To Be Or Not To Be Parent

Je réfléchissais 

l’autre jour. 


Je sais, comme souvent, ça n’est pas bon signe.

Je me mets à me poser plein de questions de fond. 
J’hésite. 
Je me demande…

Je regardais mes jujutrépides faire leurs devoirs, la petite langue au coin du bec et les doigts serrés sur leur stylos en train de faire leurs lignes de mots… 

Et je me disais que la décision de faire un enfant est décidément la plus importante que nous ayions à prendre, au cours d’une vie. 

Je me demandais ce qui nous pousse à nous lancer dans cette aventure ?

Un regard rapide en arrière sur six années de parentalité gémellaire m’ont amenée à douter et m’interroger tant de fois déjà, que je n’ose imaginer ce qui m’attend encore durant les quarante prochaines. 

Mais certaines convictions intimes me mènent à penser qu’être prêt à faire un enfant, ça n’est pas d’avoir assez d’argent ou une situation professionnelle suffisamment stable.


Ça n’est pas de vouloir créer un mini-soi, transmettre ses gênes, trouver une solution à l’angoisse de notre future disparition et notre désir d’éternité.

Ça n’est pas pour réparer un échec ou donner du sens à notre propre destinée.

Ça n’est pas de sentir qu’il est temps de faire comme tout le monde parce que tout le monde le fait.
Parce qu’on a été élevé dans l’idée qu’il s’agit d’une étape incontournable de la vie.

Ça n’est pas non plus car on a envie de changement dans notre existence. D’animation, de disruption.

Ou pour faire beau dans le couple, comme une petite cerise sur un joli gâteau.

Ça n’est pas de se lancer dans l’aventure car après, il sera probablement trop tard.

Ça n’est pas, en désespoir de cause, pour retenir une femme ou un homme de partir, ni pour lui faire plaisir.

Ça n’est pas non plus pour combler un manque ou une place restée vide dans notre coeur.
Ou pour éviter de finir sa vie seul.

Décider de devenir parent c’est sentir et savoir au creux de soi que l’on a envie d’accompagner, des années durant, jour après jour, heure après heure, un enfant sur le chemin de la connaissance de lui-même. 

C’est accepter l’idée qu’on retire un plaisir et une satisfaction sincère et profonde à aliéner une partie de soi pour prendre soin d’un autre. 

C’est sentir qu’on dispose d’une réserve d’amour et de patience suffisante pour les mettre à disposition d’un petit être dont l’essence-même est de les tester et de les mettre à l’épreuve. 

C’est la conviction simple que l’on a placé un nouvel esprit sur le chemin du progrès de l’humanité et qu’il va nous falloir l’aider tant que possible à tenir la route. 

Certains jours, c’est écrasant. 

Un enfant sale est un enfant heureux

Bon. 

J’ai une question. 


Je rigole pas du tout, le sujet est très sérieux. 
Nan, vraiment. 

Je raccommodais l’un des pantalons de mes fils pour la vingtième fois cette semaine – et ceux qui me connaissent, ainsi que mes talents innés de couturière, savent à quel point ce geste est l’une des plus belles preuves d’amour dont je puisse faire preuve à l’égard de mes enfants. Rapport au blog d’hier, vous ceux qui suivent – lorsque je me suis interrogée :

Je l’avoue, lorsque je les vois rentrer l’après midi de l’école, leurs petites baskets achetées la veille déjà en lambeau, ça m’agace. 


Lorsqu’après les avoir laissés jouer douze minutes dans le jardin, ils remontent couverts de boue, les manches déchirées et les socquettes trouées – bin oui, évidemment, ils sont sortis en chaussettes dans la terre, pourquoi ? – ça m’horripile. 


Quand après leur avoir offert un énième yoyo ou une trois centième montre – objet que Tancrède affectionne beaucoup et avec laquelle il dort, il mange, il boit et… se douche – et que je constate devant leurs larmes intarissables que ces objets sont à nouveau brisés, je suis exaspérée. 


Toutes les fois où je finis par céder et racheter deux nouveaux sets de feutres de couleur et que je découvre quelques heures plus tard leur nouvelle oeuvre d’art : rectangle bleu sur feuille A1 (60 sur 84 cm, c’est grand). 
Et les feutres, déjà vides, ça me rend dingue.  

Certes, comme disait il y a quelques années une fameuse marque de fringues en coton pour lardons : “ça sert à quoi d’imaginer des vêtements si on peut rien faire dedans ?”
J’entends bien l’importance absolue pour les enfants de faire leurs propres expériences et le rôle essentiel du jeu dans leur développement psychomoteur. 
Je comprends que cela ne peut probablement pas se faire s’ils sont sans cesse bridés par la nécessité de garder leurs habits propres/entiers ou – dans des limites raisonnables – obligés de prendre un soin absolu et méticuleux de leurs jouets, qui les empêcherait d’en exploiter tout le potentiel. 

Mais parfois je ne peux m’empêcher de le penser : au lieu d’habiller et gâter mes fistons, il serait sans aucun doute plus judicieux d’investir ce faramineux budget dans l’achat d’une, voire quatorze, nouvelles paires de chaussures à talons noires.

QUI a dit : “que tu ne porteras jamais” ?!

Ou alors d’invertir dans l’or, cette valeur sûre. 

Dans des lingots. 

Pour leur avenir.  

Ou le mien. 

Tout ce que l’on fait par amour

Je ne vous ferais pas l’affront de lister 

toutes les choses que l’on perd 

lorsqu’on a la chance merveilleuse d’avoir un enfant.


Le sommeil, la liberté et la spontanéité, le silence et le calme, la propreté et le l’ordre, par exemple. 


Ni celles, extraordinaires, que l’on gagne : du poids, des rides prématurées, la responsabilité écrasante d’une petite existence innocente… 
L’amour inconditionnel, la chance de devenir un meilleur adulte… 

Mais avoir un enfant c’est surtout l’occasion, que dis-je, l’opportunité magnifique, de vivre des moments que nous n’aurions JAMAIS imaginés avant l’arrivée de ces formidables petits catalyseurs d’expériences :

Regarder plus de 450 fois KungFuPanda3 et Dragons2 …

Rester éveillé(e), en luttant de toutes ses forces contre une envie irrépressible de dormir, pour vérifier qu’il respire correctement, malgré sa pneumonie… 

Avaler des bols entiers de brocolis, juste pour prouver au môme que c’est un aliment comestible…

Plonger dans une piscine glacée, juste pour ne pas l’entendre pleurer toutes les larmes de son pauvre petit corps, lui qui veut tellement que vous le rejoigniez dans l’eau. 

Finir, de guerre lasse, par accepter que quelqu’un vous regarde faire pipi.

Attendre deux plombes que le feu rouge passe au vert avant de traverser la route, même si aucune voiture ne circule, pour lui montrer le bon exemple. 

L’écouter patiemment bégayer des minutes entières avant de réussir à sortir sa phrase. Par amour. 

Lui donner votre dernier carré de chocolat… Parce qu’il l’a demandé avec des yeux implorants. 

Toussa, toussa. 

En fait, j’y ai réfléchi l’autre jour, en traversant le salon… Lorsqu’une douleur fulgurante dans la plante du pied droit m’a subitement sortie de mes pensées : j’ai eu beau retirer le lego rouge rectangulaire responsable du couinement strident que j’ai poussé, la marque des 6 petits points est restée profondément imprimée dans ma peau durant de longues minutes…

Bref.  

#ToutCeQueLonSupporteParAmour

Lost in Translation

Bon. 

La communication dans le couple. 

On en parle ? 
♀♂


Savoir bien s’engueuler, cela demande du temps et de l’expérience que seules de longues – très looongues années – de vie à deux peuvent enseigner. 
J’entends par là, se disputer de façon constructive
J’en ai déjà parlé, il y a de cela quelques mois.

Mais au fil des jours qui passent, et aussi à force de regarder les couples autour de moi, je m’aperçois que tous ces accrochages proviennent décidément souvent de terribles malentendus. 

Et le tout premier d’entre eux tient, j’en suis certaine maintenant, à nos modes de communication radicalement différents. 

Comme l’italien et l’espagnol par exemple. Deux langues étrangères qui se ressemblent mais qui sont assez distinctes pour demander à chacun un effort d’apprentissage (considérable).

J’ai pensé à partager avec vous quelques-unes de mes découvertes, faites au prix de nombreuses années d’un travail acharné :


1 – “Laisse-moi tranquille !”

Ce qu’ELLE veut dire :
Je vous l’accorde, ce n’est pas forcément hyper clair, comme ça, à première vue. Mais en fait, la traduction de ce rejet sans appel est en réalité : “Prends-moi dans tes bras, je me sens triste, énervée et vulnérable. J’ai besoin d’un câlin.”

Ce qu’IL veut dire :
Foutez-lui donc la paix, puisqu’il vous le demande. 
Il a besoin de calme, de temps pour lui. 
C’est quand même clair, non ?

2 – “Oh mon dieu”, chéri j’ai grossi !”
(Variante : “Chériii… J’ai rien à me mettre…”)

Ce qu’ELLE veut dire :
Avant de vous proposer une traduction, mieux vaut donner l’information essentielle : en AUCUN cas, elle ne vous demande de confirmer – cela va sans dire – ni d’infirmer cette affirmation. 
Rentrer dans un débat sans fin du type : 
“Mais non mon amour, bien sûr que non, tu es très jolie” 
Ou bien : “Bin t’as qu’à faire plus de sport, non ?” 
Ou encore “M’enfin chérie, t’as 42 paires de chaussures, 12 jeans et deux piles de 1,2m de hauteur remplies de t-shirts et autres chemisiers, tu plaisantes j’espère ?” s’avérerait terriblement inutile. 
Voire contre-productif. 
Vous pourriez même finir par vous retrouver responsable de ses maux. 
En effet, comme souvent, il ne s’agit pas de prendre l’information au premier degré, mais de trouver la signification profonde qui se cache derrière ce cri de désespoir. 
Ce qu’elle veut dire est simplement : “Prends-moi dans tes bras, je me sens triste, énervée et vulnérable. J’ai besoin d’un câlin.”
(Qui a dit que les femmes étaient compliquées, finalement, hum ?)

Ce qu’IL veut dire :
Il ne le dira pas. 
Il s’inscrira à la salle de sport. 

Ou il arrêtera jute le pain. 
Et en 48 heures, il aura perdu 12 kg. 


3. “C’est insupportable, tu ne fais RIEN.”

Ce qu’ELLE veut dire :
Sans tomber dans d’affreux clichés stériles, quand une femme vous dit ça, ça ne veut pas dire qu’elle a subitement oublié les 11 heures par jour que vous passez au boulot. Ni qu’elle n’a pas de respect ou d’admiration pour votre dévouement professionnel. Non. 
C’est juste qu’elle en a marre d’être prise pour la femme de chambre ou la gouvernante de la maison. 
Il n’existe pas de traduction littérale à cette phrase. Le sens le plus proche est en fait : “Aide-moi s’il te plait.” ou encore “Ce foyer est aussi le tien, merci à toi de participer à son bon fonctionnement, au même titre que tous ses habitants.”

Ce qu’IL veut dire :
Techniquement, cette phrase n’a jamais été prononcée par un être humain de genre masculin. Donc je ne peux pas vous dire. 
Oooh, ça va, on peut en rire, oui ? 


4 – “De toutes façons, t’es jamais là…” 

Ce qu’ELLE veut dire :
En fait, sous le reproche, messieurs, se cache un mot d’amour – bien planqué il est vrai – qui veut dire : “tu me manques”. 
Si, si. Honnêtement, si vous y réfléchissez bien, ça devient évident, non ? 

Ce qu’IL veut dire :
Attention, Mayday-Mayday-Mayday, l’heure est grave. Vous le négligez. Il file du mauvais coton. Il faut intervenir rapidement. 


5 – “A quoi tu penses ?”

Ce qu’ELLE veut dire :
La plus simple de toutes. La véritable question sous la question est en réalité : “Tu m’aimes ?”

Ce qu’IL veut dire :
Il s’attend à ce que vous proposiez une solution à son problème. 

Voilà voilà… Vous devriez avoir de quoi entamer une discussion efficace, avec ça. 

Bisous. 

https://www.facebook.com/MargauxMotinillustratrice

Découvrir Baz-Art et l’IPAF, le festival de Street Art du Cap

C’est beau. 

C’est instructif. 

C’est utile. 


En cette veille de week-end, j’ai envie de vous faire découvrir Baz-Art, une ONG vraiment intéressante créé il y a un an au Cap par trois francophones – Belges et Français – et dont la mission est d’utiliser le Street Art comme outil durable de développement culturel et social des communautés en difficultés de la ville de Cape Town. 

L’idée première s’est basée sur un constat : les artistes dits classiques ont de plus en plus envie de s’essayer à l’art dans la rue. Et les graffeurs recherchent désespérément la considération et de meilleurs moyens pour exercer leur art. 
En créant un festival annuel réunissant à la fois ces deux catégories d’artistes, internationaux et sud africains, ayant lieu au coeur d’un des quartiers défavorisés du Cap, un cercle positif est enclenché : tout au long de l’année, des emplois sont créés localement pour l’organisation et l’exploitation a posteriori du festival. Celui-ci contribue au rayonnement culturel de la ville, à l’élévation et au gain de notoriété des artistes sud africains souvent issus des quartiers en difficulté. Le tout génère un fort sentiment d’appartenance et de fierté qui contribue à ré-injecter de l’énergie positive à l’intérieur et autour du projet. 

Eclosion artistique, inclusion sociale, éducation… Ou comment faire de l’Art l’instrument du développement social durable. 


En février chaque année, c’est une cinquantaine d’artistes venus du monde entier et d’Afrique du Sud qui s’approprient durant dix jours les murs du quartier de Salt River –  uniquement des emplacements légaux et autorisés par la ville du Cap ainsi que les voisins, tous ravis de voir les rues s’embellir et prendre de la valeur – et sur lesquels ils partagent leurs pensées, en lien avec la communauté locale, essentiellement Cap-Malaise et musulmane. 

En 2017 ce sont 1500 bombes de peintures qui ont été utilisées durant cette session, ainsi que des dizaines d’ateliers organisés entre certains artistes et les enfants du quartier mais aussi ceux d’école privilégiées du Cap, l’occasion de réunir deux mondes qui se côtoient en permanence mais se croisent rarement.


Le prochain festival (IPAF : International Public Art Festival) aura lieu du 10 au 19 février 2018. 


Pour le plaisir des yeux, voici donc un petit aperçu du parcours 2017 :  

Chef de file du graffiti et du Street Art en Afrique du Sud.
Mentor de plus de 40 street artists sud africains
Ce mur a été peint en 6 jours, de nuit (il a gardé ses habitudes de l’époque où le tag était encore interdit)
sans croquis de départ et en utilisant 30 techniques différentes. 
Sens : la graine intérieure de chacun d’entre nous qui explose et donne naissance 
à des millions de possibilités et d’opportunités 
Fils de deux grands muralistes et street artists sud africains, Faith47 et Tyler B Murphy
Il a toujours baigné dans l’art et a commencé à peindre dès son plus jeune âge. 
Le mur qui lui a été fourni est mitoyen de la caserne des pompiers du quartier
Sens : pour cette raison il a peint en 3 jours, au pinceau, selon la technique du prisonnier, un pompier de son imagination, d’inspiration japonisante – son séjour au pays du Soleil Levant l’a beaucoup marqué – avec le mot “feu” inscrit sur son casque. 
Bulgare d’origine, il est arrivé très jeune en Afrique du Sud avant de devenir orphelin, 
ballotté de familles d’accueil en familles d’accueil, avant de finir dans la rue.
Sens : il lui a fallu 2 jours pour peindre entièrement à la bombe cette “Dame Nature” intérieure, 
responsable de la recette de sa vie et de son propre bonheur. 
Designer français qui a beaucoup travaillé dans le textile, il est maintenant spécialisé dans le tatouage d’art. 
Son personnage du Capitaine, polymorphe et adaptable à toutes les situations, l’accompagne partout sur les murs
Sens : ici sur le centre de réinsertion par le sport du quartier, un capitaine repenti. 
Artiste sud africain très coté dans le pays. 
Il reste toujours dans l’abstrait et privilégie l’esthétique globale de ses travaux. 
Sens : ici sur le centre pour sans-abris du quartier, une ambiance aux couleurs calmes, 
une atmosphère de paix et de bonne énergie rassurante pour accueillir les personnes de passage. 

Issu de la communauté Colored (métis) du township de Mitchells Plain, 
souvent en perte de repères quant à leurs origines et à l’avenir, 
il peint de façon récurrente à la bombe un petit oiseau fun et léger au message positif. 
“Aweh !” est une interjection affirmative typique de la région, pour signifier que tout va bien.
Australienne basée en Afrique du Sud depuis 8 ans, elle est illustratrice et calligraphe. 
Le développement durable, la solidarité et la conscience socio-culturelle sont ses sujets de prédilection. 
Sens : Ce mur est le premier travail à la bombe de sa carrière. 
Each one teach one”, phrase de Nelson Mandela qui rappelle que chacun d’entre nous est riche d’une connaissance que l’autre n’a pas, et vice versa. On peut tous apprendre les uns des autres. 
Designer digital, ce graffeur sud africain est très impliqué dans les questions sociales 
et dans l’importance de l’influence positive de chacun sur les autres. 
Sens : ce mural n’est pas représentatif de sa signature artistique habituelle, mais comme il s’agissait de décorer le parc pour enfant du quartier, la nouvelle génération à venir, il a choisi d’y apposer un message positif.   
Lui aussi issu de Mitchell’s Plain, il a commencé à dessiner dès l’âge de 9 ans. 
Très actif pour les communautés du Cap. 
Sens : deux statues qui décident d’échanger amour et énergie, pour permettre à la vie de reprendre le dessus. 
Sens : il lui a fallu 70 litres de peinture noire et 5 jours rien que pour unifier le fond 
du mur de béton pur qui lui a été alloué. Il y a travaillé jour et nuit durant toute la durée du festival. 
Les enfants du quartier ont beaucoup apprécié son oeuvre, allégorie de notre relation (dévastatrice ?) et de notre responsabilité envers la Nature. 

Son blase, SETH1
Artiste mystère improvisé durant le festival, il refuse de donner son nom 
et ne se réclame d’aucun pays si ce n’est de la planète Terre. 
Son nom est tout simplement le numéro de la bouche d’égout sur laquelle il a peint son premier bonhomme.
Figure récurrente dessinée au pochoir sur les rues ou les murs dans différentes positions, 
il est là pour nous rappeler notre (juste) place, petite,
au sein de l’environnement que nous impactons pourtant fortement et négativement. 

Travail collaboratif entre Ibrahim baaith, Grant Jurius et Raphaël Federicci

Raphaël Federici
Présenté plus haut.
Sens : il a souhaité dans le cadre du festival adapter la figure de son Capitaine à la communauté Cap Malaise du quartier,
ce qui a beaucoup touché ses habitants musulmans.  
Grant Jurius 
Il est issu lui aussi de la communauté métis du quartier auquel il est très attaché. 
Sens : il a souhaité mettre en scène un personnage faisant référence au carnaval très typique du Cap Town. 

Ibrahim Baaith 
Mannequin américain, il est acteur et peint – exclusivement au pinceau – à ses heures perdues.
Sens : de passage au Cap pour un Shooting il a proposé de participer au festival, se basant sur des photos choisies au hasard, de personnes prises au centre de sans-abris du quartier. Il lui a fallu deux mois pour terminer son mur. 
L’histoire est belle car durant le temps où il a peint, la femme de la photo est justement passée devant, 
pleurant en se découvrant sur le mur, se disant heureuse d’avoir symboliquement gagné une maison ce jour là…
Artiste sud africain originaire de Durban qu’on ne présente plus. 
Ses oeuvres se vendent actuellement à 28 000 rands du mètre carré dans son pays et jusqu’à 4 000 euros en Europe.
Sa spécialité est le tampon, en général 2 mots clef pour 1 portrait. 

Français de 30 ans, après des essais infructueux au théâtre, il s’est tourné vers la peinture. 
Ses personnages (autoportraits inconscients ?) à la croisée du graffiti, de la peinture et de l’architecture
ont conduit certains à parler du “nouveau Picasso”, d’un pionier lanceur de mouvement. 
Sens : il lui a fallu 3 jours pour venir à bout du mur sur lequel il a pris soin de placer 
le vers le plus connu du célèbre poème et film Invictus. Il a souhaité ensuite utiliser les 7 jours de festival restants pour animer des ateliers auprès des enfants de la communauté. 
Ancien mannequin ukrainienne, elle vit maintenant de son travail d’illustratrice entre Londres, Cape Town et Ibiza 
Sens : Une femme-phoenix qui renait de ses cendres, dans toute sa féminité. 
Elle a laissé les enfants du quartier l’aider lorsqu’elle peignait le mur, 
leur permettant d’appréhender l’art comme moyen d’expression de soi. 
Illustratrice sud africaine de livres pour enfants. 
L’identité, la conscience et la mémoire sont ses sujets de prédilection. 
Sens : elle n’avait jamais peint sur une si grande surface avant le festival. Et c’est l’une des rares à avoir
utilisé et pris avantage de l’environnement du mur où elle travaillait.  

Sens : pour elle, le sommeil est paradoxalement le moment 
où l’on se sent le plus en sécurité et où nait la créativité
Cosmic Lucky  
Sud africaine qui a quitté l’Afrique du Sud pour le Japon, elle est revenue s’y installer il y a 5 ans. 
Sens : Appel évident à la tolérance. 
Same Same But Different : analogie entre les pigeons qui se ressemblent tous et notre propension humaine a différencier difficilement les personnes au sein d’un même groupe ethnique, lorsqu’on en est étranger. 
Céramiste et spécialiste de la mosaïque sud africaine,
il lui a fallu commencer son travail deux semaines en amont du festival pour réussir à le terminer. 
Sens : elle a utilisé des assiettes ébréchées du service de mariage fournies par le couple qui habite cette maison. 
Sud africain, très engagé dans la défense de l’environnement et les questions d’intégration sociale. 
Sens : l’urgence de la prise de conscience écologique et notamment de la gestion de l’eau potable – sujet très sensible au Cap – avec un iceberg central en papier, disparu naturellement du mur au fil des mois, 
symbole de l’action humaine sur la Nature. 
instagram : Marti_lund 
Photo de l’oeuvre telle qu’elle était au départ. 

Si vous souhaitez organiser une visite avec cette ONG, n’hésitez pas à contacter Mélissa Cucci (francophone) : melissa@baz-art.co.za 

Concurrence, rivalité et compétition

Il y a vraiment des jours

où je me dis qu’être parent,

c’est effrayant.


Sans vouloir en rajouter auprès de ceux que le job plongent déjà dans des abimes de perplexité, et tout en se disant – tel un mantra – qu’on fait tous le mieux que l’on peut, je ne réussis pas à m’ôter de l’idée que chacune de nos phrases, chacun de nos gestes du quotidien ont un impact sur nos enfants. 

Jour après jour…


Nous rentrions de l’école avec les Jujutrépides cet après-midi là.
Nous étions devant la porte d’entrée, j’avais la main sur la serrure pour ouvrir. 
Tout en criant “c’est moi qui rentre en premier ! c’est moi le premier !”, Trystan m’a écrasé les pieds, ainsi que ceux de son frère, pour se placer devant nous, le nez contre la porte. 

En premier. Donc. 

Contrairement à son habitude, Tancrède est resté placide et calme, lâchant un simple :

– ” C’est pas une compétition, Trystan…”

Tout d’un coup, j’ai senti ma main se figer sur la clef et mon esprit réaliser : “il a raison…” 

Tout, dans le monde où ils évoluent, n’est que compétition. 

En permanence. 

Bien involontairement toutes les phrases que nous leur assénons à longueur de vie – intrinsèquement liées à nos existences, portent en elles les graines de la concurrence. 

Que ce soit quand on demande à l’un comment s’est passé sa journée, avant de poser la même question à l’autre, qui de facto se sent parfois obligé de renchérir.

Ou lorsqu’on leur dit “allez, ton frère a déjà fini son plat, termine le tien chéri !”
Ou “Pourquoi lui il est déjà habillé, prêt à partir à l’école et pas toi ?” 
Ou encore lorsque par mégarde, les parents discutent des carnets scolaires et leur échappe un “Ah bah tu vois, lui a moins de TB que son frère, il faut qu’on l’aide plus souvent”.

Que ce soit par les notes en classe, ou les échelles de comportement (rouge/vert bon/mauvais) qui semblent nécessaires pour cadrer les enfants d’un point de vue de discipline mais qui contribuent aussi à ce qu’ils se comparent, se taquinent et se moquent les uns des autres. 

Pensez à tous les dessins animés avec lesquels ont les abreuve régulièrement : le/la méchant(e) prend toujours sa raclée avant d’être, la grand majorité du temps, supprimé(e) : jeté du haut d’un château, d’une cathédrale ou d’une falaise, bouffé par des hyènes, pendu à une liane,  embrochée par une épée, transformée en poussière… Il finissent tous par disparaitre laissant à penser que dans la vie, pour gagner le combat, point de salut sans l’annihilation de l’autre.  

Tout dans la manière dont on les élève – leur apprendre des langues pour leur “faciliter la vie plus tard”, sous-entendu leur donner un avantage concurrentiel sur le marché du travail, exiger d’eux une réussite scolaire sensé leur assurer un avenir radieux… – et malgré notre bonne volonté, les pousse à apprendre et penser que la compétition est le système unique et obligatoire par lequel passer pour grandir et être heureux. 

Il n’est pas question de supprimer la saine émulation que l’on peut retrouver dans le sport ou le jeu par exemple et dont les vertus ne sont plus à prouver. 



Mais je me disais en tournant la clef dans la porte, que si au lieu d’encourager inconsciemment – ou non – nos enfants à la rivalité, on leur apprenait plutôt à coopérer et à placer toute cette énergie de vie dans des projets communs au service de leur école, de ceux qui en ont besoin, de la planète… Ce serait probablement mieux. 

#VaFalloirRevoirToutÇa
#LéducationCetteQuêtePermétuelleEtInterminable

Extrait du très intéressant documentaire l’Education Interdite – https://www.youtube.com/watch?v=qmB3fexQul0


Qui se ressemble s’assemble ?

L’autre jour, j’observais les portes 

de l’armoire de ma chambre… 

Et je me demandais un truc.

Finalement, un couple a-t-il plus de chance de fonctionner lorsque les conjoints se ressemblent ou, au contraire, lorsqu’ils sont hyper différents l’un de l’autre, et donc – disons-le de manière à le formuler positivement – éventuellement complémentaires ?

Je regardais les costumes de ma tendre moitié alignés au cordeau le long des poignées, prêts à partir dans leur housse avec lui en déplacement, et me disais avec résignation que j’avais semble-t-il épousé un psychopathe qui s’ignore.

Avant – dans un élan de lucidité – de constater avec un sentiment de fatalisme intérieur éprouvant, que j’étais probablement toute aussi dingue que lui… 

De fait, décider de partager la vie d’une personne qui a les mêmes fonctionnements et qui fait preuve des mêmes obsessions ou déséquilibres psychologiques que soi, présente de nombreux avantages :

Il est agréable de vivre dans un espace ordonné où l’on retrouve aisément ses affaires lorsqu’on en a besoin. 
Finis les “Chériiiie, j’trouve plus mon permis de conduiiiiire !!!”
Terminés les “Baaabe, tu sais où t’as vu les ciseaux pour la dernière fois ???”
Oubliés les “Mon amouuur, où t’a rangé mes chemises ???”
Toussatoussa.  

Et puis, entre fous, on s’comprend. 
Lorsque l’autre repasse derrière soi car il estime que le lit n’est pas parfaitement au carré, on ne s’en étonne que moyennement et l’on ne s’en formalise pas outre mesure. 

On trouve même parfois un plaisir étrange voire névrotique, une sorte de soulagement à contempler l’autre ranger la fourchette qui traine ou redresser le stylo posé de travers sur la pile de journaux : on n’est pas seul à voir ses petits détails insupportables du quotidien. 
Et ça, c’est rassurant. 
Quand on est un peu toqué, s’entend. 

Si l’on sait que le bordel et le chaos sont souvent sources de toute vie – les champignons poussent dans les assiettes sales, laissées à l’abandon dans l’évier, par exemple – mais que nos prédispositions nous orientent vers l’ordre et l’organisation, l’association inverse devient rapidement invivable, pour le coup.
On réalise qu’il est préférable de s’associer à la personne qui peut comprendre

Enfin, on pourrait penser que les risques, pour deux psychorigides du rangement, d’engendrer une progéniture aux tendances sérieusement pathologiques, sont probablement plus élevés que la moyenne. 
Et pourtant, tous les parents SAVENT qu’il n’en n’est rien. 
Mais vraiment rien. 

Non, vraiment, parfois les dictons ont du bon. 


Être Maman

La parentalité, 
est vraiment un enchaînement 
de crises de lucidité.


Sur soi-même, sur son couple, sur les autres, sur la nature humaine. 

C’est effrayant et en même temps, c’est un privilège car certains jours je me dis que sans mes enfants, toutes ces pensées ne seraient probablement jamais montées jusqu’à mon cerveau. 

Je déposais les Jujutrépides à l’école ce matin-là. 

Une fois n’est pas coutume, Tancrède m’embrasse du bout des lèvres avant de s’élancer dans la cour. 

Mais Trystan me tient par la main. 
Il ne semble pas pressé de la lâcher. 

Dans son autre menotte, le pain-au-chocolat-du-vendredi que je viens de lui acheter en entrant.

Le sentant indécis, je décide de m’assoir sur le muret. 
Il vient alors se blottir dans mes bras. 

Sur le moment, je suis perplexe. 
Une telle démonstration d’affection n’a jamais eu lieu avant, en près de quatre années de scolarité. 

Les minutes s’égrainent le long du fil de ce moment suspendu. 
Mon fils est tout contre moi, au creux de mon coeur, son visage dans mon cou. 
Il ne bouge pas, il ne parle pas. 

Il mâchouille sa viennoiserie. Elle s’émiette tranquillement sur mon épaule qui en est maintenant recouverte.

Je m’en fous. 

J’observe les autres mamans et leurs enfants entrer par le portail, dans le traditionnel et joyeux défilé du matin. 
Je vois les copines ressortir, seules cette fois. 

La cloche sonne. 
Je réalise que nous sommes assis là depuis au moins vingt minutes. 

Il ne bouge toujours pas. 
Je réfléchis à la manière dont je vais devoir lui dire de me lâcher pour rejoindre sa classe. 

Soudain, tout doucement, il se redresse : il a vu passer l’un de ses copains. 

Sa main quitte mon bras, sur lequel il s’appuie pour se mettre debout. 
Son visage s’arrache à moi, il se détache, et il s’en va. 

Sans un mot. 
Sans un regard. 

Il est parti.
Trainant derrière lui son sac à dos noir trop grand pour lui. 

Je n’ose pas le rappeler pour lui dire qu’il a oublié de m’embrasser. 
Ça n’a pas de sens et je ne veux pas être de ces mères encombrantes. 

A cet instant, j’ai les jambes en coton, sans force pour me relever. 
J’ai le coeur qui se serre dans ma poitrine.

Je me sens abandonnée. 
Seule. 
Malheureuse. 

Et puis l’espace d’un instant, je l’entraperçois riant à gorge déployée, au milieu de ses amis, qui monte les marches du perron de l’école.

Curieusement, je me sens soulagée. 

Il a pris, dans ma réserve en libre service, l’amour, l’assurance, la sécurité et la confiance dont il avait besoin ce matin pour avancer. 
Il est parti car il s’est senti libre de le faire sans regarder en arrière. 

Il ne me doit rien. 

Et c’est bien comme ça. 

C’est dans des instants comme celui-ci, que l’on comprend pourquoi l’amour que l’on porte à ses enfants est plus fort que tous les autres. 

A livre ouvert

Je passais rapidement dimanche matin 

dans la chambre des Jujutrépides, 

lorsque je me suis fait la réflexion. 


Je faisais un peu de rangement lorsque mes yeux se sont posés sur le lit du bas, celui de Trystan, resté comme chaque jour intact, puisque nos Jujus ne peuvent s’empêcher de dormir ensemble dans la couchette supérieure de leur lit superposé. 

J’y découvre un livre ouvert, l’histoire d’Aladdin, la version écrite du film Disney, arrêté à la page 12. La couette légèrement chiffonnée sur la longueur : visiblement, l’un des garçons s’est allongé sur le ventre et a bouquiné un petit moment dans cette position. 

Rejoignant mes fistons qui prenaient leur petit-déjeuner dans la cuisine, je dis alors : 

– “Mes chéris. j’ai vu que le livre pris par Trystan à la bibliothèque vendredi était ouvert sur le lit. Ça veut dire qu’un petit garçon a lu, tout seul, hier soir ou ce matin…”

Mais avant de pouvoir terminer ma phrase, mes fils hurlent simultanément : 

– “C’EST PAS MOI M’AN, C’EST LUI !!”
– “C’EST TANCRÈDE MAMAN, C’EST PAS MOI !!”

En ce désignant l’un l’autre. 

Je comprends soudain qu’ils pensent que je suis fâchée. 
J’en déduit qu’ils ont encore rallumé la lumière à mon insu jusqu’à pas d’heure hier soir. 
Je souris du coin des lèvres avant d’enchainer :

– “… ET je voulais FÉLICITER ce petit garçon de l’avoir fait…”

Nouvelle interruption spontanée et collégiale : 

– “C’EST MOI M’AN, C’EST MOI !!”
– “C’EST PAS TANCRÈDE MAMAN, C’EST MOI, C’EST MOI !!”

Riant intérieurement devant leur revirement opportuniste, je tente d’exprimer la suite de mon propos : 

– “… Car lire est l’un des grands plaisir de l’existence. Bravo à tous les deux. Bientôt vous pourrez-même lire complètement tous seuls vous savez ! 
Juste, ça m’intéresse, pourriez-vous me dire pourquoi ce sont toujours les livres pris à l’école que vous regardez seuls et jamais ceux de la maison ? Il y en a des tonnes sur vos étagères pourtant.”

Leur réponse m’a donné à réfléchir : 

– “Parce que c’est nous qu’on les choisit maman !”

#PenséeDuLundiMatin

Découvrir Smak !

Avec Smak

tout est dans le nom !

C’est gentil.  
C’est doux.
C’est bon. 
C’est rapide. 
Et surtout, ça donne envie de recommencer. 

Smak c’est une petite cantine sans prétention en plein au centre ville du Cap, au 22 Bree Street, ouverte uniquement le midi (jusqu’à 16 heures). 

La clientèle qui s’y presse tous les jours vient essentiellement des bureaux alentours mais pas seulement : il faut dire que c’est tellement bon ! 

Rien de prétentieux ni de compliqué. 
Tout y est au contraire simple, authentique et honnête  : une base italienne avec des pâtes fraiches faites maison, mais aussi plein d’autres plats familiaux, tous plus généreux et délicieux les uns que les autres. 

Mention spéciale pour les tagliatelles au gigot de 7 heures :

Ou leur fameux hamburger maison aux champignons et aux pelures de frites fines et croquantes, juste insoutenables :

Les fans de boulettes de viande y trouveront également leur compte :


Les végétariens ou les aficionados de salade et autres plats basses calories aussi :

Quant aux desserts n’en parlons pas… leur cheese cake mascarpone – amandes – Rooibos est au delà des mots :

Uniquement des produits de qualité. 
Tout est fait sur le moment, devant-vous, dans la cuisine ouverte. 

En plus, ils faut aussi Delicatessen de fromages, charcuteries et autres produits d’épicerie fine. 

Le service est d’une gentillesse exceptionnelle. 

Les prix sont ultra doux. 

C’est à se demander comment ils s’en sortent, les mecs.