Ready when you are

C’était la première fois 

que cela se produisait.


Lorsque nous étions en congés il y a de cela quelques semaines, nous sommes arrivés à la fin de notre séjour dans un hôtel dont la “chambre familiale” s’est avérée être une villa de quatre chambres à coucher.

Amusés par cette agréable surprise, nous avons tous pris nos marques dans cette immense maison bien trop grande pour nous. 

C’est là que Tancrède s’est écrié, comme si sa vie en dépendait :

– “OKAY, MOI J’PRENDS CETTE CHAMBRE !!!!

Surprise par la force de son affirmation, j’ai répondu : 

– “Bin, oui si tu veux Tancrède, pas de problème. Vous allez installer vos affaires les enfants ?”

Hurlements du fiston : 

– “NOOOOOOON. CE SOIR JE DORS TOUT SEUL !!!!

Nous avons tous pu observer avec compassion la petite tête absolument abasourdie, déconcertée, déçue et même effrayée de son frère, dont l’incompréhension s’est lue sur le visage.

– “Mais… Mais… Tancrèd’… Tu veux … Dormir… Sans moi ?…”

Je regarde leur père. 
Je vois bien que lui aussi se retient de dire “tu veux vraiment dormir sans ton frère ?!”

Naturellement à bien y réfléchir, cette demande est parfaitement recevable et même tellement compréhensible quand on sait que depuis sa naissance il a, par la force des choses, partagé son lit puis sa chambre avec quelqu’un d’autre… 

Mais la tristesse qui se lit sur le visage de son frère est vraiment désolante et désarmante. 

– “Oui, ce soir c’est COMME ÇA.”

Impitoyable, Tancrède est donc allé se coucher seul se soir là dans SA chambre, pendant que Trystan s’est glissé silencieusement, l’air abattu dans le l’immense lit froid de sa propre chambre. 
(Oui je sais, je manque d’objectivité.)

Au petit matin, je me suis discrètement immiscée dans la chambre de Trystan, découvrant avec attendrissement qu’il avait laissé sa loupiote brûler toute la nuit. 
Pour se rassurer, sans doute. 

Mais en entrant dans la chambre de son frère, une surprise m’y attendait.
La même, à vraie dire : une petite veilleuse chaude et allumée, sur la table de nuit…

De retour à la maison à Cape Town, je m’attendais déjà à devoir réorganiser entièrement la maison afin de les mettre chacun dans une chambre. 
J’imaginais déjà devoir racheter tout en double…

Mais contre toute attente, chacun a repris ses habitudes, dès le premier soir. . 
Comme si la petite expérience rebelle des vacances leur avait permis de se faire un peu peur, de tenter l’aventure… Avant de revenir à l’essentiel. 

#IlsNeSontPasEncorePrêts


Découvrir le personnage de Cecil Rhodes

Il est bien difficile 

de se faire un avis 

sur le personnage controversé 

de Cecil Rhodes. 


Businessman, politique et magnat des mines sud africaines, il fut en son temps l’un des hommes les plus riches de la planète. 



Né de santé fragile en Angleterre en 1853, cinquième garçon d’une famille de classe moyenne, il est envoyé en Afrique du Sud à 17 ans chez son frère ainé déjà installé dans l’est du pays comme fermier, espérant soigner une tuberculose que le climat anglais empêche de guérir. 

La ferme de coton ne donnant pas de résultats satisfaisants, lui et son frère décident de participer à la ruée vers le diamant qui fait rage dans le nord à Kimberley, depuis la découverte d’Eureka – 21 carats – trois ans plus tôt.  

Grâce à une légation familiale, ils parviennent à acheter puis à gérer une concession diamantifère. 
Mais Rhodes s’aperçoit rapidement qu’il fera de bien meilleures affaires en vendant des pelles et des denrées alimentaires nécessaires aux prospecteurs, plutôt que de s’épuiser à prospecter lui-même.   
Comprenant également que le contrôle de la production de diamant permet aussi le contrôle des prix auxquels ceux-ci sont vendus à Londres, il se fixe pour objectif la création d’un monopole du diamant. 
Avec les bénéfices de son petit commerce, il rachète à une vitesse fulgurante les terrains de la région. 

Habile businessman, il tisse aussi un réseau de relations impressionnant, créant des liens de confiance avec les grands magnats britanniques du diamant de l’époque, installés eux aussi en Afrique du Sud. 
Son frère ayant renoncé au difficile métier de la prospection, c’est à eux qu’il laisse la gérance de son patrimoine, pendant qu’il rentre quelques mois en Angleterre – il a 20 ans – pour terminer ses études à Oxford. 
C’est durant cette période et au contact de professeurs de l’école qu’il forgera des convictions personnelles basées sur la supériorité de la “race anglo saxonne” et germanique, le bienfondé de l’impérialisme britannique, du nationalisme et de la colonisation. 

En 1881, il réussit à se faire élire député à l’assemblée législative du Cap.
En 1885 – il a 32 ans – toutes les mines de diamant de Kimberley lui appartiennent. 
En 1888, il a éliminé ses derniers concurrents diamantaires et fonde De Beers Consolidated Mines, qui contrôle alors 90% de la production mondiale de diamants. 


Sa richesse est assurée : il n’a pas encore 40 ans et il est l’un des hommes les plus riches du monde. 


Mais l’argent n’est pas une finalité pour Cecil Rhodes, dont l’ambition profonde est la suprématie de la Grand Bretagne en Afrique – dans le monde –  et la postérité de son nom.
Pour cela, il rêve d’un grand projet : une ligne de chemin de fer qui relierait le Cap au Caire.
La très grande majorité de ses choix ultérieurs et de ses actions sera dicté par cette obsession. 

En 1890, il est élu premier ministre de la colonie du Cap et fait voter des lois favorables aux mines et aux industriels, comme le Glen Grey Act qui incitait les populations noires à travailler dans les mines, à bon marché et dans des conditions proches de l’esclavage. 
Certains avance le chiffre de plusieurs millions de morts.  
C’est d’ailleurs ce qui ont conduit les historiens à dire qu’il avait planté là les bases du futur régime ségrégationniste sud africain, faisant de lui l’un des premiers architectes de l’apartheid. 
Et les raisons de la haine profonde que lui voue cette partie du peuple sud africain, aujourd’hui encore. De violentes manifestations ont d’ailleurs eu lieu l’année passée à l’université du Cap, visant à déboulonner les statues de Cecil Rhodes – souvent comparé à Hitler dans les slogans des étudiants – cristallisation symbolique d’une histoire coloniale d’une rare violence qui n’a toujours pas été digérée. 

Il se fait ensuite nommer par l’Angleterre directeur de la BSAC – la British South Africa Company – société qu’il a fondée et qui lui sert à revendiquer et à coloniser les territoires frontaliers au nom de la couronne anglaise. Laquelle est ravie de légaliser ces annexions et de fermer les yeux sur l’armée de mercenaires britanniques engagés pour l’occasion, en échange des richesses (or et pierres précieuses), qu’elles lui assurent. 


C’est ainsi qu’il s’arrange pour signer un accord léonin avec Lobengula, le roi du Matabeleland qui, soufrant de crises gouttes aigües, était devenu dépendant à la morphine que le médecin de Rhodes lui administrait. Il a ainsi accordé des droits miniers exclusifs à la BSAC dans cette région – le sud-ouest du Zimbabwe actuel – qui n’avait jusque là été réclamée par aucune des puissances coloniales de l’époque. 

L’accumulation de ses territoires occupés – 1 million de km2 en tout – s’appellera plus tard la Rhodésie. 

“So much to do, so little time” (“Tant à faire et si peu de temps”) :

Toujours obsédé par sa ligne de train pan-africaine, Rhodes réalise que les républiques indépendantes Boers du Transvaal et de l’Etat Libre D’Orange, au nord du pays, sont situées en plein sur le chemin de son rêve, rendant la réalisation de son projet impossible. 
L’un de ses lieutenants fomente alors un coup d’Etat qui vise à renverser le président du Transvaal et à faire intervenir l’armée britannique pour ramener l’ordre. Une nouvelle annexion discrète en préparation. Mais ils sont tenus en échec par les descendants des Hollandais. C’est un fiasco qui forcera Rhodes à démissionner de son poste de Premier Ministre en 1896 et déclenchera la Seconde Guerre des Boers qui durera jusqu’en 1902.

La même année, éloigné de la vie politique, son état de santé se détériorant, Cecil Rhodes finit ses jours à 49 ans dans un petit cottage (qui se visite) du sud de la Péninsule du Cap, à Muizenberg. 

Il est enterré dans l’ancienne Rhodésie (Zimbabwe), sur les Monts Matopo qu’il avait préparés à cet effet. 

Mort sans héritier, il a distribué une partie de ses biens financiers à sa fratrie, ainsi qu’à l’Ecole d’Oxford en Angleterre (6 millions de pounds) afin que celle-ci puisse offrir des bourses aux élèves les plus méritants. 

Le reste de sa fortune et de ses 1500 hectares de terres au Cap ont été léguées à l’Etat et au peuple sud africain : ce sont aujourd’hui le Jardin Botanique de Kirstenbosch, l’Université du Cap et la Groote Schuur Mansions, qui fut sa maison et sert encore aujourd’hui de résidence au président sud africain et à son premier ministre lorsqu’ils sont de passage au Cap.

Il avait racheté cette ancienne grange – Groote Schuur signifie “grosse grange” en Afrikaans – bâtie en 1657 par la VOC, la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales, pour 10 000 pounds. Avec le temps et suite à des incendies, la bâtisse avait fortement changé d’aspect. En la récupérant, Cecil Rhodes l’a refaite à l’identique. 


Entièrement redécorée, les meubles d’époque sont restés tels quels et peuvent aujourd’hui encore être admirés lors de visites  guidées. 
Vous pourrez notamment y découvrir une collection exceptionnelle de 2500 livres commandés et traduits spécialement pour Rhodes en anglais. Parmi ces livres, 28 biographies de Napoléon Bonaparte. Ironie franco-anglaise.  


Ainsi qu’une étonnante baignoire en granit massif extrait de la Montagne de la Table voisine, qui avait nécessité le renforcement du plancher de la salle de bain.  


Uniquement sur rendez-vous.
Contacter Najwaa Francke 083 414 7961 – najwaa_francke@yahoo.com. 

Un monument commémoratif financé par le gouvernement de la colonie du Cap fut érigé en son honneur sur les hauteurs du Cap.


49 marches – autant d’années de sa vie – permettre d’atteindre le sommet de ce bâtiment de style néoclassique en granit et quartz.
De part et d’autre, les lions de Trafalgar Square ornent l’escalier, pour rappeler l’amour de Rhodes pour son pays natal. 
Il a fallu 6 ans (1906-1912) pour achever sa construction. 
Site de mémoire pour les uns, insupportable provocation pour les autres…

Alors ? 

Impitoyable homme d’affaire, aux convictions profondément racistes et impérialistes. Mégalomane avide de pouvoir, qui n’a pas hésité à exploiter la population Noire d’Afrique du Sud à des fins personnelles et nationalistes, et même à déclencher une guerre civile sanglante.
Mais aussi visionnaire, créateur d’infrastructures politiques et économiques majeures pour le pays, d’une université et de bourses qui servent maintenant à éduquer des milliers de personnes de toutes les communautés chaque année… 
Les deux côtés d’une sombre médaille.

“Nous ne commémorons pas les figures historiques pour leur capacité à satisfaire aux conceptions actuelles du politiquement correct mais pour leur véritable impact historique”.
Frederik De Klerk, ancien président d’Afrique du Sud et prix Nobel de la Paix en 1993 aux côtés de Nelson Mandela. 


Découvrir le Musée Irma Stern

C’est un petit musée 

rarement recommandé 

dans les guides sur Cape Town. 


C’est bien dommage car, non content de renfermer l’histoire de la vie d’Irma Stern, l’une des plus célèbres peintres d’Afrique du Sud, c’est en plus une magnifique et lumineuse bâtisse historique qui vaut vraiment le détour. 

Née en 1894 de parents juifs allemands ayant bien fait prospérer leur ferme achetée dans le Transvaal, c’est pourtant en Allemagne qu’Irma Stern fera son éducation artistique, où la famille est rentrée au tout début du 20ème siècle pour fuir la seconde guerre des Boers.

De retour dans son pays de naissance en 1920, elle s’installe à Cape Town, en espérant pouvoir y développer son art, notamment autour du portrait.

Mais elle peine à retrouver dans cette ville déjà si bien développée, l’Afrique de son enfance.
Et la bonne société du Cap accueille avec un enthousiasme très relatif ses toiles très personnelles, inspirées de l’expressionnisme allemand, dont le style est encore totalement inconnu dans cette partie du monde. A ses débuts, les journaux titraient même : “Irma Stern, le culte de la laideur”. 

Excentrique au caractère très affirmée, elle part à la recherche de sensations authentiquement africaines, et voyage énormément sur le continent : au Sénégal, à Zanzibar, au Congo, à la rencontre de tribus perdues en pleine jungle, se construisant ainsi une réputation d’aventurière à qui rien ne résiste, et s’essayant à de nombreux styles. 


C’est la première femme peintre de l’histoire à avoir osé les personnages à la peau noire, ce qui fera scandale à l’époque. 

En 1937, elle voyage pour la dernière fois de sa vie en Allemagne, la montée des extrêmes la déclarant persona non grata du fait de sa religion et de ses convictions ouvertement libérales, notamment sur la question de l’homosexualité. 

Après la Seconde Guerre Mondiale, ses voyages dans le reste de l’Europe, notamment en France où elle obtient plusieurs prix et Au Royaume uni où elle expose à Londres en 1962, se feront de plus en plus nombreux et réguliers. 
Au total ce sont près de 100 expositions à son nom qui seront organisées en Europe et en Afrique du Sud où sa “patte” est désormais reconnue ainsi que son travail qui réunit à la fois “une passion africaine et la sophistication européenne”. 


Elle meurt en 1966. 

Son tableau de l’Enfant a atteint un record absolu pour une artiste africaine avec une enchère vendue à 40 millions de rands (plus de 2,5 millions d’euros)



Le musée qui lui est consacré à Cape Town a été fondé dans la maison où elle a vécu durant toutes ses années de présence sud africaine. Christopher, le curateur du musée, un passionné du personnage, se fera un plaisir de vous guider. 


On y trouve ses meubles, son studio et sa riche collection d’art africain glanée au fil de ses voyages. 

Notamment une pièce exceptionnelle de Master Buli, artiste congolais considéré par les spécialistes comme le “Michel-Ange africain”  :

Une bien jolie découverte. 

L’âme des jouets

Nous étions au magasin 
de jouets samedi dernier, 
lorsque ça a fait tilt.


Leur père et moi avions promis aux Jujutrépides en début d’année de leur acheter les figurines de Batman qu’ils convoitaient tant, si leur comportement aux vacances de Pâques s’avérait exemplaire. 

Une fois de plus, devant leur attitude impeccable, nous avons bien été obligés de passer par la case Toys”R”us.


Décidément, nous devrions cesser d’user de cette technique. 

C’est la même qui nous a conduit à devoir acheter les poissons rouges, souvenez-vous
Vraisemblablement, elle s’avère nettement défavorable aux parents. 


Hystériques de joie à l’idée de tenir enfin dans leurs petites mains l’objet de leur désir si patiemment refoulé durant ces longs mois, les yeux embués de larmes à la perspective de devoir attendre le retour à la maison pour ouvrir les boites, nos Jujus ont facilement réussi à nous convaincre de leur ouvrir les paquets, au moment du passage en caisse. 

Z’avez déjà essayé de sortir une barbie, une poupée, un superman ou même un chien en peluche de son enveloppe de plastique ???

Ils sont mieux ficelés que les frères Dalton par Lucky Luke. 


Sans un sécateur, une scie sauteuse et une paire de ciseaux de découpe de viande, impossible de les libérer. 


C’est LÀ que tout est devenu clair dans mon esprit !


C’EST UN COMPLOT.

C’EST CERTAIN.

Démonstration : 


Nous nous sommes tous imaginés, enfants, nos jouets prendre vie en notre absence. 
Nous leur avons prêté des sentiments et des émotions. 
Au moment de les jeter ou de les donner, quel pincement au coeur !

Et l’on voit bien que cette tendance à l’anthropomorphisme est universelle et se répète, génération après génération. 

Je pose donc la question :


Pourquoi TOUS les enfants de la planète, à travers les siècles, auraient-ils TOUS eu la même idée, hum ? 


Pourquoi les studios Disney, connus pour s’inspirer d’histoires réelles, en auraient-ils fait un long métrage dont le succès est tel qu’il se prépare d’ailleurs un Toy Story 4 pour 2018 ? Hein, hein !?
Sans parler de la Poupée Chucky !

Pourquoi, oui, POURQUOI, les jouets sont ils si solidement attachés dans leurs boites ?! 


Pourquoi passons-nous notre vie, nous les mères, à récupérer des billes planquées derrière les fauteuils, des Monsieur Patate toujours cachés sous le lit et des lego dans les placards ? 


Pourquoi les chaussettes des enfants disparaissent-elles à longueur d’année alors qu’on n’en n’avait pourtant bien mis DEUX dans le lave-linge. 


JE VAIS VOUS LE DIRE, POURQUOI !


Parce que les enfants – ces êtres d’une sensibilité paranormale exceptionnelle – ONT RAISON, bien sûr !


Les jouets doivent être attachés car sinon, ils se barreraient ! 
D’ailleurs, c’est ce qui se passe effectivement dans les chambres d’enfants. 
C’est pour ça qu’on les retrouve toujours dans des endroits improbables ! 
A côté des chaussettes, d’ailleurs, souvent. 
(je suis sûre qu’ils s’en servent de sacs de couchage.)

En grandissant, le rationnel prend le pas…

Nous oublions notre enfance et pénétrons dans les cases logiques de la vie d’adulte. 

Mais en vrai, y’ sont vivants.
Les jouets.
C’est sûr.

#RasLeBolDesEmballagesEnPlastique

Les Jujus et Charlie Chapelin

Je me suis souvent retrouvée

à me demander quoi montrer 

aux Jujutrépides.


Je veux dire, en terme de cinéma. 

A la naissance des enfants, nous avons cessé tout abonnement télévisé, dont nous nous passons très bien depuis maintenant plus de 5 ans. 

Durant toutes ces années, nous avons trié sur le volet les dessins animés que nous autorisions. Mais l’on fait vite le tour des 137 longs métrages Disney disponibles. 

Il y a quelques temps, nous avons introduit les “Il était une fois“, pas tout neufs, mais assurément bien faits. 

Leur père m’a assuré que les Goldorak étaient indispensable à leur culture cinématographique. 

Hum. 
J’ai cédé. 

Naturellement, il y a toujours les documentaires animaliers, un valeur sûre. 
Mention spéciale aux requins pointe blanche et aux orques qui semblent captiver nos Jujus chaque jour d’avantage. 

Mais ces derniers temps, je sentais bien que nous étions un peu arrivés au bout.

Et puis l’autre jour, en surfant sur son i-pad, leur père est tombé sur un vieux film de Charlie Chaplin.

La révélation. 


On n’y pense pas assez, amis parents, mais ses oeuvres sont une mine d’or de belles émotions particulièrement adaptée aux petits. 


Habitués à la couleur et aux dialogues, ils découvrent le noir et blanc, le muet et le mime. 

Ils se concentrent sur l’intrigue, élémentaire mais puissante. 
Les figures sont claires : la soeur, la maman, le papa, le policier, le méchant, le gentil, le docteur. 
Et tout finit toujours bien.

Evidemment, Le Dictateur n’est probablement pas le premier épisode à leur montrer, mais Le Kid, Le Cirque, La Ruée vers L’Or ou les temps Modernes, se prêtent facilement à l’exercice. 


Les mômes se fascinent vite pour ce comique de génie, le personnage du clown triste mais amusant, résistant mais maladroit, dramatique mais plein d’espoir, autant de paradoxes que les enfants adorent.


Revoyons nos classiques, ils n’ont pas pris une ride. 

Samedi à l’hôpital, 1725ème

Salle de télévision. 

16:36.


– “Trystan, Tancrède, arrêtez de vous battre, s’il vous plait.”

– “Grihahahgroiiihahahahgnnnnnnnaaaargghhhhhh!

– “TRYSTAN TANCRÈDE ARRÊTEZ DE VOUS BATTRE TOUT DE SUITE !!!

– “Grihahahgroiiihahahahgnnnnnnnaaaargghhhhhh!

TRYSTAN, TANCRÈDE, NOOOOON !! PAS LA POOOOOORTE’ !!!!!!!!


Trop tard. 

– “OUIIIIIIIIIIINAÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏE !!!!”

Trystan vient de claquer la porte sur la main de son frère. 

Aux vues, si je puis dire, des hurlements de Tancrède, c’est grave. 

Ça me rappelle le Mexique, quand Trystan s’était fêlé le pouce dans la douche, ils devaient avoir 18 mois à l’époque.

Je me précipite sur la porte. 
Mais comme nous ne la fermons jamais, le bois a gonflé. 
Impossible de l’ouvrir, je suis coincée dans le salon. 

Pendant que je m’acharne, j’entends mon fiston qui déambule hystériquement dans la maison, qui monte à l’étage, qui descend, en appelant désespérément à l’aide. 
La fichue porte cède enfin. 

Je retrouve Tancrède sur les marches de l’escalier, la main en sang. 

Je vois qu’il a joué au petit poucet et qu’il a goutté partout sur la moquette. 
Je viens de lire un article qui explique que ça part tout seul avec du sérum-physiologique. 
Ça tombe bien. 

Oh ça va, hein. 
A force, vous aussi, vous finiriez par penser à ce genres de trucs. 

Je regarde sa main. 
En un quart de seconde je conclus que nous avons à faire à une “Situation H“, de celles qui requièrent l’Hôpital, vous l’aurez deviné. 

J’hurle dans l’escalier : 

– “CHERIIIIIIIII !!! HABILLE-TOI, ON EST BONS POUR L’HOSTO.”

Ni une ni deux, j’ai fourré le tube d’arnica dans la bouche du petit, le doigt est sous l’eau glacée, pendant que le môme hurle en bavant ses granules, que je repousse consciencieusement sous sa langue avec le plat d’une cuiller. 
De l’autre main, je prépare le “Sac H” : bouteille d’eau, gâteaux et compote. 
(Je me suis fait la réflexion à l’instant que nous devrions rajouter le chargeur d’iphone.)

Le père attrape le gosse, dont le doigt est emmitouflé dans du sopalin, le sac et son portefeuille, avant de disparaitre dans la voiture. 

Je crois bien que nous venons de battre notre dernier record :
Moins de cinq minutes ce sont écoulées entre le moment où la porte s’est écrasée sur le doigt de notre fils et le démarrage de la voiture. 

On devient bons, avec le temps. 

Fin d’après-midi, début de soirée. 
Hum. 
J’évalue un ETR (Estimated Time of Return), qui devrait être plus long qu’à l’accoutumé. 
Je table sur 23:00. 
Tout dépendra de la radio. 

Je vaque à mes occupations de nettoyage, après avoir puni le frangin homicidaire récidiviste dans sa chambre. 

On reparlera plus tard de la sanction appropriée. 
Je pense lui donner toutes les tâches ménagères qui leur reviennent, ainsi que celles habituellement confiées à son frère, pour toute la durée de la convalescence de Tancrède.

Toutes les minutes, mon oeil se dirige malgré moi vers mon portable. 
J’attends de leurs nouvelles. 
Même si je sais que son père ne m’appellera que lorsqu’il aura de nouvelles informations à me donner. 

Tzzz… Tzzz… Tzzz… Tzzz…

– “Allo !?”

– “Chérie. C’est bien une fracture. Pas de points de suture vu l’emplacement. Ils lui mettent un gros bandage type atelle. Tu retourneras voir le médecin jeudi pour vérifier. Tiens, passe-moi Trystan, y’a Tancrède qui veut lui parler.”

Je passe mon portable à Trystan, et les mets sur haut-parleur : 

– “Alooooo Trystan’ ???”

– “Oui Tancrèd’, chui là…”

– “Tu t’excuses ?”

– “Meumfff… Oui Tancrède pardon, chui désolé. Ze t’aime.”

– “Bon. Ok. J’te pardonne.”

#LaViolenceDomestiqueGémellaire
#JujuJesus
#TendsLaJoueGauche
#EtEnPlusIlLuiPardonne
#IndécrottableIncorrigibleIncurrableIrrécupérable

Pourquoi la Namibie est le terrain de jeu et d’apprentissage rêvé pour les enfants

La Namibie est le terrain de jeu et d’apprentissage 

RÊVÉ pour les enfants. 


A l’occasion de ce quatrième et dernier chapitre consacré à nos congés namibiens, j’ai voulu partager avec vous cette conclusion majeure, à laquelle je suis parvenue après dix jours de voyage dans ce pays.

J’irais même plus loin, un séjour en Namibie permet d’aborder la majeure partie des thématiques éducatives dont nos petits ont besoin pour grandir. 

Ça tient presque du tour de magie :
Trois à cinq heures minimum par jour à rester vissé à un siège (auto) en voiture le long d’interminables pistes au coeur du désert, ça vous forge un mental et ça vous inculque la patience et la créativité 

En dehors de ces moments de déplacements obligatoires, vous passez votre temps à marcher, à randonner ou à escalader des dunes. L’activité physique est donc une vraie composante de ce type de voyage. 

La vie en communauté n’est jamais aussi équitable – si vous vous débrouillez bien et instaurez immédiatement quelques règles salutaires – que lorsque vous vivez sous la tente. Elle transforme le pensum de la répartition des tâches ménagères en véritable jeu pour les enfants, qui découvrent réellement la notion de solidarité familiale au quotidien
Le camping, c’est de l’éducation positive sans même y penser. 


En Namibie, le danger est partout : au bord des falaises des canyons, dans nos chaussures – les scorpions adorent venir y loger durant la nuit – sous un arbre avec les serpents, autour des camps où les hyènes et autres prédateurs vivent en liberté… 
Y vivre permet donc à nos têtes brûlées de se familiariser avec lui et de se responsabiliser

La quasi totalité des infrastructures routières étant composée de pistes de gravier ou de sable, vides de passage la plupart du temps, la tolérance parentale en terme de mesures de sécurité se relâche légèrement, laissant la place à des cours de conduite inespérés pour les enfants. 

Apprendre à changer une roue – le sport national dans ce pays – vient compléter l’apprentissage automobile global. 

Découvrir l’astronomie – la voix lactée et les nuages de Magellan se distinguent aisément dans le firmament de la Namibie – et la météorologie, grâce aux stratocumulus et autres cumulonimbus qui ornent le ciel exceptionnel de cette région du monde :

Dans un environnement totalement aride et sec, comprendre dans son corps l’importance de l’eau potable, comment on l’économise et comment on la recycle.

“J’irai pisser sur vos dunes.”

Découvrir des animaux exceptionnels :

Comme la Dancing White Lady Spider (Leucorchestris arenicola), une araignée nocturne blanche aux reflets dorés qui s’enterre dans le sable et que seul un oeil avisé et professionnel peut dénicher et sortir avec précaution de son nid.
Elles ne tissent pas de toile extérieure, comme la majorité des araignées, mais vivent à l’intérieur d’un trou dans lequel elles se protègent du soleil et des très hautes températures de la journée. Celui-ci peut faire 40 cm de long. Il leur faut moins d’une dizaine de minutes pour le creuser, avant de le reboucher par une porte faite de toile. 
Elles disposent de 8 yeux qui leur permettent de maximiser leur efficacité durant la nuit. 
Elles vivent jusqu’à 6 mois et sont assez venimeuses puisqu’elles déclenchent une forte fièvre, voire plus, si terrain allergène. 

Les traces presque indécelables de cette araignée. 
L’entrée de la tanière est invisible,
sauf à souffler sur les discrètes empreintes de l’animal, seul moyen de la découvrir.
 

L’insertion d’une petite brindille permet de mesurer et visualiser de l’extérieur le tunnel,
et donc la poche où se trouve l’araignée. 
En dégageant le sable de chaque côté du tunnel, on atteint ainsi sa cache. 
Ainsi que le plafond tissé du trou
Et enfin le petit animal : attention elle déteste le contact de la peau humaine
qui excite et stresse ses petits poils récepteurs. Mieux vaut donc garder un peu de sable sur ses mains. 

Elle se rendort alors sur vos doigts.
Le Sociable Weaver (Philetairus socius) ou Républicain sociable est un tout petit oiseau qui construit des nids gigantesques – jusqu’à 150 kg – sur les branches des arbres du désert du sud de l’Afrique, en particulier dans le Kalahari en Namibie, ainsi que sur les pylônes électriques, ce qui fait d’eux de véritables nuisances dans la région. 
Chaque femelle peut pondre jusqu’à 6 oeufs par an et chaque nid peut accueillir plusieurs centaines d’oiseaux d’une même famille. 
Il arrive que les nids prennent feu avec la foudre ou même les combustions spontanées du soleil qui se reflète dans la rosée. 
Mais leurs plus gros ennemis sont les serpents. C’est la raison pour laquelle l’entrée du nid est construite en dessous, les reptiles descendant le long de l’habitation convoitée et finissant par glisser et s’écraser au sol. 
Pour assurer une sécurité totale, ils s’associent parfois avec le Faucon Pygmée qui s’installe confortablement au dessus du nid – trouvant ainsi un lit douillet tout prêt – en échange de ses services de surveillance, les serpents étant les principaux aliments à son menu. 
L’Oryx est ultra présent dans cette région d’Afrique, par milliers répartis sur des distances immenses. Son pelage si élégant lui a valu le surnom d'”Antilope qui a enfilé sont smoking”. Cet animal très particulier joue de la couleur de sa peau pour ajuster sa température corporelle : tour des yeux et dessous du ventre blanc pour refroidir, “masque” noir sur le chanfrein pour absorber les rayons et éviter ainsi que trop de soleil n’atteigne les yeux, et poils noirs sur le reste du corps pour se réchauffer en hiver. 
Ils sont d’ailleurs connus pour conserver une vue perçante jusqu’au bout de leur vie grâce à ce système. 
Lorsqu’ils ont trop chaud, ils se postent tout au dessus d’une dune, face au vent, afin de créer un courant d’air rafraichissant sous leur ventre. 
Il peuvent atteindre jusqu’à 22 ans et survivent très bien dans le désert grâce à leur capacité à s’alimenter aussi bien d’herbes qu’avec les feuilles des arbres. 
Les mâles sont reconnaissables grâce à leurs cornes plus épaisses ainsi que leur forte musculature des épaules. 
Les femelles ont l’habitude de se relayer pour garder leur progéniture qui reste avec l’une d’elles pendant que les autres vont brouter, parfois à des dizaines de kilomètres de là. 

Le chacal apprécie particulièrement les paysages plats de cette partie du monde, riches en petits animaux à chasser. 
Il vit en paire qui reste ensemble pour la vie, dans des terriers de 1 à 2 mètres de profondeur où ils placent des herbes mortes pour assurer tout le confort à leur progéniture. 
Ils sortent au coucher du soleil et reviennent à l’aube, pour rester cacher durant la journée dans leur trou. 
Bien que très large, celui-ci est difficile à repérer dans la savane, car souvent habillement creusé le long d’une ligne de dune qui le rend presque invisible de loin.  

Dans le désert, d’innombrables types de traces différentes sont laissées dans le sable chaque jour par les habitants de cet espace pourtant hostile. 
Voici celles du criquet (en haut) et du scarabée (en bas). 

Le Toktokkie dont il existe des dizaines de variantes différentes, est le nettoyeur du désert. C’est lui qui passent derrière tous les animaux et s’assure de la dégradation de leurs productions. Il se place souvent contre le vent le matin, afin de s’hydrater en récupérant la rosée. 
Absolument inoffensif, il se déplace à une vitesse fulgurante sur le sable, ce qui en fait le souffre-douleur préféré des enfants, qui leur courent après comme des possédés. 

Dans la région d’Aus et Luderiz, dans l’ouest du pays, vivent des chevaux sauvages, exceptionnels à plus d’un titre. 
Leur origine n’est pas totalement claire. C’est semble-t-il l’un des seuls cas de “marronage” de chevaux sur le continent Africain : des chevaux domestiques importés par les fermiers allemands de l’époque installés là à la fin du 19ème siècle, puis retournés à l’état sauvage après avoir été abandonnés ou s’être échappés durant les événements de la Première Guerre Mondiale. C’est leur descendance qui galope aujourd’hui, libre, au gré des sables du désert du Namib.

Découvrir les plantes, leur utilité médicinale et certains phénomènes naturels passionnants : 

Le Camel thorn (Vachellia erioloba) forme d’Acacia très commune en Afrique, peut vivre plusieurs centaines d’années. 
Dans une région où la pluie ne tombe que tous les 4 ou 5 ans, ses racines creusent jusqu’à 80 mètres dans le sol pour puiser l’eau souterraine. 
Un jeune réseau de racines superficielles situé juste en dessous du sol capte quant à elle l’humilité de la rosée matinale. 
Ses feuilles ont l’habitude de se rétracter en cas de grosse chaleur pour éviter l’évaporation du précieux liquide. 
Ses longues épines éloignent les prédateurs et leur brillance capte les rayons du soleil, protégeant ainsi un peu plus les feuilles. 
Seules les girafes, qui raffolent de cet arbre, ont trouvé le moyen de contourner cet obstacle avec leur grande langue recouverte de salive ultra collante qui les protège. Mais la nature développant toujours des mécanismes de défense phénoménaux, l’acacia, lorsqu’il est ainsi “tondu” déclenche au bout de 5 minutes des émanations de tanins amers dont l’odeur rappelle un mélange entre l’ail et l’oignon, toxique pour les animaux, et qui fait donc efficacement fuir les importuns. Ses sécrétions sont emportées par le vent, permettant ainsi aux arbres de “communiquer entre eux” et de se prévenir mutuellement de l’arrivée des prédateurs herbivores !
C’est la raison pour laquelle les girafes ne broutent jamais plus de quelques minutes le même arbre, et toujours contre le vent… 

Ses fruits, de grosses coques extrêmement solides, sont consommées par les animaux, qui en les digérant brisent sous l’effet de l’acide de leur l’estomac, la poche extérieure et libère les graines qui sont ensuite rejetées dans la nature, en attente de germer à nouveau. Elles peuvent survivre ainsi 5 ans à l’air libre. 

Très utilisés par les autochtones, ils soignent les angines du désert connues pour être fatales aux plus petits. De petites incisions sont pratiquées de part et d’autre du cou, et la poudre des graines écrasée, mélangée à de la graisse animale, est appliquée en cataplasme sur les cicatrices, soulageant ainsi le malade en 24 ou 48 heures.
Les racines sont utilisées en tisanes contre les fièvres et pour lutter contre les allergies. 
Sa résine fraiche remplace le miel pour sucrer et pour booster les défenses immunitaires. Bouilli, elle sert de remède éprouvé contre la… Tuberculose !

Du fait des vents parfois violents dans la région et des animaux qui se blottissent au frais au pied des arbres, les racines finissent souvent par se découvrir, laissant apparaitre un tronc décharné qui semble mort mais qui pourtant se porte très bien. 



Le False Ink Cap (Podaxis pistillaris) est le seul champignon de la planète qui pousse dans le désert. Une seule goutte d’eau suffit à déclencher sa croissance qui peut lui faire atteindre une douzaine de cm. Il est venimeux mais la peau blanche de son chapeau est traditionnellement utilisée comme… Crème solaire par les populations locales qui s’en tartinent la peau. 

Le !Nara Melon, à prononcer avec le claquement de langue typique de la langue aborigène, (Acanthosicyos horridus) est une espèce de melon sauvage qui pousse en plein désert. Son goût est entre la pastèque et le melon. 
La plante peut vivre plus de 100 ans et sait de désensabler seule. 
Mûre, le fruit pèse près d’un kg et apporte suffisant de liquide et de nutriments à un humain adulte pour survivre une semaine dans le désert sans autre aliment ni boisson. 
Il se récolte entre février et avril, puis entre août et septembre, mais aucun homme n’a jamais réussi à le cultiver. Ses graines peuvent être consommées comme des noix ou produire de l’huile. 



Les “Fairy circle” ou “Cercles de Fées”, sont une manifestation naturelle à laquelle les scientifiques n’ont toujours réussi à apporter d’explication !
Elles existent principalement en Namibie mais se retrouvent aussi en Afrique du Sud, en Angola et en Australie. 
Aucune plante ne peut pousser à l’intérieur de ces cercles naturels qui font jusqu’à 5 mètres de diamètre.
De nombreuses études ont été menées et sont toujours en cours pour essayer d’expliquer ce phénomène : pluies de météorites, toxines, facteurs géo-chimiques ou biogéochimiques microbiens, compétition hydrique, lien avec les fourmis ou les thermites et même traces d’OVNI… Toutes les hypothèses ont été proposées, sans retour concluant. 
Si le sujet vous intéresse, lisez ça

Dans la réserve privée du NamibRand, ces cercles d’une dizaine de m2 sont en vente, pour les farfelus, fétichistes et autres ufologues en herbe à une centaine d’euros, donnant droit à une plaque avec un numéro personnel. Les sommes récoltées servent à la protection des espèces sur la réserve. 



La physique, la chimie ou même la géologie :

La formation des dunes de sable si spécifiques à la Namibie date de 45 millions d’années.
Le désert du namib, longue bande de 200 km de large et de 2000 km de long, s’étend de l’Angola à l’Afrique du Sud, traversant la Namibie, le long de l’océan Atlantique. 
Les scientifiques s’accordent pour expliquer son existence par une circulation exceptionnelle du sable dans cette région : charrié depuis l’intérieur de la Namibie, par le fleuve Orange, il est rejeté dans l’océan puis renvoyé, grâce aux courants, sur les plages de Namibie et d’Angola. De là, les vents contraires ramènent le sable vers l’intérieur, formant ainsi des dunes spectaculaires, dont les plus impressionnantes se trouvent à Sossusvlei et Swakopmund (Dune7)
Les dunes avancent en moyenne de 2 mètres chaque année. 
Leur couleur varie du blanc, pour les sables les plus “lavés” de minéraux, au rouge, pour ceux qui sont le plus chargés en fer. 
La simple expérience qui consiste à recouvrir un aimant d’un mouchoir avant de le passer dans le sable est très amusante : toutes les particules de fer se désolidarisent du sable et restent accrochées sur le papier !


Le calcaire est également une roche très présente dans la région, avec laquelle il est amusant de faire des expériences : dans le vinaigre, il devient effervescent et fond complètement. 

La chaleur est telle que l’eau contenue dans certains blocs de pierre, en se dilatant, exerce une pression qui finir par faire éclater la pierre. 

La namibie, c’est un vrai paradis !

Mais naturellement, les plus heureuses dans l’histoire, ce sont les pauvres maitresses qui voient débarquer les gosses le lundi matin, de retour de vacances, les bras chargés de pierres volcaniques, de cristaux et autres poils d’oryx. 

#Véridique
#MerciLesFillesHein

Découvrir le Wolwedans Dune Lodge

Je vous le signalais hier,

en Namibie, le camping est de mise. 

Mais, pour les rebel(le)s, voici une alternative : 

Le paradis sur Terre. 

Magique, sublime, spectaculaire, grandiose, magnifique, superbe, fascinant.. Difficile de décrire lWolwedans Dune Lodge

Situé en plein dans l’ouest du pays, entre le bourg d’Aus et les fameuses dunes de Sossusvlei, ce lieu d’exception est bâti en plein coeur de la NamibRand Nature Reserve, première réserve privée de Namibie et seconde du sud de l’Afrique avec 234 000 hectares de terrain non clôturé, pour laisser les animaux aller et venir à leur guise. 

L’architecture moderne des bâtiments est étonnante mais, se fond très bien dans le paysage désertique de dunes de sable rouge.


Tout ouvert au vent – il ne pleut que tous les quatre ou cinq ans dans cette région ! – et construit tout en longueur, on passe de la salle à manger, au salon, à la bibliothèque ou à la piscine en marchant le long de ponts en bois, montés sur pilotis.
Le sentiment de luxe, tout en ayant l’impression de vivre dehors, en plein air.
#MaVersionDuCamping 

Les repas se prennent sur la terrasse  devant le point d’eau où viennent souvent s’abreuver les animaux : un bon moyen de commencer sa journée en toute sérénité. 

Les chambres, des tentes aménagées avec un goût parfait, sont simples, rustiques mais authentiques et chic. Elles sont confortables et spacieuses, installées en dernier, au bout des passerelles. 

Elles sont très bien équipées et offrent toutes une vue spectaculaire sur les dunes : en gardant les volets ouverts durant la nuit, mais les moustiquaires descendues, on peut s’endormir en contemplant les étoiles et s’éveiller avec le lever du soleil devant soit. 
Un moment exceptionnel. 


Tout le lodge fonctionne à l’énergie solaire, grace aux panneaux installés derrière chaque bâtiment. Chaque goutte d’eau utilisée est recyclée entièrement pour les arrosages. 

La réserve qui entoure le lodge est parmi les plus belles du pays et offre des paysages uniques au monde, entre désert et dunes de sable, flan de montagne et espaces rocheux. 

Les oryx s’y ébattent par milliers, mais les kudus, les girafes, les zèbres, les autruches, les chacals et les léopards ne sont pas en reste. Sans oublier tous les petits insectes fascinants qui peuplent cette contrée aride. 

Les excursions au depart de l’hôtel sont toutes splendides : marche avec les aborigènes pour découvrir leurs traditions, et leurs secrets pour survivre et vivre dans le désert, game drive classique de quelques heures, safari à cheval, safari-picnic à la journée…
Toutes sont menées par des guides expérimentés et passionnants. 

Pour finir, le service est exceptionnel de gentillesse, drôle, souriant, convivial, détendu mais ultra efficace et incroyablement tolérant envers les enfants, qui sont absolument bienvenus dans le lieu, ce qui est rare pour un hébergement de très grand luxe de ce type. 

L’un des plus beaux endroits de la planète, tout simplement. 

Juju-Campeurs

Si tu retires 4 lettres à “C-A-M-P-I-N-G”,

et que tu en rajoutes 6 nouvelles, 

ça donne “C-A-U-C-H-E-M-A-R”.

Coincidence ? 

Je n’crois pas.


Ma tendre moitié me répète en boucle depuis notre escapade de la semaine passée, que je suis une ignoble bourgeoise qui s’ignore. 

J’hésite encore à lui avouer que j’en suis, au contraire, parfaitement consciente. 

C’est lui qui, il y a six mois de cela, a subitement décidé que nous irions faire un tour en Namibie. 

Naturellement, dans les cinq secondes suivant son annonce, j’étais déjà attelée à l’organisation de notre prochain voyage, surfant avec délices sur les sites des plus sublimes lodges de cette partie de la Terre. 

Sentant le coût – hinhinhin… – venir, le père des Jujus a alors décidé de court-circuiter mes élans dépensiers, et ce de la plus infâme manière qui soit : 

– “Les enfants ! On va partir en Namibie en mai !”

– “Ch’est où la Namibie ?”

– “Au dessus de l’Afrique du Sud. Et SURTOUT vous allez voir c’est GENIAL : là-bas, on ne dort pas à l’hôtel, ON DORT SOUS UNE TENTE !”

Evidemment, hurlements de joie côté jujutrépidesque, les garçons ayant immédiatement projeté de réaliser leur rêve le plus fou.

J’ai donc dû m’avouer vaincue par K.O., dans l’instant. 

Fidèle à mon fonctionnement habituel – souvenez vous pour la varicelle en décembre dernier – j’ai décidé de faire contre mauvaise fortune bon coeur et de partir à la recherche de tous les aspects positifs proposés par ce merveilleux mode d’hébergement qu’est : le CAMPING.



A première vue, il réussit l’exploit – à lui tout seul – de réunir la totalité des inconvénients possibles imaginables, devenant ainsi le pire système de logement existant sur cette planète : promiscuité, inconfort, saleté, contraintes en tous genres, et j’ajouterais même danger.

Quoi !? Y’a des chacals qui s’baladent la nuit dans cette région, je vous signale. 
Des hyènes affamées. 
Et des scorpions létaux aussi. 
Parfaitement.

Mais par pure honnêteté intellectuelle, et aussi pour faire plaisir à mes fistons chéris ainsi qu’à leur papa – qui ont adoré le concept – j’ai malgré tout pris sur moi de lister le nombre considérable d’avantages et de bénéfices que l’on peut retirer de l’expérience.

Attention, c’est parti : 

FACILITE
Intuitivement, le camping c’est la logique-même : on transporte notre maison sur notre dos. Quoi de plus ancestral et naturel !


En plus, soyons clairs, le camping est devenu H-Y-P-E-R simple de nos jours : les tentes sont placées sur le toit de la bagnole. 
Plus besoin de s’emberlificoter dans les fils ni de planter des pieux dans le sable, au risque de s’écrabouiller les doigts.
On appuie dorénavant sur le bouton de la clef – qui s’appelle Chéri – et pouf ! 
En deux temps trois mouvements, c’est déplié et monté. 

C’est là que tu réalises un fait essentiel : c’est QUAND MÊME TOP d’être mariée.

SOLIDARITE
Disons-le aussi, les gens, dans ces endroits, ils sont très unis. 
Ils prêtent l’allume gaz et le gant de barbecue sans soucis, parfois même les allumettes. Ils donnent des conseils d’itinéraires de pro et plein de bons plans pour le camping suivant. 
C’est beau la solidarité des campeurs. 
Nan mais si. C’est vrai. 

DEVELOPPEMENT DE L’IMAGINAIRE 
Bon, certes, on ne dort pas beaucoup, sous la tente. 
Les Allemands d’à côté braillent toute la nuit, complètement bourrés à la bière locale (c’est pour le dépaysement). 
Et quand ils ferment enfin leurs gueules, ce sont les babouins hurleurs qui s’y mettent… Avant de passer le relai, sur les coups de 4 ou 5 heures du mat’aux oiseaux dont les piaillements sont toutefois rapidement couverts par la douce mélodie des ronflements germaniques. 


Mais avec un peu d’imagination, il est possible de les confondre avec les éructations des phacochères avoisinants. 
Tout de suite, l’expérience prend alors une autre dimension. 
Naaan, pass’que finalement, c’est surtout le regard qu’on pose sur les choses, qui compte le plus. 

ECONOMIE
Alors oui, il arrive souvent que l’on doive rester plusieurs jours dans “son jus”, trop horrifiés par le manque de propreté des sanitaires et/ou la queue qui se profile devant la porte, pour se décider à mettre un doigt de pied dans le bac à douche. 
Mais enfin, voyons le côté positif des choses :  il est bon, de temps en temps, de laisser respirer sa peau, loin du savon et des produits chimiques agressifs. 
Hum ?

Et puis, y’a les piscines des camps. 
C’est cool, les piscines.
Pour se laver.
Comme ça on sent le chlore jusqu’au lendemain, en plus. 
Ça fait faire des économies de parfum. 

CREATIVITE
C’est vrai. 
Quand on a le malheur d’oublier le dentifrice – dans la trousse de monsieur – et/ou notre serviette – qui puait tellement l’humidité qu’on l’a laissée sécher sur la branche – pour aller faire sa toilette de chat au lavabo situé à 3 km de la tente, et bin… On ne refait pas le chemin dans l’autre sens, et à nouveau la file d’attente. 
Alors on utilise le shampoing pour se brosser les dents – oui, c’est effectivement dégueulasse, borderline nocif pour les papilles, j’ai remarqué, d’ailleurs – et on s’essuie avec son t-shirt sale (retourné) du jour précédant.
Je suis d’accord avec vous : du coup pourquoi s’emmerder à essayer de rester vaguement propre, si c’est pour en arriver là ? 
Bonne question. 
Je n’ai pas réellement de réponse. 
C’est ça, le camping, semble-t-il. 
Y’a pas vraiment d’explication, c’est juste créatif, quoi. 
Pour sortir de notre routine. 
Nous ouvrir de nouveaux horizons hygiéniques. 
Non parce que la poussière, en vrai, c’est pas si sale. 
J’veux dire… C’est naturel. 

RENFORCEMENT DE LA CONFIANCE EN SOI

il est très bénéfique de se retrouver en milieu hostile, en proie aux guêpes qui rentrent dans notre bouteille de vin et que nous avons manqué d’avaler, au babouin qui grattent à notre porte pour partager le sandwich …

Car survivre à ces périls, c’est prendre conscience qu’on a vaincu le danger. 
Quand on réalise que 38 piqures concomitantes de moustiques ne sont pas mortelle, on se sens fort. 
C’est important pour le mental, de comprendre ce genre de choses. 
(Et aussi : les crèmes anti-moustiques n’ont ABSOLUMENT AUCUNE efficacité en plein air.)

RENFORCEMENT CORPOREL
Certes, on passe la semaine entière à se pincer les doigts dans les putain de pieds de chaise dépliables en ferraille. Avec le tréteau de la table aussi. 
On se retourne des ongles de main quotidiennement en essayant de débloquer la fermeture éclair de la tente qui se grippe régulièrement, surtout au moment d’aller se coucher, à 18:56, quand il fait déjà bien noir dehors. 
On se pète les doigts de pieds, aussi, parfois, quand on rate un échelon en descendant du toit durant la nuit, dans la pénombre, pour aller faire pipi derrière l’arbre. 
Mais enfin, là encore, c’est pas la mer à boire.
Une bonne séance de manucure reconstructrice une fois rentrée au bercail, et le tour est joué.
Il faut s’avoir s’endurcir un peu. 
Nous sommes devenus trop fragiles, nous, les humains de la ville. 
VALEUR PEDAGOGIQUE
Ah oui : en début de séjour, on doit se taper les courses à la supérette où l’avocat et le paquet de carotte coutent un bras. 
Après cela, il s’agit de faire la popote trois fois par jour, la vaisselle qui va avec, replier les sacs de couchage ainsi que toute la tente. 
Chaque matin.
Alors qu’on est en VACANCES.
On peut légitimement s’interroger sur l’intérêt d’une telle pratique.
Mais certains argueront que c’est le meilleur moyen de renforcer la solidarité familiale et d’enfin apprendre à notre progéniture le partage équitable des taches. 
Papa à la plonge, Titi à l’essuyage, Tancrède au transport – bah oui, l’évier il est pas tout près, hein ! – et Maman au rangement dans les super placards intégrés du 4X4.
TOP.  

LUCIDITE
D’accord, il faut l’admettre : on rentre plus fatigué des vacances que lorsqu’on est parti. 
Si l’on se couche avec les poules, comme signalé dans l’un des points précédents  on ne dort pas pour autant. 

Car les mômes, eux, roupillent parfaitement malgré le cirque environnant. 
Ils se lèvent donc frais comme des gardons vers 6 heures du mat’, sonnant le début de la nouvelle et magnifique journée qui s’annonce. 

Un avantage certain, toutefois, à cette situation : on prend de la hauteur, en dormant sous la tente.
Sans mauvais jeu de mot.
En effet, lorsque l’on rentre chez soi, on apprécie subitement à sa juste valeur le bonheur de disposer d’une chambre à coucher en dur, et d’un matelas moelleux. 
Il est bon parfois, je crois, de faire preuve d’un peu de discernement et d’apprendre à réapprécier les privilèges dont nous jouissons chaque jour sans nous en apercevoir. 
J’ajouterais qu’il en est de même pour l’eau : on réalise subitement que nous vivons dans une opulence et une abondance criminelle. 
(Là, je suis sérieuse.)
Déconnexion
Dans 99,97% des cas, les campings ne proposent pas d’accès wifi. 
On se retrouve donc, par la force des choses, déconnecté du monde digital et virtuel de l’internet. 
C’est l’opportunité idéale pour renouer le dialogue avec son mari.
(“Et toi, t’as du réseau ou pas ? Non ? Merde…”) 
Et pour raconter des histoires aux enfants le soir, autour du feu, ou dans la tente avec les ombres chinoises, avant d’aller ce coucher.  

Aloooooors !?
ELLE EST PAS BELLE LA VIE !

Demain, chapitre 3 des aventures namibiennes avec ma contre-proposition hôtelière.  

Jujus-roadtrip

La semaine dernière, 

nous avons passé quelques jours en Namibie. 

Tous les quatre ensemble, 
sur les routes sauvages du sud du pays


Si l’on décide d’y venir pour découvrir de splendides et spectaculaires lieux d’exception, le voyage en Namibie est avant tout le chemin. 
Impossible de ressentir l’identité de cette région sans accepter le contrat élémentaire de tout voyageur qui s’y aventure : le road-trip et rien d’autre. 

Des centaines de kilomètres à parcourir chaque jour, dans l’immensité de ce pays une fois et demie plus grand que la France, pour trente fois moins d’habitants.
L’une des densités les plus faibles du monde. 
Nous roulions depuis dix minutes sur la route interminable qui mène au sud du pays. 

Une piste, à vrai dire. 
Parfaitement droite, dont on ne parvient pas à distinguer l’horizon. 

Tout est vide. 
Aucune trace d’humanité nulle part. 
La Nature dans tout ce qu’elle a de plus absolu. 

De part et d’autre de la route, le désert. 
Quelques acacias chargés de gigantesques nids d’oiseaux Tisserins. 


Un ciel bleu. 
Des nuages comme des morceaux de coton accrochés tout là-haut. 
Un grand soleil et une chaude lumière sur le sable.  

Silence dans l’habitacle.
Quand tout à coup : 

– “Mamaaan ? Quand est-ce qu’on maaange ?”

– “Tancrède. Chéri. On vient de démarrer et on a encore quatre heures de route devant nous. Donc le prochain repas ce sera ce soir, okay ?”

– “CE SOIR !?!?!?!? Mais je comprends pas ! On n’a même pas déjeuné !!!

Je le réalise subitement :
En fait, nos fils sont des Hobbits.
Ils sont petits. 
Avec de grands pieds et de grandes oreilles. 
Et ils passent leur journée à (vouloir) bouffer.  

Je tente de le raisonner : 

– “Bin, tu vois un restaurant quelque part autour de toi, mon fils ?”
Visiblement en panique, il enchaine : 
– “Non ! Mais du coup, ça veut dire qu’on va RIEN manger pendant TOUTE LA SEMAINE !?!?!?!?”

Son père, cet âne bâté, en profite pour rajouter une couche à son désespoir : 

– “Exactement Tancrède. Comme ça, tu nous couteras moins cher.”

Au bord des larmes, sans savoir si cette affaire tient plus du lard ou du cochon, notre fiston s’est écrié : 
– “Alors… Alors… Tu veux que ton fils MOURISSE de faim, c’est ça !?!?!?

Je décide sagement de reprendre les choses en main. 

– “Tancrède, ton père plaisante, okay ? Et on ne dit pas “mourisse”, on dit “meure”. Tiens, prends une pomme.”
(Les cinéphiles auront noté la référence.)

Silence. 

– “Chéri, fais gaffe, tu roules trop vite. Tout le monde dit que tu crèves au delà de 80km/heure sur ces routes. ATTENTION LA PIERRE !”

Silence.

– “Papaaa !? Tu m’laisses conduire avec toi siteuplé ? C’est d’la piste, t’as toujours dit que sur la piste on peut.”

– “Oui mais pas là Trystan.”

– “Pourquoi ?”

– “Pass’que.”

Trois minutes passent. 

– Et main’nant, on peut conduire avec toi ?”

– “Non.”

– “Pourquoi ?”

– “Pass’que.”

Quatre minutes passent. 

– Et main’nant, on peut conduire avec toi ?”

– “Non.”

– “Pourquoi ?”

Avant que leur père n’ouvre la bouche, je décide que la plaisanterie a assez duré. 

– “Parce que si l’on croise quelqu’un, ça peut être dangereux, Titi, okay !?”

– “Mais MAMAAAN ! Y’A PERSONNE ICI ! R’GARDE ! TU WOIS UNE WOITURE KEKPART TOI !? Non ! Y’en n’a pas. C’est comme les restaurants. Y’en n’a pas.”

Silence boudeur des Jujus. 

Un ange passe.

Je tente de réchauffer l’atmosphère : 

– “Mes chéris, j’vous raconte une blague ?!”

Silence. 

– “C’est l’histoire d’une p’tite souris et d’un éléphant qui courent dans le désert. Tout d’un coup ils s’arrêtent et la p’tite souris dit : “Rooooo’, t’as vu tout c’qu’on fait comme poussière !?”

Silence. 

Bon. 

Pas grave. 

Du coup j’invective le père : 
– “Chéri !! ATTENTION LA PIERRE LÀ, À DROITE !!!”
C’est à cet instant que ma tendre moitié – dont la patience n’est l’une des qualités premières – craque : 

– “MAIS BORDEL C’EST QUI QUI CONDUIT ICI !?!?!?!?!”

Réponse collégiale de correction pavlovienne des Jujus :

– “C’EST KIKIIIIII !!!!

Silence. 

– “Mamaaan ?”

– “Quoi Tancrède ?”

– “Tu mets d’la musique ?”

– “Pas possible mon coeur, y’a pas de bluetooth sur cette voiture.”

 – “?? Le bloutouffe ? Bon, c’est pas grave. J’VAIS CHANTER.
Ayiyaaaaayiyyayayayayaya carnavaõ !!!!
Ayiyaaaaayiyyayayayayaya carnavaõ !!!!
Ayiyaaaaayiyyayayayayaya carnavaõ…”

Je parviens à reconnaitre la musique du dessin animé Rio.
Le paysage est beau. Mais désespérément plat et sec. 
Seul le bruit insolite des criquets géants – présents partout dans ce pays – qui viennent s’écraser régulièrement sur les vitres, brise le doux ronronnement des roues lancées à pleine vitesse sur le sable… Et les grincements de notre fils, visiblement bien parti sur sa lancée.

– “… Rudolfffff ze red nose reindeeeeer ! Had a very shinyyyyy noooooose ! And if ou ever saaaaaw iiiiit…..”

En plein mois d’avril, voilà un air bien rafraichissant, me dis-je intérieurement. 
Mais c’en est trop pour son pauvre père : 

– “Tancrède, mais TAIS TOI !!!!

Il est au bord de la crise de nerfs, je le sais, je le sens. 

Nous n’avons pas encore croisé une seule voiture depuis que nous roulons. 

– Papaaa !? Et main’nant, on peut conduire avec toi ?”

Silence.

Nous roulons depuis des heures. 

– ” OUAIIIIIIIN !!! Mamaaan !!! Trystan ‘y m’a tapéééééé !!!”

– “OUI MAIS C’EST LUI KA COMMENCÉ : ‘Y M’A CRIÉ DANS LES YEUX !!!” 

Silence.

BAM !!!

On vient de se prendre un nid de poule. 
La voiture à volé dans les airs durant quelques seconde.

– “Ouhahahahaha !!!! Ça m’a FAIT DES CHATOUILLES DANS LE GUILI PAPA !!! ENCOOOOORE !!!”

De mon côté, je retiens péniblement un Putain chéri, tu vas nous faire crever !

Pour détendre l’ambiance un peu électrique, leur papa tente un : 

– “Oh les enfants regardez, on vient de passer dans le désert du Kalahari !”

Yeux ronds de Tancrède. 

– “Ah bon !? ‘Y sont tout jaunes les zoizeaux la d’dans ?!”

– “???”

– “KALAHARI Tancrède. Pas CANARI.”

– “Ah.”

Je le sens déçu.

Heureusement, c’est là qu’un Oryx apparait au bord de la piste. 

Sauvés. 

Les Jujus sont hystériques et réclament leur bonbon-safari. 

Brave petits. 
Je regarde le paysage. 
La terre était blanche tout à l’heure. Elle est ensuite passée par le jaune et l’ocre. Puis le rouge. Elle est maintenant presque violette. 


C’est étrange. Je sens mon cerveau qui s’apaise. 
Le calme m’envahir. 
D’ailleurs les enfants sont enfin silencieux aussi. 
Ils regardent par la fenêtre. 

C’est curieux, je me sens remplie d’un sentiment ambivalent et paradoxal : tout ce vide nous renvoie à notre infinie petitesse. 
L’absence de présence humaine est assez inquiétante. 
On s’imagine en panne, seuls, totalement seuls, au bord de la route. A des centaines de kilomètres du premier centre médical. 
On reprend conscience de notre insignifiance. 
L’instinct grégaire frappe à l’arrière du cerveau. On ressent le besoin de voir d’autres humains, pour briser l’angoisse qui nous rappelle à notre animalité première. 

Et en même temps, l’excitation du vide, du silence, de la solitude et de la paix est comme une vague déferlante de liberté. 
Le sentiment d’être seul au monde n’est plus celui de l’abandon et du danger potentiel, mais la connection à la nature, à notre Nature, tels les tous premiers hommes. Comme un retour aux sources. 
Notre esprit sur-stimulé en permanence par la technologie – absente dans cette partie du monde, qu’il s’agisse du téléphone ou d’internet – est soudainement mis au repos. Vidé des ondes parasites – au sens propre et figuré – qui constituent notre quotidien habituel.  

La thérapie par le désert. 
Demain, le chapitre 2 de nos aventures Namibiennes : le CAMPING.