ouvre un petit peu le ventre de la maman, comme le loup du Chaperon Rouge, et après on referme. Ou alors il descend tout seul. Ça dépend des fois.”

– “D’où ça y’ descend, le bébé ?”


– “Du kiki.” 


Avant qu’il n’ait le temps d’ouvrir la bouche, je hurle presque : 


– “BIEN ! TANCRÈDE ! Si tu as obtenu la réponse à toutes tes questions, je te propose de changer de sujet !


– “Okay maman… Alors quand est-ce que tu fais une petite soeur pour moi et mon frère ???”


#AuSecours

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#LesCopinesArrêtezDeFaireDesPetitsDerniersÇaTraumatiseMonFils
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