Devenir mère
améliore CONSIDÉRABLEMENT
notre capacité à négocier.
J’y pensais l’autre jour quand je suis tout naturellement allée prévenir la prof de natation que mes Jujutrépides seraient absents en août et rateraient donc cinq des onze cours du trimestre, et que je n’allais pas payer pour ces leçons perdues, tout en exigeant néanmoins de conserver notre créneau horaire.
Il y a encore quelques années de cela, je n’aurais jamais OSÉ demander un truc pareil, tellement sans-gêne, aussi énorme.
Mais avec les enfants – et l’entrainement de haut niveau qu’ils nous prodiguent avec une régularité à toute épreuve – on finit par trouver cela tout à fait normal.
Il est vrai que dès l’accouchement, les choses deviennent claires : on réalise soudainement que si l’on a réussi à expulser un ou deux – voire plus, pour certaines – machins de plusieurs kilos de notre corps, c’est que l’on est sans doute capable de réussir à peu près tout.
Disons qu’après cela, rien ne semble réellement insurmontable.
Quand on réfléchit au nombre de fois où l’on a réussi à prévenir le décès par chute de la table à langer / électrocution / noyade / empoisonnement au liquide vaisselle / écrasement par voiture et autres tentatives de suicide qui jalonne l’enfance de notre progéniture… On a tendance à se croire un peu plus costaud qu’avant.
Si l’on comptait le nombre d’heures passées depuis leur naissance à négocier plus de brocolis, moins de sucre, plus de bisous, moins de baston-avec-son-frère, plus de “mercis”, moins de “JE VEUX !!!!”… On se ferait probablement très peur.
Lorsque l’on s’aperçoit du degré inhumain de patience dont il faut faire preuve pour élever des enfants… On se dit que finalement, c’est dingue ce que l’on peut endurer, sans succomber.
Quand on réalise la métamorphose psychologique qui s’est opérée dans notre cerveau, pour réussir à faire face aux obligations parentales sans sombrer dans la dépression la plus absolue, et qui consiste à passer notre vie à arbitrer entre les urgences, on comprend à quel point ils nous ont transformés.
On comprend que les barrières, les “c’est impossible !” les obstacles, les difficultés, le “non”… tout ça… En fait, c’est très surfait.
Et vraiment relatif.
Et vraiment relatif.
En fait, une fois qu’on a eu des mômes, on finit par croire que tout est possible.
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