Okay, okay…
Je le fais ou pas ?”
Je l’aime plus fort que tout au monde, en plus.
Non, ce serait bête.”
En fait, toutes ces réactions, c’est normal.
Les Folles Aventures d'une Mère de Jumeaux
En plus de nous faire saigner des oreilles durant toutes les vacances, cette nouvelle tendance – fort heureusement passagère – impacte sévèrement la santé mentale et grammaticale du parent : c’est qu’au bout d’un moment, à force de les entendre dégoiser leurs énormités, on finit par en perdre notre propre latin !
D’ailleurs, effectivement, ça calme tout le monde.
Toi, d’abord, un peu comme le Om̐ en yoga, genre vibration vitale.
C’est libérateur.
Mais aussi le gosse : il se dit que sa mère a définitivement perdu la tête et qu’il serait plus prudent de la laisser seule.
Pensez-y, hein, pour l’été prochain !
De rien.
– 50% des expatriés français vivent en Europe.
Je sais pas vous, mais l’été dans cette région, à part peut-être le sud de l’Italie et de l’Espagne, j’ai quand même le sentiment qu’il dure pas super longtemps, hein. Et les plages de cette région, c’est globalement pas mal au bord de l’Atlantique et de la Mer du Nord, dont la réputation en terme de températures polaires n’est plus à faire.
– 14% vivent en Amérique du Nord.
Alors là bas, y’a beaucoup de caribous et de neige, même qu’ils appellent ça la slosh, par là-bas. Vous le saviez ?
– 8% vivent en Asie.
Oui, cette région, en plein à l’est de la carte du monde traditionnelle – celle qui est autocentrée sur la France, oui celle-là – où on respire pas trop et où on ne voit pas souvent le ciel tellement c’est pollué. Quoi ? J’invente rien :
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| Source OMS décembre 2016 |
Donc en gros, si on se résume : seulement 28% d’entre nous vivons potentiellement au soleil, autour de l’équateur, en Afrique ou au Moyen orient.
Là encore, je ne veux être désagréable avec personne, m’enfin lorsqu’on regarde la petite carte très bien faite ci-dessous, on s’aperçoit que les pays ce cette zone sont, certes, cléments météorologiquement, mais globalement dirigés par des gouvernements passablement instables et moyennement tolérants.
Il y a toujours des exceptions qui confirment la règle, mais niveau eldorado (oui… Je sais. L’Afrique du Sud en fait partie…) on repassera.
Chaleur et antidépresseurs, c’est pas forcement incompatible.
Et tout ça, c’est sans compter les moustiques.
Bzzzzz.
2 – “Les expat’, ils gagnent des millions et font de l’évasion fiscale.”
Alors, on ne parlera pas des étudiants qui galèrent avec des stages non rémunérés, qui payent même de leur poche leur séjour à l’étranger, et on se concentrera sur les individus, les couples ou les familles qui partent bosser avec un salaire.
Les contrats des jeunes travailleurs de l’étranger n’ont plus rien à voir avec ceux de la fin du XXème siècle. Entre temps, 30 ans ont passés, plusieurs crises économiques aussi.
Pour info, les + 60 ans, sous-entendu “aux-vieux-contracts-en-or-massif” ne représentent plus que 15% des expats actuels.
67% des expatriés français dans le monde, soit plus des deux tiers, sont en réalité employés localement. Avec des droits sociaux et des salaires locaux.
C’est le moment où l’on fait mention des 5 semaines de congés payés français ? Et des RTT ? Ou pas ? D’accoooord. J’arrête.
Et, si mes calculs sont bons, pour les 18% d’ultra chanceux détenteurs d’un contrat d’expat’ version XXIème siècle : ils voyagent maintenant tous en éco, comme tout le monde, y’a plus de chauffeur ni de primes délirantes, et les salaires sont indexés en fonction d’un barème de coût de la vie locale que les entreprises – c’est de bonne guerre – veillent le plus souvent à tirer fortement vers le bas.
Il a même un nom ce barème : l’indice Big Mac, instauré par l’institut Mercer.
Parfois, donc, votre salaire à l’étranger est plus bas, en valeur faciale, que ce qu’il était à post équivalent dans votre pays d’origine.
Marrant, hein ?
Enfin, marrant… On s’comprend.
Alors oui, les bas-de-plafond vous diront que la majorité des entreprises payent encore la scolarité et la couverture médicale. C’est vrai. Et c’est énorme.
Mais en même temps, si on est un toupetipeu honnête, en France l’école publique est gratuite et la SECU aussi (si l’on considère l’impôt d’un point de vue global, cf. paragraphe ci-après).
Donc c’est pas ultra choquant non plus, si on y pense bien.
Voilà voilà.
Sachez également que de vivre à l’étranger ne vous exonère pas de payer des taxes, loin s’en faut. Et que contrairement aux idées reçues, la France est loin d’être le pire pays en terme d’imposition globale.
Je vous JURE.
Regardez la belle carte ci-dessous.
Alors ? Ki c’est ki veut aller vivre en Inde ou au Brésil, hum ?!
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| Etude PWC & Banque Mondiale, décembre 2016 |
Enfin, petit rappel utile : lorsque l’un part, le conjoint doit – l’écrasante majorité du temps – démissionner de son travail pour suivre. Et toute la famille ne vit plus alors que sur un seul salaire, ou avec un second revenu anecdotique, les propositions en local étant quasi systématiquement bien moins intéressantes que dans le pays d’origine.
Certes, on vit bien, on ne demande à personne de pleurer sur notre sort.
M’enfin l’époque “NababExpatRoiDuPétrole”, c’est fini.
Oui ?
On peut arrêter d’en parler maintenant ?
S’il vous plait ?
Nan, vraiment.
Merci.
3 – Les expat’s, ils restent tout le temps entre eux, c’est insupportable.
Oui.
Alors, là encore, n’est-ce pas, le monde bouge, évolue.
Juste pour rire : z’avez déjà regardé à quoi ressemble le mur Facebook d’un expat’ ?
Les posts de son fil d’actu’ sont dans quatre ou cinq langues.
Au bas mot.
Sinon, plus sérieusement, vous avez déjà entendu parler de la courbe Mc Cormick & Chapman ?
Bon, okay, elle est pas super glamour.
En revanche elle est très claire : au début, quand on se déracine, c’est dur.
Après les premiers temps d’excitation, on passe tous plus ou moins par une phase où on n’est pas bien.
Dans une moindre mesure, c’est comme le deuil ou le divorce : il y a des étapes à peu près classiques à passer avant de réussir à rebondir.
Bon.
C’est quand même pas super compliqué de comprendre que dans ces moments là, on a envie de voir des gens qui vivent le même truc que nous, ou qui parlent notre langue, histoire de se détendre un peu.
Si ?
Comme en général, l’expat’ déménage tous les trois ans, ça explique pourquoi il côtoie souvent des gens qui lui ressemblent : ça le rassure.
On aimerait bien vous y voir, hein…
D’ailleurs, si vous regardez ceux qui s’installent plus longtemps ou qui passent en local et décident de rester : ils s’ouvrent systématiquement, mettent leurs enfants dans des écoles locales, etc.
Ils suivent la couuuuurbe, on vous dit.
4 – Les femmes d’expat’ sont de grosses feignasses qui ont tellement d’aide à la maison et tellement plus rien à foutre qu’elles passent leur vie dans un monde parallèle entre salons capilo-manucuresques et concours de chauffage de cartes bleues.
Alors.
Bon.
Par où commencer ?
Oui, on a plus facilement de l’aide à la maison en expatriation que quand on vit à Paris.
C’est sûr. C’est évident.
Surtout si l’on n’est plus contrainte par des horaires, comme chez nous quand on travaillait en entreprise.
M’enfin les dames de ménage ou les babysitters, ça existe aussi en France, non ?
Il peut également être intéressant de comparer les horaires auxquels se termine l’école et la garderie publique en France (18:00) et les Ecoles française de l’étranger, qui varient entre 13:00 et 17:00.
Une autre évidence : papy, mamie, tata, tonton, toutes ces béquilles sur lesquelles ont a tendance à s’appuyer quand on vit chez soi pour faire garder gratuitement les mouflets ou nous dépanner en cas de problème…
Et bin, à l’étranger… Y’a pas.
Ça n’est pas parce qu’on ne paye pas un service, qu’il n’a pas de prix.
Un peu comme les femmes au foyer.
M’enfin c’est pas le sujet du jour, je sais.
Sinon, non : on ne passe pas nos journées à se faire masser.
Je me dis souvent que c’est d’ailleurs une erreur car, quitte a souffrir de cette réputation, autant en profiter.
Certaines bossent.
D’autres sont dans l’humanitaire.
D’autres soutiennent au quotidien leur famille, qui aurait tôt fait d’imploser sans un pilier récupérateur central.
Bref.
Nul besoin de se justifier.
Il suffit de penser aux conséquences de ce que j’ai développé dans les points précédents, aussi.
Bisous.