Ça fera bientôt trois semaines
que les vacances sont terminées
et que nous sommes rentrés au Cap.
Comprendre : trois semaines que nous avons repris notre petite vie rythmée et bien organisée, certes moins ensoleillée, trépidante, imprévisible, amusante et folichonne que celle des derniers mois – en fait, je dis ça essentiellement par esprit de contradiction, la vie à Cape Town étant tout cela à la fois – mais qui présente néanmoins de nombreux avantages.
Parmi les bienfaits de cette reprise de la routine, figure en bonne position celle du nécessaire principe de Retour-A-la-Réalité-Educative. (Le R.A.R.E.)
Mais si.
Vous savez très bien de quoi je parle.
Vous posez le pied sur le tarmac afin de prendre l’avion et vous farcir les douze heures de vol nécessaires pour rentrer à la maison.
Le gosse n’a pas encore assis ses fesses sur son siège 42G qu’il lance déjà un :
– “Mamaaaaan, tu m’donnes un pain au chocolat ? Heu non, en fait, j’veux plutôt une brioche sans rien dedans. Nan, en fait, une barre de gateau qui croque, tu sais, celui avec le Nutella ?”
Le s’il te plait, on oublie.
Quant au délire gastronomique, on réalise à cet instant qu’il n’a pas fallu très longtemps à nos moutards pour changer d’habitudes alimentaire.
Et pas forcement dans l’bon sens.
Arrivé chez vous, les mômes font le tour de la maison, qu’ils ont quitté depuis plus d’un mois. L’air dubitatif. Ils tournent en rond.
Quelques heures suffisent pour leur faire lâcher un :
– “Pffff… Maman, moi j’préfère vivre chez Papylo. Sa maison elle est bien mieux. Au moins, ELLE, elle a un VRAI jardin! Et pi’ ici, y’a même pas d’TRACTEUR. C’est nul, tu comprends !?“
Oui, le parent comprend bien que ses 45 m2 de gazon négociés à prix d’or ne suffiront plus, dorénavant, à ses enfants pourris gâtés.
N’ayant pas encore eu le temps de remplir le frigo et de revenir aux petits plats faits-maison, vous leur servez le coquillette-jambon traditionnel, sur les coups de 19:30, entre deux devoirs à faire, cartables à remplir, valises à déballer.
Et là, vous vous prenez un :
– “MAIS ?! MAMAN ? C’EST KÔÂÂÂÂ ce jambon !?!? Il est beuuuuurk !! Nous on veut celui de Mamija, c’lui k’est TELLEMENT BOOOOON ! ET VITE siteuplé, PASS’QU’ON A LA DALLE !“
Non seulement vos lardons refusent désormais d’ingurgiter un jambon qui ne soit pas directement issu de la découpe chez un charcutier-bio-traditionnel-des-Alpes-Maritimes, mais en plus ils ont développé un vocabulaire de charretier.
(Non pas que celui de leurs parents ait été irréprochable, loin s’en faut. Mais quand les mômes nous sortent des gros mots qu’on n’a pas l’habitude d’utiliser, on les reconnait tout de suite.)
S’en suivent plusieurs rudes journées de “recadrage” parental, régulièrement ponctuées, des semaines durant, du désormais cultissime :
– “C’EST HORRIIIIIBLE DE VIVRE AVEC TOI, ON EST BEAUCOUP MIEUX CHEZ Papi/Mamie”.
BREF.
On comprend dès lors qu’il est bon que les vacances aient une fin.
Sinon, on n’arriverait jamais à rattraper les dégâts.
Allez, bisou, maman et papa, hein ! ☺️