Je l’avoue,
Les Folles Aventures d'une Mère de Jumeaux
Une partie de cette zone appelée Richtersveld est d’ailleurs inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité à l’UNESCO, notamment du fait de ses 3500 espèces végétales uniques au monde.
De nombreux endroits de ce territoire immense vous permettent d’observer ce spectacle étonnant, notamment les plus connus : la Skipad Wild Flower Reserve et la Goegap Nature Reserve. Il vous faudra plusieurs jours pour couvrir toute cette surface.
Plus intimiste, en plein coeur du Namaqualand, la région de Nieuwoudtville : petit village idéal pour vous loger et rayonner dans la zone.
Dans un mouchoir de poche, sa petite Flower Reserve, son Botanical Garden qui offre une dizaine de randonnées – de 30 minutes à plusieurs heures – au milieu des champs de fleurs, mais surtout l’adorable hameau de Matjiesfontein, situé à treize kilomètres de là, et la propriété privée de Papkuilsfontein, encore plus au sud, qui renferme à elle seule 1300 espèces dont 90 totalement endémiques au lieu.
Une grande partie de ces fleurs sont des marguerites et des gazanias – blanches, jaunes, orange, mauves, bleues, rouges… – toutes deux membres de la famille des Asteraceae.
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| Ursinia Cakelifolia |
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| Nemesia Anisocarpa |
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| Senecio Cakilefolius |
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| Osteospermum Pintant |
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| Gorteria Diffusa |
D’autres à celle des bulbes, à tubercules ou à rhizomes, qui en général se cachent sous ou entre les précédentes et sont donc moins aisément visibles :
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| Romulea Amena |
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| Bulbinella nutans (jaunes) |
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| Bulbinella nutans (blancs) |
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| Babiana Vanzyliae |
D’autres encore appartiennent à la famille des succulentes et ficoïdes, des plantes grasses qui portent le nom de Vygie en Afrikaans.
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| Conicosia Elongata |
Quand vous passez tôt le matin ou en fin d’après-midi, vous pouvez ressentir l’impression curieuse que les champs sont vides de fleurs, voire que vous vous êtes trompés de région : c‘est en réalité que de nombreuses conditions sont nécessaires pour que toutes ces fleurs ouvrent leurs pétales !
En effet, elles ne se découvrent qu’entre 10:00 et 16:00, pourvu que le soleil soit de la partie et que la température extérieure soit supérieure à 16 degrés celsius.
Approchez vous, très tôt le matin, pour observer de près, les boutons refermés et givrés par la gelée de la nuit :
La région est aussi riche en espèces de rapaces …
Ainsi qu’en sites pittoresques et grandioses :
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| Waterval, chutes d’eau impressionnantes situées à 7 km au nord de Nieuwoudtville. |
Prenez donc trois ou quatre jours pour découvrir ce lieu sauvage d’une poésie rare, l‘idéal étant de faire vos réservations au moins six mois, voire un an, à l’avance, la région étant en ébullition durant cette période unique.
Armez-vous également de patience et prenez le temps de marcher le longs des fleurs : au-delà des immenses tapis uniformes se cachent souvent des espèces rares ! Comme le safari pour les animaux, c’est une véritable chasse au trésor florale qui vous attend.
– “Mamaaaan ?”
Et puis, les jeux de révisions de votre choix sont légion, ne vous en privez pas : tables de multiplications, calcul mental, vocabulaire d’anglais, jeu des synonymes, des capitales, des pays … Ils sont infinis.
Prêter votre portable pour les laisser jouer à des jeux représente parfois un sacrifice nécessaire, qui a l’avantage de générer un réel silence dans l’habitacle.
QUI a dit “oh lala, les écrans, toussa toussa…”
‘Faut c’qui faut, les amis.
Pour les plus grands qui auraient l’élégance de ne pas souffrir du mal des transports, n’oubliez pas les livres ou les bandes dessinées.
Les structures des huttes sont toutes construites par les hommes à partir du bois de Mopane, et ce sont les femmes qui terminent l’ouvrage à l’aide d’un mélange de sable, d’eau, de bouse de vache et de cendres, qui servent à repousser les termites et éviter ainsi qu’elle ne s’attaquent au bois des charpentes, le temps passant.
Les femmes portent énormément de bijoux, qui peuvent peser jusqu’à dix kilos ! Autour du cou, des chevilles, de la taille, tous ont une signification et signalent subtilement le statut social de chacune : mariée, promise, célibataire, ayant déjà enfanté ou non – les petits morceaux de coquilles d’autruche indiquent notamment l’âge qui correspond indirectement au degré de fertilité restant… – des perles en fer sont fabriquées par le forgeron du village, ainsi que les ceintures en écaille de crocodile, pour les plus riches d’entre elles. Il existe même un collier spécial porté uniquement par… Les jumelles !
La langue Himba est douce et chantante, sans click, à la différence de beaucoup de langues d’Afrique Australe.
En quelques heures passées à les côtoyer, nous avons essayé d’apprendre la base : “moro” (bonjour), “cora aï” (comment ça va), “cora aïndé” (bien), “okouheppa” (merci), “arikana” (s’il te plait), “omoha” (belle)…
Intéressant élément de linguistique : apparemment, les Himbas n’ont pas de mots pour traduire le panel de couleurs classiques que la majorité des langues du monde utilisent. Leur vocabulaire pantone se limite à quatre mots – “zuzu”, “vapa”, “buru” et “dambu” – qui semblent plutôt décrire des intensités de lumière plus que des couleurs à part entière !
Les Himbas passent beaucoup de temps à jouer et discuter ensemble. Nous avons notamment assisté à un concours de porter-de-souches-d’arbre impressionnant, les femmes Himbas tirant particulièrement bien leur épingle du jeu !
Les danses sont aussi un élément central de leur vie quotidienne, non seulement pour les grandes occasions (mariages, funérailles, etc.) mais aussi pour le simple plaisir. Un patronyme spécial de danse, sorte de nom de scène – différent du prénom usuel – est d’ailleurs donné à chacun.
Si vous souhaitez découvrir ce village, c’est par ici et là.
Essayez de penser à amener avec vous de la farine de maïs, du riz ou des fruits, des stylos et des cahiers.
L’occasion de communiquer au reste du monde la fragilité de leur situation et de leur statut, miroir de notre futur, et l’urgence qu’il y a à repenser notre rapport à la Nature et à notre environnement ?
Peut-être bien aussi le risque, en voyant l’opulence et la facilité superficielle de nos existences, de choisir d’abandonner leurs traditions et leur culture ancestrale au profit du monde “moderne” par lequel ils sont plus que jamais encerclé ?
Cette décision, elle, est entre leurs mains.
Découvert en 1921, le lieu “Twyfelfontein” signifie “la fontaine du doute” car l’eau est réputée jaillir de façon très aléatoire de cette source, tarie la plupart du temps.
La majorité de ces signes sont des pétroglyphes, ou inscriptions gravées dans la pierre : des morceaux de quartz – durs et pointus – omniprésents dans le sol, ont servi à entailler la roche de grès peu cimentée – et donc assez poreuse et malléable – de cette région.
Les quelques peintures ont, elles, été tracées à base d’un mélange de graisse animale et de pigments : charbon pour le noir, ocre pour le rouge, poudre de coquille d’autruche pour le blanc.
Ces inscriptions sont aujourd’hui considérées comme des fresques pédagogiques et explicatives produites par les anciens à l’intention des plus jeunes du clan ou de véritables pancartes de signalisation destinées aux autres groupes nomades de la région.
La girafe est l’animal sacré des croyances animistes ancestrales des Bushmen, vénérée – du fait de son long cou – comme le messager qui fait le lien entre les hommes et les dieux du ciel.
Elle est aussi celle que l’on prie pour faire tomber la pluie. On la retrouve donc un peu partout :
Toutes les créatures sauvages de la région sont aussi représentées : oryx, impalas et springboks, kudus, rhinocéros, éléphants, zèbres, félins, hyènes, autruches…
Ces tribus étant nomades, les dessins des animaux servaient à enseigner la forme et les particularités de bêtes que tous les membres du groupe n’avaient pas forcément encore eu l’occasion de voir de visu. C’est notamment le cas des flamands roses ou des manchots et otaries, que seuls les anciens avaient en général déjà pu observer lors de leurs voyages sur les côtes de l’océan Atlantique.
L’apprentissage allait jusqu’à montrer les mouvements caractéristiques des animaux qui formaient l’environnement direct et quotidien de ces premiers humains : voyez le “triple” cou de l’autruche ci-dessous.
Impressionnante également, cette carte des empreintes : tout simplement un cours de chasse permettant d’apprendre et reconnaitre toutes les traces des animaux ! Les marques de pieds humains placées à côté comme une signature (en haut au centre de la photo), rendent cette fresque particulièrement émouvante.
Une véritable “hunting map” ou carte indicatrice des points d’eau de la région – et donc aussi du gibier disponible – a même été retrouvée, gravée et laissée bien en évidence à destination des autres tribus et clans de passage dans la région.
Le cercle, signe universel de l’eau observé également en Australie et ailleurs dans le monde, symbolise les endroits où trouver le précieux liquide : avec un point à l’intérieur du cercle, et cela devient le signe d’un trou d’eau permanent, sans point, une source saisonnière.
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| Au centre sur la photo. |
L’accoutrement blanc du personnage central faisant penser à un costume de mariage dans la culture occidentale, il a rapidement été baptisé “Dame Blanche”.
Ce qui peut sembler être un bonnet phrygien sur la tête d’un des bonshommes a même poussé certains à envisager une origine méditerranéenne – la piste d’explorateurs venus d’Europe ! – à cette inscription.
Une nouvelle théorie pleine de bon sens vint renverser toutes les autres en 1963 et trancha définitivement l’affaire :
Tous les animaux – oryx, gazelle, quagga – espèce de zèbre éteinte depuis – gnous et même manchots semblent se diriger vers la gauche de la peinture, indiquant ainsi la direction à suivre pour trouver le gibier :
Le discret personnage dont on ne voit que les os et qui évoque ostensiblement un squelette, placé à gauche au dessus de la tête du chaman fait penser à une menace planant au dessus des hommes, alertant les groupes de nomades passant dans la région, du risque qu’il y aurait à s’attarder dans cette zone aride.
L’un des joyaux du safari en Afrique Australe.
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| Etosha Lookout, le point panoramique, situé au centre est du parc |
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| L’Outarde Kori, l’un des oiseaux les plus lourds du monde (jusqu’à 19 kg) pouvant malgré tout voler. |
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| L’oedicnème tachard |
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| La Circaète à poitrine noire, de la famille des aigles. |
La flore est surtout composée des arbres de Mopane, régal des éléphants :
Les sécheresses extrêmes des années 70’s et 80’s ont considérablement réduit la population de la faune du parc. Des installations de points d’eau régulièrement approvisionnées par la main de l’homme ont permis de limiter la tendance.
C’est d’ailleurs là que vos chances de voir les animaux seront les plus élevées. Tous réunis là pour s’abreuver dans une densité exceptionnelle, le spectacle n’en est que plus fascinant :
Mention spéciale aux waterholes de Ozonjuitji m’Bari et de Sonderkop, situés dans la partie ouest du parc où le ballet des girafes, des zèbres, des autruches, des éléphants et des antilopes est vraiment impressionnant.
Il arrive certaines – rares – années que les pluies soient suffisantes pour remplir à nouveau le pan sur une petite dizaine de centimètres de profondeur, attirant alors des milliers de flamants roses.
Quant aux félins, la dizaine de guépards du parc est assez difficile à voir, mais les lions sont généralement postés autour d’Okondeka, un petit point d’eau du centre de la réserve.
Le parc héberge aussi un grand nombre de petits animaux rares et insolites : blaireaux, chacals, petits renards, pangolins, porcs-épics, suricates, mangoustes, écureuils des sables…
… Ainsi que les animaux stars du safari : éléphants, autruches, girafes, gnous…
Comme dans le Kruger, des camps nationaux, très pratiques pour profiter pleinement du parc, permettent de vous héberger durant votre passage : ici cinq, répartis sur toute la longueur du parc.
Sinon, les trois portes (Ouest : Galton – Centre : Andersson – Est : Van Lindquist) vous permettent aussi de rallier le parc tous les jours si vous devez loger à l’extérieur. Dans ce cas, le lodge d’Okutala est une magnifique option luxe, sinon, pour les bourses plus réduites, le camping au Gondwana Safari Campsite.
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