Je me faisais la réflexion,
l’autre jour :
l’autre jour :
– “Chériiiiiiii ?”
– “Moui ?”
– “J’ai vraiment besoin que tu me répares le tiroir de la commode… J’arrive pas à visser les écrous dans les planches en bois… Ça fait plus d’un mois que je te le demande… Pleeeeease.”
Franchement, de le supplier, ça me coûte.
J’irais même jusqu’à dire que ça me rend DINGUE.
Parce que ça m’oblige à quémander.
Parce que ça me fait dépendre de son bon vouloir.
Parce que ça m’oblige à concéder qu’il y a des trucs que je n’arrive pas à faire toute seule.
Parce que ça m’oblige à admettre que j’ai besoin de lui.
Je sais qu’il me faudra compter entre deux et six mois pour qu’il donne suite à ma demande d’aide annuelle.
Durant cette attente, la réponse oscille en général entre l’évitement stratégique au sein des différentes pièces de la maison ou son équivalent : le “J’entends pas”.
Ou encore le “oui chérie, je vais le faire”, sans précision temporelle. Probablement la pire des répliques, car elle a le don de générer un espoir considérable, avant de retomber comme un soufflet et d’engendrer une déception proportionnelle.
Il y a enfin le “J’AI BESOIN DE ME REPOSER, on verra plus tard.”
Là, tu te dis quand même que si tout le monde – surtout toi – réagissait pareil dans cette baraque, on vivrait tous dans une grotte, couverts de boue et de feuilles, à manger des racines.
Mais tu es une Femme : tu as donc à coeur la notion d’intérêt général, qui fait visiblement tant défaut à une majorité de la communauté masculine.
(Du calme, les gars. Soyez lucides. S’il vous plait.)
Bref.
Revenons-en à nos clous :
Il existe bien différentes techniques pour parvenir à ses fins.
Dans ma grande générosité, chères amies, je les partage aujourd’hui avec vous.
1. La claque
Une bonne baffe dans la figure, pour lui remettre les idées en place et lui rappeler que 99,8% des autres tâches étant effectuées par toi, il serait décent qu’il s’occupe de celle que tu viens de lui proposer.
Mais, soucieuse d’entretenir la paix des ménages, nous préférons vous suggérer des démarches (voir ci-après) moins sujettes à controverse.
2. Le Disque Rayé
Technique commerciale bien rodée, enseignée dans toute bonne école qui se respecte.
C’est aussi la méthode employée par les gosses : demander, en tirant sur le t-shirt, avec le sourire et de grands yeux ouverts plein d’espoirs, jusqu’à ce qu’on craque et qu’on s’exécute.
3. Le Bouddha
Aussi appelée la technique de “la gueule” :
Faire la tronche et garder le silence jusqu’à ce que la demande ait abouti.
Assez efficace, elle a néanmoins l’inconvénient de faire régner une ambiance moyennement sympathique dans la maison.
De plus, son efficacité n’est pas garantie à 100%. Certains spécimens mâles présentant un caractère particulièrement têtu.
4. La Rétorsion
Assez intuitif, ce système consiste à priver la personne objet de la réclamation, de tout ce qui lui fait plaisir et/ou dont il a besoin, jusqu’à ce que celle-ci ait été entendue.
Shampoing, linge propre, bons petits plats, bref. Vous m’avez comprise.
Je vous laisse juge de la meilleure initiative.
Pour plus d’efficacité, la coupler avec la méthode précédente.
5. Les Pleurs
Naturellement, cette technique n’est applicable que par celles qui ont assez de ressources intérieures pour déclencher les vannes lacrymales sur commande.
A noter : une utilisation excessive aura tendance à diminuer l’efficience de la méthode. Gardez-là pour les situations d’extrême urgence.
6. La suggestion
Elle consiste à aller chercher vous même les instruments / outils / produits nécessaires à l’opération et à les fourrer DIRECTEMENT dans les mains du mec.
Simple à mettre en oeuvre, elle fonctionne souvent la première fois que vous l’employez, l’adversaire étant pris de cours par la surprise et l’étonnement.
Mais il semblerait, d’après des études de terrain canadiennes, qu’elle entraine une certaine accoutumance et perde de son efficacité avec le temps.
7. La patience
Quelques unes d’entre nous font montre d’une persévérance, d’une constance et d’une opiniâtreté à toute épreuve.
Elles parviennent donc à réitérer, calmement, la demande, jour après jour, mois après mois, année après année.
Pour elles, et elles seulement, cette approche peut s’avérer payante.
M’enfin faut pas être pressée.
Attention : ne convient PAS aux sanguines.
Entre nous, je n’arrive toujours pas à comprendre comment il peut être préférable d’entendre couiner sa nana tous les jours durant des semaines, plutôt que d’en finir en cinq minutes.
Ça me dépasse.
D’ailleurs, si mes lecteurs masculins ont une explication rationnelle valable à me proposer, j’en serais très heureuse.
En vous remerciant par avance.


































