Short Term Memory Loss

J’avais passé une journée vraiment difficile, 

lorsque mon téléphone
a sonné sur les coups de 17:32.


En regardant l’écran et en découvrant le nom qui s’affiche, l’angoisse m’étreint. 

Ma copine V. 

Qui se trouve être aussi la prof d’espagnol de mes Jujutrépides. 

Dont l’heure de cours hebdomadaire vient de s’achever il y a précisément deux minutes. 

Ça ne peut pas être le fait du hasard. 

Avec mes fils, le hasard n’existe pas. 

Je passe mon doigt sur le téléphone et décroche, fébrile : 

– “Ouiiiii ?”

– “Hello poulette ! Ça va ?!”

– “Bin… Moi oui, mais… Toi ? Ne me dis pas ?…”

J’entends son rire clair au bout du fil, teinté d’une minuscule gêne qui vient confirmer mes doutes. 

– “QU’ONT ILS ENCORE FAIT ?!?!?”

– “Naaan mais t’inquiète pas comme ça. Je voulais juste te dire que j’ai été obligée de me fâcher avec Tancrède aujourd’hui, je ne voulais pas que tu sois étonnée s’il t’en parle. En fait, on chantait tous ensemble la comptine des éléphants qui se balancent quand soudain ton fils a disparu de sa chaise, comme volatilisé. L’instant d’après, j’ai réalisé qu’il était passé sous le bureau et avait débranché l’ordinateur, mis les doigts dans la prise et tiré sur le fil, faisant ainsi faire un vol plané à l’appareil.”

Dans ces moments, curieusement, la honte et la colère prennent souvent le dessus sur l’essentiel :

– “… Je… Je ne sais pas quoi te dire… Je suis désolée…”

– ” Mais non ! C’est pas ça, mais moi tu comprends j’ai cru qu’il allait s’électrocuter…”

Je l’avoue, à ce stade, l’information n’avait pas atteint mon cerveau. 

– “… Et du coup j’ai hurlé sur lui, je suis désolée, j’ai eu tellement peur !”

On rêve. 
En plus, c’est elle qui s’excuse. 

– “Nan mais arrête… Tu as bien fait, EVIDEMMENT, voyons…”

– “Du coup je l’ai mis au coin ! Et tu sais ce qu’il m’a dit ?”

A cet instant, j’ai les yeux dans les vagues de l’océan qui s’étend devant moi. 
Je les sens qui se plissent d’épuisement psychologique et d’appréhension. 
J’essaye de rester digne : 

– “… Non… Qu’est ce qu’il t’a dit ?”

– ” Qu’il s’avait que j’étais amie avec toi et qu’il promettait d’être bien sage pour le reste de l’heure.”

Silence au bout du fil. 


Je risque alors un : 

– “Et ?”

– “Et bien, à l’instant où il a terminé sa phrase, je l’ai vu qui commençait à vider consciencieusement le contenu du pupitre devant lequel il était assis… Et qui ne lui appartient pas.
Ma chérie, effectivement, c’est pas facile tous les jours pour toi hein !?”

Si elle savait, la pauvre…

C’est là qu’elle me dit alors : 

– “En fait, tu sais quoi ? Ton fils, c’est Dory ! La copine du p’tit poisson de NEMO qui oublie tout au bout de quelques minutes, tu sais !?”

Et là, ça a fait TILT. 

Subitement, dans mon esprit, tout s’est éclairé :

Elle a parfaitement raison, ma copine. 

Ça n’est pas (forcément) moi qui suis une mère particulièrement incompétente.

En fait, mon fils souffre sans AUCUNE DOUTE POSSIBLE du syndrome de perte récurrente de la mémoire immédiate.
Ce qui explique avec acuité pourquoi, malgré tous mes efforts pour l’éduquer depuis maintenant six ans, les résultats en la matière se font désespérément attendre. 

En fait, mon fiston, toutes les soixante secondes, il reboot. 
Puis il oublie. 

Voilà. 




La Confiscation

Nous roulions tranquillement l’autre matin 

avec les Jujutrépides en direction de l’école 

lorsque un ralentissement sur la voie 

nous a obligé à ralentir et avancer au pas. 



En passant, nous découvrons un carambolage de voitures : trois petites cylindrées emboitées profondément les unes dans les autres. 

En les regardant je me dis “mais comment ont ils réussi un truc pareil, sur une route où tout le monde avance à 30 km/h, sur ce tronçon en ligne droite ?…” 

Trystan s’est alors écrié : 

– “Oh lala r’garde maman ! Les voitures elles ont eu un accident !”

– “Oui chéri j’ai vu.”


– “Pourquoi, tu crois, elles se sont rentrées dedans ?”


– “Aucune idée mon amour. Peut-être qu’un des conducteurs s’est endormi au volant parce qu’il était fatigué. Ou qu’il était distrait et cherchait une baleine dans l’océan au lieu de regarder la route. Ou que les freins n’ont pas marché… On ne sait pas Trystan. Il y a plein de raisons possibles tu sais.”


Intervention placide de Tancrède : 


– “Moi, maman, j’sais pourquoi y’ z’ont eu l’accident.”


– “Ah ? Et pourquoi alors mon coeur ?


– “Parc’qu’y r’gardaient surement leur téléphone en conduisant.”


Je pense alors que l’école fait vraiment des miracles en terme de prévention sécurité sur nos enfants. 


Avant de me souvenir qu’il m’a en réalité mille fois entendue couiner, depuis le siège passager avant, vers son père, lui demandant de bien vouloir poser son appendice téléphonique. 


Je souris intérieurement et me dis qu’assurément, la meilleure technique d’éducation est définitivement celle de l’exemplarité.

C’est là que mon fils ajoute : 

– “Tu sais, maman, je comprends pas pourquoi on leur CONFIXE pas leur téléphone. Regarde, nous, avec Trystan, quand tu confixes les épées, on arrête de se battre !”

#LaConfixation
#CestQuandTuFixesLesCons
#CQFD

Découvrir les Springboks et le rugby en Afrique du Sud !

Non, non. 

Ne me dites pas :
“mais on les connait voyons !”


Je suis absolument certaine qu’au moins la moitié d’entre vous mesdames – voire vous messieurs – ne connait pas vraiment les règles du rugby à 15. 

J’ai découvert à l’occasion du match All Blacks vs. Springboks qui avait lieu au Cap ce week-end, que si les équipes de ce jeu sont en général composées de 15 joueurs, il existe un nombre important de variantes à 7 ou 13 par exemple.

Ce sport collectif de contact, né au milieu du 19ème siècle dans la ville anglaise du même nom, se joue maintenant partout dans le monde. 
Les équipes les plus connues sont probablement les All Blacks (Nouvelle Zélande), les Wallabies (Australie), les Springboks (Afrique du Sud), le XV de France, le XV de la Rose (Angleterre), le XV du Chardon (Ecosse) ou encore le XV du Trèfle qui réunit les deux Irlande. 
Mais il en existe des centaines d’autres de part le monde. 

Je vous passe les détails des règles ultra complexes qui régissent ce jeu, pour rappeler l’essentiel à ceux qui n’ont jamais osé demander : 


Le but est pour chaque équipe de faire progresser le ballon – qui n’est pas rond mais oval, pour bien rebondir dans la figure des joueurs semble-t-il – vers l’avant et ce jusqu’à ce que celui-ci atteigne la ligne d’en-but, soit l’extrémité du terrain comprenant toute la ligne de fond sur laquelle est placé le but.  

Le nombre de points dépend de la manière dont cette ligne a été atteinte ou dépassée avec le ballon : 
C’est un essai, qui vaut 5 points, lorsqu’un joueur parvient à écraser fermement la balle de sa main sur ou derrière la ligne. 
C’est un drop lorsque le ballon est tiré entre les deux poteaux du but – appelés pagelles – au dessus de la barre en H située à trois mètres du sol. 

Il peut intervenir à la suite d’un essai, lorsque l’équipe gagnante se voit offrir la possibilité de “transformer l’essai” et gagner ainsi 2 points supplémentaires. 
Mais aussi quand le ballon est tiré au pied durant le jeu (3 points).
Ou encore lorsque qu’une pénalité est concédée à la suite d’une faute adverse – façon penalty au foot – cela vaut alors 3 points. 
Tout ceci en empêchant l’équipe d’en face d’en faire autant, sachant qu’il n’y a pas de gardien de but au rugby. 
L’équipe qui comptabilise le plus de points à la fin de la partie à gagné. 

Le jeu dure deux fois 40 minutes avec une mi-temps de 10 minutes. 
Mais chaque période peut durer beaucoup plus longtemps, le jeu ne s’arrêtant que lorsque le ballon est déclaré “mort” par l’arbitre. 

L’une des nombreuses particularités de ce sport sur gazon est que les joueurs utilisent aussi bien leurs pieds que leurs mains : passé à la main, le ballon doit impérativement être envoyé latéralement ou vers l’arrière, jamais en avant, sauf à utiliser les pieds.


Une autre caractéristique assez connue est l’autorisation du “plaquage” : pour empêcher l’équipe adverse de progresser, un joueur peut attraper les jambes – et donc faire tomber et plaquer au sol comme une crêpe – son adversaire porteur du ballon. Le plaqué doit alors passer ou lâcher la balle immédiatement et le plaqueur doit quant à lui laisser aller le plaqué sans attendre, sous peine d’une pénalité.


Etant donné la complexité du jeu, il arrive souvent que les joueurs commettent des fautes, après lesquelles il existe de nombreuses manières de remettre la balle en jeu. 
L’une d’elle est la mêlée, une autre spécificité de ce jeu (étrange) : elles se forment à l’endroit où une faute a été sanctionnée ou un arrêt de jeu – suite à une blessure par exemple – décidé par l’arbitre. 
Les règles sont assez compliquées mais en gros, les “avants” des deux équipes, minimum huit joueurs de chaque, s’affrontent debout en formant deux “blocs”, épaule contre épaule, pour récupérer le ballon posé au sol, en essayant de le ratisser du pied et de le passer à leurs coéquipiers resté en dehors de la mêlée, qui peuvent ainsi continuer le jeu. 

Enfin, parmi les très nombreuses spécialités du rugby, figure la touche : lorsque le ballon a été sorti le long des lignes latérales du terrain (dans le sens de la longueur), une remise en touche est effectuée à cet endroit par l’équipe adverse à celle qui a touché la balle en dernier. La plupart du temps, un alignement est organisé : les “avants” de chaque équipe forment une double rangée perpendiculaire à la ligne de touche, le ballon est lancé dans ce couloir où les deux équipes se le disputent alors en sautant pour l’attraper. Un sauteur peut être soutenu par son équipe, c’est la fameuse technique de l’ascenseur. 

BREF, tout ça pour dire qu’il faut quand même les neurones bien accrochés pour suivre… 

Culturellement très ancré chez les Sud Africains, le rugby a été importé dans le pays par les Anglais arrivés au début du 19ème siècle. 
Le premier club de rugby fut créé en 1875, et c’est au début du 20ème siècle que l’équipe officielle du pays, rapidement appelée Springboks en référence aux gazelles sautillantes africaines, prend son envol en battant notamment en 1906 les équipes anglaise, irlandaise et galloises, pourtant réputées pour être les meilleures du monde de l’époque. 
La réussite internationale de cette équipe joue alors un rôle important dans la difficile réconciliation entre Anglais et Boers – les descendants des Hollandais installés là depuis le milieu du 17ème siècle – récemment opposés dans deux guerres sanglantes pour diriger le pays : durant cinquante ans, les Springbock resteront les maitres incontestés du rugby international. 

Après la Seconde Guerre Mondiale, l’apartheid ayant contribué à isoler le pays, les Springboks pâtissent aussi de cette situation d’isolement et, au fil des décennies, dégringolent du classement mondial. 
Le rugby devient alors clairement l’apanage de la communauté Boers et l’un des vecteurs privilégiés du nationalisme Afrikaner, excluant clairement les autres communautés du pays. 

Aujourd’hui encore, le rugby reste malgré tout une affaire de Blancs ou de Métis, unis par la langue afrikaans, les membres de la communauté Noire lui préférant toujours le football. 

Le retour hautement symbolique de l’équipe sud africaine sur la scène internationale s’est fait lors de la finale de Coupe du Monde de rugby de 1995, arrachée de justesse aux All Blacks : c’est Nelson Mandela, alors fraichement élu Président du Pays au terme de trente années d’emprisonnement et de lutte contre le régime ségrégationniste, qui – portant le maillot  de l’équipe en signe d’apaisement – remet le trophée au capitaine François Pienaar, sacrant les Springboks à nouveau champions du monde, et scellant par la même occasion, une nouvelle fois dans le sport, la réconciliation nationale entre les communautés déchirées du pays.

D’aucuns citeront la réplique du film Invictus qui relate magnifiquement cet épisode : “Le football est un sport de gentlemen joué par des brutes quand le rugby est une sport de brutes joué par des gentlemen.”

Le respect de l’arbitre et de ses décisions, ainsi que l’ambiance bon enfant qui règne dans les stades de rugby où supporters de camps opposés n’hésitent pas à s’assoir les uns à côté des autres en font effectivement un sport assez idéal à découvrir en famille !

Construit en 1888, le Newlands Stadium de Cape Town peut aujourd’hui contenir plus de 50 000 spectateurs.

Autant en emporte le Sweat

On pense souvent à tort

que les choses s’améliorent avec le temps. 


En fait, ça dépend. 
Mais au global, je ne pense pas. 
Finalement. 

En vrai, je n’ai pas encore d’avis clair sur la question…

7:11 mardi matin. 
Je suis dans la cuisine en train de préparer leurs tartines et d’éplucher leurs pommes, en essayant de ne pas riper sur mes doigts, à cette heure indue de la journée. 

Un hurlement plaintif se fait entendre depuis leur chambre, où les garçons sont sensés être en train de s’habiller. 

Je pose le couteau. Rince mes doigts et accoure, comme il se doit, dans leur piaule. 

Je découvre Tancrède, au milieu de la pièce, droit comme un i, la tête en arrière, le visage dirigé vers le plafond, les yeux fermés et les sourcils froncés, un rictus de colère sur sa bouche entre-ouverte dont sort un grincement hystérique. 
Dans ses mains, le sweat-shirt bleu qui va avec son pantalon de la même couleur. Elles sont agrippées dessus, comme s’il voulait le déchirer. 
– “Mouiiiii ? Tancrède ? Tu vas bien ?”

– “NOOOOOOOOOOOON !!!!! JE VAIS PAS BIEN DU TOUUUUUUUT !!!”

– “Okayyyy… Il est à peine 7:00 heure du matin chéri, on va peut-être essayer de rester calme encore un peu, oui ? Que se passe-t-il, pourquoi tu ne vas pas bien du tout ?”

– “CE PULL IL EST HOOOOOORIIIIIIIIIB !!!!! Et en p’us, y’ va pas DU TOUT avec mon jogging !!!!!”

Silence. 
Je regarde mon fils. 
Certains matins, j’ai le sentiment d’avoir raté quelque chose, échoué quelque part. 
Je n’ai pas bu une goutte durant la grossesse, ni fumé. 
Il n’a pas été secoué à la naissance… 
Pourtant, les connexions ne semblent pas toujours se faire comme elles le devraient. 

– “Tancrède. Ce pull est vendu AVEC ce pantalon. Ça ne peut pas aller plus ni mieux ensemble.”

– “ARGGGGGGGGHHHHHHHHHHH !!!!”

– “Tancrède. Respire. S’il n’y a que ça pour te faire plaisir, change-le, remets celui-là dans le tiroir et choisis-en un autre.”

– “ARGGGGGGGGHHHHHHHHHHH !!!!”

– “Tancrède. On ne va pas passer la matinée la dessus. Tu te calme, d’accord.”

Sur ce, je quitte la pièce et retourne à la cuisine. 
Rapidement, les Jujutrépides débarquent et s’assoient sur les chaises du bar américain. 

Trystan se jette sur ses bananes. 

Tancrède pose ses coudes sur le rebord, les mains sur ses tempes.
Il est exaspéré. 

Je pousse son plat vers lui, en lui tendant la fourchette. 

-“J’EN-AI-MARRE-QU’TU-CHOISISSESMES-VETEMENTS-A-MA-PLACE !!! Tu entends maman ?!

A ce stade, je me dis qu’un bon coup de bol de Nesquik dans la tronche, ça lui remettrait les idées en place. 

Mais ce serait encore toi qui devrait le changer et lui trouver d’autres vêtements. Ça ne ferait pas tellement avancer le Schminblik. 

– “Tancrède, tu changes de ton IMMEDIATEMENT. Je t’ai laissé t’habiller tout seul plusieurs fois, mais quand je ne prépare pas tes affaires en avance, c’est le bazar et le matin on n’a pas le temps pour ça. Si tu veux on peut les choisir ensemble le soir ? “

– “ARGGGGGGGGHHHHHHHHHHH !!!!”

Fidèle à ma stratégie pacifiste, je quitte la pièce et me dirige vers ma chambre pour prendre ma douche et m’habiller, le laissant s’exciter seul au dessus de son assiette de fruits. 

Vingt minutes plus tard, nous montons dans la voiture pour aller à l’école. 
Mon charmant fiston a les bras croisés et la mine fermée. 

Je comprends à cet instant que j’en aurai pour la journée.

Avec cette histoire de sweat-shirt bleu.  
Et ça marche aussi avec la couleur des fringues, visiblement.

Tips : gâteau d’anniversaire facile et waouh

A la demande générale,

je cède.


On m’a beaucoup demandé hier, la recette des gâteaux d’anniversaires que j’ai confectionné pour mes Jujutrépides.

Du coup je me suis dit que j’allais faire oeuvre de charité publique sur ce blog – une fois n’est pas coutume – en partageant avec vous LA recette parfaite : 
Celle qui est méga facile à faire – même pour les quiches en cuisine – rapide, pas chère, et avec un effet waouh.
En somme, la quadrature du cercle de tous les parents qui se prennent régulièrement la tête chaque année au moment de l’anniversaire de leurs lardons.

Alors sans plus tarder, voilà comment – sans trop vous emmerder ni vous ruiner – produire un truc qui se tient et qui a même un peu de la gueule, histoire de booster l’égo de votre petite progéniture. 

Pour les plus courageux, vous pouvez même transformer l’affaire en atelier gastronomique avec vos enfants. 

Commençons par le commencement, les courses : 

Pour le gâteau au yaourt

  • 100g yaourt
  • 150g de sucre
  • 300g de farine
  • 50g d’huile
  • 1 sachet de levure 
  • 3 oeufs


Pour la décoration

  • 2 boites de gateaux chocolatés fingers
  • 10 cl de crème liquide 
  • 1 Sachet de bonbons chocolat type Smarties ou toutes autres perles de décoration
  • 200g de chocolat pâtissier au lait ou noir selon préférence. 
  • 2 grosses cuillers à soupe de pâte à tartiner type Nutella. 
  • (Mais pas Nutella. Souvenez vous des orangs-outangs)

On casse les oeufs dans un saladier. 

On remue avec un fouet. On ajoute le sucre. On mélange bien. 

On ajoute le yaourt. On remue. 

On ajoute l’huile. On remue. 

On ajoute lentement la farine en remuant fort. (‘faut pas faire de grumeaux)

On rajoute la levure. 

On verse le tout dans un moule à manquer rond un peu haut. 
On enfourne dans un four préchauffé à 180° pour 20 à 30 minutes. 
(‘Faut surveiller les 10 dernières minutes pour vérifier que ça ne cuit pas trop. Mettre un cure-dent au centre pour savoir. Si ça colle plus, c’est bon.)

Laisser refroidir sur une grille. 

Poser le gâteau sur un morceau de carton ou de papier aluminium de la même taille. Couper ce gateau en deux dans le sens de la longueur. 
C’est LE truc un peu chaud : utiliser un couteau à pain en l’enfonçant bien jusqu’au centre avant de tourner version ouvre boite. 

Tartiner le gâteau du bas avec la pâte à tartiner. refermer le gâteau avec la partie supérieure. Si ça colle trop et que ça commence à arracher le gâteau : 20 secondes au micro-ondes, ça fera fondre la pâte qui s’étalera alors toute seule. 

Placer le gâteau sur une grille. 

Faire fondre au micro-ondes le chocolat avec la crème. (genre 20 secondes par 20 secondes). Bien touiller. 
Verser le chocolat fondu sur le gateau, en commençant par le centre : il va couler partout. Utiliser une spatule pour bien veiller à ce que les cotés soient recouverts aussi. laisser couler le long de la grille. 

Transférer le gâteau sur l’assiette dans laquelle il sera servi. 

Couper chaque fingers en deux. (sauf si votre gâteau a beaucoup monté et est très épais) Les disposer tout autour du gâteau comme une palissade. Avec le chocolat, ça va coller tout seul. L’idée, c’est de le faire quand le chocolat est encore chaud.

Jeter les smarties ou les perles sur le dessus. 

Mettre au frigo, et on en parle plus. 

Même pour les nul(le)s absolu(e)s, c’est torché en 40 ou 50 minutes, promis. 

Bon, c’est sûr, c’est pas super diététique. 

Mais en même temps, c’est les gosses qui le mangeront. 
Donc bon. 

Les réunions parents-profs

L’autre soir, 

c’était la réunion 

parents-profs de rentrée.


Honnêtement, je plains les maitresses. 

Les pauvres. 

Déjà qu’en temps normal, les parents sont insupportables… A moitié stressés et sur-angoissés pour l’avenir de leur progéniture. 
Mais alors, le CP…! C’est le pompon.

Nan, mais attention, hein : je ne jette la pierre à personne.
Houla, non !

Le CP, c’est l’année charnière durant laquelle les mômes apprennent à lire et à écrire, deux compétences essentielles sans lesquelles rien n’est possible dans la vie (no pressure). 

Donc, EVIDEMMENT, les malheureux parents ont tendance à céder à une saine panique de prévention. 
C’est bien normal.  
On les comprend. 
C’est humain.  

Naturellement, le père des Jujutrépides et moi ne faisons absolument pas exception à la règle. Nous sommes bien chiants, bien fatigants aussi, comme les autres. 
Seulement nous, on a un avantage énorme : nos mômes sont tellement pénibles en classe qu’on oublie de nous pencher sur les questions d’apprentissage. 
On n’emmerde personne avec les progrès de lecture, la calligraphie, toussatoussa… 
On se concentre juste sur un truc : qu’ils ne se fassent pas virer ou rétrograder de classe… 
C’est sympa pour les enseignantes, je trouve. 
Ça les change un peu, quoi. 


18:30. Je suis assise sur l’une des mini-chaises d’enfant de la classe, les genoux plaqués contre le pupitre deux fois trop bas pour moi. La salle est pleine à craquer. J’écoute les maitresses parler. 

– “… Oui alors, cette rentrée s’est très bien passéeeee. Les enfants sont tous bien intégrés et motivés par leur nouveaux challenges… Bon évidemment, dès le premier jour, il a bien fallu séparer certains, et assoir d’autres, seuls, à leur pupitre pour qu’ils se concentrent un peu plus…”

Bizarre. 
Je suis certaine que la nana m’a regardée en disant ça. 
Quand malgré moi je me suis tassée sur mon tabouret ridicule, avec un rictus de gêne au coin de la bouche, elle m’a même souri avec pitié… Curieux. 
– “… Mais c’est pas grave, en début d’année, on sait que certains enfants ont besoin de temps pour comprendre qu’ils jouent maintenant dans la cour des grands…”

Ce qu’elle est drôle cette femme. 
Vraiment, je l’adore. 

– “… Ah oui, sinon, je voulais vous dire… Certains de vos loulous ont déjà utilisé toutes leurs fournitures, il faudra donc penser à en ramener, du coup.”

Intervention d’un parent :

– “Mais comment est-ce possible, en 15 jours ?!”

Réponse de l’enseignante : 

– “Et bien, certains on dû mal encore à prendre soin de leurs affaires…”

Elle m’a encore regardée.  
En plus, Tancrède est rentré hier avec sa règle en deux morceaux… Y’avait un petit bout de gomme dans son sac, aussi. C’est certain, c’est de lui qu’elle parle. 

– “Et puis… C’est à dire… Certains petits ont découvert la fonction du taille-crayon et on tendance à en abuser, voyez-vous !”

Les rires fusent dans la classe. 

Plus de doute possible.
Son regard s’est posé sur moi de façon non équivoque, me montrant son impuissance d’un léger mouvement d’épaules, son sourire gentil et bienveillant ne suffisant pas à camoufler la triste réalité. 

Nan, vraiment. 
L’alcool est la seule issue possible, je le sais maintenant. 

Et vivement le BAC. 

Nota Bébé : vous allez me dire que j’exagère encore. Mais après vérification, je ne m’étais pas trompée…

La très talentueuse Emmanuelle Tabaret : https://www.facebook.com/EmmanuelleTabaretIllustrations

Enfants Globe-trotters, le bonheur !

Elever des enfants à l’étranger, 

c’est assez particulier. 


Certes, les inconvénients existent : apprentissage de langues étrangères, ouverture au monde, à l’altérité et à la différence, développement de la capacité d’adaptation et de la flexibilité, mais aussi de l’optimisme, intériorisation du paradigme du changement… La liste est longue. 

Mais les avantages de ce style de vie sont si nombreux, qu’ils vous feraient presque oublier la raison pour laquelle vous avez tenté l’aventure de l’international : 


En vivant en dehors de leur pays, les enfants globe-trotters développent presque tous la merveilleuse habitude de hurler tout ce qui leur passe par la tête dans la rue, le bus, le restaurant ou tout autre endroit public, pensant que personne ne les comprend.
L’idée est probablement bonne pour les enfants Roumains ou Tchèques. 
Ou Ourdous.
Entendons-nous bien, je n’ai bien évidemment rien contre ces nationalités. C’est juste que leur langue n’est pas beaucoup parlée sur la Terre en dehors de leur pays d’origine.
Mais pour les enfants anglophones ou francophone, en l’occurrence, c’est une autre histoire.
Surtout quand on rentre en France. 
Ou en Belgique. 
Ou en Suisse. 
Ou au Canada. 
Ou dans plein d’autres pays d’Afrique. 
(Trente et un pour être plus précise, soit la bagatelle de plus de cent millions de personnes parlant français sur le continent, au dernier recensement officiel.)


Lorsque vous passez visiter des amis en Europe, la première question qui sort de leur bouche est bien souvent : “Pourquoi y’a pas d’jardin chez toi ?”…
Voire, lorsque vous êtes très chanceux, le fantastique et inénarrable “Pourquoi y’a pas d’piscine chez toi ?”
A ce stade, le plus dur reste le regard des amis en question qui ont visiblement très envie de vous en coller une.
Franchement, j’ose le dire malgré tout : c’est injuste.
Nous passons notre temps à leur répéter comme un mantra qu’ils ont beaucoup de chance dans leur vie, qu’il leur faut apprécier leurs privilèges. 
Vraisemblablement, je vous l’accorde, c’est insuffisant. 
Mais c’est pas faute d’essayer. 
Vraiment.

Les parents apprécient aussi à sa juste valeur ce beau moment suspendu, quand de retour au pays, celui de leur langue maternelle, les mômes décident pour une raison qui nous échappe – puisqu’ils se savent “au bercail” –  de s’adresser systématiquement au taxi, au vendeur du magasin, au boucher, aux gens dans la rue ou au serveur du restaurant dans la langue étrangère du pays où ils résident le reste de l’année.
Et plus vous insistez – “Chériiii… Mon amour voyons, le monsieur est Français comme toi, tu peux tu parler en français aussi, oui ?”- plus ils prennent semble-t-il plaisir à continuer.
Et c’est ainsi que se construisent d’épouvantables réputations de snobinards.
Véridique. 

Naturellement, ces grands moments de bonheur ne sont pas uniquement réservés, fort heureusement, aux personnes extérieures au cercle familial. 
Ces joyeux instants de solitude parentale peuvent survenir également durant le reste de l’année, lorsque le parent est seul avec sa progéniture : 
Le soir, en rentrant de l’école, quand les lardons le regardent d’un air déprimé en lui disant qu’ils veulent déménager dans un pays où-y’-a-la-neige, car ils en ont marre-du-sable.
Ou à chaque fois qu’il leur annonce son intention de les emmener découvrir un nouveau quartier/musée/espace de jeu, et qu’ils lui demandent combien-d’heures-d’avion-ça-va-prendre.
#LaHonteOui
#MaisLaHonteInternationale

https://www.facebook.com/Mathou.illustrations

Droit d’Aînesse

Jeudi matin, 

08:02. 


Je viens de récupérer les enfants de ma gentille voisine, selon nos échanges de covoiturage et bons procédés divers et variés habituels, afin d’emmener tout ce petit monde à l’école. 

Les Jujus à l’arrière avec leur copain. 
La soeur du copain sur le siège de devant à ma gauche. 
(On conduit de l’autre côté ici, souvenez-vous.)

Comme toujours, la conversation est animée et l’ambiance bon enfant.
Tout à coup, il arrive. 

Cet instant de basculement. 

Tu le sens, tu le reconnais, tu sais que c’est lui. 
Mais tu es impuissante. 
– “Ehh Pom, c’est qui-qu’est-né en premier au fait ? Trystan ou Tancrède ?”

Tu le sais : tu es piégée. 
Si tu réponds le premier, tu perds. 
Si tu réponds l’autre, tu perds. 
Si tu fais semblant de pas avoir entendu la question, la môme va répéter jusqu’à ce que tu répondes. Si tu réponds toujours pas elle va penser que tu es dingue. 

Bref. Quelque soit mon retour, je suis perdue. 
Je lance donc simplement : 

– “Euuuh… Et bien.. C’est Tancrède ma chérie, qui est né en premier. Seulement quelques secondes avant son frère, donc c’est comme s’ils étaient nés en même temps, en fait.”

Bien tenté, me dis-je, histoire de m’encourager intérieurement. 
Mais ça ne suffira pas, je le crains…

Sans plus attendre, éructation et beuglement trystanien de fond d’habitacle :  
ÔÔÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂ !?!?!?”

La voiture est silencieuse désormais. 

– “ALORS ÇA VEUT DIRE QUE C’EST LUI L’PLUS GRAND !!!!!!

Je garde les yeux rivés sur la route et tente, le plus calmement possible un : 

– “Ne crie pas comme ça, nous ne sommes pas sourds… Oui Trystan, il est un tout petit PEU plus âgé que toi, mais enfin, ça n’a pas beaucoup d’importance, à quelques secondes près, n’est-ce pas ?”

L’atmosphère est soudain un peu lourde. Les enfants n’osent plus trop parler. 

Je me dis que, si tout va bien, nous devrions tenir jusqu’à l’école, lorsque tout à coup, Tancrède prend la parole articulant et pesant visiblement ses mots, les yeux rivés sur l’océan et le paysage :

– “Et oui Trystan. T’es mon P’TIT FRÈRE. Alors maintenant, tu vas m’obéir.”
#DominantDominé
#LheureDeLaRevancheASonnée
#JujusPsychopathes


Jujusomnambule

Il devait être 

22:00 passé. 


J’étais assise sur mon lit, l’ordinateur sur les genoux, concentrée pour essayer de terminer un article à rendre pour la semaine… précédente.

Lorsque tout à coup, un bruit de pas feutrés, atténué par des petites chaussettes de laine, est parvenu jusqu’à moi, grandissant au fur et à mesure. 
La démarche était régulière mais curieusement “molle”, presque éthérée. 

L’instant suivant, la porte de m’a chambre s’est ouverte d’un coup sec, laissant apparaitre le minois de mon fils Trystan dans l’encadrement. 

Les yeux ouverts, il avance lentement vers moi, fait le tour du grand lit pour arriver jusqu’au côté où je me trouve. 
Il ne dit pas un mot.
Il s’arrête soudain à ma hauteur, avant de baisser ostensiblement son pantalon de pyjama, le regard dans le vague et la tête dodelinante. 

Un instant paralysée d’étonnement, je reste sans réaction.
Mon cerveau traitant finalement l’information, je risque un : 

– “Mais !? Trystan ? Qu’est ce qui t’arrive chéri ?”

Silence. Mon fils s’attaque maintenant à son caleçon. 

Je réalise subitement qu’il confond visiblement mon lit avec la cuvette des toilettes, et s’apprête donc à me faire pipi dessus.

Par réflexe, je hurle donc manu militari :

– “MAIS ENFIN TRYSTAN T’ES DINGUE OU QUOI !!!!???”

En dehors d’un faible tressaillement, rien ne semble pouvoir le faire dévier de sa trajectoire, si je puis dire. 

Soudain, la connexion neuronale se fait : je me dis que mon Juju est probablement en pleine crise de somnambulisme. 

Lentement, mais fermement, je redirige donc au mieux mon garçon vers ma salle de bain, lui parlant calmement mais à intelligible voix. 

Quelques minutes plus tard, toujours sans un mot, le regard dans la brume, le môme grimpe l’échelle de son lit superposé pour réintégrer, comme chaque soir et malgré tout mes efforts pour les séparer, le lit de son frère jumeau. 

Franchement, je pense pouvoir dire que je l’ai échappé belle. 

Découvrir le Parlement du Cap

Le Parlement du Cap 

est un lieu intéressant 

à visiter à plus d’un titre. 


A la fois pour le bâtiment en lui-même, classé à l’équivalent des Monuments Historiques sud-africains – SAHRA, South African Heritage Resources Agency – mais aussi pour une meilleure compréhension du régime et du système politique assez particulier de l’Afrique du Sud.


Trois capitales se partagent encore officiellement le pays : Cape Town pour la partie parlementaire, Pretoria l’administration, et Bloemfontein la justice. 

Mais cette distinction basée sur l’histoire du pays, a quelque peu perdu sa justification puisque désormais, seule Cape Town est mentionnée dans la Constitution. 
Johannesburg quant à elle, si elle est la capitale économique du pays, n’a pas de statut officiel. 

L’instauration d’un parlement se confond avec l’installation des Anglais au Cap en 1806, place hautement stratégique dans le contexte des guerres Napoléoniennes franco-anglaises de l’époque. 


Rapidement, Le Royaume-Uni impose son pouvoir et transforme la région, simple comptoir de ravitaillement hollandais 
depuis 1652, à mi chemin sur la route des Indes, en véritable colonie britannique dirigée par un Gouverneur d’Angleterre au Cap. 


Un parlement siégea durant tout le début du 19ème siècle pour faire passer des lois locales dans le bâtiment qui est aujourd’hui le Slave Loge Museum – consacré à l’histoire de l’esclavage au Cap – puis au sein de la loge maçonnique de la ville, mais en 1853 la Reine d’Angleterre autorise officiellement le lancement des travaux de construction d’un bâtiment dédié.  


Après de nombreux rebondissements, notamment le changement d’architecte et la banqueroute de l’entreprise de construction, un bâtiment de style néoclassique aux accents cape dutch est enfin inauguré en 1884, hébergeant désormais officiellement les séances parlementaires. 

Créée en 1910, peu après la fin de la seconde et dernière guerre Anglo-Boer qui déchira le pays, l’Union d’Afrique du Sud agglomère désormais la Province du Cap ainsi que la région du Natal arrachée par les Anglais au peuple Zulu, et les deux républiques Boer du centre du pays. 
Le droit de vote est accordé aux Blancs de sexe masculin, ainsi qu’aux Noirs dans la limite d’un suffrage qualifié masculin, accordé en fonction du statut social et du patrimoine financier, uniquement dans certaines régions. Les métis n’ont quant à eux pas voix au chapitre. 
Les femmes – Blanches – obtiendront le droit de vote en 1930 quand les Noirs perdront le leur en 1937, au profit de la mise en place de représentants de cette communauté, pantins aux mains du pouvoir en place, préfigurant déjà l’instauration du régime d’apartheid. 

En 1920, une nouvelle chambre plus imposante est construite au parlement pour accueillir l’Assemblée Nationale (National Assembly), l’ancienne servant désormais de salle à manger !

Premier pays à rejoindre le Commonwealth britannique en 1931, l’Afrique du Sud met alors en place un système de démocratie parlementaire calquée sur le fonctionnement anglais avec un régime de type monarchie constitutionnelle – le Premier Ministre étant la plus haute instance, chapeauté par la Reine d’Angleterre – et un parlement souverain bi-caméral composé de la National Assembly et du National Council of Provinces, sorte de chambre basse et de chambre haute, proche du système européen. 

En 1948, le régime d’apartheid s’abat sur le pays faisant passer les premières lois raciales de classifications des types, de redistributions des terres, d’interdictions des mariages mixtes et de réorganisation de l’éducation, notamment. 

En 1961, l’Union d’Afrique du Sud devient la République d’Afrique du Sud et sort du Commonwealth. Le poste de Président de la république est ainsi rajouté au système. 

Si la résistance se met en place dès les années 60’s, systématiquement réprimée dans le sang, ce n’est qu’à partir des années 1980’s et particulièrement après la chute du Mur de Berlin et la fin de la Guerre Froide que la communauté internationale commence à exercer des pressions suffisamment sérieuses pour pousser le régime à faire évoluer la situation. 
Un parlement tri-caméral avait été instauré en 1984, afin de calmer les esprits, la troisième chambre représentant les communautés non Blanches et engendrant ainsi l’aménagement d’une troisième pièce au sein du bâtiment du parlement :

C’est aujourd’hui dans cette dernière chambre que siège la National Assembly, lorsque la première accueille le National Council of Provinces. La seconde chambre étant réservées à des occasions spéciales. 

Libéré en 1990 après plus de trente années d’emprisonnement et de lutte contre le régime ségrégationniste, l’icône Nelson Mandela parvient à rassembler le pays et éviter un bain de sang, assurant avec le Président Frederik de Klerk, une transition vers le système politique toujours en vigueur actuellement : une démocratie parlementaire bi-camérale de partis, à nouveau rattachée au Commonwealth britannique. 


Le droit de vote, entériné par les élections de 1994 qui ont porté Mandela à la présidence, est désormais universel et ouvert à toute personne de plus de 18 ans, citoyen d’Afrique du Sud. 


Deux types d’élections ont lieu tous les cinq ans, à trois années d’intervalle l’une de l’autre. 

* Les élections nationales qui permettent à chacun de choisir le parti qui porte le mieux son projet, à la fois au niveau national et au niveau provincial. 


Il existe 24 partis politiques en Afrique du Sud, chacun pouvant être représenté au parlement avec 1 siège dès 0,25% de voix obtenues. 

Les plus connus sont l’ANC – African National Congress, fondé en 1912 dont l’objectif initial était l’égalité pour tous, puis la lutte contre l’apartheid. Aujourd’hui parti majoritaire du pays et soutien du président Zuma, gangréné par la corruption et les scandales financiers – le DA – Democratic Alliance, parti libéral d’opposition à l’ANC – et enfin l’EFF, Economic Freedom Fighters, parti révolutionnaire socialiste et troisième force politique du pays. 

Au niveau national, le scrutin proportionnel de liste désigne le nombre de sièges pour chaque parti politique. Ce sont ainsi 400 représentants nationaux issus des partis qui iront siéger au parlement à la National Assembly pour proposer et voter les lois qui concernent le pays tout entier. 

Eux-même nommeront le Président qui nommera ses ministres. 
Il n’existe pas de Premier Ministre. 

Au niveau provincial, selon le même scrutin, le peuple choisit également le parti qu’il souhaite pour sa région d’habitation. Il existe 9 provinces en Afrique du Sud, chacune ayant droit à 10 représentants, indépendamment de sa taille démographique (6 permanents et 4 vacataires qui se présentent au parlement en fonction de la thématique en cours de discussion, chacun étant spécialisé sur un sujet spécifique), soit 90 représentants pour tout le pays, chargés de proposer des lois qui concernent les questions locales selon un système fédéral modéré. Ce sont eux qui nomment le Premier Ministre de chaque province.  


* Les élections municipales qui permettent à chacun, encore une fois au scrutin proportionnel de listes, de choisir le parti qui désignera les maires de toutes les grandes villes du pays. 
A cette occasion, le peuple élit directement et personnellement – c’est la seule fois – les Conseillers Municipaux (counselors). En cas de décès, des élections locales sont donc systématiquement organisées pour remplacer le défunt, ce qui arrive très régulièrement. 


A noter que les positions de Premier Ministre de province, Président de parti et Conseiller Municipal sont cumulables en Afrique du Sud, même si cette situation est de plus en plus mal perçue. 

A savoir également : le rôle des deux chambres est maintenant assez différent de celui des assemblés en Europe, généralement divisées entre la chambre basse qui propose les lois (l’Assemblée Nationale en France, par exemple) et la chambre haute qui les valide ou – pour le moins – dispose d’un droit de regard et d’opposition (le Sénat). Ici, chacune des chambres que ce soit la National Assembly ou le National Council of Provinces propose des lois, générales et nationales pour la première, locales et régionales pour la seconde. Le vote et la validation – moyennant d’innombrables allers-retours et négociations – sont donnés par la chambre inverse : celle qui n’a pas initié la loi mais à qui celle-ci a été proposée. 

L’Afrique du Sud est le troisième pays du monde le plus féminin en terme de représentativité au parlement avec 45% de femmes siégeant dans cette institution. 

Enfin une spécificité sud africaine : le “Cross-Flooring” – “l’échange de plancher”, chaque parti ayant un emplacement physique bien défini dans la chambre – instauré en 2001 il permettait à des membres du parlement de changer de parti durant les sessions, faisant ainsi basculer les votes ! Porte ouverte à toutes les corruptions, le système a été supprimé en 2009. 

Les visites se font sur rendez-vous. Toutes les infos, ici.