La mort du poisson rouge – Chapitre 1 (la découverte du corps)

Quand je l’ai vu, 

flottant comme ça,

à la surface de l’eau, 
retourné, le ventre à l’air,

je me suis dit : 


– “Et bin… Je n’ai pas eu à attendre longtemps !”

Je parle de Sushi, le poisson rouge de mon fils Tancrède…

Avec un nom pareil, en même temps, il n’était pas fait pour durer.
(Je sais, je suis décidément ignoble.)

Et non, pour ceux qui se posent déjà la question : il ne s’est pas fait bouffé par son colocataire d’aquarium. 

Remarquez, je m’y attendais un peu, l’ayant remarqué la veille, immobile, dans son super rocher-chambre-à-coucher : il n’avait pas l’air bien… Dans son assiette. 
(Le poisson… dans l’assiette ? 
Okay, d’accord… 
J’arête ? 
MOUAHAHAHAAaaaa !!! 
Nan, vraiment ? Bon…)

Le pauvre animal vivait sans doute ses derniers instants… 

A priori, voici les conclusions des recherches post-mortem immédiatement menées, le matin-même, auprès de mères plus expérimentées et à la pointe du sujet “Entretien&Survie du PR”:

– Ayant été transporté du magasin à la maison dans des conditions optimales, préconisées par le vendeur,
– Puis installé dans un aquarium 5* avec filtre-pompe-à-oxygène-algue-naturelle-et-tout-et-tout,
– Et ayant tout de même (sur)vécu 19 jours dans le-dit aquarium…
–> Le trauma psychologique lié au transfert peut raisonnablement être exclu des hypothèses ayant entrainé la mort. 

– Mais n’ayant vécu que 19 jours dans son bocal…
–> La vieillesse ne saurait pour autant être retenue comme la cause principale du décès. 

EN REVANCHE… 
Les pincées de flocons, distribuées avec amour chaque matin par les Jujutrépides, qui ont semble-t-il eut la main de plus en plus lourde au fil des jours, POURRAIENT expliquer la disparition prématurée de Sushi. 

En gros : on leur a trop donné à bouffer. 

Autant vous dire que cette journée avait mal commencée :


Les yeux dans le vide, la mine encore endormie, je regarde mon portable : il est 7:04.

J’ai posté mon billet du jour. 
J’ai trouvé la force de m’arracher à mon lit douillet. 
Je quitte ma chambre et avance péniblement vers la cuisine américaine qui donne dans la salle à manger où se trouve l’aquarium. 
Machinalement, je jette un oeil à la poiscaille. 

Je n’en vois qu’un seul. 

Curieux. 
je m’approche et découvre le drame. 

Soudainement, je me sens pleinement réveillée.

La mort de l’animal de compagnie de mon fils chéri a eu le même effet sur moi qu’un cachet de Guronzan avalé avec un café ristretto dans lequel j’aurais rajouté des cuillers de RedBull. 

Oh, merde.


Merde. 


Comment vais-je annoncer ça aux Jujutrépides. 


Et à Tancrède. 

C’est son poisson. 

Oh, merde. 

OH MERDEuuuh.

Qu’est-ce que je fais ? 


Je le balance illico à la poubelle ? 

Dans les toilettes ? 
Je leur dirai qu’il a juste disparu, pouf pouf ?

Non. Ils doivent faire leur deuil. Je renonce finalement à leur raconter le bobard que j’avais prévu initialement pour ce type de cas de force majeure. 


J’entends alors dernière moi le pas discret mais assuré de Trystan. 

Le cheveux hirsute, il me regarde. 

– “Maman, keskisspasse ???”


Prise de cours,  plaquée devant l’aquarium pour lui épargner la vision du poisson décédé, je bredouille :


– “Euuuhhh euuuhhh… C’est à dire. Et bien… Voilà. Sushi a trépassé cette nuit, mon coeur. Je suis désolée… Il va falloir que j’annonce ça à Tancrède, tout doucement, pour ne pas lui faire un choc, et…”


Je n’ai pas encore fini ma phrase que Trystan a déjà tourné les talons.

Je vois un bout de son pyjama qui disparait dans l’encoignure de porte de leur chambre et je l’entends qui hurle : “Tancrèèèèèèèèède ton poisson est MOOOOOORT !!!!”

Je me masse les arcades sourcilières, mes deux mains appuyées contre les tempes.

Il est 07:08 du matin et je sens que la journée sera longue.  
Très longue. 

Tancrède déboule à une vitesse supersonique dans la salle à manger, la trace du drap encore imprimée sur la joue, les yeux pleins de larmes. 


Il fallait s’y attendre. 


Il se jette dans mes bras en hurlant. 


Je sais qu’il est malheureux. 


Je me dis : “mais pourquoi as tu cédé à cette histoire de poisson ! Regarde dans quel état est ton fils maintenant…”


Tout en séchant ses pleurs avec ma chemise de nuit, je me fait la réflexion intérieure que ça n’est finalement peut-être pas plus mal… Que la mort fait aussi partie de la vie. 


– “Mmmmmais mamaaaaaaaan !!!! Pouuuuurquoiiiiii iléééééééé mooooort mon sushiiiiiiii ????”


– “Mon amour, je suis tellement désolée. Je sais que tu es très triste… Il était peut-être trop vieux ?”

– “Mais !! Ze comprends pas !! C’est pas possib’, il avait mêm’ pas d’baaaaarbe !!

Je me retiens violemment de sourire :

– “Et biiiin… Peut-être qu’il était malade quand on l’a acheté mais qu’on ne le savait pas ?”

– “Nooooon il était en pleiiiiine forme mon poichooooooooon !!!!


– “Bon bin je sais pas Tancrède… On demandera au monsieur qui les vend. Samedi on passe t’en racheter un nouveau d’accord, on pourra l’appeler… Euh… Sushi2 ?”


– “Noooooooooooon, Y’AVAIT K’UN SEUL SUSHIIIIII DANS MA VIIIIIIIIIE !!!!


Evidemment.

Quel manque de tact de ma part. 
Genre un de perdu, dix de retrouvés, toussa toussa. 

– “Oh bien sûr mon chéri, je disais ça pour te faire sentir mieux, mais c’est toi qui décides si tu veux le remplacer ou pas.”


– “d’accord….” 


J’observe Trystan qui regarde son frère intensément. 

Il lui passe le bras autour du cou. 
Leurs yeux se croisent. 
Tancrède éclate en sanglot. 

Je me dis qu’on n’est pas sortis de l’auberge. 


Trystan prend alors la parole : 


– “‘Cout’ ça Tancrède : voilà c’qu’on va faire. Maman, elle va préparer une belle ‘chérémonie pendant k’on est à l’école, et ce soir on va l’enterrer tous ensemb’ dans l’jardin, d’accord ?”


Euhhh… Comment ça “maman va préparer une chérémonie” ??
Ça recommence…
#ChuiPasTaPartyPlannerNILaFuneralPlannerDuPoissonKaClamsé !!!!


Le second chapitre de “la mort du poisson rouge”, demain matin. 


Juju Puss-in-boots

Je vis actuellement un 

fort dilemme 
meta-physico-moral. 


Je vous l’expose :

Il y a un bon mois de cela, durant les vacances de Noël, Trystan a découvert le dessin animé Puss In Boots (Le Chat Potté), spin-off des films de Shrek, pour ceux qui ne connaitraient pas. 

Depuis, il l’a revu plus d’une dizaine de fois, au bas mot. 

Et l’habitude lui est venue – sa dernière tocade vestimentaire – de se déguiser chaque jour comme son nouveau héros félin :

Il a donc pris le pli de s’emparer de mes bottes de cavalier, de son chapeau de Zorro sur lequel son papa a fixé une épingle à nourrice avec une plume, ainsi que de son épée en plastique.

Il déambule dans cet accoutrement au travers des différentes pièces de la maison, principalement à ma recherche, pour me demander A CHAQUE fois si je le “trouve beau”.  

Si l’on considère qu’il m’a posé la question 3 à 4 fois par jour durant les 30 derniers jours, on peut raisonnablement en déduire que celle-ci m’a donc été posée plus de 100 fois au cours du dernier mois. 

Je ne me cherche pas particulièrement d’excuses, mais souhaite malgré tout vous présenter l’affaire de manière la plus objective possible. 

Au vu de ces considérations mathématiques, j’ai donc récemment décidé de… Me planquer. 
A chaque fois qu’il hurle dans la baraque, je me cache. 
Méthode simple. 
Efficace. 

– “Mamaaaaaaaaan !”

Silence. 

– “Mamaaaaaaaaan ! Mais t’es OÙÙÙÙÙÙÙ ????”

– “Chui pas là.”

Silence. 

– “Mais… Si ! J’t’endends. OÙ T’ES !?!?”

– “Dans ma salle de bain !”

Je me glisse alors subrepticement derrière la porte de ma chambre. 
Une fois que je l’ai vu s’engouffrer vers le salle de bain, me laissant derrière lui sans m’avoir repérée, je fonce dans la cuisine. 
J’entends au loin : 

– “NON mamaaaan, t’es pas dans la salle de bain !!!!! Mais OÙ T’ES !?!?”

– “Ah pardon, chui’ dans la cuisine !”

Au moment ou il pénètre dans la cuisine, je m’échappe discrètement, sur la pointe des pieds, protégée par le frigidaire, par la seconde porte qui mène au salon de télé. 

– ” MAIS MAMAN TU T’FICH’ DE MOÂ !!!!!!!! VIENS ICI TOUT’D’SUITE !!!!!!”

Bref. 
Vous m’avez comprise. 
Je le balade ainsi dans toutes les pièces de la maison pendant des dizaines de minutes entières. 

C’est assez joyeux.

Enfin… De mon point de vue, naturellement.

Et voilà où je voulais en venir :

L’autre jour, je l’ai malencontreusement encouragé à me chercher à l’étage. 
De rage contenue, je l’ai entendu hurler depuis le bureau de son père : 

– “MAIS MAMAN, T’AS ENCORE DISPARUE !!!!!

Décidant que la plaisanterie avait assez durée – le pauv’ gosse tournait depuis quinze ou vingt minutes – je suis restée au pied de l’escalier en lui criant : 

– “Okaaaay, Trystan, t’as gagné, je suis là.”

La suite, vous l’imaginez… 
Mais si, allez. 
Bien sûr. 

Surgissant à la vitesse de l’éclair, craignant sans doute que je ne m’évapore de nouveau, mon fiston s’est pris les pieds dans mes bottes trois fois trop larges pour sa taille, plongeant malgré lui dans les marches, les dévalant tel un paquet de chiffons, avant de finir sa course en bas de l’escalier, à moitié assommé. 

QUESTION : moralement, doit-on conclure que je suis responsable de l’incident ?

#MèreIndigne
#ResponsableMaisPasCoupable?
#JeSaisJ’aiVraimentHonte…
#PlusJamaisJeLeJure

PS : il va très bien, le pauvre amour, et s’en est tiré avec un simple petit bleu au coude gauche, que je me suis naturellement empressée de masser à l’Arnica, tout en le couvrant de baisers. 

Découvrir Bread & wine

Tout, dans cet endroit,

est follement bucolique !


Du coup, j’ai eu envie de vous en parler, amis du Cap, pour vos weekends en famille ou entre amis. Ou même en amoureux. 

Le Bread & Wine est le restaurant du vignoble Moreson, situé un peu avant l’entrée du village de Franschhoek, à une heure du Cap.

Rustique, mais avec un twist d’élégance. 
Pittoresque, mais travaillé. 

(Presque) tout ici est fait maison, notamment la charcuterie et le pain, grande star de l’endroit : léger et croquant, il prend ici de nombreuses formes, de multiples saveurs. 
Tous les plats sont d’ailleurs servis avec une tranche, une tuile, un morceau de fougasse ou de pain de campagne, un craquant qui l’accompagne et relève ses goûts. 
Idéal pour ceux qui ont la vilaine habitude de prendre plaisir à “saucer” !

Tous les produits sont parfaitement frais. 
L’accent est mis sur les légumes qui donnent de la légèreté aux compositions de cochonnailles. Tout ce marie magnifiquement. 


Une idée de ce que vous pourrez y découvrir : 

Risotto de Kale aux fleurs printanières. 
Mesclin d’herbes du jardin, asperges, poireaux, velouté de cerises et oeuf poché. 
Pains et tapenades 
Ballotine de poulet, miettes de pains au gorgonzola. 
Planche de charcuteries maison 
Orangettes, caramels et craquants au chocolat blanc.

Le lieu est calme et tranquille, serein, au pied des montagnes du Drakenstein et au beau milieu des champs d’orangers. En été, on entend les cigales chanter. 

Le restaurant, charmante terrasse à l’ombre de chênes centenaires, est aménagé autour d’une jolie petite marre aux poissons entourée de fleurs et de rosiers parfumés, qui réjouit – et occupe – les enfants. 

D’ailleurs l’endroit est particulièrement children friendly, avec un espace de jeu à leur attention et un menu spécial.

Des cours de cuisine de charcuterie et d’apprentissage de pétrissage du pain sont proposés pour les groupes, ainsi que des dégustation des – bons – vins du domaine.

Ne ratez pas cette jolie adresse !

Voyage Voyage

Evidemment, je ne regrette rien. 

Mais il y a quand même des jours 

où je me dis que nous influençons trop leurs vies. 


Je veux dire… Evidemment que nous influençons leurs vie. 

Nous sommes leurs parents, d’une certaines manière nous les définissons et leur transmettons tout un tas de bagages – sans mauvais jeu de mot – culturels, familiaux, avec lesquels les pauvres petits devront s’accommoder. 
C’est le jeu et le challenge de la parentalité. 

Mais parfois, je me dis que nous les formatons trop fortement, d’une manière trop définitive. 

C’est bien simple, chez nous, je crois que c’est le voyage. 

L’autre jour, Tancrède vient me voir et me dit : 

– “Mamaaaaaaaan ?!”

– “Chériiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?!”

– “J’en ai marre d’habiter dans cette maison ! Quand est-ce qu’on r’déménage ?”

J’ouvre de grands yeux.

Intérieurement, je me dis que le pauvre gosse, qui vient à peine de fêter ses 5 ans, est déjà complètement névrosé. 

Je tente de dévier la question, technique qui s’avère en général payante lorsqu’il aborde un sujet pénible. 

– “Euuuh pas tout de suite, chéri, on est super heureux en Afrique du Sud !”

– “Oui… bien sûr. Mais bon. Et si on restait à Cape Town mais qu’on changeait, de maison… Juste pour changer un peu, tu wois ?”

Nan, je wois pas. 
Je viens d’éclater mon record il y a deux mois : ça faisait six ans que nous n’étions pas restés aussi longtemps d’affilé dans la même baraque. 
J’apprécierais fortement qu’il en reste ainsi pour quelques années supplémentaires. 
J’embraye donc : 
 – “Non mais chéri, on est super bien là, on ne va pas partir. Mais on voyage beaucoup, on va dans des hôtels souvent. Ça, c’est du changement, non !?”

– “Oui… Mais ça fait SUPER LONGTEMPS qu’on n’est pas partis, maman !”

– “T’as raison, fils. 
Ça fait exactement 25 jours.”

– “Tu vois ! Ch’est trop long, maman.”

Au secours. 
#MonFilsCeGitan
#OnL’AComplètementContaminé

– “Okay mon coeur, je vais planifier un truc pour la semaine prochaine…”

– “Super, maman, et moi j’vais préparer mon bagaze !!”

Je pensais qu’il plaisantait. 

Mais non. 

Il a passé toute la semaine avec ce sac en bandoulière :

Quand je l’ai ouvert, poussée par la curiosité, voici ce que j’y ai découvert : 

Des animaux de la ferme africaine (hippopotame, baleine, poisson, girafe, zèbre…) en plastique (pour le sable) et en mousse (pour la mer), une bouteille d’eau (pour la chaleur) et des jumelles (pour le safari, visiblement). 

 C’est grave, docteur ? 

L’ingratitude, c’est rude.

Sérieux !

L’ingratitude des enfants, 

c’est un truc de DINGUE.


De ma propre expérience personnelle en tant que fille, je le savais déjà.
J’avais bien conscience de la nécessité structurelle de cet état de fait et de cette caractéristique filiale, indispensable au bon fonctionnement des enfants et à leur cheminement personnel d’adultes en devenir. 

Mais l’expérimenter par l’autre bout de la lorgnette, du point de vue parental, est encore une autre paire de manches.

Ne pas oublier de les relever, d’ailleurs, ça aide.

L’autre jour, Trystan s’était fiché des dizaines d’échardes dans la main : 


– “Chéri, donne-moi ton doigt s’il te plait, on va les enlever.”


– “Euuuuuhhh, ça va faire mal ?”


– “Pas vraiment mon coeur, mais un tout petit peu quand même, juste au moment de retirer les épines, d’accord ? Mais tu es super courageux, tu vas voir dans quelques minutes, ça ne sera plus qu’un souvenir.”


– “Non… ‘Chui pas d’accord…. Z’AI PEUUUUUUR !”


– “Je sais mon amour, l’aiguille fait peur, mais en vrai regarde !”

Je la pose à l’horizontal sur ma main, puis sur la sienne. 

– “Tu n’as rien senti, pas vrai !?”

– “Meuhoui mais Z’AI PEUUUUUUR !”


– Trésor, écoute-moi bien : on ne peut pas laisser tous ces bouts de bois dans ta main. Ça s’infecterait et après, crois-moi, ce serait bien pire à soigner que quelques secondes avec la pince à épiler. Si ça devient tout rouge il faudra aller à l’hôpital et peut-être même te faire des PIQURES !”


Le ton monte, vous l’aurez compris.


– “NOOOOOOOOOOOOONNNNNN !!!!


Je vous passe les détails.

En résumé, il nous a fallu exactement une heure quarante – véridique, comme tout ce qui est écrit dans ce blog – d’âpres négociations, son papa et moi, pour obtenir qu’il nous présente son doigt. 

Traduction : son père a dû s’assoir sur lui, lui tenir les bras de force et moi agripper ses petits doigts qu’il recroquevillait contre sa paume, tels les serres d’un aiglon en proie à la panique, pour que nous parvenions finalement à lui retirer la… première écharde…


L’opération globale terminée, mon fils a alors levé le visage vers moi, les yeux noirs, les sourcils froncés, d’un air de fureur consumée. Un lourd et puissant ressentiment dans le regard, avant de me lâcher : 


– “T’ES UNE HORRIB’ MAMAN !!!


Et de me planter là dans la chambre, l’aiguille et le mouchoir encore dans la main. 


Résumons-nous : 

Tu viens de passer deux heures à te battre avec ton enfant, à te démonter le dos pour le forcer à faire des trucs qui lui sont pénibles, à souffrir intérieurement de le voir endurer cette épreuve. 
Tu as encore dans tes oreilles l’horrible et traumatisant écho de ses hurlements et de ses larmes. 
Tout ça pour le soigner et assurer sa sécurité sanitaire. 

Et en échange de tous ces efforts pour lui éviter la septicémie et le maintenir en vie, lui, il te hait.

C’est moche. 

Vraiment. 

https://www.facebook.com/EmmanuelleTabaretIllustrations 


La génération "Tout-de-A-à-Z"

Nouvelle réunion au sommet 

avec mes fils

l’autre après-midi.


En effet, nos chers Jujutrépides ont récemment pris l’habitude de me convoquer – il n’y a pas d’autre mot – autour de la table de la salle à manger, ou tous les trois assis en rond sur la moquette de leur chambre, lorsqu’ils ont une annonce, un message ou une réclamation à formuler. 

Je suis assez surprise par ce rituel dont nous n’avons jamais usé avec leur père dans leur éducation. 

L’école peut-être. 

Certes, la méthode donne un air très syndicat/patronat à nos échanges, mais elle a l’avantage réel de bien nous poser pour éclaircir une interrogation, régler un problème en suspend ou transmettre des informations à l’intérieur du cercle familial :
– “Maman, viens, on va s’assoir tous les trois. ‘Faut k’on parle.”

– “Okay, chéri pas de soucis, allons-y. Je t’écoute.”

– “Voilà, avec Tancrède on a bien réfléssi.”

– “Okaaaaay. Et qu’en est-il ressorti ?”

– “Bin on a décidé de c’qu’on voulait organiser pour not’ prochain n’anniversaire.”

– “Moui… C’est dans 10 mois mes trésors, on a encore le temps de voir venir, vous ‘croyez pas ?”

– “Oui mais comme ça, ça T’LAISSE LE TEMPS D’ORGANISER.”

Je note. 
Mes fils ont donc compris que toutes les activités que je mets en place pour eux chaque weekend de chaque mois de chaque année, ça prenait du temps. 

Je suis si fière.

– “Ok mes chéris, merci, vous avez raison, mieux vaut s’y prendre tôt.”

– “Wouala. Et DONC, on s’est rendus compte qu’mon frère et moi, on voulait deux trucs différents…”

– “… ?????….”

– “J’veux dire qu’on n’était pas d’accord sur c’qu’on veut, pour la fête.”

Ouf. 
Je me voyais déjà devoir organiser DEUX après-midi d’anniversaire. 

Tancrède a dû sentir mon soulagement et a alors embrayé : 

– “Voui. Trystan y’ veut un ENORME gâteau de pirate, tu sais comme c’ui’ k’tavais fait pour nos 4 ans, tu wois d’quoi j’parle ?”

Je tombe des nues. 

– “Euh oui oui mon amour, je vois très bien.”

– “Et bin donc et bin ce gateau se sera pour le partager avec toooooous les copains d’nos 2 classes, à l’école, comme ça, personne est triste de pas avoir été invité… comme ça s’est passé c’t’année, par exemple…”

BIM, mange-toi ça, maman !
Je choisis volontairement de me concentrer sur la partie positive de son annonce : mon rêve devient réalité, ils demandent d’EUX-MÊMES à me simplifier la vie !!! (Pensais-je). 
2 x 29 élèves. 
Rien d’insurmontable. 
Un (très gros) gateau, et on n’en parle plus !!
Pas de maison défoncée, pas d’invitations à préparer, de relances, de réservation de salle, d’arrhes…

Mais avant même que j’ai pu lui communiquer mon enthousiasme, le voilà qui enchaine : 

– “… ET pour môaaaa…”

Je me disais, aussi…

– “… J’veux qu’t’organise une fête au dessus de la Montagne de la Table. Ze veux une graaaande table rectangulaire avec une zolie nappe blanche, avec des fleurs et plein de tsiiips, de saucisson et de cupcakes dessus. Posée dans la nature, comme un PIKNIK tu wois ?”

Heureusement que j’étais assise, car j’ai bien cru tomber de ma chaise.
A ce stade, oui, je vois très bien : en fait, mon fils me demande de lui organiser un décor de mariage sur Table Mountain pour son anniversaire des 6 ans. 

C’est là qu’il décide de m’achever : 

– “… ET comme on sait que ça coûte beaucoup de sous de faire tout ça…”

– “?!?!?!?”

– “… Et bin on est d’accord avec Trystan pour inviter QUE TROIS ENFANTS CHACUN, là-haut. On préfère avoir moins d’amis, mais ceux qui sont ‘krès importants. Tu wois maman, comme on est RAISONNABLES !?”

Je ne sais pas comment le prendre. 

#PinceMoiJeRêve
#QuandT’aurasFiniDeMeBrieferOnPourraPeutEtreParler?
#ChuiPasTaPartyPlanner
#ApprendreLaNégociationDès5ans

Après la génération Y, je propose la génération Je-veux-tout-de-A-à-Z…


Tel est pris qui croyait prendre…

Je savais que ça nous retomberait 

 un de ces jours sur le coin du nez.


Chers amis, parents en devenir ou d’enfants en bas-âge, ou de nouveau-nés : ce post vous est dédié. 


Je vais me permettre de vous expliquer pourquoi utiliser le chantage comme outil éducatif – même très ponctuellement – est une VRAIE mauvaise idée. 


Voici donc, pour vous – et croyez-moi, c’est dur de l’admettre – une énième illustration de l’un de nos nombreux loupés éducationnels en tant que parents. 

Un tantième plantage pédagogique.
En Fujicolor :

C’est l’heure du bain. 
Je connais maintenant assez bien mon engeance pour savoir que ce soir, Trystan est d’humeur massachiante.

(C’est la contraction entre “massacrante” et “super chiante”, vous l’aurez compris, et qui parle d’elle-même.) 


Impossible de le faire assoir dans la baignoire pour le savonner. 


Crise. 
Beuglements
Vociférations. 

Comme vous le savez, la patience ne faisant pas partie de mes qualités premières, je sens la moutarde me monter aux narines. 

– “TRYSTAN NOM DE DIEU


Tancrède, qui barbotte déjà gentiment dans ses dix centimètres d’eau, risque alors un : “T’as dis un ‘ro mot maman… C’est pas bien tu sais…“.

Avant de faire rapidement profile bas, les yeux dirigés vers le sol, sentant que le moment est finalement moyennement bien choisi pour la LinguistikPolice. 

– “ASSIEDS-TOI TRYSTAN, C’EST LA DERNIÈRE FOIS QUE JE TE LE DIS, TU ENTENDS !!!”


Hurlements. 

Je prends sur moi et descends d’un (voire trois) tons.

– “Trystan, écoute-moi bien, fils. 

Si tu ne t’assieds pas MAINTENANT, ce soir tu n’auras pas de saucisson au diner. 
Tu as compris ?”

Ce qui, 
pour les tremblements de terre, correspond à une menace de 8,6 ou 8,7 sur l’échelle de Richter
9 étant le maximum, soit chez nous, l’équivalent des escalopes de veau à la crème. 

Là, mon fils me regarde dans les yeux. 

Il est toujours debout, tout nu, le torse bombé, il a de la flotte jusqu’aux mollets. 

Il croise les bras sur sa poitrine et me dis, d’un calme olympien : 

– “ÇA, maman, c’est du CHANTAGE

Et moi, j’réponds pas au chantage.”

Vous reviennent alors en mémoire les odieuses intimidations dont vous n’avez pas hésité à faire usage il y a de cela deux mois, les menaçants des pires affres s’ils ne se comportaient pas sagement avant l’arrivée du Père Noël.  

Toussa Toussa. 

Vous réalisez alors instantanément l’erreur fatale que vous avez commise.

Mais vous ne percutez et ne prenez réellement conscience de l’étendue de votre impair que lorsque votre mouflet vous dit : 

– “D’ailleurs, maman, j’vais faire pareil que toi : SI TU M’DONNES PAS DU SAUCISSON ce soir, J’M’ASSIYÉRERAIS JAMAIS !”

A ce stade, il ne vous reste que votre supériorité physique.
Mais je pressens, à la vitesse à laquelle nos enfants grandissent, que cette méthode deviendra rapidement aussi caduque que l’autre, avec cette fois des conséquences bien plus sérieuses.

Une seule solution s’offre donc à vous – en dehors de celle qui consiste à abandonner ASAP cet horrible système dont vous avez pu juger par vous-même de la terrible contre-productvité – pour sortir de ce merdier avec le peu de dignité qui vous reste : rebondir – lâchement, cela va de soi – sur leurs faiblesses grammaticales :

D’un ton sec et lent, en abandonnant d’un pas lourd, hautain, distancié et régalien la salle de bain : 

– ” Oui. Et bien. D’abord, Trystan, sache que l’on dit “je NE M’ASSOIRAIS jamais“. 
Alors plutôt que de me dire des choses pareilles, tu devrais commencer par réviser tes conjugaisons.”

Je sais. 

C’est ignoble. 

Cette malhonnêteté intellectuelle. 

M’enfin bon… ‘Faut c’qui faut.

Découvrir la Taqueria El Burro

Le coup de coeur culinaire du week-end, 

pour vous, les copains de Cape Town. 


Un soir entre amis, un déjeuner vite fait quand on est pressé, ou en famille le samedi quand on a la flemme de cuisiner : découvrez la Taqueria el Burro, au pied de Kloof Nek. 

Petite soeur du El Burro de Seapoint – qui est curieusement nettement en dessous niveau qualité de la cuisine – ce restaurant fait le coin entre deux rues. 

Un grand bar vous accueille, avec plein de petites tables et chaises jaunes et turquoises, répartis dans la minuscule salle. 
La décoration est joyeuse, lumineuse et colorée, comme les gargotes mexicaines. 
Quelques plantes et mini cactus prolifèrent, heureux, dans cet environnement ensoleillé. 

D’ailleurs, vous y mangerez (quasiment) comme au Mexique : tacos préparés dans des tortillas de maïs faites maison, ce qui donne aussi de bonnes quesadillas.


Guacamole sincère et vrai, sans cumin ni ignoblissime mix El Paso, accompagné de totopos bien craquants et légers :

Chilorio de porc relevé juste comme il faut, ou chicharron grillés à souhait.

Tous les plats sont agrémentés de coriandre fraiche. 

La bière Corona est servie glacée avec son quartier de citron vert et un peu de sel.

Ils proposent même des Aguas Frescas à la pastèque, à l’ananas ou à l’orange. 

Leurs churros ne sont pas gras, mais plutôt croquants à souhaits, tous chauds sortant du four. Impossible d’y résister. 



Bref, tout y est : enfin un véritable mexicain à Cape Town !

Mais le plus beau est ailleurs : la Taqueria ne se contente pas de proposer des plats authentiques à ses clients : ils innovent ! 
Tacos au choux fleur rôti pour les végétariens ou tacos de confit de canard, notamment, sont une tuerie. 



Les prix sont dérisoires. Courrez-y. 

Attention, fermé le dimanche. 

ByeBye doudou

Nouvelle étape majeure, 

chez les Jujurépides. 


L’autre soir, au moment du coucher, Tancrède a pris le taureau par les cornes :

– “Maman, papa, ‘faut qu’j’vous parle d’un truc SUUUUPER important.”

Regard coulissant entre nous : on ne sait jamais à quoi s’attendre avec eux. 

– “Oui chéri, dis nous.”

– “Z’AI DECIDÉ QU’Z’ALLAIS ARRÊTER DOUDOU.”

Nous aurait-il annoncé qu’il se sevrait du crack, ou de n’importe quelle autre substance illicite, qu’il n’aurait pas montré plus de sérieux dans son attitude. 

Comprenant instantanément que sa décision représentait une nouvelle étape essentielle pour lui, un jalon fort dans sa vie d’enfant, j’ai pris sur moi pour afficher le visage le plus attentif et le plus à l’écoute possible.

– “Ah oui !? Okay chéri, pas de problème, c’est toi qui vois. Tu veux nous dire ce qui t’as donné envie de ne plus le garder ?”

– ” Bin… L’année prochaine ch’rai en CéPé ! T’imagine… On peut pas avoir encore un doudou quand on est en CP quand même…!”

Surprise, j’enchaine :

– “Mais y’a pas d’âge Tancrède, tu fais ce que tu veux, ce dont tu as besoin ! Personne ne te force à le laisser !”

Je me dis : “c’était bien la peine de s’être cassé le luc à leur acheter leurs doudous en trois exemplaires, et de faire des roulements de lavage depuis leur naissance pour assurer qu’ils soient usés uniformément et qu’ils “tiendraient” jusqu’à leurs 17 ans… Si c’est pour les balancer si tôt !”
En fait, tout cela résume bien le job des parents : on se prépare à toutes les éventualités, on essaye de tout envisager, des plans A, B, C, D1, D17, Q32bis…. Et la vie se charge toujours de nous surprendre avec le seul auquel nous n’avions pas réfléchi. 

Bref, c’est pas l’propos.

Au fond de moi, c’est inexplicable, mais c’est indubitable : je me sens peinée qu’il décide de se séparer de son nounours. 

C’est ridicule. 
Mais pourquoi ?

Je dois même me retenir de lui dire : “Mais ! Tu ne vas quand même pas ABANDONNER ton pauvre Doudou qui t’aime si fort, apres tout ce qu’il a fait pour toi !!!!”

La mère complètement dingue. 

A l’instant où j’entends cette phrase dans ma tête, tout s’éclaire : 

Je comprends qu’en réalité, il s’entraine à devenir grand. 
Qu’il retire doucement les petites roues arrières et les filets de sécurité.

Et je réalise soudainement qu’en pensant cela, je ne parle pas de sa peluche.
Mais de moi. 
Je comprends subitement que les prochains sur la liste à se faire renvoyer de son petit monde… Ce sera nous… 
Un jour. 

En fait, les parents, on est comme les doudous : y‘a un moment, on doit se ranger au placard pour les laisser grandir.

Et ça, c’est rude.

Du coup, j’ai dit à mon fiston : 

– “Naaaaan mais… T’sais quoi ? On ne va pas le jeter, hein chéri ? On va le garder bien propre dans ton armoire. En souvenir. 
Et puis, au cas où finalement tu changes d’avis… Oui ?”

#AccepterLeChangement
#AllezHop1SéanceDeThérapiePourMaman




Les poissons TROP picaux

Nous avions bien essayé,

il y a de cela un an et demi. 

Mais ça n’avait rien donné. 


Probablement car nous n’avions pas investi dans le bon matériel. 


Surement aussi parce que nous ne les avions pas suffisamment formés techniquement et informés psycholgiquement des réalités de l’activité.

A savoir : attendre des heures entières avant d’obtenir sa récompense. 

Je parle de la pêche.

Cernés que nous sommes par l’océan, impossible d’y échapper, surtout avec deux Jujutrépides désormais au top de leur intérêt pour la pisciculture. 

Le Jeddo (grand père) ayant fort astucieusement ramené avec lui du Liban l’ancien matériel de pêche de leur papa, nous avons donc décidé de retenter l’aventure. 

Le papy a pris sur lui toute la matinée pour monter les cannes avec les poids et leurs hameçons. Les enfants ont suivi attentivement la leçon. 

Puis nous nous sommes rendus à Simon’s Town, vers la pointe du Cap, histoire de descendre quelques kilos de crevettes grillées chez Bertha’s avant de nous installer sur le port, entièrement équipés, les enfants hystériques de bonheur et les parents au top de l’angoisse face à la probabilité très élevée d’un retour bredouille, visualisant déjà les jumeaux au bord de l’effondrement moral. 

Je vous passe les détails. 

Mais sachez que par un miracle inimaginable – il y a un Poseidon pour les jumeaux… – nos 2 lardons ont trouvé moyen d’attraper chacun leur poisson. 
Le miracle étant d’autant plus fascinant lorsqu’on compare la taille des bestioles (minuscules) à celles des hameçons (énormes). 

C’est Trystan qui a lancé les hostilités :

Laissant son frangin dans un état de déliquescence nerveuse qui nous a un peu effrayé, jusqu’à ce qu’il retire lui-même de l’eau un autre spécimen, d’ailleurs deux fois plus gros que celui de son frère :


A ce stade, j’ai naturellement immédiatement entrevu le début des ennuis – que faire de ces fichus poissons !? – et ai alors pris le contrôle des opérations : 

– “Super mes chéris bravoooooo ! Bon. Maintenant vous vous souvenez de notre discussion de ce matin, oui ?”

– “Quelle discuchion’ man ?”

– “Celle où on a dit que si on pêchait des petits poissons TROPICAUX, qui ne se mangent pas ni ne supportent l’aquarium, on les remettait à l’eau. Sinon, ça serait du gâchis de les laisser mourir pour rien.”

Silence. 
Je les vois qui s’agrippent chacun à leur sachet, serrant les pauvres bêtes déjà à moitié asphyxiées dans leur plastique, de mains de fer.

– “Euhhhhh… Bin… Non maman, on veut pas les rendre !!”

– “Allons mes amours, on en avait parlé, oui ?”

Retour assez insolite de Trystan : 

– “Naaaaaaan mais maman… Ceux-là … Ceux-là… Et bin… Y’ SONT PAS BEAUCOUP PICAUX, on peut sûrement les manger… Alors ON LES GARDE !”

Bon bin, s’ils ne sont pas trop picaux, mais juste un peu… Ça passe alors.

#LesBonsMotsDesEnfants