Big Badaboum

BOOOOOOOUM.


L’autre soir, nous étions tranquillement en train de bouquiner lorsqu’un énorme bruit sourd s’est fait entendre derrière la porte de notre chambre. 

Silence.

– “Chéri. T’as entendu ?”

– “Mhuuumhein ??”

– “Le bruit, à l’instant ?”

– “Mwoui.”

– “Tu veux bien aller voir steuplé ?”

– “Oui, tout de suite.”

Je suis des yeux ma tendre moitié qui s’efface dans l’obscurité de la maison alors plongée dans le noir, à cette heure tardive de la nuit. 

Cinq minutes plus tard, j’entends ses pas dans le couloir et le vois revenir dans la chambre, riant sous cape, visiblement très amusé. 

– “Mouhahahaha ! Haaaaa. Ha. Pfiouuuu. Le fou rire ! Qu’est-ce qu’on peut se marrer avec nos gosses, quand même.”

– “?!?!?”

– “Le bruit, c’était Tancrède qui a encore dégringolé du lit ! Huhuhu !”

J’avoue que j’ai du mal à réprimer un sourire. 
Je tente de sauver le peu de dignité et d’image maternelle positive qu’il me reste :

– “Hum. Hem. Il ne s’est pas fait mal ?”

– “Tu parles ! Non, rien, comme d’habitude. Je l’ai trouvé assis sur son petit derrière, en train de se relever, trainant l’oreiller à la main. Je crois que ça ne l’a même pas réveillé !”

Petit rappel à l’attention des lecteurs : notre fiston dort en haut de d’un lit gigogne. Soit à environ un mètre soixante-dix du sol… 

Ce type de déconvenue et de vol-planné nocturne lui arrive à peu près tous les trois ou quatre mois. 

Heureusement, la moquette est épaisse. 

Et je me fais la réflexion à chaque fois : les enfants sont décidément super solides. 

Surtout quand ils roupillent, j’ai remarqué. 

Bref. 

Nous sommes vraiment des parents ignobles. 
#LesEnfantsC’estElastique
#LesEnfantsC’estFantastique
#LesEnfantsAvecLeTempsÇaRendSarcastique




Les chaussettes de l’archiduchesse

Je vaquais à mes occupations diverses et variées l’autre jour 

lorsque j’ai entendu nos Jujutrépides 

chantonner à tue-tête depuis leur chambre. 


Non que cette situation soit très inédite. 

Mais j’ai cette fois-ci perçu une régularité et une synchronicité entre eux à laquelle je n’étais pas habituée. 

– “Les ssaussssettes sont prèèèèèèskeuh sèèèèèèèches…
– “Mes ssaussssettes sont prèèèèèèskeuh sèèèèèèèches…

En me rapprochant de leur tanière, j’ai pu distinguer plus clairement l’objet de leur nouvelle passion musicale : 

– “Tes ssaussssettes sont prèèèèèèskeuh sèèèèèèèches…”
– “Ses ssaussssettes sont prèèèèèèskeuh sèèèèèèèches…

– “Leurs ssaussssettes sont prèèèèèèskeuh sèèèèèèèches…


– “Euuuuh… Les gars, pardon de vous interrompre….”

– “Coucou mama ! T’as vu on ‘ssssaaaaante !”

– “Ah bah, j’ai bien entendu oui. C’est une nouvelle chanson de l’école ?”

– “Oui… Enfin, c’est pas vraiment une ‘sssanson, c’est c’ke la maitresse nous z’apprend pour nous z’entrainer à bien prononsssser les ssssons.”

A ce stade, je me dis intérieurement que la pauvre à encore du pain sur la planche.

– “Ah mais c’est super tout ça mes p’tits coeurs. Vous savez qu’il y a plein de phrases amusantes comme ça pour apprendre à bien dire le S et le CH. 
Tiens, je vais vous en apprendre une : un-chasseur-sachant-chasser-doit-savoir-chasser-sans-son-chien ! Vas y répète Trystan !”

– “Euuuuh… C’était quoi dézà ?”

– “Un-chasseur-sachant-chasser-doit-savoir-chasser-sans-son-chien.”

– “Bon alors euuuuh… Un ‘sssaseur chasssssant ‘sssaché doit chaloir ‘ssssassser chan chon ‘sssssien !”

L’affaire à bien duré cinq minutes au bout desquelles mon fiston chéri m’a fait part de son “aga’ssssement” certain face à ce nouvel exercice de diction. 

– “Bon allez, chéri, une dernière fois, après on arrête, okay ?!”

– “Pffff… Bon d’accord maman : un chasseur… doit apprendre… à attraper les animaux… avec un fusil seulement. VOILÀ.”
WHAT’CH UP DOOOOOC’ ?

Blablablablablablablabla bla. Blablabla. Bla.

A vous aussi, 

ça le fait, ou pas ?


– “Mamaaaaaaan !?!?!?!?”

– “Ouiiiii chéri….”

– “Mais j’te parle !”

– “Mhum ? Hein ?”

– “Je te disais que ces derniers temps j’avais pas trop d’énergie…”

– “Mouahoui mon coeur, j’ai bien entendu. Demain on recommence la cure de vitamines, oui ?”

Je tente de garder mon sérieux. 
Le gosse vient de passer l’après-midi à plonger dans la piscine, à escalader – monter, descendre, monter, descendre, monter, descendre… – le mur du jardin et à hurler sur son frère. 
– “Mais c’est important maman, d’ailleurs, tu sais, j’aurais besoin qu’tu m’portes ce soir pour aller dans ma chambre pass’que je ….”

A cet instant précis, je réalise que j’ai omis d’arroser les plantes hier. 
Avant d’oublier, je me dirige donc vers l’arrosoir pour hydrater mes orchidées et mes bamboos. 
Je sens l’ombre de mon fiston sur mes talons.

– “… Et en fait, tout ça, ça a commencé à cause de Trystan tu comprends !?…”

Je me dis aussi qu’il faut que je fasse la liste des menus de la semaine et des produits qui correspondent. Demain c’est lundi, jour des courses. 
J’ouvre le frigo, son petit visage apparait juste derrière la porte :

– “… Mais sinon, j’lui aurais ZAAAAAMAIS dit oui, moi, tu comprends, j’SAIS BIEN que c’est interdit !”

Hum ? “Interdit” ? 
C’est un mot-clef ça. 
Il faut réagir :

– “Hum ?! Qu’est-ce que tu dis chéri ? Qu’est-ce qui est interdit ?”

– “DE RAMENER LES LIVRES DE L’ECOLE A LA MAISON !”

Les livres de l’école à la maison…
Ah ok.
C’est eux qui surveillent, dans ce sens là, pas moi.  
‘Suis pas concernée, je peux oublier direct l’info. 

En revanche, il va quand même falloir que j’appelle l’électricien.

– “… Mais c’est vrai qu’finalement, c’est vilain de faire ça. En plus, si on continue, y’aura plus aucun escargot sur la TERRE, t’imagines maman ?!?!”

– “Ah bah oui mon coeur, t’as bien raison, c’est dingue.”

Ah, voilà le numéro du mec. 
J’appelle. Je prends RV. 11:15 du matin. Il vient de bousiller mon jeudi, avec son horaire à la mords-moi-l’noeuf là…
(Oui je sais, je suis vulgaire quand je me parle intérieureurement)
M’enfin bon, c’est tout le temps comme ça. Avec les plombiers c’est pareil. 
Je note dans mon agenda. 

– “… De toute façon, moi les brocolis blancs, z’aime pas trop ça et même si Clara elle en mange moi j’trouve qu’les verts y’ sont meilleurs et en plus…

Tiens, brocolis blancs et verts… Si j’en faisait un blog ? 
Humph. Non. Finalement, l’histoire des rhinos c’est mieux. 

BON, mon adoration, c’est l’heure de prendre le bain, tu viens ?”

– “Ah OUI MAMAN CHERIE !!!! Et Tu sais quoi ?”

– “Non mon chéri, dis moi ??”

– “J’adoooooore discuter avec toi.”


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Découvrir la randonnée d’Orange Kloof

Sachez-le, amis capétoniens : 

Cette balade est non seulement 
l’une des plus exclusives du Cap

Mais aussi – étonnamment – la moins connue
 des habitants sud africains.  


La Vallée d’Orange Kloof est remarquable à plus d’un titre. 

Accessible depuis le rond point de Constantia Nek, cette randonnée de près de 10 km et 5 heures de marche – si vous la faites en entier – traverse le versant nord-est du massif de la Montagne de la Table, et s’étend sur une zone totalement protégée : un lieu de conservation de la faune et de la flore exceptionnel. 

Un permis officiel est nécessaire pour prétendre s’y aventurer, et il n’offre le droit à la balade que pour 12 personnes chaque jour, avec un guide accompagnateur obligatoire !
Autant vous dire qu’on est plutôt pénard durant la marche, pas vraiment gêné par le touriste. 

Le marcheur passe d’un chemin à flan de colline, à une gorge ombragée qui serpente au travers d’une forêt primaire intacte de Yellowoods…

… Le long de la Disa River et du Woodhead Tunnel – percée de 600 mètres dans la Montagne de la Table – qui servit à acheminer l’eau potable jusqu’à la ville du Cap à la fin du 19ème siècle :

… Avant de découvrir des trous d’eau cristallins et purs, dont la transparence se reflète dans les couleurs chatoyantes des sols…

… Et d’atteindre enfin le clou du spectacle : la cascade de Hell’s Gate découverte en 1895. 

Une politique de suppression progressive des espèces aliènes – essentiellement le pin importé d’Europe au 17ème siècle dont l’acidité a transformé et tué les sols au fil des siècles – est en cours depuis une trentaine d’années. 
Le fynbos originel reprend donc ses droits, et avec lui les quatre principales familles de plantes endémiques de la région : 

–  les Géophytes : plantes vivaces à bulbe qui résistent particulièrement bien à la chaleur et aux incendies fréquents

– le Restio, sorte de chaume dont les Sud Africains ont longtemps usé pour construite les toits de leurs maisons au Cap.

les Bruyères aux couleurs flamboyantes.  

les Protea, symbole de l’Afrique du Sud. 
On y observe donc un nombre phénoménal d’essences et de fleurs. En voici quelques unes :

Gladiolus brevifolius (Autumn Pipes)
Disa Ferruginea (Cluster Disa)
Indigofera Filifolia 
Famille des pois de senteur.
Amaryllis Belladonna (March Lily)

Syncarpha Vestita (White Everlasting / Cape Snow)
L’Immortelle version sud africaine.
Disa Graminifolia (Blue Disa)
De la famille des orchidées sauvages, endémique au Cap. 
Aristea Africana.
Peucedanum Galbanum (Blister Bush) ressemble beaucoup à du persil plat mais attention DANGER : 
de la même famille des carottes, sa piqure est aussi violente que celle des orties, mais combinée à une exposition solaire, elle peut laisser des marques de brûlure à vie et faire souffrir la victime plusieurs années durant. 
Drosera trinervia : plante carnivore typique de l’Afrique du Sud.
King Protea, la plus célèbre des fleurs sud africaines !

Elle est idéale avec des enfants (de + de 5 ans) en été, à cause des trous d’eau et de la cascade où ils peuvent se baigner, à condition de la faire partiellement. 



Une forêt indigène unique.

L’un des fynbos les plus variés de la région, notamment avec la Disa Uniflora, une orchidée rouge sauvage, rarissime et ultra protégée qui pousse entre janvier et mars, spécialement le long des parois humides des chutes d’eau de cette réserve naturelle.

Des paysages à couper le souffle. 

Une tranquillitéune solitude et un sentiment d’exclusivité que l’on retrouve rarement ailleurs. 

Attention, les réservations se font en moyenne trois mois à l’avance. 
Contactez donc Justin, ingénieur passionné de botanique et reconverti dans les randonnées, qui vous fera découvrir ce petit paradis.

Justin Hawthorne – info@tablemountaintrekstours.com

“Ronfler, c’est dormir tout haut.”

Bon. 

Ça aussi, 

on en parle ou pas ? 


Après la bataille de la lumière-le-soir-avant-de-se-coucher : les ronflements dinausoresques du conjoint.

Remarquez, après tout, les dinos ne ronflaient peut-être pas ?
Je n’en sais rien. 

M’enfin, c’est pas l’propos. 

Le sujet du jour est délicat à traiter. 
Mais il fait partie de notre quotidien de couple et joue définitivement sur notre santé physique et morale. 
J’ai donc considéré qu’il fallait l’aborder.


Mardi. 
22:07.
Genial. 
Il a accepté d’éteindre la lumière tôt. 
Pas besoin de se bagarrer ce soir. 
Trop contente. 

Trois minutes passent. 

Ton esprit divague avec délices et sombre dans ce brouillard typique qui précède l’endormissement. 

Et c’est là que tu l’entends. 

Le “zzzzzzzzzzzzzzzzzzz….”

Qui monte. 
Là, tu sais que tu as perdu la partie. 

Tu l’a perdue car tu as eu le malheur de ne pas t’endormir en premier.

Et c’est foutu. 

La locomotive démarre doucement.
Le souffle regulier. 
Le raclement de fond de gorge qui s’intensifie.

Denis Papin est sur sa lancée. 

Au debut, tu lui poses gentiment la main sur l’épaule ou le bras. 
Mais il se rebiffe d’un : ” Maiiiis grrrrrmgnnnnph. Merde chérie, KÔÂ !!?”

T’as eu peur de te faire mordre, soyons honnête. 

Alors après ça, tu testes l’approche prudente : 
– Tu secoues le matelas en te demontant le dos. 
– Tu siffles. 
– Tu tentes même un “chuuuuuuut !!!!” asséné avec le plus de douceur possible. 
– Tu essaye de le pousser pour qu’il se retourne. Mais 90 kilos profondément endormis, ça ne se bouge pas comme ça…

Une fois les premières vingt minutes écoulées, tu insistes avec un léger “Chéri…S‘il te plait…” susurré dans ton coin.

Tout aussi inefficace. 

Evidement, avec le temps qui passe irrévocablement, le train à vapeur est chaud-bouillant. Maintenant il fait presque trembler le sommier…

C’est là que tu te forces à te lever et à aller chercher les Boules Quies dans la salle de bain. 

Enfin… Au début. Pass’qu’avec le temps tu as pris l’habitude de les laisser sur ta table de nuit. Tu n’as plus qu’à tendre le bras. Rapport à la régularité avec laquelle tu les utilises.

Mais, disons-le sans ambages, ça ne suffit pas.

Non, non : mousse, cire, coton, j’ai tout essayé. 
Aucune ne fonctionne. 
Elles atténuent juste légèrement le raffut. 

A ce stade, tu cales ton esgourde gauche sur l’oreiller et tu poses ta main droite sur l’oreille droite, voire tu recouvres le coussin dessus, en pressant avec tes doigts.
Alleluia !

Le vacarme s’est miraculeusement transformé en un bruit de fond étouffé, perceptible, mais supportable ! 

Tout redevient possible !

Malheureusement, au bout d’environ quatre à cinq minutes dans cette position, tu as des fourmis dans les doigts. Ta main droite est totalement engourdie. 

Retour à la case départ. 

Tu enregistres ses ronflements sur ton portable et tu passes ensuite la bande tout près de lui, pensant que, peut-être, s’entendre lui permettra de prendre conscience de la situation.

Rien n’a foutre.

Ça ne le perturbe absolument pas. 

C’est le moment où il commence sa petite séance d’apnée du sommeil.
Vous savez : la personne inspire. Puis bloque sa respiration. Au début tu te dis que ça va aller. Au bout de 30 secondes tu t’assois dans le lit et tu t’approches de lui pour écouter. Après une minute entière de silence, tu es en panique. Et au moment où tu décides de hurler car tu crois qu’il est en arrêt cardiaque : “PFFFFFFFFFFFFFFFFFLLLLLLLLL…..”. 
Il te déblatère – tel le chameau – une énorme goulée de dioxyde de carbone dans la tronche. 

La bonne nouvelle, c’est que tu es soulagée : il est vivant. 
La mauvaise, c’est que tu as maintenant totalement perdu le fil de ton sommeil.  

T’as les quinquets grands ouverts, même épuisée. 

Il est minuit et demi passé, ça fait près d’une heure trente que tu tournes. 
Tu n’en peux plus, tu as besoin de dormir.

Alors tu finis par le secouer UN BON COUP.

A la différence de toutes tes tentatives précédentes, celle-ci a l’avantage de le sortir de ses ronflements.

– “KÔÔÔÔÂÂÄÄÂÄÂÄÂÄÂÄ !!!!

– “Chéri… Tu ronfles… Retourne-toi s’il te plait, je n’en peux plus…

– “PUTAIN !!!! KEST’AS !!!! METS TES BOULES QUIES ! A cause de toi je vais pas pouvoir me rendormir !!!”

Là, tu pètes un cable :

– “MAIS J’AI DÉJÀ MES BOUCHONS, ABRUTI !!!!! TU RONFLES COMME UN MALADE C’EST INSUPPORTABLE BORDEL !!!!

Je sais. 
Sympa, l’ambiance chez nous, sur les coups d’une heure du mat’…

En général, il finit par se retourner.

Là, tu sais que tu as entre une et trois minutes avant que le cauchemar ne reprenne.

Et plus tu y penses, moins tu dors.

Ça y est… Il a recommencé. 

Au niveau d’exaspération et de rage dans lequel tu te trouves, tu as juste envie de prendre ton coussin et de lui fracasser sur la tête. 

Mais tu es civilisée.
(Et tu sais que dans un sommeil aussi profond, il serait bien capable de te coller un pain.)

Alors tu tournes et tu te retournes. 

Sur les coups de 02:00 ou 03:00 du mat’, tu t’endors d’épuisement.

06:55, le réveil sonne. 
Tu es au bout de toi même. 

Et là le mec, amnésique et frais comme un gardon, il te dit : 

– “Bien dormi, ma chérie ?!”

Dur dur d’être un p’tit expat’ – Chapitre 1

Avec le temps, je réalise qu’on se complique parfois vraiment trop la vie, avec les enfants. 


J’avais oublié de vous en parler :

Dernier jour avant les vacances scolaires de février, il y a de cela une quinzaine de jours. 

Je me débarrasse sur le siège avant gauche – on conduit à droite ici, je vous rappelle – des nombreux cahiers, sacs, travaux et autres oeuvres d’art produites par mes Jujutrépides chéris durant les six dernières semaines, et qui valent leur pesant d’or massif. 

Les enfants grimpent dans la voiture et s’attachent.

On démarre.

Je n’ai pas encore eu le temps de passer la première pour descendre du trottoir, que Tancrède prend immédiatement la parole : 

– “MAMAN ! La vie, ELLE EST PAS ZUSTE !”

Je pressens que l’après-midi va être mouvementé. 

– “Ah oui, mon coeur ? “

– “POURQUOI maman est-ce que nous, not’ famille, y’ vivent PAS avec nous !?!?!?”

– “?!?!?!?!? Je n’ai pas compris chéri, De quoi parles-tu ? On vit tous ensemble à Cape Town avec toi, ton frère, ton papa et moi, non ?”

– “Nooooooon ! Ze parle des aut’ gens d’la famille et de tous les gens k’on aime !”

– “Et de me citer les noms de tous ses amis sud africains ou français installés sur le long terme au Cap, qui vivent à côté des papys, des mamies, des cousines et autres taties du douzième degré.”

Je réalise que c’est officiellement la première fois depuis leur naissance qu’ils se plaignent de notre vie de nomades. 

Ayant moi-même vécu la majeure partie de mon existence à l’étranger, je m’aperçois que je n’ai jamais vraiment réfléchi à l’éventualité que cela ne leur convienne pas, ni anticipé le moment où nous aurions cette discussions pourtant assez inéluctable. 

L’expatriation est une telle chance que l’on pense rarement aux aspects difficiles de cette vie mouvementée. Un tel privilège, que l’on ose difficilement avouer ou reconnaitre les complications pourtant parfois lourdes qu’elle représente. 

– “Mon amour, je comprends, oui, c’est dur d’habiter loin des gens qu’on aime… Heureusement on les voit chaque année, pas vrai ?”

– “Oui mais c’est pô beaucoup maman…”


– “Non, c’est pas beaucoup…”


– “Pourquoi ils viennent pas tous vivre ici ?”


– “Mais ils ont tous leurs vies, mon amour, leur travail, leur maison, tout ça… Tu comprends ?”


– “Oui…”


– “Mais tu sais mon coeur, il y a beaucoup de bonnes choses ici… Un beau ciel bleu presque toute l’année au lieu de la pluie, l’océan, la nature partout autour de nous au lieu de la pollution… Vous apprenez l’anglais, vous avez plein d’amis qui viennent de plein de pays différents…”


Le silence de mon fiston commence sérieusement à m’angoisser. 
Je décide alors de sortir ma carte maitresse, celle qui fait mouche – sans mauvais jeu de mot – 92,7% du temps  : 

– “… Et puis… On voit plein d’animaux INCROYABLES ici, des lions, des éléphants… “

Silence.

– “… D’ailleurs la semaine prochaine on repart faire un safari dans un endroit où y’a PLEIN DE RHINOCEROS !”

– “… Un SAFARI !?!? DES RHINOS ! CH’EST VRAI !?”


– “Bin oui…”


– “Supeeeeeeer maman ! ‘KRO BIEN ! Alleeeeeez, on va faire les valiiiiiiises !”


Comme quoi, souvent, avec les enfants, mieux vaut faire simple. 


Mère Indigne

COMMENT ils arrivent à retourner 

les situations comme ça, je ne sais pas. 

Vraiment pas. 

Mais enfin… Je fais face :

– “MAMAN !!! Donne TOUT DE SUITE des bonbons à mon frère !”

– “Sur un ton pareil, c’est même pas la peine d’y songer, fils.”

– “MAIS C’EST TOI K’AS COMMENCÉ !!”

– “Tu plaisantes, j’espère, Tancrède.”

– “Bin non m’an ! J’plaisante pas !”

– “C”était une interrogation purement rhétorique, chéri.”

– “?!?!?”

– “Ton frère s’est mal comporté depuis ce matin. Il m’a mal parlé. Il n’a pas tenu sa promesse, donc il est puni.
Tout le monde aura un bonbon dans cette voiture sauf lui. 
C’est tout. 
No discussion.”

– “Et bin alors, pis’que c’est comme ça, si tu lui donnes pas, et bin… Z’en veux pas non plus. Merci.”

– “Pas de problème fiston, ça en fera plus pour maman, elle est RAVIE.”

Silence dans l’habitacle. 
Je plonge ostensiblement ma main dans le paquet de nounours Haribo. 
J’en tends un à leur père, bien en hauteur pour qu’ils le voient. 

Je sais. 
Les petites vengeances des mères sont ignobles.

Je les sens qui bouillonnent derrière, sur leurs sièges-auto. 
Heureusement qu’ils sont attachés, sinon ils auraient explosé. 
Intérieurement, je me marre. 

Je pioche deux nouveaux bonbons et les glissent dans ma bouche. 
Le bonheur. 

– “Mhhhhhuuuuum. Trop bons ces nounours, hein chéri ? Surtout quand on n’est pas obligé de les partager avec les garçons, pas vrai ?!”

Je sens le regard mi amusé mi réprobateur de leur papa.  

A ce stade, je sais que je n’ai plus à attendre longtemps. 

Cinq.
Quatre.
Trois. 
Deux. 

– “Mamaaaaaan… Tu sais k’c’est pô bien c’que tu fais ?”

– “Hummmoui ? Qu’est-ce à dire ?”

– “…C’est vilain pour une maman de faire c’que tu fais. Vraiment vilain…”

La capacité de ces morveux à nous culpabiliser… C’est un TRUC DE DINGUE.

– “Ah oui ? T’as raison. Affreux. 
Huuuum. Moi c’que j’préfère, c’est les blancs. A la poire. 
Ou les verts. Mais je sais pas à quoi y’ sont ceux-là.”

– “MAMAAAAAAn !!!!! T’es HORRIB’ !!!!!”

– “Je sais, fils. T’as pas d’chance d’être tombé sur une mère comme moi.”

– “Maman… Tu sais pourquoi j’ai pas voulu de bonbons non plus tout à l’heure?”

– “Nan, dis moi.”

– “Pass’que j’voulais sout’nir mon frère.”

– “Moui. Je sais. C’est un truc que vous faites souvent toi et Trystan. Depuis que vous êtes nés, en fait. J’ai failli finir à l’asile à cause de ça, d’ailleurs, mais finalement je me suis endurcie à la place. En tant que mère, je veux dire.”

J’achève ma phrase en terminant le dernier bonbon du paquet. 

– “… Tu comprends pas maman… Quand mon frère il est triste, moi, ça m’brûle le coeur comme si j’vais mourir !!!

Je me retourne vers l’arrière du véhicule.
Tancrède à les yeux remplis de sanglots. 
Le menton qui tremble. 

Trystan à l’air complètement abattu. 
Les ailes du nez qui qui gonflent, comme quand il s’apprête à fondre en larmes. 

Leur père me regarde soudain d’un air terriblement sévère. 

Je me retourne à nouveau face à la route.

Et m’installe confortablement dans mon siège. 

Avant d’ouvrir le second paquet et d’en retirer un premier bonbon rouge.

Que je porte à ma bouche, avec délice. 



C’est qu’ils ont encore failli m’avoir, ces trois saloupiots. 
#5AnsEtDemisD’Expérience
#OnM’LaFaitPlusAMoi
#PasDePitiéPourLesJujus

Ta mère-en-vacances

Nous revenons tout juste de congés,

avec les Jujutrépides. 


Apres la sociologie des sacs-de-mères et celle des mères-aux-goûters-d’-anniversaires, c’est donc l’occasion pour moi de vous parler du comportement DES-MÈRES-EN-VACANCES !


Martine et le sac à langer. 
Martine fait des gâteaux. 
Martine à la plage.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, le sujet du jour est :
Quelles sont les situations et les attitudes communes des mères lorsqu’elles sont en vacances avec leurs gamins ?
(Enfin… “Vacances”… On s’cromprend.)

Autrement dit : à quoi reconnait-on une maman d’enfant(s) en bas âge parmi les femmes présentes sur un lieu de villégiature ?


Alors commençons par le commencement : 

Tu as celle qui essaye désespérément de sortir de la piscine à vagues. 
Elle marche bizarrement. 
Mais c’est normal : son môme de deux ou trois ans est accroché à sa cheville. 
Elle le traine littéralement derrière-elle, tel le boulet – sens propre et figuré – qu’il est. 
Elle ne s’en rend même plus compte. 
Elle vise juste sa serviette, posée sur le sable à 11 mètres cinquante de là.
Elle se dit d’ailleurs que c’est l’occasion de travailler au raffermissement des cuisses. 
Tu l’aperçois alors qui se tient bien droite, les épaules abaissées, et qui force sur les abdos histoire de tirer le meilleur bénéfice musculaire de son haltère infantile intégrée. 

Mais je vous l’accorde : c’est trop facile.
Puisque sa marmaille est scotchée à elle. 

Citons donc d’autres exemples plus subtils : 

Tu reconnais les mères, car ce sont celles qui ne bouquinent pas, peinardes, sur la plage.
Elles ne roupillent pas, grillant lentement au soleil, badigeonnées – tel de jolis gigots-de-sept-heures – d’huile-à-paillettes-qui-sent-prodigieusement-bon.
Non. 
Elles, elles ressemblent à Robocop.
Voire à Terminator, avec son oeil carmin :
Elles sont tendues comme les arcs des samouraïs.
Assises, rigides, sur leur transat. 
Le dos droit, les jambes croisées. 
Tous les sens en alerte. 
Derrière leurs lunettes de soleil, leurs yeux balayent la piscine, les toboggans ou le parc tel les radars infrarouges-dernière-génération : elles surveillent leur progéniture.
Celle-là même qui se donne tant de mal pour s’éclater la tête sur un rocher / se noyer / brûler des épaules qu’elles ont pourtant pris soin d’enduire de crème 50 / emmerder les autres vacanciers en leur balançant du sable dans la tronche ou en piétinant leur serviettes…
Toussa toussa.

Mais le meilleur indice, reste celui-là :
Tu reconnais la mère car à partir du moment où une femme a procréé, elle présente toujours le même symptôme qui la trahit, quelque soit les circonstances : 
Dès qu’un môme hurle “mamaaaaaaaan !”, elle se retourne. 
Elle sait qu’il n’est pas à elle. 
Elle le sait, car elle ne quitte pas le sien des yeux. 
(Il creuse justement des trous dans le sable juste devant elle.)
Elle le sait car elle reconnaitrait la voix de son petit parmi tous les enfants de la planète. 
Mais elle se retourne quand même. 
Elle n’y peut rien. 
C’est plus fort qu’elle. 
C’est pavlovien. 

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Découvrir le sculpteur sud africain Dylan Lewis

Aujourd’hui, j’avais envie de partager avec vous 

ma dernière découverte culturelle sud africaine, 
un peu discrète, voire même un peu secrète : 
Le jardin de Dylan Lewis

l’un des plus grands sculpteurs du pays.


Dylan Lewis est né en 1964 à Johannesburg et a suivi des études d’art, de taxidermie et de peinture, avant de créer en 1993 sa propre fonderie d’art de bronze.
Depuis, il n’a cessé d’exposer en Afrique du Sud et partout dans le monde, de vendre à Christie’s ou Sothebys. 
Il s’est autorisé une courte année sabbatique en 2005 pour voyager au coeur du Tibet et approfondir sa réflexion autour de ce qui alimente toute sa création : la Nature. 

La “Nature” qu’il lie directement à la “nature humaine” et à notre existence. 
Très intellectuel, le processus créatif de cet artiste se trouve précisément dans ce paradoxe.
Au croisement de cet équilibre instable et précaire entre notre partie animale – qui gère à la fois notre créativité, notre besoin de liberté, notre intelligence mais aussi notre violence, notre sauvagerie et notre férocité – et notre côté “domestiqué” d’animal social dont les règles de vie en communauté briment l’aspect instinctif de nos actions, nous pousse à vouloir dominer la Nature au travers du progrès et au détriment de l’environnement, mais créent aussi une vie riche en émotions et en constructions intellectuelles. 

Son parcours est d’ailleurs très représentatif d’un travail de retranscription artistique de cette évolution intérieure : de l’animal vers des fragments d’animaux, puis vers l’être humain, puis des fragments d’humain. 
Où s’arrête notre animalité, où commence notre humanité ? 
Ou commence notre nature, où s’arrête-t-elle, formatée par la culture ? 
A quel point l’Homme peut-il domestiquer sa nature ? 
Un fond de lui-même, peut-il demeurer indomptable, tout en vivant avec les autres ?
Un vrai questionnement philosophique qui évolue au fil des années et de son travail. 

Les paysages et les animaux occupent donc une place de choix dans ces oeuvres, ainsi que le corps humain, qu’il n’a de cesse de vouloir déstructurer. 
Evoquer la présence en montrant l’absence, et inversement. 
Des morceaux anatomiques qui disparaissent comme la frontière entre notre humanité et notre animalité, entre les hommes et les bêtes. 

Sa quête ultime étant d’atteindre l’équilibre entre ces deux extrêmes : le point mythique où se trouve l’harmonie
La tention entre ces deux pôles générant de la beauté et alimentant la source de son art. 

C’est en 2009 que Dylan Lewis a décidé de créer son jardin d’exposition : au pied des montagnes du Drakenstein, à quelques minutes de Stellenbosch, celui-ci fait, de l’autre côté, face à la Montagne de la Table. 
Dégagées et paysagées, les allées serpentent le long de petites collines, contournent des étangs de nénuphars, se perdent dans des buissons indigènes ou des amas d’arbres plantés là volontairement pour abriter un banc ou un espace de méditation. 
La sérénité et le calme qui y règnent évoquent un jardin japonais, sa structure aussi, mais le soin apporté aux plantations endémiques du Cap lui donne un aspect rugueux, aussi complexe et torturées par le soleil que les oeuvres par l’artiste. 
De nombreux animaux habitent ce lieu. Des léopards et des chacals ont même parfois été aperçus au pied de la montagne, à quelques kilomètres de là. 


Soixante de ses sculptures ont été placées tout au long de ce sentier initiatique – 4 km en tout – montrant la voie du cheminement intellectuel et l’évolution créatrice de l’artiste. 



Son studio quant-à-lui, bâti sur une ancienne ferme de pommiers, abrite une galerie de son travail en cours, de ses croquis, de ses recherches, ainsi que les objets préférés qui continuent d’inspirer son quotidien. 



Le jardin se visite gratuitement du lundi au vendredi à partir de 9:30 du matin et le samedi de 10:00. 
Vous n’y verrez en revanche pas le sculpteur.

A découvrir  !


Pourquoi les mères passent-elles leur temps à hurler ?

L’autre jour, 

je me suis vraiment poilée 

devant cette vidéo virale :

Mettez le son.

Enfin poilée. 
Oui et non. 

J’ai ri de bon coeur en me retrouvant intimement dans le personnage de cette nana hystérique.

Mais ma gorge s’est serrée en pensant que nous en étions toutes plus ou moins là, devant les mêmes déboires et le même naufrage de la parentalité idéale que nous imaginions, avant d’avoir des enfants.  

Pourquoi les mamans passent-elles leur existence à hurler ?

C’est la question du jour. 

Je la pose mais je connais bien la réponse.
En tout cas la mienne. 
Je suis sûre qu’en la partageant avec vous, elle vous parlera, chères lectrices.
(Et lecteurs d’ailleurs. Même si vous n’aboutirez probablement pas aux mêmes conclusions que nous.)

La réponse est simple, elle tient en quatre arguments : les C.R.I.S

Craquage

Rabâchage 
Indifférence
Solution 

A noter qu’à ce stade de notre existence, nous avons tendance à mettre les enfants et les maris dans le même sac, leurs attitudes et leur réactions présentant certaines similarités assez déroutantes.  


1. Le craquage 
Parce que nous passons notre vie à lutter contre la fatigue, voire même l’épuisement, notre premier geste du matin – sortir du lit  – est déjà une bataille.
Imaginez les seize heures qui vont suivre…
La patience n’étant pas nécessairement notre qualité première, concevez la force intérieure dont il nous faut faire preuve en fin de journée pour rester calme face aux multiples provocations de notre progéniture.
Surtout quand notre moitié en rajoute une couche.
(Au lieu de LA CHANGER, la couche.)
Comme nous ne sommes pas des sur-femmes ni des licornes magiques, nous finissons par craquer. 

–> Solutions 

* Nous forcer à nous reposer. Parce qu’une mère qui n’avance plus, c’est une famille qui pédale dans la s’moule.
* Baisser notre niveau d’exigence (propreté et rangement de la maison, rapidité de règlement des questions en suspend, etc.)



2. Le rabâchage
Que ce soit le mari (souvenez-vous, ici) ou les gosses, il nous faut répéter en moyenne 30 à 40 fois la même demande pour obtenir un (début de) résultat.
Rien de tel pour user nos p’tits nerfs.
Une manière de régler le problème serait de tout faire nous-même, le cas échéant.
Mais cela présente l’inconvénient majeur de nous ramener au point n°1 de ce poste.

–> Solutions

* Obtenir plus d’aide du père, de la famille, des amis, de l’extérieur. 
* Baisser notre niveau d’exigence (propreté et rangement de la maison, rapidité de règlement des questions en suspend, etc.)


3. L’indifférence

Parce que nous faisons encore trop de choses seules.
Parce que nous n’avons en général pas assez d’aide. 
Parce que trop de responsabilités du quotidien reposent encore sur nos seules épaules, dans l’indifférence générale et souvent du couple. 
Parce que cela conduit à réduire comme peau de chagrin le temps disponible pour nous-même et notre épanouissement personnel. 
Et parce que dans ces conditions, devenir mère rime avec un pénible sentiment d’aliénation de notre liberté, nous avons alors tendance à nous laisser aller à la frustration. 
Et quand on est frustrées, nous, les femmes, on gueule. 

–> Solutions 

* Améliorer notre communication de couple en réussissant à faire passer les messages qui nous sont prioritaires.
* Baisser notre niveau d’exigence (propreté et rangement de la maison, rapidité de règlement des questions en suspend, etc.)



4. La solution
Parce que clairement, quand on hurle, ça marche. 
Soit parce que notre douce voix leur est insupportable, soit parce cette démonstration de violence leur permet enfin de sortir de leur torpeur et d’entendre/comprendre qu’on a besoin d’eux. 
C’est triste à dire. 
C’est même un aveu d’impuissance et d’échec, car cette méthode aboutit le plus souvent au conflit ou à faire montrer d’un cran la tension intra-familiale. 
Mais c’est ainsi…

–> Solutions 

* Se forcer à chuchoter lorsque nous sortons de nos gonds, en lieu et place des cris. Pour vous entendre, les autres doivent se taire et tendre l’oreille. La méthode présente aussi l’avantage de vous obliger à faire redescendre votre colère. Il semblerait que son efficacité dépende toutefois de votre autorité naturelle. A bon entendeur… 

* Baisser notre niveau d’exigence (propreté et rangement de la maison, rapidité de règlement des questions en suspend, etc.)


Voilà.
Si on vous reproche de crier tout le temps, vous saurez quoi leur répondre. 
PAF.