Touche pas à mon choco’

C’est sincère. 

C’est honnête. 

C’est authentique. 

Et c’est comme ça.


– “Mamaaaaan ? Tu m’donnes du chocolat ?”

– “Non.”

– “Mamaaaaan !?!?”

Silence.

– “Mais MAMAN !?!?!….”

– “Quoiiii ?”

– “Donne-moi de ton chocolat !”

– “J’ai déjà dit, fils : c’est non.”

Lui ai-je répondu tout en terminant les deux carrés de la plaquette désormais vide.

En baissant les yeux sur mon fils, je constate qu’il est stupéfait.

L’incompréhension se lit sur son petit visage.

Il est dépité.

Il est outré. 

Il devient tout rouge.

Il va exploser.

– “MAIS M’ENFIN MAMAAAAAN !!!! POURQUOI TU M’DONNES TOUJOURS TOUT SAUF TON CHOCOLAT !?!?

Pauvre petit.

Que lui répondre.

S’il savait d’où je reviens.

S’il savait qu’il y a de cela à peine 6 ans, il se serait probablement pris un coup de fourchette dans la jugulaire pour avoir osé approcher mon plat.

S’il savait à quel point j’ai changé et progressé….

Par ou commencer ?

Il faudrait lui dire que ce chocolat, mon chocolat préféré, est ramené spécialement de Madagascar, par des amis qui font régulièrement la liaison.

Et qu’il vaut son pesant d’or.

Et que j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux.

65% pur cacao, sucre de canne, sel de mer et Combava. 
Sans lécithine ni aucune autres horreurs. 

Pur, délicieux. 
Le meilleur du monde pour moi.

Lui dire que le jour où ces amis habiteront loin de moi, ma vie n’aura plus le même goût. (Sens propre et figuré.)

Il faudrait lui dire que cet aliment, ce nectar de vie, me donne la force de le supporter au quotidien, lui et son infernal frangin.

De survivre à leur existence gémellaire et à leur volonté de mettre fin à la mienne par l’accumulation inhumaine de stress et d’angoisse (rappel, ici).

De survivre à leur père, aussi, d’ailleurs.
Disons-le, tant qu’on y est.

Lui dire que je le rationne donc avec amour chaque jour, histoire de tenir le coup jusqu’au prochain voyage.

Et qu’il est ABSOLUMENT HORS DE QUESTION que je le donne en pâture à deux morfals de cinq ans qui l’avalent avec le même appétit vorace qu’une ignoble tablette de supermarché.

Enfin… Bon. D’accord. 
Soyons honnête. 

Le problème vient justement du fait que leurs petits palais raffinés font déjà la différence entre les deux. Ils boudent les Kinder et autres Côte d’Or, et passent le plus clair de leur temps à renifler et chercher mes plaquettes, que je dois camoufler en permanence. 

Un peu comme ces politiciens dont la tête est mise à prix et qui ne dorment jamais deux nuits au même endroit. Je change de placard tous les soirs. Pour plus de sureté. 
Ou je laisse en appât une plaquette Lindt bien en évidence…)

BREF.

QUI a dit, “Rooooo, quelle mère indigne !” ?

RIEN N’A FOUT’.

Ils ont eu ma liberté, ma peau, mon coeur…
Ils n’auront pas mon choco.

Fact Checking Impératif

C’est bien simple, 
avec mon fils,

j’ai l’impression d’être à nouveau à Sciences-Po.


Ce merveilleux endroit où l’on vous apprend à pontifier le plus sérieusement du monde et durant des minutes entières sur une thématique dont vous n’avez jamais entendu parler, en donnant pourtant l’impression que c’est votre sujet de thèse. 

Pardon. 
C’est pas gentil. 
Mais bon.

Voilà. 

Je vous dis cela car je suis toujours stupéfaite par certaines discussions qui ont lieu entre mes deux Jujutrépides : si Trystan reste le “dominant” de notre paire gémellaire, c’est malgré tout vers son frère qu’il se tourne systématiquement lorsqu’une question le turlupine. 

Le rituel des dix minutes de palabres dans le lit, le soir avant de s’endormir, toutes lumières éteintes, étant le moment privilégié chez eux pour échanger sur leur journée et partager leurs interrogations. 

Je les avais donc couchés ce soir là, et étais partie pianoter sur mon ordinateur depuis la cuisine. 
Mais les ayant entendu bavarder plus longtemps qu’à l’accoutumé, j’ai fini par marcher à pas de loup vers leur chambre et me suis discrètement placée dans le coin de l’entrée pour les écouter :

– ” Naaan mais Tancrède, t’es sûr ?”

– “Mais oui j’te dis. La langouste et la mangouste, c’est la même chose. Elles vivent toutes les deux dans l’eau. C’est juste que la MANgouste, c’est la MÈRE de la langouste. Tu comprends ?

– “Oui Tancrède…

Stupéfaite par l’aplomb ultra convainquant dont Tancrède fait preuve en dégoisant ses inepties à son frère, je m’apprête à intervenir. 
Mais soudain, Trystan reprend le fil de leur conversation lunaire : 

– “Et dis woir’ Tancrède, tu sais pourquoi elle sont bleues les baleines, en vrai ?

– “Bin évidemment.

– “Ah. Et pourquoi alors ?

– “C’est facile Trystan : elle sont bleues pass’qu’la moitié de l’année elles vivent au CANADA. Et au Canada, ‘y fait SUPER froid. Du coup elle deviennent toutes bleues, les baleines.

J’ai maintenant du mal à retenir un éclat de rire.

– “Mais Tancrèd’, c’est bizarre quand même, quand elles arrivent ici à Caaaape Tooowwwn (avec l’accent anglais, s’il vous plait), elles sont encore toutes bleues… Pourtant y’ fait chaud ici.

– “Oui Trystan, mais c’est normal, elles prennent du temps pour DÉCONGELER.”



Un futur politicien, mon fiston.

#FactCheckingImpératif




Homnivore ou omnivore ?

La logique des enfants

est absolument implacable. 


Ils dinaient l’autre soir au bar de la cuisine. 

Après avoir engouffré chacun un bol entier de carottes rapées, un steak haché pur boeuf de 250 gramme, un morceau de fromage et un gros bol de salade de fruits, Trystan relève son petit nez couvert de gras et me dit : 

– “Je veux bien recommencer le diner, maman siteuplé.”

– “?!?!? Pardon Trystan ?”

Intervention du frangin : 

– ” ‘Y veut dire qu’il a encore faim et que tu peux nous redonner de nouveau la même chose qu’on a déjà eue maman.”

N’en croyant ni mes yeux ni mes oreilles – décidément, la croissance des petits garçons n’est pas un vain mot ! – je tente : 

– “Mais enfin mes chéris, vous avez très bien mangé ! Vous ne pouvez pas avoir encore faim quand même !? Vous allez éclater si vous continuez !”

Réponse de Tancrède : 

– “Bin si mam’, on a encore faim. Tu comprends, NOUS ON EST DES MANGE-TOUT-VORES.”

Le temps de comprendre, je souris du coin des lèvres et lui réponds : 

– “On dit OMNIVORES, pour les hommes, chéri.”

Silence dans la pièce. 
Mon fiston relève alors son sourcil gauche, le signe d’une nouvelle question imminente : 

– “Tu sais, maman, moi j’comprends pas très bien. 
On dit “herbivore” pour ceux ki mangent que d’l’herbe. 
On dit “carnivore” pour ceux ki mangent que d’la viande. 
Alors pourquoi on dit “omnivore” pour nous les humains ? 
ON MANGE PAS D’VIANDE D’HOMME, POURTANT !?”
Viiiiiiite, des cours de latin…


Jujuécolo

7:04 l’autre matin, 

dans la cuisine.


Je beurrais les tartines des enfants, la tête à moitié plongée dans le pot de confiture, à peine réveillée et encore somnolente au dessus du plan de travail. 

J’entends alors le pas léger de Trystan qui se rapproche derrière moi. 
Je me retourne : 

– “Maman ! Z’ai bien réfléchi !
Tu sais, on ‘peut pas continuer comme ça.”

J’ai mal à l’arrière de la tête et derrière les yeux. 
Sa voix raisonne subitement sous mon crâne. 

– “?!?!? Mouiheinquoi ? Crie pas comme ça, Titi… Et de quoi tu parles, d’abord ??

– “On utilise TROP d’eau !”

– “Euuuh… Bonjour Trystan.”

– “Bon’zour m’an.
‘Faut en garder pour les animaux, sinon ‘y vont tous mourir.”

Cape Town connait actuellement une sécheresse inégalée et des restrictions d’eau assez drastiques. 
Cela fait de nombreuses semaines maintenant que nos Jujutrépides ont donc pris l’habitude de mettre un seau dans la douche pour récupérer un maximum de liquide, qui permet d’arroser les plantes en souffrance du jardin

– “Euuuh oui chéri, tu as raison sur le fond mais, regarde, on fait déjà beaucoup de choses pour récupérer l’eau et en utiliser moins… Et puis, quels animaux veux-tu faire boire, j’ai pas compris ? 

– “Bin ! Voyons !? Nos poissons rouges, maman !
‘Y doivent avoir ‘krès ‘krès chaud eux aussi.”

Je regarde mon fiston, un peu ahurie à cette heure indue de la journée, m’interrogeant intérieurement sur sa santé mentale et me demandant s’il ne s’agit pas encore d’une de leurs sympathiques plaisanteries. 

Mais non. 
Il est affreusement sérieux. 
Il me regarde avec dureté comme si j’étais maintenant responsable de la météo sud africaine. 

Avant-même d’avoir pu lui répondre, c’est au tour de son frère de débouler dans la cuisine, tout frais et pimpant, coiffé de près et parfumé avec la cologne de son père, ce qui aggrave encore ma migraine matinale. 
(Comprendre : il s’est vidé la moitié du flacon sur la figure et son paternel va encore couiner en rentrant en découvrant qu’il ne reste qu’un petit fond de fragrance dans sa bouteille pourtant neuve.)
Visiblement, Tancrède a écouté notre discussion, car il s’empresse de prendre la parole : 

– “Oui ! Même que tout ça c’est la faute aux SSSSSINOIS !”

– “?!?!?!?!?!?”

– “Les CHIIIIINOIS maman !” 

– “Pass’que, les Chinois, y’ massacrent les requins, ces horribles vilains : ils mangent leurs nageoires et, le reste, ils le balancent à la mer. C’est du GÂCHI tu comprends ?”

Je comprends très bien puisque cette cause me tient à coeur depuis maintenant plus de 10 ans.
Mais je suis surprise car je ne lui en avais jamais parlé jusqu’à présent. 

En pensant au week-end dernier, je me dis “ça doit encore être un coup de leur merveilleuse école” : nous étions samedi au Waterfront, le port aménagé de Cape Town, quand les enfants ont repéré une otarie qui s’ébattait dans l’eau avec ses congénères. Trystan s’est lancé dans une explication très complète, sa petite voix vibrante de colère, sur la terrible marque fine et rose autour du cou de l’animal, due à des sacs plastiques l’ayant lacérée jusqu’à ce que la pauvre bête réussisse à s’en débarrasser, laissant malheureusement une cicatrice définitive en travers de son beau pelage. 

En terminant de trancher les fruits frais pour leur petit-déjeuner, je me suis alors fait cette réflexion : 
C’est quand même fascinant les enfants de nos jours. 
Ils font preuve d’une bien meilleure conscience écologique que nous au même âge. 
Dans le monde inquiétant où nous les avons fait naitre, voilà enfin une nouvelle rassurante. 
#RestonsPositifs
#Y’aQuandMêmeDuProgrès



La mnémotechnik’

Nous savions
que ce jour
allait arriver…


Nous le savions, et nous le redoutions. 
Celui du PREMIER DEVOIR SCOLAIRE ramené à la maison.
Le début d’une nouvelle existence. 
Le commencement d’une seconde partie de vie parentale.
Le préambule à une nouvelle manière d’envisager le monde. 

Un monde merveilleux fait de stress, d’angoisse, de désespoir, de perte de temps, d’énervement, de larmes, de conflit, de déceptions, d’agacement. 

Pardon. 

Je me suis laissée allée. 
En repensant à ma propre enfance et à la libération extraordinaire que j’ai ressentie le premier jour où j’ai commencé à travailler : rien à faire en rentrant chez soi le soir. 
La possibilité de se détendre. 
Enfin. 
Après DIX SEPT années d’études…
La délivrance. 
J’ai vite compris que tout cela était très relatif, mais enfin… 
Ça n’est pas le propos du post d’aujourd’hui. 
Bref. 
Donc.

La semaine dernière, Trystan est revenu à la maison avec son “album de l’enfant vedette” à remplir pour la rentrée, début mars. 

J’ai été assez agréablement surprise – très entre nous, mais ne lui dites pas, je dirais même totalement abasourdie et émerveillée, en réalité. Et aussi, disons-le, très soulagée – lorsque j’ai vu son père se jeter sur mon petit garçon en lui proposant de travailler avec lui. 
Une fois le cahier dûment rempli, j’ai constaté que ma tendre moitié s’était lancée – inconsidérément ? – dans l’entrainement de choc à l’expression orale : en effet, l’objectif de ce travail est pour l’enfant de se présenter et de “raconter” sa famille ansi que le monde qui l’entoure.  

Assise devant mon ordinateur, j’ai donc eu le plaisir de les observer du coin de l’oeil, allongés dans l’énorme pouf au pied de mon bureau :

– “Bon alors Trystan, tu nous rappelles quand tu es né ?”

– “Bin…. En fait, j’sais pas trop papa.”

– “Chéri, on vient de le noter dans ton cahier !”

– “Ah oui ?…”

– “Bon. Commençons par le jour de la semaine. Tu t’en souviens ?”

Silence

– “Mais si, ça commence par M !”

– “Beuuuuh… Mardi ?”

– “Humph. Nan, fiston, l’autre ?”

– “Hum… Samedi ?”

– “??? Samedi ? Ça commence par un M, Trystan ?”

– “Bah oui : saMEdi, papa, voyons !”

A cet instant, je lis sur le visage de son père que celui-ci a enfin percuté et compris ce qui l’attendait : douze années à ce régime risquent de lui sembler longues-très-longues, voire même assez interminables. 
– “Noooon chéri, la PREMIERE lettre doit être M.”

– “Ah. M…. M… M…. M…. M….” (durant 3 minutes)

– “Chéri, allez, tu le connais, j’en suis sûr !”

– “AH OUI !!!! MERCREDI !!!”

– “BRAVOOOOOOO !!!!”

D’une voix qui veut dire : “tâchons de rester encourageant”, mais dont le ton laisse plutôt filtrer un “Alléluia !”.

– “Super, mercredi donc. (On y est déjà depuis 10 minutes)
Quelle date ?”

– “Me souviens pu ‘pa.”

– “Mais si, mon amour. Le 5.”

– “Ah oui, le 5.”

– “Ok. Quel mois ?”

– “Mmmmmmmmeuhhhhhh ??? J’sais pas non plus.”

– “Allez mon coeur, octobre.”

– “C’est vrai, j’le savais. Okay papa.”

– “Super. Et quelle année ?”

– “JE SAIS !!” 

A ce stade, les deux parents se prennent à espérer…

– “Vingtonze !!!!”
(2011, donc, pour ceux qu’on aurait perdus…)

– “…?!?!?!?…

Curieusement, me reviennent en tête les leçons de géographie que mon père essayait désespérément de m’apprendre lorsque je devais avoir 7 ou 8 ans. 
Aucun souvenir des cours en question. 
En revanche, je me remémore parfaitement que cet énième calvaire avait néanmoins été l’occasion pour moi d’apprendre le terme “mnémotechnique”.
Mon père ayant en effet eu recours à cette ultime méthode d’associations d’idées pour essayer de me faire mémoriser quelques-unes des informations. 

Devant le désespoir apparemment du père de mon fils chéri, je tente donc d’intervenir :

– “Mon amour. Voyons. Quel mot tu connais bien qui commence par M ? Hum ?”

– “Euuuh… Maman ?”

– “Voualaaaa. Maman. Mère donc.”

– “???”

– “Je suis ta mère, non ?!”

– “Ah bah oui.”

– “Bah oui.”

– “Et Donc ?”

– “????”

– “Chéri, aller… Le mot que tu cherches commences par Mer… ” (je retiens in extremis le “BORDEL !” qui manque de s’échapper de ma bouche.)

– “Ah oui ! Z’ai compris !!!! MERCREDI !!

– “Voiiiiilàààààà ! bravo chéri ! Et donc la date, tu te souviens ?”

– “Ah…… Ah bin non.”

– “Le 5, comme les cinq doigts de la main.”

– “Ah oui.”

– “Bon. Quel jour donc ?”

– “Euhhhhh… J’veux souviens plus.”

– “MAIS TRYSTAN ENFIN !!!!!”

A ce stade, je me rappelle le calvaire de mes propres devoirs d’enfance, ma pauvre mère perdant patience et hurlant dans ma chambre au comble du désespoir.
Je module donc ma voix, me faisant à moi même une promesse intérieure fondamentale : je ne crierai JAMAIS sur mes fils pour leur faire faire leurs devoirs. Jamais.

(Enfin, si c’est comme la bouffe bio, les jouets en bois, les écrans, le chocolat et les fessées…)

– “Chéri mon ‘namour, c’est facile : le mois de ta naissance commence par O. 
O comme.. Comme… Comme… Tout rond, comme un oeuf ! Regarde ! Y’a 2 “0” dans OctObre, comme 2 bébés dans le ventre de ta “MERE”, avec Trystan et Tancrède, oui ? C’est facile, vu comme ça, non ?!”

” Oui c’est vrai maman !”

– “Super chéri ! Donc c’est quoi ta date de naissance ?”

Je vois alors mon fils qui plonge son regard dans le mien. Il pointe son petit doigt vers moi, le mot “maman” prononcé silencieusement sur les lèvres, puis sur sa poitrine. 

– “Ma-man…Ma-mère…

J’essaye de faire passer dans mes yeux tous les encouragements du monde.

Ses petites mains forment alors un zéro qu’il regarde attentivement, en tirant sa petite langue, au summum de la concentration. 

– “MER’KEDI 5 DOIGTS D’OCTOB’E !!!!!”

Je n’ai rien osé dire. 
A part “bravo mon amour !”

On y est presque, pas vrai ?

Jujufarceurs

Mes fils ont toujours été espiègles.

Mais je crois pouvoir dire que
 le temps ne fait rien à l’affaire…


Très tôt, mes chers Jujutrépides ont montré un esprit particulièrement retors.
La plupart d’entre vous s’en sont aperçu au fil des années et de mes posts quotidiens. 

Mais plus le temps passe, plus leurs plaisanteries évoluent : 

Curieusement, étant donné leur âge, leurs premières blagues relevaient essentiellement de l’ironie. Je n’ai pas oublié la fois où, tout juste arrivée au Cap et encore dans l’enthousiasme naturel de la découverte, j’ai malencontreusement confondu un rocher avec une baleine. 
Les mois qui ont suivi l’incident se sont avérés assez pénibles, ces petits énergumènes s’en donnant à coeur joie, à chaque virage donnant sur l’océan, pour vilipender ma myopie naissante et rire des baleines-rochers devenus mythiques. 

Leur sens de l’humour a alors dérivé vers de la franche malice : cette infâme période des bisous-de-la-vache, ces ignobles plaisanteries qui consistaient – et consistent parfois encore –  à jouer sur mes sentiments maternels et à faire semblant de venir m’embrasser avant de finalement transformer leur geste d’affection en un coup de langue baveuse sur le nez ou sur la joue. 

Nos fistons ont ensuite commencé à user du persifflage et du sarcasme.

Mais si, souvenez-vous, cette fois où ils ont jugé opportun et subtil de jouer au jeu de l’otarie, dans lequel – naturellement – le rôle de la “roooosse otarie” m’était échu. 

Ils ne sont ensuite essayé à une forme d’humour plus douce et affectueuse.

Lorsqu’ils ont tenté le jeu de mot avec mon prénom et leurs petits coeurs qui faisait “pom pom pom”. 
Plus simples et moins incisives : leurs blagues ont cessé de se faire à mes dépends, ce qui, disons-le franchement, s’est avéré assez reposant, de mon point de vue. 

Depuis peu, ils versent désormais dans la plaisanterie potache.
Il est vrai qu’elle est plus en rapport avec leur âge.
Malheureusement, je dois avouer qu’elle m’amuse nettement moins que les précédentes touches d’humour auxquelles ils m’avaient habituée.
Dernière en date : défaire mon noeud de maillot de bain au bord de la piscine, devant tout le monde. 

J’imagine que tout cela n’est qu’une autre marche sur le feu. 
Un nouvel obstacle à surmonter. 
Une énième épreuve maternelle humiliante que je me dois de surmonter avec patience, courage, persévérance et confiance en l’amour que je leur porte. 

#KeepCalm
#RetenezMoi
#JeVaisFinirParLesBaillonnerETLesLigoter

3 jeux amusants et intelligents à faire avec les enfants

L’un des GRANDS challenges de la parentalité, en dehors de la patience,
c’est d’OCCUPER ses mômes. 


Enfin, comprenons-nous : je ne suis pas encore arrivée à cet âge merveilleux où ils s’enferment de leur propre chef à quadruple tour dans leur chambre, barricadés derrière des planches et des cadenas, quand – libéré, délivré – le parent n’a alors plus la lourde responsabilité d’amuser, divertir et éveiller son mouflet, puisque celui-ci le fait désormais de lui-même. 
(Je sais. Je m’enflamme.)

Mais avant d’en arriver à ce moment béni, il s’agit de traverser une période allant probablement de 3 à 8 ans – à vue de nez – cet âge usant mais follement intéressant où nos chers petiots ont dépassé le stade larvaire, s’intéressent désormais au monde qui les entoure, et avant de nous en expulser temporairement. 

Sachant que la balle au prisonnier et le-facteur-n’est-pas-passé : ça va bien deux secondes. 

Bin quoi ? 
C’est chiant à mourir…
Et en plus, c’est crevant.

Voici donc, chers amis, trois jeux assez magiques – de mon point de vue, naturellement – qui présentent l’avantage d’être faciles à mettre en place, peu chers et stimulants intellectuellement.


Y compris pour les parents, s’entend.  


De rien.

1. La chasse au trésor
Vous allez me dire “non mais tu ne te ficherais pas un peu de notre tronche ? C’est le jeu le plus basique et le plus vieux du monde !” 
Et bien non, chers amis, sachez que, chez le jeune parent inexpérimenté, ÇA NE VIENT PAS TOUT SEUL, comme idée !
Sachez également qu’il est bien plus compliqué à mettre en oeuvre qu’il n’y parait : 
Le degré de difficulté doit être adapté à l’âge. Il s’agit de trouver un thème global cohérent dans lequel les enfants puissent se reconnaitre. Mais aussi de proposer des épreuves qui leur permettent d’apprendre ou, par exemple, de réviser ce qu’ils découvrent en classe au moment où vous organiser ce jeu. 
Ah bah oui : planquer des bonbecs dans la baraque, tout le monde peut le faire, hein ! 

Exemple
Vous vous rendez compte que les animaux – que ce soit sous forme de peintures, photos, sculptures, jouets, tapis, objets de décoration ou autre – sont présents un peu partout dans votre maison : voilà votre fil conducteur. 
Ça peut aussi marcher avec les fruits, les couleurs, les objets de sport, les instruments de musique, les différents types de chaises, n’importe quoi ! 

Chacun des objets choisis cache un indice renvoyant à l’objet suivant, et ainsi de suite jusqu’au trésor final (des bonbons, un petit jouet, un livre…).
Les indices peuvent être une simple photo identifiante, des lettres de l’alphabet ou des mots à déchiffrer pour les enfants en cours d’apprentissage de la lecture, un rébus, une charade, etc. 

Amusant, surtout lorsqu’ils sont en groupe, où c’est alors l’occasion d’en découvrir long sur leurs comportements en équipe, mais pas uniquement : seul, c’est un magnifique moment à partager avec son enfant. Et la fierté qu’il arbore lorsqu’il a trouvé une réponse de lui-même, est toujours un beau cadeau à lui faire. 


2. Le jeu du goût
Préparer en amont sur un gros plateau plein d’aliments, du fruit, au légume, en passant par le fromage, un plat préparé, un aromate ou un condiment, un gateau ou un bonbon, une boisson…

Naturellement vous pouvez aussi, l’âge avançant, corser l’affaire en choisissant une thématique unique, pour leur apprendre plus en profondeur la variété d’une catégorie de chocolats ou d’épices par exemple. 

Leur bander les yeux. 
Leur faire deviner au nez les produits que vous aurez pris soin de leur cacher jusque là. 

Celui qui devine le plus vite / lorsque son tour vient, gagne un point. 
Le vainqueur étant celui qui en a engrangé le plus… 

Développer leur palais et leur sens de l’odorat, découvrir de nouveaux aliments et des goût inconnus : c’est un monde entier d’exploration que vous leur ouvrez, tout en les distrayant. 

3. Le Memory
Jeu très ancien qui remonte à plus de 50 ans, il consiste en plusieurs paires de cartes ou d’image ouvertes sur un plateau, que vous retournez ensuite. 
L’enfant doit retrouver les paires en se souvenant de leur emplacement.
Excellent exercice pour travailler la mémoire des enfants (et la nôtre, hum, hum), leur patience, tout en jouant un peu sur leur esprit de compétition. 
Vous pouvez l’acheter tout fait ou – encore mieux – en fabriquer un avec des photos imprimées de leur enfance ou d’endroits qu’ils ont visité avec vous. 

Amusez-vous bien !



Et si l’on cessait de s’excuser ?

Nous, les femmes, 

nous excusons 
beaucoup trop souvent.


Je m’en faisais la reflexion l’autre jour. 

Comprenez :


Car j’entends déjà d’ici nos chers amis masculins ricaner et rappeler ironiquement que pour qu’une femme dise qu’elle est désolée, il lui faut vraiment avoir fait une connerie monumentale. 

Ce qui relève d’ailleurs LARGEMENT de l’hôpital qui se fout de la charité.
Très entre nous.

Non.

Je me réfère à ces situations du quotidien, à notre attitude comportementale physique dans notre relation aux autres et notre posture mentale, qui consiste à dire “pardon” ou à nous excuser tout le temps.

Lorsque nous traversons un pas de porte devant quelqu’un. 

Lorsque nous allons nous assoir sur un siège où il nous faut passer devant les jambes de personnes assises, au cinéma ou dans le bus. 
Un simple sourire aurait suffi. 
Mais non !
Nous ne pouvons nous en empêcher de murmurer : “Pardon… Pardon… Pardooooon…

Quand le plombier arrive avec trois heures et quart de retard et que bouillonnant de rage contenue et luttant pour rester polies, nous disons : 
“Je suis désolée, mais je vais devoir partir chercher mes enfants à l’école maintenant, nous allons refixer un rendez-vous…”
Au lieu de l’engueuler comme il se doit et de lui dire à la place : 
“Etant donnée l’heure à laquelle vous arrivez, je vais devoir vous demander de bien vouloir patienter une vingtaine de minutes, le temps que j’aille chercher mes enfants. Merci.”

Lorsque le môme trépigne pour obtenir sa seconde plaquette de chocolat de la journée et que n
ous la lui refusons. Et que ses gesticulations idiotes pour nous secouer et signifier sa colère l’ont amené à se prendre notre coude de plein fouet dans la tempe. 
Il a mal, naturellement.
Il hurle son chagrin. 
Que faisons nous ?
Nous nous précipitons vers lui en le prenant dans nos bras et en lui disant : 
“Ooooh pardon mon amour/chéri/trésor/lapin, je suis tellement désolée !!! Tu t’es fait bobo…”
Alors qu’une bonne torgnole supplémentaire dans la nuque lui aurait probablement remis les idées en place et rendu un meilleur service. 
Au lieu de cela, nous perpétuons cette habitude et transmettons inconsciemment ce principe à nos enfants. 

Toutes ces fois où nos tendres moitiés n’hésitent pas à demander un coup de main : “Chérie, le pressing est plus près de ton bureau que du mien, tu peux t’occuper de mes quatre costumes qui sont dans l’entrée steuplé !?”
Au lieu de dire : “Je n’ai pas le temps mon coeur. Tu vas devoir le faire”, d’un ton ferme et assuré, justifié par le fait qu’aller chercher les gosses, leur donner le bain et faire la bouffe semblent représenter un nombre de taches suffisantes pour la soirée sans qu’on ne charge encore la mule.
Malheureusement – lorsque nous réussissons à dire non – c’est cette phrase que nous prononçons généralement malgré nous : “Désolée babe, mais je ne vais pas avoir le temps ce soir.”

Cette habitude consiste à trouver normal de justifier notre refus et à nous faire un devoir de démontrer ou d’expliquer les raisons qui nous ont poussées à dire non…
A rester aimable et diplomate quand une solide remise au point, ou même le conflit, auraient probablement été légitimes… 

Et c’est notre capacité à l‘auto-culpabilisation qui semble être le moteur  – légendaire – de cette attitude.
Laquelle nous pousse la plupart du temps, lorsque la colère déborde, à hurler hystériquement sur nos lardons, nos compagnons – voire nos collègues – pour laisser échapper le surplus de frustration qui en découle. 

Comme si, parce que nous le faisons naitre et nous lui donnons la vie, nous portions toute la responsabilité du monde sur nos épaules. 

Voici donc le sujet de dissert’ du mois :


S’excuser et culpabiliser : 
Est-ce une caractéristique intrinsèque au genre féminin, liée à une nature plus empathique et physiologiquement portée sur l’autre, que celle de nos congénères mâles ?
Ou est-ce plutôt un héritage culturel transmis par nos mères : l’un des ultimes legs aliénatifs de la domination masculine, intériorisée depuis des siècles ?

Z’avez trois heures. 

En attendant, surveillons notre langue, et cessons de dire pardon à tout bout de champ.
(Sauf quand on a vraiment déconné.)


Patience et longueur de temps…

Les enfants, 

c’est surprenant. 


Personnellement, plus les années passent, plus mes fils m’étonnent. 

Comme certains d’entre vous ont pu s’en rendre compte à de nombreuses reprises, j’ai rapidement compris que mes moutards disposaient de resources intérieures diaboliques insoupçonnées, voire pratiquement illimitées. 

Mais il m’a fallu cinq années pour réaliser que j’ai passé la majeure partie de ce temps partagé avec eux à les sous-estimer : penser qu’ils étaient encore trop petits pour faire certaines choses, me jeter sur eux pour les aider croyant la difficulté trop lourde pour leur constitution, les conforter dans des routines dont ils auraient été parfaitement capables de sortir plus tôt… 

Pour les jeunes parent en devenir qui n’ont pas encore eu le temps de rater le coche, voici une petite fiche-résumé qui pourrait éventuellement s’avérer utile : 

1. L’enfant est indomptable
N’importe quel parent s’en sera rendu compte : la volonté des enfants est plus dure que l’acier trempé, plus solide que le béton, plus indestructible que la Kryptonite. 
Ils finissent toujours, d’une manière ou d’une autre par obtenir ce qu’ils convoitent. Que ce soit avec le temps et l’usure nerveuse du parent ou par les voies diplomatiques insondables et subtiles du chantage affectif ou de la flatterie. 
Ils sont redoutables. 

2. L’enfant est versatile
Lundi, l’avocat est leur légume préféré. Pour toute la vie. Mardi ils le vomissent manu militari lorsque vous leur en présentez. (En même temps, prétendre leur faire avaler le même menu deux jours d’affilé, ‘faut pas pousser mémé.) 
Mercredi, ils se damneraient pour du saumon. 
Jeudi, ils vous regardent d’un air outré et leurs yeux n’auraient pas lancé plus d’éclairs que si vous aviez prétendu leur faire avaler des brocolis bouillis. 
Ils sont totalement lunatiques, c’est structurel et irrationnel. 

3. L’enfant est imprévisible
Des années que vous leur rabâchez de dire-bonjour-à-la-dame, en pure perte, que vous espérez qu’il fasse enfin leurs lits, qu’ils tirent la chasse d’eau ou rangent leurs jouets seuls.
Et un beau jour, vous vous apercevez qu’en réalité votre entourage les trouvent charmants car ils débarrassent la table chez les autres…

C’est ainsi qu’émergeant l’autre samedi vers 8:30 du matin d’une seconde partie de nuit mouvementée, passée à les raccompagner dans leurs lits respectifs, je découvre Trystan qui se dirigeait justement vers ma chambre, un mug à la main, les yeux rivés dessus, marchant à la vitesse de l’escargot et faisant très attention de ne rien renverser. 

Les yeux écarquillés, je regarde mon fiston avec étonnement. 

Il s’immobilise avec précaution, tout en levant des yeux plein d’amour vers moi :  

– “Bonzour maman ! J’t’ai préparé le ‘tit-dézeuner ! Tu vas ‘woir, ‘chui super mignon auzourd’hui !”

Je me frotte les mirettes, vérifiant que je suis bien éveillée. 

Effectivement, il a posé sur le bar tout le contenu de son dur labeur(re) : fruit épluchés et coupés dans leurs petits bols, thé – tiède pour moi, ce qui signifie qu’il a fait bouillir l’eau et l’a renversée seul dans la tasse… – et lait pour eux, tartines de pain adaptées au goût de chacun, baguette pour maman et toasts pour les enfants.
Il a même sorti les trois gélules de vitamines qu’ils avalent chaque matin, délicatement posées à côté de leurs assiettes. 

Bon bien sûr, niveau tartine, c’est encore un peu brut de décoffrage : 

‘Faut aimer mastiquer des morceaux de beurre entiers de 35 grammes, et ne pas être regardant sur la quantité astronomique de confiture à 3702 calories qu’il va falloir s’enfiler pour ne pas le vexer. 
Il a aussi ouvert et vidé le sachet de thé dans l’eau, ce qui rend la mixture moyennement ragoutante et assez astringente pour la gorge (les bouts de feuilles et autres végétaux étant difficiles à avaler.)

Mais bien évidemment, il est impensable de décourager de tels efforts.  

Je me tais donc, tout en me concentrant sur l’idée que je vais devoir engloutir le tout. La dose de gras faramineuse devant permettre de lubrifier le gosier et rendre l’opération moins pénible, me dis-je. 


Je regarde le sol et le plan de travail de la cuisine…
Je n’en crois pas mes yeux : tout est nickel. Ça brille presque. 

Je m’aperçois que mon fis a posé le mug sur le bar, pendant que je prenais les photos. 
En levant la tête, je le découvre devant l’évier, sur son petit escabeau, en train de terminer la vaisselle (avec du SAVON, s’il vous plait).

Honnêtement, j’ai frôlé l’apoplexie. 

#ToutArrive
#LesMiraclesExistentMaintenantJeLeSais
#LesEnfantsSontImprévisibles

JujuPhotoshop

En fait, 

les mômes

sont d’une logique imparable. 


Nous attendions sagement à la cafet’ de la piscine l’autre jour le début du cours de natation des Jujutrépides. 

Chacun d’eux était assis sur l’un de mes genoux, et nous étions tous les trois penchés au dessus de la table centrale, en train de feuilleter négligemment et en silence des journaux féminins qui trainaient là. 

Soudain, Tancrède met la main sur l’une des pages, m’empêchant de continuer notre lecture collective :

– “Mamaaaaan ?”

– “Oui chéri ?”

– “… Tu sais, j’les trouve bizarre les dames dans c’journal.”

Surprise, je lui demande de préciser sa pensée :

– “Ah oui ? Pourquoi donc ?”

– “Bin… J’sais pas trop. Mais elles sont pas tellement zolies, en fait.”

– “Ah non !? Pourtant elles sont toutes mannequins mon amour. Elles sont donc considérées par les gens comme de très jolies filles justement. C’est pour ça qu’on prend les photos avec elles et pas avec des filles normales.”

Silence. 

Je me prends à réfléchir à ce que je viens de lui dire instinctivement. 
Bof. 
Je ne suis pas vraiment convaincue. 
J’ai merdé. 
Mais avant de pouvoir compléter ma phrase, mon fiston enchaine : 

– “Nan, c’est pas ça… Mais r’garde : Y’EN A AUCUNE QUI SOURIT !!”

Silence. 
Je reviens en arrière du magazine.
Il a raison. 
Elles tirent toute la tronche…
Comme d’hab’ en fait. 
Ça fait plus chic, je crois bien. 

– “Moui, c’est vrai Tancrède… Elles ne sourient pas beaucoup”.

Silence. 

– “Bin, c’est dommage, ça les rend moins zolies.”

Intérieurement, je ressens une bouffé d’amour pour mon petit garçon. 
Je trouve son attitude intéressante et saine. 

Je reprends notre feuilletage. 

Cette fois, c’est Trystan qui m’interrompt.

– “Nan mais maman, r’garde tout ce qu’elles se mettent comme couleurs sur le visage, aussi ! C’est pô très beau tout ça…. Et pi’, ça donne l’air méchant, moi j’trouve. Comme Cruella ou Médusaaaa ! “


(“Nota bébé” : références d’enfants, ce sont les méchantes dans “Les 101 Dalmatiens” et “Bernard et Bianca”)

Ça m’amuse.
Je trouve sa reflexion assez pertinente. 
Je me dis que les enfants ont vraiment un sens aigu de l’observation. 

Je demande alors aux garçons de me montrer une page avec la photo d’une femme qu’ils trouvent belle. 

Les pages tournent, tournent, tournent encore. 

Je les sens dubitatifs.

– “Elle est BEAUCOUP krooooop maigre cette dame là !! R’garde ses genoux, ça doit piquer quand tu t’assoies dessus !”

Je retiens un petit rire. 

– “Oooh lala, t’as vu ses habits, y’ sont tous noirs à celle-là, c’est triste.”

Nous arrivons à la fin de la revue.  

Trystan s’arrête un instant sur cette page : 
– “Tu wois cette dame-là elle aurait p’têt’ été bien mais r’garde : elle fait des grimaces.”

– “C’est intéressant ça Trystan. Et pourquoi tu la trouverais jolie sans la grimace, sinon ?”

– “Bin, z’aime beaucoup son tatouaze de lion sur l’doigt !”

– “Je vois…”
Nous tournons les dernières feuilles. 
Tout à coup, les garçons s’arrêtent net sur l’une d’elles, pointant tous les deux dans un même élan vers la même fille.  
Elle est blonde, habillée simplement, elle esquisse une risette, elle a l’air fraiche et accessible :


Et là, la phrase qui tue : 

– “VOILÀ M’an ! Celle-là ! Elle est normale, comme toi, mais avec des cheveux long blonds et en plus ZEUNE !”

Vlan. 
Mange-toi ça maman.

Je souris intérieurement malgré la violence du coup porté à mon p’tit coeur de femme-qu’avait-pas-encore-percuté-qu’elle-n’a-plus-20-ans.
(Mais k’a bien pigé, maintenant, c’est bon, ça y’est…)

Je suis heureuse du bon sens que je découvre dans leur jugement. 

Les enfants ne sont pas dupes. 

#StopPhotoshop
#MaisFaitesLesBoufferUnPeuBordel
#LaVraieVie

En revanche, ‘va falloir reparler de cette histoire de jeunesse, toussa toussa.