Un Arc-en-ciel en plein jour

Ooooh mes ‘zamours, 

regardez le bel arc-en-ciel !

Juste au dessus de la maison !


Nous rentrions de l’école ce jour là, quand un magnifique arc-en-ciel est apparu, juste devant nous, au bout de la route, avec sa base exactement à l’emplacement de notre habitation. 


J’ai donc ralenti sans trop de scrupules, voyant dans mon rétroviseur se former une file de voitures, roulant au pas dernière moi, visiblement occupées comme nous à admirer ce si beau et poétique phénomène naturel. 

– “WOUaaaah maman, il est magnifique ce rainboooow !”


– “Oui, n’est ce pas ? Mais en français on dit arc-en-ciel Titi, tu te souviens ?”


J’observe alors du coin de l’oeil mes fistons fascinés, leurs petits nez collés à la vitre de leurs portière, silencieux et rêveurs. 


– “Vous savez mes trésors, c’est comme pour les étoiles filantes, quand vous voyez un arc-en-ciel, il faut faire un voeu. Ça porte chance !”


A peine après avoir terminé ma phrase, je me demande bien pourquoi je leur ai dit ça. Superstition. Habitude culturelle familiale…

Boarf. 
Trop tard de toute façon. 

Remarque collégiale immédiate : 


– “Maman, c’est quoi un VOEUX ???”

Erreur de débutante. 
Parfois, je me demande comment je peux encore tomber dans le panneau et m’auto-piéger aussi facilement…

– “Euh, et bien… Un voeux, c’est un souhait que vous faites, quand vous voulez vraiment quelque chose. Vous y pensez tellement fort, que ça finit par arriver.
Par exemple : 
Je voudrais vraiment vraiment faire le tour du monde un jour. 
Ou bien, je voudrais vraiment vraiment qu’il n’y ait plus de guerre dans le monde. 
Ou encore… Je voudrais vraiment vraiment que Trystan et Tancrède soient heureux durant toute leur vie. 
Vous voyez ?

Silence dans l’habitacle. 

Trystan prends alors la parole : 

– “Et bin wouala : MOI M’an, j’voudrais vraiment vraiment k’on vive ici pour touzours. Z’aime vraiment vraiment beaucoup mon école.” 

– “Ah, super ton voeu mon coeur ! Et toi Tancrède, c’est quoi le tiens ?!” 

Les yeux dans le vague, je vois mon fils réfléchir en regardant dehors. 
D’une voix blanche, il me répond alors : 

– “Moi j’voudrais que toi et papa vous mourez jamais…”

#AuSecours
#5ans
#MonFilsSePrendTropLaTête
#MaisPourquoiCePauvrePetitEstIlDoncAussiTorturéBordel?

Démence maternelle précosse

Non mais je vous assure, 

en fait, 

‘faut PAS paniquer. 

Tout va BIEN. 


Vous n’imaginez pas comme le symptôme est courant. 

Vous ne pouvez pas savoir comme nous sommes nombreuses. 

Donc keep cool, l’internement c’est pas pour tout de suite…

– “Nan mais Pom, j’te jure c’est horrible ! J’crois que j’ai Alzheimer qui commence… Je suis hyper inquiète…”

Le nombre de fois où j’ai entendu cette phrase.

Vous retrouvez régulièrement votre téléphone dans le congélo ou dans un tiroir de votre bureau ? 

Vous dévalez les escaliers quatre à quatre pour faire un truc et arrivée en bas, vous vous arrêtez subitement… Car vous ne vous souvenez plus pourquoi vous êtes descendue ? 

Vous étiez TELLEMENT CERTAINE d’avoir dit à votre tendre moitié qu’il y avait un diner prévu ce jour là, à la maison. Vous vous revoyez même lui dire !
Mais en fait non. 

Pour les copines nomades, qui vivent aussi avec un formulaire AGS/Déménageurs Bretons greffé sous l’aisselle : vous vous réveillez en pleine nuit pour aller faire pipi et vous vous prenez un mur parce que vous avez oublié que vous venez d’emménager dans une nouvelle maison où la salle de bain est à droite et non à gauche. 
Et/ou
Vous marchez dans la rue et tout d’un coup, ça ne dure qu’un centième de quart de seconde, mais vous ne savez plus dans quelle ville vous vous trouvez et ce que vous foutez sur ce trottoir.

Toussa, toussa. 

Du calme. 

Vous n’êtes pas (forcément) atteinte de cette épouvantable, tragique et irréversible dégénérescence du tissu cérébral. 

Vous êtes probablement un peu surmenée mentalement. 

Tout simplement. 

Pensez-y :

– Nous passons notre vie à être interrompues dans nos actions : 
“Mamaaaaan, elle-est-où ma patafiiiiixe ?”
“Chériiiiiie, elle-est-où ma chemise à col bleu ?”
“Mamaaaaan, où-t’as-mis mon polo veeeeeert ?”
“Chériiiiiie, tu me sors la dernière facture d’eauuuuuu steuplé viiiiiite !!!”
Etc.
Nous perdons régulièrement le fil de notre réflexion. 
Ces perturbations nous empêchent de conserver notre sérénité et contribuent  donc à entretenir un certain désordre intérieur. 

– Notre existence tourne autour de l’organisation, des to-do listes et autres choses à faire pour notre progéniture, nos compagnons et – quand il reste un peu de temps – pour nous. 
Nous transformons par la force des choses notre pauvre cerveau en ordinateur de poche, en permanence branché sur ce qu’il ne faut pas oublier de faire.
Nous le maintenons donc en surchauffe constante
Le sac de piscine des gosses jeudi aprem, la box du gouter, tous les matins, le devoir de géo pour lundi, l’électricien à rappeler avant vendredi, acheter du papier pour l’imprimante, prendre RV pour les vaccins en juin, l’anniversaire de Tatie après-demain, faire envoyer des fleurs à la voisine dont-le-mari-plombier-a-été-si-gentil-avec-nous-quand-le-ballon-d’eau-chaude-a-explosé-avant-hier-en-pleine-nuit, racheter du Doliprane à la pharmacie en prévision, et de l’huile essentielle de géranium pour lutter contre l’épidémie de poux à l’école, ne pas oublier de noter “Nesquik”, “lessive” et “beurre” sur la liste des courses de la semaine prochaine …
Bref. Vous avez compris. 

Rajoutez à cela un manque chronique ou une baisse significative de la qualité du sommeil – liée aux gosses et/ou aux ronflements de l’être aimé – les hurlements réguliers de nos lardons, voire un patron plus crétin que la moyenne qui vous rend la vie impossible, et HOP ! Le tour est joué. 

Sauvegarde des données. 

Shut down. 

Reboot. 

Et c’est reparti pour un tour.  

La nature est décidément bien faite. 
Y’a pas de quoi s’inquiéter. 
Vraiment. 

https://www.facebook.com/EmmanuelleTabaretIllustrations

Limace ou escargot ?

Il est vrai qu’avec nos Jujutrépides, 

ça commence souvent comme une blague. 


– “Papaaaaaa !?”

– “Ouiiiii Trystaaaaaan ?”

– “Tu sais pourquoi les escargots ‘y zont une carapace, et pas les limaces ?”

Il est 7:58 par ce matin brumeux d’automne à Cape town.

L’habitacle de la voiture était resté silencieux jusque là.

Nous arrivons dans quelques minutes à l’école. 

– “Hem… Heu non, Trystan, je ne sais pas. Pourquoi ?”

Sympa, le père, dès le matin, de jouer le jeu.
Il aurait pu classer l’affaire sans suite en répondant “bin parce que c’est juste pas la même espèce d’animaux”. 

Mais je découvre sur la page wikipedia à l’instant que c’eût été faux :
Ce sont tous les deux des gastéropodes, figurez-vous – Ah bon, vous le saviez ? Ah… Okay. – différenciés uniquement par la présence d’une coquille.
Ou non.  
Donc. 

Bref. 
Revenons-en à nos mollusques :

– “C’est facile, papa. Les limaces, en fait, c’est des escargots QUI SONT ENCORE PETITS, comme Tancrèd’ et moi par exemp’, et qui vivent encore chez leurs parents.
C’est quand y’ d’viennent grands qu’ils vont chercher une maison et alors, à ce moment là, il DÉMÉNAZENT dans une carapace à eux.”

#LesLimaces
#CesTanguysDuRègneAnimal
#FousLesDehorsChéri

Découvrir Cape Town en Kayak

Pour le cas hautement improbable  
où certains d’entre vous n’auraient pas compris 
– depuis presque trois ans que je vous en parle – 
à quel point j’aime la ville de Cape Town, 
j’ai eu envie aujourd’hui de vous la faire voir
avec des yeux différents.  

Car cet endroit, entre autres particularités exceptionnelles, présente la spécificité de pouvoir être admirée sous de très nombreux angles différents, chacun mettant en valeur un aspect distinct et précis de la ville:


L’AIR


Naturellement, vous vous souvenez peut-être du tour en hélicoptère que je vous avais fait faire ? Sans doute la manière la plus impressionnante – et la plus onéreuse – de découvrir la ville et d’appréhender sa structure et sa construction si spéciale autour de la Montagne de la Table.  

Les vols en parapente offrent aussi une splendide vue du ciel, mais la plupart d’entre nous étant malgré tout légèrement tendus lors du saut, il y a fort à parier que vous profiterez moins des paysages que lors de votre baptême en hélico.



LA TERRE

Je vous avais également parlé de cette magnifique balade à bord des doubles bus rouges, très touristique, mais extrêmement bien pensée et dont les commentaires passionnants offrent l’un des meilleurs moyens pour connaitre et comprendre rapidement l’organisation et l’histoire de la ville. 


Je vous avais aussi présenté quelques panoramas fabuleux – ici et , par exemple – que l’on peut observer à pied, en faisant l’effort de randonner quelques heures dans le Fynbos – le maquis local – qui recouvre la montagne omniprésente au Cap et qui permet d’en apprendre long sur la flore exceptionnellement riche et diverse de cette région du monde. 


L’EAU


Mais l’un des plus beaux et intéressants points de vue, est celui qu’offre l’océan Atlantique qui borde la ville. Et pour cela, quoi de mieux que le Kayak !
Une vue imprenable sur toute la baie du Cap, nous rappelle l’émotion qu’ont pu ressentir les premiers Hollandais lors de leur découverte de ce lieu magique au 17ème siècle. 

Sport ultra complet, le kayak a l’avantage d’être ouvert aux enfants dès 7 ans. Mais prévoyez de mettre un adulte costaud avec eux, car ils pagayent trèèèèès lentement.  
Il permet aussi de prendre l’air marin en admirant la vue sur Table Mountain et le centre-ville de Cape Town, tout en découvrant une faune parfois époustouflante !


On croise de tout sur l’océan !

Que ce soit des répliques de vieux galions

Des yachts et des cargos…


Mais aussi des méduses magnifiques…

Méduse Pélagique

Des manchots du Cap – à ne pas confondre avec les pingouins ! – qui barbotent près de la plage …

Des otaries…

Des dauphins…

Des baleines …


Et parfois même des orques !


La nature n’est pas en reste avec des barrières de Kelp ici et là…

Quelques informations essentielles à connaitre, malgré tout :  

Pour ramer : 


Il n’est pas facile de pagayer dans un kayak. Les bras fatiguent vite lorsque la position n’est pas correcte. Et la sortie en mer dure tout de même une bonne heure et demie.  
Asseyez-vous bien au fond du siège, le dos très droit. Ce ne sont pas les bras qui initient les mouvements droite-gauche, mais le buste qui pivote. Chaque coup de rame fait donc surtout travailler les abdominaux plus que tout autre muscle. 
Les bras doivent rester assez droits et les genoux demi repliés pour éviter de s’abimer le bas du dos. 
C’est la personne assis à l’arrière qui donne, à l’aide de pédales, la direction de l’embarcation. Et les deux rameurs doivent pagayer de concert pour que le dispositif fonctionne bien. 
Attention, courbatures fréquentes, pour les non-initiés !

Penser à prendre : 

* Une serviette épaisse pour éviter de vous tremper les fesses.

* Des habits de sport qui sèchent rapidement.

* Des tongs car vous aurez les pieds dans l’eau durant toute la traversée. Evitez donc les baskets qui en prendraient un coup, voire même les chaussons de voile dans lesquels macérer durant une heure n’est pas très agréable.

* Casquette, crème solaire, eau, même en hiver. Veste chaude. 

* Un change car en ramant, vous projetterez forcément de l’eau sur vous.  

* Normalement on ne chute pas d’un kayak. Mais éviter d’embarquer avec votre portable ou votre appareil photo, sauf s’il est protégé hermétiquement ou à prendre un risque – minime – mais réel. 

* Attention, sujets au mal de mer, prévoyez de prendre un p’tit cacheton avant d’y aller, sous peine de vous retrouver le nez penché au dessus de l’eau durant plus d’une heure. 
Bin si. 
Je vous le dis. 

http://kayak.co.za

Jujuthélépathes

Certains d’entre vous 

qui me suivent depuis un moment

n’auront pas été sans le remarquer :


Mes fistons chéris était depuis leurs deux ans, date à laquelle ils ont commencé à s’exprimer, affublés d’un léger zozotement. 

QUI a dit “t’appelles ça léger !?!?” 

Hum…

Bref. 

Cela fait donc plus de trois ans maintenant que nous tentions tous – parents, amis, maitresses… – de leur inculquer le son “JE”, à la place du “YE”, dernier héritage de leur passé mexicain, récemment transformé en “ZE”, mais aussi le “CHE”, systématiquement confondu avec le “SE”. 

Preuve en est qu’il ne faut jamais désespérer : Tancrède a subitement réussi il y a de cela deux ou trois semaines à enfin prononcer correctement ce son. 

Fondamentalement heureux, fiers de lui – et, admettons-le, un peu soulagés – leur papa et moi l’avons donc chaudement félicité, à de nombreuses reprises. 


J’avais bien vu Trystan esquisser une légère grimace, un peu agacé par l’attention subite concentrée sur son frère. 


Depuis, je l’entendais parfois, lorsqu’il jouait seul dans leur chambre, s’exercer à voix très basse, pour lui-même. 

A chaque fois, mon coeur se pinçait devant tant d’efforts déployés en vain. 

Nous étions en voiture dimanche dernier, lorsque tout à coup : 


– “OOOh maman, t’as vu le ‘rooo CHIEN là !?”


– “Oui Tancrède, mon amour. Et bravo pour la prononciation.”


Explosion de Trystan, au bord des larmes : 


– “MOI AUSSI J’VEUX SAVOIR DIIIIIRE !!!”


– Mais bien sûr, mon chéri, toi aussi tu vas y arriver, ne t’inquiète pas. Tu peux dire Chhhhh, comme tchhhhhtchhhh le p’tit train ?”


– “MAIS MAMAN ZE FAIT LE P’TIT TRAIN DEPUIS DES ZOURS ET DES ZOURS ET CA MARSSSS’ PAS !!!”


Son frère prend alors la parole. 

Calme, serein :

– “Nan mais laisse, maman, j’vais lui esspliquer moi, à Trystan (oui, le X, on n’y est pas encore, en revanche).

Trystan, r’garde, c’est facile. Panik’ pas.”

A ce stade, je suis retournée vers l’arrière du véhicule. 

Je sens bien que mes yeux sont exorbités.

– “R’garde, tu mets ta langue lààààà. Wouala, là. Tu mets ta bouche comme ça, tu fais ça, oui c’est bon, et tu souffles. Non pas comme ça. Comme CHAAAAAAA. Non, dans ta joue. Oui wouala. Ton nez  y’ s’remonte. Essaye-voir comme ça ?”


Et là, le moment de grâce.


Trystan ouvre la bouche et dit :


– “Regarde le ‘ro CHIEN. CCCHHHIEN ! CCCHHHIEN !!! Maman !!! Z’lai dit !!!!!”


Leur père fait une embardée. 

Je reste silencieuse, stupéfaite, sur mon siège. 


– “Tu wois mon frère, c’est pas dur.”


– “Nan Tancrède, c’est pas dur.”




Plus de deux années scolaires qu’on essayait sérieusement. 


Toutes les explications orthophoniques y sont passées. 


Celle de Tancrède, incompréhensible du commun des mortels, ne tenait pas debout.


Et il a fallu moins de deux minutes à son frère pour l’intégrer.

#LeMystèreDesJumeaux


Fragñol, Franglais et autres belgiscismes

C’est un truc assez typique 

chez les enfants qui ne vivent pas 

dans le pays de leur langue maternelle :

Les petits arrangements et autres mélanges linguistiques. 



Nos moutards font comme ils peuvent – les pauvres petits – pour s’adapter aux changements d’environnement dialectal que nous leur imposons depuis leur naissance. 

Après le Fragñol auquel nous avons eu droit à Mexico lorsqu’ils commençaient à apprendre à parler, nous assistons maintenant que vous vivons en Afrique du Sud au développement du Franglais… Cet étrange mélange de français et d’anglais. 


Il peut s’agir d’une forme syntaxique empruntée à l’autre langue :


– “Maman, est-ce que tu veux bien faire un plan pour nous emmener pêcher ce weekend steuplé ?”

–> Traduction française de l’expression anglophone “to make a plan” pour organiser, planifier. 

– “Maman, je manque papa beaucoup, quand est-ce qu’il rentre ?”

–> Utilisation à rebours du verbe manquer dans sa forme intransitive qui s’utilise en anglais de façon transitive. “Il me manque” / “I miss him”.  

Ou encore de la confusion de vocabulaire avec l’utilisation d’un mot d’une langue, au sein d’une phrase pourtant construite dans une autre :

– “Maman t’as vu ! le dragon il flap ses ailes !”

–> “To flap” à la place de “battre” des ailes.


A cela s’ajoute les quelques soucis de conjugaison assez classiques, rencontrés par tous les petits francophones qui apprennent l’une des langues les plus complexes du monde. Souvenez-vous, ici

Mais rien d’insurmontable : c’est une question d’habitude pour les parents qui font face à l’une des nombreuses conséquences de l’expatriation et de la vie à l’étranger, le tout étant de ne pas laisser passer ses étrangetés sans réagir et de bien reprendre nos lardons à chaque incartade linguistique. 


Nous étions donc l’autre jour dans la voiture, de retour à la maison après l’école. 
Une petite pluie fine tombait doucement sur le pare-brise. 


Silence dans l’habitacle.


Les Jujurépides, le nez collé de part et d’autre de leur fenêtre, regardaient l’eau dégouliner lentement le long des vitres.  


Soudain, Tancrède prend la parole :


– “t’as vu maman comme il pleuvine aujourd’hui ?”


Réflexe maternel face aux écarts habituels : 


– “Euh Tancrède, on dit “comme il pleut” chéri, ça suffit.”


– “Non maman, pleu-vine. Passqu’y pleut pas beaucoup, ‘zuste un ‘tit peu.”


– “Tancrède, le verbe c’est pleuvOIR. Pas pleuviner. On dit il pleut.”


– “Non maman, à l’école on dit pleuvine, même que les maitresses elles le disent.”


Agacée par son ton insistant, je décide de laisser tomber.  


Quelques semaines plus tard, au cours d’un diner entre amis, j’entends l’une des convives dire : 


– “…C’est qu’il pleuvinait sérieusement l’autre jour…”


Interloquée, je regarde ma copine et lui dit :


– “Pleuvinait ?!?”


– “Et bien oui Pom, pleuvinait !”


– “?!?!?”


– “Bah ! C’est comme ça qu’on dit par chez nous en Belgique !”


Instantanément, je fais le lien :

Je réalise soudainement que les assistantes maternelles de l’école viennent pratiquement toutes de la République Démocratique du Congo, l’ancien Congo Belge. 

Voilà voilà. 


Mon fils parle belge maintenant. 


Carnattitude et lachanophobie

Aujourd’hui, j’ai bien envie d’aborder le sujet 

“mecs & viande grillée”. 


Oui. 

Si une explication sociologique peut justifier la raison pour laquelle les filles choisissent désespérément les salades au restaurant, j’ai constaté à maintes reprise – spécialement depuis la naissance de mes fistons chéris – que les hommes, eux, ont les plus grandes difficultés à considérer comme un repas complet un menu dans lequel la VIANDE ne figure pas. 

Traduction : quand y’a pas d’steak au diner, ils me balancent leur assiette à la figure. 

Au sens propre, lorsqu’ils étaient tout petits. 

Au sens figuré, maintenant que j’ai réussi à en faire des individus vaguement civilisés. Ils ne se privent effectivement pas de me faire part de leur déception et de leur inconfort lorsque j’envisage un déjeuner végétarien :

– “Mamaaaaaan ! J’veux diner !”

– “Oui chéri, je suis en train de te le préparer.”

– “Mais !?!?… On mange quoi ? “

– “Un gratin de légumes.”

– “Mais !?!?… On mange quoi, EN VRAI ?! “

– “UN GRATIN DE LEGUUUUUUMES.”

L’air désespéré : 

– “Mais !?!?… Elle est où la viande !?”

– “Trystan, ce soir, on mange sans viande, okay. C’est meilleur pour la santé.”

– “NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!”

Je peux alors suivre mon fils des yeux, tituber en travers du salon, puis s’effondrer dans le canapé, les mains sur la tête, comme s’il allait s’arracher les cheveux en signe de protestation intense. 

Question :

Est-ce une véritable nécessité physiologique, typiquement masculine, liée à un besoin physique en protéines animales, indispensables à leur croissance ? 
I
l semblerait que les filles réussirent malgré tout leur développement, sans pour autant réclamer quotidiennement de dose carnée.
La cause de ce comportement doit donc pouvoir être trouvée ailleurs. 

Est-ce d’entendre leur paternel couiner et prendre un air mi effrayé mi épouvanté lorsqu’il aperçoit un brocoli, de le voir au bord de l’attaque cardiaque quand il sent la présence d’une feuille de salade ou d’un haricot vert à moins d’un mètre de lui, qui leur fournit un model de référence peu enclin au végétalisme ?
Pourquoi, le fait de voir leur maman s’enfiler des kilos de légumes d’aboutit-il pas au au résultat inverse ? Est-ce en raison de l’identification sexuelle des petits garçons qui ne peut se faire de la même manière auprès de leur mère ?

La nourriture saine et végétarienne est-elle objectivement dégueulasse ou est-ce une question de préférences personnelles, qui serait liées au genre ? 
Les hommes ayant une prédilection pour la viande quand les femmes aurait plus de facilité à s’en passer ? 
Je connais pourtant de nombreuses femmes dont l’attitude carnivore en ferait rougir – mouhahaha. Ha. La viande. Rouge. Okay, laissez tomber… – plus d’un. 

Alors ? 

Toute explication valable bienvenue, merci. 

Les filles, les salades et les frites

Nous déjeunions entre copines 
l’autre jour. 

Quand ça a fait TILT. 


Pourquoi nous faisons-nous du mal comme ça ?

Pourquoi le faisons-nous TOUTES, serais-je tentée de dire, pratiquement sans exception. 

Oui POURQUOI. 

Pourquoi, lorsque nous sommes au restaurant, nous les filles, commandons-nous 99,2% du temps une SALADE, et finissons-nous le déjeuner en picorant des frites et des parts de pizza dans les assiettes du/de la voisin(e) ?

(Les quelques pourcents qui restent, c’est pour la copine sublime qui fait 1.84 pour 57 kilos, et qui commande allègrement des lasagnes avec de la purée, extra parmesan, puis un cheesecake. En général, elle terminera par “un thé vert, s’il vous plait !”
Bien sûr, cette nana, elle nous énerve. 
Mais c’est pas vraiment l’propos.)

Cette attitude borderline bipolaire, sachez-le, agace foncièrement les membres de la gente masculine, qui sont généralement très attachés  à leur pitance. 

Elle désole celles qui s’affament et réussissent héroïquement à résister à la tentation. 
Y’en a.
Finalement, elle n’arrange que les rares nanas qui assument leur appétit vorace, trop heureuses d’avoir quelqu’un avec qui partager leurs écarts lipidiques. 
(Je vous laisse deviner dans quelle catégorie l’auteure de ces lignes se situe…)
#L’Alibi
#RépartitionDeLa(sur)ChargeCalorique
#DiminutionProportionnelleDeLaCulpabilité

Non, le VRAI sujet que je souhaite aborder aujourd’hui, est le suivant : 
Quelle est l’origine de ce comportement pathologique qui sévit majoritairement au sein du genre féminin ?
A première vue, la raison est simple : nous voulons toutes fondamentalement bien faire.

* Garder la ligne pour être plus séduisantes.

* Respecter une certaine forme d’idéal féminin “d’élégance parcimonique”.
Traduction 1 : une nana qui se goinfre de frites, c’est pas super sexy.
Traduction 2 : embaumer le gorgonzola ou la crème d’ail, c’est pas top non plus.

* Manger sain pour être plus performantes.
Et pour pouvoir mourir en super forme physique.

* Toussa toussa.

Ces arguments-massue touchent à la pression sociale patriarcale qui pèse encore et toujours sur nos frêles épaules, mais – n’ayons pas peur de l’avouer – probablement aussi aux regards parfois acérés et sans concession que nous portons sur nos acolytes féminines… 
#PasDePitiéPourCellesQu’AbusentDuTiramisu
#ElleL’ABienCherché

Malheureusement, force est de constater que la démarche, si elle est noble et respectable, est rarement couronnée de succès, nos fourchettes ayant effectivement la fâcheuse tendance de dérailler la plupart du temps vers le plat d’à côté. 

C’est que dans notre empressement à bien faire, nous oublions l’essentiel : le challenge est trop difficile. Trop irréaliste. Voire inhumain. 
Car face au poids – sans mauvais jeu de mot – de la vie en société, s’exprime naturellement notre partie animale et instinctive qui, elle, adooooore les frites, les Pavolvas et les churros… Qui aime la Vie, finalement…

Alors, tiraillée en permanence entre notre devoir et nos désirs, nous tentons de faire face. Nous manoeuvrons plus ou moins habilement entre les deux.

Un peu comme pour tout le reste de notre existence de femmes, d’ailleurs : le couple, le taf, les gosses… : on fait comme on peut.


Découvrir Idiom Da Kapo

La trouvaille gastronomique 

du week-end, les amis !


Vous avez la flemme d’organiser une sortie pour samedi ou dimanche ?

Mais vous avez envie de vous échapper un peu et de vous faire plaisir ? 

Allez-donc vous balader du côté de Somerset West, et de l’une des petites perles du coin : IDIOM.

Minimaliste, le concept est ultra simple : un délicieux restaurant italien gastronomique au coeur d’un cadre panoramique à couper le souffle, comme l’Afrique du Sud sait si bien en offrir. 
Voilà. 

Niché entre les montagnes du col de Sir Lowry et l’océan, le restaurant offre une vue splendide sur les deux éléments, au coeur d’un vignoble et d’un paysage méditerranéen aride.  


Le bâtiment est moderne dans sa structure, toute en cube, mais rappelle clairement l’architecture italienne avec sa pierre jaune et ses arches. 
Des oeuvre du célèbre sculpteur sud africain Lionel Smit décorent les jardins et la maison. 
Les points de vue depuis les terrasses sont sublimes. 

Les bois clairs et lumineux, typiques de l’Italie, rajoute la touche finale :

La cuisine n’a rien de révolutionnaire mais est aussi jolie que délicieuse, les vins intéressants. D’ailleurs, le menu dégustation de 2, 3 ou 4 plats propose des assortiments de vins du domaine mais aussi importés d’Italie :

Minestrone italien : soupe de pomme de terre et poireau, bacon grillé et oignons croquants.
Vitello Tonnato version sud africaine : avec de l’autruche à la place du veau.
Câpres,  luzerne, mayonnaise et thon.
VIN : Zynfandel 
IDIOM
Crevettes panées, lit d’avocat, mayonnaise au gingembre, fruit du dragon et estragon.
VIN: Viognier IDIOM
Poitrine de porc aux oignons rouges et oignons nouveaux,
purée de carotte, céleri craquant, pomme caramélisée 

VIN : Sangiovese IDIOM
Tarte à la ricota et aux cerises noires.
VIN : Prosecco italien
Tiramisu au chocolat.
VIN : Prosecco italien
Un terrain de jeu et des terrasses ouvertes sur l’extérieur vous permettent d’y amener facilement vos enfants durant la journée. 

Un vrai petit plaisir à s’offrir en famille ou entre amis. 

Bon appétit !

Les élucubrations infantiles

Je suis fascinée 

par cet âge des enfants, 

celui durant lequel ils nous régalent

chaque jour ou presque

de leurs “élucubrations infantiles“.



Je parle de cet âge, autour des cinq ans, lorsqu’ils savent bien évidemment déjà parler, s’exprimer et comprendre toutes les conversations grâce à un vocabulaire de plus en plus étendu, mais auquel il manque encore quelques nuances essentielles, sans lesquelles ils passent à côté du sens des mots ou de certaines phrases dont ils ne percutent pas le contexte. 

Leurs petits neurones encore vierges, tellement libres et créatifs, produisent des pensées et font des liens que nous, les adultes, ne pouvons plus imaginer.
Leur candeur et leur ingénuité les laissant concevoir leurs idées farfelues sans le moindre doute : la raison n’ayant pas encore pénétré leur mental, ils associent des données que nous savons vides de sens, mais qui chez eux ne semblent absolument pas incompatibles.

La puissance des enfants… Quand tout semble encore possible dans la vie !

Ils sautent aux conclusions en faisant des relations entre les mots et les choses, malgré leur absurdité, et cela donne des résultats amusants dont je ne me lasse pas. 

Il y a eut les poissons vraiment TROP picaux, il y a de cela quelques mois. 
Mais depuis, de nombreuses réflexions délicieuses se sont rajoutées à ma collection : 

Ils étaient l’autre samedi – pluvieux – installés dans le salon de télévision, en contrebas de mon bureau en mezzanine, en train de visionner l’un des épisodes de Life, ces fabuleux et inégalés documentaires animaliers du naturaliste anglais David Attenborough. 

Soudain, j’entends Tancrède qui m’interpelle depuis l’étage inférieur : 


– “Mamaaaaaaan ! Viens WOIR !”


Je me lève de mon bureau et me penche alors sur la rambarde.


– “Quoi donc, chéri ?”


– “LE BOUQU’TON DU CAP’TAIN BOROOOOOO !!!!”

Le bouqueton du capitaine Borough. 


Le bouquetin d’Attenborough. 


Pour ceux qui n’auraient pas suivi la logique – complexe – des méandres de leur esprit juvénile. 




Quelques jours après cela, nous étions attablés dans notre restaurant de viande grillée préféré, tous les quatre, à discuter. 


Le serveur est alors venu prendre notre commande, que leur père s’est empressé de passer : “three spider steaks, well done, and one fiorantina, rare, please.”

* “trois araignées de boeuf bien cuites et une fiorentina saignante, s’il vous plait.”

Soudain, hurlements de Trystan, l’air aussi effrayé que dégoutté  :


– “NOOOOOO !!!! Please mister !!! I HATE SPIDERS !!!!!  GIVE ME MEAT INSTEAD !”

* “Noooon, monsieur s’il vous plait ! Je déteste les araignées !!!! Donnez-moi de la viande plutôt !!!”

J’imagine bien l’horreur qu’a dû ressentir mon fiston à l’idée d’avaler des arachnides… 

Mais parfois, on se demande quand même ce qui peut bien se passer dans leurs petits cerveaux.