‘Faut pas gâcher

Je me demandais 

l’autre jour.


Pourquoi, lorsqu’on est parent, a-t-on – presque – toujours un temps de retard sur ce qu’il convient de faire pour élever notre progéniture ?

Je parle ici des géniteurs moyens, n’est-ce pas, les normaux, ceux qui n’ont pas la parentalité inscrite sur chaque allèle de leur ADN, oui ? 
(Si, si, il en existe, j’en connais quelques uns.)

Je veux dire par là : pourquoi sait on enfin comment réagir à certaines situations… Lorsque celles-ci ne se présentent plus ?


Nous comprenons enfin les cris de bébé… lorsqu’il commence à faire ses nuits. 

Nous maitrisons vraiment le serrage de couches… Quand les mômes deviennent propres. 

Nous entendons parler des remèdes miracles qui fonctionnent et savons gérer les angines rouges/blanches/bleues/vertes… Lorsque nos petits ont fait leur immunité. 

Nous osons leur couper les cheveux nous-même… Quand ils acceptent enfin d’aller chez le coiffeur.


Nous trouvons la force d’assumer courageusement leurs crises de nerf particulièrement bien senties au supermarché ou devant les grands-parents… Quand les caprices cessent. 


Nous réalisons que nous avons vraisemblablement été trop laxistes… Une fois qu’il est trop tard pour resserrer brusquement la vis. 

Et lorsqu’enfin vient le moment de réutiliser toutes ces connaissances merveilleuses – sur les petits-enfants… – la plupart d’entre nous ont, entre temps, oublié !

La liste est interminable. 

Vous me direz, il en est un peu de même pour le reste de nos existences… 

On réussit le jour où l’on accepte enfin de perde, on trouve en soi les ressources de la patience quand on l’a perdu une fois de trop, on apprend à aimer lorsqu’on nous quitte, on comprend l’importance de notre corps lorsqu’il cesse de fonctionner…

Avec ces quelques années de recul, je suis d’ailleurs pratiquement convaincue qu’il s’agit de la raison principale pour laquelle une bonne partie des parents remettent le couvert avec un second enfant, voire un petit troisième (les autres sont clairement hors catégorie et passent le niveau pro) : en fait, ils se disent probablement qu’il serait vraiment dommage que leurs efforts ne servent à personne et que leurs souffrances aient été vaines. 

C’est sûr.

#HumourNoir




Chuuuuut !

Ces derniers temps, 

Trystan semble prendre 

un peu de distance. 


Ou d’indépendance, tout dépend de la manière dont on décide de voir les choses. 

Il refuse de plus en plus mon aide au quotidien, tire de la fierté à faire – et réussir – des choses seul : cuisiner, pêcher des poissons, récupérer lui-même l’eau pour la recycler dans les bidons… 
Il n’hésite d’ailleurs plus à me remettre en place régulièrement lorsque je dépasse ce qui semble être devenu sa “zone de capacité personnelle”, que je m’efforce bien évidemment de respecter, avec un sentiment mélangé, tinté d’une immense joie, et d’une curieuse forme de tristesse diffuse, sans doute liée à l’idée inéluctable de voir mon fils chéri m’échapper…  

L’autre jour, il est rentré de l’école fier comme Artaban me disant : 


– “Maman, r’gard’ bien ton téléphone ce soir ! Pass’que la maman d’Eliyah, elle va t’envoyer un ‘nimail, pour te dire qu’elle m’invite à un SLEEP OVER vendredi, d’accord !?”


Je souris, à la fois amusée de constater – une fois encore – à quel point la technologie fait partie intégrante de sa génération, émue par la petite touche d’orgueil que je vois poindre dans sa phrase, mais aussi un peu perturbée de la vitesse à laquelle le temps passe…

Je prends sur moi pour lui répondre d’un air détaché : 

– “Ah super mon coeur, tu es content j’imagine !?”


– “Très !”


– “D’accord, et bien dès que je le reçois je te dis.”


La semaine est passée. 

J’ai donc préparé le sac de mon fiston, avant de le voir partir avec la-dite-maman-d’Eliyah, en ce vendredi après-midi, sans se retourner, son pyjama et sa brosse à dent dans le dos… 

Jusqu’à ce que mon téléphone sonne, sur les coups de 21:20, affichant un numéro qui ne m’était pas inconnu : 


– “Pom ?”


– “Oui ma belle, qu’est-ce qui se passe ?!”


– “Rien de grave, t’inquiète. Mais… Trystan veut te parler.”


– “Okay… Passe-le moi…”


C’est une toute petite voix, un filet presque inaudible qui m’a alors répondu :


– “Mamaaaan… C’est Trystan…


– “Mais oui mon amour, je sais bien… Que ce passe-t-il chéri ?”


– “Je… Je… En fait… J’voudrais bien… Qu’tu viennes me chercher…


– “Bah alors mon p’tit coeur… Mais qu’est-ce qui se passe ?”


– “Rien… Juste… Tu veux bien v’nir ?



Une fois récupéré et installé à côté de moi dans la voiture, mon fils est resté silencieux. 


Au bout de quelques minutes j’ai tout de même tenté d’ouvrir le dialogue :

– “Mon coeur… Tu veux me parler ?”


– “Humphfff…. Pas trop…


– “Tu sais je me suis un peu inquiétée… Tu veux bien me dire pourquoi tu as voulu rentrer ? T’étais pas bien chez Eliyah ?…”


– “Mais SI ! Très bien.”


– “Ah d’accord… Tu me rassures…”


– “C’est juste… Juste… Que j’crois… Qu’en fait…


– “Oui mon amour ?”


– “J’crois… Qu’je préfère rester dormir dans l’même endroit où toi tu dors.. Encore un peu. P’têtre…


Voyant sa gène évidente, j’ai décidé de mettre rapidement fin à la discussion. 


– “Okay chéri. Pas de problème. On n’en parle plus.”


Silence dans l’habitacle.


Je sens alors le regard de mon garçon sur moi. 


Je tourne le visage vers lui à l’instant où il détourne le sien, fixant ostensiblement la route devant lui, un petit sourire au coin des lèvres :


– “Nan, maman… On n’en parle plus.”



#CeQuiSePasseAVegasResteAVegas
#Chut!
#KroMignon

L’attrape-cocottes

C’est tout nouveau, 

ça vient de sortir. 


En gros, je vous résume la situation :
Tancrède est convaincu que s’il s’enduit de parfum de la tête aux pieds, il va chopper plus facilement les nanas.

Comme d’habitude avec nos Jujutrépides, je n’invente absolument rien.

Nous nous apprêtions à sortir voir des amis dimanche, lorsque Tancrède m’a interpelée devant la porte d’entrée : 

– “Ah maman, tu m’as pas dit ! ‘Va y’avoir d’aut’ z’enfants qu’nous au braai – l’équivalent du barbecue ici en Afrique du Sud – de tes amis où on va maint’nant ?!”

– “Euuh… Oui chéri, plein.”

Et je décide de rajouter : 

– “Comme ça, tu vas pouvoir jouer avec eux !”

Je le vois alors qui fonce en sens inverse, direction sa salle de bain, et revenir quelques instants plus tard, une pesante effluve de parfum le précédant tel un nuage asphyxiant, manquant de m’étourdir. 

Avant de tourner de l’oeil, je parviens à lui dire : 

– “Pfiouuuu, chéri, t’as mis la dose là… C’est trop mon coeur, tu sais… Un petit pchiiit suffit, pas la peine de verser toute la bouteille…”

– “Naaaan mais maman, c’est important d’mett’ du parfum.”

– “Oui… Mais pas autant mon trésor ! Et d’abord pourquoi tu trouves ça important ?”

– “Bin c’est mieux de sentir bon que pas bon, non !?”

– “Euh… Oui, ça c’est sûr Tancrède.”

– “Et pi’, comme ça, on sent différent des aut’… J’crois qu’ça plait aux filles, tu sais.”

#RéflexePréhistorique
#PetitdHommeDesCavernes

J’hésite à lui dire. 
Mais je finis par considérer qu’il s’agit là de mon devoir de mère : 

– “Oui mon coeur, bien sûr, mais si tu cocottes comme ça, tu ne vas jamais réussir à en attraper des filles, tu vas les faire fuir à la place !”

Le visage perplexe de mon fiston me signale subitement qu’il n’a pas totalement percuté ce que je viens de lui dire. 

Sa réponse me le confirme.
Sur un ton doux et d’un phrasé lent, il tente alors de m’expliquer comme on l’aurait fait avec une petite vieille un peu sénile : 

– “Naaan mais maman, c’est les FILLES que j’voudrais attraper, pas les poules…”

Découvrir Chef’s

Ce restaurant là,
c’est une vraie cantine. 


En cette veille de week-end, je ne saurais trop vous recommander d’aller découvrir ce nouveau coup de coeur gastro qui a ouvert ses portes il y a quelques mois au 81 St John’s Street, au centre-ville du Cap : Chef’s


Le concept est simplissime : un vraie cantine. Comme quand on était petits. 
Sauf qu’ici, c’est délicieux. 

L’endroit est entièrement blanc, du sol au plafond, ultra lumineux grâce aux immenses fenêtres traversantes. 
Des carreaux de porcelaine blanche au mur, des chaises pliantes autour de tables minimalistes.


La cuisine d’inox entièrement ouverte, donne à voir les chefs et les cuisinières qui s’activent : ici ce sont eux qui vous apportent votre repas, pas de serveurs ni de serveuses !
Les plats sont servis sur un plateau à compartiments. 
Rien de superflu : l’essentiel, pour se concentrer sur ce qu’il y a dans l’assiette.  
Chaque table dispose de son écran menu : 3 plats uniquement chaque jour, en fonction du marché. 1 dessert. Ça change tous les jours. 
ET voilà. 

Le tout est non seulement généreux, savoureux mais aussi très équilibré, avec un choix entre poisson ou crustacé, une viande et un plat végétarien. 

Quelques exemples pour vous donner une idée :  

Crevettes grillées et petits légumes, salade de roquette, celeri et avocat,
frites et mayonnaise maison, sauce aux herbes
Magret et confit de canard, salade de roquette et patates douces
celeri et avocat, frites et mayonnaise maison, Chutney.
 
Salade mélangée à la feta et aux noix, pesto et pita,
chimichurri de tomates, sauces aux herbes. 
Sorbet au Yaourt, litchis, ananas, petit sablé et meringues à la crème pâtissière de citron. 

Les prix sont très raisonnables. Le restaurant ouvre du lundi au vendredi, midi et soir (avant 20:30). Fermé le week-end. 

Bon appétit !


L’intuition maternelle

Nan mais soyons clairs : 

je le savais. 

Mais je l’ai fait quand même. 


Vous me direz : je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même… 

Ça ne serait pas très charitable, mais cela se tiendrait. 

Je le savais bien, lorsque j’ai accepté d’offrir l’asile piscicole à des poissons rouges sous le toit familial : j’allais au devant de graves emmerdements…

Leur père et moi avions pourtant pris le temps de briefer nos Jujutrépides et de les responsabiliser sur l’importance de les alimenter – une pincée de flocons chaque matin – et de les soigner – rappeler à papa de changer le filtre toutes les semaines. 

De fait, ne soyons ni ingrats ni trop négatifs : durant un an, les garçons se sont acquittés de leur tâche avec une certaine forme de dévotion, y compris en qui concerne les funérailles de quelques infortunés spécimens. 

Mais depuis le début d’année, il faut le dire – et pour une raison que je ne m’explique pas – leur intérêt pour la poiscaille semble avoir drastiquement faibli. 


Constatant en fin de semaine dernière qu’ils oubliaient quotidiennement d’alimenter leurs bestioles, agacée de devoir moi-même prendre en charge ces énièmes bouches à nourrir, j’ai donc décidé de recadrer mes deux engeances : 


– “Bon. Trystan, Tancrède. Ça fait dix jours que vous oubliez de donner à manger à vos poissons. Tous les matins. A chaque fois, c’est maman qui pense à eux. Ça ne va pas. Vous les négligez, ces pauvres animaux !”


Intervention décontractée, borderline désinvolte, de Trystan : 


– “Ouiiiii maman…T’inkièt’, demain on va l’faire.”

– M’enfin Trystan ! Ce sont des être vivants ! Tu ne peux pas te montrer aussi indifférent ! Ils ont besoin de toi, chéri ! Tous les jours”


– “Ouiiiii, mamaaan, ça va, j’ai compris !”

Devant sa mine ironico-provactrice, je décide de frapper un grand coup :


– “NON MAIS TRYSTAN ! Et si moi, par exemple, j’oubliais de te nourrir, hein ! De te laver, de mettre ton goûter dans ton sac… De te dire que tu es beau et que je t’aime avant de te coucher, tu ferais quoi !? Tu deviendrais tout malheureux, non !? Tu te sentirais délaissé… ABANDONNÉ !! Et bin tes bestioles que tu ne regardes même plus ces derniers temps… Ça ne doit pas leur faire plaisir, tu sais ! “

A cet instant, je vois les yeux de mon fils s’embuer de larmes, sa petite bouche se mettre à trembloter. Il se jette dans mes bras et je l’entends alors me dire : 

– “T’as raison maman !! Ce s’rait HORRIB‘ !!! J’vais aller leur dire bonne nuit tout de suite, à mes pauv’ petits poissons ! “

Hem. 

J’ai bien conscience de ne pas y être allée avec le dos de la cuiller. 


Mais bon. 

Sans dec’. 



La dernière goutte

Pour mes lecteurs qui n’habitent pas au Cap, 

de la terrible sécheresse qui sévit 
à Cape Town depuis 3 ans.


Et des derniers développements assez drastiques, dont la presse internationale commence à s’emparer : la fermeture pure et simple de l’eau au robinet, pour cause de réservoirs totalement asséchés. 


En gros, si on se résume : au 1er avril – le D Day qui fait frémir d’horreur la population et les politiques de la région – il ne restera plus une seule goutte d’eau dans les tuyaux publics de la ville, chacun de nous étant condamné à aller chercher sa ration quotidienne du précieux liquide à l’un des trop peu nombreux points de ravitaillement que la mairie prévoit de mettre en place. 

Les médias ici ne parlent plus que de cela, les supermarchés ont été pris d’assaut depuis plusieurs semaines et les rayons d’eau sont vides, la conversation est sur toutes les lèvres et le stress semble monter très sérieusement chez les habitants qui craignent les soulèvements, les maladies et milles autres plaies qui pourraient s’abattre sur la ville. 

Naturellement, les écoles sont concernées et redoublent d’imagination et d’effort pour sensibiliser les enfants sur les moyens de recycler l’eau. 

De notre côté, nous avons bien évidement expliqué la situation à nos Jujutrépides qui depuis de longues semaines, récupèrent celle de leur bain, tirent leurs chasses d’eau selon un rituel bien précis et se lavent les mains dans une petite cuvette en rentrant de l’école. 

Mais l’autre soir, j’ai surpris Trystan avec son verre à dent, curieusement perché sur son petit marche-pied, penché au dessus du lavabo de sa salle de bain, les mains plongées dans une bouillie rose étrange, visiblement concentré sur une manoeuvre compliquée : 

– “Mon amour ?! Mais, qu’est-ce que tu fais ?”  

– “‘Me suis brossé les dents en mettant le bouchon maman.”

– “?!?!”

– “Je sais, tu m’a jamais dit d’le faire… Mais j’me suis dit k’c’était dommage de gâcher un verre d’eau. Alors j’essaye d’le récupérer depui’d’t’à l’heure, tu comprends, mais avec toute cette mousse du dentifrice… C’est pas très facile…”

#ChaqueGoutteCompte
#IlestTempsDeChangerNosHabitudes
#QuestionDePerspective
#TraumatisésDuLavabo

De fait, il serait peut-être temps qu’on arrête de faire pipi dans de l’eau potable.

Bouh qu’elle est vilaine !

C’est bas, 

mais c’est tellement bon !


Je déteste – et j’adore, tout à la fois – ces moments qui surgissent de temps en temps, durant lesquels j’ai parfaitement conscience de la mesquinerie de mes sentiments, un peu honte évidemment, un peu triste de ne parvenir à m’élever au dessus d’eux… Mais surtout très amusée par l’ironie mordante de la situation. 

Dimanche dernier, j’ai été prise d’une flemme colossale et ai décidé de paresser dans mon canapé, entre moi, mon bouquin et moi-même, faisant fi de l’heure qui tournait, des bains à donner, du diner à préparer, des sacs à garnir et de cette pénible routine qui précède invariablement le premier jour de la semaine. 

Apercevant, avec reconnaissance, ma tendre moitié qui s’activait – une fois n’est pas coutume – j’ai donc choisi de profiter de l’occasion pour le laisser faire, me faisant toute petite, roulée en boule dans mon sofa. 

Le fatidique moment du couché arrivant, j’ai décidé de quitter ma tanière pour aller embrasser mes fistons et leur souhaiter bonne nuit. 
Avant d’avoir atteint leur chambre, ceux-ci m’avaient repérée dans le couloir et s’accrochaient affectueusement à mon cou.

C’est alors que mon cerveau pavlovo-reptilien envoie un message à la mère consciencieuse et organisée que je suis. Je gère alors immédiatement l’information : 

– “Ah mes chéris, je n’ai pas préparé vos habits pour demain, venez on va le faire ensemble.”

Réaction immédiate de mon fils Trystan : 

– “Nan mais c’est pas la peine maman, papa l’a d’jà fait !”

J’ai dû faire montre, malgré moi et mon silence, d’un certain étonnement involontaire car mon garçon s’est alors écrié, sans malice aucune, et visiblement du fond de son petit coeur : 

– “OUI HEIN ! C’EST DINGUE ! C’EST LA PREMIERE FOIS D’PUIS K’ON EST NÉS, J’PENSE !”

Devant la mine déconfite du papa qui venait justement de passer sa soirée à s’occuper d’eux, et nonobstant une forme assez malsaine de jubilation – ou pour le moins de satisfaction intérieure – mon affection pour lui a malgré tout rapidement repris le dessus, riant gentiment pour faire passer la pilule.
#QuellePesteQuandMême
#CesPetitesMesquineriesDeCouple
#CommeCestVilain

Découvrir le Clay Café

Les mômes deviennent ingérables, 

en ce dimanche après-midi ?


Ou vous avez simplement un goûter d’anniversaire à organiser ? 

Pas de panique, les copines du Cap : allez, hop, le Clay Café.

Situé à la sortie d’Hout Bay, en direction de Constantia, cet endroit est sympathique et bien pensé, comme souvent au Cap : 

Petit café restaurant sans prétention…


Adossé à un joli jardin où coule un gentil filet d’eau idéal pour permettre aux gosses d’y patauger avec délectation, en toute sécurité…

Sans oublier des trampolines et des balançoires pour les plus grands. 

On peut venir juste profiter du lieu, manger un sandwich et dévorer une part de cheese cake bien crémeux, ou aussi réserver pour une séance de peinture sur céramique.

Les enfants de plus de quatre ans – et les grands artistes aussi, d’ailleurs – peuvent choisir entre des dizaines de modèles en argile allant du lapin, à la cocotte en passant par des tasses, des mugs, des assiettes et autres plats de présentation, tous fabriqués localement. 
De quoi décorer la maison – personne ne juge, n’est-ce pas… – ou refaire un service de table ultra personnalisé. 

Chacun s’en donne ensuite à coeur joie… 


Avant que les “oeuvres” ne soient séchées puis vernissées par les pro de l’atelier : comptez 3 semaines pour récupérer votre travail. 



Facile, il suffit de réserver !
Bon week-end.  

Fuck you very much

Bon. 

Aujourd’hui je suis 

HYPER sérieuse. 


J’ai très envie de partager une GROSSE ANGOISSE avec vous. 

Je sais, c’est sympa de ma part, de vous inclure dans mes réflexions anxiogènes. 
Je vous en prie. 

Voilà : cette année, les Jujutrépides sont en CP, une classe charnière, comme vous le savez. La lecture, l’écriture, les bases grammaticales, toussa toussa. 

Genre, le môme, s’il ne sait pas lire en juin, sa vie est foutue FOR EVER. 

Pas de pression donc, ni pour les gosses, ni pour les parents, ni pour les enseignant(e)s.

Sur fond de “je-me-plonge-dans-le-vieux-débat-méthode-globale-méthode-syllabique” et “j’écoute-enfin-quand-on-parle-réforme-de-l’éducation-nationale”, je me suis donc informée comme toute maman qui se respecte sur les outils de leur apprentissage. 


Pour découvrir avec perplexité certaines propositions relativement étonnantes. 

La dernière en date, ce poème à apprendre par coeur :

Est-ce que tu m’aimes?
Demande l’enfant
Tu m’aimes?
C’est sûr que tu m’aimes?
Et si je ferais des bêtises
Est-ce que tu m’aimerais encore?
Et si je serais pas ton enfant
Est-ce que tu m’aimerais toujours?
Et si je serais pas venu sur terre
Est-ce que tu m’aurais aimé quand même?
Est-ce que tu m’aimes, dis?
Est-ce que tu m’aimes?
François David, Petits Poèmes de l’amour, éd. Lo Païs d’enfance.

Bon, certes, le mec il a une page Wikipédia à son nom, un peu de bouteille avec une trentaine d’ouvrages parus pour la jeunesse et un prix littéraire.

Je ne veux pas faire ma vieille conne non plus : à leur époque, Apollinaire, Prévert, Desnos ou Eluard ou ont eu leurs détracteurs aussi. 
Il faut avancer avec son temps. La littérature et la poésie sont de merveilleux espaces d’expression en perpétuel mouvement.  

Je sais et reconnait, de surcroit, mon incompétence pédagogique, dans le sens ou je n’ai pas, à l’instar des maitresses, été formée pour enseigner aux enfants et n’ai que très peu de notions neuro-cognitives qui me permettraient d’émettre un avis averti sur la question. 

Et puis le second degré et l’humour, c’est le sel de la vie. 

Malgré tout, je m’interroge : 
Un peu de bon sens…
Qui sont les mecs (ou les nanas) qui décident des programmes officiels de nos enfants ? 
Quelle est la logique, parmi les milliers de poèmes sublimes qui existent dans le monde, de choisir de faire retenir à des petiots en pleine période de – difficile – apprentissage de leur langue, un texte bourré de fautes de syntaxe ?
Pourquoi placer les enseignants dans des dilemmes aussi pénibles ? 

L’Education Nationale c’est un peu comme les médecins : 
C’est gros – je veux dire par là que ses membres sont nombreux – ça en impose avec plein de mots savants, on les pense tellement plus compétents que nous, d’ailleurs, ils nous sauvent la vie tous les jours. 
(La preuve, y’a qu’à voir dans quel état on est durant les vacances scolaires avec les moutards à la maison full time…)

Mais parfois… On a quand même envie de leur dire qu’ils déconnent.




Les filles, ça déconcentre

“Chui désolé ‘man…”


Comme 99% des jours de semaine depuis la rentrée de septembre, notre Jujutrépide chéri est rentré de l’école accablé, les épaules tombantes, un air de déception mâtiné d’une minuscule touche de provocation latente aux lèvres… 

– “Chui encore dans l’rouge maman ce soir…”

– “Tancrède…”

– “Je sais m’an… Chui désolé tu sais… Vraiment…”

– “Je sais mon poussin…”

– “…”

– “C’est pas si grave chéri… C’est qu’une couleur après tout… On va arrêter de regarder cette échelle du comportement d’accord…? On s’en fiche… Moi ce que je veux c’est que tu sentes que tu es bien en classe et que tu respectes les autres, oui ? Tu peux te concentrer sur ça ?” 

– “Oui ‘man…”

Un silence un peu pesant s’est alors installé entre nous. 
Mon fils me regardait par en dessous, le visage triste, cherchant visiblement mon attention.
C’est alors qu’il me dit : 

– “Mais tu sais maman, moi je sais c’ki faudrait faire pour qu’je sois sage en classe…”

– “?!?!?!? Ah bon !? Mais pourquoi tu ne me l’as pas dit avant !?”

– Bah pass’que… Ça me ferait pas super plaisir.”
– “?!?!?!?”

– “Le problème, tu wois, c’est que j’arrive pas à me concentrer… Et je me concentre pas, pass’que j’peux pas m’empêcher de regarder Eva…
Elle est tellement magnifique, tu comprends ?”

Submergée par des sentiments contradictoires, je ne sais plus si je suis amusée, émue, attendrie ou agacée. 

– “Mais… ?! Tancrède… Je… Hein?!?”
– “Oui maman… Quand je la r’garde, j’entends pu’ c’k’on m’dit, en fait. 
Y faudrait me changer de classe. Voilà…”

– “M’enfin Tancrède, c’est ton amie depuis trois ans, ton amoureuse depuis la rentrée, c’est ce que tu espérais depuis tellement longtemps ! On ne va pas vous séparer maintenant quand même ?”

– “Bin… j’vois pas d’aut’ solution maman. Le mieux, j’vais t’dire, ce s’rait même de m’mettre dans une classe où y’aurait AUCUNE FILLE. Comme ça, on s’rait sûr.”

Je reste silencieuse, bouche bée par sa proposition. 
Il m’achève alors d’un :

– “C’est le seul moyen si tu veux m’faire travailler maman.”
#LeMaitreDuChantageAffectif
#ChampionToutesCatégories
#CeGosseSeFoutDeMaGueule