Y’a des matins comme ça…
Ce dimanche avait pourtant très bien commencé.
Les Jujutrépides nous avaient laissés dormir jusqu’à neuf heures.
Miracle, s’il en est.
Leur père s’était levé et avait préparé un petit déjeuner complet.
Autant dire que les astres étaient alignés ce matin-là.
Nous étions attablés dans le calme.
Je tartinais tranquillement mon pain de beurre et de miel, l’esprit encore dans le vague, le nez au dessus de mon thé lorsque Trystan s’est approché de moi.
J’ai tourné le visage, me demandant d’où venait cet intérêt soudain pour ma personne.
J’ai alors constaté qu’il était très concentré sur mes cheveux.
Plus les secondes passaient, plus il se rapprochait dangereusement de ma tête.
Ce qui devait arriver arriva, mes réflexes étant notoirement insuffisants à cette heure de la journée pour intervenir : il porte sa petite paluche pleine de confiture au dessus de mon oreille gauche, empoignant quelques cheveux au passage.
– “M’enfin Trystan ! Qu’est-ce qui te prend ? Enlève tes mains, elles sont toutes collantes !”
– “Mais attends maman !”
– “Quoi, attends ?!”
– “J’essaye d’enlever la peinture de tes cheveux.”
– “La peinture ? Quelle peinture ?”
Je me retourne vers ma chère moitié :
– “Chéri, j’ai de la peinture dans les cheveux maintenant ????”
– “Non mon amour, du tout.”
Je me retourne vers mon fils :
– “Bah alors, Titi, qu’est-ce que tu racontes ?”
– “MAIS SI MAMAN, LÀÀÀÀÀÀÀ ! Papa, r’garde, la peinture blanche !”, le petit index pointant sur ma chevelure.
Je vois alors son père partir dans un fou-rire irrépressible.
Quelques instants de confusion s’écoulent.
Et la connexion se fait enfin dans mon cerveau embrumé.
Je trouve la force de répondre :
– “Trystan, c’est pas de la peinture. Maman commence a avoir des cheveux blancs, okay ?”
Y’a des jours, comme ça…
Où ‘faut juste pas s’lever.
Où ‘faut juste pas s’lever.
C’est trop dur.
Ça sert à rien de lutter.
#JeSuisPasVieilleJeSuisVintage
#PetiteCrevure











