L’âge de raison ?

16:00. 

Quelque part 

entre l’école et la maison.


– “Mamaaaan !!!”

– “Tu sais c’qu’on va faire demain !?!?!?”

– “Non, mon amour, dis-moi.”

– “ON VA APPRENDRE À FAIRE D’LA PIZZA !!!! ET ENSUITE ON LES MANGE !!!!! T’IMAGINES !?!?”

(Et après, on me demande pourquoi je colle systématiquement mes fistons au centre aéré, franchement ?! Mais parce que les mecs y’ sont BIEN PLUS compétents que moi pour s’en occuper, des gosses ! Et ce genre d’idées de génie tend clairement à le prouver. Enfin, bref.) 

– “Mais c’est merveilleux, ça, mon Tancrède !! Top !”

Intervention du frangin : 

– “Nan mais maman, y’a quand même un problème.”

– “Ah ?”

– “Oui. Comment est-ce qu’on va savoir QUI a fait chaque pizza ?”

– “?!?!? Euhhh… Et bien on s’en fiche, non, mon trésor ?”

– “AH NON maman ! On s’en fiche pas ! MOI, j’mangerai QUE LA MIENNE !!! Pas celle qu’les aut’ y’ z’ont touchée avec leurs doigts, beurk !”

Silence dans l’habitacle. 
Son argument se tient, d’un point de vue sanitaire, s’entend. 

C’est son frère qui le premier a repris la parole : 

– “Bon… Bin… On n’a k’à mett’ une étiquette avec nos noms sur chaque pizza, Trystan…”

– “Mais mon chéri, tu n’y penses pas”, ne puis-je m’empêcher d’ajouter. 
“Elle brûlerait durant la cuisson.”

– “Ah oui, c’est vrai m’an… Et bin alors… On n’a qu’à cuire chaque pizza, l’une après l’autre, chacun son tour, quoi.”

– “Hum… M’enfin à ce rythme, vous n’êtes pas prêts de déjeuner mon coeur… Il vous faudrait des heures pour cuire celles de tous les enfants.”

Nouveau silence qui s’abat sur le véhicule. 

J’observe Trystan dans le rétroviseur, plongé dans une intense réflexion, dont il finit par sortir pour nous dire : 

– “Mbon… J’ai réfléchi maman, y’a pas trop d’solution. Va falloir que j’accepte de mélanger les pizzas avec les aut’…”

#PrincipeDeRéalité
#BienvenueChezLesAdultes
#LeMondeDuCompromis  
#EnfinLâgeDeRaison?
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Gorille dans la brume

Je déposais les enfants 

au centre aéré hier. 


Oui, je sais. 

Encore le centre aéré. 

Mais j’assume.

Bref, c‘est pas l’propos. 

Je disais donc au revoir aux Jujutrépides devant le portail de l’école, encore un peu dans les brumes de mon sommeil, à cette heure matinale. 

C’est alors que l’une des petites copines de mes fistons, qui arrivait également avec sa maman, s’est figée à mes pieds, son adorable petit visage relevé vers moi, avant de me dire de son plus beau sourire : 

– “Bonjour Pom’ ! Dis donc’, tu t’es coiffée avec un fil électrik’ c’matin !?”  
Franchement, j’ai hésité. 

Pour plein de raisons. 

Réponse a, vexée 
“Nan-mais-dis-donc-petite-morveuse-on-n’a-pas-encore-sept-ans-et-on-veut-déjà-faire-de-l’humour-?-Alors-écoute-moi-bien-la-vraie-blague-c’est-t’as-mis-les-doigts-dans-la-prise-ce-matin-okay?-Quitte-à-te-foutre-de-ma-gueule-fais-le-bien,vu?
Réponse b, ironique 
“Hum. T’as fait l’école du rire, ma biche ?”

Réponse c, rationnelle 
“Ma petite chérie. Je fais repousser mes cheveux après les avoir eu très courts, du coup, pendant quelques temps, je dois supporter de les avoir un peu de toutes les longueurs sur la tête. C’est pas très agréable, mais c’est ainsi.”  

Réponse d, coupable 
“Mon petit chat, tu sais bien que c’est l’hiver au Cap maintenant, donc il n’est plus possible de laisser les cheveux sécher naturellement comme en été. L’option brushing tous les deux jours est, tu t’en doutes, relativement irréaliste. Reste donc la solution sèche-cheveux, vite-fait – certaines petites personnes rajouteront mal-fait – pour un résultat version Jackson-Five. Tu verras dans quelques années, quand tu seras grande, c’est pas facile d’avoir l’air toujours bien coiffée, je t’assures…” 
Réponse e, parentale & politiquement correct
Je souris et je la prends dans mes bras. 
Parce que, entre nous – en fait… En vrai… – c’était vraiment mignon.

Police familiale

J’étais dans ma chambre,

l’autre jour, 

en train de m’habiller. 


Ou plus exactement de chercher comment m’habiller avant de sortir ce soir-là.  

Je passais donc différent vêtements, me regardant vite-fait dans le miroir, insatisfaite du résultat. 

C’est là que j’entends dans mon dos la porte grincer, et de petits pas feutrés avancer sur le sol. En regardant dans la glace au dessus de mon épaule, je vois alors mon fiston, dans son pyjama en pilou, s’assoir discrètement, sur le bord de mon lit, ses petites jambes encore trop courtes pour toucher le sol, se balançant doucement dans le vide. 

Il me regardait en silence, me détaillant des pieds à la tête. 
Après lui avoir souri avec amour, j’ai continué mon essayage, en oubliant presque sa présence. 

Au bout d’une bonne dizaine de minutes passées à interchanger les robes, les jupes, les hauts et les escarpins, je l’entends alors qui me dit le plus sérieusement du monde : 

– “Nan maman, pas cette robe là.”

– “Ah vraiment, mon coeur ?”

– “Non vraiment pas.”

– “Mais… C’était celle pour laquelle j’allais me décider pourtant…”

– “Oui… Mais… Non…”

Devant son air terriblement sérieux, j’en ai oublié que je m’adressais à un enfant de 6 ans. M’échappe alors un : 

– “Mais… Mais… Pourquoi chéri ?!”

– “Pass’que.”

– “C’est la couleur ?”

– “Non, j’aime bien ce rose.”

– “Alors c’est parce que ça ne me va pas ?”

– “Non, t’es belle.”

– “Bah alors Trystan ?!?”

– “Le problem’ de ta rob’, maman, c’est qu’elle est trop courte.”

– ?! Trop courte ? M’enfin, elle m’arrive juste au dessus du genou !”

– “Oui, mais même. C’est trop court.” 

Je pense alors qu’après le refus des jeans déchirés, mes fils font définitivement montre d’un conservatisme à toute épreuve. 
Mais avant d’avoir pu partager vertement le fond de ma pensée avec lui, mon petit garçon, d’un air mi triste mi inquiet, m’a littéralement cloué le bec :  

– “Faut pas t’habiller trop jolie, maman, sinon y’a des monsieurs qui risquent de tomber amoureux d’toi, et moi j’voudrais pas trop changer d’papa.” 

#AllezHopToutLeMondeEnPantalon
#CalméeDirectLaMama
#PoliceFamiliale

Ange et Démon

Nous revenions l’autre jour 

en fin de journée

de la leçon de tennis des Jujutrépides.


Nous roulions en silence le long de l’océan, lorsque j’ai cru apercevoir au loin, de petites ombres mouvantes, en plein milieu de la route. 

L’après-midi touchant à sa fin – rien n’a voir évidemment avec l’âge et la myopie – je ne parvenais pas bien à identifier la source de cette activité inhabituelle sur le bitume. 

C’est alors que mon fils Tancrède s’est mis à hurler depuis l’arrière de l’habitacle : 

– “STOOOOOOP mamaaaaan !!!! ATTENTIOOOOOON VOYONS !!! Y’A DES BÉBÉS PARTOUT!!!!”

Tout en ralentissant, je découvre alors qu’il s’agit d’une troupe de pintades et de sa progéniture, traversant en rang-d’oignon la voie comme si les automobiles de l’air moderne n’existaient pas. 

Rien que de très normal au Cap, où ce spectacle follement bucolique est assez courant et n’a rien de très étonnant. 

Nous étions donc quelques voitures arrêtées au beau milieu de la chaussée, attendant patiemment que les jolis gallinacés veuillent bien débarrasser le plancher.

Tancrède s’émerveillait, le nez collé sur la vitre :

– “Ooooh maman, t’as vu leurs belles plumes comme c’est trop beauuuuu !?”

– “Oui, mon amour…”

– “Oooooooowwww !! Et t’as vu comme c’est trop mignon, toute cette petite famille avec la maman, l’papa et les p’tits bébés derrière !”

– “Euhh… Comment tu sais que ce sont les parents mon chéri ?”

– “Bin tu vois bien que celui k’est d’vant il est beaucoup plus gros ! C’est forcément l’papa ! Et pi celle qui est à côté, elle a l’air très très zinquiète, on voit bien qu’c’est une maman ! “

#NoComment

– “Hum… Bon…”

– “Eh, maman, tu crois pas qu’on devrait les ramener chez nous, dans not’ jardin, pour les protéger ?? Pass’que là, elles vont finir par se faire écraser, c’est horrib’ !!”

Avant même que j’ai pu lui répondre, son frère Trystan resté parfaitement silencieux jusque là, est intervenu, placide : 

– “Dis voir, maman : les pintades, ça se mange ?”

#GoodCopBadCop
#AngeEtDemon 
#2VisionsDuMonde

Résiste, prouve que tu existes !

Evidemment, 

aucun parent ne peut 

vraiment résister…


Je parle de ce moment suspendu, lorsque nos enfants viennent le soir à pas de loup nous rejoindre dans notre lit, leurs yeux de cockers dépressifs implorant tous les dieux et autres divinités de bien vouloir les accepter, tout contre notre coeur, au creux de notre sanctuaire nocturne, pour un dernier câlin… 


Je connais peu de papas ou de mamans, dont la force de caractère est suffisamment puissante pour refuser l’offre et renvoyer manu militari le pleurnicheur dans ses pénates. 


Si, naturellement, les premières minutes de ces indescriptibles instants de tendresse durant lesquels notre petit moutard réfugié – et bientôt endormi – dans nos bras 
sont indiscutablement merveilleux – notre nez snifant avec délectation son petit cuir chevelu qui embaume le shampoing pour bébé – la réalité prend rapidement le pas sur le rêve, mettant sérieusement en danger notre qualité de sommeil. 

Sans parler des mauvaises habitudes rapidement instaurées et fortement déconseillées par toutes les sommités du monde pédo-psychiatrique moderne – mais ne nous inquiétons pas, dans vingt ans, on nous expliquera le contraire – ni de la nécessité d’investir dans un équipement de bon niveau (minimum Queen Size, le lit), laisser nos moutards dormir avec nous présente de nombreux inconvénients qu’il est bon de se remémorer lorsque le lardon passe la porte de notre chambre :


1. Mieux que les chaudières à gaz… Les enfants ! 
Pour une raison qui m’échappe, et qui répond partiellement à mon questionnement de la semaine dernière, les gosses sont capables durant la nuit de générer un degré de chaleur – sans mauvais jeu de mots – assez surprenant. 
Si cela présente bien quelque avantage en hiver, j’avoue que le système gémellaire – en vigueur chez nous – de double bouillottes, finit par faire monter la température du lit au delà du raisonnable et de ce qui est médicalement tolérable pour la santé d’un parent normalement constitué.   

2. Mieux que les concerts philharmoniques dispendieux… Les enfants ! 
De même, nos Jujutrépides ronflant presque aussi fort que qui vous savez, le concert général ainsi produit dépasse de loin le niveau de décibels accepté par les autorités, compromettant très sérieusement l’endormissement de la dernière personne demeurée éveillée dans ce putain de plumard.
(Je vous laisse deviner de qui il s’agit.)  

3. Mieux que la lessiveuse… Les enfants ! 
Ceux qui en ont fait l’expérience le savent : les enfants, durant leur sommeil, c’est mobile. 
Très mobile. 
Pour les autres, vous avez bien dû tomber un jour sur cette pub d’une célèbre marque de couches pour enfants qui a filmé un morveux durant toute une nuit : en bonne machine à laver, le môme peut se retourner jusqu’à 1500 fois avant son réveil. 
Je sais, ça laisse rêveur. 
En revanche, ça empêche clairement les autres de dormir. 

4. La stratégie de l’étoile de mer
Je ne suis pas toute à fait certaine que cela ne soit pas le fruit d’une stratégie volontaire et consciente, murement réfléchie. Je leur laisse le bénéfice du doute, par pure bonté d’âme :
Le talon dans les côtes de maman, l’index gauche dans la narine de papa, la tête sur les fesses du frangin… Les enfants ont l’art d’occuper l’espace et de se répandre sur le matelas, pourtant restreint mais proportionnellement bien supérieur à la surface de leur propre corps, un peu à la manière des magnifiques échinodermes colorés que l’on ramasse sur les plages…

En général, le parent finit par renoncer sur les coup de 01:00 ou 02:00 heures du matin, et va terminer sa nuit… Dans le petit lit-une-place glacé abandonné par le gamin en début de soirée.

#SoyonsForts
#SavoirDireNon
#Résistons



Moi quand j’s’rai grand je serai…

Nous étions 

à la station essence

l’autre soir.


Après la leçon de natation des Jujutrépides. 

Le monsieur nettoyait consciencieusement le par-brise de la voiture pendant que le carburant descendait dans le tuyau. 

Trystan l’observait, un petit sourire énigmatique aux lèvres. 

– “Moi, maman, quand j’s’rai grand, j’veux faire ce métier là.”

– “Pompiste ?!?!?”

– “Oui.”

– “Ah. Ok. Comme tu veux bébé. Mais tu sais, c’est pas un métier facile. Tu passes ton temps les mains dans le cambouis, dehors même quand il fait froid et qu’il pleut, à servir des gens qui ne sont pas toujours gentils…”

– “Oui, j’vois bien m’an.”

– “Mais alors, pourquoi tu veux le faire quand même ?”

– “Pass’que comme ça, j’pourrais t’offrir l’essence à chaque fois que tu dois remplir ta voiture !”

– “?!?…!”

Le coeur un peu retourné par sa déclaration, je me suis jetée sur mon fiston pour le couvrir de baisers.

J’aurais du me douter que le frangin, assis à l’arrière de l’habitacle, en prendrait ombrage.

Après avoir redémarré, nous roulions sur la corniche au bord de l’océan, sur le chemin de la maison, lorsque Tancrède – resté inhabituellement silencieux jusque-là – s’est écrié : 

– “T’as vu maman !!! Le ciel !?”

– “Oooh, oui, tu as raison chéri, le coucher du soleil est magnifique ce soir, il est tout rose et orange.”

– “Oui, hein, maman !”

– “Oui chéri, c’est trop beau !”

– “Et bin moi AUSSI j’sais c’que j’vais faire plus tard comme métier !”

– “Ah ? Dis moi !”

– “‘J’s’rai COSMONAUTE !”

– “?!?”

– “Comme ça, j’pourrai t’prendre plein d’photos des couchers d’soleil depuis l’espace… C’est quand même BEAUCOUP PLUS joli que de l’essence !”

#LaConcurrenceGémellaire
#LesFilsàMaman
#EtDesMétiersClassiquesCestpossibleOuPas?



Tous à poil

Pourquoi les enfants 

n’ont-ils jamais froid ?


En ce début d’hier austral au Cap, et devant le nombre chaque jour plus élevé de mères en furies que j’entends s’égosiller dans la cour de l’école, je me permets de soulever la question :


POURQUOI, malgré tous nos efforts pour les couvrir correctement, retrouve-t-on nos moutards systématiquement à moitié – voire entièrement – débraillés, 
en manches courtes ou pieds-nus alors qu’il fait 12° celsius dehors, chaque après-midi lorsque nous les récupérons ?

J’ai pensé rajouter plusieurs couches d’habits – le Damart, le sous-pull, le sweat, le pull et enfin le manteau ou le Kway – croyant atténuer ainsi la difficulté. 

En réalité, cela n’a fait qu’accentuer leur effeuillage pathologique. 

J’ai alors tenté de remonter à la source et d’identifier les raisons qui poussent nos lardons en chaleur – mouahaha… – à un tel rejet vestimentaire. 


Après réflexion,  je pense qu’il existe plusieurs explications, CUMULATIVES. 

Par pure bonté d’âme et solidarité parentale, et afin de calmer vos interrogations brûlantes – ok, j’arrête – je les partage aujourd’hui avec vous : 


1. Ils passent leur vie à sauter, courir, monter, descendre, crier, hurler, à se dépenser et à faire tourner la machine. Ils ont donc objectivement chaud. 


2. Ils n’ont pas encore été totalement formatés par les adultes : ils portent toujours en eux l’instinct pré-historique de liberté qui leur intime l’ordre de refuser les accessoires qui les engoncent, les limitent, les restreignent, les cantonnent.  


3. Ils s’en fichent. Ils sont concentrés sur autre chose. Sur les jeux avec les copains, leurs délicieux goûters, les lézards à torturer dans la cour de récréé… Ils ont juste plein d’autres trucs à faire bien plus intéressant qu’à penser à mettre leur pull.


4. On leur a dit d’enfiler leur petite laine deux cent fois durant les dernières 48 heures. 
Par définition, ils font le contraire de ce qu’on leur dit. 
Toujours. 
Ce sont des enfants. 
C’est leur job, de nous contredire
Tout le temps. 


5. En vrai, ils adoooorent tomber malades ! 
C’est l’excuse parfaite pour rester à la maison à glander devant la télé avec des bols de gateaux et des fruits-plein-de-vitamines, au lieu d’aller se fatiguer à apprendre les phonèmes et les syllabes sur les durs bancs de l’école. 
Franchement, y’a pas photo. 

Voilà. 

Entre nous, ça se tient. 

Courageux mais pas téméraire

Parfois, 

les petits garçons, 

ils sont tellement fanfarons,

qu’on a vraiment envie 
de les pousser dans leurs retranchements. 


Nous rentrions de l’école hier, lorsque Trystan s’est écrié avec enthousiasme, depuis l’arrière de l’habitacle : 
– “Maman, j’ai SUPER mal à la jambe depuis ce matin !”

Ayant l’habitude de ce genre de saillies, je me contente d’acquiescer :

– “Ah oui ?!”

– “Oui. J’crois ki’ faut opérer, tu sais…”

Dissimulant difficilement un sourire, je décide d’investiguer :

– “Et qu’est-ce qui te fait dire ça mon coeur ?”

– “En fait… J’pense que ce sont les ligaments. En fait.

J’ai de plus en plus de mal à cacher mon amusement.

– “Tiens donc ! Les ligaments ! Qui c’est qui t’a parlé de ça ?”

– “C’est à l’école, le papa de Maxine qui s’est fait mal là.”

– “Ah. Mais tu sais, chéri, si on t’opère, tu vas avoir une grosse cicatrice sur la jambe, hein.”

Observant mon fiston dans le rétroviseur de la voiture, je le vois le visage rayonnant, visiblement fier à l’idée de porter les stigmates de son calvaire médical.
Je sens bien que je fais fausse route dans mon argumentation et dois rapidement changer mon fusil d’épaule :

– “… Et puis… Ça fait HYPER mal tu sais, ce genre d’opération.”

Devant son air de plus en plus bravache, je décide de tenter le tout pour le tout :

– “… Enfin, tout ça, c’est si tu supportes l’énoooorme piqure qu’ils te feront pour t’endormir.”

Je vois enfin son petit minois se décomposer dans le miroir. 

– “Hein ?!? QUELLE Piqure ?!”

– “Bin celle qui t’anesthésie mon amour…”

Je le vois alors réfléchir très sérieusement, bien calé sur son ré-hausseur. 
Au bout de quelques longues minutes, il finit par me dire : 

– Nan mais… P’t’êt’ qu’avant… On devrait essayer les p’tites pilules, tu sais, celles k’on met sous la langue… ?”

– “Tu parles des granules homéopathiques d’Arnica chéri ?”

– “Oui voilà…”


#Voilà
#CourageuxMaisPasTéméraire

Les Grandes Vacances

Chouette.
Les 

revoilà. 


C’est DINGUE, quand même, comme ça passe vite, dix mois
Non, vraiment. 

Je lisais dans mon canapé l’autre jour, les Jujutrépides à mes pieds, silencieux, affairés sur leurs constructions de lego. 

Les yeux toujours rivés sur les petites pièces de son montage, Trystan a alors entamé la conversation : 

– “Maman !?”

– “…Oui chéri ?”

– “C’est vrai que l’école se termine la s’maine prochaine ?”

J’ai pris la peine de poser mon livre et de sourire à mon fiston chéri avec tout l’amour maternel dont je suis capable. 

– “Oui mon coeur. Ce sont les grandes vacances !”
Naturellement, j’ai aussi pris sur moi pour prononcer cette phrase foncièrement anxiogène chez l’adulte parent d’une progéniture scolarisée le reste de l’année, de la manière la plus enjouée et joyeuse possible. 

– “Ah. Donc ça veut dire qu’on va plus à l’école pendant… Euh… SIX MOIS !”

– “Hm… Non mon coeur, deux mois… Seulement…”

Enfin… “Seulement”.
J’me comprends. 

Au bord de l’apoplexie rien qu’en y songeant, ce sont les seuls mots que j’ai été capable de prononcer, étant donnée la situation. 

– “OUAIIIIIS !!! TROP BIEN !!!! DEUX MOIS ! AVEC TOI TOUT LE TEMPS !!!”

Face à cette phrase pleine d’amour, prononcée par mon petit garçon visiblement ravi de passer les 1440 prochaines heures sans discontinuer avec moi, je me suis glissée sur la moquette afin de le prendre dans mes bras et d’apaiser la honte et la culpabilité qui me dévorent. 

C’est alors que Tancrède, lui aussi très concentré sur ses jouets et installé à quelques mètres de là, a soudain pris la parole le plus calmement du monde  : 

– “Et OUI, Trystan… DEUX MOIS, avec maman…”

#JeNeSaisPasCommentLePrendre
#EnMêmeTempsJeLeComprends
#CeSeraitDeBonneGuerre

Sauvons les otaries

A Cape Town, 

les questions de protection de l’environnement 

ne sont pas un vain mot. 


Entre la sécheresse et le rationnement historique de l’eau
La prévention des incendies de grande ampleur, récurrents et systématiques en été…
Les restaurants qui bannissent les pailles en plastique et vous proposent à la place des tiges de bambou…
Les poubelles triple de recyclage présentes à chaque coin de rue et de plage… Le Cap fait figure de “ville propre”, son image “nature” renforcée par le contexte exceptionnel dont elle jouit, construite tout autour du splendide massif de la Montagne de la Table encore totalement préservé. 

Les notions de protection environnementale sont palpables partout et les écoles, notamment celle des Jujutrépides, très actives sur la question.
Tancrède et Trystan ont donc souvent pris l’habitude, lorsque la situation se présente, de ramasser des détritus trouvés dans la rue pour aller les “ranger” à la poubelle. 

Cela faisait un certain temps que le sujet n’avait plus été abordé. 
Nous roulions tranquillement l’autre jour de retour de l’école, le long de la corniche qui longe l’océan pour rentrer à la maison, quand tout à coup Tancrède s’est écrié : 

– “MAMAAAAAN !!!! STOOOOOOOOOP !!!!!!

Devant le ton impérieux et extrêmement paniqué de mon fils j’ai immédiatement pilé, me déportant sur la bande de terre adjacente. 

– “QU’EST-CE QUI SE PASSE TANCRÈDE !?!?!?!?”

– “OUVR’ VIIIITE MA PORTE MAMAN !”

– “Mais enfin, chéri, pourquoi !?”

– “MAIS TU VOIS PAS !?”

– “?!?!?!?”

– “VIIIIITE MAMAN !!!! Y’A UN SAC PLASTIK’ ACCROCHÉ AU BUISSON ÀÀÀÀÀ Y’ VA S’ENVOLER ET TOMBER DANS LA MER SI ON LE RATTRAPE PAS TOUT DE SUITE, VIIIIITE !!!!!!”

Le coeur encore battant, partagée entre fierté et agacement, j’ai donc déverrouillé sa portière. 

Mon fils est descendu de la voiture, a récupéré le sachet et est remonté, bouclant sa ceinture d’un air soulagé. 
Tout en redémarrant, j’ai pris sur moi pour lui dire le plus calmement possible : 

– “Chéri. C’est très bien ce que tu as fait. Mais la prochaine fois ne crie pas comme ça, s’il te plait, tu m’as fait peur, on aurait pu avoir un accident, okay ?”

C’est alors que je vois mon fiston lever les yeux au ciel, le visage contrarié :

– “Oui Tancrède ? Tu veux me dire quelque chose ?!”

– “Bin. Oui maman. J’comprends pas c’que tu m’dis.”

– “Tu ne comprends pas que tu m’as fait peur et que, comme c’est moi qui conduis, c’est dangereux ?”

Affichant soudain une moue d’exaspération, il me dit d’un air las :

– “Mais maman ! Tu comprends pas qu’les OTARIES-qui-s’étouffent-dans-l-plastik’, c’est quand même BEAUCOUP PLUS ZIMPORTANT qu’ta voiture ?!?!?”

#CestSûr
#QuestionDePriorités