Les marmots et la négo’

Devenir mère

améliore CONSIDÉRABLEMENT 

notre capacité à négocier.


J’y pensais l’autre jour quand je suis tout naturellement allée prévenir la prof de natation que mes Jujutrépides seraient absents en août et rateraient donc cinq des onze cours du trimestre, et que je n’allais pas payer pour ces leçons perdues, tout en exigeant néanmoins de conserver notre créneau horaire.

Il y a encore quelques années de cela, je n’aurais jamais OSÉ demander un truc pareil, tellement sans-gêne, aussi énorme.

Mais avec les enfants – et l’entrainement de haut niveau qu’ils nous prodiguent avec une régularité à toute épreuve – on finit par trouver cela tout à fait normal.

Il est vrai que dès l’accouchement, les choses deviennent claires : on réalise soudainement que si l’on a réussi à expulser un ou deux – voire plus, pour certaines – machins de plusieurs kilos de notre corps, c’est que l’on est sans doute capable de réussir à peu près tout. 
Disons qu’après cela, rien ne semble réellement insurmontable. 

Quand on réfléchit au nombre de fois où l’on a réussi à prévenir le décès par chute de la table à langer / électrocution / noyade / empoisonnement au liquide vaisselle / écrasement par voiture et autres tentatives de suicide qui jalonne l’enfance de notre progéniture… On a tendance à se croire un peu plus costaud qu’avant. 

Si l’on comptait le nombre d’heures passées depuis leur naissance à négocier plus de brocolis, moins de sucre, plus de bisous, moins de baston-avec-son-frère, plus de “mercis”, moins de “JE VEUX !!!!”… On se ferait probablement très peur. 

Lorsque l’on s’aperçoit du degré inhumain de patience dont il faut faire preuve pour élever des enfants… On se dit que finalement, c’est dingue ce que l’on peut endurer, sans succomber. 

Quand on réalise la métamorphose psychologique qui s’est opérée dans notre cerveau, pour réussir à faire face aux obligations parentales sans sombrer dans la dépression la plus absolue, et qui consiste à passer notre vie à arbitrer entre les urgences, on comprend à quel point ils nous ont transformés. 

On comprend que les barrières, les “c’est impossible !” les obstacles, les difficultés, le “non”…  tout ça… En fait, c’est très surfait. 
Et vraiment relatif. 

En fait, une fois qu’on a eu des mômes, on finit par croire que tout est possible.  

https://web.facebook.com/EmmanuelleTabaretIllustrations

Arbitrage gémellaire : jumeaux 2, parents 0.

Nous roulions 

de retour vers la maison.


Il faisait déjà noir : la nuit tombe si vite en ce moment sur Cape Town en hiver.

– “Attention chéri, y’a un radar dans deux rues à gauche. “

Silence. 

– “Chéri, ralentis, y’a un radar !”

– “Ouiiii chérie, je suis pas sourd.”

Vraouuuum. Flash ! ✨ Flash !✨

Il vient de se le prendre.  
Bien comme il faut. 

– “?!?!?!?!? Mais ?!?!? JE TE DIS Y’A UN RADAR, ET TOI TU ACCÉLÈRES  !? MAIS T’ES CON OU QUOI !?!?!?

C’est sorti plus violemment que je ne l’aurais voulu. 
La colère a pris le dessus. 

J’entends alors la voix de Trystan, venue du fond du véhicule :

– “MAMAN ! On ne parle pas comme ça à son amoureux ! En plus, t’as dit un ‘ro mot !’

Je rumine d’agacement. 
Mais son intervention fait mouche. 
Je m’en veux d’avoir mal parlé à leur père devant eux. 

– “Chérie, même ton fils te le dit ! Tu ne me PARLES PAS COMME ÇA !”

Il vient de se prendre volontairement un radar que je lui avais pourtant signalé, et c’est moi qui suis en tort. 
Pour faire bon poids, il utilise notre fils pour retourner la situation à son avantage.  
J’enrage de colère contenue. 

Tancrède intervient alors, d’un ton calme et serein, mais dont la fermeté et l’assurance me prennent de court :

– “NAN MAIS, LES PARENTS ! J’ai les moustaches ‘ki frisent ! Si vous continuez, j’viens et j’vais m’fâcher ! On est une famille ! On est gentil ! Arrêtez de vous disputer.”

Naturellement, j’aurai pu faire preuve d’autorité et remettre ce petit présomptueux dans ses vingt-deux. 
Arguant d’une réflexion déplacée pour un enfant envers son parent. 

Mais je sais bien qu’au fond, il a raison. 

Eduquer, c’est d’abord donner l’exemple. 

Le respect est essentiel dans le couple et en famille. 

Il n’y a rien de pire que les altercations parentales qui ont lieu devant les enfants, je le sais.

J’ai eu tort de m’emporter ainsi. 

En fait, si je veux hurler sur le père, il va falloir attendre que les mômes soient à l’école. 

Question de Principes !

Elle est FORTE, 

celle-là.


Je couchais les Jujutrépides l’autre soir. 

Ils avaient décidé de dormir tous les deux dans le lit inférieur, celui de Trystan. 

J’étais donc agenouillée sur la moquette, au bord de leur lit. 
Ils étaient bordés, assis sur leurs postérieurs pour recevoir tour à tour leur câlin-du-soir :

– “Maman, tu sais avec tancrèd’, on a bien réfléchi, et on a truc à t’dire.”

– “Oui mes chéris, je vous écoute.”

– “Voilà. On n’aime pas quand tu te fâches contre nous. 
Tu vois, moi, quand j’aurai un fils, je lui crierai pas d’sus, par exemple. 
Quand il fera une bêtise, j’lui dirai : chéri pourquoi tu fais ça ? Faut pas l’faire, c’est comme ÇA ‘ki faut faire.”

– “Moui. intéressant mon amour. Et comment tu feras si tu as finalement un Tancrède et un trystan qui font TRÈS souvent des bêtises ? Tu crois pas qu’au bout d’un moment, tu finirais par t’énerver aussi ?”

Silence.

– “Et bin… Et bin… Ah… Lala… Tancrède ? Comment on doit faire, tu crois, pour not’ fils ?”

– “?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!?!”

Aveugles devant mes yeux exorbités de surprise, ils continuent comme si de rien n’était : 
– “Bin j’sais pas trop Trystan… C’est vrai qu’c’est un problem’ quand mêm’.
J’pense ‘ki faudra le punir. Tu wois par exemple, s’il détruit le jardin comme nous, faut lui interdire de sortir pendant trente-quatorze jours.”

– “C’est pas drôle, mais c’est sûr k’c’est mérité… Voilà, on f’rait comme ça maman.”

– “Moui. Je vois avec soulagement et bonheur que vous êtes d’accord avec moi : il faut respecter les règles-de-la-maison, pour faire fonctionner une famille.”

– “Euuuuh… Oui. Y faut des règles dans la maison, sinon c’est l’bazar… On est d’accord, avec mon frère.”

– “Ok. C’est bon à savoir. Et, donc, finalement, vous ferez comme moi, alors, pour vous fâcherez ?”

– “Aaaaaah mais NON MAMAN ! PÔ DU TOUT ! PASS’QUE NOUS, ON CRIERA JAMAIS SUR NOS FILS.” 

Je souris. 
#AvantJ’avaisDesPrincipes
#MaintenantJ’aiDesEnfants



Découvrir la Staart Farm

Le bon plan du week-end,

les amis !


Une sublime maison à louer pour dix personnes et située à moins d’une heure du Cap. 
La Staart Farm, à quelques kilomètres de Paarl, est une magnifique ancienne propriété aux murs épais et aux nombreuses pièces chaleureuses. 


La décoration, très ambiance “coloniale”, est léchée et recherchée. 

La cuisine, pratique et immense, est entièrement adaptée à de grandes tablées.


La maison est équipée de jeux de sociétés, de jouets pour les enfants, de bouillottes, de bougies, de centaines de livres, mis à dispositions des visiteurs.

En pleine campagne, le calme – relatif car des cocottes se baladent, libres, partout dans le hameau – règne et la terrasse offre une vue superbe sur les montagnes du Drakenstein, parfois enneigées lorsque – comme nous ce week-end – vous avez de la chance :


Pour un week-end en famille (nombreuse) ou entre amis, un anniversaire ou une occasion spéciale.

En été, pour la piscine, le ranch d’équitation situé à quelques kilomètres et les champs alentour.  

En hiver pour ses magnifiques cheminées et les fermes et vignobles de la région.

Pour réserver, c’est facile et c’est .

Bon week-end !

Les contradictions féminines

La semaine passée, 

j’étais en weekend de filles

Avec les copines du Cap. 

Vous connaissez le concept : un certain nombre de nanas (minimum 3 ou 4) s’échappent durant deux jours dans un endroit sympathique – tant qu’à faire – en laissant la progéniture aux pères ou à toute autre bonne âme qui aura bien voulu leur rendre cet immense service. 
L’idée est de permettre à ces minettes – une fois par an, c’est comme LA journée de la femme – de souffler un peu et de s’aérer l’esprit souvent alourdi par cette fameuse “charge mentale“, très en vogue dans les média depuis quelque mois. 
Certain(e)s diront : “pour revenir meilleure maman, voire meilleure épouse, calmée et apaisée.”
Moi je dirais juste : “avoir la paix durant 48 heures.”
Au moment de monter dans les véhicules, c’est l’hystérie collective : 

– ” WOUAIIIIIIIIS !!! On est LIIIBRE !!! On est TRANQUILLE !!! On a 20 ans de nouveau !”

Mais une fois les sacs déposés et la cheminée allumée, c’est le désarrois général: 
Elles tournent en rond comme des lionnes en cage, séparées de leurs lionceaux. 
Elles vérifient compulsivement leur téléphone, pour le cas où une petite vidéo, une photo ou même un simple texto leur serait parvenus avec quelques nouvelles.
Elles fixent les flammes en espérant trouver la réponse au trouble intérieur qui les étreint. 

Le soir venant, les bouchons sautent joyeusement devant le feu crépitant. 
L’ambiance est détendue, visiblement, la pression commence enfin à descendre.
Ça hurle dans le salon :  
– ” WOUAIIIIIIIIS !!! On est LIIIBRE !!! On va picoler jusqu’au bout de la nuit et on va pouvoir bouquiner peinaaaardes jusqu’au petit matin !

A 23:17, les yeux se ferment, les épaules se relâchent, les p’tits nez piquent vers l’avant. Après d’héroïques efforts pour se maintenir réveillée, chacune s’effondre telle Cendrillon sur les coups de minuit, minuit trente pour les plus braves. L’épuisement cumulé de mois de nuits tronquées et d’usure nerveuse. 

Le lendemain matin, la motivation est à son comble, après un sommeil si réparateur :

– ” WOUAIIIIIIIIS !!! On est LIIIBRE !!! On va pouvoir aller faire notre jogging tranquille sans se soucier du timing de retour !!!”

A peine trente six minutes plus tard, chacune est vautrée sur le canapé à se reposer d’un effort aussi intense, trois ou quatre plaquettes de chocolat vides trônant sur la table basse. 

Arrive le jour J, celui du retour au bercail.

– ” OH NOOOOO !!! C’EST DÉJÀ FINI…. On va devoir rentrer et payer au prix fort le droit à cette escapade bien agréable… La maison sans dessus dessous et les boites de pizza vides dans l’entrée…”

Mais secrètement, toutes s’activent comme si le contenu d’un essaim d’abeille entier les poursuivait, les sacs sont chargés à la vitesse de l’éclair dans les coffres, les limites de vitesse largement dépassées.   

Nous, les nanas, nous n’en sommes pas à une contradiction près…
Et c’est ce qui fait notre charme, pas vrai ?

Range ta chambre !

“Chéri, 

vas ranger 

ta chambre s’il te plait.”


Silence. 

– “Tancrède, tu m’as entendue ?”

Silence. 

– “TANCRÈDE !!!!”

– “Oui maman…”

Je suis assise sur la moquette de sa chambre et ai commencé à ramasser les premiers legos.
Il arrive enfin, en trainant les pieds : 

– “Mais maman, c’est pô moi k’ai mis tout c’bazar !”

– “Ah bon ? C’est qui alors ?”

– “Trystan. T’as qu’à lui demander à lui d’ranger !”

– “Tancrède, il est malade, ton frère. Tu peux lui rendre ce service. Je lui aurais aussi demandé si c’était toi qui étais au lit… Et puis tu sais, toute la journée je fais des choses qui ne sont pas pour moi. Je le fais pour vous parce que je vous aime et que nous sommes une famille. Tout le monde participe à tout, c’est comme ça.”

Je le sens interpelé. 
Il me regarde en coin et commence à ranger les billes dans leur boite. 

A

La

Vitesse

De

L’escargot.

Lentement.

Bille. 

Après.

Bille. 

A ce rythme, je me dis que nous en avons jusqu’à 23:30.
Minimum. 

Je refuse néanmoins de céder à la provocation. 

– “Tancrède, tu penses que tu peux ranger un peu plus vite ?”

– “Oui, maman… Oh ! regarde les ailes du dragon Kinder que j’avais perdues y’a super longtemps ! Les voilà !!! Elles z’étaient dans la boite des billes, en fait !”

– “Moui… C’est ce qui arrive quand on range mal ses jouets, après on ne retrouve plus rien…”

– “Brouuuuuuaaaaaarghhhhhhhh !!! Friiiiitch friiiiitch !!!! Je lance du feuuuuuuu !!!!”

Je sens ses postillons qui m’arrivent sur le nez.

– “Tancrède. Lâche ton dragon. Et RANGE s’il te plait.”

– “Oui maman…”

Moins de vingt secondes plus tard : 

– “Wouaaaahhhh ! J’avais oublié qu’j’avais ce p’tit Batman ! Tu t’souviens, il a une super cape ‘ssui là t’as vu !! Tadaaaaa !!!!”

– “Tancrède. RANGE !”

– “Pfffff mamaaaaan, tu sais, c’est VRAIMENT pas drôle d’ranger avec toi…”

J’ai beaucoup de mal à retenir un grognement de rage devant sa mauvaise volonté affichée et sa mauvaise fois évidente.

Sa chambre relève de sa responsabilité, je n’en démords pas. 

Je considère d’ailleurs que l’aider à y mettre de l’ordre fait de moi une maman HYPER sympathique. 

Mais à dire vrai, si je sais que je suis dans mon bon droit, je me sens malgré tout un peu piquée au vif : s‘entendre dire qu’on est rabat-joie par son propre fils, c’est vexant.  

Je me rappelle que l’on peut toujours faire les choses autrement. 

Que nous ne sommes pas obligés de voir les taches ménagères à accomplir comme des pensums, que celles-ci peuvent aussi être menées dans la bonne humeur et le jeu. 

– “Okay Tancrède. Hum. T’as pas envie de chocolat ?”

– “Roooo si maman !!!”

– “Alors le premier qui a fini de ranger a droit à un carré !! Gooooooo !!!!”

Moins de trois minutes plus tard, la chambre est impeccable. 
Non, mais. 

Sans dec’.

T’ar ta gueule à la récrée

Franchement, 
ça fait mal à l’égo.


Je revenais chercher les enfants à l’école l’autre après-midi et cherchais désespérément mes deux fistons dans la cour de récrée, sans succès. 

Quand tout à coup, je finis par les repérer dans un coin, un petit attroupement autour d’eux. 

Toujours à la pointe de la méfiance, mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai rapidement rejoint le fond du préau. 

Je découvre alors mon Trystan en train de se chamailler sérieusement avec un blondinet inconnu au bataillon, largement plus grand et costaud, disons-le franchement :

Trystan : “T’FAÇON T’ES QU’UNE ‘ROOOOSS’ PATATE TOUTE GRILLÉE !!!!!”

Le gosse : “C’EST SSUI_KI_DIT_KI_Y’EST !!!”

Pas top, j’ai trouvé, très entre-nous, la répartie côté blond.
Mais bon. 

Il me reste encore deux mètres à enjamber avant d’arriver sur la future scène de crime. 

– “ET PI T’ES QU’UN CRÉTIN ET TU VAS WOIR, J’VAIS DIRE À MA MÈRE DE VENIR ET J’VAIS LUI DIRE DE T’COLLER UNE RACLÉE !!”

Au moment précis où j’arrive – prête à intervenir devant les deux querelleurs – je vois le pauvre enfant que mon fils insulte et menace copieusement, ouvrir la bouche pour répliquer vertement. 
Mais au même instant, ses yeux – ainsi que ceux de Trystan – se posent sur moi. 
Visiblement il me reconnait. 
Il recule alors comme un clown sur ressorts dont on aurait ouvert la boite, se retourne et prend alors ses jambes à son cou avant de disparaitre par la porte de la cour. 

Mon regard, noir, se pose alors sur Trystan. 

Il est fier et se pavane comme un petit paon. 
Ses copines les jumelles sont juste derrière et sourient, telles des groupies. 

Je prends mon air le plus sévère possible, silencieuse car j’ai décidé d’attendre que nous soyons dans la voiture pour lui passer un savon mérité et remettre les pendules à l’heure. 

En attendant, mon esprit – fumasse – vagabonde. 

Apparemment, mes chers fistons m’ont taillé une super réputation à l’école. 

Je ne sais pas quoi en déduire.

P’tit café ?

Je me demande souvent ce qui rend

les enfants aussi irrésistibles.


Leur si grosse tête, sur leur si petit corps ?

Leur zozotement et leur petitesse, qui nous donnent instinctivement envie de les protéger ? 

L’espoir du futur qu’ils portent en eux et qui continuera après nous grâce à eux, celui qui rassure l’animal qui demeure au fond de chacun d’entre nous ?

La conscience que nous prenons, en devenant parents, du miracle de la vie, si spécial et si fragile ? 

Avec le temps, je pense que c’est leur sincérité qui nous désarme. 


Cette sincérité qu’ils perdent finalement assez vite, lorsqu’ils découvrent le pouvoir du mensonge et de la manipulation, inculqués d’une manière ou d’une autre par les adultes et par les difficultés de l’existence…

En attendant, je m’émerveille :

L’autre jour, ma charmante voisine étant de service, c’était son tour de ramener ma progéniture de l’école. 


En ouvrant la porte pour accueillir mes garçons, je découvre son adorable fiston, planté devant moi sur le paillasson, dégoulinant d’eau de pluie qui tombait fort ce jour là, sa maman à une dizaine de mètres derrière lui, trottinant pour éviter le crachin. 

Je vois alors ses grands yeux s’agrandir, son corps se hisser sur la pointe des pieds pour me parler, sa voix chuchoter tout doucement : 

– “Pom ? Siteuplé siteuplé, z’ai vraiment envie de passer un peu de temps à zouer avec Trystan et Tancrède, tu veux bien proposer un ‘tit café à ma maman ??? Siteuplé ?

Comment refuser une telle demande…

Soudain prise d’une bouffée d’affection pour ce petit bonhomme, je lui réponds : 

– “Mais évidemment mon chouchou, rentre vite et enlève tes chaussures.”

Sa maman, dont les oreilles trainaient évidemment dans les parages, sourit d’un air mi-amusé, mi-outré devant la situation. 


Soir de tempête.

Le café s’est transformé en crêpe-party bien sympathique. 
Sur le perron, au moment du départ, chacun emmitouflé dans son anorak, j’entends alors Oscar qui chuchote à sa mère, visiblement fier et heureux :

– “T’as vu maman, finalement, c’était ENCORE MIEUX qu’un café !!!


#TellementAdorable

#KroMignon

Découvrir la randonnée de Boomslang

Probablement l’une des randonnées 
les plus insolites 
que je vous ai proposées jusque là. 


Je vous ai déjà parlé de cette balade sur les hauteurs de Kalk Bay – petit port de pêche non loin du Cap de Bonne Espérance, à une trentaine de minutes de Cape Town – au beau milieu de milliers de pélargoniums et autres fleurs endémiques de la région.


Mais j’avais omis de vous signaler l’existence d’un petit sentier de traverse, à mi chemin du parcours, une petite boucle de 10 minutes, qui mène directement à la surprenante grotte de Boomslang. 




Cette expérience exceptionnelle vaut vraiment le détour. 

D’une bonne soixantaine de mètres de long, cette cave qui a été nommée d’après le serpent du même nom – serpents des arbres en français – et traverse la montagne qui sépare – ou relie, ça dépend comment on voit les choses – les deux vallées : celle qui surplombe Kalkbay (l’entrée) et celle au dessus de Fishhoek (la sortie). 


Munissez-vous impérativement d’une lampe torche, frontale de préférence car il est nécessaire, à l’entrée de la grotte, de ramper sur quelques mètres de sable avant de pouvoir se tenir debout dans les grandes salles qui se succèdent ensuite.  

Rien de bien difficile ni de dangereux, le sol étant très doux, aucun diplôme de spéléologie n’est donc indispensable, mais néanmoins : claustrophobes s’abstenir. Pour la même raison, assurez vous aussi de porter des vêtements qui ne craignent rien et qui couvrent les jambes. 

Il vous faudra environ 20 minutes pour traverser la cave. 
Durant ce temps, vous pourrez admirer toutes les formations naturelles étonnantes qui s’y trouvent, recouvertes d’un lichen jaune très soutenu.

Vous rencontrerez également de nombreux groupes de chauve-souris qui vivent là, pendues aux parois. 

Si vous éteignez vos lampes, vous serez alors plongés dans le noir complet, à l’écoute des piaillements des animaux… De votre rythme cardiaque, et du silence. 

La sortie de l’autre côté de la vallée ressemble à une renaissance : tout d’un coup, après des dizaines de mètres d’avancée dans l’obscurité, le retour à la lumière et l’exposition au monde… 


… Une vue panoramique sublime sur la False Bay. 


Devant, le Cap de Bonne Espérance, à la rencontre des courants indien (à gauche) et atlantique (à droite).


Derrière, la montagne, et la sortie de la grotte, devenue presque invisible :

Le retour peut se faire soit en retraversant la cave, soit en contournant le massif montagneux.

Dans tous les cas, allez-y impérativement en groupe. Les animaux sont normalement interdits à l’intérieur (pour ne pas effrayer les chauve-souris).

Bonne exploration !


Nota Bene 1 : Attention, en hiver, la grotte peut laisser ruisseler de l’eau à l’intérieur, évitez donc cette saison et cantonnez vous à l’été et l’automne (novembre – avril) pour la visiter. 

Nota Bene 2 : le départ de cette randonnée se fait depuis Boyes Drive, au dessus de KalkBay. 


Bébé un jour, bébé toujours

L’autre jour, 

j’ai assisté à une scène, 

dans la cour de recrée,

qui m’a vraiment surprise.


Je venais rechercher mes fils lorsque je les trouve avec Loup, le meilleur pote de Trystan, et sa petite soeur de trois ans qui attendait à côté de lui. 

– “Mamaaaaan !”

– “Hello mes chéris. Ça va la journée à été bonne ?”

– “Ouiiiiii ! Eh, t’sais quoi maman ?”

– “Euh, non Trystan, dis moi ?”

– “Et bin, Rosetta, en fait… ELLE PARLE !”

Silence.

– “Bin… évidemment qu’elle parle, Trystan. Elle a trois ans !”

Cela fait plus de deux ans maintenant qu’ils se côtoient, depuis notre arrivée au Cap. Je reste interdite devant sa réaction. 

Silence.

– “Ah bon ?”

– “Mais enfin Titi, qu’est-ce qui te prend ? Vous vous connaissez depuis longtemps, tu avais déjà remarqué qu’elle parlait quand même !?”

– “Bin… Non, pas vraiment.”

– “?! Et puis, tu te souviens : toi aussi à trois ans, quand tu étais en petite section, tu parlais, que je sache !”

Silence.

– “Ah bah oui… C’est juste que… c’est encore un bébé, Rosetta !”

– “Un bébé ? Mais elle n’a que 2 ans de moins que toi, chéri ! Elle marche, elle parle, tout ça voyons !”

Sur le chemin qui mène à la voiture, Trystan me dit alors : 

– “En fait, m’an, j’crois que pour moi, Rosetta, elle s’ra toujours un bébé, tu comprends ?”

Soudain tout s’éclaire. 

Finalement, les gosses, ils sont comme nous !

“Ooooh Comme tu as grandis toi !!! La dernière fois que je t’ai vu tu buvais encore au biberon !! C’est incroyable que tu sois déjà à la Fac !?”.
La vérité, c’est que nous avons du mal à accepter que si les mômes ont grandi, c’est que nous avons pris quelques années dans la tronche.

Et bien chez les enfants, c’est pareil : ils ont du mal à percuter que s’ils grandissent, c’est que les autres aussi. 
En fait, y’a pas d’âge pour devenir un vieux con.