Le quiproquo

Je l’avoue, 

sur ce coup là, 

J’ai eu un doute. 


J’attendais patiemment que mes Jujutrépides terminent de déguster leurs glaces, assis sur un banc du front de mer l’autre jour, lorsque je remarquais que leur attention s’était dirigée vers une dame en surpoids qui marchait le long de la plage… 

C’est alors que Tancrède s’est écrié (en français, heureusement…) :

– “MAMAN !? Moi, quand j’s’rai grand, je vais JAMAIS m’marier avec une femme GROSSE.”

Stupéfaite par son intervention, je suis restée silencieuse quelques secondes, ne sachant que lui répondre, un savant mélange entre un discours angélisto-moralisateur, la réalité de l’hygiène de vie alimentaire et l’importance de la notion d’empathie, brouillant ma capacité à lui répondre. 

Je ne réussis qu’à bredouiller : 

– “Mais… Mais… Pourquoi tu dis ça, Tancrède ?!”

– “Pass”que ça veut dire k’elle mange BEAUCOUP trop d’sucre !”

Me répond-il alors, l’énorme cône de glace au beurre de cacahuète ostensiblement porté à sa bouche. 

Un certain agacement m’est alors imperceptiblement monté aux joues. 

– “Mais enfin Tancrède ! C’est tellement important qu’elle soit mince, ton amoureuse ?!”

– “Bin oui. Ou comme toi, maman, sinon.”

BAAM. 
Mange-toi ça, en passant.
C’est gratuit. 

Piquée au vif, j’essaye de garder mon calme :

– “Franchement Tancrède, qui t’a mis ça dans la tête !?”

– “Personne maman. Mais c’est just’ logik’ !!!”

De plus en plus sous le choc, me disant que la cruauté infantile n’a décidément aucune limite et que les canons de beauté tiennent visiblement irrémédiablement de l’inné plus que de l’acquis, je regarde mon fils l’air hagard.
C’est alors qu’il me sourit en me disant : 

– “Bah oui maman. Si elle est tellement trop grosse c’est qu’elle mange pas des bonnes choses et qu’elle prend pas bien soin d’son corps. Et donc, ça veut dire qu’elle va mourir jeune…”

– “?!?!?!?”

– “…Et donc, ça veut dire que si j’l’épouse, elle va m’laisser TOUT SEUL sans elle et que j’devrais rester sans amoureuse, tout malheureux, pendant très longtemps après k’elle est morte. C’est trop trist’.”

– “?!?!?!?”

– “Donc, j’préfère pas m’marier avec elle, voilà.”

-“…”

#AhDaccord
#Ouf
#LespaceDunInstantJ’aiPerduLaFoi
#LaPuretéDesEnfants


Découvrir les fleurs du Namaqualand

Chaque année, 

inlassablement, 

le spectacle est magique. 


Je vous en avais déjà parlé il y a de cela trois ans – le temps passe si vite ! – en partageant avec vous quelques chichés colorés du West Coast National Park. 

Cette année je vous propose de découvrir la féérie du Namaqualand
Tous les ans, de mi-août à mi-septembre à la fin de l’hiver austral, pour peu que les pluies aient été généreuses, cette région aride de 440 000 km2 située à 400 km au nord du Cap, qui longe la côte atlantique jusqu’à la Namibie, se couvre subitement de splendides tapis de fleurs multicolores. 

L’un des spectacles naturels les plus inattendus et bucoliques du monde !

De fait, la présence de ces milliards de fleurs qui poussent simultanément chaque année aux mêmes endroits est entièrement naturelle. 

Une partie de cette zone appelée Richtersveld est d’ailleurs inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité à l’UNESCO, notamment du fait de ses 3500 espèces végétales uniques au monde. 

De nombreux endroits de ce territoire immense vous permettent d’observer ce spectacle étonnant, notamment les plus connus : la Skipad Wild Flower Reserve et la Goegap Nature Reserve. Il vous faudra plusieurs jours pour couvrir toute cette surface. 

Plus intimiste, en plein coeur du Namaqualand, la région de Nieuwoudtville : petit village idéal pour vous loger et rayonner dans la zone. 


Dans un mouchoir de poche, sa petite Flower Reserve, son Botanical Garden qui offre une dizaine de randonnées – de 30 minutes à plusieurs heures – au milieu des champs de fleurs, mais surtout l’adorable hameau de Matjiesfontein, situé à treize kilomètres de là, et la propriété privée de Papkuilsfontein, encore plus au sud, qui renferme à elle seule 1300 espèces dont 90 totalement endémiques au lieu. 

Une grande partie de ces fleurs sont des marguerites et des gazanias – blanches, jaunes, orange, mauves, bleues, rouges… – toutes deux membres de la famille des Asteraceae.

Ursinia Cakelifolia

Nemesia Anisocarpa

Senecio Cakilefolius
Felicia Australis
Osteospermum Pintant
Gorteria Diffusa

D’autres à celle des bulbes, à tubercules ou à rhizomes, qui en général se cachent sous ou entre les précédentes et sont donc moins aisément visibles  : 

Romulea Amena
Bulbinella nutans (jaunes)
Bulbinella nutans (blancs)
Babiana Vanzyliae
Ixia Rapunculoides
Lapeirousia Oreogena

D’autres encore appartiennent à la famille des succulentes et ficoïdes, des plantes grasses qui portent le nom de Vygie en Afrikaans. 

Conicosia Elongata

Quand vous passez tôt le matin ou en fin d’après-midi, vous pouvez ressentir l’impression curieuse que les champs sont vides de fleurs, voire que vous vous êtes trompés de région : c‘est en réalité que de nombreuses conditions sont nécessaires pour que toutes ces fleurs ouvrent leurs pétales !


En effet, elles ne se découvrent qu’entre 10:00 et 16:00, pourvu que le soleil soit de la partie et que la température extérieure soit supérieure à 16 degrés celsius. 

Approchez vous, très tôt le matin, pour observer de près, les boutons refermés et givrés par la gelée de la nuit :


La région est aussi riche en espèces de rapaces …


Ainsi qu’en sites pittoresques et grandioses : 

Waterval, chutes d’eau impressionnantes situées à 7 km au nord de Nieuwoudtville. 
La Kokerboom Forest, stupéfiante forêt de Quiver Tree, 24 km au nord de Nieuwoudtville.


Prenez donc trois ou quatre jours pour découvrir ce lieu sauvage d’une poésie rare, l‘idéal étant de faire vos réservations au moins six mois, voire un an, à l’avance, la région étant en ébullition durant cette période unique. 
Armez-vous également de patience et prenez le temps de marcher le longs des fleurs : au-delà des immenses tapis uniformes se cachent souvent des espèces rares ! Comme le safari pour les animaux, c’est une véritable chasse au trésor florale qui vous attend. 

Bon voyage ! 

Vive les convictions

En fait, 

il suffit juste 

de les pousser un peu 

dans leurs retranchements. 


Dans la voiture, sur les routes interminables de Namibie : 

– “Mamaaaan ?”


– “Oui chéri.”

– “Les hippo, tu sais combien ‘y peuvent rester d’temps sous l’eau ?”

– “Hem. Vingt minutes ou une heure je crois. Je ne suis pas certaine Trystan.”

– “Bin c’est vingt minut’ ou c’est une heure, maman ???”

– “Je t’ai dit, chéri, je ne suis pas sûre. Un chiffre compris entre les deux. On vérifiera ce soir au camp quand on aura de la connexion internet, ok ?”

– “Moi chui sûr qu’tu trompes, maman !”

– “Ah bon ?!”

– “Oui, moi j’pense ‘ki peuvent rester plus k’une heure !”

Intervention du frangin : 

– “Ouaaaaais, ‘chui sûr aussi qu’tu t’rompes maman !!!”
– “Peut-être mes chéris. On a qu’à parier !”

– “Parier quoi ?”

– “Et bien… Disons que celui qui est le plus près du bon chiffre, gagne.”

– “Ah ! Et on gagne kôâ !?!? DES JOUETS ?!? DES NOUVEAUX LEGO ?!?”
– “Euh… Non bébé. Celui qui perd fait la vaisselle ce soir.”

Silence, soudain, dans l’habitacle. 

Je sens nos Jujutrépides qui se consultent à voix basse à l’arrière de la voiture. 
Et Trystan qui se penche alors vers l’avant en me disant d’une voix douce : 

– “Euuuh… En fait, j’dis comme toi maman, entre vingt minut’ et une heure. Voilà.”

#LaForceDesConvictions 
Nota bébé : Sinon, pour ceux qui se demandent : un hippopotame peut rester immergé sous l’eau sans respirer durant … six minutes seulement ! 


Comment bien voyager en voiture avec des petits enfants

Si, si
c’est 
possible. 

Je vous jure. 

Et franchement, c’est surtout une question d’organisation. 

On me demande souvent comment je m’y prends, pour faire si bien supporter à mes Jujutrépides des (dizaines) d’heures de route sans les entendre broncher. 

A ces personnes, je tiens à répondre le plus honnêtement possible : 

Mon entrainement personnel étant ce qu’il est depuis la naissance de nos jumeaux, mon degré de tolérance aux couinements et autres hurlements est probablement nettement plus élevé que la moyenne. Le pré-requis de l’opération n’est donc pas tant de les réduire à un silence parfait, que de savoir supporter un certain niveau de jérémiades. 

L’autre point essentiel est le suivant : pour les avoir poussés assez loin dans leurs retranchements – un premier tour de Gaule à trois mois, et la découverte du Mexique nord-sud-est-ouest en voiture avant leurs deux ans – j’ai probablement moins de scrupules que les parents de progéniture dont les habitudes automobiles les plus audacieuses se bornent à l’aller-retour chez les grands-parents dans le département voisin : nous n’avons pas de mérite, les pauvres petits ont tout simplement appris à prendre leur mal en patience, depuis le temps.

Ces quelques données de bases remises en perspective, il existe toutefois des trucs et astuces à connaitre pour relever le défi du voyage en voiture avec de jeunes enfants, tous dépendant largement d’une organisation irréprochable. 

Je ne vous ferais pas l’affront de rappeler les évidences : prévoyez des boissons et victuailles
En quantité. 
Et distilles-les en conscience et selon un échelle précise, allant des produits saints – carottes ou concombres coupés, tomates cerises, oeufs durs, fruits, noix etc. – aux produits industriels type chips et biscuits à dégainer uniquement en cas de nécessité, voire même de bonbons, pour les situations d’urgence absolue. 
Attention au retour de bâton néanmoins, le fameux sugar rush, qui pourrait bien vous faire oublier trois heures plus tard les bienfaits de cette opération. 

Dans la mesure du possible, équipez vous du lecteur DVD portable, si votre voiture d’en dispose pas. Petit investissement, certes, mais dont l’utilité ne se démentira pas et l’amortissement sera assuré dès le(s) premier(s) jour(s) de route. 
N’oubliez pas de prendre les DVD à mettre dedans. 
Ce serait bête, quand même… 
(Nan mais si, ne riez pas, ça peut arriver.)

La playlist de leurs musiques préférées est évidement un must. 

Préparez vous simplement à supporter moralement et physiquement Katy Perry et le Roi Lion en boucle. 
C’est dur, mais pas infaisable. 

Pensez aux bons vieux cahiers de coloriage. 
Et aux feutres qui vont avec, naturellement.

Selon l’âge, un carnet leur permettant de dessiner et d’écrire ce qu’ils ont vu / fait durant leurs vacances peut s’avérer utile. 

Et puis, les jeux de révisions de votre choix sont légion, ne vous en privez pas : tables de multiplications, calcul mental, vocabulaire d’anglais, jeu des synonymes, des capitales, des pays … Ils sont infinis. 

Prêter votre portable pour les laisser jouer à des jeux représente parfois un sacrifice nécessaire, qui a l’avantage de générer un réel silence dans l’habitacle. 

QUI a dit “oh lala, les écrans, toussa toussa…”
‘Faut c’qui faut, les amis. 

Pour les plus grands qui auraient l’élégance de ne pas souffrir du mal des transports, n’oubliez pas les livres ou les bandes dessinées. 


Pour les plus petits (2-4 ans), ne sous-estimez pas le pouvoir du sirop contre la toux – même s’ils ne toussent pas…. Oh ça va, hein, on l’a tous fait ! – ou contre la nausée, qui aurait l’avantage de faire d’une pierre de coups si votre enfant est malade en voiture. 

Pour les puristes : couchez les tard ou crevez-les bien au sport la veille : cela augmente mathématiquement vos chances de les voir succomber au sommeil.  

Exiger d’eux qu’ils remettent leur ceinture (immédiatement) vous occupera probablement plusieurs heures dans la journée.

Il vous est possible également de leur demander des massages, qui auront l’avantage notoire de détendre vos épaules endolories. 


Vous pouvez également tenter les “minutes de pause” méditation. Parfois, sans que l’on sache trop pourquoi, ça marche.


Après… C’est malgré tout l’experience qui parle : savoir rebondir et saisir les opportunités,  gagner du temps avec un rien. 

Comme avec une bouteille de coca par exemple.

A peine l’aurez-vous ouverte, tout juste aura-t-elle fait pchiiiit, qu’ils se jetteront dessus. 
Il s’agit alors de refuser. De négocier. 
Puis de finalement céder et de la leur offrir en disant d’un air détaché : 
“Et le COCA, il s’appelle revient, les gars !”
Normalement, le môme devrait se mettre à examiner frénétiquement la canette pour la déchiffrer. Une affaire qui peut aisément vous faire gagner deux ou trois minutes avant qu’il ne vous dise dépité : ‘Bah non maman, j’ai bien r’gardé, ‘y a pas de nom “revient” marqué d’ssus !?”

#BadMumForEver


Découvrir les Himbas de Namibie

A la rencontre 

d’une tribu Himba 

de Namibie. 


J’ai pu l’expérimenter à maintes reprises ailleurs dans le monde, en Indonésie, en Tanzanie ou en Afrique du Sud par exemple, décider de rendre visite à un groupe de population tribale est d’ordinaire une gageur et une expérience qui laisse généralement le visiteur sur une impression mitigée : heureux d’avoir découvert un monde nouveau, étranger à ses habitudes et sa culture, mais souvent déçu par rapport à ses attentes et ses fantasmes d’authenticité nourris par les émissions télévisées, aussi belles soient-elles – voire terriblement gêné et honteux de son intrusion rémunérée dans la vie de gens qui vivent la plupart du temps dans un dénuement considérable, ce qui le renvoie alors violemment à sa propre condition sociale privilégiée. 

De fait, l’exercice n’est pas aisé, un étrange échange, où chacun doit pouvoir s’y retrouver, y gagner ou en rapporter quelque chose. 
Des photos et des souvenirs contre de l’argent et de la nourriture ? 
Un frisson d’exotisme malsain pour les uns en échange de quoi se procurer le nécessaire pour les autres ? 
Un jeu de dupes, presqu’une prostitution identitaire ?
Comme deux parallèles qui se suivent mais qui par définition ne pourront jamais se rencontrer… 
Un troc inéquitable qui finalement ne profite à personne, frustrant les touristes et corrompant ou perturbant ces peuples, dont la marge de manoeuvre pour exister et conserver leurs traditions dans le monde moderne actuel se rétrécit aussi vite que le territoire sur lequel ils vivent. 

Pourtant, il arrive que certaines rencontres soient belles…

Pour cela, il faut prendre son temps, une ou plusieurs journées entières, regarder passer les heures avec l’autre, écouter, observer, contempler, poser des questions, s’intéresser, attendre, partager, donner…  

Les Himbas sont à l’origine un peuple Bantou de chasseurs cueilleurs, venus du centre de l’Afrique, arrivés au terme de siècles de migration au Zimbabwe puis en Angola. C’est vers le 15ème ou 16ème siècle semble-t-il qu’ils décident de traverser la rivière Kunene – qui sépare aujourd’hui l’Angola et la Namibie – et de s’installer dans le Kaokoland – qui signifie “terres lointaines” dans le nord de la Namibie, développant ainsi un pastoralisme semi normade, fonction des saisons et des pluies. 

A la fin du 19ème siècle, les Himbas – comme les autres tribus de la région, les Hereros et les Namas notamment – sont pourchassés par l’armée coloniale allemande dont la brutalité aura pour conséquence l’un des premiers génocides du 20ème siècle.
Fuyant la violence, beaucoup se réfugient en Angola, contraints de mendier pour survivre, gagnant ainsi leur nom de “Himba” qui signifie “donne-moi” dans la langue de ce clan.
Au départ des Allemands, quand l’Afrique du Sud prendra la tutelle de la Namibie, une réserve naturelle leur sera allouée leur permettant de développer leur bétail et de s’enrichir. Mais de terribles, longues et récurrentes sécheresses durant les années 1980 anéantiront la quasi totalité du cheptel, manquant de faire aussi disparaitre cette ethnie. 
Depuis, beaucoup survivent de l’aide internationale dans les bidonvilles d’Opuwo, coeur de la région, et du tourisme. On estime aujourd’hui entre 10 000 et 50 000 le nombre de Himbas vivant encore en Namibie et à la frontière angolaise, leur nomadisme rendant difficile les recensements.    

Sédentarisés dans des villages qui comptent chacun de 40 à 80 personnes, ils continuent néanmoins régulièrement à voyager dans la région plusieurs mois dans l’année, au gré des opportunités pour leur bétail, vivant dans des abris temporaires, avant de revenir au point de départ. 

Chaque village est construit sur le même modèle :


Un grand cercle borné d’une palissade formée de branches coupées d’acacia, dont les épines repoussent les prédateurs et les importuns.  

Une porte est placée à chaque point cardinal, chacune ayant son utilité propre : entrée principale, porte pour les animaux, porte réservée au chef ou à certaines personnes par exemple.  

Au centre, un “Kraal”, sorte d’enclos dans lequel est placé le bétail – vaches et chèvres essentiellement – durant la nuit pour le protéger, et le jour pour la traite du lait.
Les poulaillers sont souvent adjacents à cette enceinte intérieure. 


Tout autour, en cercle, sont construites les huttes de chaque famille. 

Le garde manger, petite maisonnette conçue sur pilotis pour assurer une circulation d’air, un minimum de fraicheur et éloigner tant que possible les insectes, est en général placée à l’ouest du village. 


Les structures des huttes sont toutes construites par les hommes à partir du bois de Mopane, et ce sont les femmes qui terminent l’ouvrage à l’aide d’un mélange de sable, d’eau, de bouse de vache et de cendres, qui servent à repousser les termites et éviter ainsi qu’elle ne s’attaquent au bois des charpentes, le temps passant.  

L’arbre de Mopane, est la véritable plante “à tout faire” des Himbas et tribus de la région : très dur, son bois est idéal pour la construction des maisons, mais il est également parfait pour les feux car il brûle lentement et intensément. 
Infusées, ses feuilles permettent de soigner les dérangements intestinaux. Ecrasées ou mâchées et appliquées à même la peau, elles soignent et accélèrent la cicatrisation des plaies. 

Enfin, des sortes de drosophiles locales ont l’habitude de s’y installer pour produire de petites cloques de cire sucrées qui servent à leur reproduction : débarrassées des insectes, celles-ci sont délicieuses et constituent un dessert apprécié :

Chaque maison peut abriter de une à quatre personnes. 
Une peau tannée – de vache la plupart du temps – à même le sol, sert de lit. 
Une simple planche placée dans l’ouverture principale permet d’assurer l’intimité de chacun. Lorsqu’elle est ouverte, tout le monde peut circuler. Fermée, elle signifie qu’il est strictement interdit d’y pénétrer. Pas de verrou nécessaire, chacun respectant scrupuleusement la consigne. 

Les garçons vivent en général avec leurs parents jusqu’à leur quatorze ou quinze ans, âge auquel ils peuvent prétendre à leur propre logement. 
Les jeunes filles, quant à elles, doivent attendre leurs premières menstruations pour obtenir la leur et le droit d’y vivre seules.  
Les mariages sont systématiquement arrangés, souvent dès le plus jeune âge des petites filles (dès trois ans parfois…), le futur mari finançant le quotidien de la promise et sa famille jusqu’à sa majorité. Aux premières règles de celle-ci, un rituel est alors mis en place, avec notamment des changement de coiffures traditionnelles, la jeune fille devant porter ses cheveux devant le visage durant une année notamment, indiquant qu’elle vient de franchir une nouvelle étape de sa vie. De même, les bijoux et ornements de corps sont alors adaptés à son nouveau statut, jusqu’à son mariage. 

Les bébés, qui évoluent évidemment sans couches dans le camp, passent de mains en mains durant la journée, lorsqu’ils ne sont pas installés dans les bras ou sur les hanches de leur maman, dont la poitrine libre leur permet d’allaiter leur enfant à la demande… Et ce durant plusieurs années, assurant par la même occasion une contraception généralement prolongée pour les femmes.

Dans la culture Himba, les héritages se font par les femmes : ce sont elles qui transmettent le patrimoine, les enfants de la soeur héritent de la richesse (calculée en tête de bétail et non en monnaie), et ceux des parents décédés héritent de leur oncle maternel. 

Plein nord, est érigée la maison du chef.


Plus grande et spacieuse que les autres, elle est aussi mieux équipée : plus de peaux au sol et de récipients, un feu intérieur et même… des oreillers. 


Entre la maison du chef et le Kraal, est installé le Feu Sacré. Celui-ci est un élément central des croyances Himbas : monothéistes, ils croient en un dieu unique et bienveillant, Mukuru, et dans les ancêtres. Ce sont eux qui décident des joies et des malheurs qui s’abattent sur les individus. Le feu sacré est là pour les honorer et maintenir le lien avec eux. Il doit donc brûler en permanence, 24h/24 et sept jour sur sept, sous peine de rompre la communication entre les morts et les vivants. 

Au niveau de leur alimentation, les Himbas se nourrissent deux fois par jour, autour de midi et vers 19:00 le soir, essentiellement de farine de maïs bouillie qui forme une sorte de porridge : le pap. 

Lorsqu’elles n’en reçoivent pas directement de l’extérieur, les femmes Himba produisent elles-mêmes leur farine en écrasant les grains de maïs sur des pierres. L’opération est longue et requiert beaucoup de force et d’endurance. Les chants, qui leur donnent du courage, s’échappent dont régulièrement de la case dédiée à cette activité. 


Une fois produite, la farine est mélangée à l’eau et bouillie durant de longues minutes : 

Mais leur alimentation se compose aussi d’oeufs, de lait souvent caillé, de viande de poulet ou de vache pour les grandes occasions, et de quelques rares fruits sauvages glanés au fil de leurs marches, comme la pastèque, le melon ou le fruit du Makalani, issu d’une sorte de palmier local. 

Celui-ci est particulièrement étonnant : 
Décapité, il émet un liquide qui permet de produire un vin de palme très prisé des Himbas. Juste avant de mourir, l’arbre génère sa production maximale, les tribus savent alors qu’il faut cesser de collecter le précieux jus, pour laisser à l’arbre la possibilité de se remettre de l’opération et de repousser. 

L’arbre produit également des fruits qui, cueillis à maturation et pelés de leur fine écorce brillante et craquante, découvrent une chair jaune faisant penser un peu à la pulpe farineuse, au goût légèrement chocolaté et caramélisé, des gousses de caroube. 

Bourrées de vitamines elles peuvent aussi, lorsqu’elles sont enfouies dans le sol et qu’elles germinent, produire une sorte de pulpe blanche dont le goût, la texture et l’odeur rappellent la noix de coco : 

Enfin, si le fruit n’est pas cueilli à maturité ni germé, il peut malgré tout encore servir ! A l’intérieur se cache une sorte de noyau très dur – une “ivoire végétale” qui a d’ailleurs donné à l’arbre son nom de “palmier ivoire” – de la taille d’une petite balle de ping-pong dans laquelle les plus talentueux des membres de la tribu gravent des dessins, produisant ainsi de jolis bijoux. 

Les repas se font directement à la main dans la casserole commune. Pas de couverts ni d’assiettes. 
Pour autant, la porterie – en argile cuit – est un art très développé chez les Himbas, transmis de mères en filles ou en nièces la plupart du temps, sur une formation qui peut durer plusieurs années. 

Chez les Himbas, le culte de la beauté n’est pas un vain mot. 
La tradition veut qu’avant l’âge de la puberté de chacun des membres du clan, les quatre dents centrales de la mâchoire inférieure leur soit retirées… L’espace ainsi libéré étant considéré comme un signe de beauté. 
L’opération se fait à l’aide d’un burin et de pierres… Sans anesthésie. 

La grande particularité des Himbas est également la couleur rouge de leur peau : celle-ci est enduite d’un mélange de beurre de vache et de poudre d’ocre rouge. Au-delà des considérations esthétiques, cette couche isolante permet de les protéger du soleil la journée, du froid durant la nuit, et des insectes en général. Petit plus supplémentaire : elle laisse la peau douce et hydratée. 
Les cheveux des femmes sont également enduits de cette “crème” étonnante, le bout de la chevelure étant laissé au naturel ou augmenté d’extensions capillaires venues des cheveux des enfants, qui eux restent longtemps le crâne rasé, afin d’éviter la prolifération des poux.  


Ce rituel essentiel est considéré comme la douche quotidienne puisque les Himbas ne connaissent pratiquement pas le contact de l’eau et ne se lavent jamais.
Chaque jour, les femmes enduisent la base de leur cou d’un mélange de beurre et de plantes odoriférantes, qui tient lieu de parfum. Elles prennent également le temps de faire brûler ces plantes et de s’enduire – ainsi que leurs vêtements – des fumigations, sorte de déodorant naturel. 

L’habillement des Himbas est assez simple : vêtus d’un simple pagne en peau pour les hommes, souvent une peau de chèvre complète qui forme alors une sorte de jupette pour les filles, confectionnée par la couturière du groupe : 


Leur poitrine étant donc laissée à l’air libre, de simples bijoux ornementaux faisant office de soutien-gorge purement esthétique. 

Les femmes portent énormément de bijoux, qui peuvent peser jusqu’à dix kilos ! Autour du cou, des chevilles, de la taille, tous ont une signification et signalent subtilement le statut social de chacune : mariée, promise, célibataire, ayant déjà enfanté ou non – les petits morceaux de coquilles d’autruche indiquent notamment l’âge qui correspond indirectement au degré de fertilité restant… – des perles en fer sont fabriquées par le forgeron du village, ainsi que les ceintures en écaille de crocodile, pour les plus riches d’entre elles. Il existe même un collier spécial porté uniquement par… Les jumelles ! 


La langue Himba est douce et chantante, sans click, à la différence de beaucoup de langues d’Afrique Australe. 
En quelques heures passées à les côtoyer, nous avons essayé d’apprendre la base : “moro” (bonjour), “cora aï” (comment ça va), “cora aïndé” (bien), “okouheppa” (merci), “arikana” (s’il te plait), “omoha” (belle)…

Intéressant élément de linguistique : apparemment, les Himbas n’ont pas de mots pour traduire le panel de couleurs classiques que la majorité des langues du monde utilisent. Leur vocabulaire pantone se limite à quatre mots – “zuzu”, “vapa”, “buru” et “dambu” – qui semblent plutôt décrire des intensités de lumière plus que des couleurs à part entière !

Les Himbas passent beaucoup de temps à jouer et discuter ensemble. Nous avons notamment assisté à un concours de porter-de-souches-d’arbre impressionnant, les femmes Himbas tirant particulièrement bien leur épingle du jeu ! 
Les danses sont aussi un élément central de leur vie quotidienne, non seulement pour les grandes occasions (mariages, funérailles, etc.) mais aussi pour le simple plaisir. Un patronyme spécial de danse, sorte de nom de scène – différent du prénom usuel – est d’ailleurs donné à chacun.

Si vous souhaitez découvrir ce village, c’est par ici et
Essayez de penser à amener avec vous de la farine de maïs, du riz ou des fruits, des stylos et des cahiers. 


Pour nos enfants, cette expérience est l’occasion de découvrir l’existence d’une autre réalité, basée sur le collectif, la solidarité, le lien profond à la Nature, et un monde à l’opposé du matérialisme forcené qui les entoure et les façonne au quotidien. 

Pour nous, adultes, le rappel qu’un autre rythme est possible. 
La prise de conscience de notre impact et de notre responsabilité sur l’existence d’êtres humains qui, eux, n’ont aucune empreinte écologique sur la planète : ces peuples – qui sont les derniers de la Terre à vivre avec, pour et dans la Nature, à la différence de nos civilisations dites développées qui oeuvrent sans relâche depuis des siècles pour aller à son encontre – endurent de plein fouet des orientations industrielles et des décisions économiques irresponsables prises à des dizaines de milliers de kilomètres de là. 
Et pour eux…? 
Un financement et une aide pratique ponctuelle pour survivre, bien sûr.

L’occasion de communiquer au reste du monde la fragilité de leur situation et de leur statut, miroir de notre futur, et l’urgence qu’il y a à repenser notre rapport à la Nature et à notre environnement ?  
Peut-être bien aussi le risque, en voyant l’opulence et la facilité superficielle de nos existences, de choisir d’abandonner leurs traditions et leur culture ancestrale au profit du monde “moderne” par lequel ils sont plus que jamais encerclé ? 

Cette décision, elle, est entre leurs mains. 


Découvrir les sites pariétaux de Twyfelfontein et du Brandberg

La Namibie, 

c’est aussi 

des peintures et des pétroglyphes rupestres

exceptionnels. 


Les habitants originels de cette zone, les chasseurs cueilleurs présents ici depuis au moins 44 000 ans, ont laissé un peu partout dans le pays des traces de leur vie et de leur passage : dans des grottes depuis effondrées et désormais visibles à l’air libre, sur des rochers, dans les lits des rivières, au creux des parois des montagnes…

Comme pour les autres sites pariétaux de la planète, l’histoire exacte de ces gravures et dessins reste incertaine, mais à la différence du reste du monde, ici, toute l’information ne s’est pas perdue ! Les tribus de Bushmen descendants de ces premiers hommes peuplent toujours la région, et la tradition orale a permis de transmettre un certain nombre de données, lesquelles offrent un éclairage relativement précis sur ces émouvantes traces du passé.   

Deux sites principaux situés dans le nord ouest du pays permettent d’observer ces merveilleux souvenirs préhistoriques : 

TWYFELFONTEIN

Découvert en 1921, le lieu “Twyfelfontein” signifie “la fontaine du doute” car l’eau est réputée jaillir de façon très aléatoire de cette source, tarie la plupart du temps. 

Helichrysum roseo-niveum ou Edelweiss de Namibie.
Sa peluche naturelle est utilisée comme du coton par les tribus locales qui la considèrent aussi comme une plante-parfum.
Elle est pourtant dangereuse et une mauvaise manipulation peut créer des empoisonnements et conduire à la cécité.  

Nichée dans la région Kunene, cette vallée entourée de montagnes de grès a été déclarée monument national en 1952, mais ce n’est qu’en 1982 que le titre de réserve naturelle lui a été accordé et que la protection des oeuvres a été mise en place. En 2007, le site a enfin été inscrit au patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. Il renferme plus de 2000 figures répertoriées, une des plus grandes concentrations du continent africain, datant d’entre – 6000 et – 2000 ans avant JC. 


La majorité de ces signes sont des pétroglyphes, ou inscriptions gravées dans la pierre : des morceaux de quartz – durs et pointus – omniprésents dans le sol, ont servi à entailler la roche de grès peu cimentée – et donc assez poreuse et malléable – de cette région.


Les quelques peintures ont, elles, été tracées à base d’un mélange de graisse animale et de pigments : charbon pour le noir, ocre pour le rouge, poudre de coquille d’autruche pour le blanc. 


Ces inscriptions sont aujourd’hui considérées comme des fresques pédagogiques et explicatives produites par les anciens à l’intention des plus jeunes du clan ou de véritables pancartes de signalisation destinées aux autres groupes nomades de la région.  

La girafe est l’animal sacré des croyances animistes ancestrales des Bushmen, vénérée – du fait de son long cou – comme le messager qui fait le lien entre les hommes et les dieux du ciel.

Elle est aussi celle que l’on prie pour faire tomber la pluie. On la retrouve donc un peu partout : 

Toutes les créatures sauvages de la région sont aussi représentées : oryx, impalas et springboks, kudus, rhinocéros, éléphants, zèbres, félins, hyènes, autruches… 

Ces tribus étant nomades, les dessins des animaux servaient à enseigner la forme et les particularités de bêtes que tous les membres du groupe n’avaient pas forcément encore eu l’occasion de voir de visu. C’est notamment le cas des flamands roses ou des manchots et otaries, que seuls les anciens avaient en général déjà pu observer lors de leurs voyages sur les côtes de l’océan Atlantique. 

L’apprentissage allait jusqu’à montrer les mouvements caractéristiques des animaux qui formaient l’environnement direct et quotidien de ces premiers humains : voyez le “triple” cou de l’autruche ci-dessous. 

Impressionnante également, cette carte des empreintes : tout simplement un cours de chasse permettant d’apprendre et reconnaitre toutes les traces des animaux ! Les marques de pieds humains placées à côté comme une signature (en haut au centre de la photo), rendent cette fresque particulièrement émouvante. 

Une véritable “hunting map” ou carte indicatrice des points d’eau de la région – et donc aussi du gibier disponible – a même été retrouvée, gravée et laissée bien en évidence à destination des autres tribus et clans de passage dans la région. 
Le cercle, signe universel de l’eau observé également en Australie et ailleurs dans le monde, symbolise les endroits où trouver le précieux liquide : avec un point à l’intérieur du cercle, et cela devient le signe d’un trou d’eau permanent, sans point, une source saisonnière. 


Toutes ces inscriptions sont aujourd’hui visibles, laissées à l’air libre et à la vue de tous. Les pluies étants rarissimes et l’air sec, leur état de conservation est excellent. 
La visite ne peut se faire qu’en étant accompagné d’un(e) guide officiel proposé à l’entrée du site. 



WHITE LADY

Cette peinture rupestre se trouve au coeur du Massif du Brandberg – qui abrite le point culminant (2573m) du pays, le Königstein – situé également dans le nord ouest de la Namibie, en plein coeur du Damaraland et du désert du Namib.

Au centre sur la photo.
Ancien volcan datant de plusieurs centaines de millions d’années, son nom signifie “Montagne de Feu” en Afrikaans en référence à la couleur rouge, un peu “brulée” que sa roche granitique prend à certaines heures de la journée. 

S’étendant sur plus de 450km2, le site renferme pas moins de 45 000 peintures et pétroglyphes répartis sur 900 micro-sites datant tous de -5000 à -2000 ans avant JC !
Il n’est pas rare non plus de croiser dans cet ancien lit de rivière depuis longtemps asséché, des éléphants du désert, toutes sortes de serpents – dont le fameux et dangereux Cobra cracheur – des antilopes, de petits mammifères du type dassies (sortes de marmottes très communes en Afrique australe), d’oiseaux et pour ceux qui sont vraiment chanceux, parmi les derniers rhinocéros noirs du pays. 

Seule une fresque est ouverte à la curiosité des visiteurs : la White Lady (ou Dame Blanche), découverte par hasard en 1918 par un topographe explorateur allemand, Rheinhard Maack.   

Cette peinture a suscité beaucoup de commentaires, de spéculations et engendré de nombreuses hypothèses explicatives quant à sa signification. 

L’accoutrement blanc du personnage central faisant penser à un costume de mariage dans la culture occidentale, il a rapidement été baptisé “Dame Blanche”. 
Ce qui peut sembler être un bonnet phrygien sur la tête d’un des bonshommes a même poussé certains à envisager une origine méditerranéenne – la piste d’explorateurs venus d’Europe ! – à cette inscription. 
Une nouvelle théorie pleine de bon sens vint renverser toutes les autres en 1963 et trancha définitivement l’affaire : 

En réalité le personnage central serait un homme, un chaman bushman, sa qualité visiblement attestée par la moitié de coquille d’oeuf d’autruche, traditionnellement utilisée, aujourd’hui encore par leurs descendants, pour y placer des onguents et autres médecines ancestrales. 

Il semble couvert de peintures rituelles et de cendres blanches – notamment sur le bas du corps, à force de s’activer autour du feu – pris dans une transe de chasse – ce que paraissent prouver l’arc et le carquois qu’il tient dans son autre main – durant laquelle lui apparaissent des silhouettes d’animaux réels ou imaginaires (un oryx à jambes humaines). 

Le haut de son corps est marron, comme celui de ses congénères tentant à prouver qu’il est lui aussi un bushman et non un étranger venu du bout du monde. 

Un appendice dessiné devant lui, pouvant passer pour des habits mais devenant évident lorsqu’on y pense, semble démontrer qu’il s’agit bien d’un homme. 
D’autant que les personnages féminins de la fresque sont clairement identifiés avec leur poitrine bombée, ce qui n’est pas son cas. 

Tous les animaux – oryx, gazelle, quagga – espèce de zèbre éteinte depuis –  gnous et même manchots semblent se diriger vers la gauche de la peinture, indiquant ainsi la direction à suivre pour trouver le gibier :

Le discret personnage dont on ne voit que les os et qui évoque ostensiblement un squelette, placé à gauche au dessus de la tête du chaman fait penser à une menace planant au dessus des hommes, alertant les groupes de nomades passant dans la région, du risque qu’il y aurait à s’attarder dans cette zone aride. 

Une marche d’une heure est nécessaire pour atteindre l’abris de Maack où est nichée cette fresque de 5,5m sur 1,5m.
Là encore, la visite n’est possible qu’avec la présence d’un guide officiel proposé à l’entrée du site. 
  

Découvrir le Parc National d’Etosha

du célèbre Parc National du Kruger 

en Afrique du Sud.


L’un des joyaux du safari en Afrique Australe. 


Il en existe un autre, situé à quatre cents kilomètres au nord de Windhoek, la capitale de la Namibie : le Parc National d’Etosha. 


Assez unique en Afrique, le lieu a d’abord été déclaré aire de chasse en 1907, durant la colonisation allemande, et couvrait alors près de cent mille kilomètres carrés. 
C’est en 1967 qu’il est devenu parc national et sa superficie réduite à vingt trois mille kilomètres carrés
Seul un tiers de cette surface, s’étendant tout en longueur, d’est en ouest, est ouverte à la visite pour les deux cent mille personnes qui s’y rendent chaque année. 

Sa particularité est d’avoir été tracé autour d’un immense marais salant formé il y a plus de cent millions d’années : le pan le plus grand d’Afrique, visible depuis l’espace, dont la blancheur éclatante semble donner l’impression que toute vie a disparue de cette région. Le mot Etosha signifie d’ailleurs “grand endroit blanc” dans le langage de la tribu Ovambo. 

Etosha Lookout, le point panoramique, situé au centre est du parc
En réalité il regorge d’animaux et ce sont plus de cent espèces de mammifères et trois cent quarante d’oiseaux que l’on peut admirer dans ce lieu. Le parc est d’ailleurs réputé auprès de tous les passionnés d’ornithologie de la planète.  

L’Outarde Kori, l’un des oiseaux les plus lourds du monde
(jusqu’à 19 kg) pouvant malgré tout voler. 
L’oedicnème tachard 
La Circaète à poitrine noire, de la famille des aigles. 
Les antilopes sont ici à l’honneur : oryx, springboks, steenboks, dikdik, impalas et kudus, pullulent partout dans le parc.

La flore est surtout composée des arbres de Mopane, régal des éléphants :

Les sécheresses extrêmes des années 70’s et 80’s ont considérablement réduit la population de la faune du parc. Des installations de points d’eau régulièrement approvisionnées par la main de l’homme ont permis de limiter la tendance. 
C’est d’ailleurs là que vos chances de voir les animaux seront les plus élevées. Tous réunis là pour s’abreuver dans une densité exceptionnelle, le spectacle n’en est que plus fascinant : 

Mention spéciale aux waterholes de Ozonjuitji m’Bari et de Sonderkop, situés dans la partie ouest du parc où le ballet des girafes, des zèbres, des autruches, des éléphants et des antilopes est vraiment impressionnant. 


Il arrive certaines – rares – années que les pluies soient suffisantes pour remplir à nouveau le pan sur une petite dizaine de centimètres de profondeur, attirant alors des milliers de flamants roses.   

Quant aux félins, la dizaine de guépards du parc est assez difficile à voir, mais les lions sont généralement postés autour d’Okondeka, un petit point d’eau du centre de la réserve. 

Le parc héberge aussi un grand nombre de petits animaux rares et insolites : blaireaux, chacals, petits renards, pangolins, porcs-épics, suricates, mangoustes, écureuils des sables…

… Ainsi que les animaux stars du safari : éléphants, autruches, girafes, gnous…

Comme dans le Kruger, des camps nationaux, très pratiques pour profiter pleinement du parc, permettent de vous héberger durant votre passage : ici cinq, répartis sur toute la longueur du parc. 
  
Sinon, les trois portes (Ouest : Galton – Centre : Andersson – Est : Van Lindquist) vous permettent aussi de rallier le parc tous les jours si vous devez loger à l’extérieur. Dans ce cas, le lodge d’Okutala est une magnifique option luxe, sinon, pour les bourses plus réduites, le camping au Gondwana Safari Campsite.   

Bon voyage ! 

On reprend pour les deux du fond

Le GROS avantage 
des grands-parents, 

c’est qu’ils ont pris du recul,
eux.


Donc quand ils passent du temps avec nos gosses, ils partagent et leur apprennent des trucs auxquels nous, parents, ne pensons pas forcément, et qui nous dépassent généralement totalement. 

Les Jujutrépides étaient attablés au bar de la cuisine la semaine dernière avec leur papy. 
Celui-ci avait décidé de faire leur instruction diététique. Après leur avoir longuement expliqué les dangers de la malbouffe, il s’appliquait à leur montrer la différence entre les produits naturels, industriels et leur entre-deux : les produits faits maison. 

Si depuis leur naissance, le sujet est omniprésent dans leurs assiettes par le soin quotidien que j’apporte à la qualité nutritive de leurs repas, j’avoue n’avoir jamais pensé à en parler à mes fils sous cet angle.   

Les plans de travail de la cuisine ressemblaient donc à un vaste marché paysan du samedi matin, le frigo et les placards vidés de la quasi totalité des victuailles périssables de la baraque. 
Un petit tas de sucre en poudre ornait également le bar, grandissant à vue d’oeil, leur grand père ayant visiblement décidé de leur démontrer in situ la rapidité à laquelle les petites cuillers, apparemment sans conséquences, mine de rien, finissaient par s’accumuler et former une véritable dune au fil des jours et des mois de consommation. 

J’observais, désespérée et impuissante, les grains collants glisser sur le sol, écoutant d’une oreille le quizz infernal auquel les garçons étaient soumis, réfléchissant déjà à la meilleure manière de nettoyer ce carnage :

– “… Et donc, les garçons, dorénavant, les chips, est-ce qu’on va encore en manger ?!?”

Réponse collégiale de la marmaille : 

– “Naaaaaaaaaaaaan-papyyy-pass’que-c’est-un-produit-indutrieeeeeel-horriiiib’-et-qu’c’est-vraiment-déééégoûûûtaaaaant…” 

– “Très bien les p’tits.”

C’est alors que Trystan se dirige vers un énorme paquet de gâteaux, ouvrant consciencieusement la boite et plongeant tranquillement, mais avec beaucoup de sérénité, les doigts à l’intérieur, avant d’en sortir un biscuit et de le porter à sa bouche. 

Médusé, son grand-père lui dit alors :

– “M’enfin Trystan ! Qu’est ce qu’on vient de dire à l’instant ?!?!?”

Réponse du gosse : 

– “Oui Papy, mais r’garde c’qui y’a marqué dessus !!!”

En me penchant sur l’emballage je lis alors à voix haute : “so … good … and delicious*.”
*Si bon et délicieux

– “TU VOIS MAMAN !!!! C’EST ECRIT EN GROS QU’C’EST BON !!!”

#SaintePatience
#OnReprendPourLesDeuxDuFond
#EnMêmeTempsCesSalopardsLesEnduisentDerreur


Trop c’est trop

En fait, 

les gamins 

ont leur manière 

bien à eux
de nous faire passer les messages.



Ceux qui nous lisent régulièrement savent que mes fistons viennent d’achever leur classe de CP. 

Durant cette année charnière, nous dirons avec pudeur qu’ils ne se sont pas sentis très pressés de perfectionner leur apprentissage de la lecture, j’irais même jusqu’à dire qu’ils ont eu à coeur de prendre leur temps.  

Pour notre plus grand plaisir, une bonne partie des deux prochains mois de vacances seront donc placées sous le signe des révisions grammaticales, orthographiques et syntaxiques, histoire de leur permettre d’entamer le CE1 sans trop de lacunes.

Cela fait deux semaines qu’à leur immense joie et intense bonheur, nous consacrons quotidiennement une heure à chacun d’entre eux pour l’exercice de la lecture.  

Naturellement cet entrainement de compet’ les ravissant, les récriminations, la résistance et autres renâclements de la part de nos Jujutrépides sont monnaie courante. 
Malgré tout, je lutte et tiens bon chaque jour : “c’est pour votre bien”, leur répète-je en boucle, selon la célèbre formule consacrée.  

Histoire de ne perdre aucune miette d’apprentissage, je fais même de mon mieux pour intégrer nos petits exercices à la vie quotidienne de notre famille.  

Nous allions déjeuner l’autre jour, avec leur grand-père de passage au Cap, la salade et les différents plats prêts sur la table, lorsque celui-ci se penche vers son petit-fils, lui souriant avec encouragement : 

–  “Alors mon Tancrède, dis-moi, comment on épèle un avocat ?!” 
Je vois alors mon fiston le regarder en silence d’un oeil torve, l’air amusé, avant de l’entendre lui répondre : 

– “Fastoche papy : tu prends un ‘ro couteau, tu l’coupes en deux et après, t’enlèves la peau.”

#RasLeBolDeVosExos
#EnoughIsEnough
#FoutezMoiUnPeuLaPaix

Les wondermamas

Y’a des jours 

comme ça. 


Des jours où tu arrives à penser à tout

Si,si. 

Des jours où tu te rapproches – crois-tu – de l’idéal d’exigence irréaliste et irréel que tu t’es fixé – on se demande bien pourquoi, d’ailleurs – ou plutôt que tu as pris l’habitude de t’imposer, les longues années de ta vie de femme-mariée-mère-de-famille passant.  

Tu as racheté les gâteaux préférés des gosses juste avant qu’ils ne rentrent de l’école en hurlant à la mort car il ne peuvent pas vivre sans leur goûter feuilletés-noix-de-coco-pistache qu’ils aiment tant. 

Tu as appelé le plombier. Il est venu. Il a réglé le problème. Tu as déjà classé la facture. 

Tu as mitonné un petit plat maison original pour ce soir.
Tu sais que les morveux vont encore couiner qu’ils zaiiiiment pôôô çaaaa. 
Mais tu te dis que c’est néanmoins la bonne chose à faire. 

Tu as acheté des blocs de bouffe-pour-poissons-rouges, qu’on ne trouve qu’à l’autre bout de la ville, histoire qu’ils ne crèvent pas quand tu les auras abandonnés après-demain, dans leur bocal plein de flotte – ‘vaut mieux, notez-bien – pour les trois semaines de grandes vacances qui viennent. 

Tu as arrosé les plantes, coupé les feuilles mortes et tu leur a mis des vitamines. 
Histoire qu’elles tiennent le coup, elles aussi. 

Tu as épuré les soixante douze mails en attente qui restaient dans ta boite mail.
Y compris les quarante trois demandes de la complémentaire-santé qui te réclamait des copies d’ordonnances depuis mars. 
2017.  

Tu as écrit les deux chapitres que tu t’étais fixé d’écrire aujourd’hui. 

Tu as déposé la bagnole chez ce connard de garagiste qui a trouvé amusant de débrancher les phares – si,si, c’est possible – en oubliant de les reconnecter durant le contrôle technique la semaine dernière. 

Tu as emmené les lardons à leur leçon de natation. 
Tu leur a même bien séché les cheveux – qui leur arrivent sous les épaules maintenant – pour pas qu’ils tombent malades. 
(C’est l’hiver ici).
Vingt minute chacun. 
Au bas mot.  
Tu as recousu les deux peluches qui attendaient leur opération à coeur ouvert depuis trois mois. 
Un carnage. 
Mais bon. C’est connu, les cicatrices, ça donne un charme fou. 

Tu as détartré la machine à café pour que ta tendre moitié puisse à nouveau s’en faire couler un demain matin. 

BREF. 
Il ne reste plus RIEN sur ta to-do list de la journée. 

RIEN. 

Dans ce bas monde où la vie est semble-t-il une longue suite de combats, tu te sens fière et productive. Tu as l’impression d’avoir été utile et efficace. 

Dans tes bons jours, tu t’imagines même que les membres de ta famille ont un peu de chance de t’avoir sous la main, pour faire tout cela pour eux. 

Tu penses que tu adorerais, toi aussi, qu’un jour, maintenant que tu es adulte, quelqu’un le fasse pour toi. Allège ta vie et te la facilite comme ça…

Et puis, sur ces entre-faits, les mômes rentrent. 

Ils foncent vers le placard à gateaux. 
Ils l’ouvrent. 
Ils attrapent leurs biscuits et vont les boulotter devant leur dessin animé préféré. 

Sans même te regarder.
Comme si de rien n’était. 

Ils n’ont rien vu. 

Et c’est bien normal. 
Puisque c’était ce que tu voulais. 

Mais bon. 

#CoupDeSpleen
#LesMèresDelOmbre

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